La route des Indes

Les reportages d'Alexandre Marchand en Inde et en Asie du sud-est.

Quartier rouge de Calcutta : les prostituées font la loi

Alexandre Marchand
Etudiant en journalisme
Publié le 24/01/2010 à 16h31


Dans les rues de Sonagachi (John Gresham/Wikimedia commons)

(De Calcutta) A Sonagachi, le quartier rouge de la capitale du Bengale occidental, les travailleuses du sexe en ont eu assez d’être malmenées. Pour améliorer leurs conditions de travail, elles ont créé un mouvement qui structure la vie des prostituées et qui a bouleversé la hiérarchie du quartier.

« J’avais un camarade de classe à Delhi. Il m’a amené ici [à Calcutta] en me promettant de m’épouser et m’a vendu à un proxénète. Il n’y avait rien à faire, j’étais une enfant alors. » C’est en ces termes que, le regard dur, visage émacié, Kohinoor relate comment elle est arrivée dans le milieu, il y a maintenant 36 ans de cela. Mais dans Sonagachi, le quartier rouge de Calcutta, l’histoire de cette travailleuse du sexe de 53 ans est pourtant bien banale parmi ses 9 000 semblables.

Un si sympathique quartier...

La température est douce en cette soirée d’hiver à Calcutta. Une fois le soleil couché, les rues de Sonagachi se mettent soudainement à vivre. Bien malin l’œil non averti qui aurait pu dire que ces quelques rues du nord de la ville en constituent son quartier rouge. Ce n’est pas Amsterdam ici. Tout au plus aurait-il remarqué une singulière concentration de femmes en saris le long du trottoir et une rue plus animée que la moyenne. Et pourtant, derrière ces banales façades d’immeubles, se cache une véritable organisation interne.

Exemple : les travailleuses du sexe sont regroupées par origines géographiques : ici le building des Népalaises, là des Bengali, là-bas des Bihari... A chacun sa réputation, plus ou moins bonne (« N’allez pas par là, ce sont des voleurs ! »). A ces foyers communautaires s’opposent parfois des travailleuses « indépendantes » qui ont leurs quartiers dans l’appartement d’une famille des environs avec laquelle elles ont passé un accord.

Savita, une petite femme forte, travaille ici depuis 17 ans et trace un tableau amer de la situation à son arrivée. Non contente de dénoncer l’action de la mafia, elle s’en prend à la police qu’elle accuse de « complaisance » vis-à-vis de cette dernière :

« Nous étions contrôlés par des hooligans et des gangsters qui abusaient de nous. Ils battaient et torturaient souvent les filles pour leur simple plaisir. Il y avait toujours la menace de raids de la police. Dans ces cas-là ils intimidaient et extorquaient également des consommateurs. Cela ruinait le business. »

Reema, jeune femme vêtue d’une robe blanche, est en train de faire le pied de grue sur le trottoir. Réticente à parler, elle tente régulièrement d’éluder les questions en essayant d’appâter de potentiels clients. Elle finit par concéder qu’elle est arrivée ici lorsqu’elle a été vendue à un proxénète en 1997 pour 60 000 roupies (900 euros). Avant d’ajouter, une pointe de regret perçant la voix :

« Si seulement cela s’était passé quelques mois plus tard, cela n’aurait pas été possible... »

Les proxénètes se plient à l’ordre

Car bien des choses ont changé ici depuis plus d’une décennie. Depuis 1992, les travailleuses du sexe de Sonagachi ont commencé à s’organiser pour faire changer les choses. Du petit groupe de départ, le mouvement a pris de l’ampleur avant de devenir, à partir de 1999, la structure institutionnalisée qui régule maintenant le quartier rouge. C’est ainsi qu’est née l’organisation Durbar. Kohinoor, qui faisait partie des douze instigatrices du mouvement, explique le principe de base de l’organisation :

« Un doigt seul peut être aisément brisé mais plusieurs doigts, un poing, c’est le pouvoir même. »

