Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Ces lycées parisiens qui interdisent leur internat aux filles

Christelle Gérand
Journaliste
Publié le 15/12/2009 à 10h57


Les portes de l’internat du lycée Henri IV sont closes pour la gent féminine. Cette pratique, qui peut sembler d’un autre âge, est très présente à Paris, dans les internats destinés aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles. Le collectif Ouvrons les portes a jeté un pavé dans la mare début octobre en saisissant la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).

Les lycées Chaptal, Château d’Epluches, Dorian, Henri IV, Janson de Sailly, Jean-Baptiste Say et Stanislas sont les membres parisiens de la liste noire élaborée par Ouvrons les portes, collectif qui regroupe les associations Paris Montagne, Femmes et sciences, Femmes ingénieurs et Femmes et mathématiques.

Il se focalise essentiellement sur Paris, car selon Livio Riboli-Sasco, fondateur et porte-parole de Paris Montagne :

« Le problème y est rendu plus aigu par le manque de logement. Et si les grands lycées parisiens changent leurs habitudes, les autres établissements vont suivre. »

Si accusés et accusateurs s’accordent pour mettre en cause le poids des traditions, celles-ci ont la vie étonnamment longue. L’actuel internat du lycée Jean-Baptiste Say, entièrement rénové en 2007-2008, est toujours réservé aux seuls garçons. Et « la mixité n’a jamais été envisagée », précise la proviseure Jacqueline Marguin-Durand, qui a « trouvé la situation en l’état, avec un internat neuf, non mixte ».

Mais les choses pourraient changer, car « forte de la démarche engagée par Ouvrons les portes » et sous la menace de la plainte pour discrimination, la proviseure « envisage la création d’un internat pour filles sur un terrain proche du lycée, actuellement en friches ».

Pourtant, la « mixité ne nécessite pas de travaux dans cet établissement », estime Philippe Fallachon, directeur des affaires scolaires et de l’enseignement supérieur (DASES) du conseil régional d’Ile-de-France :

« L’internat de Jean-Baptiste Say est construit sur deux étages, la proviseure peut tout à fait en réserver un aux filles. »

Le jeu de la patate chaude

Le collectif Ouvrons les portes a réuni proviseurs, représentants de la région Ile-de-France, du rectorat de Paris et du Crous pour les confronter. Et selon Livio Riboli-Sasco, « tous se renvoient la patate chaude ». La loi est pourtant claire : la rénovation et l’entretien des bâtiments sont pris en charge par la région, et les décisions concernant la scolarité, notamment l’ouverture de l’internat aux filles, relèvent du chef d’établissement.

Et dans tous les cas, les proviseurs ne souhaitent pas ouvrir leurs portes aux filles avant que leurs internats n’aient été agrandis. Mais « que fait-on maintenant pour les 1000 à 1500 filles potentiellement concernées ? », s’interroge Livio Riboli-Sasco. Elles disposent de solutions alternatives, arguent les chefs d’établissements : des places réservées dans les résidences du Crous et des foyers de lycéennes.

François Taddéi, du collectif Ouvrons les portes, croit savoir pourquoi les proviseurs traînent tant les pieds. L’un d’entre eux lui aurait avoué que le problème de la non-mixité de son internat était son principal levier pour que la région lui alloue des chambres d’internat supplémentaires.

Cette prise en otage ne serait pas nécessaire car « la région a les fonds nécessaires pour permettre la mixité, si celle-ci nécessite des travaux », soutient Philippe Fallachon. « Les lycées concernés pourraient presque tous devenir mixtes, sur décision du chef d’établissement. Et seul Henri IV nous a adressé une demande de restructuration. »

Une affirmation que conteste le proviseur du lycée Chaptal, Philippe Semichon :

« Nous faisons depuis 2002 des demandes auprès du Conseil général, puis de la région Ile-de-France pour obtenir un doublement de la capacité de l’internat qui nous permettrait d’accueillir des filles. »

Les filles « prises en otage » ?

Si le problème de la non-mixité des internats des grandes écoles peut sembler marginal, Livio Riboli-Sasco souligne qu’il est « au cœur du système scolaire français ». Dans ces lycées où l’on forme l’élite, les filles ont de moins bonnes conditions de travail que les garçons : trajet plus long, habitat plus bruyant, plus onéreux.

