Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Guy Môquet : désobéir, pour sauver la neutralité de l'école

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 21/10/2007 à 21h30

Je n’ai rien à retrancher aux termes de la tribune que j’ai publiée ici même au printemps, mais bien plutôt à ajouter. Car, depuis quelques mois, en effet, la mémoire de ce jeune homme n’a cessé d’être invoquée de manière toujours plus... indécente.

Passons sur l’épisode « rugbystique » qui serait à mourir de rire, n’était la bassesse. Car, tout de même, mêler ce destin tragique à une farce concoctée par un « entraîneur » clownesque dans le but de faire vibrer la corde patriotarde de joueurs dont l’un d’eux réalisa, mais un peu tard, qu’ils « passaient pour des cons », qu’est-ce donc sinon de la bassesse ? Passons. Et venons-en à cette injonction adressée aux enseignants d’avoir, à leur tour, à faire vibrer la fibre patriotarde d’enfants et d’adolescents. Patriotarde, dis-je, parce que c’est bien de vivifier le sentiment nationaliste qu’il s’agit, sachant que le nationalisme s’affirme toujours contre, contre l’autre différent, contre l’étranger, contre l’ennemi potentiel. En outre, il ne s’agit plus aujourd’hui de stimuler des citoyens mais, très exactement, d’endoctriner des enfants.

De sorte que le moment est venu pour les enseignants d’avoir à désobéir, à rejeter une injonction qui porte atteinte à ce qui constitue l’essence même de l’école démocratique : sa neutralité politique, philosophique et religieuse. Désobéir car l’injonction porte atteinte à la personne de l’enfant, à sa conscience, alors que l’école a précisément pour mission de favoriser, autant qu’il est possible, le libre épanouissement de cette conscience.

Promouvoir la communauté nationale pour mieux masquer les inégalités

Comment ne pas voir, en effet, que toute cette agitation n’a d’autre objet que de susciter en chacun de nous et, plus gravement, en chaque enfant, le sentiment d’appartenance à une communauté, la nation, appartenance qui produit du ’’lien social’’, c’est-à-dire pour laisser là les euphémismes, qui couvre d’un voile idéologique, au moins le temps de la célébration, la réalité très concrète de l’inégalité ? Comment ne pas voir la connivence idéologique de ces célébrations nationalistes avec le discours de l’appartenance à une famille (ce qui maintenant se prouve par l’ADN, ne l’oublions pas), de l’appartenance à une communauté de travail, dotée d’un « esprit d’entreprise », dans laquelle on s’intègre à force de « travailler plus... » ? Mais la famille n’est plus ce qu’elle était, cette cellule close sur la toute puissance du « pater », et l’entreprise, les moyens modernes d’information aidant, se révèle décidément comme ce qu’elle a toujours été, une « communauté » autocratique caractérisée par l’inégalité entre ses membres et l’immoralité endémique d’autocrates que les brassages d’argent qui nous sont périodiquement révélés mettent en évidence.

La nation, notion floue, mais dont on peut toujours brandir les symboles

Reste alors la nation dont les tentatives de définition, depuis son inscription dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, que ce soit par Renan (« Qu’est-ce qu’une nation ? “, en 1882) ou Fichte (‘Discours à la nation allemande’, en 1807-1808) sans parler de nos archéo-souverainistes ‘modernes’, mettent surtout en évidence l’indétermination du concept.

Ce qui importe peu, puisqu’il est toujours possible d’en brandir les symboles, chants et étendards à toute occasion, de manière à raffermir le sentiment d’appartenance à une ‘communauté’ dont la vertu essentielle est de transcender les différences ‘naturelles’ et particulièrement les inégalités sociales non moins ‘naturelles’.

Il s’agit donc bien, par cette commémoration, de mettre en oeuvre une démarche d’inculcation idéologique d’une doctrine que l’on doit qualifier, non pas de libérale, expression par laquelle la liberté se voit outragée, mais de ‘communautarisme autoritaire’ tant il s’agit bien de promouvoir l’appartenance à une communauté placée sous l’autorité d’un chef, pater ou président, autorité donnée comme incontestable.

Le ministre de l’Education nationale confirme lui même le sens de l’entreprise dans un article (dans Le Monde du 18 octobre) à travers lequel son embarras suinte de chaque ligne, en des termes évidemment euphémiques mais tout de même fort clairs : ‘L’école est dans son rôle quand elle renforce la cohésion nationale autour d’une histoire, de valeurs et d’aspirations communes.’

