Le making of de Karim Dridi

Le tournage de "Khamsa", et tout le travail en coulisses avant la sortie du nouveau long-métrage de Karim Dridi.

Karim Dridi tient la chronique du tournage de « Khamsa » sur Rue89

Karim Dridi
Réalisateur
Publié le 19/10/2007 à 11h42

Pendant toute la durée du tournage de « Khamsa », son prochain film, le réalisateur de « Cuba Feliz » tient, en texte et en images, le blog de son making of.


Marco et sa bande (DR)

A l’origine il y avait mon désir de réaliser un film sur des enfants délinquants.

Je souhaitais, naïvement, témoigner d’injustices sociales qui me scandalisaient. Je suis donc descendu sur le terrain, où j’ai passé deux années à observer des prisons, des foyers, des familles d’accueil, des juges pour enfants, des policiers, des éducateurs de rue, des pédopsychiatres, des jeunes mineurs prisonniers, etc.

Je me penchais avec sollicitude et une indulgente compréhension sur ces enfants criminels pour, sans me l’avouer, avoir droit à leur affection et leur gratitude. Ce premier travail a donné naissance à un scénario très documenté, mais qui, par le fait de mon volontarisme forcené à vouloir à tout prix défendre et absoudre ces enfants, donnait au projet une allure démonstrative et convenue.

Début juin 2006, je tombe sur le camp gitan de Mirabeau et sur la cité de Bassens, dans les quartiers sud de Marseille, où j’ai l’opportunité de faire la connaissance de plusieurs enfants (de 13 à 17 ans). Immédiatement, je suis séduit par leur puissance, leur force de vie et la saine révolte qui se dégage de tous ces gosses. Devant l’évidence, je décide de tout reprendre à zéro, de réécrire totalement une autre histoire sans chercher à démontrer ou à prouver quoi que ce soit.


(DR)

Fort de cette nouvelle approche, je commence à passer du temps avec Tony, Coyote, Boyard et Rachitique. Ils me font découvrir les endroits où ils jouent aux cartes, où ils se baignent, où ils trouvent du cuivre. Je passe des jours et des nuits à les écouter, à les observer, puis à les photographier et à les filmer en vidéo.

Parallèlement je découvre des écrits de François Truffaut et Jean Genet, deux auteurs qui ont réfléchi, chacun avec son style et son talent, sur la problématique des enfants délinquants. Leurs réflexions et leurs pensées me guident et m’aident à trouver ma véritable intention :

« Nul besoin de grande tragédie sur l’enfance, les petits faits vrais suffisent et leur accumulation peut élaborer à elle seule le récit d’un film. »

« Il faut enchanter le réel, sans le trahir en l’édulcorant, le tirer malgré tout du côté du jeu ; vivre la vie comme une aventure. » (François Truffaut)

« Ce qui les conduit au crime, c’est le sentiment romanesque, c’est-à-dire la projection de soi dans la plus magnifique, la plus audacieuse, enfin la plus périlleuse des vies. »

« Je leur demande de ne rougir jamais de ce qu’ils firent, de conserver en eux intacts la révolte qui les a faits si beaux. » (Jean Genet)

Ma démarche de cinéaste est simple et essentiellement basée sur l’échange. Je fais un pas vers eux pour intégrer leurs expressions, leurs manières de penser, mais eux aussi doivent faire un travail vers moi pour prendre conscience de la spécificité de mon travail.

Une fois ce travail d’acclimatation réalisé, le tournage peut alors commencer.

Premier jour de tournage, Marco, acteur non professionnel. La chaîne en or lui a donné son surnom dans le film, Khamsa, la main de Fatma :

Marco, hors champs, interprète une chanson de Flamenco du folklore gitan :

Khamsa et son cousin Coyote dans la scène du vol du sac à main :

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  • Anonyme

    Superbe projet... auquel j’aimerais beaucoup participer ! D’ailleurs, j’aide un ami brésilien pour le montage de son second documentaire sur les enfants des rues à Rio. Dix ans après son premier tournage, il a retrouvé seulement deux enfants : deux filles... Les autres nous ont bien sûr quitté.

