Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Baudelaire, le téléchargement, Rue89 : Murat balance

Publié le 11/10/2007 à 15h10

Un nouvel album dans lequel il chante des poèmes de Baudelaire sur des musiques de Léo Ferré, une édition spéciale des « Fleurs du Mal » , mais aussi le téléchargement illégal, l’avenir de la musique, Internet : rencontre avec Jean-Louis Murat, toujours aussi brut de décoffrage.

L’histoire du téléscopage Baudelaire-Ferré-Murat commence par une vieille affaire de censure.

Le 20 août 1857, Maître Pinard, qui la même année avait déjà requis contre « Madame Bovary » de Flaubert, obtient la condamnation du futur auteur des « Paradis artificiels » et de son éditeur, pour délit d’outrage à la morale publique. « Les Fleurs du mal » se voient amputées de six poèmes, dont le fameux « Lesbos » (cette condamnation ne sera officiellement cassée qu’en 1949).

Un siècle plus tard, Léo Ferré met en chansons une douzaine de poèmes du recueil, dans le disque du même nom. Puis, en 1967, il sort « Ferré chante Baudelaire ». En 1977, il compose un troisième volume, qui sera laissé à l’état d’ébauche. Il y a trois ans, le fils Ferré demande à Jean-Louis Murat d’interpréter ces compositions. Résultat, cent-cinquante ans après le procès des « Fleurs du Mal » sortent deux « créations associées » .

D’une part, un CD/DVD où le chanteur interprète quatorze poèmes (orchestrés sur le CD, repris de façon dépouillée, piano-voix, sur le DVD). De son côté, et après avoir acheté les droits sur 20 000 exemplaires de l’album à la maison de disques, Gallimard publie un coffret où l’on trouve le CD de Murat accompagné d’une édition augmentée du recueil.

Murat donne une unité musicale et rythmique aux poèmes de Baudelaire

Parmi les poèmes du recueil, « L’Horloge » , qui avait été chanté par Mylène Farmer dans une version variéto-gothique en 1989. Murat, un amie de cette dernière, reprend ce poème diabolique pour en faire un chant plus obsessionnel. Comme, d’ailleurs, à tous les poèmes qu’il reprend, au fil d’interprétations tour à tours dépouillées, légèrement symphoniques, ou à l’ambiance quasi jazzy.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’unité musicale et rythmique des poèmes : on sent qu’ils appartiennent au même souffle, au même recueil (de Baudelaire), à la même musique (Ferré), au même hommage (Murat). A la réécoute d’ » Avec ses vêtements ondoyants et nacrés » , de « L’Héautontimorouménos » , du « Madrigal Triste » ou de « L’Examen de minuit » , le réaction normale est de se replonger, piocher, égrener, les différentes livres qui composent le recueil des « Fleurs du Mal » .

La voix accentuée et voyageuse de l’Auvergnat se prête parfaitement aux sonnets du XIXe. Ce timbre grave et sensuel qui recouvre cette voix tantôt faible tantôt mâle, convient à merveille au spleen baudelairien.

Baudelaire, Ferré : un double héritage, un double hommage

Murat, qui avoue pourtant que Baudelaire n’est pas dans son panthéon personnel, est un artiste dont la personnalité convient merveilleusement à cet auteur bourgeois et scandaleux. Dans la France de 2007, il est revigorant de redécouvrir ces langoureux poèmes. D’autant que c’est ici une double héritage : les partitions laissées par Ferré n’ont pas été retouchées. Plus encore qu’une interprétation, il s’agit ici d’incarnation.

On ne trouvera dans « Charles et Léo » aucun des six poèmes censurés en 1857. Cette vieille affaire de censure intéresse pourtant Murat, qui explique que le procès de 1857 aura donné un « lustre » à l’oeuvre de Baudelaire :

« Comme pour Flaubert... Ça lui a donné un putain de coup de pouce, à Flaubert, son procès, si ça se trouve on l’étudierait même pas s’il n’y avait pas eu de procès ». (Voir la vidéo.)


