Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

James Ellroy : « Le chaos de mon livre est intrinsèque à l'époque »

Publié le 18/01/2010 à 15h49

James Ellroy, toujours droitier, et toujours aussi théâtral publie « Underworld USA ». Dernier et meilleur tome de sa trilogie éponyme, où l’on retrouve le souffle du « Quatuor de Los Angeles ». Rue89 l’a rencontré.

« Underworld USA » ou le cauchemar privé de la politique publique

Il l’a toujours dit : sa trilogie est « le cauchemar privé de la politique publique ». « Underworld USA » tient son nom d’un hommage au film éponyme de Samuel Fuller (titre français : « Les bas-fonds de New-York »). C’est la saga qui l’a fait passer de superstar du roman noir à TTGATC (très très grand auteur tout court).

Débutée en 1995 avec « American Tabloïd », sa trilogie continuait avec « American Death Trip » (2001). « Blood’s a Rover » la conclue aujourd’hui. Environ 2400 pages au total.

Cette grande saga couvre la période 1958-1972. Une histoire cachée de l’Amérique à base de personnages réels et fictifs. Dans un maelström d’intrigues enchâssées. L’intrigue se donne sous formes de collages de manchettes de journaux, de rapports d’écoute, de scènes imaginaires, de faits réels et non avérés. Le sujet est colossal, l’angle hyperconspirationniste.

Ellroy en appelle à la grande concentration de son lecteur. Trouve toujours le moyen de l’interpeller, choquer, réveiller, étonner, scotcher. Pour l’obliger à ne pas tout avaler. C’est évidemment du grand art. (Voir la vidéo, traduction après la question)


« Underworld USA » débute par l’attaque réussie d« un fourgon blindé à Los Angeles, un petit matin de février 1964. Un des braqueurs liquide ses complices avant de quitter les lieux. Métaphore de tout le projet Underworld, où un homme tient les rênes du pays : John Edgar Hoover, prêt à tout pour tuer du “ Rouge ” et du hippie, et qui fait réélire (1968) et réélire (1972) Nixon.

La Convention démocrate de 1968 est sabotée par des infiltrés. Les militants noirs se préparent à l’insurrection dans les quartiers sud de Los Angeles. Pour le FBI, tout est bon pour déstabiliser le mouvement des droits civiques : ce sera l’ “ Opération Meeechant frère ”, ourdie par Hoover, et qui couvre tout le livre. Comme une histoire non-dite de l’Amérique, cœur même du projet d’Ellroy.

La période où James Ellroy était SDF, alcoloo et toxico

Comme toujours, l’ouvrage est une pyrotechnie. Ultracontrôle et force d’émotions. Si les deux tomes précédents étaient l’apogée de l’écriture chirurgicale d’Ellroy, ce livre est plus limpide. Du coup, les personnages sont moins corsetés et existent vraiment.

Bien qu’il s’en défende, ce troisième tome semble le plus autobiographique d’une trilogie cathartique. Elle couvre la période où Ellroy était SDF, alcoolo et toxico et avait déjà fait des cambriolages, après la mort de ses parents (mère tuée en 1958, père mort en 1965). Mais l’histoire recomposée après coup n’a en fait pas été traversée.

Autobio car Ellroy avoue lui-même être proche de son personnage Don Crutchfield, détective privé, voyeur obsédé par les femmes, et puceau de vingt-trois ans. Comme lui, obsédé élégant, homophobe réac, autoproclamé “ génie ” et “ Beethoven du roman policier ”.

L’un des personnage féminins les plus fins de l’oeuvre d’Ellroy

Chez Ellroy, les personnages féminins ont toujours été somptueux. Ici, celui de Joan Klein, activiste juive gauchiste et surtout fatal. Il renouvelle la figure féminine de ses romans. Tout tourne autour d’elle, jusqu’au désir d’enfant que le narrateur masque pendant les 800 premières pages. De quoi se rappeler que la littérature d’Ellroy est la part féline, vampire et féminine de l’Amérique.

Pour ce personnage, l’écrivain pas vraiment communiste, s’est assurément inspiré d’une “ femme de gauche à San Francisco ”, dont il est tombé amoureux après son divorce il y a quelques années. Cette “ femme de gauche ” (comme l’était d’ailleurs son épouse, la romancière Helen Knode) n’est plus sa compagne, mais elle lui a inspiré ce qui reste peut-être le plus fin des personnages qu’il ait conçus.

