En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

C'est sûr, le livre numérique a un avenir, mais lequel ?

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 16/11/2009 à 11h33

Le destin du livre passe t-il désormais par le numérique ? A en juger par la mobilisation de la profession, c’est incontestable. Pourtant, on sait à peine ce qu’est le livre numérique, et il représente moins de 1% du marché du livre français, et moins de 5% aux Etats-Unis.

Sans doute vit-on, après des années d’incrédulité, dans la certitude un peu rapide qu’il existe un destin numérique des industries culturelles, auquel certaines auront mieux ou plus longtemps résisté que d’autres, et qui devrait emporter leurs modèles économiques actuels dans la poubelle de l’histoire.

Est-ce encore possible d’être un éditeur ?

L’inquiétude est de mise, au moment où la dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français fait état du déclin relatif des achats de livres et des pratiques de lecture, même si l’affaire est plus compliquée qu’il n’y parait. En effet, certains groupes éditoriaux affichent une santé insolente. N’est-ce pas le magazine Publishers Weekly qui titrait il y a peu : « It’s good to be Hachette » ?

Le livre numérique c’est le texte en format numérique, mais plein de questions se posent : le texte, mais sous quelle forme ? Brut, ou tel qu’il apparaît, mis en page, pour le livre papier ? Avec des ajouts ou sans rien de plus ? Avec des bonus, comme pour le DVD, mais lesquels ? Avec de nouvelles fonctionnalités ?

Le livre numérique, on voit à peu près ce qu’il pourrait être, mais avec quel matériel sera-t-il lu ? Il y a peu, on n’imaginait pas que le livre lu sur le téléphone pourrait trouver sa place. Manifestement, cela devrait être le cas. La durée des transports en commun, la maniabilité de l’objet, la manière dont certains textes -tel le roman sentimental- se prêtent à ce support de lecture, devraient aider à en assurer le développement.

Il y a aussi l’ordinateur, et puis les supports dédiés sur lesquels la concurrence est déjà forte, mais les prix toujours aussi élevés.

La question, pour l’utilisateur, est celle de l’interopérabilité. Pourrai-je lire le titre que je viens d’acheter à la fois sur mon téléphone, mon « reader », mon ordinateur, et sans rien payer de plus ? Pour s’être refusée à offrir cette possibilité ou son équivalent, l’industrie musicale a vu fleurir le piratage.

Mais le piratage a aussi trouvé sa source dans la faiblesse du différentiel de prix entre l’objet (le disque) et le morceau de musique dématérialisé. Un péché originel qui risque de se reproduire.

La fin de la convivialité urbaine ?

Le livre numérique, c’est enfin l’accès à l’infinie production qui sommeille dans les bibliothèques. Google aura eu le mérite de forcer les acteurs publics et privés à se lancer dans l’aventure. L’ennui, c’est qu’avec les réseaux, l’avantage du primo-entrant est considérable, et cumulatif.

Certes Google n’est pas un éditeur. Mais en numérisant les fonds des éditeurs, il se positionne sur ce marché, soit en vue d’une valorisation directe, soit, bien plus probablement, en vue d’une valorisation dérivée au travers du trafic généré et de la publicité qu’il rapporte.

Qui donc vendra le livre numérique ? C’est l’avenir de la librairie, déjà malmenée par la faiblesse de ses marges, qui se joue ici. Le livre numérique va t-il balayer le métier de libraire ? En effet, même si nombre d’entre eux se préparent à son arrivée, certains allant jusqu’à envisager de dédier un coin de leur magasin à de l’impression à la demande in situ, grâce à des machines joliment appelées Espresso, cela suffira-t-il à sauver le métier du libraire ?

C’est là sans doute la question la plus difficile, qui renvoie à celle de l’intermédiation, du conseil, mais aussi du vivre ensemble et de la convivialité urbaine, peut-être un jour balayée par la convivialité numérique.

  • 6758 visites
  • 37 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 11h47 le 16/11/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    SERVEZ-VOUS, C’EST GRATOS !

    Tiens donc, j’étais justement en train de me livrer à une étude sur le « phénomène » Kindle aux Etats-Unis.

    J’étais arrivé à trois constats :

    - les livres électroniques proposés à notre nouvel objet sont pour la plupart... Lien ! (Cf. en particulier le site Lien.)

    - le Lien des téléchargements montre que la littérature nouvelle y a bien peu de place. Mais des livres techniques, des livres « avec des images », des documents historiques, des ouvrages de la littérature classique (les établissements scolaires doivent se sucrer !) ;

    - les ouvrages téléchargeables ne sont pas exclusivement dédiés à Kindle. Ils sont compatibles avec Mac, Windows, Iphone, Linux ... donc avec n’importe quel ordinateur ou reader mobile.

    Hadopi, lève-toi !

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Le Yéti
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 02h34 le 17/11/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Désolé le Yéti, mais le partage n’est pas gratuit. Il demande au moins un effort intellectuel (certes non marchand) et souvent une volonté de partage en retour car certaines communauté exigent que celui qui prend donne. C’est logique mais c’est en train de devenir aussi la règle afin de prévenir les abus (même dans le partage, il y en a !).