On connaît les rapports que le chanteur entretient avec la poésie -on rappellera l’expérience « 1451 » -. Murat, artiste reculé, tour à tour anar de droite et libertaire (vrai anar pour autant ?), avoue cependant se méfier des poètes et fort aimer la poésie. C’est le genre de type qui n’a que faire de la vie d’un artiste, se concentrant sur l’oeuvre et sa durée.

Aragon ? « Un éboueur » Prévert ? « Ça pue la Gauloise »

Murat déteste la poésie d’Aragon ( » un éboueur » ), de Prévert ( » ça pue la Gauloise, ça pue Paris » ), ne s’attarde même pas sur Apollinaire, et finit par admettre que, pour lui, Rimbaud n’arrive pas au niveau de Baudelaire, que seul, peut-être, Verlaine égale. C’est ce qu’on appelle du tri sélectif.

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas sa première visite du patrimoine poétique de France. En 2002, il chantait Madame Deshoulières avec Isabelle Huppert. En 2005, il chantait Pierre Jean de Béranger. « J’aime faire des excursions dans l’histoire de la langue, à un moment où elle est à son apogée », explique-t-il. (Voir la vidéo.)


Comme Bob Dylan, qu’il cite volontiers, Murat est persuadé que la poésie, la chanson, lui-même, ne servent à rien. Un pessimisme, certes de mise dans un pays occidental et libéral des années 2000, mais qui contraste avec son souci de la transmission des idées et de la langue.

Murat ne voit aucune crise du disque, mais voit une crise infiniment plus importante pointer le bout du nez : une crise de la scène, favorisée par le statut de l’intermittence et par la généralisation des concerts gratuits. (Voir la vidéo.)


Lorsqu’on l’écoute, il faut bien faire la différence entre la gratuité de l’accès du public à la culture et la gratuité de la culture. Ainsi, on mesure un peu plus hautement la colère immense, et bien connue, que le chanteur entretient envers les internautes qui téléchargent.

Son propos pourra paraître réac, populeux, trop frondeur ; il reste éminemment social. Aussi, en répondant à l’interview pour Rue89, avait-il conscience de s’adresser à un public dont, pour lui, une partie est délinquante. Dans un débat non définitivement tranché (celui des droits de l’artiste et de la propriété sur le Net ; et, plus largement, dans le domaine informatique), Murat, lui, tranche, et plus encore que lorsqu’il reprend Baudelaire, Murat le polémiste refuse tout angélisme.

Charles et Léo - CD/DVD - Scarlett/V2 Music - 16.90€.

Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire - édition revue avec CD de Jean-Louis Murat - éd. Gallimard, coll. Poésie - 354p., 21€.

Les éditions Thélème sortent en version sonore, le 3 novembre, l’intégrale des « Fleurs du mal », du « Spleen de Paris » et des « Paradis Artificiels » de Baudelaire, en 19 CD, avec notamment les voix d’Isabelle Carré, Michel Piccoli, Denis Lavant... 87€ le tout.

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  • Anonyme

    Vous devriez hebergez vos vidéos sur Youtube j’ai pas acces a Dailymotion au boulot.

    Mais bon pas besoin de le voir, on sait tres bien ce que Murat pense du téléchargement. Perso je suis peut etre un mechant internaute qui télécharge ca n’empeche que j’ai jamais autant acheté de disque que depuis que je peux ecouter dans de bonnes conditions avant d’acheter.

    • Anonyme

      Murat
      J’aime bien l’entendre chanter,
      J’aime pas l’écouter parler.

      Je persévère à penser qu’il a tout à chanter et vraiment rien à dire.

      • Alice77
        • Posté à 18h34 le 16/10/2007
        • Internaute 11594

        Sur MySpace ça c’est de la bonne came !

    • Anonyme

      Cher monsieur Murat, je vous signale que Caro, elle, ne sera délinquante qu’a partir de demain.
      Pas de proces d’intention s’il vous plait ! ...
      (y en a j’vous jure ! ...)

    • Anonyme

      Qu’il se rassure je vais pas télécharger ses albums - beurk !
      Même si on m’en offrait un, je le jetterai afin de ne pas polluer mon cerveau ni celui des autres : -)
      Par ailleurs, je vais très très souvent en concerts et festivals et très souvent les groupes nous encouragent à télécharger leurs oeuvres ! ! ! !
      Quelle différence avec le showbiz merdique et surmédiatisé !

