Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Ce que cache la béatification des « martyrs » franquistes

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 31/10/2007 à 17h30

Dimanche, « 498 martyrs des persécutions religieuses » pendant la guerre civile d’Espagne (1936-1939) ont été béatifiées à Rome. Le même jour, c’était le vingt-cinquième anniversaire de l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1982. Et, pur hasard, deux jours avant le vote par les Cortes (parlement) de la loi de réhabilitation des victimes du franquisme, loi violemment combattue par la droite et... l’Eglise.

Béatification cela signifie rendre « béat », c’est-à-dire « bienheureux », de manière à donner en exemple celles et ceux qui sont morts pour leur foi, je dis bien pour leur foi et non, par exemple, pour des raisons politiques.

Il est vrai, tragiquement vrai que des religieux(es) ont été tués, je dirais, quoi qu’il en coûte, assassinés, dans les années 30 et particulièrement au cours de l’été 1936 (je me souviens de ce vieux militant libertaire, journaliste dans la région de Valence, me disant, les larmes aux yeux : nous aussi nous avons fait, parfois, ce que nous n’aurions pas dû faire). Tous les historiens s’accordent sur le fait sinon sur les chiffres (on peut voir, par exemple, ce monument de pondération méthodique : « La guerra civil española », d’Antony Beevor, éd. Crítica, Barcelona).

L’implication de l’Eglise espagnole dans la guerre civile est un fait politique

Mais alors peut-on dire, pour autant, comme le fait aujourd’hui la droite espagnole, l’Eglise et le pape lui-même, qu’il s’agissait de persécutions religieuses et non d’une guerre, c’est-à dire d’un fait politique ? Il suffit de consulter l’énorme iconographie issue de cette guerre pour tomber en arrêt devant ces évêques et cardinaux entourés de militaires soulevés contre la République, tous bras tendu et main bien ouverte, pour comprendre que l’Eglise espagnole, a non seulement béni le soulèvement du 17 juillet 1936, mais y a collaboré très concrètement et massivement.

Et l’on n’en finirait pas de citer les proclamations des autorités ecclésiastiques, non seulement dans les années 30, mais dès le XIXe siècle et la révolution cantonaliste, pour ne pas remonter au-delà, jusqu’aux proclamations appelant l’armée à la croisade (cruzada), on n’en finirait pas...

Quand Pie XI bénissait les « croisés du Christ et de l’Espagne »

Il suffit de rappeler qu’en ce mois de juillet 1936, l’autorité suprême, le pape Pie XI, salue « la contre-révolution » et bénit « les croisés du Christ et de l’Espagne » et que le 23 août 1940, Franco signe un décret disposant que le cardinal Isidro Gomá serait enterré avec « tous les honneurs d’Etat en raison des inestimables services rendus à la patrie », lequel cardinal n’est rien d’autre que celui qui rédigea, en 1937, la lettre épiscopale de soutien au coup d’état militaire et l’inventeur de l’expression « croisade chrétienne » pour qualifier l’épopée franquiste.

Comment douter alors de la dimension politique de l’intervention de l’Eglise ? Le mot, d’ailleurs, est bien choisi, contre-révolution, car on ne comprend rien à cette guerre si l’on ne voit pas que le soulèvement militaire, au-delà de la république, se dresse contre la révolution qui se prépare dans le pays depuis le début du siècle pour le moins. Et si l’on ne voit pas, en outre, que cette révolution présente des caractéristiques bien particulières en ceci que, fait unique en Europe, elle se réfère plutôt à la tendance libertaire de Bakounine qu’à celle « autoritaire » de Marx, toutes deux issues de la première Internationale.

Ce qui contribue à expliquer l’effervescence estivale qui ne vise l’Eglise qu’en tant qu’elle est une composante essentielle du pouvoir séculaire contre lequel la révolution se dresse, ce pouvoir constitué en outre d’une classe possédante rétrograde et d’une armée dont la hiérarchie est issue de cette même « aristocratie ».

Le camp républicain a fait arrêter les violences contre le clergé

C’est ce triptyque formé du cacique, du prêtre et du garde-civil que l’on retrouve, non pas symboliquement, mais très concrètement dans chaque village du pays, disposant de tous les pouvoirs sur une population asservie quand ce n’est misérable. Et l’Eglise participe, le plus souvent, concrètement à ce pouvoir par ses prêtres qui prêchent la résignation à l’ordre voulu par Dieu et menace des foudres du ciel le moindre récalcitrant. Imagine-t-on les haines accumulées ? Alors quand vient la révolution, sur la « Plaza Mayor » sont jetés dans un même feu les registres de la propriété, les fichiers de police et les objets du culte qui symbolisent l’oppression séculaire. Et personne ne se trompe d’ennemi, les prêtres bénissent les militaires soulevés et ne rechignent pas à prendre, eux aussi, les armes. Ils sont des soldats d’un camp, et les soldats meurent à la guerre.