      Le Kindle est un épiphonème marketing qui pour l’instant rend service aux gens qui partagent puisque visiblement les éditeurs ne s’occupent de pas de ce qui s’y passe. A mourir de rire d’ailleurs.

      Enfin, les téléphones portables s’améliorent mais c’est encore plus que limite pour lire un texte. Je vous mets au défi de survivre à un vrai article de fond d’un journal sur iPhone (je suis propriétaire d’un et promis on dépasse dix lignes convenables avec. Trop petit... C’est de l’A6 à peine !).

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Sid_Mo
        yetiblog.org
        • Posté à 10h00 le 17/11/2009
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        Ah mais, entièrement d’accord avec vous, Sid_Mo.

        ... sauf que je ne suis pas sûr, comme vous sans doute, que la valeur de l’ « effort intellectuel (certes non marchand) » passionne vraiment nos « marchands » [rires] !

  • Dave Feng
    • Posté à 12h02 le 16/11/2009
    • Internaute 27954

    « Mais le piratage a aussi trouvé sa source dans la faiblesse du différentiel de prix entre l’objet (le disque) et le morceau de musique dématérialisé. Un péché originel qui risque de se reproduire. »

    Je ne suis pas sûr que cette description soit correcte.

    1/ Le passage du vinyle au CD a brisé le rapport fétichiste que le consommateur avait avec le disque. Le passage du CD au fichier a donc été aisé par la suite. Dans le cas du livre, les lecteurs demeurent attaché au livre comme objet. Ce qui explique les efforts en graphisme et façonnage que font les éditeurs et imprimeurs. - les seuls lecteurs qui ont abandonné le livre papier, ou sont prêts à le faire, sont les chercheurs, car ils ont déjà l’habitude de lire sur ordinateur.

    2/ Ensuite, une des origines du piratage, ce n’est pas tant la possibilité technique de copier, mais la disposition mentale qui permet aux internautes de « passer à l’acte et de pirater ». On enfreint un règlement car on ne respecte pas la personne lésée. Les majors du disque ne sont pas respectables ; les internautes se sentent alors autorisés à les léser. Dans le cas du livre, cela peut se passer de la même façon car les auteurs sont notoirement peu ou pas rémunérés. Donc, les internautes qui lisent des ebooks (ce n’est qu’une partie des lecteurs) pirateront - sauf si l’essentiel des recettes vont dans la poche des auteurs.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Dave Feng
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 02h30 le 17/11/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Je suis d’accord qu’en partie avec vous.

      1/ - Je ne suis pas chercheur et pourtant je lis déjà une grande part de mes ouvrages quotidiens au format numérique. Par contre, je ne peux qu’être d’accord que les éditeurs ont intérêt à séparer les présentations papiers et numériques et mettre en oeuvre des stratégies rendant le papier attrayant.

      2/ - Oui et non. Vous oubliez toute la dimension de disponibilité de l’oeuvre. Une grande part des personnes vont au partage car ce qu’ils cherchent n’est peu ou pas trouvable facilement. On prend d’abord le rare puis ensuite par truchement on prend l’usuel (le blockbuster en vidéo par exemple). Et le rare n’est jamais indispensable (le chercheur a d’autres sources que les réseaux de P2P, même si on a des surprises parfois splendides !).
      Mais pour l’avoir vu un grand nombre de fois, on commence toujours par un produit introuvable facilement. Idem pour le livre (BD) numérique. Ensuite, lorsque l’on se rend compte de l’inanité du circuit commercial officiel, ça devient proverbial de valider la disponibilité numérique avant de voir comment faire matériellement chez son disquaire/libraire/bouquiniste etc.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 12h26 le 16/11/2009
    • Internaute 71674

    Trop âgé sans doute, le livre électronique ne me séduit pas vraiment. J’ai besoin de librairies, j’ai besoin de découvertes, j’ai besoin de conseils.
    Il est pourtant un autre usage qui me conviendrait, le journal électronique. S’abonner et pouvoir télécharger tôt le matin un quotidien me tente bien.

    • pablico
      pablico répond à Disciple ressucité
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h29 le 16/11/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      quand on aime lire, on a deux choix : acheter, ou les bibliothèques.

      -acheter : c’est cher et surtout où ranger tous les livres qu’on ne relit presque jamais..
      -bibliothèques : il faut y aller, et souvent on prend que ce qu’il y a, il faut rendre le livre en temps voulu etc..

      le livre électronique doit être sympa, pour le rangement surtout, et si l’on aime le contenu (le récit) et non pas le contenant(le livre à toucher, l’odeur du papier et de l’encre)

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à pablico
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 02h37 le 17/11/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        Visiblement vous avez pas encore testé le livre numérique. A transporter, c’est un vrai bonheur ... Mais ça n’empêche pas d’avoir avec soi aussi des livres papiers...

        Car il y a un point noir pour moi : annoter. Alors que je suis équipé de stylets et d’écrans tactiles, ça reste pénible d’anoter (même avec les bons outils bureautiques) là où j’ai un gros plaisir au format papier.

