Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Les stradivarius livrent (une partie de) leur secret

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 14/12/2009 à 18h22


Violon « Le Tua »

Les célèbres violons fabriqués par Antonio Stradivarius sont nimbés d’un halo de légendes, dont celle du vernis qui les enrobe et auquel a souvent été attribué leur sonorité exceptionnelle. Après des années de recherches, la composition de ce vernis vient d’être révélée. Surprise !

Une blague court en Bretagne depuis longtemps : « On connaît enfin le secret des menhirs : ils sont en pierre ». Après quatre années d’études, on peut en dire autant du vernis qui recouvre les stradivarius : c’est un vernis. Du type de celui qu’utilisaient tous les artisans de l’époque.

Pour arriver à cette conclusion, une équipe de douze chercheurs français et allemands coordonnée par Jean-Philippe Echard, chimiste au laboratoire du Musée de la musique de Paris, a mis en oeuvre des moyens colossaux : le synchrotron français de Saclay (le plus récent au monde), l’Institut des sciences de Dortmund et trois laboratoire du CNRS.

L’enjeu était de taille : personne jusqu’à présent n’était parvenu à livrer la formule exacte du fameux vernis.

Des instruments à la sonorité jamais égalée

Les cinq cobayes ont été choisis parmi des instruments conservés au Musée de la musique de Paris. Ils correspondent à trente ans de la carrière d’Antonio Stradivarius. Pour comprendre l’acharnement à percer le mystère des stradivarius, il faut le mesurer à l’aune de la valeur esthétique et marchande de ces instruments jamais égalés, quelles qu’en aient été les multiples tentatives.

Douce, chaude, profonde, puissante, chatoyante : les qualificatifs abondent pour décrire leur sonorité unique. Unique au point que les stradivarius sont devenus des produits de placement aussi sûrs que l’or : aux enchères, ils atteignent facilement le million d’euros, certains allant jusqu’à trois.

Tel le Sancy, le stradivarius de 1713 sur lequel joue Ivry Gitlis dans une pièce de Paganini. (Voir la vidéo)

Mille violons que s’arrachent les virtuoses

Même s’il était fier de son travail, le jeune Antonio Stradivari (1644-1737), apprenti à Cremone chez le maître Nicolo Amati, n’en aurait certainement pas cru ses oreilles… Dans cette ville de Lombardie - où le climat est « idéal pour le séchage des vernis, ni trop chaud, ni trop froid, ni trop sec, ni trop humide » d’après le célèbre spécialiste Etienne Vatelot - fleurissent des dynasties de luthiers. Les Guarneri, Amati, Stradivari...

La vraie naissance d’Antonio date de 1655, année où il fabrique seul son premier violon qu’il signe « Stradivarius », sur une étiquette collée au fond de l’instrument. Il a latinisé son nom comme le faisaient alors les artistes. Cet instrument princeps sera suivi par plus de mille, que s’arrachent les virtuoses, princes et mécènes de l’époque. Aujourd’hui, il en reste environ 650.


Antonio Stradivarius dans son atelier

Le vieil Antonio (il meurt à 93 ans, dans son atelier) a toujours refusé de livrer la formule de son vernis, ni d’ailleurs quoi que ce soit sur ses instruments. Depuis trois siècles, les spéculations sur l’origine du caractère unique des stradivarius sont donc allées bon train.

Sur le vernis se focalisent toutes les légendes

L’essence des bois utilisés (l’érable et l’épicéa, que Stradivari appelait l’« arbre à violons ») a fait l’objet de nombreuses hypothèses. La première est le « petit âge glaciaire » qu’a connu l’Europe à l’époque et qui a ralenti la croissance des arbres. Ce phénomène a produit un bois plus dense et plus résistant. Une qualité essentielle à une belle sonorité.

La seconde est le « pesticide » utilisé par le luthier pour protéger ses instruments des parasites, et qui avait altéré la nature du bois. Un simple hasard, donc.