Non, l’école ne doit pas avoir de rôle politique

Eh bien non, l’école n’a pas à s’occuper de renforcer la cohésion nationale autour d’une histoire, quelle histoire ? Y aurait-il une histoire incontestable ? De valeurs, quelles valeurs ? L’égalité sociale ? D’aspirations communes, quelles aspirations ? L’aspiration à la justice sociale ? A travailler moins pour vivre mieux ? Non, ce n’est pas là le rôle de l’école. L’école ne peut avoir de ‘rôle’ et certainement pas de rôle politique, quel qu’il soit. L’école doit avoir une mission qui est celle de permettre à chaque enfant d’acquérir autant de connaissances, de savoirs, de savoir-faire qu’il est possible par la mise en oeuvre d’une pédagogie qui répond à ses besoins, d’une pédagogie, donc, différenciée.

Et cela, non pour répondre à un quelconque ‘impératif économique’ mais pour que chacun puisse, par cette activité ‘connaissante’ rigoureusement organisée, découvrir ‘ce qu’il lui plaît de faire’ et parvenir à le réaliser afin que sa vie ne se perde pas à l’exécution de tâches mornes et accablantes. Quant au reste, comme disait de Gaulle aux économistes qui lui cassaient les pieds : ‘l’intendance suivra’.

Telles sont les raisons (outre celles exposées dans l’article rappelé ci-dessus), pour lesquelles, me semble-t-il, l’injonction présidentielle devrait provoquer l’insurrection tranquille de celles et ceux, enseignants mais aussi parents et citoyens, qui n’acceptent pas que les enfants soient endoctrinés, fût-ce par l’idéologie du ‘communautarisme autoritaire’.

Lire aussi : ‘Môquet business’ de Sarkozy : l’Histoire dictée d’en haut

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  • Bebert Cassandre
    • Posté à 21h49 le 21/10/2007
    • Internaute 11910

    « Que ma mort serve à quelque chose » écrivait Guy Môquet la veille de sa mort.
    Il ne devrait pas être trop déçu... On utilise sa mort à l’envi, mais pas forcément tel qu’il l’eut souhaité. Cette utilisation tient du blasphème ! Elle est un blasphème !

    • Anonyme répond à Bebert Cassandre

      Un cousin de mon grand-père, qui était Résistant, est mort à dix-neuf ans, lors d’une escarmouche avec des soldats Allemands. Il y a peu, je me suis demandé ce qui se serait passé s’il avait eu le temps d’écrire une lettre, et si celle-ci avait connu le sort du texte de Guy Môcquet.
      Je me suis mis à la place des membres de la famille Môcquet. Et j’ai pensé qu’ils doivent avoir honte aujourd’hui.

      Thomas GREDAT

    • mélduch
      • Posté à 22h58 le 21/10/2007
      • Internaute 20045

      Je dirais plutôt une prodigieuse insulte à sa mémoire.
      Le seul ’art’ dans lequel excelle l’omniprésident des Français est bien celui de l’insulte, déguisée, enrobée mais néanmoins bien réelle et bien saignante...
      Il y a aussi cette sidérante obsession à vouloir solder à son seul profit les comptes du passé...

      Mais savez-vous que la lettre de Môquet sera lue dans beaucoup de collèges de notre doulce France ? Par un excès de zèle littéralement stupéfiant et hors de tout cadre référent puisque la circulaire ne vaut que pour les lycées, les 6e, 5e, 4e et 3e vont aussi devoir se taper la commémo du jour... Si j’y vais pas, tu crois que ça va faire baisser ma moyenne ?

      Moi, demain, mon gosse restera chez lui à faire ses maths.

    • Anonyme répond à Bebert Cassandre

      Merci Nestor Romero pour votre excellent texte, le plus clair lu à ce jour sur ce sinistre sujet. La lecture publique et obligatoire de la lettre de Guy Moquet par les enseignants est un signe d’obscène propagande nationaliste, et les enseignants sont utilisés sans vergogne, larmoyage honteux. Nous sommes tous des Guy Moquet, résistons comme il l’a fait. Profs de tous bords, résistez, vous aussi. C’est le seul message des résistants qui ont payé notre ancienne liberté de leur vie.

