Chez Jean-Frédéric Schaub

L'enseignement supérieur, les sciences humaines, et d'autres sujets, par l'historien Jean-Frédéric Schaub, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

30% de boursiers dans les grandes écoles. L'université gagnante ?

Jean-Frédéric Schaub
Directeur d'études à l'EHESS
Publié le 07/01/2010 à 17h10

La polémique engagée autour de l’objectif de 30% de boursiers parmi les étudiants en grandes écoles appelle quelques remarques générales concernant la dualité universités/grandes écoles (et la nécessité d’y mettre fin).

Notre système d’enseignement supérieur est dual. Un hémisphère -celui des écoles- repose sur l’hypersélection. L’autre -l’université- refuse le principe de sélection (même si l’évaporation massive d’étudiants opère comme une sélection par l’échec).

Tensions entre la professionnalisation et production de connaissances nouvelles

Le monde des grandes écoles est tout entier tendu vers la professionnalisation, tandis que le monde universitaire est traversé de tensions entre une fonction professionnelle et une mission de production de connaissances nouvelles. Dans les cas de la médecine, du droit, de la gestion, par exemple, la professionnalisation demeure la colonne vertébrale des études.

Dans d’autres disciplines comme les sciences de la nature ou les sciences sociales, il existe un équilibre entre les deux horizons. La professionnalisation, c’est la préparation aux concours de recrutement de l’enseignement secondaire. La production de connaissances nouvelles, ce sont les études doctorales.

En caricaturant les choses, on pourrait dire que les écoles hypersélectives engendrent des ingénieurs, des cadres, des experts ; tandis que les universités, en principe non sélectives, forment des professeurs et des docteurs.

Bien entendu, on peut rappeler que les grandes écoles, telles les écoles normales supérieures (sciences et lettres) ont vécu en osmose avec les universités. Les normaliens allaient y chercher leurs diplômes (licence, maîtrise/master, doctorat). Mais, pour l’essentiel, il s’agit bien de deux mondes parallèles.

Les leçons du refus de la réforme

Le refus de l’autonomie des universités et la méfiance à l’égard des nouvelles procédures d’évaluation ont été portés par un discours de rejet :

  • de la hiérarchisation des établissements (fiction d’une égalité de résultats et de valeur intrinsèque)
  • de la « marchandisation » (fiction selon laquelle on peut gérer le service national d’éducation sans évaluer son coût)
  • de la sélection (fiction d’un droit à l’éducation supérieure qui ne serait soumis à aucun critère d’aptitude)

Pendant qu’une partie du corps enseignant faisait valoir ces arguments contre la politique du gouvernement, les grandes écoles, évidemment, se tenaient à l’écart.

Nous étions nombreux, l’an dernier, à penser que plus les universités s’arc-boutaient sur ces refus combinés, plus le système des grandes écoles serait attractif pour les meilleurs étudiants.

Il n’est pas inutile de rappeler, à ce propos, la forte attractivité des I.U.T. qui tient précisément au caractère sélectif des critères d’admission en leur sein. Les étudiants sont attirés par les systèmes sélectifs.

Hiérarchisation, sélection, attraction

Mais voilà que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche poursuit le tracé de sa politique, avec une constance à laquelle il n’a pas habitué ses administrés depuis quelques décennies.

L’horizon qui sous-tend la politique de l’autonomie, c’est de restituer aux universités une capacité de hiérarchisation, de sélection et d’attraction. Cela renforcerait leur capacité à être les lieux d’invention scientifique et d’enseignements tirés par la recherche.

Or, cette restitution implique un dépassement du système dual, qui nous vient, rappelons-le, de la fin du XVIIIe siècle.

L’intégration de certaines grandes écoles dans les regroupements universitaires en cours (PRES), la création de classes préparatoires aux concours des écoles au sein de certaines universités (c’est-à-dire plus seulement dans les lycées), et aujourd’hui l’affichage d’un objectif de 30% de boursiers parmi les rangs des élèves des écoles : autant d’étapes d’un processus de convergence qui ne fait que commencer.

Une entrée en résistance

Bien entendu, les écoles peuvent faire le pari que les lobbies de leurs anciens élèves dans les ministères, dans les entreprises et dans les médias auront, finalement, raison d’une ministre qui ose écorner leur souveraineté. D’autant que les ministres sont assis sur des sièges éjectables, et la conférence des directeurs des grandes écoles a l’éternité devant elle !

Ses principes ? L’élitisme républicain et, la main sur le cœur, la foi dans l’égalité de tous devant les épreuves anonymes des concours. Son pragmatisme ? On ne casse pas un système qui marche pour améliorer un système qui ne marche pas (argument que l’on entend au moins depuis 1981).