      • Alice77
        • Posté à 10h15 le 13/10/2007
        • Internaute 11594

        Murat est à Dylan, Neil Young, Léonard Cohen, JJ Cale,ce que Halliday est aux Rolling Stones. On dit pas « dégueulasse », alors je dis inique. Y en touche as une. Rien). Il en touche pas une. Il touche de l’euro en jouant au mec qu’en a rien à foutre, ce qui est bien le nouveau et conventionnel masque derrière lequel se planquent les bourges. Où est Stan Cuesta, niqué par sa maison de prod que je ne citerai pas, autrement meilleur que Murat, mais que la maison de prod en question a placardisé il y a des années. Textes magnifiques, critiques, guitare impeccable. De peur qu’il fasse de l’ombre à ce beauf qui ne fait mouiller que les nenettes qui aiment que leur ne bande pas trop.

    • Alice77
      • Posté à 16h19 le 12/10/2007
      • Internaute 11594

      Le mec Murat est un type qui chante comme un enfant de choeur des chansons pour franchouillards bobos qui se la tapent ah j’ai acheté une baraque mais je continue à fumer des bedos et je trompe ma femme en me consolant au Jack Daniels avec mon pote à qui je raconte mes malheurs tu te rends cpompte ce con il veut pas me prêter de fric... ! . C’est un pauvre type, pauvre voix, une GROSSE GROSSE prod qui gonfle toute cette pauvreté à mort et résultat on a un CHANTEUR FRANCAIS qui aurait emmerdé Ferré et Baudelaire à mort. Et le Rimbaud lui aurait foutu un balai à poussière dans le trou, mis le feu, et Le Murat serait encore content. Prendre un nom de village et de général d’Empire, pour oublier qu’on s’appelle Franchouille, honnêtement, c’est pas mouillant pour le string. On préférera Richards, Shakespeare, Jack Jonhson.
      Pauvre Jean-Louis, il se croit quelqu’un. Lire Baudelaire, pas facile et ça se fait à la lumière de la bougie, pas en AR - TI- CU -LANT ton texte comme si t’étais en sixième ou que tu voulais que mamie elle comprenne bien les paroles. Vive Neil Young, espèce de plagiat.
      Pascale Mir
      ton charabia sur le télécchargement je veux même pas le lire. C’est les pauvres qui téléchargent. Point barre. Tu te débrouilles avec le reste.

      • Anonyme répond à Alice77

        Elle est rigolote Alice 77 !
        Cela nous change du verbiage bobo et « éminemment social » des journaleux !
        mais c’est qui Pascale Mir ? ...

         
        • Alice77
          • Posté à 10h17 le 13/10/2007
          • Internaute 11594

          Pascale Mir, c’est Pascale Mir, chouchou. Ou chouchoute. C’est moi quoi. J’ai perdu mon extrait de naissance et ne suis pas testée ADN.

        1 autres commentaires
      • zagreu
        zagreu répond à Alice77
        • Posté à 10h04 le 13/10/2007
        • Internaute 2043

        Bien dit, le tour du sujet a été fait et bien fait.... Je peux amintenant aller -et je vous encourage tous à en faire autant- écouter le « live at Massey Hall de 1971 » de Neil Young, superbement remasterisé, avec une version de Ohio à tomber

         
        • Alice77
          Alice77 répond à zagreu
          • Posté à 10h23 le 13/10/2007
          • Internaute 11594

          Qu’est ce qui n’est pas à tomber dans Neil Young ? Tout est à tomber. A voir « Crazy Horse », le film de Jarmusch, et puis Unplugged, et puis tout quoi !
          Que Murat sorte de ses montagnes profondes et glauques et rammène un peu de pognon aux sans-abris, ce que furent en leur temps Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, des éternels sans le sou. Lire les bios de Verlaine où il est dit comment il écrivait des poèmes (poèmes que nous trouvons aujourd’hui magiques, délicats, bouleversants, achetés 3 francs par un éditeur véreux pour payer son loyer. Des crève la dalle ainsi que Rimbaud qui édita son livre à compte d’auteur. Et fut découvert un siècle plus tard seulement. Et mourut seul comme on le sait. Avec sa soeur mais c’est tout comme. Je pense que Arthur lui aurait fourré le doigt dans l’oreille.
          Et vive Billie Holiday (l’art n’a pas besoin de tes prods de faiblard qui veulent jouer à celui qui en a une plus grande que l’autre).