Réalisant la force que représentait leur nombre, les prostituées de Sonagachi ont progressivement changé la hiérarchie du quartier :

« Nous ne sommes plus les esclaves des souteneurs ou effrayées de la police. Les proxénètes ont leur propre travail et devoir auxquels ils se plient. Quant à la police, ils nous donnent le respect dû en tant que professionnels dominants du quartier. Quand nous allons la rencontrer nous nous voyons même offrir des biscuits et du thé [rires] ! »

Une décennie de changements


Dans les rues de Sonagachi (John Gresham/Wikimedia commons)

A l’heure actuelle, la quasi-totalité des travailleuses du sexe sont affiliées à l’organisation. La principale mission du « projet Sonagachi » est avant tout d’améliorer leurs conditions de travail. La prévention du sida, qui est ce par quoi tout a commencé, tient donc une place essentielle dans le rôle de l’organisation.

Certains vétérans du métier se retirent afin de se consacrer uniquement à l’information et la prévention auprès des nouvelles arrivantes. Des séances d’information pour les clients sont même tenues tous les soirs afin de leur expliquer les dangers du VIH et autres maladies sexuellement transmissibles envers eux et leur famille.

La tarification mise en place a de quoi surprendre : le barème des prix est établi selon un système progressif ! Les prix sont répartis entre trois catégories, A, B et C (la catégorie A correspondant à la plus chère). La catégorie dans laquelle un client tombera dépend de deux facteurs : ses revenus et sa fréquentation des travailleuses du sexe. Ses moyens : un chauffeur de rickshaw ne peut pas payer aussi cher qu’un homme d’affaire, il tombera donc dans une catégorie inférieure. Une sorte de justice sociale originale...

Si un client vient régulièrement dans le quartier, les risques de santé qu’il fait courir à ses différentes partenaires sont plus grands, il devra donc payer un prix supérieur. S’il vient plus de dix fois par semaine il entrera dans la catégorie A, entre quatre et neuf dans la catégorie B, entre une et quatre dans la catégorie C.

Pour chasser les anciens démons du quartier, un centre anti-trafic humain a été également mis en place. Impossible, théoriquement, pour une nouvelle arrivante de travailler ici sans être repérée. Il lui faut donc, pour exercer, passer devant une commission qui déterminera si elle est arrivée ici de sa propre volonté, son âge, si elle a bien considéré toutes les alternatives possibles avant de s’engager dans ce métier.

Ainsi, 17 ans après le début du mouvement, le modèle Sonagachi a si bien fait ses preuves qu’il a été reproduit dans d’autres endroits d’Inde et à travers le monde. Et Kohinoor de conclure, en citant les vers du poète Ghalib :

« Si le jour de mon jugement, je me tiens devant le Seigneur

Et qu’il me demande : “ L’aurais-tu fait différemment ?”

Je répondrais : “ Mille fois, je le referais de la même façon”. »

Avec Samir Alam

Photos : dans les rues de Sonagachi (John Gresham/Wikimedia commons)

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  • 91 réactions
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  • ysengrimus
    • Posté à 16h38 le 24/01/2010
    • Internaute 12674

    Bravo aux prostituées de Sonagachi pour leur courage. Oui à la prostitution adulte

    Lien

    Non à sa privatisation (plus exactement : au proxo privé), oui à son étatisation…
    Paul Laurendeau

    • lled
      lled répond à ysengrimus
      (galérienne)
      • Posté à 17h08 le 24/01/2010
      • Internaute 45455
        (galérienne)

      C’est ça, vivement le retour aux maisons closes et au traffic des putes de maisons de passes en maisons de passes, sous le contrôle rigoureux de l’état !

      Il ne vous aura pas échappé qu’il n’y a ici aucune dimension étatique, étant donné que ce sont des travailleuses qui se fédèrent en syndicat de travailleuses, indépendant de toutes les structures mises en place par l’état et la société, laquelle ne les traitait pas avec beaucoup de considération jusqu’alors.

