Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Lettre ouverte à Mitterrand pour un « statut des auteurs »

Publié le 31/10/2009 à 13h24

En pleine actualité sur la numérisation, et juste avant les prix, trois romanciers publient une lettre ouverte au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et remettent la patate chaude au centre du débat : en France, il n’y a pas de réel statut professionnel de l’écrivain. Rue89 publie cette lettre.


Frédéric Mitterrand à l’université d’été du Medef à Palaiseau le 2 septembre 2008 (Charles Platiau/Reuters)

Cette année, la rentrée littéraire a été moins médiatique. Joie. Mieux : elle semble avoir laissé de la place au social. Sous l’impulsion du numérique (arrivée du Kindle, loi Hadopi, procès La Martinière/Google, affaire BNF/Google), des commissions ont rendu leur rapport (rapport Patino l’an passé, rapport Gaymard en juin dernier, rapports Zelnik et Tessier à venir). Et le droit d’auteur est à nouveau au centre des débats.

Un statut d’écrivain

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(PDF file)

Peu d’écrivains vivent de leur plume (lire aussi l’enquête d’Eco89 il y a pile un an), et la plupart font « quelque chose à côté » : traducteurs, journalistes, profs, éditeurs, nègres, fonctionnaires, chercheurs, ouvriers, libraires, rmisites ou rmaistes, restaurateurs, chômeurs ou financiers, ou autre. Le tout à plein temps.

D’un point de vue littéraire, écrivain est un statut qu’on acquiert avec du talent, du travail, et toute l’utopie du désespoir. Mais encore faudrait-il qu’écrire puisse être un métier. Un statut professionnel. Et ça ne l’est pas.

Lettre ouverte

La reconnaissance professionnelle, et donc fiscale, légale, sociale et économique, c’est l’objet d’une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand. Une lettre qui demande au ministre de la Culture de créer des conditions de rémunération qui permettent aux auteurs d’envisager leur métier comme une profession.

« Etre écrivain et pouvoir continuer à l’être. Depuis combien de temps, Monsieur le Ministre, parle-t-on de notre statut ? Un problème rebattu, penseront certains. Hélas, surtout peu débattu... », ainsi débute la lettre écrite par l’auteur Laurence Tardieu, Xavier Houssin, journaliste pigiste (Le Monde, Marianne) et romancier et Renaud Meyer, auteur et comédien. Qui écrivent plus loin : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu’écrivain est un métier et qu’il faut que les gens qui l’exercent puissent en vivre ? ».

Greffant leur réaction sur la ronde de commissions mises en place sur la question numérique depuis 2008 pour tenter de réveiller un secteur d’activité (on l’appellera ainsi…) qui est souvent muet sur ces questions. Xavier Houssin appuie sur le « désir de fédérer les auteurs, sans vouloir créer une nouvelle SGDL (Société des gens de lettres, ndlr) »

Droit d’auteur

Une vieille revendication des « auteurs de l’écrit », en France, est d’avoir un statut qui ressemblerait aux intermittents du spectacle. Statut des plus menacés par les politiques libérales.

C’est dans un contexte à la fois très ciblé (droits sociaux et rémunération) et très global (remise à plat de toute la chaîne du livre en vue d’une mutation numérique) qu’est publiée cette lettre ouverte. Qui cible la défense de l’objet livre comme la défense des « auteurs de l’écrit ».

On peut s’étonner que cette lettre, si elle aborde les questions du Net, de la création sur Internet et de la revente des livres sur la toile, ne se saisisse pas plus du droit d’auteur… sur un contrat !

Ce alors que c’est une question qui devient urgente. Que les éditeurs et les fabricants s’en emparent et dont il serait urgent que les auteurs s’emparent tout autant. « On ne pouvait pas tout traiter à la fois, admet Houssin. Et dans nos revendications on peut tout mettre, y compris la question du numérique. »

Mais cette absence est ce qui met en relief l’intérêt de cet appel : rappeler qu’à la base, les conditions n’existent pas. Il n’y a pas de statut. Donc des droits négociés au cas par cas, mais pas de notion de droit. Et que sans cadre, la mutation vers le numérique s’annonce duraille à énoncer.

Les trois auteurs ont pris soin de publier leur lettre à une semaine de la remise (le 15 novembre) du rapport que Frédéric Mitterand avait confié à Patrick Zelnik, accompagné de Jacques Toubon et de Guillaume Cerutti, sur l’offre légale de contenus culturels sur Internet et sur la rémunération des créateurs et le financement des industries culturelles.

Aller plus loin
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  • 82 réactions
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  • Dave Feng
    • Posté à 13h35 le 31/10/2009
    • Internaute 27954

    Il me semble que, en théorie, il existe un statut des écrivains, mais que le problème est davantage pratique que règlementaire, dans la mesure où il faut pouvoir justifier de fort revenus de plume pour jouir des bénéfices de l’AGESSA (tous les écrivains sont affiliés mais rares sont les bénéficiaires...).

    Ou, du moins, c’est ce que je retiens des cas qu’étudie Lahire dans « La condition littéraire » (la Découverte)... Peut-être que si les auteurs gagnaient un peu plus sur chaque livre, et non pas entre 5 et 12%, la question serait moins aïgue ? Peut-être que l’effort serait à porter sur ce point, non ?

    (cela dit, je suis un béotien et j’accepte toute critique et remarque sur cette présentation sans doute naïve du problème).

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à Dave Feng
      diptère
      • Posté à 14h08 le 31/10/2009
      • Internaute 45466
        diptère

      .
      .
      A quoi sert un livre maintenant que nous pouvons tous nous parler sur n’importe quel sujet ?
      .
      .

      • Erikiki
        Erikiki répond à La mouche du coche-
        Diablotin
        • Posté à 22h21 le 31/10/2009
        • Internaute 76835
          Diablotin

        à approfondir ?
        peut-être.
        Ou bien rêver.
        =)

         
        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Erikiki
          diptère
          • Posté à 09h21 le 01/11/2009
          • Internaute 45466
            diptère

          .
          .
          Et si on approfondissait tous ensemble ? Et si on rêvait tous ensemble ? N’est-ce pas mieux qu’un livre ?
          .
          .

          • emiboot
            emiboot répond à La mouche du coche-
            No Homs land
            • Posté à 15h51 le 02/11/2009
            • Internaute 81944
              No Homs land

            Pour moi le livre est comme un morceau de rêve à partager, offrir, raconter... Quelque chose qui se transmet, au même titre que la terre, qui se construit et qui aide à penser le futur.
            Pourquoi n’aurait on pas le droit de vivre - un peu - de sa plume ? Pourquoi cette activité artistique, humaine voire humaniste, d’idée, de mémoire, de recherche, n’aurait pas droit à un vrai statut type intermittent ?
            Et quand bien même il y aurait un statut....

            Qu’est ce qui nous empêche de rêver ensemble ? :)

            emi-lit et écrit

        2 autres commentaires
    • RIVIERE
      RIVIERE répond à Dave Feng
      • Posté à 14h29 le 31/10/2009
      • Internaute 11842

      « Peut-être que si les auteurs gagnaient un peu plus sur chaque livre, et non pas entre 5 et 12% » :

      vous pouvez toujours donner un pourcentage plus important, mais après c’est le nombre d’exemplaires vendus qui comptent. Certains livres ne se vendront jamais à plus de 2 à 3000 ex., voire moins encore (et là vous ne pouvez compenser par aucun système ni par un prix de vente prohibitif), et d’autres ce sera 100.000, puis 500.000 et 1 million. Aujourd’hui, un auteur très connu (et très talentueux) est devenu millionnaire parce que son écriture touche de nombreux lecteurs, j’en connais un autre qui gagne très peu parce que ses ouvrages ne peuvent toucher un grand public. Maintenant, l’un comme l’autre, n’en font pas « un métier ». L’art, ça ne se commande pas et ne peut s’inscrire dans des règles matérialistes.