        Ainsi, par exemple les ouvrages de management, les ouvrages religieux, politiques et certains romans, sont encore aujourd’hui tous papiers. J’ai des essais sur certains travaux au format numérique mais c’est loin d’être probant. A suivre...

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Disciple ressucité
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 02h24 le 17/11/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Lire certains supports écris numériques n’empêche pas de dire bonjour à son libraire et d’acheter, feuilleter, papoter autour de pages en papier bible !

      Maintenant, vous êtes visiblement mûr pour être consommateur de certaines offres de papiers numériques. Soit dit en passant, ce que vous citez existe déjà pour les journaux français majeurs. Avec possibilité de télécharger le journal du soir avant sa sortie sur les rotatives.

  • Anonyme

    « Pourtant, on sait à peine ce qu’est le livre numérique… »

    1 – est-ce limité au texte, peut-on accéder à des « beaux-livres » photos, repros, tableaux, BD, le format ne semble pas adapté.
    2 – peut-on annoter le livre
    3 – peut-on référencer des passages, indexer
    4 – peut-on « prêter » le livre
    5 – peut-on le revendre – transmission de propriété
    6 – comment garder un livre (que le « lecteur » soit plein ou non). Transfert sur un nouveau modèle.
    7 – en cas de panne du « lecteur » que devient le droit à la propriété acquise sur ces livres
    8 – quels sont les nouveaux composants (répartition) du prix du livre électronique
    etc... etc...

    • Anonyme

      petit complément au point 8. Le site du Syndicat national de l’édition propose la répartition suivante sur le prix de vente du livre papier

      Auteur 10 à 12%
      Editeur 12 à 16%
      Fabricant 12 à 20%
      Distributeur 10 à 12%
      Diffuseur 5 à 8%
      Détaillant 34 à 38%
      TVA 5,5%

      sachant que le livre numérique se voit imposé une TVA à 19,6, que deviennt les postes Fabricant, Distributeur Diffuseur et Détaillant

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber
      justicier potager
      • Posté à 21h32 le 16/11/2009
      • Internaute 93575
        justicier potager

      1) Sur le livre électronique au sens strict (eReader, Kindle...), l’affichage est en N/B et adapté au texte, donc pas de « beaux livres ». Mais d’ici quelques années, ce sera possible.

      2) Oui, sur certains lecteurs.

      3) Oui

      4) S’il est libre de droit, oui. Sinon, je ne sais pas.

      5) Je ne sais pas.

      6) Le livre est enregistré sur votre ordinateur, donc il sera toujours là.

      7) Le livre est enregistré sur votre ordinateur, donc pas de problème.

      8) Je ne sais pas, mais les prix sont proches de ceux des livres papiers. J’imagine que le coût d’impression est de toute façon limité. L’avantage est qu’il existe de nombreux livres gratuits (libres de droit), ce qui permet de réduire considérablement le prix moyen des livres que vous achetez.

      • Anonyme répond à theshadedcucumber

        pour 6 et 7 c’est très drôle : il suffit de demander à toutes les personnes qui ont perdu leurs données ...

        le prix des livres électroniques ’ nouveautés ’ est démesuré et injustifié

         
        • theshadedcucumber
          theshadedcucumber
          justicier potager
          • Posté à 09h37 le 17/11/2009
          • Internaute 93575
            justicier potager

          Sur votre premier point, je ne suis pas d’accord. Il existe aujourd’hui de multiples possibilités de sauvegarde et il me semble donc difficile de perdre ses données... à moins d’être imprudent (il y a encore 5 ou 10 ans, je ne dis pas, mais aujourd’hui...) ! Concernant les livres électroniques, ils sont sauvegardés sur mon ordinateur. Ils sont également sauvegardés sur une carte SD que j’insère donc mon lecteur pour les lire. Et j’ai également une sauvegarde de mon disque dur d’ordinateur sur un disque dur externe, pour le cas où ledit ordinateur déciderait de « mettre fin à ses jours ». Bref, avec les livres en question sauvegardés en pratique sur 3 supports différents, je ne vois pas vraiment comment je pourrais les perdre.

          Sur votre second point, je suis entièrement d’accord. Mais j’ai du mal à savoir exactement ce que contient ce prix... (PS : j’achète assez peu de nouveautés et me contente pour l’instant, pour l’essentiel, des quelques milliers de livres libres de droit que l’on trouve sur le net).

        1 autres commentaires
      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à theshadedcucumber
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 02h39 le 17/11/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        Pour être tranquil, format ouvert (PDF, texte brut ou html, tar.gz pour cbr/cbz) sur un vrai PC dans le type tablet.

        Gutenberg (Lien) est un bon point de démarrage pour les livres libres de droits.

         
        • theshadedcucumber
          theshadedcucumber répond à Sid_Mo
          justicier potager
          • Posté à 09h42 le 17/11/2009
          • Internaute 93575
            justicier potager

          Sur les lecteurs de type eReader, la lecture est beaucoup plus agréable que sur PC, y compris format tablet. Le système de eInk et l’absence de rétroéclairage de l’écran sont en effet très confortables pour les yeux.