Restait à faire avouer sa vérité au vernis, qui résistait à l’examen et sur lequel s’est focalisée la légende. Il vient de livrer sa formule. Pour y parvenir, les chercheurs ont prélevé sur chaque instrument des « miettes » de vernis.

Ils ont d’abord découvert l’existence de deux couches de vernis. La première couche - la base - est un simple vernis à l’huile qui pénètre légèrement le bois. La deuxième est un mélange de cette huile et de résine de pin auxquels sont incorporés des pigments utilisés en peinture.


Coupe du vernis du « Provigny », 1716 

Et c’est la surprise : Antonio Stradivari intégrait des rouges différents, ceux-là mêmes qui ont donné leurs légendaires couleurs aux stradivarius. Rien à voir avec l’oreille, tout à voir avec l’œil.

Jean-Philippe Echard, le chimiste maître d’œuvre du projet, détaille sa découverte :

« Moi ce qui m’a surpris, c’est de tomber exactement sur la même base de vernis, alors que les instruments analysés ont été fabriqués sur trente ans. Les seules variations sont dans la nature des pigments. Ceux-ci sont les mêmes qu’utilisaient Titien ou Veronese pour faire leur glacis rouge. Stradivarius voulait très consciemment que ses violons soient de cette couleur. »

Stradivarius et Stravinsky, même combat

L’explication de cette prodigieuse sonorité n’est-elle alors pas multiple ? Les secrets ne sont-ils pas légion ? Climat, nature du bois, de la colle (pas encore analysée), vernis, génie propre de l’artisan… Jean-Philippe Echard répond :

« Effectivement, de multiples paramètres ont contribué à cette réussite. Il y a bien sûr les matériaux, mais aussi le geste unique du luthier. La chimie nous renseigne sur la nature des matériaux, qui sont simples, mais pas sur le talent de l’artisan, qui est complexe… Si on connaît aujourd’hui le caractère des ingrédients, on ne sait pas comment Stradivari est parvenu à fabriquer un tel vernis. Ce mystère reste entier. »


Jean-Philippe Echard

Une certitude : le luthier de Cremone n’était pas seulement un artisan exceptionnel qui a poussé son art jusqu’à la perfection, il était aussi un pur esthète. Qui aurait pu imaginer qu’il rejoindrait par delà les siècles la conviction de Stravinsky pour qui « il ne suffisait pas d’entendre la musique, mais qu’il fallait encore la voir » ?

Musée de la musique, exposition sur Miles Davis jusqu’au 19 janvier 2010.

Nature of the extraodinary finish of Stradivaris instruments, paru le 4 décembre 2009 dans Angewandte Chemie International Edition. Signataires : J.-P. Echard, L. Bertrand, A. von Bohlen, A.-S. Le Hô, C. Paris, L. Bellot-Gurlet, B. Soulier, A. Lattuati-Derieux, S. Thao, L. Robinet, B. Lavédrine, S. Vaiedelich.

Photos : J.-P. Echard/Cité de la Musique

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  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 18h47 le 14/12/2009
    • Internaute 95774
      retraité

    Belle recherche....mais qui mène pas loin ! ! !
    Surtout sur des violons de cette époque ! !
    Beaucoup de paramètres entrent en jeu...les bois...le vieillissement des bois ? ? ? les lieux ou ils sont entreposés ? ? ? les colles ? ? ? le travail du bois ? ? ? l’épaisseur du bois ? ? ? la densité des bois ? ? ? les vernis, ne sont qu’une infime partie du problème ! ! !
    Le vieillissement des violons ? ? ? leurs entretiens ? ? ?
    Avec les mêmes matériaux...un luthier fabrique deux violons...qui auront une sonorité différente....pourquoi ? ? ?
    Et que dire des rares violons d’AMATI ? ? ? le maitre ! ! !

