Le bazar des entreprises

Un blog de l'économiste Gilles Le Blanc, professeur à Mines ParisTech. Il décrypte la stratégie des entreprises, l'état de la concurrence, la (non) politique industrielle.

« Grand emprunt » Sarkozy : les trois erreurs du gouvernement

Gilles Le Blanc
Economiste
Publié le 28/10/2009 à 16h45


Nicolas Sarkozy durant son discours devant les parlementaires en Congrès à Versailles (Eric Feferberg/Reuters)

Lancé dans une belle unanimité en juin et confié au patronage éclairé de deux anciens Premiers ministres, le projet de grand emprunt tourne à la complète confusion.

Sans préjuger du résultat final annoncé dans quelques jours, il est intéressant de revenir sur les trois causes principales de cet enlisement : une méthode imprécise, l’oubli de quelques principes, une insuffisante prise en compte des caractéristiques de l’innovation.

1

Une méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbys

La méthode pour commencer : en remettant à plus tard les décisions portant sur le public visé par l’emprunt, son montant, son architecture, le gouvernement ouvrait la porte à toutes les revendications sectorielles et instrumentalisations politiques.

On n’a pas été déçu ! Face au slogan noir et blanc d’« ardente obligation nationale » brandi par Bertrand et Besson, un PS transformé en inflexible gardien des finances publiques dénonce un endettement accru, rejoignant Jean-François Copé, pour qui il faut d’abord réduire les déficits et ne choisir l’emprunt qu’en dernier ressort !

Parallèlement, tous les lobbys industriels sont montés au créneau avec leur projet d’investissement clé en main : infrastructure très haut débit et réseau logistique pour le Medef, avion « vert » pour l’aéronautique, télésanté, réseau électrique, très haut débit et route intelligente pour les industries électriques et électroniques…

La liste est trop longue pour être détaillée. Chacun craint de ne pas être invité à partager le gâteau final, comme les biotechnologies végétales affirmant hier leur désir de ne pas être oubliées…

2

Des malentendus sur les objectifs d’un tel emprunt

On le sait, l’Etat emprunte en permanence sur les marchés pour équilibrer son budget mais ce dernier reste néanmoins principalement financé par l’impôt (les recettes fiscales couvrent 76% des dépenses hors dette en 2009).

Ce prélèvement collectivement consenti permet de fournir au pays des biens publics (défense, justice, éducation, infrastructures) qui n’existeraient pas sinon car non rentables pour les acteurs économiques traditionnels.

Emprunter hors budget sur les marchés financiers est ainsi une opération de nature différente, dans laquelle il redevient un investisseur standard qui devra rembourser le crédit obtenu et les intérêts par les recettes générées.

Si un effort massif est indispensable en faveur des universités, la suggestion de mobiliser à cette fin le grand emprunt est ambigüe. Il ne faudrait pas qu’afin d’assurer ce service, pour lequel nous contribuons tous par l’impôt, l’Etat s’exonère de ses responsabilités en renvoyant le dossier à l’extérieur, et en s’abstenant de définir ses propres priorités et choix budgétaires.

Pour les investissements plus classiques, rentrant dans un cadre marchand, d’autres questions se posent : quelle est la valeur ajoutée apportée par l’Etat emprunteur par rapport aux entreprises ? Sur les sujets évoqués, cela peut-il se mener en dehors d’un cadre européen ? Comment, et avec quelle expertise, l’Etat choisira et sélectionnera les meilleurs projets, technologies, activités à soutenir ?

3

Une idée mal adaptée aux innovations d’aujourd’hui

Certes des grands programmes classiques restent dans certains cas utiles et efficaces.

Mais pour beaucoup d’opportunités avancées de croissance et d’emplois futurs (environnement, santé, numérique…), il est très difficile de fixer aujourd’hui quels seront les produits, les technologies, ou les applications qui s’imposeront demain.