      • Dave Feng
        Dave Feng répond à RIVIERE
        • Posté à 14h35 le 31/10/2009
        • Internaute 27954

        L’art, cela ne se commande peut-être pas (quoique...). Mais c’est le produit de circonstances : temps de travail, notamment. Certes, pour le même temps de travail, un auteur fera 2000ex et un autre 100.000 - mais si celui qui fait 2000ex gagne 3EUR par ex, et pas 1ex, il aura gagné 6000EUR et pas 2000EUR, ce qui peut, avec un régime fiscal spécifique être comparable à quelques mois de salaire d’une profession intellectuelle de base.

        En sus, la majorité des auteurs sont des « petits auteurs », donc il convient plutôt d’imaginer un système de rémunération pour les petits et non en fonction des gros...

         
        • jck
          jck répond à Dave Feng
          • Posté à 11h37 le 01/11/2009
          • Internaute 27688

          Vous parlez du droit d’auteur mais l’auteur reçoit aussi une somme fixe importante quand il signe chez un éditeur, les droits d’auteurs venant plus tard.
          Parfois l’éditeur n’arrive même pas à vendre assez pour rentabiliser la somme fixe ! mais il doit tout de même verser le droit d’auteur qui est un pourcentage fixe.

          On pourrait imaginer un système de salariat (disons 4 ou 5 classes de salaires) plutôt que le système libéral du droit d’auteur. L’auteur est employé « en CDI » chez un éditeur et gagne la même somme fixe par mois : Si il vend peu l’éditeur perd de l’argent, si il vend beaucoup l’éditeur gagne de l’argent l’un dans l’autre l’éditeur s’y retrouve. L’auteur s’y retrouve car il perd le risque, même si il accepte de « payer pour les autres » le jour où il vend beaucoup. Système de mutualisation du risque qui pourrait faire émerger une sorte de classe moyenne.

          Le droit d’auteur est fondamentalement une idée libérale mais le problème de tout système libéral en roue libre c’est qu’il produit généralement des galériens et des stars millionnaires et pas grand chose entre les deux.

          • emiboot
            emiboot répond à jck
            No Homs land
            • Posté à 16h02 le 02/11/2009
            • Internaute 81944
              No Homs land

            Je m’inscrit en faux avec l’idée du CDI, il ne s’agit pas d’employer un auteur, à moins de le faire pour des œuvres de commandes, mais bien de reconnaitre un travail, un entrée d’argent soumise à l’impôt, sur lequel on ponctionne des charge sociale et donc DES DROITS pour celui qui cotise. Normal.
            De plus le contrat implique une subordination or :
            si je crée alors que je suis sous contrat avec un éditeur, aura-t-il le droit de réclamer la jouissance d’une œuvre ? Ou la priorité ?

        2 autres commentaires
    • Jhal
      Jhal répond à Dave Feng
      • Posté à 14h41 le 31/10/2009
      • Internaute 29860

      L’agessa n’est pas un statut a part entiere, et n’est là que pour collecter les cotisations sociales et vieillesse de la part « droits d’auteurs » des revenus d’un contribuable.
      Etre auteur ne donne aucun droit particulier ni a des congés payés, ni au chomages par exemple. La seule particularité si l’auteur se declare en (micro) societé est d’etre exempté de taxe professionnelle.

      En realité bien peu d’auteur sont des auteurs a part entiere. Dans le monde de l’ecrit, beaucoup ont un autre metier souvent axé sur l’écrit aussi. Par contre, par exemple, dans la bande dessinée, le temps d’execution est tel, qu’il impose un plein temps qui pourrait justifier un statut particulier.

      • Dave Feng
        Dave Feng répond à Jhal
        • Posté à 14h46 le 31/10/2009
        • Internaute 27954

        L’agessa permet déjà certaines choses.

        Cela ne donne pas droit aux congés payés (mais les auteurs ne sont pas les seuls travailleurs qui ne goûtent pas aux congés payés) - en revanche, si un auteur peut justifier de revenus de l’écrit suffisant sur une année ou plus, il est éligible à divers dispositifs qui lui assurent des indemnités supérieures au RMI/RSA.

        C’est certes insuffisant, mais ce peut être un premier cadre à creuser, non ?

        La micro-société peut servir pour facturer et collecter les revenus de l’écrit qui ne sont pas des livres.

        Et il est vrai que la « double vie » demeure la règle, les profs, médecins et avocats fournissant des bataillons d’écrivains.

      • Thomas Cadène
        Thomas Cadène répond à Jhal
        Dessinateur
        • Posté à 19h29 le 31/10/2009
        • Internaute 38789
          Dessinateur

        Merci d’avoir pensé à la BD... Oui souvent c’est du plein temps.

  • Jaïlou
    Jaïlou
    étudiante à oreilles
    • Posté à 13h39 le 31/10/2009
    • Internaute 62545
      étudiante à oreilles

    Intéressante revendication. Cela dit, le statut des intermittents est un tel bordel, le transposer aux auteurs semblent difficilement réalisable : comment déterminer la période sur laquelle doivent être effectuées le quotas d’heure, dans le cadre d’une « production » littéraire ? Faudrait-il considérer le travail de promotion d’un ouvrage (interviews, salons, ...) comme rentrant dans ce même cadre et donc permettant de rallonger la période référentielle ?

    Je ne peux pas m’empêcher de rapprocher cette revendication d’un statut à celle des prostitué(e)s, qui luttent pour une reconnaissance juridique de leur profession depuis des années, sans avoir la potentielle influence médiatique d’écrivains.

    Il faudrait un statut fourre-tout garantissant des droits sociaux aux professions peu reconnues, des putes aux artistes de l’écrit...

    • Dave Feng
      Dave Feng répond à Jaïlou
      • Posté à 13h48 le 31/10/2009
      • Internaute 27954

      Pour les écrivains, ce qui existe actuellement, ce n’est pas un calcul selon le temps consacré, mais selon les revenus liés à l’écriture déclarés - en droits d’auteur.

      Assurémment, les écrivans « full time » ont des tâches annexes qui génèrent des revenus (ateliers, etc...). Mais je ne pense pas qu’ils soient déclarés comme droits d’auteur. Comment le pourraient-ils ? - En revanche, je suppose qu’un auteur, si sa cotisation est « limite » pour assurer son statut de bénéficaire peut montrer son implication dans la carrière en faisant la liste de ses engagements para-littéraires.

      Donc, il y a bien un référent.

  • LeLapin
    LeLapin
    Infopigiste
    • Posté à 13h58 le 31/10/2009
    • Internaute 31149
      Infopigiste

    L’avènement du numérique grand public (ordis, consoles, eBooks, internet...) est une opportunité unique de casser le cercle vicieux des éditeurs (comparables dans leur rôle aux très décriées majors de la musique). Le livre, dématérialisé et enfin éditable par l’auteur, peut coûter beaucoup moins cher à l’achat et rapporter beaucoup plus à l’auteur.

    • Dave Feng
      Dave Feng répond à LeLapin
      • Posté à 14h03 le 31/10/2009
      • Internaute 27954

      C’est illusoire - pour l’instant.

      Les lecteurs sont attachés au livre comme support matériel. La librairie reste donc centrale dans la diffusion des textes. Donc, il y a des frais éditoriaux, donc il y a une sélection (parfois injuste).

      Pour l’instant, les éditions numériques les mieux vendus reflètent strictement la hiérarchie des ventes de livre. Donc, sauf dans le domaine de l’éidtion scientifique, l’avènement du numérique, ce n’est pas un coup de pouce pour les petits auteurs (comme cela peut l’être, parfois, pour les groupes de musique...) mais des revenus supplémentaires pour les grosses machines.