    • siko
      siko répond à 14240
      capitaliste révolutionnaire
      • Posté à 19h53 le 14/12/2009
      • Internaute 38962
        capitaliste révolutionnaire

      Ça fait beaucoup de ? tout ça... :)

      • 14240
        14240 répond à siko
        retraité
        • Posté à 11h03 le 15/12/2009
        • Internaute 95774
          retraité

        La vie est faite de « DE »...suivi de poin d’intérogation ! ! !

    • elLolo
      elLolo répond à 14240
      • Posté à 23h34 le 14/12/2009
      • Internaute 27714

      Elle mène à savoir que le vernis n’est pas le seul responsable du son particulier de ces violons. Fini les discussions des comptoirs de café à son propos.

      Cette recherche mène donc à en faire d’autres. C’est la façon dont on fait des sciences... et tout cela peut mener loin.

      • 14240
        14240 répond à elLolo
        retraité
        • Posté à 11h04 le 15/12/2009
        • Internaute 95774
          retraité

        oui..c’est vrai tout ça ! ! ! sauf que la science n’est jamais exacte ! ! !

    • Jerome_B
      Jerome_B répond à 14240
      • Posté à 09h21 le 15/12/2009
      • Expert 81512

      J’ai lu récemment qu’un goupe de recherche avait aussi déterminé que la qualité des stradivarius était due en grande partie aux conditions climatiques de l’époque qui ont modifié la structure du bois des arbres utilisés pour la construction de ces violons.
      Quand la science donne des explications rationnelles à la place des mythes et croyances, elle fait en mon sens son boulot ..........

      • 14240
        14240 répond à Jerome_B
        retraité
        • Posté à 11h10 le 15/12/2009
        • Internaute 95774
          retraité

        Une théorie parmi tant d’autres ! ! ! possible ? ? ?
        j’ai connu un Luthier de renom...pour lui...il n’y avait aucune explications rationnelles ! ! ! (travaillant pour les plus grands violonistes...réparant des stradivarius ! ! ! alors ce que j’en pense...n’est qu’une explication personnelle...une théorie parmi tant d’autres ! ! !
        J’ai pas la science infuse ! ! !
        Mais(mon intuition)...que la science puisse un jour donner « L’EXPLICATION » ! ! !

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 18h54 le 14/12/2009
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Il est des instruments dont le son est tellement riche qu’on a l’impression qu’ils jouent seuls

    • -Candide-
      -Candide- répond à Guy Valte
      Jardinateur
      • Posté à 21h30 le 14/12/2009
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Il y a des phrases qui sont tellement connes qu’on a l’impression qu’elles n’ont pu être écrites par quelqu’un.
      (et je ne parle pas de la mienne : -p)

      • boisdarbre
        boisdarbre répond à -Candide-
        soignant
        • Posté à 23h22 le 14/12/2009
        • Internaute 99040
          soignant

        Il y a des réponses tellement à contre-pied qu’on se demande si ce n’est pas un podologue qui les a faites.
        (merci Candide, il y a longtemps que je ne me suis pas autant marré sur un forum)

      • A déménagé le 05-02-2012
        A déménagé le 05-02-2012 répond à -Candide-
        non connue
        • Posté à 06h31 le 15/12/2009
        • Internaute 84960
          non connue

        merci Candide...
        un fou rire à l’aube, cela me fait un bien que tu ne peux imaginer !

      • guerzit-
        guerzit- répond à -Candide-
        Incomprenant majeur
        • Posté à 10h00 le 15/12/2009
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Pourtant il a raison, M Guy Valte... De même certains instruments ne joueraient pas s’ils n’étaient forcé par des êtres humains bipèdes carbonifères à respiration d’oxygène et aux gouts douteux...

        Je pense à la clarinette par exemple...

      • Guy Valte
        Guy Valte répond à -Candide-
        Parisien abonné au gaz
        • Posté à 14h58 le 15/12/2009
        • Internaute 24462
          Parisien abonné au gaz

        Ben c’est que tu connais pas, et là, t’es plutôt à plaindre que moi.