Et des exactions se produisent, je l’ai dit, inacceptables, auxquelles les militants des organisations syndicales, très puissantes (CNT, UGT), tentent immédiatement de s’opposer et parviennent à circonscrire avant l’automne, alors que, dans l’autre camp...

Le général Mola, chef de l’armée du Nord et âme de la préparation du coup d’état, ordonne « d’éliminer les gens de gauche : communistes, anarchistes, syndicalistes, franc-maçons ». Et le général Queipo de Llano (bourreau bavard de Séville) qualifie le « mouvement » de purificateur (« depurador ») du peuple espagnol, alors que l’un des porte-paroles de Franco, le capitaine Gonzalo de Aguilera, dans une interview donnée au journaliste américain John Whitaker proclame : il faut « tuer, tuer et tuer tous les rouges, exterminer un tiers de la population masculine et nettoyer le pays de ses prolétaires ».

C’est donc bien d’une entreprise de « purification sociale » dont se sont rendus coupables les « nationaux », comme ils disaient, et c’est à cette entreprise que l’Eglise apostolique et romaine a, en Espagne, appelé et collaboré. Que le pape béatifie autant qu’il le veut, mais qu’il ne nous demande pas d’oublier.

Lire aussi : Zapatero veut « dépolitiser » la basilique de Franco

  • 5978 visites
  • 25 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Anonyme

    Que voulez vous dire ?
    Que dans une guerre civile on tue ?
    Environ 7000 religieux ont été exterminés souvent dans des conditions atroces.
    J’ai bien compris, dans votre article, qu’ils n’avaient été tués par personne et surtout pas par des Républicains.
    Un suicide collectif en quelque sorte...
    Bon écoutez, les deux camps ont fait assaut de férocité pendant la guerre civile, les républicains ne le cédant en rien aux nationalistes.
    Ce n’est pas ce qui s’est passé pendant la guerre qui est injustifiable.
    Ce qui est moralement et humainement ignoble de la part du régime franquiste et de Franco lui-même c’est qu’une fois après avoir gagné, il a continué à froid, ses massacres et ses persécutions et celà jusque dans les années 70.
    Le reste est une vision partisane, dépassée dans l’Espagne de la Movida...
    La guerre est finie.
    Alviano

    • k_reno
      k_reno
      Voyageur
      • Posté à 20h01 le 31/10/2007
      • Internaute 15813
        Voyageur

      La question posée est celle de l’opportunité de cette béatification de masse de victimes pourtant soigneusement choisies.

      Il me semble que des religieux se sont engagés et ont été tués dans les deux camps.

      Il est donc intéressant d’observer que l’en choisissant des victimes dans un seul des camps, l’église persiste dans sa prise de position politique.

      Il est difficile pour un observateur externe d’y trouver un message d’Amour et de Paix.

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à k_reno
        43
        • Posté à 00h53 le 02/11/2007
        • Internaute 4591
          43

        Comme professeur d’espagnol j’avais dans les années 50 un prêtre espagnol républicain réfugié en France qui nous parlait de :
        « ces gros porcs qui, à la sortie de la messe, plantés en haut des marches de l’église,frottaient une allumette sur le revers brodé d’or de leur chasuble pour allumer un cigare en regardant d’un air dédaigneux les parroissiens s’éloigner ».
        Et depuis j’ai vu un film avec Jean-Louis Trintignan sur la guerre d’Espagne qui donnait le même point de vue que ce prêtre.
        Je ne me souviens pas du titre de ce film qui est passé il y a moins d’un an sur Arte

         
        • Anonyme répond à Servais-Jean

          Effectivement voilà qui mérite de se faire exterminer...
          Je dirais même que le tabac étant cancérigène, les républicains qui se sont livrés à ces massacres, leur ont en fait épargné des souffrances inutiles.
          Ils leur ont rendu service en quelque sorte...
          Alviano

