Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

« Travailler à en mourir » enquête sur l'entreprise d'aujourd'hui

Publié le 26/10/2009 à 12h17

« Le suicide s’attrape-t-il comme la grippe ? », s’interrogeait récemment Guillemette Faure, présentant le livre « Point de bascule » de l’Américain Malcolm Gladwell. « Travailler à en mourir », paru juste au lendemain de la découverte d’un 25e suicide à France Telecom depuis février 2008, est un ouvrage qui fait la jonction entre Gladwell et « Capitalisme et pulsion de mort », de l’économiste Bernard Maris, paru en janvier dernier.

L’ouvrage est en fait né de « Travailler à en mourir », un documentaire de Paul Moreira (ancien rédacteur en chef de l’émission « 90 Minutes » sur Canal) diffusé dans la case « Infrarouge » sur France 2. Un succès d’audience inattendu sur cette tranche horaire tardive.

Paul Moreira a alors voulu faire « un objet qui dure, un livre ». Il a rencontré le journaliste et romancier Hubert Prolongeau, auteur de nombreux documents et témoignages (on lira le très subtil « Sans domicile fixe » ou encore « Victoire sur l’excision », prix France Télévisions 2006). Ensemble, ils ont prolongé le travail d’enquête.

« Travailler à en mourir » est un livre de journalistes : il répond à un phénomène (vague de suicides) par des histoires et par des exemples. C’est surtout un livre qui tombe bien : ses approches (« harcèlement institutionnel », culpabilité, suicide, silence des chefs de service, deuil des familles) sont assez sobres pour être extrêmement parlantes en période de crise. (Voir la vidéo)

Trois catégories de travailleurs

L’ouvrage est bâti en trois parties. « La mort frôlée », avec un exemple unique. Une banque. La Banque de l’Ain, une filiale du CIC, à travers le cas de deux conseillers locaux.

Lorsque le CIC fusionne avec le Crédit mutuel en 1999, on exige de ces conseillers des objectifs inatteignables. Les types n’ont plus de vie. Sauvés de justesse du geste fatal, ils sont néanmoins « inaptes au travail ». Pas un bien, juste un moins pire.

« La mort choisie » est évidemment la partie la plus longue. Centrée autour du Technocentre Renault de Guyancourt, elle retrace les conditions dans lesquelles se sont suicidés sur leur lieu de travail Antonio B. (octobre 2006), Hervé T. (janvier 2007) et Raymond D. (février 2007).

L’enquête des deux auteurs y fut compliquée, mais ils sont parvenus à retracer le fil de trois destins en rencontrant familles, collègues et supérieurs (les fameux « N+1, N+2, des sigles qui en disent long sur le tabou de l’enquête et sur la dématérialisation de l’objet même du travail et de la production). Où l’on s’aperçoit que, parfois, les responsables hiérarchiques des prévenus sont ceux qui parlent le plus vrai.

Une partie où un homme est pointé clairement : “ Cost Killer ”, le patron de Renault Carlos Ghosn, et surtout son “ contrat 2009 ” (doubler la gamme de modèles, vendre plus, sans embaucher). Un modèle économique pour certains. Pour d’autres un modèle de pression psychologique. Qui peut mener au suicide.

“ La mort imposée ”, enfin, où l’on arrive sur le terrain de la sidérurgie. Et d’Arcelor-Mittal. Un pays où le CDI n’est même plus envisageable, et où on transforme “ le salarié en sous-traitant ”. L’homme, ici, est nié. Trois parties distinctes. Trois catégories de travailleurs parmi d’autres. (Voir la vidéo)

Etat des lieux

Alors que, lundi dernier, la veuve d’Antionio B. était devant le Tribunal de la Sécurité Sociale à Nanterre pour faire qualifier le suicide de son défunt mari en accident du travail (délibéré au 14 décembre), ce livre allie témoignages et mises en perspective de la déshumanisation du travail à l’heure où la valeur travail se raréfie et que l’on ne sait plus pour qui on travaille (voir vidéo).

Il décrypte un système et une mécanique qui ont mené des hommes à la mort. Qui plonge dans le monde du silence : l’entreprise, aujourd’hui. Le mérite des auteurs est d’avoir exhumé, en partant du phénomène de la mort, ce qui peut s’en verbaliser, s’en socialiser.

La mort (accident ou suicide) sur le lieu de travail est un phénomène sur lequel on n’a quasi pas de chiffres. Dans le livre, les auteurs avancent qu’il “n’existe pas d’étude nationale sur le sujet. La seule que nous possédions est régionale, elle date de 2003 avec les réponses de 190 médecins du travail en Basse-Normandie”.

De l’avis de nombreux chercheurs, médecins, etc, le chiffre réel des suicides au travail est très largement supérieur à une personne par jour. (Voir la vidéo)

“Travailler à en mourir” est, comme le dit Prolongeau “l’histoire de gens qui se sont dit ‘Ma vie c’est le travail’, et pour qui le travail a été la mort”, un livre d’époque. A relire avec “Capitalisme et pulsion de mort”.

Travailler à en mourir – Quand le monde de l’entreprise mène au suicide de Paul Moreira et Hubert Prolongeau (Flammarion, Coll. EnQuête, 240 pp., 20€)

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  • 108 réactions
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  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 12h25 le 26/10/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Je croyais qu’il n’y avait pas de « vague » de suicide et que 25 ou 28 en deux ans sur une entreprise de 100 000 personnes n’était pas statistiquement significatif ?

    • getzo-
      getzo- répond à Iv
      Bukowski, Jazz et Werder Bremen
      • Posté à 12h46 le 26/10/2009
      • Internaute 78744
        Bukowski, Jazz et Werder Bremen

      À la rédac dernière phrase 6e paragraphe : on n’écrit pas « moins pire » mais « moins mauvais ».