Ces innovations sont de nature transversale, avec plusieurs secteurs très variés en jeu ; de nombreuses solutions techniques alternatives sont en concurrence ; l’expérimentation par les usagers jouera un rôle important dans la sélection des vainqueurs.

La concentration de moyens sur une technologie avec un champion industriel et la garantie de futures commandes publiques ne peut garantir dans ce contexte le succès économique et commercial.

Des clarifications semblent donc indispensables. Il est tout à fait légitime de soutenir ou de s’opposer à l’initiative d’un grand emprunt conduisant effectivement à un endettement accru. Cependant...

  • Si l’on soutient le grand emprunt, il faudrait bien justifier les motivations (il y en a), la valeur ajoutée, le champ, l’organisation de l’implication de l’Etat dans un emprunt dédié à vocation économique. Cela impose sans doute un fil conducteur unique, évitant l’éparpillement et l’inventaire hétérogène de projets.
  • Si on s’oppose au grand emprunt, l’orthodoxie des finances publiques ne peut seule tenir lieu de réponse. Le refus d’un emprunt supplémentaire en son nom exige logiquement d’expliquer quelles recettes alternatives on compte trouver (hausse des impôts, lesquels ?) ou bien quelles dépenses publiques on entend réduire.

Photos : Nicolas Sarkozy durant son discours devant les parlementaires en Congrès à Versailles (Eric Feferberg/Reuters)

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  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 17h04 le 28/10/2009
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    Je suis totalement contre ce nouvel emprunt.

    « l’orthodoxie des finances publiques ne peut seule tenir lieu de réponse. » :
    Vu les niveaux de déficit, on a à 10% et de dettes, on va sur les 100% de dettes pour 2010 ou 2012 (je ne me rappelle plus), l’othodoxie est déjà bien enterré et c’est bien dommage.

    De toute façon, à ces niveaux il y a aura forcément des économies gigantesques à faire plus tard : que ce soit une très forte diminution des retraites, de l’assurance chômage ou santé.

    + on fait de dettes aujourd’hui, + ça va faire mal à un moment donné.

    • Marat l'ami du peulple
      Marat l'ami du peulple répond à Gorn
      citoyen juriste
      • Posté à 14h07 le 29/10/2009
      • Expert 47859
        citoyen juriste

      9a vous empeche de dormir les soi disant déficits ? ? ? sachez Monsieur que l’Etat n’est pas un ménage, il peut s’endetter ad vitam eternam et que les ménéges français , s’agissant de la dette privé sont parmi les moins endettés du monde ! ! Les USA et la Japon ont des dettes publiques qui dépassent les 100% du PIB depuis des années : ça les a empécher d’être les premieres puissances économiques ? ? ? non, enfin sachez que d’un point de vue comptable quand on fait un bilan on parle des dépenses et recettes : le petit français ne nait pas avec une dette de 17000 euors mais avec un solde positif de 11000 euros ! ! !

      Enfin si l’Etat reprenait son droit à battre monnaie, à pouvoir emprunter à taux zéro auprès de sa banque centrale il n’y aurait pas cette dette que l’on nous envoie à la « gueule sans arrêt » sachez que battre monnaie et emprunter de la sorte on la confier aux....banques ! ! ! merci MAASTRICHT. Quant à la critique selon laquelle il ne faut pas laisser nos soi disante dettes aux générations futures : d’une part je ne vois pas pourquoi les générations futures ne nous seraient pas redevables car on leur laissera , comme nous ont laissé ceux avant nous, des infrastructures, des écoles , des routes , des hopitaux etc...et d’autre part parmi ces générations futures il ya aura aussi les enfants des rentieres qui ont préter à leur argent à l’Etat contre de substanciels intérêts, argent prété parce que disponible du fait des cadeaux fiscaux faits à leur parents riches.....

      Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
      Article 35 de la constitution française de l’An 1 (24 juin 1793)

      • BrunoC
        BrunoC répond à Marat l'ami du peulple
        ( ° ) ( ° )
        • Posté à 16h43 le 29/10/2009
        • Internaute 49016
          ( ° ) ( ° )

        l’Etat peut s’endetter ad vitam eternam ... tant qu’on lui fait confiance pour rembourser.
        De ce côté là, un pays avec des detteq à 100% à plus de chance de bien s’en sortir s’il s’appelle USA que s’il s’appelle Zimbabwe. Transposition de l’adage « on ne prête qu’aux riches »

        Quand à battre monnaie pour régler les problèmes de déficit, c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul, déstabiliser la monnaie aura nécessairement un impact sur l’économie.
        Il est plus simple et cohérent de s’inquiéter de la pertinence des investissements réalisés que de balayer les déficits sous le tapis de l’inflation.

         
        • diogen
          diogen répond à BrunoC
          philosophe
          • Posté à 18h49 le 29/10/2009
          • Internaute 64635
            philosophe

          Battre monnaie, c’est peut-être déshabiller Pierre pour habiller Paul, c’est pourquoi l’état n’a plus ce droit ...mais alors pourquoi l’a-t-on laissé aux banques ? Il faut savoir que les banques ont le droit de créer la monnaie, car elles n’ont pas la monnaie qu’elles créditent à un emprunteur...Les critères de Maastrich ont bien été créés par le système financier, pour prendre le pouvoir aux états...
          Diogen

        1 autres commentaires
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à Marat l'ami du peulple
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 01h42 le 30/10/2009
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ Marat :

        Bien sûr, vous avez raison, mais l’emprunt ne joue pas sur ce plan « réel ». Il met de la monnaie hors-circuit... et la rend un jour, avec une valeur plus ou moins augmentés d’un intérêt... et plus ou moins diminuée par l’inflation.

        L’État s’arroge donc sur cet argent le privilège de n’en rembourser que ce qu’il veut. Mais, en arriere-plan, plane la menace implicite qu’une dévaluation brutale immédiate ruine tout de suite et encore plus sûrement ceux qui n’auront pas accepté ce marché léonin....

        On l’acceptera donc. Et la richesse monétaire n’est jamais qu’une illusion... On a fait aussi ce qu’on veut dans les coffres de l’État, Juste ne jamais dire : « Le roi est nu ! “

        Lien

        Pierre JC Allard

  • parti le 15 janvier 2012
    • Posté à 17h13 le 28/10/2009
    • Internaute 31016

    Carré, net, lumineux comme une feuille Excel : NS s’occupe de trouver un bon placement en direction de ceux qu’il a mis à l’abri derrière le douillet bouclier fiscal et qui détiennent à présent quelques liquidités dont il serait indécent qu’elles ne soient pas productrices d’interêts tout droit sortis de nos poches de contribuables .
    NS : le Maguyar et hacheur (de la Villette)

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 17h31 le 28/10/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    le risque est que cet emprunt finances des infrastructures superflues
    comme au japon
    a première vue, financer une infrastructure semble vertueux. Une ligne TGV, un pont c’est du solide
    on a l’impression que l’argent n’est pas foutu en l’air
    mais à un certain niveau d’infrastructure on s’aperçoit qu’on a plus les moyens de les entretenir ni meme d’assurer leur cout de fonctionnemnt
    investir pour investir (dans une société post industrielle déjà bien équipée) c’est con comme une ministre de l’economie, voir comme un ministre de la relance (et là c’est déjà beaucoup)

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 17h40 le 28/10/2009
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    Une des solutions qui permetrait de limiter le creusement de se goufre,serait de doter l’état d’un outil économique performant,ou tout le moins en conserver quelques un....

    J’ai un trou de mémoire,quelest le grandiose minisre du budget qui a revendu avant l’heure les autoroutes de france aux consorttioms italiens et autres....
    Bayrou (mème lui !)avait alors parlé de bijoux de famille.
    Et aujourd’hui il sont passés ou les 17 MLL de cette entourloupe ?

    Ne serait ce pas le mème individu qui pronne le dépiautage d’entreprises nationnales éficaces telles EDF,la Poste,L’ex GDF.