    • Aurange
      • Posté à 05h21 le 22/10/2007
      • Internaute 15072

      Il ne serait pas déçu, effectivement. Quant au blasphème...

      Môquet, faut-il le rappeler, résistait au nazisme. Sarkozy confirme la France dans un rôle de succursale des Etats-Unis (ce qui doit tristement amuser De Gaulle, son pseudo-mentor - Sarko gaulliste autant que certains soixante-huitards se croyaient maoïstes ou staliniens...), lesquels - ayant cassé l’Europe en finançant le nazisme avant que d’intervenir le plus tard possible dans une Europe déjà en ruine pour mieux lui imposer Plan Marshall, Opérations Gladio et stratégies du Stay-Behind pendant un demi-siècle - sans parler du ketchup kulturel déversé 24/24 sur toutes les ondes média, - montrent aujourd’hui tous les symptômes de l’Empire Finissant qui, par instinct de conservation, vire à la dictature.

      Il reste que Môquet symbolise précisément la résistance à ce type de dérive.

      Alors, monsieur NESTOR ROMERO, au lieu de jouer les vierges révolutionnaires et bien-pensantes effarouchées, vous feriez bien de réfléchir par deux fois à la notion de République et à celle d’Ecole Républicaine. La chefferie que vous dénoncez à travers la pyramide sarkozienne est une structure sociale toujours résurgente et que connaissent trop bien les enfants et adolescents laissés aux marges de l’intégration républicaine.

      Ainsi, au lieu d’appeler à l’insurrection tranquille (charentaises en option ?), vous feriez autrement mieux d’appeler à l’insurrection constructive :

      PROFS DE GAUCHE : LISEZ LA LETTRE DE GUY MÔQUET ET PROFITEZ-EN POUR METTRE A JOUR LA VERITABLE GUERRE QUI SE JOUE AUJOURD’HUI ENTRE TENANTS DE LA RESERVE FEDERALE AMERICAINE - c’est-à-dire TOUT le monde CAPITALISTE dont Sarkozy EST l’instrument - ET LES IDEAUX REPUBLICAINS ET DEMOCRATIQUES DE LIBERTE ET D’EGALITE.

      PROFS DE GAUCHE : LISEZ LA LETTRE DE GUY MÔQUET EN RAPPELANT QUE SARKOZY ADORE AUTANT LES ETATS-UNIS QUE SON PERE HAISSAIT LE COMMUNISME.

      PROFS DE GAUCHE : LISEZ LA LETTRE DE GUY MÔQUET ET PROFITEZ-EN POUR OUVRIR CETTE ANNEE SCOLAIRE SUR UNE REFLEXION DE FOND SUR LA CITOYENNETE.

      PROFS DE GAUCHE : LISEZ LA LETTRE DU RESISTANT ET REAPPROPRIEZ-VOUS LA GLOIRE DE GUY MÔQUET DONT VOUS ÊTES, BON AN MAL AN, LES LEGITIMES HERITIERS.

      PROFS DE GAUCHE : LISEZ LA LETTRE DU COMMUNISTE GUY MÔQUET ET RECUPEREZ AU PROFIT DE LA REPUBLIQUE L’HYPOCRISIE SARKOZIENNE AFIN QU’ECLATE LA VERITE.

      PROFS DE GAUCHE : SOUVENEZ-VOUS QUE VOUS ETES AU QUOTIDIEN LES GARANTS ET LES INITIATEURS SPIRITUELS D’UNE REPUBLIQUE QUI VISE PAR ESSENCE A LA LIBERTE, L’EGALITE ET LA FRATERNITE.

      • Anonyme répond à Aurange

        Profs de gauche, profs de droite, profs, gardez votre indépendance, indispensable à un enseignement débarrassé des états d’ame variables et divers de certains « puissants ». Seule compte la réussite scolaire mais si les enseignants sont embrigadés dans une parole unique pour atteindre les objectifs de cette dite réussite, aïe la dictature !

         
        • Anonyme

          a lire la pluspart des commentaires, les profs SONT déjà les transmetteurs d’une pensée unique.

          • Anonyme

            Non, pas unique, mais la pensée « multiple » ouverte, qui permet aux jeunes de se forger leurs opinions et de faire leurs choix, de choisir leur direction, de garder un sens critique, sans embrigadement.