À cela, on retorquera que la question ne date pas d’hier et que des solutions d’hébergement existent depuis longtemps pour pallier ce problème : des foyers confessionnels, tels que l’institut Serviam, à la Cité universitaire. À cet égard, le Foyer des Lycéennes, institution d’Etat, s’est érigé en « internat d’excellence » jusqu’à maintenant réservé aux filles, en accueillant près de 500 étudiantes dont un tiers de boursières.

Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France a souligné le 16 novembre dernier « l’enjeu particulier de l’accueil des jeunes filles en internat, notamment pour augmenter leur nombre dans les filières scientifiques où elles sont sous-représentées ».

Elles ne sont que 12% dans les classes d’excellence de la filière physique (PTSI-PT*) du lycée Jean-Baptiste Say. Les places réservées aux filles ne doivent d’ailleurs pas « nécessairement représenter 50% du parc », précise Livio Riboli-Sasco. Il s’agit de « respecter les proportions. Qu’être un garçon ou une fille ne change en rien les chances de pouvoir intégrer tel internat ».

Aller plus loin
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  • personne
    • Posté à 11h06 le 15/12/2009
    • Internaute 21725

    « prises en otage »

    Un peu moins de grandiloquence ne ferait pas de mal.

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à personne
      diptère
      • Posté à 11h44 le 15/12/2009
      • Internaute 45466
        diptère

      z
      z
      Pour étudier, il est important que les filles ne soient pas là. Elles gènent les garçons. Je ne vais pas vous faire un dessin.
      z
      z

  • A déménage le 14-03-2012
    • Posté à 11h08 le 15/12/2009
    • Internaute 98050

    Bonjour Christelle Gérand. « François Taddéi, du collectif Ouvrons les portes, croît savoir pourquoi les proviseurs traînent tant les pieds. » croît du verbe croire ou du verbe croître ? Etant donné le peu d’intérêt de mon commentaire absolument pas en rapport avec le sujet, je vous invite à le modérer :) Cordialement.

    • Lucile Sourdès
      • Posté à 11h13 le 15/12/2009
        éditeur
      • Journaliste 67769
        Editrice

      Votre commentaire ne manque pas d’intérêt puisqu’il m’a permis de corriger une erreur. Merci de votre vigilance.

      • kuyuh
        kuyuh répond à Lucile Sourdès
        • Posté à 13h28 le 15/12/2009
        • Internaute 15284

        Et bravo pour avoir correctement écrit « la gent féminine », c’est si rare...

    • rrrobotom
      rrrobotom répond à A déménage le 14-03-2012
      Sea lover
      • Posté à 11h30 le 15/12/2009
      • Internaute 70782
        Sea lover

      ne met pas l’accent circonflexe et on comprendra que c’est le verbe croire.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 11h18 le 15/12/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    La HALDE est là pour ça. L’égalité des chances homme-femme est non négociable. Ca parait simple à trancher. Un cas d’école, si vous me permettez le calembour...

    • Pouffpouff
      Pouffpouff répond à Iv
      En activité
      • Posté à 11h55 le 15/12/2009
      • Internaute 27937
        En activité

      A ceci près qu’il n’y a aucune obligation scolaire après 16 ans.

      • Iv
        Iv répond à Pouffpouff
        Roboticien utopiste
        • Posté à 12h37 le 15/12/2009
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        Et ? ...

        Imaginez un instant que ce soit les noirs à qui on dit qu’ils ne peuvent entrer à l’internat. Ou aux homosexuels.

        Le cas est clair.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 00h05 le 16/12/2009
          • Internaute 41144

          Exactement, c’est une discrimination de même nature que le racisme.

          • A déménagé le 13-01-2012 5
            • Posté à 01h07 le 16/12/2009
            • Internaute 98137
              non connue

            Tiens donc !

            Vous croyez que c’est par mépris des filles qu’on leur interdit l’accès aux internats ?

            Ca n’est bien évidemment en aucun cas comparable à du racisme. C’est une situation qui provient d’une époque ancienne où les filles étaient peu nombreuses en prépas, et qui ne s’est pas bien résolue d’une part par manque de place additionnelle en centre ville, et d’autre part parce que en Internat, il faut des locaux bien séparés : on ne peut pas juste faire un carré dans le dortoir des garçons et dire : ici sera le dortoir des filles.

            Assimiler ça à du racisme, c’est idiot, le degré zéro de la pensée...

        • A déménagé le 13-01-2012 5
          A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Iv
          non connue
          • Posté à 01h08 le 16/12/2009
          • Internaute 98137
            non connue

          J’ai répondu à Béatrice, mais ça vaut aussi pour vous bien entendu. Cette comparaison est absurde.