    Le pire,c’est que plus on assiste au plantage économique de ce gvt.plus on a l’impression-la certitude-qu’il va continner dans cette voie ultra libérale en dépit de tout bon sens économique :
    - de TVA,pas de taxes pour les banques,accompagnement fraternels de TOUS les financiers,notamment off shore,augmentation des impots indirects,et espoir dans une croissance moribonde grace à des exports en berne au détriment
    d’un augmentation de la consomation intérieure,faute de pouvoir d’achat.
    Mème en 1ere année de SC.Eco,une copie comme celle là ne
    récolterait pas 5\20

  • admirateur-
    • Posté à 17h42 le 28/10/2009
    • Internaute 32111

    Un emprunt bien employé pourrait servir à construire les hôpitaux qui manquent, les écoles (de la maternelle aux facs) qui manquent, maintenir et développer La Poste, qui a paraît-il besoin de fonds.
    De même, on, pourrait développer les transports ferrés de marchandises et réouvrir les lignes fermées pour causes de rentabilité ;
    etc., etc.,
    tout ceci favoriserait l’emploi qui lui favoriserait la relance...

    Ouppps, tout ça c’est pas économique

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 17h50 le 28/10/2009
    • Internaute 47359
      Retraité

    Comme tous les autres emprunts pinay giscard et autres cet emprunt coutera de 5 à 10 fois sa valeur d’émission donc mauvaise affaire surtout en ce moment où les taux sont extrémement bas.

  • Compte supprimé le 30 octobre
    • Posté à 19h20 le 28/10/2009
    • Internaute 94002
      essayiste

    La sécurité bientôt en faillite ....

    La Sécurité sociale sera en banqueroute en 2011, son financement n’étant plus assuré.
    Les besoins de trésorerie de l’Acoss [Agence centrale des organismes de Sécurité sociale] atteignant 65 milliards d’euros en fin d’année 2010, il est probable que leur couverture par un programme d’émission de billets de trésorerie à un niveau record ne pourra être atteint, mettant l’Acoss en situation de rupture de paiement« Gérard Bapt, député PS

    une bonne nouvelle ...quant à ceux qui pourront plus se payer le docteur , ils pourront aller voir le génial économiste ...Gilles le Blanc ......

    ah ah ah ah ...

    • A déménagé le 17-9
      • Posté à 19h22 le 28/10/2009
      • Internaute 88579
        nc

      Je dirais même plus : yoyoyo ! N’est-ce pas, mon ouko ?

    • Marat l'ami du peulple
      • Posté à 14h44 le 29/10/2009
      • Expert 47859
        citoyen juriste

      Monsieur avant de réperter les aneries d’un député godillot sachez d’une part que le budget total de la Sécu est d’environ 400 milliard d’euros, le soi disant trou de cette année est de 30 milliards quand on fait le ratio ça fait meme pas 1% du total ! ! ! Le trou de la Sécu est un mythe inventé par la droite et la gauche pour rendre le système inéfficace au profits des assurances privées alléchées par les milliards de la Santé, En fait le problème de la Sécu c’est un besoin deFINANCEMENT que la droite et la gauche depuis 1993 ont décidé de ne pas satsifaire en multipliant les exonérations de charges sociales. L’ affaiblissement de la protection sociale découle non pas d’arbitrage techniques mais d’un choix politique : LE TRANSFERT généralisé des « risques » du capital vers le travail ! !

      Enfin sachez que la définition du mot « banqueroute » est faillite FRAUDULEUSE qui n’a aucun rapport avec le sujet Sécu, je viens à ce propos d’envoyer un mail à ce Député qui ferait pas mal de travailler pour les intérêts du citoyen et pas se compromettre dans le libéralisme ! ! !

      Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
      Article 35 de la constitution française de l’An 1 (24 juin 1793)

  • LE MIEL PLATONICIEN
    LE MIEL PLATONICIEN
    fonctionnaire
    • Posté à 20h27 le 28/10/2009
    • Internaute 64071
      fonctionnaire

    Un grand emprunt ?
    Pourquoi pas ? Vu l’état des finances publiques, mais aussi celles des collectivités locales et autres consorts, 30 milliaRds de plus ou de moins ne va pas modifier considérablement la donne.
    Financer quoi ?
    Bof, ce qu on veut. De toute façon. On va encore bétonner, bétonner et rebétonner.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 20h53 le 28/10/2009
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Ce grand emprunt correspond en tout point à la politique ultra libérale qui est l’objectif de Sarko : tout ce qui creuse le déficit public, tout ce qui rend la dette du pays insupportable, justifie de tout supprimer le secteur public et donc les fonctionnaires, de réduire à la plus simple expression les acquis sociaux, ce qui est tout bénéfice pour le secteur privé !
    Et en plus la facture sera payée uniquement par ceux qui n’ont déjà rien, alors pourquoi ne pas profiter de l’aubaine de la crise ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h08 le 28/10/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Une bonne fois pour toute : l’emprunt national, c’est du bidon, du flan, du pipeau. Pour une raison simple :
    L’État emprunte régulièrement, à des taux très favorables liés à sa classification AAA. Aussi, l’opération « lancer un emprunt » est totalement cosmétique.

    Cependant, Sarkozy l’a fait.

    Pourquoi ?

    Pour des raisons de communication, as usual.
    Lancer un emprunt national permet de mettre en relief la politique d’investissement, qui existe depuis toujours, dans tous les gouvernements, mais qui aura ainsi un impact médiatique plus fort.

    Mais vu de la France, c’est une connerie.

    Pourquoi ?

    Parce que les taux et les conditions fiscales seront forcément moins bonnes pour l’État que si celui-ci avait contracté un emprunt par les voies classiques.

    Encore une fois, Sarkozy s’offre une opération de communication, à grands frais, et surtout aux frais des contribuables.

    • olivier seutet
      • Posté à 10h08 le 29/10/2009
      • Internaute 94113
        dilettante

      Entièrement d’accord, pur cosmétisme.
      Néanmoins s’il faut en passer par ce grand emprunt, au moins faudrait-il en profiter pour tenter de canaliser son utilisation ; je serais très partisan que son produit soit entièrement affecté à ce fonds d’investissement souverain parfois évoqué. Celà introduirait dans le choix des projets industriels le contrôle des véritables acteurs économiques que sont les entreprises puisque ledit fonds souverain ne pourrait que souscrire à des fonds propres ou amener que des quasi fonds propres. Celà excluerait du champ d’application tout ce qui est du ressort de l’activité récurrente d’un état : l’éducation, la recherche fondamentale, la modernisation de la police, de la justice etc... Celà n’empêcherait pas d’accompagner des projets de Réseau Ferré de France, d’EDF, et tant d’autres entreprises. Un fonds souverain serait sous la tutelle suprême du Parlement (comme la Caisse des dépôts, mais avec un peu plus d’efficacité) et empêcherait que l’on aboutisse au simple à l’allocation d’une simple ligne de dépense supplémentaire au sein de chaque ministère.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h11 le 28/10/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Pour être accepté à defaut d’être compris, un emprunt national doit être souscrit auprès de la population. Quant un gouvernement s’apprête à lever près de 30 milliards de crédits auprès des fonds internationnaux qui vont prélever un intérêt à 6 voir 7 %, alors que la France emprunte tous les jours des fonds pour « reboucher les trous » des déficits abyssaux avec des intérêts eux aussi à 6 ou 7 %, il ya du UBU dans cet Etat.
    Quant à creuser des trous pour remplir ceux d’à coté, pourquoi ne pas légiférer et rendre définitivement légal le déficit budgétaire.
    N’y a t’il pas de par le monde des pays ou la dette publique, l’inflation, la décroissance et le maigre revenu par habitant sert de carte de visite.
    Qui y a t’il d’infamant de se decréter en faillite, de se voir sous les fourches caudines du FMI, d’être sous tutelle de la Banque Mondiale.
    La France sur la route de la paupérisation, il y a encore 2 ans 1/2 cela était inconcevable, mais avec notre « bon Président » tout est possible.
    Un Etat bananier n’est il pas reconnaissable à la richesse de ses élites et à la pauvreté de ses citoyens ?