    • Compte supprimé le 3 janvier 2
      Compte supprimé le 3 janvier 2 répond à Guy Valte
      Collectionneur d'armures.
      • Posté à 12h04 le 15/12/2009
      • Internaute 88342
        Collectionneur d'armures.

      Et ta soeur ?

  • BillM
    BillM
    Techy
    • Posté à 19h06 le 14/12/2009
    • Internaute 99010
      Techy

    On s’approche de la copie parfaite d’autant que le secret sur le vieillissement du bois semblait déjà percé en Septembre ! ! Lien

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h13 le 14/12/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Comment ne pas penser à Baudelaire « Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige »... et...« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »

    J’espère qu’on ne percera jamais les secrets des Stradivarius.
    Il nous faut à tout prix préserver ces mystères qui contribuent aux instants magiques que nous délivrent des Ivry Gitlis, par exemple.

    • 14240
      14240 répond à Jonas2
      retraité
      • Posté à 19h21 le 14/12/2009
      • Internaute 95774
        retraité

      +1

    • framboise92
      framboise92 répond à Jonas2
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 06h57 le 15/12/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      « les sanglots longs des violons de l’automne
      bercent mon coeur
      d’une langueur monotone »

    • Jerome_B
      Jerome_B répond à Jonas2
      • Posté à 09h23 le 15/12/2009
      • Expert 81512

      Pourquoi ? Pourquoi se bercer de mythes quand la science peut trouver des explications rationnelles ? Ne préférez-vous pas connaître les mécanismes du monde qui vous entoure plutôt que de vous bercer de suppositions et de doutes ?

      • Jonas2
        Jonas2 répond à Jerome_B
        Les mouches ne me trouveront (...)
        • Posté à 11h54 le 15/12/2009
        • Internaute 19359
          Les mouches ne me trouveront (...)

        Excusez-moi mais je préfère l’érotisme à la gynécologie.

         
        • Jerome_B
          Jerome_B répond à Jonas2
          • Posté à 12h32 le 15/12/2009
          • Expert 81512

          Votre réponse est pleine d’esprit et d’humour, et je comprends votre point de vue ....... néanmoins, je crois que les satisfactions que peuvent parfois apporter le rêve ou le mystère ne sont qu’illusoires et seule la connaissacne rationnelle, imanente et consciente du monde est réellement propice à la sérénité et au bonheur ...... question d’opinion, je le concède ......

          • Jonas2
            Jonas2 répond à Jerome_B
            Les mouches ne me trouveront (...)
            • Posté à 14h00 le 15/12/2009
            • Internaute 19359
              Les mouches ne me trouveront (...)

            Je comprends aussi le votre à ceci près « qu’illusions et doutes » ne sont pas les seules façons de colmater les béances du savoir. Le rêve et le mystère constituent aussi des antidotes qui, s’ils ne font pas avancer la connaissance, donnent souvent de bonnes heures.

            L’essentiel étant - et là je pense que nous serons d’accord - de ne pas entretenir des venins comme les superstitions, les dogmes et les vérités révélées.

        2 autres commentaires
    • guerzit-
      guerzit- répond à Jonas2
      Incomprenant majeur
      • Posté à 10h03 le 15/12/2009
      • Internaute 28472
        Incomprenant majeur

      Les synesthésie c’est un peu comme la foi, c’est une vision a-scientifique du monde qui aurait cherché dans les limites de la perception des réponses, incomplètes, à ses plus beaux émois...

      Sauf que la religion n’apporte de réponses qu’aux pires déchets de l’âme...

    • nanabel
      nanabel répond à Jonas2
      1ère version
      • Posté à 11h12 le 15/12/2009
      • Internaute 97292
        1ère version

      Je suis d’accord et j’ajouterai que c’est la médiocrité des autres qui fait le génie.

      • setori
        setori répond à nanabel
        retraité
        • Posté à 10h38 le 16/12/2009
        • Internaute 43503
          retraité

        Les vrais génies se moquent de la médiocrité comme de tout autre considération.Ce qui importe pour eux ,c’est de délivrer leur art.