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à lled
        moonchild
        • Posté à 17h32 le 24/01/2010
        • Internaute 21024
          moonchild

        non mais laisse tomber il dit ça juste pour pouvoir plaquer son lien vers son site...

      • lilialbazar
        lilialbazar répond à lled
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 17h34 le 24/01/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        des travailleuses ?

         
        • Edouard Chastagnier
          Edouard Chastagnier répond à lilialbazar
          Bogue la galère
          • Posté à 17h48 le 24/01/2010
          • Internaute 101113
            Bogue la galère

          Oui : comme toi et moi.

          • lilialbazar
            lilialbazar répond à Edouard Chastagnier
            travailleure sociale à Toulouse
            • Posté à 21h37 le 24/01/2010
            • Internaute 36758
              travailleure sociale à Toulouse

            ah, c’est quoi la fiche métier ? il y a quoi comme étude ?

            • Edouard Chastagnier
              Edouard Chastagnier répond à lilialbazar
              Bogue la galère
              • Posté à 21h45 le 24/01/2010
              • Internaute 101113
                Bogue la galère

              Pareil que toi et moi : travailleuse sociale.

              Après stage intensif et cours du soir, embauche directe en CDD. Fixe plus pourcentage, nourrie, logée, blanchie.

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à Edouard Chastagnier
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 17h37 le 25/01/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                je suis sans doute idiote et sans humour mais lorsque vous parlez de stages intensifs, savez-vous qu’il s agit de nuits entières violées par plusieurs rabbateurs ? oui, je sais il vaut mieux parler des personnes volontaires qui se font de l’argent facile par choix. mais moi je vous parle de ces filles qui sont mise à nue dans la rue , examinées sous toutes les coutures et enfermées dans des camions pour des destinations inconnues. droguées et maltraitées jusqu’à ce qu’elles deviennent des loques.
                pour les « volontaires », là aussi des personnes qui ont subies l’inceste ou des viols et qui se croient seulement capables de vendre leur viande (comme elles disent).
                Dans les pays pauvres, il s agit de survie.............. ce ne sont pas les personnes qui pratiquent la prostitution qui sont en cause mais les clients.
                ça gène mais sans client peut être que ces personnes demanderaient à gagner leur vie autrement, peut être qu’elles feraient la révolution. ! ! !
                je voulais juste avoir un autre point de vue..........

                • Edouard Chastagnier
                  Edouard Chastagnier répond à lilialbazar
                  Bogue la galère
                  • Posté à 19h45 le 25/01/2010
                  • Internaute 101113
                    Bogue la galère

                  Très chère,

                  Non seulement je sais tout ça, mais ayant vécu plus de vingt ans en Inde et au Népal, et pas en touriste.

                  Une remarque cependant : chez nous aussi il s’agit la plupart du temps d’une affaire de survie ; des misérables nous en avons aussi bien qu’en moindre quantité.

                  Après, que pourrais-je écrire de pertinent sous cet article, qui ne soit pas déjà connu de tous ?

            • jma14
              jma14 répond à lilialbazar
              • Posté à 11h05 le 25/01/2010
              • Internaute 31729

              Zut, on peut la rentrer dans aucune case !
              Inquiétante votre réflexion pour une travailleuse sociale,
              Cela existe depuis des siècles, c’est une réalité,
              Leur dire qu’elles ne sont pas des travailleuses, c’est insultant,

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à jma14
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 17h41 le 25/01/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                justement, peut être que j’ai un autre angle de vue ?
                la misère sexuelle existe depuis des siècles, alors en 2010 on ne va pas essayer de faire quelque chose, ni freud, ni lacan, ni jung et autres ne peuvent nous aider.........nous sommes à l’heure de l’informatique etc mais pour calmer mes hormones je me vide n’importe où........