    • TienTien
      TienTien répond à padiran
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 07h28 le 29/10/2009
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Vous avez tout bon.

      Le comble pour une république bananière c’est de devoir même importer l’entièreté des bananes qui y sont consommées...

    • Gorn
      Gorn répond à padiran
      Geek farceur
      • Posté à 09h59 le 29/10/2009
      • Internaute 92890
        Geek farceur

      pour les taux de 6 à 7% c’est totalement faux, l’état emprunte à un taux extrement bas.

      exemples :

      15 oct. 09 : EMISSION DE L’AFT : 7,982 MILLIARDS D’EUROS DE BTAN ET OAT ET 1,698 MILLIARDS D’EUROS DE TITRES INDEXÉS

      BTAN 1,50 % 12 septembre 2011
      Volume demandé : 7,715 milliards d’euros
      Volume adjugé : 3,187 milliards d’euros
      Prix limite : 100,17 %
      Pourcentage adjugé au prix limite : 54 %
      Taux de couverture (volume demandé / volume adjugé) : 2,42
      Taux moyen pondéré : 1,40 %
      Prix moyen pondéré : 100,18 %
      Date de règlement : 20/10/2009
      Code ISIN : FR0116843519

      Lien

      l’état emprunte à un taux très faible sur les marchés financiers, ce serait d’autant plus stupide de payer plus en empruntant auprès des français.

      • padiran
        padiran répond à Gorn
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 12h06 le 29/10/2009
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        1) ces chiffres correspondent à un état donné de l’emprunt. L’Etat emprunte tous les jours sur les marchés financiers pour « boucher » les trous en creusant encore plus le déficit.
        2) Ces chiffres ne donnent pas les frais annexes correspondant à la gestion quotidienne de ces emprunts

         
        • Gorn
          Gorn répond à padiran
          Geek farceur
          • Posté à 13h54 le 29/10/2009
          • Internaute 92890
            Geek farceur

          1) oui je sais mais tu peux aussi obtenir le taux moyen des emprunts qui est largement en dessous des 7% et heureusement.

          (il n’y a que quelques emprunts très connus comme celui indexé sur l’or ou l’inflation qui ont un taux d’intérêt élevé).

          2) côut difficile à chiffrer : tu parles de l’agence france trésor ? rapporté à la dette elle meme, on sera toujours loin des 7% et heureusement.

          • padiran
            padiran répond à Gorn
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 19h01 le 29/10/2009
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            J’ai effectivement grossi le trait pour faire apparaitre l’absurdité de ce grand emprunt. Mais si l’on emprunte à 3.5 % voir 4% (frais de gestion inclus), on ne peut pas proposer aux citoyens un taux inférieur à celui de l’emprunt EDF qui était de mémoire à 4,5 % brut (hors frais de garde et de gestion)
            Encore un grand machin qui ne sert à rien sinon à grossir les déficits.

        2 autres commentaires
  • YoshiL7
    • Posté à 10h15 le 29/10/2009
    • Internaute 29840

