Charles Mouloud en Rue libre pour fêter les arts de la rue
Sollicité par une joyeuse bande de brestois à participer à la troisième édition de Rue libre, la Journée internationale des arts de la rue, j’ai fait mon sac pour embarquer avec l’équipage du Fourneau, l’un des neuf centres nationaux spécialisés dans ces disciplines, dans ce marathon radiophonique de vingt-cinq heures.
Avec, aux manettes et moyens techniques : Paco (de Canal B, radio rennaise), Chtou et Row (de la compagnie Qualité Street) à l’animation et Cathy Abolivier (Fréquence mutine) et donc Charles Mouloud (en sniper)
Expérience inédite au sein d’une radio web éphémère, diffusant et reliant les actions menées conjointement aux quatre coins de la ronde planète.
Du Chili au Burkina Faso, en passant par Marseille, Lille, Nantes, les Etats-Unis, l’Espagne, la Picardie, Montreuil, le Maroc, Le Relecq-Kerhuon, l’Assemblée nationale, Groland, Rouen, Madagascar, La Réunion, la Suisse, Grigny, la Corée du Sud.... et d’autres sites encore, c’est un voyage dans une myriade de constellations « manifestives » et « poélitiques », que nous avons vécus en direct et dans des duplex non morandiniens !
De retour sur la terre ferme, je suis complètement « jetlargué »
Je dois avouer qu’il faut, de retour sur la terre ferme, complètement « jetlargué », du vent plein les voiles et l’écho des goélands à l’accent finistérien dans les acouphènes, du temps pour rassembler ses shakras.
Bon, OK, c’est bien tout ça, mais qu’est-ce que c’est-il que les arts de la rue ? Les arts de la rue, en France, concernent chaque année 20 millions de personnes : 34% des Français ont été à un spectacle de rue. Soit 5 500 personnes par jour !
Par comparaison, seul 25% ont été voir une activité sportive (foot ou équivalent)... A quand un Centre national des arts de la rue de la taille du Stade de France ?
Alors là, mon cousin, ça jette quand même un maximum, non ? Et, qui en parle ? Quasiment personne, ou presque. Si bien sûr, quelques mairies sont attentives et participatives, mais quand même, est-ce bien raisonnable de financer des clowns quand les traders vendent leur Ferrari pour acheter de quoi se faire un pot-au-feu ?
Sortir des salles et des murs pour rencontrer le public
Comment investir l’espace public, sortir des salles et des murs pour aller à la rencontre du public, investir l’espace commun, au moment où un grippé masqué peut être confondu avec un membre du Black Block, ou un djihadiste emburqé.
Peut-on tout dire, dans la non-violence, le rire, l’interpellation des quidams à la criée, faire des déclarations devant l’Assemblée nationale, torses nus et déclamant le Manifeste des arts de la rue ? (Voir la vidéo)
« Nous existons parce que c’est nécessaire,
Nous sommes nés il y a 2 500 ans,
Les gens nous rencontrent souvent par hasard, parfois sans le savoir,
Nous sommes pour tous les yeux et toutes les oreilles,
Nous investissons toutes sortes de lieux : rues, friches, forêts, campagnes, cours d’immeubles, villes, villages...
On nous dit de rue,
C’est notre scène, notre ring, notre choix,
Nous cultivons la rue...
Artistes, auteurs, programmateurs, techniciens... !
En ces jours, où l’espace marchand prend toute la place, où la peur est brandie pour nous faire penser bas et dresser nos oeillères, où les bornes, les panneaux, les barrières se multiplient, où l’on est priés de circuler,
Nous revendiquons haut et fort qu’il y a quelque chose à voir, à partager, à rencontrer, des centaines de fêtes et de rendez-vous, des milliers d’artistes, des millions de spectateurs, ce quelque chose que nous,
Artistes citoyens inscrits dans la cité nous nous employons à construire jour après jour !
Nous revendiquons le droit à vivre de nos métiers
Nous croyons que l’art peut sauver le monde, mais de préférence tout de suite...
Et qu’il doit s’épanouir... En rue libre... ».
Pour terminer, je vous propose que vous tous, qui avez vécu près de chez vous une manifestivation poélitique, que vous soyez spectateurs ou acteurs, viendez donc en causez sur le fil...
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alchimiste
alchimiste
Modeste jongleur de barbecue, je vous dédie, cher Charles Mouloud, le coming out tardif d’un taggeur 3D, espèrant de la prescription quant aux dégradations que j’ai pu occasionner au mobilier public.
( flying BBQ : diabolo de feu, en l’occurence, tel qu’illustré par le thumb de Gribouilli :
Lien )
Je fût en effet l’auteur irresponsable et anonyme de l’oeuvre gigantesque intitulée dans ma solitude :
» Les murs ont des oreilles »
La monomanie des moulages anatomiques ne m’ayant pas épargné, je produisis une douzaines de moules chaussettes en latex destinés à la reproduction en série de mes oreilles.
Ainsi, à chaque fois que je faisais du platre-résine, au lieu de perdre l’excèdent, je coulais quelques oreilles. De même, je finissais tous mes pots et mélanges de peinture en échantillons auriculaires.
Je vécus ainsi une ou deux années en ayant constamment dans la poche une réserve de patafix et une demi-douzaines d’oreilles de toutes les couleurs, que je collais un peu partout au gré de mon inspiration.
Camouflées couleur brique ou phosphorescentes, faux-bronze ou pompeusement dorées, bleu schtroumpf (à défaut de Klein) ou vert chlorophylle, jaunes à pois rouge ou zébrées, si vous avez trouvé une de ces oreilles incongrues au détour d’une rue lilloise : Dites lui quelque chose de gentil, c’est la mienne et je vous l’offre. Vous pouvez lui dire tous vos secrets, je jure que n’en répèterai rien.




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