Le chantier ouvert par la loi sur la liberté et la responsabilité des universités devait, inévitablement, affecter le terrain des grandes écoles. Dans le même mouvement se dessinent la fin de la dualité universités/grandes écoles, mais aussi la mise en place d’une hiérarchie ouverte et explicite des universités entre elles.

Aller plus loin
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  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 17h30 le 07/01/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Votre article me laisse songeuse ...

    Quelles conclusions tirez vous finalement ?

    Que la réforme des universités ne vise qu’à transposer le schéma « grandes écoles “ dans le monde universitaire ?
    Si les universités refusent (vos 3 rejets) les caractéristiques de ce système comment envisager un rapprochement ?

    Notre système d’études supérieures n’est pas seulement dual il est complexe et multiple.
    Quid des BTS qui sont gérés par les lycées (à comparer avec les IUT) ? Vous n’en parlez pas

    Uniformiser à tout prix ce système me semble une hérésie, ce processus de convergence est absurde !

    Forme-t-on de la même manière une infirmière, un docteur, un ingénieur et un journaliste ? ? ? Pourquoi stigmatiser les seules grandes écoles, alors que tant de formations publiques sont soumises à concours ? ? ?

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 18h03 le 07/01/2010
    • Internaute 97720
      intello

    intégrons les gdes écoles dans les universités.... et partageons les budgets !

    • Coldo
      Coldo répond à alice91
      pas là
      • Posté à 19h08 le 07/01/2010
      • Internaute 40715
        pas là

      ouais ! ... et faisons payer aux étudiants de fac les mêmes frais de scolarité qu’aux étudiants des grandes écoles...

      Une bonne idée que vous avez eue là...

      • Ethelbert
        Ethelbert répond à Coldo
        (né trop tard dans un monde (...)
        • Posté à 20h13 le 07/01/2010
        • Internaute 65688
          (né trop tard dans un monde (...)

        Cela dépend... Si on parle du système public d’enseignement - et je pense que cette « polémique » sur les 30% de boursiers ne concernent que celui-ci, les établissements privés ayant leurs systèmes propres de bourses -, les grandes écoles, ce sont principalement les ENS.
        Les frais d’inscription ne doivent pas être beaucoup plus élevés que dans les universités ; en revanche les conditions d’études et les moyens octroyés par l’État n’y sont pas les mêmes. Enfin, comme les élèves sont issus d’un concours, il s’agit dès lors d’élèves-fonctionnaires rémunérés pendant leur scolarité. Avec obligation de servir l’État à l’issue de celle-ci, certes.

  • mamane
    mamane
    le futur c'était mieux avant
    • Posté à 20h19 le 07/01/2010
    • Internaute 44657
      le futur c'était mieux avant

    Je suis pour des quotas de 30% d’enfants de cadres et de patrons dans les CAP et les BEP.

    Mais pas seulement, je suis pour un quotas de 30% des mêmes enfants chez les éboueurs, les balayeurs, les standartistes, les manutentionnaires, les ouvriers à la chaine, les agents de caisse de supermarché et autres boulots sous payé et mal vue comme cuiseur de frites à chaine dans les fast-food.

    ça c’est un quota qui a de la gueule non ?

    • Ethelbert
      Ethelbert répond à mamane
      (né trop tard dans un monde (...)
      • Posté à 20h40 le 07/01/2010
      • Internaute 65688
        (né trop tard dans un monde (...)

      Votre statut indique « Ingénieur »... donc cadre.

      Si votre intervention est à prendre au premier degré, lesquels de ces postes auraient votre préférence pour vos enfants, si vous en avez ou quand vous en aurez ? : -)
      À condition bien sûr qu’au préalable, ils aient choisi une voie moins pittoresque : enseignant, avocat, grand gourou epadien... Sinon, ça ne compte pas.

      • mamane
        mamane répond à Ethelbert
        le futur c'était mieux avant
        • Posté à 20h47 le 07/01/2010
        • Internaute 44657
          le futur c'était mieux avant

        Aaaahhh ça c’est une bonne question ! Et je dirai même plus, en voilà une question qu’elle est bonne.

        Mes enfants feront ce qui leur plait. A titre personnel, je suis pour une « société de la vocation », et non une « société du quota » (qui ne répond pas à la question « que vais-je faire de mon temps sur Terre, c’est à dire de ma vie) et encore moins à une société du “je fais ce taff car ça paie bien” (qui est franchement une réponse minable à la question susse évoquée).

