Censure, contrefaçon : en Chine, Facebook n'est pas le bienvenu
Contrairement à une idée reçue, la Chine est loin d’être le paradis rêvé pour les entreprises étrangères. Contrefaçon, flou législatif, protectionnisme et barrière de la langue rendent l’opération complexe et risquée. Illustration avec une entreprise américaine en plein boom : Facebook.
L’un des premiers écueils à affronter, c’est le non-respect, dans les faits, de la propriété intellectuelle. Le retard technologique et l’intérêt prononcé du consommateur chinois pour les marques étrangères ont poussé certaines entreprises chinoises à singer leurs homologues occidentaux.
Dans le sportswear, la virgule de l’américain Nike a fait des petits et, sur Internet, Google s’est découvert un clone avec Baidu. Facebook a connu le même sort : un an après son lancement, en 2005, Xiaonei.com (« le campus ») voit le jour.
Mêmes fonctionnalités, mêmes couleurs, même barre horizontale
L’histoire de ce site rappelle furieusement celle de Facebook : Marc Zuckerberg et sa bande ont monté leur site à Harvard, Wang Xing et ses camarades sont diplomés de Qinghua, l’université numéro 1 en Chine (Wang Xing est également le fondateur du clone chinois de Twitter, Fanfou.com).
Les fonctionnalités sont les mêmes, à quelques nuances près (sur Xiaonei, vous savez qui visite votre profil). Mais là où le site chinois fait très fort, c’est sur l’identité graphique, puisque celle-ci est exactement celle de Facebook. Même jeu de couleurs, même barre horizontale, mêmes menus verticaux, le résultat est bluffant.
Ce nouveau site a logiquement connu un succès similaire à celui de l’original en Occident, devenant l’un des services favoris des étudiants chinois. En août, il s’est engagé dans une campagne visant à élargir son audience au-delà des campus, en se dotant d’un nouveau nom, Renren.com (« tout le monde »).
Eté 2008 : premiers pas et premières difficultés
A l’été 2008, le réseau social américain a commencé à tâter le terrain, souhaitant s’internationaliser en proposant ses services dans d’autres langues. Impossible pour ses responsables d’oublier la Chine, devenu il y a peu le premier pays en nombre d’internautes (dépassant les Etats-Unis) avec 338 millions de connectés en juin 2009. Jusqu’alors, le réseau « Chine » de Facebook comptait 285 000 membres, en augmentation rapide.
Fin juin, pour encourager cette dynamique, zh-cn.facebook.com voyait le jour, avec un interface traduite en chinois (un « poke » se dit « zhaohu », comme « appeler », « saluer »). Une timide tentative : le développement d’applications dédiées et la création d’une filiale Chine n’étaient pas à l’ordre du jour.
Mais une dizaine de jours plus tard, le 7 juillet, le site était bloqué une première fois en Chine continentale (c’est-à-dire la Chine, à l’exception d’Hong-Kong et Macao).
L’Internet chinois, une toile à côté de la Toile
Pourquoi cette censure ? Malgré son nombre d’internautes, la Chine n’est pas un pays « internet friendly ». Lors qu’Internet a déboulé dans le paysage médiatique mondial, les dirigeants chinois se sont trouvés face à une alternative :
- Autoriser ce nouveau mode de communication et augmenter le risque de contestation politique organisée.
- Le refuser et menacer la modernisation de l’économie chinoise.
La nécessité de la croissance économique l’a emporté sur les craintes politiques. Mais ce développement est resté sous le contrôle étroit de l’Etat et s’est opéré sur un mode original. Pour simplifier, le réseau chinois, dont l’infrastructure est sous le contrôle du ministère de l’Industrie de l’information, c’est une seconde toile d’araignée construite à côté de la première toile.
Les passerelles qui les relient sont étroitement surveillées et filtrées, formant ce que l’on appelle en Occident « The Great firewall of China » (« le grand pare-feu de la Chine », allusion à la Grande Muraille). Les autorités peuvent ainsi interdire tout accès au canal de diffusion non-contrôlé qu’est Facebook.