      Mais notez tout de même que c’est aussi la position et le projet de François Bon qui cherche, via le numérique, à permettre l’existence et la rémunération de textes « difficiles ».

  • Eric Dubois
    Eric Dubois
    auteur
    • Posté à 15h32 le 31/10/2009
    • Internaute 41076
      auteur

    Etre écrivain et pouvoir continuer à l’être !

    Avec la venue du livre numérique et de l’impression à la demande, les auteurs, les petits auteurs qui n’ont pas droit au chapitre dans les grands médias, poètes, dramaturges, primo-romanciers ... vont peut-être connaitre de meilleurs jours. A condition que le statut d’auteur soit redéfini, sur le plan des droits sociaux et de la rémunération.

    • Yfig
      Yfig répond à Eric Dubois
      Poète sans illusions j'écris (...)
      • Posté à 17h34 le 31/10/2009
      • Internaute 41364
        Poète sans illusions j'écris (...)

      zéro pointé !

      Ce n’est pas l’auteur qui décide, c’est le lecteur !

      • Yfig
        Yfig répond à Extension du domaine de la pute
        Poète sans illusions j'écris (...)
        • Posté à 18h34 le 31/10/2009
        • Internaute 41364
          Poète sans illusions j'écris (...)

        Sois intelligent et après, tu pourras dire aux autres ce qu’ils ne doivent pas faire ..... te ressembler !

      • Eric F
        • Posté à 13h14 le 02/11/2009
        • Internaute 49991
          trader

        Mauvaise réponse. Tu aurais mieux fais de réfléchir un tantinet...

  • Don_Lorenjy
    Don_Lorenjy
    Ecriveur à Annecy
    • Posté à 17h19 le 31/10/2009
    • Internaute 20427
      Ecriveur à Annecy

    Que faut-il pour être auteur ? Avoir été choisi par un éditeur ?
    Même pas. L’auto-édition et la grande foire-à-tout annoncée du numérique permettent à chacun de se dire auteur, dès qu’on a écrit quelque chose.
    Alors qui sera concerné par ce statut qu’appellent ces trois écrivains ? Qui décidera, et sur quels critères ?

    Pourtant, la question mérite d’être posée. J’ai écrit et publié des livres. Toute la chaîne, de l’éditeur au libraire, en vit. Sauf moi. Pourtant, je continue.
    Comme le dit l’article, c’est plus un problème de contrat et de logique économique qu’un problème de statut. Même si un statut fait partie de la réponse.

  • Eric F
    Eric F
    trader
    • Posté à 17h27 le 31/10/2009
    • Internaute 49991
      trader

    Franchement, c’est un peu agaçant voire grotesque toutes ces revendications de statuts spécifiques qui feraient que certaines professions - « artistiques » de préférence - devraient être plus protégées que d’autres au nom de la sacro-sainte et quasi-divine Création ?
    Au nom de quoi un écrivain devrait-il pouvoir plus vivre de son écriture, être protégé et financé pour cela qu’un ouvrier sidérurgiste ? Par quelle escroquerie intellectuelle les salariés devraient-ils continuer à assumer l’assurance chômage de nos chers intermittents qui méritent tellement plus pour service rendu à l’Humanité que l’intérimaire d’une société de nettoyage ?
    Sur ce type de revendications artistico-corporatiste, je ne peux que renvoyer à l’excellent petit livre de Gilles Dowek, « Ces préjugés qui nous encombrent » (Pommier septembre 2009) qui en démonte le mécanisme ancestrale et quasi-féodal : « ce que je fais pour vous est tellement plus important que n’importe quelle autre activité humaine, que je vous demande de m’assumer ».
    Tout cela serait somme toute fort risible, si ce type de revendication ne rencontrait pas des flots d’empathies culpabilisatrices et politiquement correctes....
    Mais au fait, qu’est-ce qu’un écrivain et qui pourrait bénéficier de cet officiel statut ? Quelqu’un qui écrit son journal ? Quelqu’un qui s’est fait publié une fois, deux fois, trois fois ? Une personne dont les livres se vendent à plus de 300 exemplaires mais surtout à moins de 10 000 ? Quelqu’un qui écrit tout le temps, tous les dix ans ? Le plus simple serait sans doute de proposer de ressusciter l’Union des Écrivains de l’Union Soviétique ou du moins de s’en inspirer. Les signataires n’y ont sans doute pas pensé ou pas osé...

    • Thomas Cadène
      Thomas Cadène répond à Eric F
      Dessinateur
      • Posté à 19h20 le 31/10/2009
      • Internaute 38789
        Dessinateur

      Je ne vais pas m’appesantir 10 000 ans mais quand le sidérurgiste est licencié il a le chomage, quand l’auteur n’est pas reconduit il n’a rien. Quand l’ouvrier est malade il a la sécu, l’auteur il l’a si il gagne suffisamment bien sa vie (grosso modo) ou bien il a celle de sa/son femme/époux ou la CMU (mais à vous lire je ne suis pas sur qu’il la mérite)

      Par exemple vous faites des livres et vous pouvez en vivre et puis soudain ça s’arrête, vous n’avez rien ou presque. (grosso modo)

      Le statut d’intermittent pour répondre à votre question sur « qui » par exemple est fonction du travail : si vous ne travaillez plus du tout vous sortez du régime mais si vous avez travaillé vous êtes « un peu » protégé le temps de vous retourner.

      Quand vous êtes auteur vous ne comprenez en règle général rien au statut dont vous dépendez (si vous avez essayé vous savez) tant tout est imbitable dans ces systèmes là.

      Il ne s’agit pas d’être financé parce qu’on fait quelque chose de très important. La plupart d’entre nous sommes assez lucides pour savoir que nous serons oublié dans 3 mois, rassurez vous. De même que nous savons qu’il est assez peu probable que notre travail change le monde. Il s’agit juste de remarquer que quand vous avez choisi ce métier, le jour où il y a un impair vous êtes totalement précaire et qu’avant cet impair vous l’êtes aussi tant vous le redoutez en sachant que vous ne disposez d’aucun filet de sécurité, si chomage, ni rien... Ah si ! vive les minima sociaux ! (les méritons nous ? aïe ! je ne pense pas, trop imbus que nous sommes ! Ne voyons nous pas que notre éventuel échec est nécessairement la marque de notre absence de talent !)

      Alors bien sur on peut répondre : ’fallait en choisir un autre, de métier »

      certes... mais alors faut pas s’étonner que les auteurs soient héritiers, époux de, épouses de, journalistes, politiques...

      Les auteurs de BD (encore moins considérés en France que les auteurs de romans -qui ont au moins le droit d’être considérés comme potentiellement intéressant sans trop d’a priori) sont aussi concernés. Ils ont parfois la chance de bénéficier d’avances qui peuvent permettre de vivre, mais le plus souvent non... Et quand ils ont ces avances ! les voilà rois du monde avec une visibilité de 6 mois !

      Les tarifs n’ont cessé de dégringoler en même temps que le marché devenait massif et violent (2 semaines de vie en librairie est un miracle). Alors oui après tout j’ai fait du droit (bien mieux et bien plus loin que Jean Sarkozy qui n’a pas ce genre de problème) j’ai étudié le marketing tout ça... J’aurais du choisir d’être juriste avocat, commercial, pro du marketing que sais je... Mais j’ai eu la chance (oui !) qu’on m’offre de faire autre chose. J’ai fait ce choix, je peux en vivre (pour combien de temps) et ça fait déjà de moi un cas rarissime... Je ne me plaints pas mais je comprends qu’arrive un moment où on se dit « pourquoi les acteurs peuvent avoir des périodes à vide, pourquoi les éclairagistes le peuvent, pourquoi les cinéastes le peuvent, et pas moi ? »

      oui c’est jaloux, c’est petit, probablement prétentieux. Laissons la création aux professeurs normaliens, et que les autres vivent de leur métier en ayant peur de l’avenir, qu’ils ne puissent pas fonder une famille sans se trouver irresponsable, qu’il n’y ait rien, parce que s’il y avait quelque chose ça pourrait faire d’eux des connards d’assistés.