        2 autres commentaires
      • le-vilain-petit-canard
        • Posté à 19h49 le 22/10/2007
        • Internaute 19295

        j’ ajouterais

        profs de gauche de droite du centre et surtout ceux de l’extême-centre (j adore cette boutade) votre école à force de « neutralité » est devenue insipide et sans couleur
        l’ école est la plus belle conquête républicaine et je dirai la plus primordiale mais le droit à l’ éducation
        est-ce seulement apprendre à lire écrire,compter ? ?
        NON l’école ne doit pas être NEUTRE
        elle a un fondement philosophique qui est basée sur la croyance en l’Humain elle est un long combat contre toutes les superstitions du passé elle est fondamentalement anticléricale que les curés soient en soutane,en kippa,en
        tchador,ou armés de pataugas de parkas et de boucs comme disait Lavilliers.
        Et c’ est peut-être faute d’ avoir négligé la laîcité militante faute d’ avoir perdu de vue ses origines, il est vrai lointaines qu’elle est aujourd’hui
        dans une telle désorientation mais ce n’ est qu’ un avis (et je le partage quand vous voulez)
        Eh oui, le vilain petit canard (en blouse grise) a eu le bonheur d’avoir des « Instits » qu’on appelait maître et à juste titre.

    • Anonyme répond à Bebert Cassandre

      ...c’est pourquoi il est mort : pour une société civile libre et juste.

      Sa lettre, si émouvante soit-elle, n’est qu’une lettre d’un condamné à mort à sa mère...

      Je trouverai plus judicieux d’expliquer POURQUOI il s’est battu (CAUSES) et fut condamné à mort (CONSEQUENCES) :

      Lien

      Lisez-le bien et comparez ce que nos ancètres voulaient faire après cette guerre (en terme de vision de la société civile et de la Republique) et ce que font nos dirigeants...

      Un dernier « petit detail » : savez-vous comment étaient nommés les resistants par les allemands ?

      Terroristes

      ...c’est bizarre, ça me rappelle quelque chose....

      • Anonyme

        « Je trouverai plus judicieux d’expliquer POURQUOI il s’est battu (CAUSES) et fut condamné à mort (CONSEQUENCES) »

        eh non ! ce pour quoi il se battait n’est pas la cause de sa mort.

  • Anonyme

    il est tout à fait vrai qu’utiliser cette lettre pour ça tient effectivement du blasphème.
    En tant que lycéen si un de mes professeur lit cette missive j’écouterais non sans désarroi sur l’attitude de mon professeur pour finir lorsque la lecture sera fini par une vive réaction.
    Il ne faut pas laissé passer de tels agissements, devoir de mémoire oui mais aussi devoir de révolte envers l’utilisation choquante de cette lettre pour, comme dit dans l’article, endoctriner les gens

    • Anonyme

      Vous n’êtes pas endoctriné, lycéen, c’est bien.

      Maintenant, si vous revisiez votre orthographe, au lieu de vous occuper de choses que vous ne connaissez pas. Elle en a besoin. Savoir l’orthographe, c’est comprendre sa langue, et comment savoir de quoi on parle si on ne comprend pas sa propre langue ?

      • Anonyme

        Vous avez fait, si je ne me trompe pas, autant de fautes que le lycéen, c’est à dire très peu.

        Mais lui, il avait quelque chose d’intéressant à dire.

  • Anonyme

    Personnelement, cela m’inquiète et pour ma part c’est loin loin loin d’être un élément majeur de l’histoire (mon avis perso). Alors je me demandes quel peuvent-être les intentions de Sarkozy, j’ai une petite idée mais bon...

  • Anonyme

    « Et cela, non pour répondre à un quelconque “impératif économique” mais pour que chacun puisse, par cette activité “connaissante” rigoureusement organisée, découvrir “ce qu’il lui plaît de faire” et parvenir à le réaliser afin que sa vie ne se perde pas à l’exécution de tâches mornes et accablantes. » vous dites.

    Et qui c’est qui devra se taper les tâches mornes et accablantes ?
    Les immigrés probablement, qui, eux, n’auront pas eu la chance de connaître l’école française.

    Quant à désobéir, si vous n’êtes pas d’accord avec votre chef, ou si vous pensez faire un meilleur chef que votre chef, vous pouvez toujours démissionner. Là, oui, votre discours aurait de la classe, mais là, franchement...

