Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Au « fab lab », fabriquez vous-même votre machine à laver

Publié le 27/12/2009 à 11h49

Vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal. Le concept de « fab lab » arrive tout juste en France, grâce à une bouillonnante communauté d’enseignants, de hackers et d’artistes. Le principe ? Créer un lieu où les machines industrielles sont mises à la disposition du public. Une sorte d’« atelier de production 2.0 » comme le définit Stéphanie Bacquère, fondatrice avec Marie-Noéline Viguié de l’agence Nod-A.

Un fab lab, qu’est-ce que c’est exactement ?

Rien à voir avec la série télévisée britannique déjantée « Ab Fab ». Le terme fab lab vient de l’anglais « fabrication laboratory ». Il désigne un atelier industriel où les outils peuvent être utilisés par tous et pour construire à peu près n’importe quoi. « Un vélo, un meuble, améliorer une machine à laver ou modifier une moto », explique Jean-Louis Fréchin, architecte et enseignant à l’Ensci, une école de design industriel.

Dans un fab lab, on trouve le plus souvent des outils de découpe du bois, du métal, du plastique, et ces fameuses « imprimantes 3D », des machines coûtant environ 350 euros (au lieu de plusieurs milliers) et capables de produire automatiquement des petites pièces (comme un verre). Tout cela piloté par des logiciels libres. (Voir la vidéo extraite d’un reportage diffusé sur Itélé en 2006).

A quoi ça sert ?

Le premier fab lab à grande échelle est à vocation pédagogique. Il a été lancé en 2002 par Neil Gershenfeld, un professeur du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Aujourd’hui, on trouve une quarantaine de fab labs répartis sur tous les continents et qui ont des fonctions diverses.

En Espagne, le fab lab de Barcelone est un lieu d’innovation sur l’architecture, alors qu’au Kenya, on fabrique des pompes à eau sans avoir à faire venir les pièces d’Europe. Les fab labs peuvent répondre à un besoin social criant. C’est dans cet esprit qu’un plasticien, Jean-Noël Montagné, travaille sur un projet de machine à laver simplifiée.

Permettre à des étudiants de se frotter à la création, aider des populations enclavées dans les pays pauvres, ou encore mettre à disposition des machines pour des PME innovantes, voilà quelques unes des missions assignées aux fab labs.

En quoi est-ce révolutionnaire ?

Le concept de fab lab applique au monde industriel l’esprit de partage, d’innovation et de gratuité que l’on trouve sur Internet comme avec les logiciels libres et les réseaux sociaux. En permettant à n’importe qui d’accéder à des machines industrielles simples et à bas coût, on sort du mode de production classique. C’est en cela que des communautés de hackers veulent s’investir dans les fab labs.

Alexandre Korber, membre du TMP Lab, un lieu d’innovation tenu par des hackers à Vitry, en région parisienne, s’en explique :

« Le fab lab c’est le même principe que le hacking : on apprend aux gens à faire par eux-mêmes. »

En France c’est pour quand ?

En France, c’est tout un réseau formé d’acteurs d’horizons variés qui travaille à faire émerger un fab lab en région parisienne : la Fondation Internet nouvelle génération (Fing), les hackers du TMP Lab, l’école de création industrielle Ensci, l’atelier artistique Dork Bot, sans oublier Ping, Sillicon Sentier, l’Institut Télécom et plusieurs laboratoires de recherche.

Fabien Eychenne de la Fing évoque la forme que pourrait prendre le projet :

« Soit un fab lab mobile, une sorte de camion-bus qui se déplacerait dans les campagnes, les cités pour démystifier la technique, [ou] un lieu fixe qui puisse aussi servir aux entreprises. Où les industriels pourraient venir tester des produits à l’état de projet. »

Le fab lab n’est encore qu’à l’état de projet mais la Fing et les autres acteurs associés espèrent en mettre un sur pied à l’horizon 2010-2011. (Voir la video réalisée par Nod-A)

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  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 12h17 le 27/12/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    c’est tres interessant
    peut etre une solution pour « demain » ou « l’après » et l’apprentissage de la réapropriation d’un objet....
    ou la fin de la consommation de masse

    • karlM
      karlM répond à jyeden
      Précaire
      • Posté à 12h37 le 28/12/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      je ne comprends pas ce passage
      « Dans un fab lab, on trouve le plus souvent des outils de découpe du bois, du métal, du plastique, et ces fameuses “ imprimantes 3D ”, des machines coûtant environ 350 euros (au lieu de plusieurs milliers) et capables de produire automatiquement des petites pièces (comme un verre). Tout cela piloté par des logiciels libres. (Voir la vidéo extraite d’un reportage diffusé sur Itélé en 2006). »

      dans le reportage on parle de 85000€.... et qui construit et répare la machine du Mit ! !

      quand à des ateliers coopératifs ça existe déjà pour la tv, radio, informatique, mécanique, couture, musique.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 12h31 le 27/12/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    quand on fabrique quelque chose, non seulement on sait comment cela marche, on est fier de soi, et il se créait un côté « affectif » avec l’objet créé..

    c’est tout la différence.

    • jyeden
      jyeden répond à pablico
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 13h40 le 27/12/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      peut etre qu’en fabricant certains objets soi meme on serait tenté d’en utiliser moins
      ou du moins, moins de gadgets

  • A déménagé le 13-10-2012 2
    • Posté à 12h40 le 27/12/2009
    • Internaute 85164
      non connue

    A mettre sur Rue 69 pour l’auto fabrication de sex toys .

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 09h49 le 28/12/2009
    • Internaute 97720
      intello

    on possède tous tant d’outils qui piurraient être partagés.....
    des bourses aux outils... ce serait un bon truc !

  • Plokta
    • Posté à 10h33 le 28/12/2009
    • Internaute 10431

    Copier simplement toutes pièces c’est assez magique, je ne peux m’empêcher d’y voir à court terme les mêmes problèmes que la copie des œuvres numériques.
    J’imagine bientôt nos députés obligés de voter en urgence une sorte d’hadopi pour les machines numériques avec obligation d’ajouter des DRM dans les pièces de machines à laver.

  • vol19
    • Posté à 14h27 le 28/12/2009
    • Internaute 13492

    Très intéressant. Voilà ce qu’il faut encourager !

  • Fabienne Gallaire
    Fabienne Gallaire
    Journaliste
    • Posté à 15h56 le 28/12/2009
    • Journaliste 24285
      Journaliste

    Aussi sur Rue 89, un reportage sur le Festival organisé par le /tmp/lab cet été :
    Au Hacker Space Festival, une autre sécurité informatique est possible

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h56 le 29/12/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Ca c’est une idée super cool.
    Il y a souvent des types qui ont des bonnes idées mais pas les outils pour construire ne serait-ce qu’un prototype, qui du coup se contentent d’outils manuels et forcément ça marche beaucoup moins bien.

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