      Le ton général de votre commentaire, visant à monter l’ouvrier contre l’auteur est en soit assez odieux, pourquoi ne pas envisager un monde où chacun pourrait trouver sa voie. je ne dis pas que tout le monde est artiste ou que tout le monde doit être payé à rien foutre s’il s’autoproclame auteur... mais à ma connaissance un acteur qui ne bosse jamais ne restera pas longtemps intermittent...

      Je me suis un peu étendu, désolé. Mais bon, on pourrait essayer tous de se parler sans mépris.

    • emiboot
      emiboot répond à Eric F
      No Homs land
      • Posté à 16h26 le 02/11/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Etre écrivain c’est écrire. Etre écrivain avec un statut, ce serait gagner de l’argent avec ses œuvres.
      Les « artistes » ne demandent à être surprotégés, ils demandent à être reconnus, et éventuellement protégés COMME LES AUTRES.
      Écrire pour écrire comme peindre pour peindre, sont des activités risquées financièrement, mais qui se pratiquent parce que cela ne relève pas forcement du choix, mais aussi d’un besoin viscéral (libre à vous de ne pas être d’accord).
      Parfois on gagne de l’argent avec : comme les autres, on paye des impôts, et on gagne de l’argent : voila un dénominateur commun.
      Tout le monde ne peut pas travailler en usine - les places sont rares en ce moment... Comme tout le monde n’est pas un artiste.
      Ne confondez pas tout : la protection sociale de ceux qui travaillent en usine (ce qui ne semble pas être votre cas) est parfaitement minable AUSSI, tout comme les horaires en 3/8 et le salaire moyen après 20 ans de bon et loyaux services...
      Les coûts sociaux des intermittents sont risibles, par rapport à ce que touchent d’autres, députés, cadre sup pour ne citer que les plus gros écart de traitements et de protection. On vit souvent de débrouilles, chichement, sans surconsommation quand on intermittence : essayer donc pour rigoler un coup, on en reparle après, de ce préjugé qui vous encombre.
      Les artistes, les écrivains, les musiciens, les libres penseurs, toute cette fange de population semi-active « économiquement » se révèle souvent trèèès active humainement. Une donnée impossible à chiffrer en numéraire. Tant mieux.
      Ils ne demandent pas à devenir de riches oisifs, ils demandent une case légale. Comme les autres.

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 17h27 le 31/10/2009
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Monsieur Hubert,
    vous êtes le parangon du journaliste qui pédale dans la semoule !

    Vous êtes tombé dans un piège et vous y précipitez vos lecteurs ! ! ! !

    ––––––––––––––––––––––––––––––––

    Ce statut existe (SACD), les charlots qui ont écrit cette lettre espère surtout pouvoir fermer encore plus le métier.
    Ils attendent des subventions, des rémunérations, un statut avec des études et des diplomes ..... tout ce que n’est pas un écrivain, un artiste !

    Un artiste vit de son talent.

    S’il est dans la misère, c’est qu’il n’a pas de talent .... il lui faut changer de métier !

    Qui, demain, décidera de qui est écrivain et qui ne l’est pas ?
    Vous êtes-vous seulement posé cette question ?

    Le problème n’est pas le statut de l’écrivain, mais le fonctionnement à la « mords moi le noeud » des éditeurs qui ont définitivement renoncé à chercher les écrivains pour n’éditer que des merdes de nègres qui tiennent la plume des pipoles dégénérés.

    Pourquoi pas un statut des chanteurs, des clowns et des peintres ? (pour les peintres, il y a un machin, une asso de bandits ... et en parlant de bandits, pour les chanteurs, il y a la SACEM ....)
    –––––––––––––––––––––––––––––––––

    Que nous apporte l’article du journaliste ?
    Que dalle !
    Pourquoi ?
    Parce que le journaliste ne prend pas le temps de lire, de se documenter, d’analyser, d’approfondir, de chercher la vérité derrière la façade ...... et puis aussi parce qu’un journaliste ne peut pas avoir l’expérience universelle, savoir toutes les ficelles de tous les métiers !

    • Yfig
      Yfig répond à Yfig
      Poète sans illusions j'écris (...)
      • Posté à 20h29 le 31/10/2009
      • Internaute 41364
        Poète sans illusions j'écris (...)

      Ecrivain ................

      L’un des rares métiers où l’on ne se transmet pas la charge de père en fille/fils ! ! ! !
      L’un des rares métiers où il faut encore du talent et pas seulement du piston !
      L’un des rares métiers où le succès n’est pas usurpé ! ! ! !

      FAUT QUE ça CHANGE ! ! !
      Faut qu’on puisse devenir écrivain de père en fils comme pour le ciné, le théâtre, la chanson, la politique .......

      y’en a marre des métiers où on ne peut pas se faire du blé sans le moindre effort ! ! ! !

      Qu’ils aillent au diable avec leur « professionnalisme de mes fesses » ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

      Lien

      • Erikiki
        Erikiki répond à Yfig
        Diablotin
        • Posté à 22h26 le 31/10/2009
        • Internaute 76835
          Diablotin

        Être écrivain vous appartient.
        Le reste n’est que public.
        =

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Yfig
      Rue89
      • Posté à 18h21 le 31/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      @ Yfig Poète sans illusions

      D’une part, vous n’avez pas à m’apprendre mon métier. Lequel consiste à rendre compte d’un fait quand il est vérifié, et correspond à une vérité.
      Le quel consiste à couvrir un champ de compétence, à partir d’un savoir-faire. Ce qui est le cas ici. CE qui est le cas ici, et ça vous n’avez nul droit de le remettre en cause.
      D’autant que le statut SACD que vous citez ne s’applique pas aux « gens de l’écrit » (pour reprendre la terminologie des auteurs de la lettre ouverte).
      C’est à vous de vérifier vos infos avant de prendre à parti les gens de façon si virulente. Et totalement non fondée. Totalement.
      Votre diatribe est, simplement, du populisme le plus impur. Anti culture, anti journaliste. On sait où ça mène.

      Mon métier consiste aussi à m’astreindre à répondre à des bassesses telles que les vôtres. Preuve que je le fais, mon métier.

      • Laffreux Jojo
        Laffreux Jojo répond à Hubert Artus
        penseur libre
        • Posté à 19h17 le 31/10/2009
        • Internaute 60376
          penseur libre

        Allez, on se calme.
        Le monsieur très en colère pose quand même une bonne question : Qui décide ce qui est (ou quand est-ce qu’on est) un écrivain (sous entendu « professionnel ») ? (Ou un traducteur d’ailleurs)
        Question légitime.

        D’ailleurs on peut aussi demander :
        Est-ce un métier tout court ?
        Faut-il qu’il en soit un ? Ou pas ?
        Le débat est ouvert, et c’est tant mieux.

         
        • Thomas Cadène
          Thomas Cadène répond à Laffreux Jojo
          Dessinateur
          • Posté à 19h26 le 31/10/2009
          • Internaute 38789
            Dessinateur

          Le CNL a un systeme d’aide qui est fonction de votre nombre de publication : Plus vous existez en tant qu’auteur mieux ils vous aident. C’est loin d’être stupide il me semble. Il y a des pistes quand même. Un intermittent bénéficie du systeme d’aide s’il travaille.

          Un auteur à des contrats d’édition. Je ne pense pas que qui que ce soit propose un systeme d’aide à quiconque s’autoproclame.

          • Laffreux Jojo
            Laffreux Jojo répond à Thomas Cadène
            penseur libre
            • Posté à 20h03 le 31/10/2009
            • Internaute 60376
              penseur libre

            Oui, je sais, et ce n’est pas totalement stupide.