    Neutralité de l’école ?
    Où vous avez été chercher ça ?
    Qu’est-ce qui sort de l’école française ?
    Pour vous faire une idée, essayer de comparer avec ce qui sort d’une école américaine, ou chinoise, ou japonaise, question idéologie du diplômé.
    Vous verrez bien que l’école française transmet une idéologie typiquement française.

    • Hadès
      • Posté à 22h28 le 21/10/2007
      • Internaute 19436

      Effectivement, l’école sans idéologie n’existe pas plus que la presse sans opinion (et sans idéologie non plus d’ailleurs). Et du reste, on ne peut pas reprocher à une société d’avoir une culture.

      Ceci dit, ça ne justifie aucunement le marquage idéologique encore plus puissant qu’essaie d’engrammer l’Elysée, ni la récupération politique du personnage historique.

  • FREDERIC 67
    • Posté à 22h20 le 21/10/2007
    • Internaute 9970

    sans compter que cela peut sans remise en contexte inciter les adolescents fragiles au passage à l’acte de suicide puisqu’est glorifiée l’acceptation de la mort (non voulue, evidemment mais feront ils tous la différence ? ! !)

  • Anonyme

    Va dire de démissioner à un prof...

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 22h25 le 21/10/2007
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Et il est tellement facile de taxer les profs de corporatisme, ou de les accuser de ne pas vouloir exercer le devoir de mémoire de leurs élèves sur une cause inattaquable...

    C’est bas, très bas, d’utiliser l’Histoire à des fins politiciennes et patriotardes (l’expression est fort juste).
    Et les Guaino, Darcos et cie, ces donneurs de leçons éphémères comme leur « carrière » me hérissent le poil : nous ne sommes pas plus bêtes qu’eux, ni plus incompétents, ni moins sensibles ET réfléchis. Nous n’avons pas besoin de « pédagogie » pour nous faire avaler des couleuvres que nous savons très bien reconnaître !

    J’espère, demain, dans mon bahut, voir des profs, des élèves, des parents hostiles à ces manipulations, pendant qu’un Dassault et un Valls viennent faire leur show... avec des préparatifs secrets que même nos chefs nous cachent, à nous, au cas où l’idée nous viendrait de mettre un peu de bord*l dans ces cérémonies douteuses.
    Mais tout se sait, et je suis prête à parier que des TF1, Parisien et autres Républicain seront là « par hasard ».

    Pauvre jeune Guy Môquet, je pense également qu’il n’éspérait pas voir sa mort « utile » de cette manière.

    maia

  • Anonyme

    Je suis d’accord avec vous quant aux intentions que je soupçonne à travers la lecture de cette lettre : l’incitation, pour les jeunes élèves, à s’identifier à l’auteur de ce texte si attachant et si émouvant, et l’exaltation de l’esprit de sacrifice. Ce qui, en effet, n’est pas le rôle de l’école. « La valeur d’un enseignement supérieur est d’entraîner le cerveau à penser » (Albert Einstein).
    Quant à la méthode, je ne sais plus qui j’ai entendu préconiser de lire la lettre, mais en expliquant son contexte aux élèves, afin de la dédramatiser et de permettre le recul propice à la réflexion nécessaire. Voilà, à mon avis, de quoi désamorcer la polémique tout en faisant échouer toute tentative d’endoctrinement.
    D’ailleurs, puisque Nicolas « Sharkeuzy » (comme on dit en Hongrois) semble aimer les communistes, pourquoi n’étendrait-il pas la méthode Freinet à l’Ecole publique ?

    Thomas GREDAT

    • Anonyme

      Freinetique ?
      Pas oublier le mystique chez Freinet.
      Ne pas oublier la liberté d’action, très relative mais encore existante, des enseignants.
      Leur métier est difficile ; ce quelqu’un qui fut mauvais élève et s’entoure de brèles pour gouverner la France ne devrait pas essayer de démolir le plus important pour l’avenir : l’éducation des enfants.
      Guy Môquet c’était un effet d’annonce, un slogan, une pub...du marquetting.