          • Iv
            Iv répond à A déménagé le 13-01-2012 5
            Roboticien utopiste
            • Posté à 11h10 le 16/12/2009
            • Internaute 39192
              Roboticien utopiste

            Je pense au contraire que le cas des homosexuels est tout à fait comparable. Les raisons historiques tiennent justement à ce qu’on ne souhaite pas gérer des histoires de coucherie dans les internats. A ce titre, interdire l’entrée d’un internat aux filles et pas aux homosexuels est incohérent. Ce n’est pas parce qu’elle dispose du poids de la tradition que la pratique est plus acceptable.

        11 autres commentaires
    • minguinhirigue
      minguinhirigue répond à Iv
      Architecte
      • Posté à 12h47 le 15/12/2009
      • Internaute 47263
        Architecte

      L’égalité est non-négociable, certes, mais la liberté de choix l’est également...

      Et elle met en évidence des différences, telles que le fait que la proportion homme-femme s’inverse entre les internats des classes préparatoires scientifiques et ceux des classes préparatoires littéraires, vraisemblablement ignorées...

      C’est vrai que la littérature n’a aucune valeur d’excellence ! ?

      • pablico
        pablico répond à minguinhirigue
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 14h20 le 15/12/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        le problème premier hors garçon/fille, c’est que la famille doit avoir beaucoup de moyens financiers, pour pouvoir payer des studios et autres hébergement que l’internat..

        seuls les « riches » sont élus faute de combattants sans moyens..

        élitisme par le pognon ?

        pourtant la courbe de gausse, sur l’intelligence,et les moyens intellectuels, est la même pour les riches et les pauvres..

        résultat : le pays s’ampute d’une belle partie de ses futurs cadres et élites...

         
        • juliendenantes
          juliendenantes répond à pablico
          prépa agreg
          • Posté à 15h24 le 15/12/2009
          • Internaute 93544
            prépa agreg

          Je suis tout à fait d’accord avec vous.
          L’article occulte selon moi le vrai problème.

          Pour avoir fait une prépa scientifique à Paris et ayant des parents ouvriers, je peux vous affirmer que lorsque l’on débarque en classe prépa à Paris, on voit de suite que l’on ne se bat pas avec les mêmes armes pour obtenir le concours.
          Les langues ne sont pas assez mises en avant dans les lycées de province, alors qu’un élève sortant d’un « bon » lycée parisien avec son BAC S est quasiment bilingue.
          Mais le problème essentiel, c’est que pour pouvoir étudier à Paris (et on a pas forcement beaucoup de choix d’aller étudier ailleurs en raison parisienne), il faut vraiment exploser le porte monnaie ou avoir la chance d’avoir l’internat. Mais si vous n’êtes pas choisi pour l’internat, vous avez droit à la chambre de bonne de 10 m² au 6e sans ascenseur avec WC « collectif » sur le palier pour 500 euros par mois. Sans compter les trajets hebdomadaires pour retrouver la famille le week-end (et pour se faire laver le linge). Quand vos parents touchent à eux deux moins de 2000 euros par mois, il faut mieux être fils (ou fille) unique !

          Donc certes, il n’y a pas assez d’internat pour fille et ceci est du à des raisons historiques d’un autre âge, qu’il faut combattre (je tiens à souligner que le cas inverse existe aussi). Mais les filles qui ont des parents ayant de bons moyens financiers n’ont pas de problème pour se loger. Le soucis, c’est que fille ou garçon quand on vient d’un milieu modeste, il est très difficile de se loger.

          Donc par pitié, ne cloisonnons pas ce problème à une affaire d’égalité homme-femme.

          • anini
            anini répond à juliendenantes
            terrienne de souche !
            • Posté à 18h01 le 15/12/2009
            • Internaute 51759
              terrienne de souche !

            Disons qu’à ressources égales ,l’écart est tout de même en faveur du masculin !