      Que proposent les auteurs comme solution ?

      Même sous-payés et exploités, on continue à aller travailler pour manger, payer le loyer...

      « Exercer librement le métier qu’on aime, voilà le vrai bonheur ».
      Aristote in « Éthique à Nicomaque ».

      • Lictor
        Lictor répond à getzo-
        informaticien
        • Posté à 15h08 le 26/10/2009
        • Internaute 68450
          informaticien

        « Exercer librement le métier qu’on aime, voilà le vrai bonheur ».
        Aristote in « Éthique à Nicomaque ».

        Citation marrante, si l’on considère que l’auteur est issu d’une civilisation où le vrai travail était fait par l’Autre, l’esclave. On retrouve la dualité du mot travail et du métier. Quand Aristote parle de métier, il ne pense probablement pas à ce qui fait l’essentiel du travail aujourd’hui, c’est à dire la mécanisation des corps et des esprits au service d’une production standardisée. Ce type d’occupation n’était pas un métier, mais simplement le lot des eslaves les moins chanceux...

        Artistote vivait dans une société idéale au niveau du travail, enfin, tant qu’on y était pas esclave. La société où nous vivons est au moins égalitaire : 99% des salariés y font un travail d’esclave. Etonnant, quand on pense que nous sommes à une époque où l’automatisation (robot = esclave étymologiquement) devrait permettre un retour à l’idéal antique sans le problème moral de l’esclavage...

         
        • Iv
          Iv répond à Lictor
          Roboticien utopiste
          • Posté à 16h32 le 26/10/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Le travail mécanique et répétitif n’est plus très courant en France de nos jours. Même de Chine il commence à disparaitre. Le travail d’un ouvrier c’est maintenant plus de la maintenance de machines que la folie des temps moderne.

          Pour reprendre votre métaphore antique, il n’y a plus d’esclaves/ouvriers, il n’y a plus que des contre-maîtres.

          • Anonyme répond à Iv

            Même sur les chaînes de montage ?
            Même dans les centres d’appel ?
            Même dans les bas-fonds des chantiers navals ?
            Même chez les co-traitants surexploités dans les usines ?
            Même chez les caissières de supermarché ?
            Même ....

            Bon, arrêtons-là la liste.

            Il existe quelques dimensions parallèles à celle des roboticiens utopistes où tout n’est pas tout rose.

            • Iv
              Iv
              Roboticien utopiste
              • Posté à 23h39 le 26/10/2009
              • Internaute 39192
                Roboticien utopiste

              Je vous mets au défi de trouver une chaine de montage qui utilise des êtres humains pour un travail à la chaine répétitif automatisable en France.

              je n’ai vu qu’un seul chantier naval et on n’y travaillait pas à la chaine, on y voyait des techniciens spécialisés, pas du zéro formations qui formaient le gros des ouvriers d’usine il y a quelques décennies encore.

              Ce ne sont peut être pas autant des dimensions parallèles que des époques différentes, cher Front Populaire.

              • Anonyme répond à Iv

                Quelques clics et défis relevés :

                1/ Là, vous avez des offres pour des emplois qui n’existent pas dans votre univers :

                Lien

                2/ Là, ce à côté de quoi vous êtes passé sans rien voir :

                Lien

                Vérifiez les dates : vous êtes bien au XXI ième siècle !

                • Iv
                  Iv
                  Roboticien utopiste
                  • Posté à 10h07 le 27/10/2009
                  • Internaute 39192
                    Roboticien utopiste

                  1/J’ai lu les trois premières offres : un préparateur de chaine de montage, lisez la description, c’est un travail assez qualifié. La deuxième parle du montage d’un prototype, travail qui a donc peu de chances d’être répétitif quant à la troisième, c’est un travail de menuisier pour une entreprise de fabrication de fenêtres qui est demandé et laisse supposer que malgré la dénomination « chaine de montage » il ne s’agit pas du travail répétitif auquel on pense lorsqu’on évoque une chaine de montage.

                  2/Je ne nie pas que le travail en chantier naval soit dur mais lisez votre article, il mentionne des montages légaux mais pas de chaine de montage.

                  Ne vous méprenez pas, je sais qu’il y a des postes et des emplois difficiles, précaires, aux cadences ridiculement difficiles pour un salaire très bas. Simplement dire que la robotisation du travail n’a pas eu lieu est faux. Elle a d’ores et déjà profondément changé le monde du travail et elle y continue.

                  Malheureusement jamais sa dimension sociale n’a été évoquée. Je serais pour qu’on accorde un statut particulier aux personnes dont la formation a été rendue obsolète par les progrès techniques. Ceux ci se retrouvent aujourd’hui sur le carreau avec pour seul tort de ne pas avoir anticipé les avances techniques. Pas étonnant que les rangs des anti-technos grossissent de jour en jour...

                  • Anonyme répond à Iv

                    « Ne vous méprenez pas, je sais qu’il y a des postes et des emplois difficiles, précaires, aux cadences ridiculement difficiles pour un salaire très bas. »

                    Ah, tout de même !

                    « Simplement dire que la robotisation du travail n’a pas eu lieu est faux. »

                    J’ai dit ça, moi ? Je vous ai juste signalé qu’elle était loin d’être générale et que les boulots où les patrons bafouent la dignité humaine sont légion.

                    « Pas étonnant que les rangs des anti-technos grossissent de jour en jour... »

                    La technophobie, on s’en tamponne. C’est l’accroissement de la déshumanisation au travail qui est inquiétante.