A l’image de ce personnage, ce livre est de même un des plus fins, des plus poétiques, qu’Ellroy ait écrits. Un des plus métaphysiques aussi, à l’instar de cet Hoover vieillissant et impuissant, qui ici “ a compris la valeur métaphysique de l’Ennemi ”. Un bijou de minutie et d’émotion. (Voir la vidéo, traduction après la question)

“ Nous sommes obnubilés par nos propres vies, au point de les confondre avec l’Histoire ”

Cette phrase, que l’on trouve à un moment du livre, est une des multiples fausses pistes, et vraies métaphores, du livre. Là aussi, cette sentence symbolise le projet ellroyen. Mettre son histoire dans l’Histoire. Pour pouvoir mettre ses obsessions dans l’Histoire.

On a aucune affinité de pensée avec le plus beau romancier du monde

Une Histoire qui pour Ellroy est, d’office, un roman noir. Car oui, c’est bien là, au fond du caniveau, que se joue le destin des U.S.A. Une Histoire qui pour Ellroy s’arrête à 1976, après l’affaire du Watergate dont il refuse de parler.

La politique récente n’intéresse pas Ellroy. Il dit vivre sans portable, sans Internet, sans cinéma et sans télé. Dans un entretien à Rolling Stone, il déclarait avoir voté Obama car trouvait Bush nul - comme Clinton.

Pour autant en France, il s’énerve lorsqu’on lui parle de ça. Au cours d’une lecture publique à Paris, il se mettait à imiter un de ses personnages racistes, déclarant qu’actuellement “ un chimpanzé gouvernait l’Amérique ”, avec derrière lui “ une chimpanzé ”.Là ausis, lard et cochon en même temps.

C’était, certes, autant pour tester le public que pour dire à moitié ce qu’il pensait... C’est la méthode d’Ellroy pour avancer. Écrire pour tester et composer un “ perfect work of art ”. Un populisme de droite très reaganien, ethniciste mais pas du tout raciste, réactionnaire décomplexé. Une piqure de rappel. Un homme avec qui on a aucune affinité de pensée, mais le type fait le job. C’est l’un des plus beaux romanciers du monde. (Voir la vidéo, traduction après la question)


Underworld USA de James Ellroy, trad. J.P. Gratias (éd. Rivages/Thriller, 840 pp, 24.50 €)

Durant l’interview, les propos de l’auteur étaient traduits par Jean-Paul Gratias, également traducteur des derniers romans d’Ellroy. Nous le remercions.

James Ellroy, sa part d’ombre de Benoît Cohen et François Guérif, film de 1999 (47mn) réédité en DVD.

► Voir la version intégrale de l’entretien. Ellroy y parle plus précisément de son travail, de la recherche de ses personnages, de son “ génie ” et de son amour pour Beethoven. Durée : 14mn42.

► Ce lundi à 19 h : Spéciale Ellroy dans l’émission “ Les lundis du Duc ” sur TSF Jazz. Autour d’une (autre) interview de l’auteur diffusée en différé, retrouvez le traducteur J.P. Gratias et Hubert Artus

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  • Scotian
    • Posté à 16h14 le 18/01/2010
    • Internaute 71808

    « James Ellroy, toujours droitier »

    Ca se discute... Ellroy est le genre de mec que les gens de gauche pense de droite, et inversement.

    C’est en partie pour cela que je l’aime bien. On sent qu’il a souvent dans les interviews une réaction épidermique lorsqu’il sent qu’on veut le classer quelque part, ou que l’intervieweur attend visiblement une certaine réponse.

    Quant au côté homophobe, ça se discute aussi. Il y a, dans un roman dont je ne sais plus le nom, un personnage superbe de flic homosexuel qui se fait détruire par la rumeur et la mesquinerie des « braves flics machos ».

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à Scotian
      • Posté à 17h27 le 18/01/2010
      • Internaute 20923

      N’oubliez tout de même pas qu’Ellroy (tout seul comme un grand et sans que personne ne l’y oblige) pense et dit volontiers qu’il est de droite et argumente son positionnement politique. On pourrait peut-être faire comme s’il était un peu au courant, non ?

      • Scotian
        Scotian répond à thierry reboud
        • Posté à 20h31 le 18/01/2010
        • Internaute 71808

        Je le soupçonne de se déclarer de droite, juste parce que le plupart de ses lecteurs, au final, sont de gauche. Plus qu’un homme de droite ou de gauche, c’est surtout un emmerdeur né, je pense. Peut-être pas quelqu’un avec qui j’aimerais passer un diner, mais un immense écrivain.

        Et avec ses portraits de gens comme Hoover, Nixon ou Hugues - tous très « droitiers“- il est sûr de ne pas être très aimé par la droite américaine...