        • minguinhirigue
          minguinhirigue répond à pablico
          Architecte
          • Posté à 15h30 le 15/12/2009
          • Internaute 47263
            Architecte

          Je suis bien d’accord, le combat pour l’égalité des chances en fonction des classes socio-professionnelles est bien plus important que celui de l’accès des filles aux internats de classes préparatoires scientifiques (majoritairement masculines par traditions socio-culturelles...), dans des quartiers ou pullules d’ailleurs les foyers pour filles, bien plus fréquents que ceux pour garçons dans Paris.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 00h10 le 16/12/2009
            • Internaute 41144

            « le combat pour l’égalité des chances en fonction des classes socio-professionnelles est bien plus important que celui de l’accès des filles aux internats de classes préparatoires scientifiques »

            Comment un combat pour l’égalité des chances pourrait-il être plus ou moins important qu’un autre ? Tout va ensemble. Il est fondamental que les filles aient accès aux classes prépas scientifiques, et la possibilité de loger en internat en fait partie.

            Figurez-vous qu’il existe des filles issues de classes socio-professionnelles défavorisées : pas de chance pour elles, n’est-ce pas ? C’est carrément la double peine.

          • Iv
            Iv répond à minguinhirigue
            Roboticien utopiste
            • Posté à 11h15 le 16/12/2009
            • Internaute 39192
              Roboticien utopiste

            Etrange notion que ces combats se fassent aux dépends l’un de l’autre. Les places en internat sont réservées aux plus défavorisés (en théorie). Si les garçons les moins défavorisés cèdent des places aux filles les plus défavorisées, l’égalité sociale ne s’y retrouve-t-elle pas également ?

            • A déménagé le 13-01-2012 5
              A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Iv
              non connue
              • Posté à 18h32 le 16/12/2009
              • Internaute 98137
                non connue

              Ah bon, c’est réservé aux plus défavorisés ? Pourquoi donc ?

              • Iv
                Iv répond à A déménagé le 13-01-2012 5
                Roboticien utopiste
                • Posté à 20h23 le 16/12/2009
                • Internaute 39192
                  Roboticien utopiste

                Ah ? Je peux me tromper, n’ayant jamais été en internat, mais il me semblait que le but de la manip était de fournir un hébergement à prix plus raisonnable proche de l’école au lieu de forcer les familles à louer un appartement dans le quartier.

                • A déménagé le 13-01-2012 5
                  A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Iv
                  non connue
                  • Posté à 22h44 le 16/12/2009
                  • Internaute 98137
                    non connue

                  A la base, l’internat en prépa n’est pas social ; il a pour but de donner aux taupins et aux khagneux les meilleures conditions pour pougner à 200% pendant deux ou trois ans...

                  • Iv
                    Iv répond à A déménagé le 13-01-2012 5
                    Roboticien utopiste
                    • Posté à 10h54 le 17/12/2009
                    • Internaute 39192
                      Roboticien utopiste

                    Ok, mais si je comprends bien, il y a plus de place dans les classes que dans les dortoirs. Comment se décide l’attribution des places en dortoir lorsque la demande excède l’offre ?

        • A déménagé le 13-01-2012 5
          A déménagé le 13-01-2012 5 répond à pablico
          non connue
          • Posté à 01h13 le 16/12/2009
          • Internaute 98137
            non connue

          « pourtant la courbe de gausse, sur l’intelligence,et les moyens intellectuels, est la même pour les riches et les pauvres.. »

          Vous dites ça par idéologie, ou bien vous avez des sources sur la base d’études sérieuses ?

          Dans l’hypothèse où contrairement à toutes les autres fonctions corporelles, la « performance » du cerveau ne dépendrait que de l’éducation, cette proposition se tiendrait en théorie.

          Mais dans le cas contraire, où une part non négligeable de la « performance » du cerveau dépendrait des gènes, et donc de caractères innés, on peut imaginer qu’une certaine sélection ait eu lieu progressivement au fil du temps, selon les mécanismes darwiniens classiques, et que la courbe de Gauss soit légérement voire significativement décalée et plus favorable dans les classes dominantes.

          Ce qui bien entendu ne serait que statistique, et n’empêcherait jamais qu’un génie émerge du lumpenprolétariat tandis qu’un fils de la haute serait un crétin fini ; cette dernière précision à l’usage des riverains handicapés de la culture scientifique.

          • Homere elmero
            Homere elmero répond à A déménagé le 13-01-2012 5
            communiste primitif
            • Posté à 01h40 le 17/12/2009
            • Internaute 87706
              communiste primitif

            fumeux... tres fumeux pour le coup, Mr Hulk...

            • A déménagé le 13-01-2012 5
              • Posté à 02h28 le 17/12/2009
              • Internaute 98137
                non connue

              Pas du tout. Le problème se pose en ces termes, scientifiquement parlant.