            Mais le système du CNL, comme tous les systèmes d’aide à la culture d’ailleurs, pose des problèmes à la fois artistiques et déontologiques. On aide plus facilement ce qui marche que ce qui ne marche pas - ce qui n’est pas un critère de qualité littéraire, n’est-ce pas - car ça donne une plus grande visibilité qui, elle, donne une plus grande « légitimité » à la commission vis-à-vis l’autorité de tutelle, à savoir le ministère= l’état qui s’en fiche comme d’une guigne de qualité littéraire.)
            (By the way : regardez ce qui se passe pour les aides au cinéma ! On aide un peu le petit et beaucoup les grands.)
            Puis : qui siège dans ces commissions ? Pour le dire un peu lapidairement : les professionnels de la profession. Et tout le monde sait qu’on donne plus facilement au copains. Autrement dit, le travail de découverte, de dénicher des talents se fera de toutes façons ailleurs, à la marge, hors des institutions.

            Ensuite : être publié ne veut pas dire être écrivain. Suffit de regarder la quantité de merdes qui se vendent...
            Pour le statut. Je ne parlais pas des gribouilluers du dimanche, mais par exemple : un écrivain qui écrit un roman de 1000 pages toute les dix ans, est-ce un professionnel ? Oui ? Non ? Pourqoui ?
            Pourquoi pas ? Faut-il un rendement par an ? Où alors celui qui écrit peu doit vendre plus ? (chiffre d’affaires ?) Mais finalement, c’est déjà le cas, non ?
            Bref, les situations sont infiniment plus complexe encore que chez les intermittents du spectacle.

            Mais mon questionnement est plutôt d’ordre « philosophique » : Ecrire est-ce une profession comme une autre ?
            Et : Est-ce une profession tout court ?
            Ou au contraire, n’est-ce pas la porte ouverte au fonctionnariat littéraire.
            On peut même aller plus loin :
            Vivre de son art est-ce un droit ?
            ...
            ...

            • Thomas Cadène
              Thomas Cadène répond à Laffreux Jojo
              Dessinateur
              • Posté à 20h19 le 31/10/2009
              • Internaute 38789
                Dessinateur

              Ce sont des questions intéressantes sauf la dernière si je peux me permettre ;) : en effet, c’est l’évidence que c’est un droit, ça ne veut pas dire que c’est un du.

              Si je mon art se vend bien je peux en vivre, on ne va pas me l’interdire. Enfin j’espère.

              Je pense que la question à laquelle vous pensiez était plus celle du systématisme. Ce que vous appelez la « fonctionnarisation ».

              ça je crois que personne ne le demande.

              Quand j’ai choisi de faire de la BD j’ai toujours su que ça durerait ce que ça durerait et que je prenais un risque assez dément (quand j’y pense, donc j’évite, hé hé) mais le moment qui flotte, celui entre deux contrats, on ne peut pas s’empêcher de trouver ça un peu injuste quand même.

              Et puis le problème des questions que vous posez c’est aussi que la réponse idéale : c’est un art, pas un métier bla bla donne (pour l’histoire) des écrivains aristocrates et rentier ou (pour aujourd’hui) professeurs normaliens, héritiers, journalistes, médecins ou que sais je... bref, professions qui permettent de libérer du temps sans tuer la vie matérielle...

              C’est aussi un choix de société : que l’art ne soit réservé qu’aux riches ou aux solitaires qui n’ont plus le droit d’envisager de se rêver un avenir familial ou autre avant d’avoir connu le succès...

              (je caricature un peu volontairement)

              Après tout, ce choix là a déjà été fait, il est en vigueur. Je pense qu’une petite étude sociologique des origines familiales des membres de nos académies et de leurs ’autres professions » serait éclairante (je peux me tromper...)

              Ce que vous dites sur le reste est vrai, je donnais des pistes pas des modèles.

              • Laffreux Jojo
                Laffreux Jojo répond à Thomas Cadène
                penseur libre
                • Posté à 20h41 le 31/10/2009
                • Internaute 60376
                  penseur libre

                Il va de soi que par « vivre » j’entendais « avoir un revenu décent assuré par la solidarité nationale » (ce que vous résumez bien par « un dû »).
                Je partage entièrement votre amertume quant à la reproduction sociale dans les métiers artistiques (rassurez-vous, c’est encore pire chez les acteurs ! Bourdieu reviens ! ! ! Je plaisante,quoique...)

                Au risque de vous déplaire, je m’étonne qu’on parle tant du rôle de l’état et si peu du rapport entre l’écrivain (ou l’auteur) et son éditeur. Les vrais enjeux se trouvent là.

                Et là ça devient compliqué, car pour assurer un revenu minimum régulier à un auteur il faut soit :
                de l’argent de la solidarité nationale (encore pourquoi devrais-je, moi, assumer votre choix)
                soit : plus d’argent de l’éditeur.
                Mais alors là, croyez-moi, on ne publieras plus beaucoup.... car vous savez certainement que le gros des livres ne rapporte même pas de quoi couvrir les frais de fabrication (à valoir de l’auteur compris). Donc : si cet à-valoir doit devenir une sorte de salaire : alors là, le frais exploseront et tout éditeur sera obligé de n’avoir que des auteurs qui vendent suffisamment pour qu’il rentre ne serait-ce dans ses frais...
                Evidemment, la dèche, c’est emmerdant, évidemment on peut améliorer des choses par-ci, par là... mais de là un « statut » (encore une fois : sur quelle base ? ? ? ?)... bref, je reste dubitatif
                Cordialement.

                • Thomas Cadène
                  Thomas Cadène répond à Laffreux Jojo
                  Dessinateur
                  • Posté à 21h00 le 31/10/2009
                  • Internaute 38789
                    Dessinateur

                  Dubitatif je le suis aussi sur la question du statut.

                  J’ai l’impression que les anglosaxons ont des auteurs aux origines sociales bien plus variées (il faudrait vérifier) et à ma connaissance ce sont rarement des systèmes d’aides. Mais du coup il y a des fondations, des bourses, des magazines qui paient etc.

                  Systèmes qui ne sont pas inintéressant non plus, loin de là.

                  Personnellement je ne vous demande pas d’assumer mon choix.
                  Après tout en le faisant j’en connaissais la nature.

                  Simplement il ne me parait pas absurde qu’alors même que j’existe en tant qu’auteur (publié depuis quelques années, différents éditeurs etc.) je me prenne à rêver à l’occasion non pas de congés payés (je sais que ça n’aurait pas de sens) ni même de congés maladie (même si avec les agessa ça peut être possible si si si si) ni même de chomage (comment ? pourquoi ? etc.) mais de quelque chose qui me permette de temps à autre d’avoir un tout petit peu la tête libre de l’angoisse démentielle que si mon nouveau projet ne trouve pas preneur je ne suis plus ce que j’étais depuis ces dernières années, je n’ai aucun droit, je dois des impots, je ne bénéficie de rien, je n’ai qu’un CV ridicule pour une éventuelle reconversion (là aussi je rêve parfois des pays anglo saxons où l’on regarde les gens pour leur vécu autant que pour leur diplome et où parfois un profil atypique n’est pas rédhibitoire voir peut se révéler un plus... sans me faire d’illusion sur la violence par ailleurs, de leurs systèmes) je ne suis plus rien qu’une sorte d’échec. Alors même que non. Je veux dire si ça ne marche plus, ça ne signifie pas que je n’ai rien accompli, que je ne vaux plus rien. J’ai des BD dans des médiathèques, j’ai des lecteurs qui me parlent de mes livres, j’ai touché au moins une ou deux personnes, j’en ai consterné quelques autres. Bref, ce furent des années valables et passionantes, mais la violence du monde dans lequel nous sommes, matériellement j’entends, voudrait me faire penser que mon incapacité éventuelle à poursuivre dans cette voie invaliderait tout l’accompli. Je sais que ça n’est pas le cas, mais je vous expose juste que si je ne vous demande rien de plus comme solidarité vous conviendrez peut être que je n’ai jamais été très éxigeant et que je demande même plutôt moins que ce qui apparait normal à tous les autres.