          Concernant le format ouvert, je n’ai quasiment que ça (ces formats se lisent aussi sur les livres électroniques). Gutenberg est en effet un bon site. Vous avez aussi Gallica ou ebooksgratuits.com qui proposent des livres très intéressants. Et quelques autres sites sympas à découvrir.

          Notez que je ne souhaite pas défendre à tout prix les lecteurs de livres électroniques. Je veux simplement partager mon expérience très positive sur ce sujet. Mais si demain la qualité de lecture est la même avec un PC, je n’aurais aucun scrupule à lire sur PC (il faut quand même envisager un PC format poche pour pouvoir lire partout...).

        1 autres commentaires
  • Bernard Collot
    • Posté à 15h08 le 16/11/2009
    • Internaute 1762

    « Le livre numérique c’est le texte en format numérique, mais plein de questions se posent : le texte, mais sous quelle forme ? Brut, ou tel qu’il apparaît, mis en page, pour le livre papier ? Avec des ajouts ou sans rien de plus ? Avec des bonus, comme pour le DVD, mais lesquels ? Avec de nouvelles fonctionnalités ? »

    C’est vraiment la bonne question. Les livres ont été écrits sur du papier, pour du papier, pour une lecture papier (linéaire, de gauche à droite, de haut en pas, de page en page...). La typographie s’est adaptée aux phénomènes de la vision, de mémorisation optique, de perception... Et les réflexes de lecture qui font les lecteurs aussi.
    L’écriture électronique est une autre écriture et une autre lecture qui a une autre complexité. Elle impose d’autres agencements, d’autres réflexes de lecture, ce qu’on pourrait appeler une autre syntaxe. Ce n’est pas qu’un changement de forme, de support. C’est un autre langage avec ses limites mais aussi ses puissances.
    Ce qui reste à inventer, ce n’est pas la numérisation du papier, c’est une nouvelle écriture qui exprimera différemment ce qu’un livre exprime. Google se trompe !

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber répond à Bernard Collot
      justicier potager
      • Posté à 21h34 le 16/11/2009
      • Internaute 93575
        justicier potager

      Une nuance : quand on lit un livre électronique sur un lecteur adapté, on a vraiment l’impression de lire un livre « standard ». Les sensations tactiles et olfactives en moins bien sûr. Mais le format est le même, et il ne me semble pas nécessaire de le changer.

  • Moggio
    Moggio
    Internaute
    • Posté à 20h23 le 16/11/2009
    • Internaute 94030
      Internaute

    Deux questions :

    Le « métier du libraire » n’est-il pas précisément « sauvé » (ou complété ou remplacé) par l’ensemble des nombreux outils d’information, de prescription, de promotion, de recommandation, de conseil et donc d’intermédiation sur les livres qu’offre aujourd’hui la Toile : informations sur le prix, le nombre de pages, l’éditeur, la collection, etc. ; actualité et chroniques littéraires sur les sites de presse ; « bonnes feuilles » ; possibilité de feuilletage partiel ou total en ligne ; extraits de revue dans la presse et autres avis de la 4e de couverture ; préface, introduction voire chapitre(s) entier(s) disponibles ; commentaires et notations de type Amazon ; nombreux sites ou blogs littéraires ; nombreux sites proposant des fiches ou notes de lecture ; sites proposant des résumés d’ouvrage ; articles de type Wikipédia sur de nombreux livres (classiques) ; groupes de lecteurs en ligne de type newsgroups ; Twitter ; facebook ; communautés de lecteurs diverses ; système de filtres selon ses goûts ou achats passés ou bien système de suggestions aléatoires ; moteurs de recherche ; etc. ?

    Sinon, sauf éventuelle mauvaise compréhension de ma part, notre « vivre ensemble » et notre « convivialité urbaine » sont-ils vraiment menacés par la disparition à venir possible des libraires (« physiques ») « traditionnels » ?

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Moggio
      Situation
      • Posté à 06h51 le 17/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Bonsoir,

      Les libraires, en province, sauf ceux qui alignent les mêmes stratégies de ventes que ceux de la Fnac, ferment les uns après les autres.

      Le consommateur ne veut plus de commerces près de chez lui : son souhait va bientôt être entièrement satisfait.

      Après tout, pourquoi se glaner des souvenirs lors de certains achats de livres, dans une petite boutique, alors que l’on pourra comme n’importe qui, de la même façon que n’importe qui, acheter exactement au même prix le livre que n’importe qui, même si ce livre ne vaut que 5 euros mais qu’il suffit d’un clic ?
      L’individuation : la technique s’en fout !

      On se sera tous pareils : super.

      Le CD devait tout changer : résultat : les maisons d’éditions ont fini de tuer les petites boites, le prix du disque a grimpé, et cette grosse arnaque n’a apparemment pas servi de leçon.

      Passons aux livres....