      • pedrolitas
        • Posté à 22h04 le 19/01/2010
        • Internaute 52254

        oui, tout seul comme un grand, certes, et après ? et qu’est-ce qu’on en a à cirer qu’il soit de droite ? l’est-il vraiment ? Admettons...
        Quand on le lit - je postule l’existence d’un lecteur candide ! - c’est pourtant la dernière question qui vient à l’esprit, et le cadet de nos soucis.
        La première trilogie et le quatuor de L.A vous rivent à votre padoc, les blancs, les républicains, les flics, etc., y sont décrits comme des crapules brutales, racistes, homophobes...
        Comme type de droite sur qui taper, il y a moins talentueux et nettement plus abruti qu’Ellroy, on se perd en arguties... !
        et puis les cris d’orfraie de toutes ces oies blanches au coeur pur, s’entend, rangées du bon côté de la morale, gonfle un peu.

        Votre article est très bon M. Artus...

         
        • thierry reboud
          • Posté à 18h54 le 20/01/2010
          • Internaute 20923

          On reprend depuis le début et en respirant par le nez ?

          Un premier commentaire conteste qu’Ellroy soit vraiment de droite. Je lui réponds qu’il dit l’être. Où avez-vous vu que je pousse des cris d’orfraie ? Je me fous éperdument qu’Ellroy soit ou pas de droite, simplement il me semble qu’on pourrait faire comme si ce qu’il dit de ses opinions avait une quelconque importance. Pas plus, pas moins.

          Pour le reste, il se trouve qu’Ellroy n’est pas (et de loin) mon auteur préféré. Bon. Mais ça n’a rien à voir avec ses opinions politiques, plutôt avec son style (voir le commentaire de Lize, en page 2, que je partage assez) et ses sujets.

          • pedrolitas
            • Posté à 19h56 le 20/01/2010
            • Internaute 52254

            où avez-vous vu, cher Reboud, que je respirais ailleurs que par le nez ?
            les opinions politiques personnelles débitées par James Ellroy lors d’entretiens pour les médias (« opinion » est le mot juste : Ellroy ne developpe pas, n’argumente pas...) sont secondaires au regard de ses livres - car que va-t-il rester, in fine ? Diificile en lisant ses livres de dénicher le nazi.
            je n’ai jamais dit que vous, Thierry R., poussiez des cris d’orfraie à en effrayer jusqu’à l’électeur bayrousien du centre droit allégé, l’umpéiste moyen de gamme ou le socialiste reconverti à soi-même depuis un bail : ce qui m’irrite, c’est la propension pénible des oies blanches autoproclamées à dire le Bien, ou le Mal, et à vous agrafer en conséquence un panneau sur le premier venu dès qu’il fait dans la provoc - serait-elle droitière
            merci, je respire bien
            soit dit en passant : je vous tiens pour le type le plus fin de la Rue, et même du quartier, alors...

        2 autres commentaires
    • La Princesse de Cléves
      La Princesse de Cléves répond à Scotian
      no culture no probléme
      • Posté à 22h32 le 18/01/2010
      • Internaute 96701
        no culture no probléme

      J’ai écouté son interwiew l’autre jour sur France Inter au 7/9 de Demorand. Très antipathique, le bonhomme se déclarant ouvertement de droite, trés américain Bush, ne pensant qu’au pognon.
      Plus envie de lire ses bouquins....

    • AntiCitoyen
      AntiCitoyen répond à Scotian
      Percussioniste
      • Posté à 09h15 le 19/01/2010
      • Internaute 4107
        Percussioniste

      « un roman dont je ne sais plus le nom » : Le Grand Nulle Part, 2eme volet du Quatuor de Los Angeles, le flic en question s’appelle Danny Upshaw

  • JJ Reboux outrageur de poulets
    • Posté à 16h22 le 18/01/2010
    • Internaute 41591

    Ah bon, on peut déclarer « qu’un chimpanzé gouverne l’Amérique » et ne pas être raciste ! ? !
    Si ces mots sortaient de la bouche d’un Le Pen, d’un Dieudonné ou d’un Alain Soral, on aurait droit à une levée de boucliers ! (à juste titre)
    Mais là, non. Du moment que c’est le grand Ellroy qui le dit, c’est du deuxième degré…
    Foutaises.

    • Hubert Artus
      • Posté à 16h47 le 18/01/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      « C’était, certes, autant pour tester le public que pour dire à moitié ce qu’il pensait… “...

      • a déménagé le 4 février 2011
        • Posté à 17h09 le 18/01/2010
        • Internaute 51971

        Un demi raciste reste un raciste ! Un peu facile la provoc’

        [edit]
        Et tant que je vous tiens, Artus, comme vous y allez : « C’est l’un des plus beaux romanciers du monde. » Je me suis régalé avec pas mal de ses bouquins, mais de là à en faire une telle apologie, surtout envers un littérateur qui fabrique ses phrases avec 3 mots...
        Perso, je trouve qu’on est loin d’un Christopher Cook ou d’un James Sallis, surtout d’un James Sallis !