                  Après tout pourquoi peut on être un mauvais professeur et pas un mauvais écrivain ? Je vous retourne la question de la normalité.

                  Nous débattons de tout cela parce que notre monde est un monde marchant où l’on gagne plus si on sait créer de la valeur sur le travail des autres que si on sauve des vies, où l’on gagne plus en construisant des sièges sociaux plein de vide que de l’habitat intelligent, etc. etc.

                  Il n’en a pas toujours été ainsi, ça n’a rien de naturel. C’est juste un modèle de société. Dans la notre celui qui crée de l’argent est plus puissant que celui qui crée des histoires. Et parfois celui qui crée des histoires devient puissant parce qu’il touche les masses et, crée de l’argent... Bref...

                  Il y a mille questions passionnantes derrière la question de l’artiste et de sa place et je ne souhaite en éluder aucune, soyez en sur.

                  Et ce que vous dites sur la question centrale du rapport auteur éditeur est profondément vraie même si la question de « ce que ça rapporte » n’est pas aussi évidente que ça.

                  • Laffreux Jojo
                    Laffreux Jojo répond à Thomas Cadène
                    penseur libre
                    • Posté à 21h40 le 31/10/2009
                    • Internaute 60376
                      penseur libre

                    Puisque vous me retournez la question de la « normalité » (c’est quoi, d’ailleurs ?), je me fais un plaisir de vous répondre
                    Le mauvais prof a passé son examen qui lui donne droit à être un mauvais prof. C’est triste, mais c’est comme ça. La société a décidé : tu fais ce ci, tu réussis cela, tu seras prof. Et vous ? Rien. Et d’ailleurs, pour un artiste, se faire évaluer selon de tels critères, c’est- par définition - impossible, puisque (une partie) de son travail est justement le dépassements de ces critères... (oh là là, je deviens un peu kitsch, désolé..., mais bon, j’espère que vous voyez où je veux en venir...) Où alors, on tombe dans « l’art d’Etat » « Lart officiel » (beurk).

                    La question ici, n’est pas uniquement une question de la marchandisation rampante ou de je ne sais quoi, mais une question de savoir où la solidarité peut et doit légitimement jouer, et où c’est peut-être pas si légitime que ça.
                    (Je mets exprès de côté la question d’un revenu minimum pour tous tel que le veux l’extrême gauche, puisque c’est pas demain que ça arrivera...)
                    Donc : Un salarié cotise. Ces cotisations lui donnent des droits. Un entrepreneur prend une assurance privée. Donc, il cotise. Tous cotisent quelque part pour recevoir quelques chose en retour. Au cas où.
                    On peut tout à fait réfléchir à un système pour les auteurs.
                    Avec l’AGESSA, donc l’assurance maladie, ça existe d’ailleurs (et le plafond pour y avoir droit - contrairement à ce que certains prétendent - est quand même assez bas/ c’est de l’ordre de 7500€ de revenu par an, je crois.).
                    Mais pour les périodes non-travaillées (le « chômage, si vous voulez), c’est une autre histoire !
                    Comment les évaluer ? Quelles critères ?
                    Je pense personnellement que les cas sont trop différents pour qu’on puisse trouver un système d’indemnisation interprofessionnel (solidarité de tous les travailleurs du secteur de l’édition, de la secrétaire à l’auteur, ponctionnner les chiffres d’affaires ou je ne sais quoi) qui fonctionne.

                    Vous voulez être un artiste, libre à vous, mais de facto vous êtes aussi un entrepreneur... c’est triste, mais c’est comme ça.... alors prenez-vous en charge. Et oui, avec tout le respect que je vous dois, je n’ai aucune envie de cotiser pour que vous puissiez vivre votre rêve au moins que vous en faites autant pour moi. C’est ce qui s’appelle la solidarité. Et elle n’est pas en sens unique.

                    Vous avez raison, autrefois, c’était différent.... on se mettait sous la protection d’un roi... si vous trouvez ça mieux...

                    • Thomas Cadène
                      Thomas Cadène répond à Laffreux Jojo
                      Dessinateur
                      • Posté à 01h30 le 01/11/2009
                      • Internaute 38789
                        Dessinateur

                      jusque là je trouvais que le débat était pas mal mais là vous me décevez d’un coup.

                      Vous oubliez la moitié de ce que je dis.

                      En gros nous sommes assez d’accord. Je vous ai dit combien je ne souhaite pas nécessairement devenir prisonnier d’un « statut », je vous ai dit combien j’ai pris la mesure et accepter ce que mon choix implique.

                      Ne m’expliquez pas ce que je vis déjà et toute connaissance de cause. Je m’assimile assez souvent à une profession libérale, j’en tire les conclusions qui s’imposent. Je ne souhaite me mettre sous la protection d’aucun roi et n’ai jamais dit que je souhaitais plus que ma part de la solidarité nationale (même si aujourd’hui je n’en ai disons... rien, mais c’est pas grave, je pourrais dessiner je l’espère jusqu’à mes 75 ans, je veux dire, sincèrement)

                      Simplement vous pourrez convenir qu’il vaut mieux assumer d’être artiste comme comédien, réalisateur ou décorateur. Tant mieux pour eux tant pis pour nous.
                      Pas grave.

                      Simplement il y a des problèmes et les choix de nos sociétés ne sont pas aussi anodins que vous semblez vouloir le dire. On ne le balaie pas d’un coup de main. Nous sommes dans une société ou l’intermédiaire gagne plus que celui qui fait. Où celui qui spécule vaut plus que celui qui invente, où celui qui distribue à le pouvoir de vie ou de mort sur celui qui a créé, où celui qui contrôle le support contrôle le contenu. Bref ce qui a une valeur à nos yeux « philosophes », une valeur dans le sens de ce qui ne se calcule pas mais est indispensable, le superficiel incontournable, l’inutile vital, la culture, la création, l’imagination, l’invention, bref tout ça est valorisé mais sous le contrôle absolu de tout ce que j’énumérais avant. Bref c’est un type de société particulier.

                      Un type de société qui valorise Jean Sarkozy plus qu’Ariane Mnouchkine, une modèle de société dans lequel la découverte d’un vaccin contre le SIDA ne pourrait pas profiter au plus grand nombre ou en tout cas pas sans des accords, des compensations, des calculs etc. etc. Une société où le trader croie que ce qu’il fait est plus utile que ce que je fais simplement parce qu’il gagne éventuellement en une journée 1000 fois ce que je gagne en un mois. Une société où on se croit utile parce qu’on gagne et inutile si on ne gagne pas.

                      Le bénévole est un inutile quand le patron incompétent qui va plonger la boite dont il se balance puisqu’il est le salarié d’un actionnaire vague est couvert d’or.

                      Alors très honnêtement je n’ai pas vraiment de complexes : je ne crois pas que j’abuse de la situation.

                      Quand je suis un entrepreneur et que je me prends en charge disons... dans l’agriculture...

                      L’état me paie (soyons clair) pour que je produise ceci cela, que je défriche ceci ou que je mette cela en jachère, puis l’europe me paie pour ça... parce que bon si je ne suis pas content c’est le bordel.
                      Et pourtant grace à toutes ces aides je ne m’en sors pas. Enfin « je » ... si je suis petit parce que si je suis un agriculteur un peu important je prends les aides, je fais ce qu’on me dit et tout roule.
                      Bref.

                      Si je suis un entrepreneur disons d’audiovisuel et que j’ai mes recettes publicitaires qui sombrent... l’état intervient. Il fait un peu n’importe quoi et in fine ça ne sert à rien mais il intervient.