              Et si des idéologues tentent de s’en emparer à des fins douteuses, c’est bien triste, mais ça ne doit pas empêcher d’en traiter.

          • Iv
            Iv répond à A déménagé le 13-01-2012 5
            Roboticien utopiste
            • Posté à 11h23 le 17/12/2009
            • Internaute 39192
              Roboticien utopiste

            Une courbe mettant en relation QI et richesse, voila qui serait intéressant !

            Ah ben nourrissons le débat, Google m’en trouve là. C’est tiré d’un livre dont je ne sais pas ce qu’il vaut, mais c’est déjà quelque chose :

            Lien

            Intéressant, les revenus en ordonnée et le QI en abscisse montre que beaucoup de gens avec un faible QI gagnent peu et que les gens avec fort QI sont rares à gagner peu. Mais avoir un fort salaire, est-ce être riche ?

            Ca c’est plus rigolo déjà ! Encore une fois, on voit qu’un faible QI donne une bonne chance d’être pauvre. Mais regardez les deux carrés supérieurs. On pourrait les inverser sans être capables de faire la différence. Etre riche et être con semble être tout à fait compatible. En fait, il est plus probable d’être intelligent et pauvre que riche et intelligent. Si on lit le graphique en ligne, il est interessant de voir que les lignes supérieures n’ont pas l’air d’avoir de préférence pour le coté droit ou gauche du graphe. Tout aussi intéressant, les gens intelligents n’ont pas non plus l’air d’avoir de préférence pour des richesses élevés.

            Mon interprétation toute personnelle est que cette différence s’explique principalement par l’héritage d’argents et de biens. Il y a une composante génétique à l’intelligence, mais il y a une bien plus forte propension à être riche quand on a des parents riches qu’à être intelligent quand on a des parents intelligents.

            Ce qu’il y a de vicieux dans ce graphe c’est que si l’on fait une moyenne, on va effectivement obtenir une courbe qui monte, donnant l’impression que plus on est intelligent, plus on est riche, et vis versa. Pourtant on dirait que si l’intelligence peut servir à repousser la pauvreté, elle ne suffit pas à amener la richesse.

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 15h39 le 17/12/2009
              • Internaute 41144

              D’après l’autoproclamé « gros con de droite », les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont cons : CQFD. Voilà une affirmation qui situe son auteur à la toute droite de la droite ! Le social déterminé par le génétique, c’est une véritable atrocité qui ne viendrait à l’idée ni de Bush ni de McCain, mais qui est très prisée chez les néo-nazis du KKK...

              Les études sur les enfants adoptés montrent que c’est le milieu socio-culturel qui est déterminant pour fabriquer des « Mozart assassinés ».

            • A déménagé le 13-01-2012 5
              A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Iv
              non connue
              • Posté à 16h08 le 17/12/2009
              • Internaute 98137
                non connue

              Je n’ai pas parlé de QI. Le QI est biaisé et on va le trouver meilleur en moyenne dans les populations ayant reçu une bonne éducation. Ce genre d’étude est tautologique.

              • Iv
                Iv répond à A déménagé le 13-01-2012 5
                Roboticien utopiste
                • Posté à 09h33 le 18/12/2009
                • Internaute 39192
                  Roboticien utopiste

                Seulement voila, le QI est la meilleure mesure numérique dont on dispose pour se corréler à ce qu’on appelle généralement l’intelligence. Ca présente l’avantage d’offrir une mesure ne dépendant pas de l’observateur.

                Le tableau semble suggérer qu’il existe un seuil de richesse au dela duquel le QI devient réparti d’une façon assez uniforme. Il y a bien une corrélation entre bas QI et basse fortune mais aucune entre les autres valeurs.

                Est ce réellement biaisé de tenir compte du facteur éducation dans une mesure de l’intelligence ? N’êtes vous pas en train de tenir un peu un raisonnement circulaire en disant que l’intelligence est principalement un caractère génétique mais que l’on ne doit pas tenir compte des caractères acquis (l’éducation) dans la mesure de l’intelligence ?

                Je n’ai pas toutes les études sous le coude, mais m’étant intéressé au sujet, j’ai découvert avec stupeur que le QI (qui est considéré comme une bonne mesure de l’intelligence par pas mal de monde) a en effet un fort caractère génétique et que ce trait n’est pas beaucoup plus présent dans les milieux riches que dans les milieux pauvre. Ca donne une belle image des profils que la société rétribue...