              • ON M RSA2012
                ON M RSA2012 répond à Iv
                Touché en plein coeur
                • Posté à 00h44 le 27/10/2009
                • Internaute 85545
                  Touché en plein coeur

                Les ouvriers du savoir dans les centres d’appels.

                Chaque appelant sera identifié

                Chaque prise de contact sera chaleureuse et comportera X questions

                Chaque découverte se déroulera avec les mêmes questions

                Chaque réponse sera extraire de la base de données communes

                Chaque prise de congé respectera les mêmes formulations

                Chaque appel sera enregistré, historisé, évalué

                Non ce n’est pas un travail à la chaine c’est de la création de valeur.

                J’ai gagné quoi à ton défi ?

                • Iv
                  Iv répond à ON M RSA2012
                  Roboticien utopiste
                  • Posté à 10h09 le 27/10/2009
                  • Internaute 39192
                    Roboticien utopiste

                  Ce travail n’est aujourd’hui pas automatisable (si vous vous etes déjà énervé sur un serveur vocal vous savez ce que je veux dire). Je ne conteste pas qu’il existe encore des boulots difficiles. Je conteste que la robotique et l’automatisation aient été absentes de paysage ouvrier Français pour supprimer des travaux difficiles.

          • chamoiseau
            chamoiseau répond à Iv
            citoyen
            • Posté à 08h26 le 27/10/2009
            • Internaute 81106
              citoyen

            Bien sûr, le travail purement répétitif (et spécialisé) s’est raréfié chez les ouvriers. Néanmoins, on assiste à de nouveaux phénomènes, notamment depuis les années 1980 :

            - L’apparition d’emplois très répétitifs dans le tertiaire (en particulier dans les centres d’appels).
            - Le développement d’une très grande polyvalence chez l’ouvrier, qui doit accomplir de très nombreuses tâches. Ce n’est évidemment pas un travail répétitif au sens d’autrefois. Pour autant, on peut penser que l’ouvrier se transforme d’une mécanique simple en une mécanique très complexe. (Est-ce mieux ?)
            - L’accroissement des exigences de productivité, donc des cadences, dans le tertiaire comme dans l’industrie.

            Pour ces raisons, le problème du travail n’est plus le caractère répétitif des tâches, mais sa pénibilité générale. Est-ce mieux ? Je n’en tire ici aucune conclusion...

      • Laffreux Jojo
        Laffreux Jojo répond à getzo-
        penseur libre
        • Posté à 06h42 le 27/10/2009
        • Internaute 60376
          penseur libre

        Vous n’allez tout de même pas demander à un journaliste (littéraire ?) de maîtriser la langue française... non mais, vous rêvez où quoi ?

    • I.P
      I.P répond à Iv
      Flat4
      • Posté à 13h03 le 26/10/2009
      • Internaute 25391
        Flat4


      Je croyais qu’il n’y avait pas de « vague » de suicide et que 25 ou 28 en deux ans sur une entreprise de 100 000 personnes n’était pas statistiquement significatif ?

      Ceux qui disent ça sont foncièrement malhonnêtes, ils prennent les stats de suicide nationales (avec ados, drogués, alcooliques, paumés en tout genre, etc) et les appliquent au monde des cadres quarantenaires bien insérés socialement...

      C’est comme quand on vous explique que la grippe c’est super dangereux parce qu’elle tue une personne sur dix mille. Bien entendu on ne vous dit jamais que parmi ces dix mille il y a des vieux, de très jeunes, des personnes gravement malades, etc.
      Forcément si on publiait les stats de mortalité en se concentrant uniquement sur la catégorie des 15-60 ans bien portants ça ferait beaucoup moins peur.

      • Iv
        Iv répond à I.P
        Roboticien utopiste
        • Posté à 13h59 le 26/10/2009
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        Ceci dit sur les stats publiées il semblerait que 2009 soit une des années avec peu de suicides chez FT. Parler de vague semble déplacé.

        Il est malhonnête de dire que c’est comparable aux chiffres sur l’ensemble de la population (qui sont supérieurs aux stats de FT) mais en l’absence de LA donnée permettant une comparaison critique (le taux de suicide chez les personnes employées en entreprise) il est tout aussi malhonnête de dire qu’il s’agit d’une hausse anormale et catastrophique.

        Je suis pour parler des malaises dans le monde du travail, problème grave et légitime, qui a des implications sociales et économiques. Je pense que le débat ne gagne cependant pas à ressasser en guise d’argument ce qui risque de se révéler comme une contre-vérité lorsque l’on se penchera sérieusement dessus.

         
        • christobal0094
          christobal0094 répond à Iv
          citoyen du monde
          • Posté à 16h01 le 26/10/2009
          • Internaute 77671
            citoyen du monde

          Je ne sais pas si vous vous souvenez de la vague de suicides chez de jeune policiers( 17 ), generalement avec leur arme de service.

          Il me semble que le ministre de l’interieur de cette triste epoque a ete elu ( par erreur) prez. apres un passage aux finances ou il a fini de vider les caisses ( comme il l’a declare une fois arrive au trone).

          a propos de stats ; les compagnies d’assurance savent que les hommes seuls au volant, en situation personnelle ou professionnelle difiicile sont plus sujet aux accidents mortels ( + 40 %).
          et comme par hazards dans cette annee 2009, les stats de morts sur la route montrent une nette augmentation.

          enfin les stats sur le suicide sont assez confidentielles. Il y a des heures et des saisons. En parler provoque plus de suicides.