         
        • Ethelbert
          Ethelbert répond à mamane
          (né trop tard dans un monde (...)
          • Posté à 20h54 le 07/01/2010
          • Internaute 65688
            (né trop tard dans un monde (...)

          Je comprends votre position : je suis fonctionnaire par vocation, pour le service du public et de l’État - en gros, de la société civile. Et, à mon sens, aucun travail n’est plus (in)digne qu’un autre, aussi longtemps que l’on se plaît dans ce que l’on fait.
          La hauteur de la paye vient après, même si à travail équivalent, autant ne pas refuser une meilleure paye. ; -)

          Au lu de votre réponse, je m’autorise à prendre votre précédente remarque comme une pique ironique au second degré (ironie au second degré = pléonasme ?).

          J’avais posé ma question, car il m’est arrivé de croiser des personnes qui avaient vraiment ce point de vue... tant qu’il ne concernait pas leurs proches. : D

        1 autres commentaires
  • Au sud de nul part-
    • Posté à 07h32 le 08/01/2010
    • Internaute 57434
      Situation

    Article intéressant qui, sous couvert de proposer une analyse, pose une thèse qui se résume aisément :

    - Il faut faire le ménage dans les universités car l’accès possible de tous, c’est pas bien, et, du coup, l’université se fait battre par les grandes écoles, et ça, c’est mal.

    L’ordre est revenu à la mode.
    La compétition débile aussi.

    L’idée (folle) que chacun, dans on pays, quel que soit son âge, puisse aller dans une université, par exemple en lettres, en philosophie, en histoire (liste non restrictive) pour simplement « apprendre », doit disparaître. En idiot utile, la droite sans complexe déblaie le terrain pour la « gauche » à venir, qui, sous couvert de réalisme, de raison, et tutti quanti, parachèvera le boulot. On prend les paris ?

    Pour imposer petit à petit cet objectif -le nettoyage de l’université- on va évidemment nous sortir un discours soit-disant très rationnel.
    Du genre, pour apprendre, il faut être apte à l’apprentissage.
    Ce qui est une tautologie.
    On est alors bien avancé...
    Alors qu’en réalité, on veut juste que l’université et l’école ne servent plus à former intelectuellement chacun, mais qu’elle servent de lieux réservés : des réserves de savoirs bien réservés.

    En gros, donc, puisqu’il y a trop de gens dans les universités qui n’ont rien à y faire, ils doivent dégager, ou ne plus avoir le « droit » d’y entrer.
    La grossière stratégie consiste alors à invoquer « une baisse de niveau », ou encore « une manque de professionnalisation », ou encore une refus de la « sélection » préjudiciable à l’élève et,surtout, à l’image de l’université, etc...
    Bref, on va avoir droit à plein de petits Jacques Marseille qui vont nous fournir leur implacable diagnostic et leur formidable solution :
    en général, ce type d’expertise marche super bien....
    Comme ça, les universités pourront rivaliser avec les grands écoles, lesquelles attirent le jeune étudiant par une forte « sélection ».

    Au passage, on oubliera d’évoquer le simple fait que l’université permet (encore) d’avoir accès à la compréhension et à la maîtrise de certains savoirs qui, certes, ne servent à rien, mais que l’on aime cependant invoquer, surtout à « gauche », lorsqu’il s’agit de pourfendre l’inculture du français moyen ou la beauferie du politique umpiste. D’un côté donc, l’accès à la culture c’est hachement important, mais pas pour tous, puisque qu’il est absolument évident que n’importe qui ne peut prétendre au « droit » d’apprendre. Cherchez l’erreur. On oubliera aussi de préciser que, en France, contrairement à d’autres pays d’Europe, les cours du soirs pour adultes, sont peu développés, et que l’université est encore un lieu d’accès au savoir, n’est-ce pas, pour des adultes qui souhaitent se cultiver, apprendre, etc...activité qui, n’en déplaise au rationalisateur de tout poil, se nomme selon la notion grecque, le loisir -scholé. Soit la possibilité de s’instruire de manière gratuite, sans forcément visez autre chose que le simple plaisir d’apprendre.

    Ca va être drôle la prochaine fois où l’on évoquera l’importance de la culture pour un individu sur rue 89....( ;)))

    P.S : Personnellement, j’aimerai bien savoir, par exemple, à partir de quel super-critère, on peut déterminer a priori, et avant la fin de la licence (et encore) si un élève bachelier est absolument inapte à suivre et à réussir une licence de philosophie (je cite cette discipline non par coquetterie, mais parce que je peux en causer (un peu) objectivement. Il y a une vie en licence...et la réussite est loin d’être absolument jouée d’avance.