            • Homere elmero
              Homere elmero répond à Iv
              communiste primitif
              • Posté à 16h15 le 17/12/2009
              • Internaute 87706
                communiste primitif

              Un QI de 100 etant par definition la moyenne au sein d’une population, il devrait y a voir la meme densite de points d’un cote et de l’autre de la mediane du tableau. Or ce n’est pas le cas. Z’etes sur de la fiabilite de ces tableaux ?

              • Homere elmero
                Homere elmero répond à Homere elmero
                communiste primitif
                • Posté à 16h29 le 17/12/2009
                • Internaute 87706
                  communiste primitif

                eh bea, moi aussi je peux appuyer sur les boules rouges...

              • Iv
                Iv répond à Homere elmero
                Roboticien utopiste
                • Posté à 13h00 le 18/12/2009
                • Internaute 39192
                  Roboticien utopiste

                Bonne remarque.

                Après recherche, l’étude s’est faite sur une tranche d’age précise correspondant à la génération des baby boomers, et considérant que l’intérêt de l’étude portant sur la capacité à se faire une fortune et une carrière grâce à son intelligence, il valait mieux prendre des gens d’expérience. Je n’ai pas le livre et donc ne peut pas donner de détail.

                Sachant qu’il s’agit donc d’une population plus vieille et que le QI jusque dans les années 90 est allé en montant avec le temps, il semble normal que l’étude montre une moyenne plus basse que 100 (le 100 étant réglé sur l’ensemble de la population d’un pays)

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 11h20 le 15/12/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Le spectre de 68 plane sur la ville...

    brrr... ça fout la chtrouille !

  • manasté
    manasté
    Candide à ressort
    • Posté à 11h26 le 15/12/2009
    • Internaute 98911
      Candide à ressort

    [Cette pratique, qui peut sembler d’un autre âge, ...]

    Ha ?

    C’est curieux il me semble pourtant bien que cette pratique est tout soudain redevenue contemporaine.
    Au mieux n’ayant pas cédé au roulement sans fin des réformes ’réformantes’ elle semble plutôt étrangement moderne, non ? !

  • Piero69
    Piero69
    Docteur, chercheur en devenir
    • Posté à 11h31 le 15/12/2009
    • Expert 72045
      Docteur, chercheur en devenir

    Si je ne me trompe pas, c’est « Livio Riboli-Sasco », et pas Sisco.

  • Fersen
    Fersen
    Pédé militant
    • Posté à 11h32 le 15/12/2009
    • Internaute 95881
      Pédé militant

    Je ne sais pas ce qu’il en est des lycées publics, mais à Stan où j’ai fait ma prépa en internat (j’y suis sorti il y a à peine deux ans), la mixité à l’internat n’était clairement pas voulu.

    Je sais que d’importants travaux ont lieu pour augmenter la taille de l’internat, mais l’objectif premier de ces agrandissements est de rendre obligatoire l’internat pour les garçons.

    Les filles doivent se débrouiller avec les foyers du coin (la Maison notamment, tenue par des religieuses).

    Stan est d’ailleurs un des rares endroits où perdure une vraie forme de machisme et de discrimination. Les filles sont jugées moins aptes à « affronter » les concours que les garçons, elles sont moins nombreuses à entrer en prépa, et lors de l’écrémage à la fin de la première année, ce sont elles qui partent en majorité (même si certaines sont mieux classés que des garçons).

    L’impression globale que je garde de Stan concernant les filles c’est qu’elles sont certes tolérées, mais qu’elles restent quand même un boulet...

    En même temps, Stan est loin d’être le lycée le plus progressiste de France...

    • LouveTomsen
      LouveTomsen répond à Fersen
      étudiante
      • Posté à 11h47 le 15/12/2009
      • Internaute 94009
        étudiante

      En même temps, c’est Stan :)....

      • Fersen
        Fersen répond à LouveTomsen
        Pédé militant
        • Posté à 11h54 le 15/12/2009
        • Internaute 95881
          Pédé militant

        Oui, c’est sûr. Stan est une structure très marqué par le conservatisme social et les valeurs catholiques.

        Quand j’y suis rentré, je savais où je mettais les pieds.

        Mais bon, cela reste un établissement d’excellence, où l’on travaille dans une excellente ambiance.

        Je n’en garde pas du tout un mauvais souvenir, même si j’ai eu l’impression parfois qu’on cherchait à m’imposer une certaine vision du monde et de la société.

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