         
        • Hubert Artus
          • Posté à 17h47 le 18/01/2010
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Je connais, et aime bcp, C. Cook et Sallis, également. Cela étant, je ne pense pas que Ellroy « fabrique » ses phrases avec « mots, tout comme je ne pense pas que l’écriture de Simenon ait été écrite en un seul jet et soit si simple qu’il n’y paraît...

        1 autres commentaires
    • Piedo
      • Posté à 17h21 le 18/01/2010
      • Internaute 43246
        Assis

      Ellroy est bien trop compliqué à cerner pour être réduit à ces propos, aussi débiles, puants et déplacés soient-ils.
      Et puis, c’est devenu un maître du marketing : il est là pour faire parler de lui et de son bouquin, pour en vendre le plus possible et en est parfaitement conscient.

      Et puis, quoi qu’on en dise, ce qui le différencie des Dieudonné, Soral ou autre, c’est quand même bien le talent.

      • pedrolitas
        pedrolitas répond à Piedo
        • Posté à 21h16 le 19/01/2010
        • Internaute 52254

        bien sûr,
        de toute façon il est incontrôlable ce type
        il doit heurter même les républicains

    • jmal
      • Posté à 17h46 le 18/01/2010
      • Internaute 28067

      Pourquoi supposer qu’il le nomme chimpanzé parce qu’il est noir ? J’ai vu des tas de blagues sur internet comparant Bush à un chimpanzé, personne n’a jamais supposé que c’était du racisme antiblanc ! Ni anti prétrolier, seulement de l’anti Bush.
      L’un des personnages les plus forts du dernier bouquni est une noire, syndicaliste, décrite comme un personnage d’une grande dignité et d’une grande intégrité.
      Un autre est un français, raciste, cinglé, tueur, infect, nommé Mesplède. Est-ce que ça fait d’Ellroy un anti-français ou un anti Mesplède.

      Lien

      • Compte supprimé le 21 janvier
        Compte supprimé le 21 janvier répond à jmal
        croqueur
        • Posté à 18h17 le 18/01/2010
        • Internaute 102010
          croqueur

        Comparer un Noir à un singe (en particulier à un chimpanzé) est un grand classique du racisme et le jeu favori du Ku Klux Klan. Quand Ellroy compare Obama à un chimpanzé, il sait ce qu’il dit. C’est effectivement un raciste, et qui plus est un raciste de droite. Il le revendique lui-même.

         1 autres commentaires
    • yalienx
      • Posté à 19h19 le 18/01/2010
      • Internaute 66859

      C’est clair ! Berlusconi a été montré du doigt pour moins (ou en tout cas pas plus) que ça ! Mais c’était Berlusconi alors...

      NDR : je ne cherche pas à défendre Berlusconi, juste à soulever la différence de traitement. Ce qui ne m’empêche pas d’adorer les romans d’Ellroy !

    • Makach
      • Posté à 23h35 le 18/01/2010
      • Internaute 65727
        Walou

      En fait, le truc c’est qu’il existe aux Usa des gens qui se disent « racialists », mais pas racistes.

      Le « racialism » prétend que les races existent et qu’elles impliquent des différences significatives entre elles. Le « racialist » s’oppose au raciste en affirmant que si différences il y a, il n’y a pas de hiérarchie entre les races (donc, pas de race supérieure).
      Voir :
      Lien
      (en anglais seulement, car la page Wiki en français ne fait pas cette distinction et ne renvoie qu’à Taguieff qui utilise ce mot pour désigner les théoriciens « scientifiques » du racisme au XIXè s.)

      Bon, on en pense ce qu’on veut, hein ? Mais, le « racialism » est chose courante chez les conservateurs ricains, rien d’étonnant à ce qu’Ellroy, qui se définit très clairement comme conservateur, le soit aussi. En revanche, il suffit de lire ses romans pour voir qu’en effet, il n’est pas raciste au sens français du terme.