    Bravo à Karim Dridi d’arrêter son regard sur ce sujet douloureux... Surtout dans cette ère de petites comédies existensielles... majoritairement loupées (Premiers films de jeunes réalisateurs... Eh oui ! Qui ne mènent à rien pour les spectateurs... décus et pour les 2/3 des réalisateurs qui ne feront ni un deuxième et encore moins un troisième long alors qu’on pourrrait développer de nombreux sujets pour redorer le blason du cinéma français en berne depuis de très nombreuses années... Pourtant avec le plus populaire Festival de Cinema au Monde !

    pacinocoaching@yahoo.fr

  • Anonyme

    Les videos ne sont pas visibles (contenu privé).

    Je suis aussi monteur au chomage mais je déteste François Truffaut, sarkozyste de choc s’il était encore en vie. (Cf. ses interviews télévisées de l’époque, en particulier sur les potins qu’il diffusait à propos de certains de ses amis cinéastes)

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 10h06 le 22/10/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Bonjour,

      Pour voir les vidéos, il suffit de cliquer sur le triangle au milieu de l’image, ce qui vous permettra de la visualiser sur le site. Elle n’est en privé que sur le site de Dailymotion.

  • Anonyme

    Truffaut sarkosyste ! ? Pas etonnant que tu sois monteur au chomage. Pourquoi les gens doivent ils recevoir des etiquettes...Etre humain c’est simple si grand, Karim Dridi il galere pour faire son film, mais il prefere crever de faim et faire ce qui le passionne, l’obsede et le touche plutot que de se prostituer pour un certain genre de cinéma car un film comme celui ci et comme certain de truffaut est une aventure huamaine avant tout..et aujourd’hui il est pratiquement impossible de faire son film. Le cinema se doit d’etre apolitique, ça seule c’est l’humain, l’humanité, et l’humain. (l’acteur, l’acteur et encore l’acteur...). La crise du cinéma d’uajourd’hui c’est d’avoir des procuteurs qui ont fait HEC et qui veulent produire des Assayas, des Techiné, et faire 5 milllions d’entrées et qui d’aperçoivent que finalement il vaut un bon jean dujardin et jean reno dans un mauvais scenario, que Asia argento dans un bon assayas..

    • Anonyme

      Je suis TOUT A FAIT d ’ accord avec vous ! Et j ’ aime beaucoup Truffaut . Et Karim Dridri a du courage , ses sujets sont passionnants et heureusement qu ’ il existe encore des cinéastes comme lui ...

  • Anonyme

    Un grand bonjour Karim.
    Amitiés.Eric

    • Anonyme

      Est ce bien Eric le fils caché du Chinois ?

      • Anonyme

        non, ce n’était pas moi.

        il n’y en a qu’un, le seul et l’unique (ton régisseur préféré).

        A demain.

  • Anonyme

    Qui Eric ? Est ce bien le fils du Chinois
     ?

    • Anonyme

      Non, Eric n’est pas le fils du chinois ni de Tony Gatlif , ni de Christophe Ruggia, juste un opérateur qui a une grande estime pour Karim. Alors amitiés à nouveau et bon tournage Karim.

  • Anonyme

    Dans 10 ans, je ne sais pas, aujourd’hui, c’est possible. La preuve. kARIM DRIDi a réuni ses financements. Evidemment, il n’a pas le même budget que les Bronzés 3. Mais le film se fait, avec des chaînes parfois dirigées par des HEC, n’en déplaise au « courageux anonyme ».
    Bon courage Karim.
    Manuel

  • Anonyme

    C ’ est une trés belle entreprise et un sujet trés réel et émouvant .. Bravo à vous et à toute l ’ équipe !

  • jimihendrix
    • Posté à 18h46 le 22/10/2007
    • Internaute 20141

    Bravo pour ce projet de film et bravo à RUE89 de proposer un suivi du tournage. Il me tarde de lire la suite...

  • Anonyme

    ça fait plaisir de recevoir de tes nouvelles comme ça,
    Bonne suite à toi Karim, et vive les vraies choses vues et entendues au cinéma, denrée rare, presque inéxistante...

    Yvan.

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