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à jma14
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 17h41 le 25/01/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                justement, peut être que j’ai un autre angle de vue ?
                la misère sexuelle existe depuis des siècles, alors en 2010 on ne va pas essayer de faire quelque chose, ni freud, ni lacan, ni jung et autres ne peuvent nous aider.........nous sommes à l’heure de l’informatique etc mais pour calmer mes hormones je me vide n’importe où........ et demain je serai encore aussi malheureux...

          • Plume timide
            • Posté à 05h45 le 25/01/2010
            • Internaute 4280

            Mais oui, bien sûr, prostituée c’est un beau métier.
            Je vous relate une conversation entendue hier.
            Madame Michu à sa voisine de palier :
            « Et qu’est ce qu’elle veut faire plus tard comme métier votre petite fille de dix ans ? »
            la voisine :
            « A son âge on a plein d’idée ! alors elle hésite : Ingénieur(e) comme maman, exploratrice comme Dora, pompier comme papa, mais, surtout en ce moment, pute, comme sa grand mère.
            Vous savez,Les vocations débutent souvent dans l’enfance.
            Moi j’étais une rebelle et je n’ai pas voulu reprendre la boutique maternelle. Des fois je regrette parce que, dans ma boite il fallu aussi coucher pour ne pas perdre mon poste. Et j’ai même pas été payée ! Alors je l’encourage ma petite Madeleine dans sa vocation, ça fait plaisir à ma mère que quelqu’un reprenne le flambeau.

            • Le-Hurleur
              Le-Hurleur répond à Plume timide
              Manutention-Artiste musicien
              • Posté à 08h07 le 25/01/2010
              • Internaute 49166
                Manutention-Artiste musicien

              Prostitué libre, c’est tout de même mieux que prostitué enchainée.
              Après, tant que l’on ne sera pas tous suffisamment hédoniste et débarrassés de nos limites morales et de nos frayeurs sensuelles, forcément, les clients des prostitués continueront d’affluer.

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à Le-Hurleur
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 17h46 le 25/01/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                c’est bien dommage qu’en 2010 , le sexe, les pulsions sexuelles soient encore sources de tabou et de honte. j’ai même l’impression que plus l’étalage grandit, plus la misère sexuelle s’étend.
                je pense même qu’avec le temps les moralistes s’endurcissent.

            • Edouard Chastagnier
              Edouard Chastagnier répond à Plume timide
              Bogue la galère
              • Posté à 11h42 le 25/01/2010
              • Internaute 101113
                Bogue la galère

              C’est un métier des plus honorables. Plus haut, j’ai répondu à une question étrange par une pirouette, mais si tu veux tout savoir, à chaque fois que j’entends le mot « pute », je pense à ma tantine qui en était et a dû subir jusque sur le tard les quolibets des bien-pensants, dont certains étaient ses clients.

              Alors un peu d’humour ne peut pas nuire : -)

        • lled
          lled répond à lilialbazar
          (galérienne)
          • Posté à 02h04 le 26/01/2010
          • Internaute 45455
            (galérienne)

          - ben... oui. D’après l’article, c’est comme ça qu’elles veulent se fédérer : avec des tarifs, une force de pression, un encadrement des nouveaux, une règlementation des conditions de travail...

          Maintenant, c’est pas la peine de venir me démontrer par A plus B que c’est le métier le plus sordide du monde (à égalité avec « dalit vidangeur de fosse sceptique » peut-être) et que celles qui atterrissent dans les bordels ne sont considérée que comme de la chair vendue sur pieds, c’était également précisé dans l’article...

        13 autres commentaires
      • ysengrimus
        ysengrimus répond à lled
        • Posté à 14h24 le 25/01/2010
        • Internaute 12674

        « syndicat de travailleuses » Exact. Et qui reconnait un « syndicat » ? Certainement pas la pègre...
        P.L.

         
        • lled
          lled répond à ysengrimus
          (galérienne)
          • Posté à 02h00 le 26/01/2010
          • Internaute 45455
            (galérienne)

          On parle jamais de « syndicat du crime » par chez vous ?