        1 autres commentaires
    • poppa
      poppa répond à Iv
      pas papop
      • Posté à 16h02 le 26/10/2009
      • Internaute 75123
        pas papop

      Suis-je hors-sujet ou pire à côté de la plaque ?
      Lorsque l’on compare le nombre de suicides nationaux à celui de « france quelle est conne », on compare des suicides pour raisons variées à des suicides pour raison unique (mal être au travail).
      La finalité du geste est la même mais pas le motif.
      La comparaison des chiffres, dans ces thermes, est incorrecte.
      Doit-on revoir la copie ?

  • Compte supprimé le 3 janvier 2
    Compte supprimé le 3 janvier 2
    Collectionneur d'armures.
    • Posté à 13h11 le 26/10/2009
    • Internaute 88342
      Collectionneur d'armures.

    Dans cette comptabilité macabre, deux faits me choquent, dont les journalistes ne parlent jamais, tellement ils sont englués dans une vision politiquement correcte, démagogue, mensongère et populiste, dont l’horizon indépassable est la répugnante compassion et l’antisarkozysme. D’abord je trouve écoeurant et peu respectueux de la personne humaine que chaque suicide de salarié soit aussitôt imputé aux conditions de travail, avant toute réflexion. Cette comptabilité macabre et non-désintéressée est répugnante et indécente. C’est réduire l’être humain à peu de chose, c’est violer ce qu’il a de plus intime. C’est utiliser, exploiter la mort des autres, mort que nous devrions respecter au plus haut point. D’autre part, je constate qu’on ne parle jamais que d’une ou deux professions, souvent appartenant au secteur ultra-protégé. 70% des employés de France-Télécom sont FONCTIONNAIRES. N’est-on pas récemment venu ici même donner l’alerte sur l’éventualité d’une vague de suicides à la SNCF ? De qui se moque-t-on ? Qu’en est-il des maçons, des grutiers, des égoutiers, des enseignants, des gardiens de prison, des éducateurs spécialisés en milieu très difficile, etc... ? On nous parle bcp des mensonges de Sarkozy. Je constate qu’il n’est pas le seul à mentir et que les pires menteurs, on les trouve là où on s’y attendrait le moins...

    • La mouche du coche-
      • Posté à 13h35 le 26/10/2009
      • Internaute 45466
        diptère

       ;
      .
      Hugh.
      Enguerrand a bien parlé.
      .
      .

    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 14h28 le 26/10/2009
      • Internaute 29966
        désabusé de plus en plus ...

      Le sire de Coucy ne semble pas savoir ce que sont les objectifs ; le sire de Coucy vit sur des schémas d’ancien régime, au demeurant respectables, du type « la noblesse du métier » ; il n’a pas intégré les méthodes de management modernes ni le contrôle permanent et encore moins, les outils qui permettent de l’exercer minute par minute.
      Il ne sait pas que dans les banques, par exemple, les agents commerciaux sont tenus de vendre u quotidien des produits à risque à des gens qui n’en veulent pas ; il ne comprend pas que pour atteindre les objectifs de vente sur ces produits, il faut mentir au moins par omission, notamment auprès de la clientèle la plus vulnérable et ce à longueur de journée ; il ne comprend pas que ces situations engendrent une culpabilité permanente ; il ne sait pas, le sire de Coucy, que lorsqu’un employé de banque a fait perdre de l’argent à ses clients, il le vit très très mal, surtout lorsque les dits clients ne manquent pas une occasion de le lui rappeler, parfois violemment ; le sire de Coucy ne sait peut-être pas que malgré tout, il faut continuer à vendre jour après jour des actions (ou des véhicules actions) à la clientèle, car si on arrêtait d’en vendre massivement, la bonne tenue du marché en pâtirait à coup sûr.

      il ne semble pas mesurer, le sire de Coucy, combien il est frustrant d’être contraint de bâcler en permanence son travail, pour atteindre des objectifs strictement quantitatifs.

      il ne semble pas mesurer les dégâts causés par les changements de postes ou l’introduction de nouveaux outils, non accompagnés par de la formation

      il ne semble pas mesurer non plus le fait que désormais, les salariés du tertiaire passent désormais autant de temps à planifier, mesurer, justifier leurs actions, plutôt qu’à travailler réellement ; sachant que le temps qu’ils perdent à définir par le menu ce qu’ils vont faire ; à vérifier sans cesse ce qu’ils font ; à justifier a posteriori ce qu’ils n’ont pas fait et à planifier ce qu’ils vont faire pour rattraper leur retard ; tout ce temps, donc, ils essaient de le rattraper tant bien que mal en heures sup. et donc au détriment de leur vie familiale.

      • La mouche du coche-
        La mouche du coche- répond à CAUSTICUM
        diptère
        • Posté à 15h55 le 26/10/2009
        • Internaute 45466
          diptère

        .
        .
        Mais tout ceci n’est pas de la faute du patron. Vous êtes trop gâté, Causticum.
        .
        .

    • Lictor
      Lictor répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      informaticien
      • Posté à 15h16 le 26/10/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Vous faites une erreur vous aussi fondamentale : vous supposez que le suicide au travail serait lié à sa difficulté et à sa pénibilité. Ce n’est pas le cas, loin de là.

      Demandez à des psy spécialisés dans le stress au travail par exemple. Certes, la surcharge de travail est un facteur de stress, mais il est généralement supportable, sauf surcharge extrême. Tout simplement parce que le stress y est posifit (pas dans un sens moral) : le stress atteint son but, qui est de mobiliser l’individus pour réagir à des agressions de son milieu. Il peut donc se dépenser dans l’action.
      Le plus gros facteur de stress, c’est la pression associée à l’impossibilité d’agir. C’est par exemple avoir des objectifs sans pour autant avoir les moyens de les atteindre. C’est aussi ne pas avoir de boulot mais devoir faire semblant - de loin le facteur de stress le plus dommageable. C’est aussi être dans un système kafkaïen, où vous devez faire une chose et son contraire en même temps. Ou encore un système qui est contradictoire dans sa philosophie affichée et dans sa réalité.