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Alice77

        ...c’est vrai,quand BOVE met un tutu,ça donne ALICE-77...Tu te relis un peu de temps-en-temps ? ...l’a l’air costaude la « beuse » du Larzac...tiens,je viens de t’entendre « réclamer » l’ADSL,alors qu’avec tes faucheurs d’OGM et tes barbus révisos,tu chies sur le progrès en général...et à ce propos,j’ai une blague bien FN : »...il faut se méfier du GANDHI-RATON... »...Ouais,j’ai honte... sacré BOUVIER,remets ton string,tu m’fais marrer !

    • Anonyme

      si c’était le cas de tous les téléchargeurs, l’industrie de disque tournerait à plein régime et les usines auraient du mal à fournir....

      la concetration est en marche, Sony, BMG et Universal, les autres pourront crever, les grands distributeurs envisagent la fin de la vente de disque en rayon entre 2009 et 2012...

      l’internaute libre n’aura plus qu’un choix limité, les petits abels se cassent la gueule, les disquaires n’existent plus... c’est les clients qui ont eux même coupé la branche sur laquelle ils aimaient siffloter.

      PS j’ai pas écouté toutes les interviews, l’anar de droite me fatigue.

    • Anonyme

      ...150% d’accord avec MURAT,ARAGON était une merde stalinienne,et sa meuf TRIOLET,un tue-l’amour...Quand à PREVERT,c’est vrai que ça pue la clope-prol’(s’il en reste,faut aimer...)...Pour VERLEINE,voir DELANOE et les culturistes...BAUDELAIRE ? Out of africa...FERRE reste indéboulonnale,et pour longtemps...Il est réac MURAT,tant mieux,ça veut dire qu’il est ENCORE capable de réagir...
      PS : le téléchargement,c’est vrai,c’est pour les pauvres...soyons charitable.

    • Anonyme

      ...ce n’est TOUJOURS pas la gratuité de l’Art qui tue l’Art - mais sa compréhension (de l’Art) qui reste globale...TOUT ce qui est gratuit tente à être banaliser,le raisonnement dominant consiste à prétendre : « Si c’est gratos,c’est que CA doit être de la daube... ».Ch’uis désolé,mais je l’entends souvent autour de moi...Ce qui est une totale absurdité entre la distance parcourue d’une oeuvre et de sa réception..a postériori,beaucoup de choses - pour beaucoup d’entre nous -ont changé dans leur existence,gràce au travail de quelques artistes...que leur accessibilité soit free-tax ou pas n’y ont rien changé...suis désolé pour le côté alambiqué de la chose mais...,c’est tout ce que j’ai à en dire.

    • Anonyme

      en ce moment je suis au chomage ,donc pas d argent pour me payer de la musique,alors je telecharge ! le jour ou je sortirais de cette misere j acheterais ! mais surement pas les siens ! qu el arnaqueur ce murat !

  • Anonyme

    Baudelaire est la quintessence du bonheur de vivre...de l’esprit, de l’humour, de la joie, de la jouissance, de la suptilité, de la poésie, de la sensibilité, de la provocation, de la peine aussi.....mais MURAT, mon dieu MURAT, que vient il faire là dedans ? Il a lu 25 oeuvres du 17ème, ouahou ! il sait maintenant.... mais toujours aussi tristouille chiant, emmerdant et prétentieux et les histoires de fric sont bien présentes....surtout....

    • Anonyme

      Bah ! du moment qu’il reste « éminemment social », on peut bien lui faire un petite place sur rue89.

      • Anonyme

        ...« éminemment social“(sic), c’est obligatoire pour les artistes sur rue 89.
        C’est LA condition pour qu’on parle d’eux sur ce site.
        Les autres, même s’ils ont du talent, y-z-ont qu’a l’être aussi ...‘éminemment social’...
        C’est pas difficile quand même !