      Todeti

  • theshadedcucumber
    theshadedcucumber
    justicier potager
    • Posté à 21h22 le 16/11/2009
    • Internaute 93575
      justicier potager

    J’ai opté pour le Sony Reader (et oui, je suis passé au livre numérique), et je dois dire que je trouve ça tout simplement génial. On a l’impression de lire un vrai livre (largement plus agréable que sur un ordinateur par exemple), on peut emporter avec soi des milliers de livres (donc si celui que vous venez de commencer ne vous plaît vraiment pas, vous pouvez changer facilement).

    En plus, on trouve des milliers de livres gratuits sur Internet (littérature ancienne), ce qui permet en fait d’amortir assez vite le prix d’achat du lecteur (du moins, quand on lit beaucoup de classiques).

    En plus, on n’encombre plus ses étagères de bouquins et on sauve des arbres. Pour moi, le livre numérique, c’est vraiment l’avenir.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à theshadedcucumber
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 02h45 le 17/11/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      J’ai eu en main les différents modèles (y compris le Kindle) et même si je comprends votre entousiasme, je n’y adhère pas et je suis resté au format PC (portable de type tablette j’admets). C’est plus gros qu’un Reader ou un Kindle mais je suis maître du contenu et du contenant (OS libre) et des modes de transmission des livres et des notes qui accompagnent (PDF anoté en particulier).

      Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec vous sur les avantages. Sauf le dernier paragraphe : des étagères pleines de bouquins, j’aime aussi beaucoup ! (et la gestion de la forêt comme ressource est une constante française depuis Louis XIII ... ça devrait aller !)

      • theshadedcucumber
        theshadedcucumber répond à Sid_Mo
        justicier potager
        • Posté à 09h46 le 17/11/2009
        • Internaute 93575
          justicier potager

        Ce qui me gêne le plus avec la lecture sur PC (ou sur Mac dans mon cas), c’est à la fois l’encombrement et la lecture moins confortable que sur un livre. Pour le reste, je suis assez d’accord avec vous : il y a beaucoup plus de liberté sur PC / Mac que sur les readers.

        Moi aussi j’aime bien les étagères pleines de bouquins... mais ça prend de la place, et je n’en ai pas forcément beaucoup.

  • tempsfuturs
    tempsfuturs
    Blogger
    • Posté à 23h04 le 16/11/2009
    • Internaute 84678
      Blogger

    Françoise, j’aime bien votre chronique car elle est souvent inspirée d’une sorte de candeur rafraichissante dans ce monde de brutes de l’information. Mais là, il faudrait quand même faire un effort d’analyse, parce qu’on dirait un papier écrit par l’une de vos étudiantes qui fera son stage chez Hachette Livres ou Gallimard.
    Toutes ces questions ont été posées et nombre d’intervenants centraux ou périphériques ont donné des éléments de réponse, voire formulé des critiques diverses tant sur la situation que sur le phénomène...
    Si c’est une manière polie de dire, en économiste, que le marché n’existe pas, que les acteurs s’emballent, que les produits sont mal définis (ou pas du tout) et que personne ne sait rien sur rien, vous occultez la partie immergée de l’iceberg...

  • Sid_Mo
    Sid_Mo
    Cadre dirigeant de PME
    • Posté à 02h45 le 17/11/2009
    • Internaute 59795
      Cadre dirigeant de PME

    A lire l’article et les contributions, j’ai l’impression que peu d’entre vous ont entre les mains des « livres » numériques sous quelque format que ce soit.

    Soyons donc clair :

    - le partage massif a déjà lieu. On peut en particulier en terme de BD trouver toutes les sorties de Delcourt ou les Editions du Soleil dans les formats usuels (cbr, cbz, pdf). On est pour l’instant aux prémices de l’échange (impossible par exemple de trouver le Bréviaire des politiciens de Mazarin) mais au vu et su des autres biens culturels (audio, vidéo), l’exhaustivité (ou presque) devrait rapidement arriver. Il est clair qu’une recherche de BD érotique japonaise a plus de chance d’aboutir aujourd’hui que celle d’un livre de cuisine vietnamien.

    - le « livre » numérique ne se subtitue pas au livre papier. Il le complète. Et d’ailleurs, par expérience, je remarque comme beaucoup d’autres collègues que nos bibliothèques numériques et papiers n’englobent pas les mêmes outils ni les mêmes produits. De plus, il reste encore difficile d’anoter convenablement un livre numérique. Et pour les outils spécialisés, la question de l’intervention non désirée de tiers est totalement ouverte. D’ailleurs, les outils du type kindle ont montrés d’atroces limites sur la question de la pérennité des ouvrages et des notes associés (scandale du retrait unilatéral d’ouvrages des systèmes sans avertissement ni correction).

    Car pour être agréable le numérique demande un matériel encore actuellement honéreux (un bon portable 12 » minimum de type tablette pour la lecture au format « livre » ou bien des écrans de bonnes factures 19 » pour la lecture murale). On vire à la poubelle directement les horreurs du type kindle et consorts qui n’apportent rien (système fermé, tendance « big brother ») et qui sont à la bilbiothèque ce que le Zune de Microsoft est à la musique ! Maintenant, pour ceux qui aiment se faire avoir, je leur souhaite bonne chance (voir ci-dessus pour un déboire inadmissible et rédibithoire).