      Enfin, on a souvent du mal à se rendre compte qu’il y a des thèmes chers à la gauche française qui sont plus présents chez les Républicains que chez les Démocrates. Peut-être pas beaucoup, mais quelques uns… Il y a un côté « anar », pour le dire très vite, dans une certaine droite de là-bas, qu’on a du mal imaginer d’ici.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 16h23 le 18/01/2010
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    J’ai attaqué Underworld USA. C’est avec le Dahlia Noir et un tome des aventures de Lloyd Hopkins l’ensemble de mes lectures du maitre. Le Dahlia était déja un excellent livre, mais franchement, Underworld USA rentre carrément dans le domaine du mythique. Je ne souviens pas avoir lu un livre aussi bon depuis « l’ombre du vent ».
    Par contre, pourrais je savoir en quoi Ellroy est-il considéré comme « droitier » ? J’avais entendu Demorand s’excuser sur France Inter de certaines réflexions de son invité, mais ne l’ai pas entendu en direct. Quelqu’un pourrait il me renseigner sur le sujet ? Merci d’avance.

  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 16h38 le 18/01/2010
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    j avais lu american tabloid en 1995, et j avais adoré
    en 2001, je l ai relu avant de lire « american death trip » et j avais re-adoré

    et en ce moment, je me refais les 3 à la suite, et c est le méga pied.

    Autant j avais moyennement accroché ses autres livres (meme si ils ont tout de meme de qualité), mais cette trilogie est franchement un must.

    Le gars a l air compètement allumé (comme Dantec, mais il est plus facile à lire que dantec quand meme), mais la folie a parfois du bon....

    NB : si quelqu un connait d autres livres de cette qualité, dans le meme genre, je suis preneur. merci d avance

    • a déménagé le 4 février 2011
      • Posté à 17h11 le 18/01/2010
      • Internaute 51971

      Voleurs de Chrisopher Cook et l’intégrale de James Sallis !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à A-A
      Rue89
      • Posté à 17h45 le 18/01/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Vous pouvez lire (si ce n’est déjà fait) tout DeLillo, tout Dos Passos !

      • a déménagé le 4 février 2011
        • Posté à 18h48 le 18/01/2010
        • Internaute 51971

        Très bon choix !

      • A-A
        A-A répond à Hubert Artus
        En perdition (comme la planète)
        • Posté à 19h18 le 18/01/2010
        • Internaute 48720
          En perdition (comme la planète)

        Merci à vous et aux riverains pour vos conseils.

        Je fini la trilogie , ensuite je continue avec 2 autres bouquins (rien à voir avec Ellroy) et je commence votre sélection.

        Merci encore

    • jmal
      jmal répond à A-A
      • Posté à 17h55 le 18/01/2010
      • Internaute 28067

      Don Winslow / La griffe du chien.
      Tim Wilocks / La religion
      Dominique Manotti / Sombre sentier
      Paco Ignacio Taibo II / A quatre mains
      Giancarlo De Cataldo / Romanzo criminale
      Dennis Lehane / Un pays à l’aube
      Gregory McDonald / The brave

      ....

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    • rumpus
      rumpus répond à A-A
      friend/unfriend
      • Posté à 18h07 le 18/01/2010
      • Internaute 96441
        friend/unfriend

      Opportuniste, peut-être, mais en tout cas, ça m’a permis de patienter un peu avant ce tome 3.

    • Jemil
      Jemil répond à A-A
      • Posté à 18h14 le 18/01/2010
      • Internaute 2546

      L’évangile du bourreau des frères Vaïner, un petit bijou de polar venu du froid...

      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à Jemil
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 19h04 le 18/01/2010
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        Oui, le roman russe a aussi d’étonnantes pépites, dont les frères Vaïner, mais aussi La mitrailleuse d’argile, de Viktor Pelevine.

        Une manière bien à eux d’aller sonder les souterrains de l’histoire.

        La mitrailleuse d’argile est une sorte de délire (dans tous les sens du terme) rayonnant autour de la révolution d’octobre, et creusant dans toutes les strates de la société russe. Avec en guest star, l’apparition de Schwarzie survolant les rues de Moscou, et du Baron von Ungern, en fantôme post-apocalyptique...

         
        • Jemil
          • Posté à 10h12 le 19/01/2010
          • Internaute 2546

          La mitrailleuse d’argile ? Ah, tiens, je ne connaissais pas. Merci pour le tuyau, je me précipite chez mon libraire...

          • Gibert Because-Youno
            Gibert Because-Youno répond à Jemil
            Kaléïdoscopique
            • Posté à 01h09 le 20/01/2010
            • Internaute 68955
              Kaléïdoscopique

            Vous faites bien.
            Tiens, moi je relirais bien l’évangile du bourreau...

    • yalienx
      yalienx répond à A-A
      • Posté à 19h21 le 18/01/2010
      • Internaute 66859

      C’est clair que cette trilogie est absolument mythique ! Le meilleur d’Ellroy. Des romans d’une densité incroyable. Le top du must du panard total !