      La protection peut même être un facteur aggravant. Je me suis déjà retrouvé dans des boulots où mon obligation morale était telle (j’ai grandi depuis) que ma seule porte de sortie perçue était de me faire virer pour pouvoir passer à autre chose. En dehors du licenciement, le suicide ou la violence étaient des options très envisageable...

    • poppa
      poppa répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      pas papop
      • Posté à 16h39 le 26/10/2009
      • Internaute 75123
        pas papop

      Quand nous critiquons les « élites », nous les « petits », ils nous est parfois opposée la notion de dépit : « vous êtes jaloux » entend-on.
      J’éprouve l’envie médiocre de vous poser la question :
      Dans ces gestes désespérés de quoi pouvez-vous être jaloux ?

    • no pasaran
      no pasaran répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      psychosociologue
      • Posté à 02h42 le 27/10/2009
      • Internaute 67440
        psychosociologue

      C’est vous qui êtes répugnant !
      C’est vous qui êtes écoeurant et peu respectueux de la vie humaine ! C’est vous l’exploiteur !
      Faites au moins l’effort d’étudier la question : des travaux sérieux existent sur les rapports entre suicide et travail et des enquêtes officielles sont menées pour conclure ou non à un lien entre suicide et travail .
      Lorsqu’un observatoire national des suicides liés au travail sera mis en place pour contrôler et quantifier l’importance du phénomène en fonction du statut , du métier et du secteur d’activité , vous cesserez peut-être d’adopter la posture confortable du déni .
      La posture du déni , c’est chercher systématiquement un angle pour dénigrer les personnes qui font le métier d’informer et de vulgariser . C’est utiliser le soupçon délirant ( l’antisarkhozysme ) pour laisser croire qu’il y a des suicides surmédiatisés ou sous-médiatisés alors que les journaux de toutes opinions parlent quotidiennement de suicides dans le secteur privé ( suicide chez Renault , Thalès , les agriculteurs ...) et public ( pôle emploi ...)
      La posture du déni c’est prendre la posture faussement morale « du respect de l’intimité et des proches “ . Autre manière de dire que je m’en porte mieux si personne ne me tient aux courant des des circonstances de suicide. Autre manière aussi de refuser l’évidence : le suicide lié au travail relève de la question sociale : chaque citoyen , quelque soit la responsabilité qui est la sienne ( syndicale , politique , humaine ) est interpellé sur sa manière d’agir pour éviter une telle tragédie car une telle tragédie ne relève ni de la fatalité , ni de l’individu . Vous ne supportez pas l’évidence dérangeante : celle d’appartenir à la communauté des hommes soucieuse d’ agir pour autrui.
      La posture morale est de considérer le suicide comme un fait social et non comme un fait individuel . La posture morale , ce n’est pas compatir à la douleur des victimes ( ça c’est votre attitude !) c’est agir à la place qui est la sienne pour soutenir les proches ( ce n’est pas rien d’aider les familles à établir une responsabilité sur le plan judiciaire ) et agir pour sauver des vies humaines en danger.
      Vous préferez le déni à l’exercice d’une morale civique : Cela vous rélègue au simple statut d’individu cynique dont la seule morale qui vaille est de banaliser un mal sociétal . Je vous plains parce que vous n’avez même pas pleine conscience de la portée de vos actes !

    • la tite louloute
      • Posté à 08h40 le 27/10/2009
      • Internaute 60941
        précaire

      Aaaah si ce sont des fonctionnaires alors, faut pas s’poser d’questions, laissons les se démerder ...
      Pauvre type !

  • tvargentine-
    • Posté à 12h44 le 26/10/2009
    • Internaute 17486

    Arrêtons ce discours anti-capitalisme d’une autre époque sur les entreprises.
    Tout les ans ,des milliers de personnes se donnent la mort par le suicide (en se jetant sur un train,sous le RER,d’un pont......)

    Lien

    Personne n’en parle !

    Il a fallu qu’un fonctionnaire qui n’avait pas l’habitude de travailler comme les millions de salariés du privé se mettent à travailler comme tout le monde avec des exigences de résultats pour qu’il craque

    Pourquoi cette différence entre les fonctionnaires de France-télécom et tout les autres,c’est à dire des milliers de personnes,des centaines de milliers de personnes sur 10 ans ? ? ?

    Pourquoi vouloir instrumentaliser et idéologiser un discours sur un problème de société qui est qu’en France ,on ne demande jamais aux français de valider une loi comme les 35h (de Me Aubry qui ont augmenté la productivité par unité de poste de travail sans rémunération suppplémentaires)

    Pourquoi ne pas faire valider une loi importante (comme sur le logement social )par les citoyens français au lieu de l’imposer et ainsi d’exclure une partie importante de citoyens qui ne pourront pas se loger et se sentiront exclus du système.

    Bref,ne passons pas à coté d’un vrai débat de société qui n’a rien à voir avec le capitalisme,marx,mao,la décroissance,la croissance.......

    Lien

    • in girum
      in girum répond à tvargentine-
      • Posté à 13h45 le 26/10/2009
      • Internaute 8170

      penez un peu de repos, tva, surtout détendez vous avant le doc de ce soir sur F3. vous risquez d’apoplexer et nous serions bien ennuyés sans vos amusants -bien que prévisibles- commentaires.
      valider une loi importante ? allez hop...