  • kribi
    kribi
    misanthrope
    • Posté à 19h13 le 14/12/2009
    • Internaute 18564
      misanthrope

    « une équipe de douze chercheurs français et allemands coordonnée par Jean-Philippe Echard, chimiste au laboratoire du Musée de la musique de Paris, a mis en oeuvre des moyens colossaux : le synchrotron français de Saclay (le plus récent au monde), l’Institut des sciences de Dortmund et trois laboratoire du CNRS. »

    Mr. Echard doit avoir des copains bien placés pour pouvoir utiliser du matos ultra sophistiqué et disposer des budgets de la Recherche. Une partie de nos impôts est donc passée dans l’analyse du vernis des anciens stradivarius, quelle découverte décisive !
    Et pendant ce temps là, le chômage et la précarité augmentent ...

    Comme d’habitude, ce n’est pas la crise pour tout le monde.
    Et l’année prochaine, ils analyseront la composition de la colle ...

    • flixp
      flixp répond à kribi
      Aboyeur
      • Posté à 19h36 le 14/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      vous savez qu’il y a aussi beaucoup de chômage dans la lutherie.

    • Danielle29
      Danielle29 répond à kribi
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 20h08 le 14/12/2009
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      Si les humains avaient depuis toujours fonctionné à la rentabilité et au pragmatisme, nul doute que nous serions dans une pauvreté culturelle immense, tels des robots vides de tout rêve et de toute poésie.
      Heureusement que l’on ne fait pas que des choses utiles et nécessaires, c’est le propre de notre humanité.

    • A déménagé le 05-02-2012
      A déménagé le 05-02-2012 répond à kribi
      non connue
      • Posté à 06h11 le 15/12/2009
      • Internaute 84960
        non connue

      Recherches infantiles mais absolument indispensables au vu de la
      Très grande avancée sociale et humaine en résultant.

      Pendant ce temps là, on mendie au Téléthon.

    • framboise92
      framboise92 répond à kribi
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h00 le 15/12/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Vous ne voulez tout de même pas que l’on « pisse dans un violon pour autant »...

    • Coragyps Atratus
      Coragyps Atratus répond à kribi
      Dans l'attente du moment propice
      • Posté à 07h47 le 15/12/2009
      • Internaute 37338
        Dans l'attente du moment propice

      Cette débauche d’argent à propos du secret de fabrication d’un violon, fut-il un Stradivarius, est indécente.

      Quel est le besoin de vouloir percer un mystère comme celui-ci ? La sonorité d’un Stradivarius n’est belle qu’en fonction du talent de l’individu qui interprète une oeuvre.
      Mis à part les possesseurs de Stradivarius (sont-ils des musiciens ou des investisseurs d’ailleurs), le secret de fabrication de ces violons n’intéresse pas grand monde.

      Quant à la science, peut on encore avoir des domaines qui puissent échapper aux explications froides et rationnelles ? Peut on avoir des domaines dans lesquels la science est absente afin que les imaginations les plus fertiles puissent s’évader de ce monde si ennuyeux ?

      • Allegro3
        Allegro3 répond à Coragyps Atratus
        (peu importe)
        • Posté à 10h20 le 15/12/2009
        • Internaute 97966
          (peu importe)

        On n’investit pas des sommes aussi colossales dans une recherche pour le plaisir, même celui des oreilles... Désolée pour les rêveurs, mais ces recherches ont un but : petit calcul : à 1 million d’Euros le Stradivarius, le labo qui découvre tous ses secrets et parvient donc à en faire des copies parfaites rendant le même son va en gagner, des sous.... De quoi rentabiliser l’usage du synchrotron ! ! !

      • shillom
        • Posté à 14h22 le 15/12/2009
        • Internaute 22134

        La curiosité, ou encore le défi scientifique ne vous suffisent pas ?
        Tout doit absolument être rentable pour exister je suppose ?