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus
          Rue89
          • Posté à 16h42 le 12/10/2007
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

           Où diable avez-vous vu une telle « obligation » ?

          • Anonyme répond à Hubert Artus

            C’était ironique !
            C’est l’expression que je trouvais particulièrement stupide.

            • Anonyme

              En fait, à force de chroniquer des artistes « engagés » comme Murat ou Miossec, les journalistes de Rue89 en ont oublié leur sens de l’humour ! ....

              « RENDEZ-NOUS DAVE ! »

              la blogosphère (comme on dit sur rue89)

        3 autres commentaires
    • Anonyme

      TRES BIEN VU ! ! !

      Une chose est sûre pour moi : M.Murat est vraiment un mou du genou prétentieux et très Auvergnat, si vs voyez ceque je veux dire. Comme vs le faisiez remarquer : il a lu des auteurs du 17ème. Il a dû ds sa très grde soif d’érudition oublier de lire Baltazar Gracian que je recommande à tout le monde et à ce monsieur
      imbû de lui-même, certes trop productif et par la-même, très souvent peu soucieux de la qualité de ses textes... J.J.V.

  • Anonyme

    murat ? quand j’entends ce nom je ferme la radio ! ! !

    • Anonyme

      Miossec, Murat, la déglingue un peu forcée de tous poètes de la SACEM commence à nous les brouter
      sur la blogoshère...(comme on dit sur Rue 89...)

      • chroma
        • Posté à 02h28 le 12/10/2007
        • Internaute 19051

        Ca n’a pas l’air d’aller si mal, il ne donne pas encore ses itw au Formule1.

        Qu’il dorme tranquille, je doute qu’il soit téléchargé massivement.

  • Anonyme

    je suis scotché par le niveau de réflexion de ce type, assez proche du sous-sol, internet le vehicule du diable, les internautes des nazillons ?

    Tout ce qu’on comprend c’et que c’est un mec en colere et anar qui s’est tres bien accomodé des multinationales et qui aimerait bien que ca perdure.

    Bon sinon j’ai acheté le dernier album de Radiohead en téléchargement sur internet avec fixation libre du prix (j’ai mis 11,5 euros), c’est une excellente opération marketing de leur part, mais ca a aussi créé des emplois de mecs motivés (l’enregistrement du CD a mobiilisé divers talents, la création du site internet), bref la chute du systeme actuel n’est pas synonyme de gratuité et de fin des emplis. Alors OK Radiohead est une exception, et un groupe phare qui a déjà son public, mais au lieu de se parer d’indignation réac dans un appart cossu, on peut se demander ce qu’il faut sauver et ce qui doit changer. La musique n’est pas gratuite effectivement, mais il n’ ya pas un seul modèle économique possible.

  • Anonyme

    La gratuité de la culture est un danger pour la culture. C’est évident. Nous ne sommes pas loin de voir une génération ne plus comprendre que faire de l’art, créer, et bien ça mérite une rémunération.
    Au niveau de la musique, il y a la recherche de nouveaux modèles. Le partage des revenus publicitaires pour les sites de streaming (libre écoute sans téléchargement) est-il une solution ? Ou donner un sens supplémentaire au téléchargement et à l’acte d’achat (ex : Lien qui récolte des dons pour des ONGs en plus de rémunérer les acteurs de la filière musicale) ?

    • Anonyme

      Hm, les écrivains doivent bien se marrer lorsqu’ils voient tous ces débats autour du piratage musical qui « est un danger pour la culture, promis, juré, craché » :
      Eux qui se font piller par les bibliothèques municipales ( gratuites !), dépecer par ces professeurs de français qui organisent plusieurs heures de décryptage de leurs œuvres ( parfois photocopiées !).

      Le problème d’internet, c’est qu’il a rendu caduque toute cette usine à gaz qu’on appelle vulgairement « industrie musicale », aujourd’hui, enregistrer un album en studio ne coute pas grand chose, le distribuer sur le net encore moins, se faire connaitre par des concerts, du bouche à bouche (ou blog à rétrolien) rien du tout.