    D’ailleurs le numérique n’ôte pas le besoin de rencontre physique avec le libraire (ce dernier me voit environ une fois toutes les deux semaines en moyenne). Sauf que je n’achète pas, je le redis la même chose au format papier et au format numérique. Et soit dit en passant, il existe de très bons libraires numériques en terme de catalogue et de conseils. Mais je suis scandalisé pour l’instant par les méthodes commerciales (lectures uniquement en ligne par exemple) qu’ils proposent. Donc, je ne suis pas client pour le moment de gens comme ça.

    On a l’impression diffuse et cependant forte que l’industrie des biens culturels n’a pas compris l’apport du numérique (dématérialisation du bien, notion de conseils et d’apport externe dans l’acte d’achat) et qu’elle fait tout pour jeter ses consommateurs les plus fidèles dans les bras des circuits d’échanges. Pour le disque et la musique, c’était connu et reconnu. Pour le livre, ça prend la même tournure. Je rappelle que pour être intéressant (donc que l’on paie), un produit doit être interopérable, sauvegardable et réinstallable sur un nouveau support. Bien entendu, en ligne ou hors ligne. Dommage que pour la BD, aucune offre ne réponde à ces critères. Et je ne parle pas des livres numériques dont la majorité sont tout simplement dans le domaine publique ou assimilé pour ceux que l’on manipule en ligne.

    PS : Je suis des métiers de l’informatique donc TRES habitué à lire sur écran.

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Sid_Mo
      Situation
      • Posté à 06h59 le 17/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Bonsoir.

      Si je vous suis bien, tout ce qui ne s’adapte pas à un certain format, ce n’est pas bien.

      La B.D, par exemple, ne vous en déplaise, s’adaptera fort mal au support numérique.

      Comme les romans, ou, encore les beaux livres.

      Car, j’aimerai connaître le lecteur qui, sans conchier sur son honnêteté, lira, sur un écran, les quelques milliers de pages des « frères karamazov » ? Ou les quelques milles pages de Victor hugo concernant un certain personnage au sourire déformé, un homme qui rit ?

      Une petite fiche, un résumé, cela suffira peut-être.
      Pour un examen.
      Mais pour le sens...

      Je passe sur le fait, archi-connu, que le support (la forme, si l’on veut, bien que ce concept soit extrêmement inadéquat), influe sur le contenu (soit ici la lecture, sa manière, etc....) ce qui constitue un débat qui semble vous échapper ou que vous refusez, car vous semblez savoir absolument tout. ( ;))

      Car après tout, pourquoi donc avons nous encore des sens ?
      Ca sert à rien...ces choses.

      La technique est neutre, c’est bien connu.

      Donc, si je comprends bien votre logique, le pseudo-contenant (comme si la forme n’avait aucun rapport avec le contenu....) n’a strictement aucune importance. Tout devrait tenir dans votre poche : une BD, un roman, etc....

      Car tout n’est que de l’information pure.
      Ca, c’est l’axiome premier.

      Or, ce que je trouve absolument comique, est que la matière fasse de nouveau si peur, qu’elle emmerde encore une fois le pure profit : un disque ancien, un livre en première édition, une bd dédicacé, etc... (la liste est si longue....), qu’est-ce que c’est chiant...virons donc tout cela...tout dans ma poche...

      Car, TouT est à moi : deuxième axiome.

      Comment ? Du totalitarisme ? Mais non, je suis libre, ultra-libre, volatile même, regardez ma poche.....elle accueille n’importe qui...

      Ainsi, je comprends bien l’idée saugrenue qu’il faille réduire la culture, sous toutes ses formes, en un simple contenu d’information, que l’on prend ou que l’on jette. Un truc consommable, en somme.

      Bref : on impose une certaine mentalité. Un format. Et, surtout, ce qui permet de lire ce format. Et pour celui qui n’est pas d’accord : mais, enfin, il suffit de lui rappeler la loi du marché...à venir. Pour la liberté de tous, cela va de soi. La liberté de MOI, ça n’a pas de prix.

      P.S, une info : une oeuvre n’est pas exactement la même chose qu’un « produit ». Mais ce petit détail vous échappe, semble-t-il.

      Todeti

      • theshadedcucumber
        theshadedcucumber répond à Au sud de nul part-
        justicier potager
        • Posté à 10h01 le 17/11/2009
        • Internaute 93575
          justicier potager

        Amusant ! Nous sommes à une époque où les choses évoluent. Les supports changent. Nous avons pris l’habitude depuis quelques siècles de lire nos livres sur support papier. Et certains pensent encore aujourd’hui que les support papier est le seul contenant envisageable pour un livre. Mais dans 10, 20, 30 ans, les gens réagiront différemment. Une fois habitués au support numérique, ils trouveront peut-être idiot le livre papier. Car le numérique a des défauts, mais il a également des avantages (plus large diffusion du livre, moins d’impact environnemental, etc.).