    • pablico
      pablico répond à tvargentine-
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 17h28 le 26/10/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      un peu d’histoire hors polémiques idéologiques.

      jusqu’aux années80 les industriels (capitalistes) étaient paternalistes. Tout était fait pour rendre l’employé heureux, pour qu’il soit productif, et l’on embauchait plutôt des cadres ayant l’esprit d’équipe. IL y avait un chef du personnel. (notez le mot personnel)

      début des années 80, tout à changé.

      - la mode était d’embaucher des cadres individualistes pour créer de la compétition entre cadres.
      dans une compétition tous les coups sont permis, les règles sont interprétées jusqu’à leur dernières limites.

      - les dirigeant industriels ont donné le pouvoir aux financiers qui n’ont qu’un seul objectif le profit par tous les moyens à très court terme.

      - les chefs de personnel son devenu DRH. directeur des ressources humaines.
      Le personnel humain est devenu une ressource (comme l’eau, l’électricité, le minerai, le financement, le pétrole, etc)

      Avec ces trois ingrédients « magiques », on voit ce qui est né, là devant nos yeux en 30 ans.

      Cela s’aggrave car les cadres « ancienne mode » viennent de partir à la retraite.

      tirez vous même la conclusion.

      Attention ! une conclusion nous fait basculer dans l’idéologie Attention ! ; -)

    • Lictor
      Lictor répond à tvargentine-
      informaticien
      • Posté à 15h24 le 26/10/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Ah bon, vous pensez qu’on travaille dans le privé ? Vous pensez que tous les gens qui postent ici sont fonctionnaires ou chômeurs peut-être ?

      Pour rappel, une enquête (AOL/Time Warner de mémoire) avait montré qu’aux USA, les salariés du privé passaient en moyenne 2 à 3 heures par jour à ne pas travailler. J’observe mes collègues en ce moment même, et j’en vois une majorité sur Facebook, sur messagerie instantannée, sur des sites quelconques... Je peux vous assurer que ça ne fait pas partie de leurs travail. Pourtant, je ne suis pas dans le public. Je ne suis même pas dans une grosse entreprise où l’on glande souvent beaucoup. Mais dans une PME.
      La glande au travail est une réalité et même une nécessité pour la plupart des salariés, cessez donc de stigmatiser une partie des salariés comme faisant exception... De toute façon, la glande reste généralement productive, la plupart des entreprises sont juste trop réac pour le comprendre...

      Quant aux 35h, elles sont plutôt salutaires, mais dans une contexte d’entreprise intelligente. Mon seul regret est que la réduction du temps de travail a été mal faite. Plutôt que réduire les heures, il aurait fallu réduire les jours, par exemple en passant à la semaine de 4.5j voire de 4j, comme expérimenté dans certaines villes aux USA...

      Et puis, pourquoi parlez vous d’exception ? Vous pensez qu’on ne se suicide que dans le public ? Vous avez déjà oublié Renault ? C’est pas une boite publique pourtant... Même dans les PME, on se suicide. Simplement, on n’en parle pas dans les médias quand 1 salarié sur 20 a tenté de se suicider dans une PME...

    • poppa
      poppa répond à tvargentine-
      pas papop
      • Posté à 16h56 le 26/10/2009
      • Internaute 75123
        pas papop

      « Il a fallu qu’un fonctionnaire qui n’avait pas l’habitude de travailler comme les millions de salariés du privé se mettent à travailler comme tout le monde avec des exigences de résultats pour qu’il craque »
      Les fonctionnaires ont acquis des DROITS (pas des privilèges).
      Comment les amener à accepter, contre leur propre intérêt, de renoncer à ces droits ?
      Par la violence, par toutes sortes de violences et principalement par la violence hiérarchique de la déraison.

    • LE MIEL PLATONICIEN
      LE MIEL PLATONICIEN répond à tvargentine-
      fonctionnaire
      • Posté à 17h55 le 26/10/2009
      • Internaute 64071
        fonctionnaire

      Hey, secoue toi les neurones.
      Que de gros préjugés ! !
      Fonctionnaire des faignéants, les gars du privé des surdoués.
      Le monde ou nous vivons est un peu plus compliqué que cas.
      Evite aussi des jugements par trop manichéen.
      Le management d entreprise a fortement évolué depuis 30 ans avec des méthodes toutes plus folles que les autres.
      Depuis 20 ans, j’ai connu toutes les modes dE management a la sauce américaine appliqué a une entreprise publique.
      Cadre, j’ai toujours respecté l’individu, le subordonné et quand la hiérarchie m imposait des injonctions contradictoires, je mettais systématiquement en défaut mon N+1 .
      Question de rhétorique.

  • JJ Reboux outrageur de poulets
    • Posté à 12h46 le 26/10/2009
    • Internaute 41591

    Il me semble qu’il n’est pas nécessaire de s’être dit « ma vie c’est le travail » pour en arriver à se suicider à cause de son travail. Même si le fait de jeter toutes ses forces dans le travail peut évidemment favoriser le passage à l’acte…
    J’ai discuté récemment, dans un lycée parisien, avec un ouvrier chargé de la maintenance pour la société Otis (les ascenseurs). Un de ses collègues s’est suicidé. La raison ? Depuis quelque temps, la société Otis a « rationalisé » ses méthodes de travail. Les ouvriers de maintenance se voient allouer 20 minutes par intervention (au lieu de 30 auparavant, bonjour la sécurité !). Dans certaines villes de province, comme Tarbes, d’où venait cet ouvrier, la réduction de la durée d’intervention en maintenance fait qu’il n’y a pas assez de boulot pour occuper le personnel. Que fait la société Otis ? Eh bien, elle envoie ses ouvriers de maintenance deux mois par an, à Paris (à 800 bornes de chez eux !), où les ascenseurs sont plus nombreux. L’un d’entre eux n’a pas supporté ça (éloignement, voir ses mômes seulement le week-end, loger à l’hôtel avec des indemnités qui ne couvrent même pas les frais), et il s’est foutu en l’air… Dans ce cas présent, j’ai comme l’impression que la raison du suicide, c’est plutôt « ma vie, c’est pas QUE mon boulot… »