        2 autres commentaires
  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 17h06 le 24/01/2010
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    C’est intéressant mais je ne comprends pas bien ce qui s’est passé : comment elles ont monté leur association, ce qu’elles y ont négocié, etc ?

    • kebra
      kebra répond à Camille
      Bisounours killa
      • Posté à 22h43 le 24/01/2010
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      C’est surtout le principe de coopérative ouvrière de prostitution qui est très intéressant.

      Un modèle adaptable à la prostitution européenne même si les sex workers sont plus intermittent(e)s qu’en Inde. Cela a ruiné un projet coopératif au Tessin. En France ? Nous sommes quelques uns à y réfléchir mais la prohibition des bordels à la peau encore plus dure que celle des dopes.

      • DBL8
        DBL8 répond à kebra
        Retraité
        • Posté à 08h39 le 25/01/2010
        • Internaute 19562
          Retraité

        Elles paient des impôts !
        Pourquoi n’auraient-elles pas de reconnaissance « officielle » comme métier ?
        Mais voilà, la morale va en prendre un coup.
        Avoir une promotion canapé est « presque » devenu valorisant par rapport aux travailleuses du sexe.
        Promotion ou tout autre avantage qui peut aller à ne pas se faire virer pour donner à manger à ses enfants ! Il y a des genoux qui devraient être cassés, là nous verrions ceux qui sont les sa#ops (pourquoi être correct envers eux ?), un peu comme en Irlande ou l’IRA mettait une balle dans le genou de ceux qui...

         
        • kebra
          kebra répond à DBL8
          Bisounours killa
          • Posté à 11h00 le 25/01/2010
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Sauf que l’IRA couvrait les pédophiles, les violeurs et les fous sanguinaires dans ses rangs. Sinon, sur le principe et face aux affreux, la punition physique est envisageable, même si je doute de son efficacité avec les vrai nez de bœufs...

          • DBL8
            DBL8 répond à kebra
            Retraité
            • Posté à 11h44 le 25/01/2010
            • Internaute 19562
              Retraité

            L’IRA comme les autres !
            Vous pensez que les UK ne l’ont pas fait ?

            • kebra
              kebra répond à DBL8
              Bisounours killa
              • Posté à 14h57 le 25/01/2010
              • Internaute 8550
                Bisounours killa

              La pédophilie n’est pas une spécialité catholique (quoique son clergé soit très gangréné), l’inceste encore moins et les tueurs barjots sont très utiles aux mouvements armés de libération.

              Je suis athée (jamais baptisé) d’une famille majoritairement protestante. J’ai eu pourtant beaucoup d’empathie pour le combat de l’IRA, surtout la branche anarcho-socialiste en lutte contre Maggie. Les noirs de la calotte me gonflent même dans la résistance, c’est con mais c’est comme cela.

              • DBL8
                DBL8 répond à kebra
                Retraité
                • Posté à 19h11 le 25/01/2010
                • Internaute 19562
                  Retraité

                Ben... c’est un beau discours pour dire ce que je pense.

                Un TOP de + !

          • sebastien542
            sebastien542 répond à kebra
            lecteur
            • Posté à 14h28 le 25/01/2010
            • Internaute 90769
              lecteur

            « Sinon, sur le principe et face aux affreux, la punition physique est envisageable », ben oui rétablissons la loi du talion, la peine de mort et le martinet à l’école. On va les soigner à coup de Rangers dans la gueule !
            Mais fait attention, qui sème le vent …

            • kebra
              kebra répond à sebastien542
              Bisounours killa
              • Posté à 15h09 le 25/01/2010
              • Internaute 8550
                Bisounours killa

              Chic un romain tout neuf !

              J’adore les pacifistes bêlants qui masquent leur profonde couardise et leur démission sociale derrière un humanisme de façade. Surtout lorsqu’ils mélangent tout.

              Je devisais sur les méthodes de mouvement de libération comme l’IRA. Pas sur le cas général en société. Quoique j’ai déjà soigné certains affreux à grands coups de Docs et battes en combinaison spéciale.