                      Quand je suis un entrepreneur de l’armement et que je suis incapable d’être milliardaire sans l’aide de l’état j’achète un journal (subventionné comme toute la presse) pour dire que l’état en fait trop et là dessus je lui envoie la facture de mes avions.

                      Non vraiment je n’ai pas de complexe... je crois que je n’abuse pas en tant qu’auteur.

                      Vous n’avez pas répondu : voulez vous que les auteurs soient tous riches et/ou célèbre avant de faire le métier ?
                      Voulez vous qu’ils soient tous profs ou tous rentiers ?

                      Moi non. Mais les aristocrates ont fait des écrivains magnifiques et les peintres ont œuvré au service des rois sans s’empêcher de faire de chef d’œuvres.

                      Il y a toujours une solution quelque part j’imagine.

                      Mais les écrivains simplement parce que vous ne trouvez pas de « critères » à la réalité de leur travail (contrairement à un comédien ou un metteur en scène j’imagine) simplement parce qu’on ne sait pas où commence le dilettante et où finit le travailleur, il se doit de rester, pour l’éternité le cocu de la solidarité.

                      Vous dites que le professeur a passé son concours. Je le sais bien.
                      J’ai passé les éditeurs. Deux fois. Deux éditeurs (J’ai aussi passé des examens à la fac, je les ai eu, j’ai testé divers types de mode de sélections !). J’ai des livres.
                      Vous savez combien de candidats pour combien de reçus ?
                      pourtant il y a des bons recalés et des médiocres signés.

                      Comme pour les profs, comme pour les comptables... etc.

                      Je ne sais pas quelle est la solution, et je ne crois pas qu’elle soit dans un xième statut. Mais si déjà on pouvait avoir non pas le statut pour être plus aidé mais le statut pour savoir dans quoi on évolue. Le cadre administratif simple, les impots clairs, les taxes normales ... mais non... c’est, à l’évidence, trop demander. Rien n’est clair, personne ne comprend rien. Face aux éditeurs il a fallu créer un syndicat auquel n’adhèrent que les stars tant on a peur d’être tricard. L’état ne se mêle pas de remarquer qu’on fait signer des clauses absurdes, de vérifier le suivi des ventes, des destockages, des soldeurs etc.

                      Je suis un peu confus, c’est l’heure, il faut m’excuser.
                      Mais si je suis un entrepreneur alors j’exige d’être aidé autant que le sont les entrepreneurs, d’avoir ma Parisot à moi à l’élysée tous les deux jours, d’avoir des remises, des aides, des subventions, des zones franches, des crédits d’impots, des coups de pouces etc. etc.

                      et pourtant je sais que les entrepreneurs me répondraient que leur vie est impossible que leur situation est rude et ils auraient raison.

                      Je ne veux pas me monter contre les autres, je ne veux pas être jaloux ou penser que je vaux mieux ou moins ou que sais je...

                      Je pense juste qu’on peut légitimement poser la question de la place de l’auteur.
                      La solution n’est pas nécessairement dans un statut de plus, pas nécessairement dans une aide (franchement ça me ferait bien chier d’aller dans une administration réclamer mon droit à telle aide de 53 euros et 12 centimes au titre de la contribution sociale à la création d’auteur eu égard à votre production et à votre diffusion et de vos annuités calculées selon la méthode dites des quotas livre-habitant sur un secteur de type A, rien que d’y penser j’en ai des boutons)
                      La solution n’existe peut être pas. Elle est peut être dans un peu plus de considération.
                      Elle est peut être médiatique (moins de place pour BHL -héritier- ou Enthoven -aussi- ou Bruni -aussi- ou je ne sais qui -héritiers ou non- et plus de variété, des rémunérations pour la diffusion, le retour de support rémunérateur)
                      Elle est peut être de l’ordre du contrôle et de la négociation : moins de contrats bidons, des minimas d’édition ou que sais je.
                      Elle est peut être de l’ordre d’un droit universel à la sécurité sociale un peu mieux foutu que la cmu.
                      J’en ai pas la moindre idée, je réfléchis en direct et je suis fatigué. Mais une chose est sure : c’est franchement un beau MÉTIER et je ne regrette pas de l’avoir choisi même si je rame et même si je ne le ferais probablement pas toute ma vie (ce serait une grosse perte pour la BD mais je compte sur elle pour s’en remettre).

        • Yfig
          Yfig répond à Laffreux Jojo
          Poète sans illusions j'écris (...)
          • Posté à 19h41 le 31/10/2009
          • Internaute 41364
            Poète sans illusions j'écris (...)

          Oui,

          et il faut prendre la peine de lire la lettre à Mitterand ....
          ça vaut son pesant de cacahuètes ....
          On y trouve toute la logorrhée habituelle des auteurs sans succès qui pensent que c’est au gouvernement de payer la note !
          Sans oublier, évidemment de se plaindre de Google qui numérise des livres (ils oublient que ce sont des incunables et des livres anciens .... ils ont la pétoche qu’on numérise leur écrits pathétiques ! ! ! !)

          Ecrivains, ça n’est pas un métier au sens ordinaire du terme.
          Eux, ils parlent de pigiste, de plumes d’oreillers, de larbins de l’écriture Mac Do .... bref ..... ils voudraient vendre leurs mots à l’unité parce que leurs phrases ne valent pas un pet d’lapin !

          Moi aussi je veux devenir écrivain payé par le ministère de la culture pour mes beaux yeux !

          Notre monde est fou !

          Plus personne ne sait se prendre en charge ni accepter la moindre critique !

          Bah !
          on s’en fout, on est des philosophes !

          • Laffreux Jojo
            Laffreux Jojo répond à Yfig
            penseur libre
            • Posté à 20h47 le 31/10/2009
            • Internaute 60376
              penseur libre

            Petit conseil : tant d’énervement est mauvais pour se faire entendre.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Yfig
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 21h34 le 31/10/2009
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            Sur le premier paragraphe de ton post, je suis d’accord avec toi !
            - Surtout lorsque tu soupçonnes Mitterand de vouloir quelque peu coincer tous ceux qui offrent un peu de documentations « gratos »...

            ...pour la suite du même post, tu débloques un petit peu...
             ;)

        10 autres commentaires
      • Yfig
        Yfig répond à Hubert Artus
        Poète sans illusions j'écris (...)
        • Posté à 19h24 le 31/10/2009
        • Internaute 41364
          Poète sans illusions j'écris (...)

        Je m’en fous, Hubert, que tu aies censuré mon message ....
        Le principal, c’est que tu l’aies lu et que tu en prennes la substantifique moelle.

        Et puis, si tu m’as censuré, cela prouve deux choses :
        - Je suis plus fort que toi et tu n’as trouvé que ça pour t’en sortir
        - Tu es journaliste comme je suis ingénieur en pets ! tu ne connais pas ton métier et tu fais des billets sans prendre la peine de t’informer toi-même …. Après ça, on se demande pourquoi les gens n’achètent plus les journaux ….. moi, y’a longtemps que je ne me pose plus la question.

        Allez, vite censure moi, des fois que quelqu’un lise ………. Ciao le journaleux !

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Yfig
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 21h39 le 31/10/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « la substantifique moëlle »...

          - Prétentieux et fanfaron !
          Il n’y a pas de moëlle dans tes commentaires...
          ....rien que de la poussière d’os !

        • Erikiki
          Erikiki répond à Yfig
          Diablotin
          • Posté à 22h33 le 31/10/2009
          • Internaute 76835
            Diablotin

          Le plus fort.
          Voilà ce qui vous maudit.
          Pas de hasard à vos écrits.
          =I

        • Hubert Artus
          Hubert Artus répond à Yfig
          Rue89
          • Posté à 01h55 le 01/11/2009
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          1 - Je n’ai rien censuré, j’ai dépublié ce qui est diffamant et insultant.
          Alors cessez de vous croire assez important pour être interdit. Cessez de vous prendre pour un Pic de la Mirandole.