      Loin de moi l’idée de prédire l’avenir, mais il n’est pas impossible que le piratage, s’il n’est pas rapidement stoppé, tue l’industrie musicale.

      Mais pas la musique.

      Après tout, il n’y a pas si longtemps (avant l’instauration du concept de droit d’auteur), un artiste était payé pour un acte factuel, et actuel, il n’en vivait pas forcement, mais n’en mourrait pas obligatoirement non plus.

      • Cali-pika
        • Posté à 23h41 le 11/10/2007
        • Internaute 18509

        Villon, Molière, Mozart, Gérard de Nerval, Edgar Poe, Antonin Artaud, etc... en sont morts pourtant. Sans compter ceux qui sont morts sans reconnaissance posthume.

         
        • Anonyme répond à Cali-pika

          Des fous (Mozart, Nerval, Artaud), des maudits (Villon, ceux que vous ne comptez pas) et des drogués (Poe) ; le piratage, s’il avait existé, n’aurait que peu influencé sur leur condition d’homme.

          • Cali-pika
            • Posté à 23h23 le 12/10/2007
            • Internaute 18509

            Dans le message d’origine il n’était pas dit qu’ils étaient morts du téléchargement mais d’ête payé pour des actes factuels.

            Je pense que la vie de ces artistes a été très fortement influencée par le fait d’être totalement dépendants de leurs éventuels mécènes ou de l’absence de mécène.

            • Anonyme répond à Cali-pika

              Je suis assez d’accord. Il s’est installé une sorte de confort chez ces artistes qui, finalement, ne voient pas d’autre solution que le mécénat pour leurs oeuvres. Ils en ont besoin, en sont dépendants et n’imaginent pas sortir de ce système. Pire, ils n’imaginent même pas qu’on puisse en sortir et penser autrement.

              Pourtant, prenez un type comme Didier Wampas. Ce mec est employé à la RATP le jour, et remplit l’olympia le soir. Depuis 25 ans il enregistre des disques, ne dépend aucunement d’un mécène ou d’une maison de disque ni des ventes de son art pour vivre. Du coup, ce qu’il met dans ses disques n’est aucunement dirigé par un besoin de rentabilité.

              L’art n’en est-il pas plus pur, plus honnête dans ce cas-là ?

              Parce que finalement, les Murat, Souchon, Miossec, mon cul, Hallyday et autres ne sont que des rentiers qui ont créé eux-même leurs dépendance. Mais de fait, ils ont aujourd’hui la trouille que le public ne soit plus d’accord. Alors on traite les téléchargeurs de nazillons... C’est nul.

              • Cali-pika
                • Posté à 22h59 le 17/10/2007
                • Internaute 18509

                Euh... c’était pas le sens de mon post mais je suis globalement d’accord.

                PS : le dernier Wampas est pas terrible quand même, snif !

      • Anonyme

        Il existe des taxes sur les photocopies redistribuées aux auteurs.

      • Anonyme

        Heu...

        Y’a monsieur Moore des Jeunes Soniques (qui d’ailleurs est censé gagner sa croute avec ce qu’il fait sortir comme sons de sa bouche et de sa guitare) qu’a dit un truc un brin comme vous, un truc du genre :

        « Telecharger tue l’industrie musicale, pas la musique. »

        C’est plutot cartésien j’trouve...

        Bon apres il a ajouté :
        « Tuez les tous... »

        Quand on vois la mentalité d’monsieur Negre et ses camarades, heu, bah alors on s’dit que « ah oui tiens, apres tout... ».

    • Carmelle
      • Posté à 09h48 le 12/10/2007
      • Internaute 18997

      La gratuité n’est pas un danger pour la culture, bien au contraire. J’emmène mon petit garçon au musée tous les premiers dimanches du mois. On a trois musée nationaux chez moi, en plus on peut varier les plaisirs. Le premier dimanche de chaque mois, c’est gratuit, et convivial.
      Les souchon, murat, delpech (c’est qui maman ?), et autres zazie, qui tempêtent contre les téléchargeurs sont de vieux machins avares dont nous nous passons parfaitement. Même pas envie de les télécharger.