    • Ze krëatûr
      Ze krëatûr répond à A-A
      • Posté à 19h44 le 18/01/2010
      • Internaute 83740

      sans ça si vous voulez bien vous marrer et lire une bonne bouse des familles vous pouvez aussi lire ça

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      des fois c’est tellement naze qu’on se dit que l’auteur fransouze ça peut pas tomber aussi bas ! ! ! et bin si.

      • heinpasdeux-
        heinpasdeux- répond à Ze krëatûr
        Trollé par la modération...
        • Posté à 22h00 le 18/01/2010
        • Internaute 94001
          Trollé par la modération...

        D’accord ,je « demanderais à la poussière » si elle est d’or ...

  • Lize
    Lize
    Curieuse-chercheuse
    • Posté à 16h47 le 18/01/2010
    • Internaute 51710
      Curieuse-chercheuse

    Qu’il soit un grand romancier est une chose (même si cela se discute) mais que l’on applaudisse ou excuse tous ses propos nauséabonds est inadmissible. (Je fais ici allusion à ses diverses interviews). Ellroy adore la France car c’est le seul pays où il a tant de succès (Merci Rivages). Il ne peut faire un pas sans qu’on lui tende un micro ou qu’on l’interroge sur l’avenir du monde ! C’est, d’une part, particulièrement énervant... Mais, d’autre part, une personne aussi en vue a de grosses responsabilités. Les propos racistes ne sont jamais admissibles. Et ils le sont encore moins lorsqu’ils peuvent avoir un tel retentissement. C’est en acceptant les dérapages, ou plutôt ici les provocations, que l’on cautionne la banalisation du racisme au quotidien. (Le style : pourquoi me priverais-je puisque ce grand Monsieur que tout le monde admire le dit...) Aujourd’hui, en France, il est de bon ton d’aduler Ellroy. Mais si ne doit jamais interdire à un auteur de s’exprimer... dans ses écrits, on n’est pas obligé de l’écouter parler.

    • Atlantis
      Atlantis répond à Lize
      Etudiant apolitique
      • Posté à 17h53 le 18/01/2010
      • Internaute 39710
        Etudiant apolitique

      Je pense qu’il faut savoir séparer le romancier de l’oeuvre : Balzac et Zola étaient des réacs (surtout Balzac), mais leurs oeuvres littéraires étaient d’une qualité exceptionnelle. Et je ne trouve pas d’inspiration spécialement raciste ou extrémiste dans Underworld USA.

      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à Atlantis
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 23h29 le 18/01/2010
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        On ne va pas relancer un énième débat sur la question de savoir si les écrivains défendant publiquement - au cours de délire plus ou moins contrôlés - des visions du monde racistes, fascisantes, ou autres peuvent, ou doivent être lus, doivent ou peuvent être défendus, etc. On a fait le tour de la question avec Céline (abondante littérature sur le sujet).

        C’est justement à l’endroit où l’homme est cramé, où il est travaillé par des forces paranoïaques (Ellroy est un grand paranoïaque, mais agissant dans l’écriture, la paranoïa peut devenir un puissant moteur à décryptage), des visions en noir et blanc, qu’il peut - si son écriture lui permet de maîtriser les délires qui le traversent (ce qui n’est pas, ou n’est plus le cas de Dantec par exemple, totalement envahi par son délire, et ne produisant plus que des fictions à l’image de celui-ci, mais ce qui est le cas d’Ellroy) - créer des mondes romanesques peuplés de ce qu’il peut affirmer détester par ailleurs, de ce qu’il dit craindre, et les faire fonctionner à rebours de ses propres « opinions » (dont on se contrefiche).

        Les écrivains batissent des mondes romanesques habités par leurs propres fantômes, déchirés par leur enfer intérieur. Avez-vous lu les lettres d’Artaud, en plein délire, et s’adressant à Hitler ? Les textes de Ezra Pound, invoquant Mussolini, les correspondances antisémites de Dostoïevski, sans même parler des pamphlets de Céline. Et pourtant, « Crime et châtiment », les « Cantos », « Mort à crédit », « L’ombilic des limbes » sont des textes qui portent à leur plus haut point une vision de l’humanité construite de toutes ces couches, où ne transpirent jamais l’ombre d’un jugement moral, mais toujours et seulement des constructions, des lignes poétiques ou narratives jouant follement les unes sur les autres. Chaque personnage d’Ellroy est une part de lui-même.

        Comme l’écrivait Michaux : « le moi n’est qu’une position d’équilibre » - il faut croire que chez Ellroy, parmi cent moi contradictoires, c’est plutôt Hoover qui est aux commandes. Mais dans les livres, pardon - c’est coup d’état sur coup d’état !