    Mais je en doute pas que l’auteur de cet article ne se doute pas de la manière dont le vent tourne : la soif de sélection devient un nouveau sport de combat.

    Todeti

  • A déménagé le 13-01-2012 5
    • Posté à 02h04 le 08/01/2010
    • Internaute 98137
      non connue

    « On ne casse pas un système qui marche pour améliorer un système qui ne marche pas (argument que l’on entend au moins depuis 1981). »

    C’est un argument puissant. On ne pourra faire aucune réforme qui mettrait cela en danger, c’est l’évidence. Sauf à vouloir affaiblir l’ensemble du système.

    Un certain nombre de grandes écoles ont des laboratoires de recherche, des doctorants, et sont associées entre elles et avec l’Université sur le plan de la recherche et de l’enseignement. On peut très bien imaginer de renforcer les synergies sans toucher aux cursus spécifiques. Et même de créer des grandes écoles dans les disciplines où elles sont rares. Ce qui permettrait de laisser dans la fac de base devenue poubelle les syndicalistes étudiants et autres barricadistes opposés par idéologie à toute sélection ; et en même temps de s’occuper convenablement de la masse des autres étudiants, qui iraient tous dans les filières sélectives. Ceux qui échoueraient auraient le choix entre la fac poubelle et les filières courtes de valeur, le choix serait vite fait.

    De la sorte, en une génération, les facs dans le format actuel disparaîtraient, et l’enseignement supérieur serait intégralement délivré par des grandes écoles en beaucoup plus grand nombre, s’appuyant sur l’Université comme réseau de recherche et de compétences d’enseignement.

    • Ben85
      Ben85 répond à A déménagé le 13-01-2012 5
      ramoneur
      • Posté à 09h32 le 08/01/2010
      • Internaute 75415
        ramoneur

      « l’enseignement supérieur serait intégralement délivré par des grandes écoles en beaucoup plus grand nombre, s’appuyant sur l’Université comme réseau de recherche et de compétences d’enseignement. »

      Tu sous-entends donc l’entrée de capitaux privés dans le circuit, non ?

      Moi, j’suis pas contre, mais il faut aussi réformer le bac pour le rendre plus sélectif et entamer l’orientation des élèves bien avant la fin du lycée, histoire d’en faire une préparation aux filières d’excellence.

      Franchement, je vois ça très difficile à faire, pas tant à cause de la résistance des syndicats de profs que de celle des parents d’élèves. En effet, assez souvent, les parents exigent pour leur progéniture l’entrée en lycée général, même quand celle-ci n’en a pas les capacités,. « Ils y on droit ! », nous disent-ils, indignés.

      Ce que je veux te dire, c’est que la réforme que tu proposes sous-tend un bouleversement dans les mentalités des profs, mais surtout des parents et des élèves. et les changements de mentalité, c’est bien connu, ça ne se fait pas d’un claquement de doigts.

      • A déménagé le 13-01-2012 5
        A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Ben85
        non connue
        • Posté à 17h58 le 08/01/2010
        • Internaute 98137
          non connue

        Ca n’implique pas forcément l’entrée de capitaux privés. Beaucoup de grandes écoles sont publiques.

         
        • Ben85
          Ben85 répond à A déménagé le 13-01-2012 5
          ramoneur
          • Posté à 19h43 le 08/01/2010
          • Internaute 75415
            ramoneur

          Ta proposition impliquerait d’énormes investissements financiers qui, de toute évidence, ne sont pas d’actualité, vu que le gouvernement a préféré miser sur le concept hasardeux d’« universités d’excellence »...

        1 autres commentaires
    • kebra
      kebra répond à A déménagé le 13-01-2012 5
      Bisounours killa
      • Posté à 11h30 le 08/01/2010
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Ta provocation est tellement ridicule qu’elle n’attire aucun débat.

      • Ben85
        Ben85 répond à kebra
        ramoneur
        • Posté à 13h08 le 08/01/2010
        • Internaute 75415
          ramoneur

        Il a raison sur un point : l’université telle qu’elle fonctionne actuellement n’est pas un système satisfaisant.

         
        • kebra
          kebra répond à Ben85
          Bisounours killa
          • Posté à 14h04 le 08/01/2010
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Il y a tant de choses insatisfaisantes dans notre système que j’ai du mal à placer l’Université dans les priorités. Je suis comme Canto, l’apartheid mafieux me fait flipper grave.