         
        • Coragyps Atratus
          Coragyps Atratus répond à shillom
          Dans l'attente du moment propice
          • Posté à 08h23 le 16/12/2009
          • Internaute 37338
            Dans l'attente du moment propice

          Le défi et la curiosité scientifique sont des choses saines tant que l’on reste dans la décence et la pondération du moins, lorsque c’est fait avec l’argent public.
          Soigner une personne âgée contre le cancer n’est pas rentable et pourtant, des sommes considérables sont dépensées dans cette recherche. De même, des enfants ayant des pathologies lourdes et dont on sait pertinemment qu’ils ne travailleront jamais (qu’ils ne seront donc pas rentables au point de rembourser, par leur travail, les sommes déboursées par la société pour les soigner) sont tout de même soignés et des recherches sont organisées autour de ces pathologies. Ces recherches nécessitent beaucoup de fond et c’est absolument insoutenable de voir qu’il y a de l’argent public pour démasquer le secret d’un violon pour le plaisir de ceux qui ont investit dans un stradivarius tandis que la recherche publique, médicale notamment, crève d’un sous investissement chronique.

          Par ailleurs, nous vivons dans une société tellement ennuyeuse et dans laquelle la magie et le rêve n’ont plus cours. Les Stradivarius ont un son particulier : qu’on laisse le soin aux mélomanes et aux poètes de deviser là dessus et non aux épiciers de nous emmerder avec leur froide rationalité.

          Que la science s’occupe du bien être de l’humanité avant de s’occuper du bien être fondé d’un investissement.

        1 autres commentaires
    • Jerome_B
      Jerome_B répond à kribi
      • Posté à 09h24 le 15/12/2009
      • Expert 81512

      Et la curiosité intellectuelle, ça ne vous dit rien ? ? ? ?

    • guerzit-
      guerzit- répond à kribi
      Incomprenant majeur
      • Posté à 10h04 le 15/12/2009
      • Internaute 28472
        Incomprenant majeur

      Pour moi c’est la colle aussi...

      30% de hareng, 70% de mélasse... Ça pue mais ca résonne comme une conque défoncée au miel...

  • PASCALC
    • Posté à 19h45 le 14/12/2009
    • Internaute 39241

    Marketing fortuit
    Antonio Stradivarius n’aurait jamais imaginé que la seule chose qu’il n’avait pas conçue dans ses instruments puisse devenir ainsi le mythe de son secret (il ne fabriquait pas ses vernis). Comme quoi ce n’est pas d’aujourd’hui que l’emballage prévaut sur le contenu. Choix des bois, du modèle, conception des voûtes, adaptation des épaisseurs, positionnement des ouïes et enfin le soin tout particulier à élever son taux d’exigence dans la réalisation de l’objet représentent là à 95% le savoir-faire de ce métier. Pour ce qui est du vernis ou tout du moins ce qu’il en reste après usure sur ces violons du 18ème, soit parfois à peine 20 % de ce qu’il y avait à l’origine, il interfère, certes, mais soyons réalistes dans la proportion.
    Petite illustration : un bateau qui gagne, ses voiles, son profil de coque, son poids, son skipper. La qualité de la finition du carénage est-elle le secret de sa vitesse ?
    Non, juste un des éléments de performance.
    Enfin, changez le skipper ou le musicien et la bête ne vous livrera peut-être aucun secret. : -)
    Si certains veulent aller chercher du côté des colles, il seront étonnés, après avoir mis à contribution tout ce matériel scientifique très onéreux, d’y découvrir des débris d’os, de peau ou de nerf, en somme les composants de la colle chaude des ébénistes et des luthiers depuis ... oh, fort, fort longtemps.
    Non, tous les Stradivarius ne sont pas exceptionnels, ça se saurait et il existe, au grand bonheur des musiciens, des instruments d’autres luthiers, moins chers, qui dépassent les moins bons « Strads“et égalent (presque) les meilleurs.
    Un violon ancien subit des modifications structurelles dues au vieillissement du bois et à son utilisation. Fabriquer un violon dans les règles de l’art comme le faisait Stradivarius et beaucoup d’autres est bien entendu à la portée de certains excellent luthiers contemporains que l’on retrouve régulièrement primés dans les grands concours internationaux de lutherie (et oui, ça existe !). Leurs violons sont joués par des professionnels et aujourd’hui de nouveaux Stradivarius naissent régulièrement. Il faudra juste quelques décennies pour que la comparaison puisse être faite en toute équité.