    • Anonyme

      Qui en a préconisé la lecture ? Jack Lang (entre autres ?) entendu à la radio je ne sais plus sur quelle antenne : lire la lettre en la resituant dans son contexte... faire de la pédagogie... JL est un expert en matière de pédagogie et puis il vaut mieux ne pas dire trop de mal de cette initiative pour le cas où la République aurait une autre petite mission à lui confier après celle du Comité Balladur... Mais trêve de méchanceté, la méthode Freinet ? bonne idée
      ip

    • Anonyme

      Qu’est-ce que vous avez contre l’école Freinet ? Y connaissez-vous quelque chose ?
      Marie-France (retraitée adepte de la méthode Freinet qui valorisait les enfants)

      • Anonyme

        Chère Marie-France, je crois qu’il y a un malentendu : ayant moi-même appris à lire avec la méthode Freinet et étant séduit par sa démarche, j’encourageais monsieur Sarkozy à généraliser l’emploi de cette méthode. Contrairement à vos deux prédecesseurs, vous semblez ne pas avoir saisi l’ironie avec laquelle je l’y invitais, étant donné que Freinet avait appartenu au PCF, comme ce jeune Guy Môcquet à la mémoire duquel il se montre si attaché.
        En espérant avoir dissipé tout malentendu, je vous quitte, chère Marie-France, en toute cordialité,

        Thomas GREDAT

         
        • Anonyme

          Cette ancienne « Freinetique » ne semble pas avoir mis de fiche « humour » dans sa classe.

        1 autres commentaires
  • Hadès
    • Posté à 22h39 le 21/10/2007
    • Internaute 19436

    Moi qui suis sorti du lycée il y a 4 ans à peine, je garde un souvenir très digne, bien mesuré, et somme toute assez juste de la façon dont nous a été enseigné cette (très délicate) période de l’Histoire.

    Pas de mélodrame excessif, mais pas de non-dit non plus. Sans mettre de l’émotionnel partout mais en nous disant les choses, en nous faisant visiter des musée, faire des exposés etc.

    C’est pourtant franchement pas facile. Autant dire que les raccourcis grossiers de Sarkozy et de sa « plume » pour qualifier la période sont plus risibles qu’autre chose. Je doute que les lycéens soient dupes de la manoeuvre.

    • Anonyme répond à Hadès

      ah ah
      « mais pas de non-dit non plus »

      Qu’est-ce que vous en savez, puisque ce n’a pas été dit, justement.

      Le miracle, c’est que vous êtes persuadé qu’il n’y a pas eu de non-dit.
      Terrible efficacité de l’enseignement.

      Bon, je vais vous filer un tuyau : une des toutes dernières interviews qu’ait donné F. Mitterand comme président de la république, il fut interrogé sur son amitié avec Bousquet.
      Sa réponse fut : « vous n’avez pas connu cette époque, vous ne pouvez pas comprendre. »
      Alors vous, si vous croyez avoir compris, il est probable que vous ayez mal compris.
      Parce que des non-dit, il y en a des tonnes, ils sortiront quand la nation sera reconciliée avec elle-même sur le sujet, faut attendre que tous les protagonistes soient morts, au minimum. Personnellement, je n’en ai recueilli que des bribes, glanées de ci de là, mais suffisantes pour me convaincre qu’on ne m’a pas tout dit.
      Et quand j’interroge sur certaines choses bizarres que j’ai saisies par hasard, hop, on me ressort illoco le discours officiel.
      En attendant, motus et bouche cousue, seuls les vainqueurs ont le droit d’écrire l’histoire, belle et glorieuse, avec juste les quelques zones d’ombre qu’il faut, pour que ça fasse vrai.

  • Anonyme

    Vu le nombre d’enctotriné je suis moins sûre que toi sur le fait qu’il ne soit pas dupe

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 23h00 le 21/10/2007
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Quand les politiques « s’ennuient » entre eux ,ils retournent presque mécaniquement « s’amuser » avec l’école !
    C’est leur récréation pendant laquelle ils « rêvent » d’une recréation du système éducatif à leur image.
    Lien

  • Anonyme

    Bon allez, je vous fais partager ma colère : je suis dans un lycée du 77, et le proviseur a décidé - sans aucune concertation - de renommer le CDI : « CDI Guy Moquet »... J’ai vraiment cru à une blague quand il me l’a dit ; puis j’ai vu jeudi dernier le nouveau panneau qui tronait au-dessus de la porte ( ou Laporte, comme vous voulez). Tant de lechage de bottes me consterne, c’est infame de voir ca, cette parfaite obeissance dès que Sarkouille crée un faux symbole... Moi j’y vois qu’un symbole d’allégeance, évidemment. Et le CDI, j’y mettrais certainement de moins en moins les pieds.