          Dans ce cadre, la généralisation de discriminations sociales dans l’éducation n’est possible qu’après un immense effort d’équilibrage des chances dans les petites classes et une revalorisation de l’apprentissage pour les exclus de la filière longue.

          Je veux bien revenir au certif obligatoire et balèze de mon papy mais en donnant de vrais conditions pour que la grande majorité le réussissent. Par exemple des classes adaptées pour le redoublement voir le triplement.

          Pareil pour le brevet-guillotine et le Bac couperet. Sous réserve d’une bonne pondération entre le contrôle continu et l’exam final, de filières alternatives pour revenir après une formation courte, d’évaluation de candidats libres ou issus de filières alternatives.

          J’ai des camarades avec deux ans de retard au bac qui ont fini leur doctorat avec quatre ans de retard. Sont-ils de mauvais Docteurs ?

          • Ben85
            Ben85 répond à kebra
            ramoneur
            • Posté à 14h31 le 08/01/2010
            • Internaute 75415
              ramoneur

            Première chose qui, je suis sûr, te rassurera : tu penses complètement différemment des ministres de notre beau pays qui, dans un petit sondage bien faux-cul, ont placé la réforme des universités en tête des réalisations prioritaires du gouvernement, il y a quelques jours...

            En ce qui concerne le fond de l’affaire, je pense en effet que beaucoup de choses dépendent de la revalorisation des filières professionnalisantes, qui va de paire avec la désacralisation des études longues.

            Le problème est plus dans la conception que se font les parents et les élèves de l’orientation, comme je le dis plus haut, que dans l’approche faite par les enseignants, selon moi.

            Je vois la chose beaucoup plus complexe qu’un « simple » aménagement des niveaux, des classes et des passerelles entre filières. Selon moi, le problème tient surtout à ce que beaucoup de parents envisagent aujourd’hui la possibilité offerte à leur enfant de faire des études longues comme un dû, parce que toute autre orientation sonnerait à les oreilles comme un échec. Qui peut d’ailleurs leur jeter la pierre ? Ils veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs gosses, tout bêtement. Et on leur répète depuis toujours que, hors le lycée général ou technologique, point de salut.

            Les filières professionnelles et techniques ont été tellement dénigrées, les filières générales (surtout scientifiques) tellement encensées, que l’orientation actuelle des élèves, le plus souvent, ne se fait pas selon la question « Quelle orientation lui conviendrait le mieux ? » mais selon l’interrogation anxiogène et culpabilisante « Mon enfant est-il capable d’accéder ou pas au Bac ? ».

            Si la réponse, malgré toutes les pressions et recours possibles en commissions d’appel, est « non », tout ce qui reste est considéré comme une voie de garage.

            Cette remarque vaut pour un bon quart des élèves d’une classe de troisième...

            • kebra
              kebra répond à Ben85
              Bisounours killa
              • Posté à 14h55 le 08/01/2010
              • Internaute 8550
                Bisounours killa

              Une bonne méthode pour valoriser les filières courtes serait de nettement augmenter la rémunération des apprentis et autres stagiaires en alternance. De créer des internats et des collocs éducatives d’excellente qualité pour attirer les plus indépendants ou soumis à une pression familiale. De créer un lycée et une université libre sur le Net pour permettre de poursuivre facilement une formation diplomante sans le diplôme qualifiant de base, inscription par validation des acquis et entretien/épreuve de motivation.

              Ce nouveau cadre, avec une bonne promo, devrait rassurer les parents. Si mon enfant est juste différent, plus lent ou plus dispersé, il pourra revenir dans la filière « d’élite » après acquisition de plus de maturité. C’est possible à fourguer.

              Un enfant sur trois est une tanche qui se traine au fond et ne veut pas voir la lumière intellectuelle. Il faut trouver un moyen de les attirer vers d’autres clartés sans exclusion violente. Genre études aussi longues que la filière intello, la thune et la piaule en plus. Bon débarras pour les parents, une partie de la crise du logement réglé. Un max de boulot pour des éducs dans les internats et les travailleurs sociaux dans les collocs.

              Un vrai plan de relance avec pari sur l’avenir. Il me file combien sur le grand emprunt Tartariny de Neuilly ?

        3 autres commentaires
      • A déménagé le 13-01-2012 5
        A déménagé le 13-01-2012 5 répond à kebra
        non connue
        • Posté à 18h04 le 08/01/2010
        • Internaute 98137
          non connue

        Je ne vois pas en quoi c’est une provocation de dire qu’on ferait mieux de capitaliser sur un système qui marche plutôt que d’essayer de faire marcher un système qui ne marche pas.

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