        En un sens, James Ellroy, l’homme, est sans doute aussi demeuré que Jean-Marie Bigard, mais quand il se met devant sa machine à écrire, c’est autre chose qui se produit, d’autres voix qui parlent.

        Je lirais le dernier d’Ellroy, qui (même si je ne le mets pas aussi haut que Pynchon, Delillo, ou McCarthy) crée parfois des fusées fictionnelles assez inouïes.

    • Noun
      Noun répond à Lize
      • Posté à 18h09 le 18/01/2010
      • Internaute 5295

      Je ne suis pas un spécialiste d’Ellroy, mais il était invité de « La Grande Librairie » sur la cinquième la semaine dernière, et il a répondu explicitement et simplement ne pas être raciste et au contraire dénoncer le racisme au travers de celui de ces personnages (ce qui parait assez évident tellement ses personnages racistes n’ont rien de très enviable...).

      Donc j’avoue que les posts comme le votre taxant Ellroy de raciste me laissent assez dubitatif....

      • jmal
        jmal répond à Noun
        • Posté à 21h33 le 18/01/2010
        • Internaute 28067

        Enfin une réponse calme et sensée de quelqu’un qui a fait l’effort de regarder ce qu’il dit quand il ne fait pas de la provoc pure !

        L’émission La grande librairie est impeccable, et montre ce qu’il répond quand il se trouve face à quelqu’un qui a vraiment lu son bouquin et l’interroge sur son travail.
        Mais la plupart des journalistes préfèrent agiter la muleta, alors qu’il martèle à longueur d’interview qu’il ne veut pas parler de politique, qu’il ne veut pas parler d’aujourd’hui, qu’il ne veut parler que de son travail d’écrivain.

        Et puis, au risque de me répéter, parce que personne ne répond à cet argument, dans son dernier roman, les personnages positifs sont UNE syndicaliste NOIRE, UNE communiste JUIVE, UNE révolutionnaire dominicaine, et même un NOIR, HOMOSEXUEL ! ! !
        Et les cauchemars sont des anticastristes, le chef du FBI, un flic blanc corrompu, un milliardaire taré, un mercenaire blanc d’extrême droite, des tarés du KKK ...

        Alors si vous voulez, continuez à penser que c’est un gros con facho, et continuez à ne pas lire ses bouquins.

        Non Ellroy n’est certes pas à gauche, non il n’est pas particulièrement sympathique, non il n’est pas d’une grande modestie, mais il n’est pas non plus la caricature que certains veulent bien se plaire à croire.

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 18h16 le 18/01/2010
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    Je n’ai pas encore lu ce 3e tome. Par contre, j’ai commencé à regarder Mad Men, donc j’ai déjà entendu parler de Joan la déesse rouge :

    Lien

    Mais on me dit que Joan Klein est brune

  • dijou
    dijou
    Esclave d'une SSII
    • Posté à 19h04 le 18/01/2010
    • Internaute 803
      Esclave d'une SSII

    Je n’ai eu à aucun moment le sentiment que Ellroy cautionnait de quelque manière que ce soit la vie de ses personnages. Les portraits sont brut de décoffrage, sans fioritures, sans trucages. Les racistes ne disent pas « homme de couleur » ils disent nègres, les homophobes ne disent pas « gay » mais pédales. Essaie t’il de nous les rendre sympathiques ? Non, jamais, en tout cas personnellement. C’est au lecteur de juger et bien évidemment beaucoup de passages peuvent donner l’impression nauséabonde d’une certaine complaisance quand tout au long du récit nous suivons éberlués les flics pourris à la dérive, les putes et les indics, les manipulateurs et les salauds, les tortionnaires et les laches.
    On suit ses personnages comme le ferait une caméra à hauteur d’épaule et nous écoutons et regardons en parfait voyeurs des histoires vraies de la vie vraie et tant pis si vous avez la nausée mais quelle claque..

    • yalienx
      yalienx répond à dijou
      • Posté à 19h24 le 18/01/2010
      • Internaute 66859

      Je suis assez d’accord avec vous : les personnages sont bruts... et ça fait du bien !

      Dans ses romans, Ellroy ne paraît pas faire preuve d’un quelconque penchant raciste. Au contraire même, oserai-je dire. Par contre, si l’on peut saluer le talent immense de l’écrivain, on doit quand même relever des propos tels que ceux qu’il a tenus sur Obama. On ne doit pas tout lui passer uniquement parce qu’il s’appelle Ellroy !

    • erta
      erta répond à dijou
      On dirait qu'une fois que les (...)
      • Posté à 21h18 le 18/01/2010
      • Internaute 102168
        On dirait qu'une fois que les (...)