              J’adore la tempête !

              • Mon-Al
                Mon-Al répond à kebra
                roturière : -)
                • Posté à 15h25 le 25/01/2010
                • Internaute 24219
                  roturière : -)

                 : -)

                • kebra
                  kebra répond à Mon-Al
                  Bisounours killa
                  • Posté à 16h01 le 25/01/2010
                  • Internaute 8550
                    Bisounours killa

                  Il y a un max de travail pour les pecs et les abdos mais je manie assez bien le trident...De là à défier Neptune...

              • sebastien542
                sebastien542 répond à kebra
                lecteur
                • Posté à 16h43 le 25/01/2010
                • Internaute 90769
                  lecteur

                Les non violent font preuves de beaucoup plus de courage en répriment leur bas instinct animal qui les pousse à la violence. La violence n’est pas de l’héroïsme c’est juste une solution de facilité.
                Pour ce qui est de la démission social je te conseillerais simplement de taper Gandhi dans un moteur de recherche quelconque.
                PS : pour exemple plus récent en France tu peux taper Alain Refalo

                • kebra
                  kebra répond à sebastien542
                  Bisounours killa
                  • Posté à 16h54 le 25/01/2010
                  • Internaute 8550
                    Bisounours killa

                  Gandhi n’est pas grand chose sans la violence des groupes d’assaut de Nehru, c’était un duo gentil-méchant classique, comme chez les keufs.

                  L’option violente devint si populaire que Ghandi a du faire une longue grève de la faim pour reprendre la main. Et si l’Inde est si puissante aujourd’hui c’est plus grâce aux options hybrides de Nehru, dont le nucléaire et l’électronique, que du rouet et de l’autonomie paysanne de Ghandi.

                  La vérité est dans le bon équilibre entre sagesse et taloche, l’équilibre, un art bien ardu que la pureté ou le chaos...

                  J’ai déjà beaucoup dialogué avec un pacifiste bêlant ces jours. Cela ira bien.

                  • sebastien542
                    sebastien542 répond à kebra
                    lecteur
                    • Posté à 18h02 le 25/01/2010
                    • Internaute 90769
                      lecteur

                    Si tu as une référence sur les groupes d’assaut de Nehru je te serais gré de participer à mon savoir.
                    Il est agréable de voir que tu es fermé au dialogue (c’est sur, c’est plus rigolo de foutre des coups de grole et ça prend moins de temps).
                    Quand à Gandhi je soulignerais juste qu’il est mort le 30 Janvier 1948 soit 5 mois après l’indépendance de l’Inde (15 août 1947) se qui je pense la légèrement pénalisé pour participé à la futur « puissance » de l’inde (enfin c’est juste une hypothèse tu me dis si je me trompe).
                    PS : merci pour ta superbe phrase sur l’ordre du monde et l’équilibre entre le chaos et la pureté ca m’a bien fait marrer

                    • kebra
                      kebra répond à sebastien542
                      Bisounours killa
                      • Posté à 00h11 le 26/01/2010
                      • Internaute 8550
                        Bisounours killa

                      Je suis lassé du dialogue sur ce sujet. trop donné avec le Chastagnier ces derniers temps. Plus envie, vraiment désolé.

                      Pour résumer en terme ADD, je suis devenu Chaotic Neutral.

        12 autres commentaires
      • francoisBR
        francoisBR répond à kebra
        étudiant-salarié
        • Posté à 10h22 le 25/01/2010
        • Internaute 77907
          étudiant-salarié

        Vivement une autogestion à la « Sin City ».

        Je me trompe peut-être mais j’avais l’impression que l’idée du bordel était en train de redevenir à la mode.

         
        • kebra
          kebra répond à francoisBR
          Bisounours killa
          • Posté à 11h14 le 25/01/2010
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Les pays protestants du Nord ont légalisé la prostitution et l’exploitation des bordels. C’est le souk, le meilleur cohabite avec le pire comme c’était en France avant la fermeture.