Facebook, baromètre de l’agenda politique chinois ?
Or, le blocage de Facebook intervient à chaque fois dans un contexte particulier, comme les Jeux olympiques ou le 60e anniversaire de la République populaire, contexte où les autorités redoublent (voir triplent ou quadruplent) de précautions, par peur du moindre débordement.
Ce régime préventif qui s’applique à certains sites communautaires occidentaux -Facebook, Youtube, Twitter- épargnent leur équivalent chinois. En effet, ces derniers, basés en Chine, sont à portée de main, au cas où les autorités chercheraient à obtenir des donnés sur tel ou tel utilisateur.
Autres données à prendre en compte : l’ampleur de l’éventuelle réaction -plus d’utilisateurs donc potentiellement plus d’hostilité- et les conséquences économiques -brider ses propres entreprises n’est pas dans l’intérêt de la Chine.
A contrario, bloquer Facebook ne mécontente qu’une minorité de personnes, les expatriés de passage dans leur pays d’origine ou les jeunes Chinois qui ont étudié à l’étranger. L’internaute chinois lambda ne se heurte jamais à ces cas flagrants de censure (ce qui ne l’empêche pas de subir la modération des contenus et l’autocensure des sites chinois).
Enfin, bloquer Facebook, c’est aussi annihiler la concurrence et assurer à l’une de ses entreprises un juteux monopole...
Facebook a-t-il un avenir en Chine ?
Le développement de l’entreprise américaine sur le marché chinois semble pour le moins compromis. Son concurrent est déjà fortement implanté et l’accès au marché lui est régulièrement coupé. Deux éléments qui comptent d’autant plus que l’intérêt d’un réseau social réside précisément dans le nombre de ses utilisateurs et dans une utilisation quotidienne.
Certes, certains pourront objecter qu’en bricolant, il est toujours possible d’accéder à Facebook. Mais d’une part, cela demande du temps et la maitrise de l’anglais. Et d’autre part, le résultat est incertain et pas nécessairement généralisable.
Par exemple, pour mon usage personnel, j’ai eu recours à différents logiciels et techniques -proxy, réseau VPN- à l’efficacité relative -connexion lente- et éphémère -une dizaine de jours grand maximum -avant qu’un coup de chance ne vienne défitivement régler mon problème.
Un généreux compatriote, croisé sur un forum, me laisse gracieusement me connecter au serveur qu’il loue en France, précisément pour échapper au « Great Firewall ».
Pour Facebook, l’eldorado chinois s’éloigne donc irrémédiablement. A moins que Barack Obama, grand utilisateur du site communautaire, ne mette ce cas de protectionnisme déguisé sur la table lors de sa prochaine visite à Pékin. Rien n’est moins sûr !
- Sur renren.comRenRen, le facebook chinois
- Sur randomwire.com"Chinese Web 2.0 clones" sur Random Wire
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ici et là
ici et là
Facebook est bloqué en Chine, mais il est facile de s’y connecter en utilisant gladder, contraction de « great » et « ladder », la grande échelle, petite référence au « great wall of china », la grande muraille, également sous forme numérique, le great firewall of china. librement téléchargeable pour qui veut bien se donner la peine de cherche un peu. Ca m’a pris 10mn une fois en Chine pour le télécharger et l’utiliser.
Facebook grâce à son système de partage de vidéos n’est pas appréciés des pays qui comme la Tunisie bloque l’accès à Youtube et Dailymotion, l’utilisation de FB a explosé dans ce pays quand les gens se sont rendus compte qu’un vidéo postée sur FB était accessible, même si à la base elle se trouve sur un médium censuré !
FB va faire comme les autres, mettre de l’eau dans son vin et faire tout ce qu’ils peuvent pour mettre les pieds dans ce marché qui parait il est très prometteur... On ne peut pas leur en vouloir, nulle part n’est mentionné dans les status d’une boite privée qu’elle doivent faire attention aux atteintes aux droits de l’homme !




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