    • Anonyme

      Et si il y a un hommage à la réaction la plus stupide elle pourra vous revenir tellement votre conclusion est d’une rare stupidité.

      • Anonyme

        Est-il possible que vraiment vous n’ayez rien compris à l’ironie finale ? je prends votre « rare stupidité » pour ce mouvement de renversement psychique assez banal que Freud appelait : » projection ».

    • Anonyme

      et les gamins la dedans, on ne leur explique rien, moi aussi ça me débecte de voir des proviseurs se transformer en caporaux de la dictature, nos gamins sont les otages du système, déjà quand je vois certains nouveaux instits, formatés, qui disent amen à tout, je suis contente de ne plus avoir d’enfants en bas âge qui recevront leur éducation ! ! !

      • Anonyme

        « caporaux de la dictature ».

        Je ne vous souhaite pas de connaître la dictature, vraiment. Si vous voulez en avoir une petite idée, voyez Cuba, la Chine, la Corée du Nord.
        Mais une dictature comme celle-ci, je m’en arrange très bien. Pourvu qu’elle dure encore longtemps.

  • Anonyme

    C’est peut-être pas forcement vous la cible mais plus ceux qui s’identifie à cette idéalisme c’est à dire comme ton proviseur ou partisan sarkoziste

  • Anonyme

    De toute façon j’ai pas encore découvert ce qu’il incarne.
    Mais quand on dégomme la CNIL et une partie de la déclaration des droits de l’homme. C’est à se demander qu’elles sont ces valeurs....

  • Anonyme

    Plutôt que de refuser de lire la lettre, les enseignants, devraient utiliser cette journée pour faire de l’histoire sociale, comme le dit si bien Danièle Ledoux :
     » ... Guy Môquet c’est le symbole de la jeunesse de l’époque qui refuse et se bat contre tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine : le racisme, la violence, la misère.
    Aujourd’hui les jeunes se révoltent aussi contre les xénophobies, les discriminations...
    La lecture de la lettre doit donc être replacée dans son contexte historique, permettant de comprendre l’engagement du jeune Guy Môquet et les actes des résistants de la première heure...
    Le débat engagé montre que l’histoire n’est pas neutre. Elle ne peut pas l’être puisqu’elle est le résultat de luttes économiques, politiques et idéologiques. Sa diffusion nécessite une attention de tous les instants.
    Pour cela il faut la connaître. Or l’histoire sociale est peu enseignée, le mouvement social souvent oublié ! ...
    Si la mémoire de Guy Môquet qui appartient à la classe ouvrière dont elle est issue, peut être partagée, à nous de faire en sorte qu’elle inspire les travailleurs dans une nouvelle résistance qui soit porteuse de transformations de la société et fidèle à son message : « Les copains qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir. » « 

    Per Jovem !

    • Anonyme

      « l’histoire n’est pas neutre »
      Comme on n’enseigne plus les figures de style, je ne suis pas sûr que tout le monde ait compris votre litote, alors je me permets d’en rajouter, comme un certain Dupont (ou Dupond, je ne sais plus). Donc,
      je dirais même plus :

      L’histoire est écrite par les vainqueurs.
      Pour perpétuer leur avantage.

      Toute l’attention que vous mettrez à son élaboration, à sa diffusion, n’y changera rien.
      Probablement même, elle confortera l’intérêt des vainqueurs.

      Alors comment s’en sortir ?
      Pour ma part, léger sourire imperceptible envers ceux qui y croient béatement. Bon, ici, je vous le dis, mais vous avez bien noté que je suis courageux anonyme, je ne tiens pas à me faire lyncher.

  • Anonyme

    Témoignage. Odette Nilès a connu Guy Môquet en détention au camp de Chateaubriant en 1941. Ils se sont plu et s’étaient promis de se « rouler un patin ». Elle rappelle l’engagement et les valeurs portées par la Résistance et trouve « débile » de lire la lettre de Guy Môquet dans les vestiaires de l’équipe de France de rugby.
    Recueilli par Didier Arnaud / Montage : Marc Quattro. Durée : 4′15... Lien

  • Anonyme

    Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,

    Je vais mourir une deuxième fois ! Demain on va répandre les quelques lignes que je ne destinais qu’à vous dans les classes de France. Attaché, fusillé il y a 66 ans, brandi et dispersé demain…

    Certes, j’aurais voulu vivre ma mort tranquille. Car ce que me dit mon cœur, c’est que ma deuxième mort ne servira à rien. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire, hélas ! Enfants et adolescents de France, vous ne pourrez pas le faire à ma place.