        Nous vivons une période de grand changement. Il y a 20/25 ans, nombreux étaient ceux qui criaient au scandale à l’arrivée du CD. Support finalement très vite adopté. Puis le passage au numérique a également suscité des critiques... avant de rallier à sa cause la majorité des consommateurs.

        Nous vivons une époque où, après une exploitation intensive du pétrole, nous nous rendons compte qu’il serait utile (nécessaire) de passer à autre chose. Que peut-être nos voitures devront évoluer. Que peut-être nous devrons même nous en passer, ou en tout cas limiter notre utilisation.

        Pourquoi le livre échapperait-il à cette évolution ? Le même contenu sera-t-il réellement moins bon sur un support numérique ? Ces critiques sont-elles réellement fondées sur le « risque qualité » ou sur la peur d’abandonner une habitude séculaire ? Pour info, personnellement, je prend autant de plaisir à lire un livre électronique ou son clone papier.

        Par ailleurs, notons qu’il y a quelques siècles, les écrivains travaillaient à la plume. Puis ils sont passés à la machine à écrire. Depuis quelques années, ils travaillent sur ordinateur. La façon d’écrire à évolué, pourquoi la manière de lire n’évoluerait-elle pas également ? Par peur du progrès technologique ?

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à theshadedcucumber
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 10h17 le 17/11/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Tu n’as pas tort , le Concombre , mais tu es vraiment très très simpliste , sur ce coup la ..

          Ha , lire Jacques Ellul sur mon dernier hyper livre à électrons magiques qui fait « boup ! », quel pied d’acier !

          C’est maintenant la technique qui opère le choix ipso facto, sans rémission, sans discussion possible entre les moyens à utiliser... L’homme (ni le groupe) ne peut décider de suivre telle voie plutôt que la voie technique .... ou bien il décide d’user du moyen traditionnel ou personnel ... et alors ses moyens ne sont pas efficaces, ils seront étouffés ou éliminés, ou bien il décide d’accepter la nécessité technique, il vaincra ... soumis de façon irrémédiable à l’esclavage technique. il n’y a donc absolument aucune liberté de choix.

          *
          Le système technicien (1977), Jacques Ellul

          • theshadedcucumber
            theshadedcucumber répond à Numerosix
            justicier potager
            • Posté à 10h28 le 17/11/2009
            • Internaute 93575
              justicier potager

            Heu, il y a quelque chose que je ne comprends pas ! Avant, on avait le choix ? Je veux dire, pouvait-on acheter un livre autrement que sur format papier ? Non, nous étions également limité par la technique. Pour acheter un livre, il fallait nécessairement acheter du papier. Pas d’autre choix. Pas de liberté de choix. Car la diffusion papier est également une forme de technique.

            Et puis, avec le livre électronique, on devrait pouvoir assurer une meilleure diffusion du livre. Par exemple, si je décide demain d’écrire un livre (j’espère que vous ne lirez pas cet immondice !), je peux le diffuser sur le net même sans éditeur. Un peu comme ces artistes musicaux qui se font connaître grâce au net. D’ailleurs, c’est déjà le cas de certains écrivains qui essaient de diffuser leurs oeuvres ainsi.

            • Numerosix
              Numerosix répond à theshadedcucumber
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 10h46 le 17/11/2009
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              Mouais .

              • theshadedcucumber
                theshadedcucumber répond à Numerosix
                justicier potager
                • Posté à 10h55 le 17/11/2009
                • Internaute 93575
                  justicier potager

                Pas convaincu à ce que je vois.

                En fait, je ne comprend pas les reproches faits à la technique pour ce qui concerne le livre. Si on peut trouver le même contenu en version électronique que ce que l’on trouvait jusqu’ici en version papier, où est le problème ? Je suis peut-être stupide, mais je n’arrive pas à comprendre.

                Je suis peut-être trop enthousiaste parce que depuis que l’offre en livres gratuits me séduit. Ou parce que j’ai trouvé sur le net des livres qu’on a du mal à trouver en librairie.

                Mais vraiment j’ai du mal à comprendre les critiques tenant au seul fait de la technologie...

        4 autres commentaires
      • VinceDeg
        • Posté à 10h05 le 17/11/2009
        • Internaute 36941

        Je crois que vous avez juste compris à l’envers ce qu’il voulait dire : que le livre numérique est un format adapté pour certaines publications et pas pour d’autres, et donc que le papier et l’électronique coexisteront en fonction des usages et des types de publication. Genre, la bédé et toutes les oeuvres graphiques où le support est important sera plutôt papier, l’encyclopédie qu’on aimera bien avoir sous la main en permanence numérique, par exemple.

         
        • theshadedcucumber
          theshadedcucumber répond à VinceDeg
          justicier potager
          • Posté à 10h31 le 17/11/2009
          • Internaute 93575
            justicier potager

          Vous avez raison à court terme. Mais dans 50 ans, ce ne sera pas le cas. Nous (ou nos descendants) garderons tous quelques livres papiers, mais ce seront des objets de curiosités. La littérature sera électronique, y compris les BD.