          Voilà pourquoi une fondation qui ferait le relais pour l’achat des lieux et une autogestion de type SCOP me semblerait plus adapté que le business capitaliste habituel. Cela changerait aussi l’approche des clients face à des travailleuses pas des esclaves, ou alors consentis.

          Encore un sujet ou la pseudo-morale l’emporte sur la raison, comme pour les dopes ou la fin de vie. Je fais une fixation sur ces bordels sociaux. Je dois être maso...

          • Edouard Chastagnier
            Edouard Chastagnier répond à kebra
            Bogue la galère
            • Posté à 11h44 le 25/01/2010
            • Internaute 101113
              Bogue la galère

            Maso ? non : t’as oublié d’être con et tu as du cœur.

            • kebra
              kebra répond à Edouard Chastagnier
              Bisounours killa
              • Posté à 14h50 le 25/01/2010
              • Internaute 8550
                Bisounours killa

              Mon cul ! Je suis un grand con qui adore charger les moulins juste pour le vice de ne pas faire comme le troupeau. C’est pervers. Et snob.

          • mad
            mad répond à kebra
            • Posté à 12h07 le 25/01/2010
            • Internaute 2629

            La prostitution est illégale et très réprimée dans les pays nordique, et en Allemagne on constate que certaines maisons closes, ouvertes au milieu de nulle part dans les zones frontalières sont totalement coupées du monde, et des contrôles de police en particulier ...

            • kebra
              kebra répond à mad
              Bisounours killa
              • Posté à 15h05 le 25/01/2010
              • Internaute 8550
                Bisounours killa

              La prostitution est totalement illégale dans deux pays nordiques et c’est tout. Il y avait des tickets gratuits pour les bordels dans la pochette des congressistes à Copenhague. Le Benelux est abolitionniste depuis longtemps. Les pays baltes sont un gigantesque bordel, malgré des lois restrictives.

              Le contrôle social sur la petite population de cousins norvégiens fonctionne assez bien. En Suède, c’est la blague habituelle. Quelques interventions bien médiatisées et exportées, des études d’impacts réalisé dans le Nord dépeuplé, autosatisfaction maximum et bruyante. Même affaire que pour la dope. De grands escrocs ces Suédois.

              Si je propose des Sociétés Coopératives de Prostitution avec une fondation faitière, c’est bien pour éviter autant que possible les dérives allemandes.

    • Von K
      Von K répond à Camille
      Assistante pour assistés
      • Posté à 11h59 le 25/01/2010
      • Internaute 102870
        Assistante pour assistés

      Je suis en train de lire « Inde, la révolution par les femmes »
      de Dominique Hoeltgen.
      Comme je ne l’ai pas fini je ne peux pas garantir que l’histoire de Sonagachi y figure, mais ce livre est riche d’histoires d’associations de ce type, qui connaissent un vrai boom en Inde, autant en milieu urbain que rural.

      Les indiennes on bien compris le proverbe « Un doigt seul peut être aisément brisé mais plusieurs doigts, un poing, c’est le pouvoir même. » . À lire également : « We Are Poor but So Many » de Ela R. Bhatt.

    • Alexandre Marchand
      Alexandre Marchand répond à Camille
      Etudiant en journalisme
      • Posté à 13h42 le 25/01/2010
      • Internaute 88733
        Etudiant en journalisme

      L’article était déjà trop long, il m’a fallu passer outre certains points dont celui-là.