    Le « grand emprunt » ne sera t il finalement pas qu’un emprunt des plus classiques ? passant de 100 milliards à 20 milliards peut-etre... il n’y a plus grand chose de grand finalement... par contre, ce qui pourrait etre grand, ce seront les désillusions par la suite. Certains vont s’en mettre plein les poches d’ou l’activité des lobbies... En tout cas, de tout temps, les spécialistes ont appelé ce genre d’emprunt des grands emprunts, ceux de Pinay, Ramadier, Giscard d’Estaing, Barre ou Balladur étaient déjà des grands emprunts ! Pour le moment il semble par contre que plmus de la moitié des patrons de petites entreprises sont contre, certainement qu’ils savent très bien que ce n’est pas eux, petits, qui vont bénéficier de tout cela mais les gros... Egalement, le vote du budget qui se fait en ce moment à l’assemblée ne tient pas compte de cet emprunt, ne serait ce pas un peu dangereux ? Nous remarquerons également que cet emprunt qui devait etre un emprunt auprès du peuple va certainement se résumer à un emprunt auprès des marchés étant donné qu’il faudrait majorer de 1.5 la rémunération des souscripteurs pour s’assurer un certain succès... très cher emprunt finalement... Reste que par le passé, tous les emprunts ont servi aux gouvernements en place à mesurer le soutien des francais à leur politique... mais certainement, que notre gouvernement actuel nous dira que ce n’est pas le cas avec ce grand emprunt car de toute facon, on sait bien que tous les francais soutiennent la politique du moment ! Finalement, en allant sur les marchés essentiellement, cela permettra d’éviter les comparaisons, d’éviter les revers... car bien évidemment, notre gouvernement (accro de sondages en tout genre) nous soutiendra jusqu’au bout que cet emprunt n’est pas utilisé pour faire de la comm présidentielle, que c’est emprunt n’est pas un emprunt comme par le passé, qu’il n’y a pas de manoeuvre politique la derrrière pour mesurer l’adhésion des francais... Reste que si l’emprunt est un succès pour ce qui est de la part réservée au peuple aussi minime qu’elle sera (plus elle sera petite, plus le succès sera garantie), on sait déjà que ce gouvernement va vite claironner haut et fort que les francais sont pour sa politique, et la, ils ne vont pas oublier les comparaisons possibles... Au fait, une fois cet emprunt lancé, qui va gérer le magot ? qui va surveiller le bon usage de tout cela ?

  • vol19
    • Posté à 11h48 le 29/10/2009
    • Internaute 13492

    Hier soir, j’écoutais Henri Guaino, qui justifait le grand emprunt justement dans la perspective de booster les nouvelles technologies vertes (nouvelle corne d’abondance) qui assureraient le retour d’une nouvelle croissance (à l’image d’une nouvelle révolution industrielle), citant parmi elles, l’isolation dans les matériaux de construction.
    L’idée est louable alors que nous sommes très en retard, mais ce qui est inquiétant c’est de ne pas percevoir à ce stade émerger de technologies, de choix, de volontés claires des consommateurs et des acteurs, ni de dispositifs de pilotages claires de l’Etat. Sachant que les émergences tiennent souvent davantage de l’essai/erreur que de la programmation. En outre, il n’est absolument pas certain que nous allions vers une croissance forte qui permettra de rembourser facilement l’emprunt. Voire sommes-nous assuré que les crises boursières sont terminées ?
    La vulnérabilité au lobbying est un autre problème soulevé dans l’article.
    Un regret sur le manque de stimulation de l’économie coopérative, associative amenée à jouer un rôle dans un contexte de croissance faible.
    Enfin, selon Nicole Notat, qui siège à la commission, il semblerait que le grand emprunt se ferait auprès des banques moins chères que du grand public... Moins cher, mais ce mélange des genres Etat client et à la fois Tiers (éventuellement régulateur), du moins il le faudrait semble deux rôles à ce stade potentiellement conflictuels.
    Bref, ce qui préoccuppe c’est ce sentiment de manque de clarté d’un projet et surtout d’un dispositif organisationnel lisible qui définisse un cadre, un accompagnement, un pilotage même si le processus relève d’une large part d’aléatoire.

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 11h53 le 29/10/2009
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    Les questions posées par l’article sont cachées au coeur du texte mais sont toutes plus pertinentes les unes que les autres :

    >>>quelle est la valeur ajoutée apportée par l’Etat emprunteur par rapport aux entreprises ?