          Regardez le peu de temps qu’il a fallu au vinyl pour disparaître. Le CD suit le même chemin. Et bientôt le livre. J’en suis convaincu.

        • Au sud de nul part-
          Au sud de nul part- répond à VinceDeg
          Situation
          • Posté à 11h35 le 17/11/2009
          • Internaute 57434
            Situation

          Certes. Mais je crois que c’est la fin totale du support papier que prédit « concombre ».

          Mais, en revanche, pour ce que vous en dîtes, je suis d’accord.
          Seulement, j’ai un peu de mal à croire que le gros rouleau compresseur de la fameuse « industrie culturelle » l’entendra ainsi.
          Je me souviens du baratin qui a présidé à la venue miraculeuse du C.D : il devait durer éternellement (inusable) ; les prix des disques allaient baisser grandement avec lui ; l’offre allait être multiplié...
          Résultat : un CD à 20 euros, qui s’use très vite. D’un autre côté, c’est développé un marché parallèle du disque vinyl. Au passage, bien sûr, jack pot, chacun a investi dans un support capable de lire un nouveau format : walk-man, platine c.d, etc...lesquels, à l’époque, étaient relativement chers. Bref, une superbe opération financière.

          Todeti

          • theshadedcucumber
            theshadedcucumber répond à Au sud de nul part-
            justicier potager
            • Posté à 00h07 le 18/11/2009
            • Internaute 93575
              justicier potager

            C’est vrai, je pense que le livre papier va disparaître. Je me sens incapable de dire aujourd’hui si c’est un mal ou un bien (on verra notamment avec l’évolution des prix des livres numériques et le volume de la production littéraire / la diffusion des oeuvres). Pour les BD, ça peut paraître plus compliqué, mais ça arrivera aussi.

            J’en suis convaincu. Tout tend vers cela. Même dans mon boulot, dans lequel la production d’écrits est quotidienne, tout est dématérialisé. Tout part par email, en version pdf principalement, alors qu’il y a encore quelques années les courriers papiers demeuraient très présents. Idem pour les sources techniques, que nous consultons tous sur PC.

            Je pense que c’est la même chose aujourd’hui dans la très grande majorité des jobs. Et qu’il sera beaucoup plus facile aux éditeurs de modifier le mode de consommation du livre maintenant que les gens sont habitués à travailler sur PC et à surfer sur le net.

            Vous verrez, d’ici 20 ans, le livre papier sera un doux souvenir...

        3 autres commentaires
  • pikasso02
    • Posté à 12h41 le 17/11/2009
    • Internaute 10134

    Des auteurs de musique, il y en a des centaines. Comme en peinture, les peintres se comptent par milliers en France. Ce qui m’inquiète avec le livre numérique c’est que tout va se retrouver sur ce livre. La bibliothèque de chacun va tendre vers le niveau zéro. Les générations passent vite. Reste un espoir, que des « marchands » passionnés créent leur bibliothèque où la littérature passerait avant le désir d’être artiste ou écrivain. C’est en général ce qui se passe dans ces générations où la vision littéraire, musicale ou picturale est nulle. La fin du 19ème avec son art pompier en est une représentation. Les marchands ont sauvé l’art. Le public a vécu sans avoir besoin d’art. Il est vrai qu’à l’époque, la vie en France n’était pas celle d’aujourd’hui. Tout ça pour penser que le livre numérique n’aura de chance de survivre si le public change. Le public va me jeter la pierre. Qu’il jette un œil intéressé dans l’histoire de l’art, et l’idée qu’il se fait de l’art comme d’un milieu pour initiés changera. La régionalisation nous entraine dans restauration des Cervelles Françaises comme celle des Bâtiments de France. Oui à la tradition. Oui avec un + à l’étude des arts comme indispensable à leur survie. Donc au livre de demain qui ne pourra que changer de direction.

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber répond à pikasso02
      justicier potager
      • Posté à 00h16 le 18/11/2009
      • Internaute 93575
        justicier potager

      « La bibliothèque de chacun va tendre vers le niveau zéro. »

      Pas sûr ! Le livre électronique, et sa diffusion facile via le net, peut aussi permettre de (re)découvrir des oeuvres littératures de tout premier ordre.

      Si ce que vous craignez, comme d’autres, est la disparition des petites librairies, ce n’est malheureusement pas le livre numérique qui les a tuées. Car elles sont déjà mortes (les gens lisent moins, et quand ils achètent des livres, ils vont à la FNAC ou sur Amazon...). Le livre numérique ne fera qu’achever le mouvement, déjà inéluctable.

      Les statistiques sont éloquentes : en France, je crois me souvenir d’une étude qui précisait que près d’un tiers de la population ne lit pas un seul livre par an, et que seulement 20 à 25% environ des français lisent plus d’un livre par an). Dans ces conditions, le marché du livre est nécessairement menacé et le numérique pourrait peut-être en réalité le sauver. Je n’en sais rien, au fond, mais les chiffres sur la lecture des français m’inquiètent un peu.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.