    • Rue2000
      Rue2000 répond à JJ Reboux outrageur de poulets
      citoyen n°0110110101101
      • Posté à 14h03 le 26/10/2009
      • Internaute 73259
        citoyen n°0110110101101

      « L’un d’entre eux n’a pas supporté ça (éloignement, voir ses mômes seulement le week-end, loger à l’hôtel avec des indemnités qui ne couvrent même pas les frais), et il s’est foutu en l’air… Dans ce cas présent, j’ai comme l’impression que la raison du suicide, c’est plutôt “ma vie, c’est pas QUE mon boulot…”

      C’est quoi cette logique ? ?

      A force on à l’impression dés fois que les suicidés sont des martyrs du combat contre le grand capital.
      Justement, si la vie c’est pas QUE le boulot je ne vois pas pourquoi mettre fin à sa vie A CAUSE du boulot ou d’un malaise générer par le boulot.

      De son vivant ce type pouvait voir ses enfants de temps en temps. Mort il les verra plus du tout. Excusez moi mais la c’est pas que l’employeur qui est con.

      J’suis peut-être pas poulet mais je suis outragé.

      • framboise92
        framboise92 répond à Rue2000
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 15h07 le 26/10/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        La logique des souffrances psychologiques n’est pas si simple ; Elle ne se résume pas à un raisonnement de l’extérieur !

      • poppa
        poppa répond à Rue2000
        pas papop
        • Posté à 17h02 le 26/10/2009
        • Internaute 75123
          pas papop

        « Excusez moi mais la c’est pas que l’employeur qui est con ».
        Vous excusez pas. Vous n’y pouvez sûrement rien.
        Quand on est con, on est con !

      • la tite louloute
        la tite louloute répond à Rue2000
        précaire
        • Posté à 08h43 le 27/10/2009
        • Internaute 60941
          précaire

        Hein ? Mais tu t’rends pas compte à quel point on doit être mal pour arriver à mettre fin à ses jours ! Il n’est point question de connerie ici mais de souffrance. Purée, mais c’est pas possible de lire de telles imbécillités ! !

    • Lictor
      Lictor répond à JJ Reboux outrageur de poulets
      informaticien
      • Posté à 15h33 le 26/10/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Oui, tout çà fait. J’en discutais avec mon psy, qui est spécialisé dans le stress au travail. Pour lui, le plus grand facteur de stress actuellement n’est pas le surmenage, mais le sous-emploi. Typiquement, la configuration la pire est l’entreprise où il n’y a plus de boulot, mais où il faut continuer de faire du 9h-22h en ayant l’air de bosser tout en continuant à devoir atteindre des objectifs suréalistes.

      Et effectivement, le décallage entre la vie privée et le boulot est également un facteur important. Par exemple, se lever tous les matins pour faire un boulot qui va à l’encontre de ses opinions, idéaux et conceptions peut être extrêmement destructeur.

      Les gens ont un peu tendance à assimiler « stress au travail » et « cadences infernales » ou « chef qui gueule tout le temps ». A la limite, ces cas sont souvent les moins pires, on peut se révolter ou claquer la porte plus facilement. L’entreprise « copain », où tout se joue au chantage affectif et à la porosité entre vie privée et travail peut être terriblement destructive elle aussi par exemple...

  • sup à la demande du riverain12.11.09
    • Posté à 13h26 le 26/10/2009
    • Internaute 45258

    Il est un peu simpliste de résumer le problème de France Télécom au fait que l’on appliquerait des méthodes du privé à des fonctionnaires. Grossièrement « c’est fonctionnaires qui n’ont jamais rien glandés doivent se mettre à travailler ».
    Ce genre de raccourci est extrêmement irrespectueux pour ces salariés et très réducteur étant donné que la politique de management appliquée chez FT est plutôt obscure pour nous, simple observateur du phénomène.
    Je vous assure qu’il y a des fonctionnaires (la majorité) qui travaillent et des salariés du privé (grosses entreprises), une minorité comme dans le public, qui ne glandent rien. Je les ai vu de mes yeux !
    Le fait est que dans le public, on ne peut licencier quelqu’un aussi facilement que dans le privé et les méthodes pour casser les gens que l’on aimerait voir démisssionner ne sont pas très sympathiques (mise au placard, mutation forcée, déplacements fréquents, rabaissement, etc...).

    • framboise92
      framboise92 répond à sup à la demande du riverain12.11.09
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 15h04 le 26/10/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Sachez que des TS dans le public existe en masses !
      Il se trouve que je le sais et que j’ai visité La Verrière,(un collègue à moi y séjourne).C’est un établissement psy. de profs et de chercheurs qui ont essayé de mettre fin à leur vie. De nouveaux arrivants arrivent souvent. C’en est dramatique !

      • Un vieux
        Un vieux répond à framboise92
        retraité
        • Posté à 16h00 le 26/10/2009
        • Internaute 38946
          retraité

        La Verrière... Je confirme, ma soeur, prof, y est arrivée et ne s’est pas loupée...