      L’organisation Durbar est fondée sur le vieux principe de « l’union fait la force ». Je ne sais pas quelle est la part des proxénètes dans la population du quartier rouge mais ils sont certainement en infime minorité par rapport aux 9 000 prostituées. Comme écrit dans l’article, le mouvement a commencé en 1992 avec 12 prostituées qui ont lancé une campagne d’information sur le sida. Très mal accueillies au début, elles ont fini par gagner de plus en plus de travailleuses du sexe au fil des ans. D’une organisation de prévention des maladies sexuellement transmissibles, l’association (« community based organization ») a pris une tournure plus politique en grossissant. Les prostituées se sont rendues compte qu’elles avaient, de par leur nombre, les moyens de changer l’ordre des choses dans le quartier. C’est ainsi, qu’à partir de 1999, ont été créés des organes tels que le centre anti-trafic humain, les centres de formation (pour proposer d’autres alternatives aux prostituées) etc. « Comment ont réagi les proxénètes ? » a évidemment été une des questions que j’ai posé. Voilà ce que l’on m’a répondu :

      « SI maintenant un proxénète ose ne serait-ce que lever la main sur une fille, il sait qu’il va devoir faire face à cinq autres »

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 17h29 le 24/01/2010
    • Internaute 21024
      moonchild

    bien ouèj les filles !
    (mais je rejoins camille, yaurait des précisions nécessaires)

  • Ciencien
    Ciencien
    Étudiant (en pharmacie)
    • Posté à 17h46 le 24/01/2010
    • Internaute 43695
      Étudiant (en pharmacie)

    Sin city ?

    • Deamon7
      Deamon7 répond à Ciencien
      Petit agité
      • Posté à 11h14 le 25/01/2010
      • 49273
        Petit agité

      Les filles y sont les maitresses de la vieille ville dont elles assurent elle meme la defense, et pas question pour les flics ou la mafia d’y jouer au con sauf a vouloir se faire dezinguer.

  • Erikiki
    Erikiki
    Diablotin
    • Posté à 18h13 le 24/01/2010
    • Internaute 76835
      Diablotin

    Une bonne leçon.
    Merci de ces femmes qui, par leur organisation, se passent des institutions !
    Prenons leçon.

    =)

    Bravo à vous mesdames,
    Trompées, vous vous êtes organisées !
    Respect.

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 19h03 le 24/01/2010
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Excellent article !

    On s’y croirait !

    Et tous ces détails sur l’organisation et la temporisation .... un travail de longue haleine, le suivi d’un thème sympathique sur plus d’une décennie .... ben oui, pour comprendre ce business, il faut beaucoup de sacrifices personnels ....
    A ce propos, les frais de reportage sont-ils remboursés au reporter ?
    Manquerait plus qu’il y soit de sa poche !

    Bon, encore une fois un artcile ringard sur le businezz des putes en asie !
    C’est récurrent sur Rue89 !
    Toutes les semaines ont a droit à un super reportage sur les péripatéticiennes aux yeux bridés !

    Toujours rien sur les maisons closes de Toulouse ou de Bordeaux ?

    Franchement, que les tapineuses s’organisent pour lutter contre les levrettes sauvages qui refusent de passer devant la commission d’admission .... qu’est-ce que ça peut bien nous apporter par rapport à la crise de l’emploi ?

    A moins que ......
    Non ! ?
    Je n’ose y croire ...... le journaliste se transformerait-il en coach ?

    Bon !
    attendons le prochain reportage, la semaine prochaine .... on nous entraînera dans les rues de Messine pêcher la sardine et dans celles de Lorient pêcher el hareng !

    • Erikiki
      Erikiki répond à Yfig
      Diablotin
      • Posté à 19h19 le 24/01/2010
      • Internaute 76835
        Diablotin

      Je ne vous nazze pas, et vous dis :
      - « Votre post est ridicule ».

      Vous vous dites poète sans illusions ?
      Révisez votre conjugaison !

      =

      • Yfig
        Yfig répond à Erikiki
        Poète sans illusions j'écris (...)
        • Posté à 22h33 le 24/01/2010
        • Internaute 41364
          Poète sans illusions j'écris (...)

        Je ne trouve rien d’intéressant à vous répondre à votre réaction géniale d’arguments débordants d’humanité et d’intelligence !

        Sans blague, vous m’épatez !

        C’est naturel ou vous travaillez votre style ?

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