    • Anonyme

      Juste une précision : à partir du moment où il y a streaming, et donc circulation de l’information quelque part sur votre ordinateur, rien n’est plus simple que de copier cette info et de la stocker sur le disque dur de votre ordi.
      Donc, parler du streaming comme étant « sans possibilité de téléchargement » est faux.

      Otto Naumme

  • Anonyme

    « Réac et populeux », pas de doute. Murat est un prof frustré, qui, quoiqu’il dise, ne s’intéresse qu’à la vie des poètes qu’il reprend. La preuve, c’est qu’il a repris Béranger, « monument » certes d’une époque où « la langue est à son apogée » (mouais…), mais surtout poète exécrable et d’ailleurs exécré de Flaubert, Baudelaire etc. En plus, croire que Baudelaire a besoin de Murat pour être « re“découvert…

    • Anonyme

      On accole souvent prof et petit : petit prof ; prof et frustré ; l’autre jour Guillaume Durand : « heureusement que je ne suis pas resté petit prof déprimé » .C’est vrai heureusement qu’il n’est pas professeur, il devait être chiant au possible.
      Déjà pouvez-vous dire le mot professeur en entier, ça ne va pas vous arracher les dents ! L’image qu’ont certains des professeurs est fascisante : elle leur colle des étoiles indignes sur le revers.
      Quant à Murat il a au moins le mérite d’avoir essayé une oeuvre quelle que soit la qualité qu’on lui donne.

      • Anonyme

        C’est pas nous qu’on les choisi ces blaireaux ! ....

  • Anonyme

    La gratuité de la culture est un danger pour la culture. C’est évident. Nous ne sommes pas loin de voir une génération ne plus comprendre que faire de l’art, créer, et bien ça mérite une rémunération.
    Au niveau de la musique, il y a la recherche de nouveaux modèles. Le partage des revenus publicitaires pour les sites de streaming (libre écoute sans téléchargement) est-il une solution ? Ou donner un sens supplémentaire au téléchargement et à l’acte d’achat (ex : Lien qui récolte des dons pour des ONGs en plus de rémunérer les acteurs de la filière musicale) ?
    Affaire à suivre... ce sera à chaque acteur de trouver la bonne solution.

    • grabouillie
      • Posté à 16h36 le 11/10/2007
      • Internaute 17833

      Pardon, je répète votre commentaire mais disons le encore et encore, la gratuité de la culture est un hérésie totale........un plantage énorme, une connerie monumentale, c’est la fin de la culture...le début d’un magnum KaKAîen !

    • Anonyme

      Je ne suis pas si sûr qu’il s’agisse d’une évidence, en tout cas pas pour moi. Quant à dire que nous ne sommes pas loin de voir une génération ne plus comprendre que faire de l’art, là c’est pour moi évident qu’il est dangeureux de dire ça. Certes, trop d’art tue l’art - seul point sur lequel je rejoindrais Murat, les internautes ont tendance à se goinfrer. Mais ne pas y accéder du tout n’est pas mieux...
      Si on regarde autour de nous, on voit déjà la génération qui ne comprend pas que faire de l’art. Bien sûr, il est facile de leur dire de se bouger pour aller voir des expos, aller à des concerts, des festivals, ou pourquoi pas même au théatre.
      Mais tout cela coute de l’argent, du temps, et de l’implication, suffisemment pour qu’ils n’y aillent pas. La jeune génération d’aujourd’hui peut bien plus facilement s’installer devant une télé qui lui balancera toujours plus de soupe au visage.
      Il faudrait taxer les profits faits sur cette merde pour en faire profiter les vraies oeuvres de l’esprit qui ne marchent pas. Arrêtons de retribuer la culture à l’exemplaire, c’est totalement dépassé.

      • Carmelle
        • Posté à 10h52 le 12/10/2007
        • Internaute 18997

        Dire que la gratuité tue l’art, c’est une grosse sotise à peu près aussi stupide que de dire l’enseignement gratuit tue l’éducation. Maintenant, il faut s’entendre sur ce qu’on appelle « art ». Faudrait voir ce qui est en réalité télécharger sur internet en terme de qualité... Ceux qui prétendent que « La gratuité tue l’art » feraient bien de plutôt dire « La gratuité tue le commerce », et on mettrait tout le monde d’accord.