          2 - votre vide argumentaire montre votre vulgarité, votre absence totale de courage, votre maïeutique niveau zéro. Qui ne cache même pas votre aigreur, votre peur, et votre intolérance. Vous êtes, donc, ni plus ni moins qu’un pollueur. Vous avez donc une vie si pauvre que Internet vous sert à déverser votre haine du monde ?

          3 - vous n’avez pas à intervenir ici si c’est pour insulter tout le monde et ne rien apporter au débat. Que faites vous sur Rue89 si, comme vous l’écrivez, vous n’aimez pas les journalistes ? Qui êtes-vous pour donner des leçons auxdits journalistes ? Pour qui vous prenez-vous, à insulter, à ordonner des conseils aux gens, à dire ce qui est bien et mal, à dire aux gens comment ils doivent faire un métier dont votre simple écriture montre que vous ignorez tout ? Pour qui vous prenez-vous pour tutoyer des gens que vous en connaissez pas ?

          4 - je ne vous ferai ni l’honneur de vous accorder une seconde de plus. Ni de vous censurer.

          5 - Que ce soit clair : au prochain comment insultant, diffamant et polluant de votre part, c’est compte bloqué. Conformément à la charte de Rue89.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Hubert Artus
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 08h17 le 01/11/2009
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            Ouais !

            Ce type se prend pour le grand Moutardier du Pape, alors qu’en fait, il se contente de faire monter la moutarde au nez de tout le monde !

            * Bref, un petit frustré qui ferait bien de retourner jouer aux billes !

          • Yfig
            Yfig répond à Hubert Artus
            Poète sans illusions j'écris (...)
            • Posté à 11h37 le 01/11/2009
            • Internaute 41364
              Poète sans illusions j'écris (...)

            Ce que je constate, c’est que vous refusez de débattre et d’argumenter votre article en vous considérant martyrisé parce qu’on ose ne pas partager votre avis !

            Je dis que les artistes ont ou peuvent acquérir un statut.
            Par exemple, ils peuvent se déclarer auprès de l’URSSAF et bénéficier de la protection sociale et des retraites (à condition de faire du chiffres d’affaires, évidemment, mais est-ce que ce n’est pas le lot de tout le monde que de trouver un emploi, gagner de l’argent et payer des cotisations et des impôts ?).
            Ils peuvent créer une micro entreprise (oui, je suis d’accord, c’est plutôt une arnaque .... mais il y en a qui marchent !)

            Les artistes doivent-ils avoir un statut au dessus (différent) des autres ?

            Et si oui, pourquoi ?

            Et si oui, qui décidera de qui est artiste et qui ne l’est pas ?

            Vous ne répondez pas.

            Autant de questions que vous éludez en me faisant un mauvais procès parce que je ne suis pas politiquement correct dans mes propos !

            Mais sachez que ce n’est pas parce qu’on a l’esprit vif qu’on n’a pas de respect pour les autres ..... le respect ne consiste pas nécessairement à carresser les gens dans le sens du poil .... ça, c’est trop facile, je le laisse à Zébulon qui semble s’y complaire !

            Maintenant, monsieur Hubert Artus, vous pouvez toujours mettre vos menaces à exécution et me virer de la Rue 89, ce n’est pas ça qui me rendra plus servile.

            Salutations citoyennes

            • Hubert Artus
              Hubert Artus répond à Yfig
              Rue89
              • Posté à 12h45 le 01/11/2009
                rédacteur
              • Journaliste 56
                Rue89

              Je ne refuse le débat. Mais on ne débat pas avec quelqu’un qui estime d’office, à charge, que vous avez tort. Et qui secroit en position dominante pour vous demander à vous justifier. Mes infos sont, comme celles de tout journalistes, sourcées et recoupées. Point barre.
              De plus, cettte liste de comments a été créeée pour que les riverains débattent entre eux, pas avec les journalistes. Qui ne sont là que pour modérer.

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à Yfig
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 18h53 le 01/11/2009
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              [ « Et si oui, qui décidera de qui est artiste et qui ne l’est pas ? » ]

              - Qui est artiste et qui ne l’est pas.. ? nul ne le sait.
              Par contre...
              ...qui ne sera jamais poète, nous avons déjà « un client » !

        7 autres commentaires
      • pier1jean
        pier1jean répond à Hubert Artus
        imprimeur
        • Posté à 09h32 le 02/11/2009
        • Internaute 87841
          imprimeur

        Un des débats les plus passionnants de la Rue :
        à tous ceux qui souhaitent le prolonger, et surtout en hommage au courage de l’auteur de cet article et modérateur, je vous signale, après de nombreux forums des assocaitions d’auteurs ( comme celui de la SGDL) une table ronde, organisée par le Conseil Permanent des Ecrivains, le 23 novembre.(conseilpermanentdesecrivains.org)
        Avec l’intention avouée d’interresser les nombreux auteurs concernés par TOUS vos commentaires, je voudrais votre autorisation de relayer ce forum sur leur site.

    • Waverly
      Waverly répond à Yfig
      • Posté à 11h00 le 01/11/2009
      • Internaute 54122

      La Sacd n’est en rien un statut, et elle ne concerne pas directement l’écrivain : c’est une société de gestion des droits d’auteurs, lesquels auteurs sont ceux du spectacle vivant et/ou audiovisuel.

      Quant à l’équation misère = pas de talent, hum... C’est bien connu : le nombre d’exemplaires vendus est proportionnel au génie de l’auteur.

      • Yfig
        Yfig répond à Waverly
        Poète sans illusions j'écris (...)
        • Posté à 11h34 le 01/11/2009
        • Internaute 41364
          Poète sans illusions j'écris (...)

        Lien

        Bon, d’accord, ce n’est pas un statut.

        Alors ... l’AGESSA !
        un article intéressant sur cette asso : Lien

        Ou « écrivain public » : Lien

        misère=pas de talent
        C’est vrai, Rimbaud tirait le diable par la queue (n’en parlez pas à Verlaine, il le prendrait mal) ....

        Bien sûr qu’il y a et aura toujours des exceptions ..... mais franchement, est-ce que le talent ne finit pas toujours par triompher ?

        Un artiste s’enrichit de ses échecs, sûr de lui et de son talent, il revient par la fenêtre quand on le jette à la porte, il s’entête car il sait qu’il a raison ....
        Après tout, s’il n’y a pas de statut, n’est-ce pas la meilleur façon de protéger le talent ?

        Qu’il y ait, comme je le disais, un statut pour les forçat de l’écriture, pourquoi pas ..... mais ça ne changera rien à la qualité de leur écriture.

        Ce qui n’est pas acceptable, c’est le piston, ce terrible piston qui fait qu’untel est choisi quand tel autre est rejeté parce qu’il ne connaît personne dans le milieu ..... et j’en reviens à mon propos initial (car les faits sont têtus ! ! !) .....

        Le problème vient des éditeurs.

        N° 2495
        ASSEMBLÉE NATIONALE
        CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
        ONZIÈME LÉGISLATURE
        Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 22 juin 2000.
        PROPOSITION DE LOI
        relative à la création d’un statut social de l’écrivain salarié.

        Lien

        Article 1er

        L’entreprise ou le service public et le salarié écrivain reconnu internationalement, nationalement ou régionalement, disposant de titres, de références, d’articles de presse ou du milieu représentatif de son art peuvent signer une convention pour libérer du temps de travail. Les deux parties s’accordent sur les modalités afin que le déroulement de carrière du salarié soit garanti.

        Tu parles !
        Des articles de presse régionaux ..... quelle pantalonnade !

        En tout cas, le problème n’est pas nouveau .... et n’est pas là d’être réglè ! ! ! ! ! ! !

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