  • argiope
    argiope
    chatouille ou pique, c'est selon
    • Posté à 19h53 le 14/12/2009
    • Internaute 34103
      chatouille ou pique, c'est selon

    Ainsi, il y aurait 5 instruments de Stradivarius au musée de Paris. Je croyais qu’un violon non joué (et bien joué) se dégradait.
    Rassurez-moi, ces violons ne sont pas enfermés dans des vitrines blindées, ils sont prêtés à des violonistes de talent avec l’aide de mécènes, pour faire vivre ces merveilles, non ?

    • Bukaro-Banzaï
      Bukaro-Banzaï répond à argiope
      douteur pro
      • Posté à 00h35 le 15/12/2009
      • Internaute 98707
        douteur pro

      chaque jour un homme, anonyme et bienheureux, vient joué un peu sur chaque violon

  • A déménagé le 13-01-2012 5
    • Posté à 19h58 le 14/12/2009
    • Internaute 98137
      non connue

    Cette supériorité du Stradivarius est-elle confirmée par des tests à l’aveugle ?

    • PASCALC
      • Posté à 20h19 le 14/12/2009
      • Internaute 39241

      Oui et depuis plus de 150 ans ! Les résultats ne sont pas exploitables, tout cela est trop subjectif. Néanmoins, certains en ressortent bien souvent très dubitatifs. Un bon violon n’est pas seulement un violon que l’auditeur entend bien sonner. C’est avant tout un instrument qui permet au musicien d’exprimer son art avec aisance dans une palette de couleurs sonores très étendue.

      • A déménagé le 13-01-2012 5
        A déménagé le 13-01-2012 5 répond à PASCALC
        non connue
        • Posté à 20h58 le 14/12/2009
        • Internaute 98137
          non connue

        A-t-on fait des tests à l’aveugle où le même violoniste joue par exemple le même morceau trois fois sur trois violons successifs, dans un ordre aléatoire, ce qui donne neuf morceaux qu’on demande à l’assistance de classer ?

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à A déménagé le 13-01-2012 5
          Jardinateur
          • Posté à 22h10 le 14/12/2009
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          lisez ceci,
          ça pourrait répondre à votre question

          Lien

        • Jojo2
          Jojo2 répond à A déménagé le 13-01-2012 5
          Ancien actif
          • Posté à 23h07 le 14/12/2009
          • Internaute 95629
            Ancien actif

          Oui. Un docu est passé sur ARTE (se renseigner). Les « experts » ont été incapables de reconnaître un Stradivarius d’un autre violon.

          • shillom
            shillom répond à Jojo2
            • Posté à 14h16 le 15/12/2009
            • Internaute 22134

            Oui d’accord mais l’« autre » violon était loin d’être un premier prix !

        • PASCALC
          • Posté à 21h49 le 15/12/2009
          • Internaute 39241

          Oui mais ce n’étaient pas des scientifiques payés par la Citée de la musique ...

        4 autres commentaires
  • eden-saga.com
    eden-saga.com
    webmestre
    • Posté à 20h13 le 14/12/2009
    • Internaute 89905
      webmestre

    Un si bel article pour conclure qu’on n’en sait rien ! Ça s’appelle nous jouer un air de violon, ça, non ?

    Ou du pipeau, peut-être ?
    A-t-on étudié les vernis du pipeau ?

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