    Enfants et adolescents de France, vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas, je ne veux pas vous faire pleurer, je ne veux pas vous donner l’exemple, je ne veux pas vous faire mieux jouer au rugby, je ne veux pas faire de sentiments. Enfants et adolescents de France, cette lettre a été écrite pour consoler trois personnes, pas pour vous émouvoir, ni pour vous sermonner, ni pour vous exalter. Que cherche-t-on me faire dire ? Pourquoi veut-on vous faire pleurer ?

    Enfants et adolescents qui vivez en France, avec ou sans-papiers, je suis mort, je ne parle plus, cette lettre ne vous est pas adressée, laissez-moi me taire, fermez vos oreilles, ne m’écoutez pas !

    Ma petite maman, j’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. Ne laisse pas Nicolas les lui prendre.

    Je ne veux pas en mettre davantage.

    Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant. Courage pour demain !

    Votre Guy qui vous aime

    • Anonyme

      Votre lettre était la meilleure réponse. Elle m’a fait pleurer.

      Thomas GREDAT

    • Anonyme

      Commence donc par apprendre le respect en tout cas avant de trouver comique de détourner les paroles d’un mort !

      • Anonyme

        Elles ont déjà été détournées par un homme politique sans scrupules et un entraîneur de rugby promis à un poste d’Etat.
        Elles l’avaient déjà été dès la Libération par le PCF, qui avait besoin de martyrs pour pouvoir se proclamer « parti des fusillés ».
        Ce pauvre garçon qui espérait que sa mort « soit utile à quelque chose » ne songait sans doute pas à cette utilité-là. L’internaute à qui vous répondez l’a compris mieux que personne.
        Et ce n’est pas comique du tout !

        Thomas GREDAT

  • Myosotis
    Myosotis
    Orthophoniste
    • Posté à 02h25 le 22/10/2007
    • Internaute 2013
      Orthophoniste

    Comme d’autres aussi je mets mon message une deuxième fois ( oui, je l’ai mis dans « môquet business » tant je voudrais qu’on réagisse ! ce soir pour la 1ère fois j’ai vu un autre post aller dans ce sens également :

  • Myosotis
    Myosotis
    Orthophoniste
    • Posté à 02h31 le 22/10/2007
    • Internaute 2013
      Orthophoniste

    Trop c’est trop ! Maintenant on nous fourgue un spot télé type court métrage sur la lettre de Guy Môquet.... Le ministre de l’enseignement dit à midi sur Canal+ qu’il ne s’agit pas seulement de l’éloge de la résistance mais de l’éloge du sacrifice de sa vie pour son pays ( ce qui est confirmé dans la circulaire envoyée aux enseignants). Après que notre président ait dit le jour de la lecture de la lettre devant les caméras (vérifiable) : « .... c’est l’engagement d’un enfant de 17 ans qui donne sa vie pour la France. Ce n’est pas un exemple du passé mais un exemple pour L’AVENIR ! ». Bon sang pourquoi tout le monde disserte et que personne ne tremble ?
    On nous bassine avec l’esprit de sacrifice quand l’équilibre international s’effrite de toute part.. ( Iran...) entre autre.
    Avons nous été avertis, par exemple que nous avions envoyé de nouvelles troupes en Afghanistan ?
    Ne soyons pas sourd et aveugles. Que les journalistes creusent ce symbole là dans les interviews ! Serait-ce un tabou ? Pas pour notre président puisque lui en parle !

    • Alexad
      Alexad répond à Myosotis
      • Posté à 14h37 le 22/10/2007
      • Internaute 8145

      Oui, en effet, j’ai tremblé en entendant ces paroles, faisant références à l’AVENIR... J’ai deux fils, et m’étonne que des explications précises, concernant le commentaire du chef de l’état ne lui aient pas été demandées ! !

  • Anonyme

    Bah oui après l’école, la France te donnera un fusils pour aller en Iran, c’est sa nouvelle récompense. : neutre : avec la lettre de Guy Môquet dans le parka

    • Anonyme

      J’ai raconté un truc complètement con je m’escuses à banir

  • Anonyme

    J’ai raconté n’importe quoi, je m’escuses.

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