    La principale valeur ajoutée de l’Etat dans les politiques industrielles est d’apporter une garantie qu’aucun acteur privé ne souhaite plus prendre car l’entrepreneuriat est mort par la volonté de l’actionnariat et le sacro-saint profit.
    Quelle entreprise privée prendrait le risque de lancer un projet de train à grande vitesse dont les retombées économiques éventuelles n’interviendrait que dans plusieurs décennies. Plus personne n’investit à si long terme : trop risqué et donc trop cher.

    L’autre valeur ajoutée de l’Etat serait de pouvoir s’affranchir des retombées économiques au nom du service public. On peut imaginer des choix industriels politiques qui ne soient pas motivés par le seul aspect financier. Par exemple, relancer le frêt fluvial nécessiterait des investissements lourds avec un retour financier improbable, mais un impact écologique indéniable.

    >>>Sur les sujets évoqués, cela peut-il se mener en dehors d’un cadre européen ?

    La réponse est dans la question. L’intégration monétaire sans intégration de la politique industrielle publique ne mènera qu’à des risques accrus qui deviendront insupportables pour le public. EDF qui flambe sur les marchés internationaux au détriment d’une politique nationale sérieuse n’est qu’un exemple parmi d’autre du caractère insupportable du double langage public-privé. Les politiques industrielles publiques doivent être à l’abri de la concurrence intra-européenne sans quoi elles subiront la double peine des risques inhérents aux faits qu’elles sont publiques (cf précédemment) et les risques du marché.

    >>>Comment, et avec quelle expertise, l’Etat choisira et sélectionnera les meilleurs projets, technologies, activités à soutenir ?

    On touche là à retardement du doigt l’impact négatif des privatisations. Au travers des grandes entreprises industrielles publiques, la puissance publique (donc les citoyens) avait développé des compétences et des expertises permettant d’orienter les débats industriels. Cela a permis de créer le TGV, l’Airbus, le réseau électrique, téléphonique et d’autres réalisations publiques pensées comme des services publics.
    En se séparant de ces entreprises (parfois pour une bouchée de pain, toujours en dessous de la valeur réelle), il perd irrémédiablement la main sur la politique industrielle à long terme, pour un bénéfice à court terme et tombe dans les travers d’un investisseurs privé attiré par les profits du jour.

  • survivant
    • Posté à 12h58 le 29/10/2009
    • Internaute 25864

    Qui peut encore croire que cet emprunt va servir à relancer l’économie mis à part les simples d’esprit. Cet emprunt qui sera applicable dès janvier 2010 juste avant les élections régionales dernier rempart et dernière élection avant la présidentielle, va servir surtout à financer ces deux campagnes pour préserver un électorat déjà à droite bien sûr et à rafler d’autres électeurs indécis. Comment le monarque compte t il s’y prendre ?

    1° Une partie de cet argent sera injecté dans la dette publique pour faire bonne figure devant le peuple.

    2° A préserver coûte que coûte le bouclier fiscal et tous les enfoirés qui se cachent derrière pour ne pas perdre cet électorat qui pourrait être tenté de voter ailleurs en cas de retrait de cette grande réforme voulue et mise en place par qui on sait.

    3° A distribuer sous couvert de subventions aux agriculteurs et aux pêcheurs électorat majoritairement ancré à droite.

    4° Le reste de la cagnotte va être impulsée dans « l’emploi » dans un nouveau secteur d’activité comme : creuser des trous le matin pour les reboucher le soir.

    Un emprunt pour financer une campagne électorale fallait y penser sarko y a pensé mais surtout va l’appliquer.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h14 le 30/10/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    c le principe d’un credit pour en rembourser un autre

    bref le massacre continue, bon courage les générations futurs

  • tvargentine-
    • Posté à 23h22 le 30/10/2009
    • Internaute 17486

    Comment peut-on faire un article sur du vide ? ? ?

    A ce jour ,personne ne connait les objectifs de cet emprunt !

    Alors,en vous lisant,on comprend que rien n’est jamais possible !

    Il ne faudrait surtout rien faire !

    Il faut attendre d’avoir des informations,pour faire des interprétations mais pas avant

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