        Les fonctionnaires sont plus exposés parce que, comme dit mim, ils sont très difficiles à faire partir... Ce sont des victimes captives... Leurs possibilités de fuir ne sont pas nombreuses...

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h39 le 26/10/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    Les conséquences du libéralisme « sans tabou » et débridé pour les employés français, protégés encore par la loi peuvent être mortelles.

    Cela donne une idée de la sauvagerie sans retenue que subissent les populations qui ont le malheur de vivre sur des réserves pétrolières ou minière, cela donne également une idée des conditions de travail dans les manufactures mondialisées.

    Ce système est une monstruosité et il faut qu’il nous morde au sang pour que nous nous en appercevions.

    Le renversement de ce capitalisme, une utopie ?

    Un choix de survie surtout.

    • Lictor
      Lictor répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      informaticien
      • Posté à 15h47 le 26/10/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      « Les conséquences du libéralisme “sans tabou” et débridé pour les employés français, protégés encore par la loi peuvent être mortelles. »

      Le problème, dans l’entreprise française, c’est autant un manque qu’un excès de libéralisme... Le management à la française combine le pire des deux mondes en fait : le stress du libéralisme et la rigidité de l’entreprise de grand-papa. On y est par exemple très peu libérale quand aux possibilité d’expression, d’évolution et d’innovation des salariés. Par exemple, un auto-didacte n’a aucune chance dans le système français, alors qu’il se débrouille finalement plutôt bien dans un système libéraliste qui peut se permettre d’être pragmatique.

      Le rêve des patrons français, ça n’est pas le libéralisme. Leur rêve, c’est plutôt un système où toutes les contraintes sont du côté du salarié et où toute la liberté est du côté de l’employeur. Leur modèle de contrat, ce n’est pas celui à l’américaine où tout le monde est libre de le rompte à tout moment. Leur modèle, c’est plutôt le contrat de chantier, où l’employeur peut jeter le salarié lorsqu’il n’en a plus besoin (fin du chantier) mais où le salarié aura un mal fou à partir (il doit attendre la fin du chantier)...

      • poppa
        poppa répond à Lictor
        pas papop
        • Posté à 17h09 le 26/10/2009
        • Internaute 75123
          pas papop

        Une perspective anglo-saxonne pour une culture latine.

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 13h56 le 26/10/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    France-télécom n’est que la boite de Pandore ouverte par le trop plein de souffrances existant au travail depuis trois décennies...

    Une des premières tentatives au travail médiatisée a quand-même eu lieu en 1999 (cf : affaire Rousseau)...

    Cela aurait pu se passer n’importe où dans une entreprise au management appelé pudiquement « stressant », et où les salariés au bout du rouleau avaient le bon goût de faire cela chez eux, mais, cette fois-ci, cela s’est passé sur le lieu de travail, et a eu droit a plus de médiatisation que les autres, et a entraîné une contagion...

    Et, sauf mesures enfin efficaces, ceux qui se suicidaient discrètement pour des raisons appelées « personnelles » par les autorités, n’auront plus de raison de donner un alibi à leurs tortionnaires...

    « Supérieur à 1 suicide par jour »... Mais oui... Depuis 10 ans, on est passé de 3 à 5 par jour... Et ce n’est qu’une étude menée par un groupe de travail comptabilisant les données de centaines de correspondants dans tout le pays... Et ne sont pas comptées les tentatives...

    Et ce, dans le privé comme dans le public...

    Et que l’on ne vienne pas dire que « c’est partout pareil... », il y a des entreprises où les salariés sont satisfaits de travailler...

    Mais il y a longtemps que des gens se battent pour ça, et personne ne peut dire : « on ne savait pas »...

  • LowKicK
    • Posté à 14h09 le 26/10/2009
    • Internaute 24320

    Lorsque l’on met en perspective la vie de la majorité de la population mondiale qui n’a pas ou peu accés à ce qui nous semble acquis depuis maintenant plusieurs générations (alimentation, énergie, santé, éducation ...) avec la vie d’un salarié chez france télécom, l’idée meme de se tuer pour raison professionnelle devient absurde.

    Votre boss vous saoule ? vos collegues sont tous des cons ? on veux vous muter a dunkerque ? et bien demissionnez, ou mieux faites un abandon de poste, vous serez licenciés et vous aurez 23 mois d’indemnité assedic pour vous reconstruire (dés fois que vous soyez déconstruis) et rebondir.

    Mais mettre les suicides de ses salariés sur le dos d’un patron, c’est une atteinte au bon sens et à l’intelligence (et je n’ai aucune espece de sympathie pour les patrons en général)

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à LowKicK
      Situation
      • Posté à 15h47 le 26/10/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Désolé, je ne rebondis pas, je ne suis pas un ballon.

      Todeti

      • LowKicK
        • Posté à 16h18 le 26/10/2009
        • Internaute 24320

        vous m’en voyez navré, mais rassurez vous, lancé de bien haut même un parpaing rebondit

         
        • Au sud de nul part-
          Au sud de nul part- répond à LowKicK
          Situation
          • Posté à 17h47 le 26/10/2009
          • Internaute 57434
            Situation

          Bien sûr.

          D’ailleurs, on joue au basket avec des « par’paing », c’est bien connu.

          Sinon, votre offense à « l’intelligence et au bon sens » m’a beaucoup amusé aussi.

          C’est le critère de celui qui ne ne peut se référer à lui même pour pensez que de se référer « à l’intelligence ou au bon sens ». Vous l’ignoriez peut-être ?

          Occupé à faire rebondir autrui peut-être ?

          En vous écoutant, je le précise, je ne me rassure de rien : je lis le manque d’empathie et la fausse générosité s’étaler allègrement.

          Todeti

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