  • Anonyme

    Je peux pas expliquer pourquoi, je le connais peu, mais j’ai pour Murat une attirance très forte. C’est quelqu’un que j’estime beaucoup, qui ne me déçoit pas, et qui sort du caca bassement collant des artistes à trois balles qui s’y croient et n’ont rien à dire. Il a de l’élégance intellectuelle, et c’est rare.

  • Anonyme

    A les entendre tous, on croirait que le monde court à sa fin si les artistes ne peuvent plus encaiser des millions..
    Au Moyen-âge, comment ils faisaient les trouvères ? C’étaient pas des artistes ?
    Et Molière ? il touchait des millions en tournée en province ? Et Piaf, quand elle chantait sur le trottoir ?

    Bon, en même temps, je ne souhaite pas leur mort, car j’adore la musique mais il y a un juste milieu à tout. Ces artistes qui crient à la mort alors qu’ils gagnent 10 fois plus que moi, ras le bol...

    • Cali-pika
      • Posté à 23h01 le 11/10/2007
      • Internaute 18509

      Bonsoir,

      Nous n’avons malheureusement que peu de traces des oeuvres du moyen age mais celles qui nous sont parveus comme celles beaucoup plus nombreuses de la renaissance et des siècles suivants étaient subventionnées par de grands princes.

      Molière a en effet débuté par des tournées en privince mais il a fini en présentant ses pièces devant le roi et la cour. Piaf a débuté dans la rue mais à sa mort elle n’était plus vraiment dans le besoin.
      Aujourd’hui encore les artistes ont des débuts difficiles avant d’avor pour les plus talentueux / chanceux du succès et pour une infime partie d’entre eux gagner beaucoup d’argent. Le problème du téléchargement ne concernent pas ceux qui enchainent les disques d’or mais ceux qui ne vendent que quelques milliers d’album et qui sont en permanence limite : une infime baisse de leur revenu et ils seraient obligés d’arrêter leur carrière artistique ce qui apprauvrirait fortement le monde musical.
      C’est exactement ce que dit JL Murat dans une des vidéos ( même si sa diabolisation du et est très discutable ) : le télécargement ne tue pas universal mais la petite boite dont tout le personnel est viré après son rachat.

      • Anonyme répond à Cali-pika

        « Le problème du téléchargement ne concernent pas ceux qui enchainent les disques d’or »
        Ce sont ceux là qu’on entend surtout, sur le pb du téléchargement. Les artistes qui débutent sont assez contents de pouvoir faire connaître leurs oeuvres gratuitement par l’internet.

        Je ne voudrais pas défendre la gratuité de la musique absolument, mais je crois que ce qui se passe sur internet pourrait arriver à diviser par 2 ou 3 le nombre d’« artistes » actuels et ce ne serait pas vraiment un mal ; y survivraient, ceux qui le méritent vraiment, les vrais créateurs, et non les « artistes made in StarAc ».
        Et pour vivre, les vrais artistes plébiscités sauront survivre par leurs concerts, et peut-être verra t-on le grand public jouer le rôle de mécène comme les médicis autrefois.. C’est à dire accepter de payer ceux là.
        Pour ce qui me concerne, je paye les chanteurs que j’aime et que je respecte. Je download les autres, sans vergogne..

         
        • Cali-pika
          • Posté à 00h07 le 12/10/2007
          • Internaute 18509

          Cela serait merveilleux ! Mais mon pessimisme me pousse à croire que c’est au contraire les « artistes made in StarAc » qui survivront car super-soutenus par les médias et je ne suis pas sûr que internet puisse compenser cela car pris d’assaut par les mêmes médias ( faites un test : qu’est-ce qu’il est plus facile de trouver sur le net : Gregory Marchand ( c’est le seul que je connaisse... ) ou Olivia Ruiz ( pour prendre une « dissidente » qui n’est pas non plus une inconnue )

          Pour ce qui me concerne, je paye les chanteurs que j’aime et que je respecte ( CD ET concerts ) Et les autres... si je ne les aime pas, je ne les écoute pas !

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