      Dans le genre, je vous conseille de lire le chef d’oeuvre de R.J. ELLORY (oui oui, c’est bien l’anagrame d’Ellroy, mais ce n’est pas lui...) « VENDETTA » sortie aux éditions Sonatine en 2009.

      ==> Un vrai chef d’oeuvre mêlant également vérités historiques et fiction sur Mafia aux USA des années 40 à nos jours.

  • L08
    L08
    auteur
    • Posté à 20h30 le 18/01/2010
    • Internaute 50884
      auteur

    Merci pour cet entretien.

    Dans la version intégrale, on apprend que l’écrivain engage une personne pour la documentation (République Dominicaine) ; bon Ellroy est « disconnected » comme il le dit.
    Qu’en est-il du prospecteur d’infos (journaliste, historien ? > travaillerait-il à partir du net ?) ; le fait que celui-ci fasse le boulot de recherche à sa place me fait penser que l’aversion d’Ellroy pour le temps présent n’est pas totalement étranger à cela (à moins que ce soit pour un gain de temps, purement pragmatique).

    Sinon, pour les affectionados, je me permets de signaler la réédition (2007) de la revue « POLAR spécial J.E », des articles, des entretiens (Rivages/noir bien sûr)

    ... et aussi « Crimes en série », particulièrement intéressant pour les approches en réel de l’auteur avec des flics made in US ; un extrait ici, « Une dent contre le crime », qui recoupe le conservatisme d’ Ellroy (intro) :

    « Le capitaine Dan Burt possède le physique et l’élocution d’un républicain éclairé en pleine ascension : de taille moyenne, bronzé, tiré à quatre épingles. S’il ne dirigeait pas la brigade criminelle du comté de Los Angeles, il s’emploierait à sauver l’Amérique, se battant contre Bill Clinton (sic : lui c’est le mal ; il a menti ! !) - et aussi, à l’intérieur de son propre clan, contre les partisans d’une droite musclée. Il sait s’exprimer, inspirer confiance, et porter un costume bleu foncé. »

  • gafet
    gafet
    citoyen vigilant
    • Posté à 21h19 le 18/01/2010
    • Internaute 60395
      citoyen vigilant

    article écrit avec le coude ( : « il conclue » ; « on N’a aucune affinité de pensée ») et se termine par un péremptoire « l’un des plus beaux romanciers du monde » ? ? !
    Rien qu’au rayon polar US, je place, en termes de beauté stylistique, james lee Burke deux coudées au dessus d’Ellroy l’hystéro réac.

  • aristophane
    • Posté à 23h00 le 18/01/2010
    • Internaute 30810

    Lors de son passage chez Nicolas Demorand , Monsieur hellroy fut plus que caustique !
    Aux questions pertinentes des auditeurs, une réponse : « Achetez mon livre) sic !
    Il aime la France parce qu’il y vend beaucoup de livres !
    A une auditrice lui parlant d’un personne condamnée aux States, ce dernier répondit encore que c’était parce qu’elle était coupable, encore heureuse qu’elle ne soit pas guillotinée !
    Il refuse de donner son avis sur l’époque actuelle !
    Humour ?
    Bref, je l’ai trouvé fort déplaisant, ce qui n’enlève rien à la qualité de ses bouquins.

  • Carlito_Gaucho-
    Carlito_Gaucho-
    AUVERGNAT
    • Posté à 01h03 le 19/01/2010
    • Internaute 87606
      AUVERGNAT

    curieux ce besoin de vouloir mettre une etiquette sur tout le monde

    • L08
      L08 répond à Carlito_Gaucho-
      auteur
      • Posté à 01h43 le 19/01/2010
      • Internaute 50884
        auteur

      Il paraît que c’est un mal français...hem.

      En tout cas, Ellroy a bien « etiquetté » le pays ; j’ai entendu à la radio que son dernier livre était en tête des ventes ; un aspect positif de la France, parmi d’autres pays européens, en tant que réceptacle de certains auteurs d’outre-atlantique.
      Je pense aussi à Hubert Selby Jr.* qui dans les années 80 a trouvé ici un public (il semble qu’à l’époque il ai eu quelques problèmes de censure aux USA).

      * : ça n’a pas beaucoup de sens de comparer sa production avec celle d’Ellroy mais c’est aussi un « furieux » de l’écriture (encore plus en fait) > je conseillerai « Le démon ».

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 08h49 le 19/01/2010
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Je suis admiratif de son talent et de son oeuvre ; même si je suis suis convainu qu’il ne faudrait pas m’enfermer dans un caisson à oxygène avec ce type...
    Quel Gros Con, quand même...

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