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      Tiens, Alviano, je vous croyais disparu...
      Mais vous lisez toujours au travers d’un prisme déformant... Me semble en effet que Nestor Romero (très bon article, au passage) exprime par deux fois le fait que les Républicains avaient effectivement tué des religieux et que ce n’était pas forcément ce qu’ils avaient fait de mieux (encore que, de mon point de vue...).
      Par ailleurs, 7 000 religieux exterminés. Oui, peut-être (je connais pas les chiffres). Et alors ? Combien de victimes a fait, au total, cette guerre civile ? Dont ces curés étaient partie prenante, le plus souvent à « combattre le rouge ». Après avoir pendant des années contribué à maintenir la population dans sa misère (« c’est dieu qui le veut », mon cul !).
      L’alliance du sabre et du goupillon n’a jamais été nouée pour le bien du peuple, seulement pour celui d’une quelconque « aristocratie ».
      Et il y a un point où vous avez parfaitement raison : c’est que l’état franquiste a été immonde pendant des années. Sous le regard parfaitement « neutre » de tous ses voisins, dont la France...
      Quant à dire que la guerre est finie, il semble qu’elle laisse encore des traces dans les coeurs ibériques. Comme la guerre d’Algérie n’a pas fini de bouleverser bien des français...

      Otto Naumme

      • Anonyme

        Je n’ai pas disparu, simplement nous n’avons pas fréquenté les mêmes articles.
        Il est tout à fait normal pour un Français de ne pas connaitre dans le détail la guerre civile Espagnole, il est explicable pour quelqu’un ayant des opinions de gauche de s’en tenir à la mythologie post guerre civile que les républicains en exil ont véhiculé.
        Mais j’apprécie assez peu l’article de monsieur Romero dont l’objet est de prendre parti dans un débat politique actuel en Espagne en s’appuyant sur ces deux méconnaissances.
        « La guerre est finie » est le titre d’un livre de Jorge Semprun dont on a d’ailleurs fait un film et qui montrait le décalage entre la situation Espagnole concrète de la fin du franquisme et la vision idéalisée de l’émigration complètement coupée du réel.
        Pour les pertes voici les chiffres :
        200 000 morts au combat (Nationalistes et Républicains)
        120 000 exécutions côté nationaliste
        55 000 exécutions côté républicain
        110 000 exécutions franquistes à partir de 1939.
        Les assasinats de religieux se sont élévées à 7937 elles ont commencé avant le déclenchement de la guerre civile et ont contribué à faire basculer du côté nationaliste une frange non négligeable de la société Espagnole, surtout dans les classes pauvres.
        Alviano

         
        • Anonyme

          Merci pour ces chiffres. En revanche, pour ce qui est de la « mythologie », de quoi parlez-vous ? Du fait que le régime franquiste a été sanguinaire ? Ces mêmes chiffres semblent pourtant en apporter une preuve.
          Pour le reste, même si je ne le connais pas, je soupçonne monsieur Romero d’avoir au moins des ascendances hispanisantes et donc, probablement, une meilleure connaissance de l’histoire espagnole que moi...
          Quant à mes opinions de gauche, mouais, c’est pas vraiment comme ça que je les qualifierai. Peu importe. Je constate simplement que cette guerre civile a fait, directement ou non, près de 500 000 morts. Je ne connais pas la population espagnole en 1936, mais ça devait faire une belle proportion...
          Pour ce qui est des assassinats de curés, votre analyse est sans doute juste, en parlant de la bascule vers le franquisme qu’ils ont entraîné...

          Otto Naumme

          • Anonyme

            26 000 000 habitants...
            La mythologie dont je parle est celle du supposé combat des Démocrates Républicains contre le fascisme.
            Dans la réalité c’est beaucoup plus complexe, il faut faire une analyse historique et bien connaitre une Espagne qui n’existe plus : en 1936 l’Espagne est un pays du tiers monde.
            Alviano

        2 autres commentaires
    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 19h00 le 02/11/2007
      • Internaute 19295

      Pour chanter « veni creator » il faut une chasuble d’or
      Pour chanter = = = = = = d’or
      Nous les tissons pour vous, grands de l’ Eglise,
      Mais nous pauvres canuts, nous allons sans chemise
      C’ est nous les canuts, nous allons tout nus.

      Ah bonne vieille chanson, toujours d’ actualité car hélàs la guerre soit disant finie est devenue économique donc la guerre finie, ce n’est pas si sûr.
      Jean Paul était conservateur Benoît encore pire réhabilitation des intégristes et maintenant cette béatification scandaleuse fortement symbolique et politique
      aprés la droite décompléxée voici les cathos déculpabilisés
      Chacun peut choisir sa religion, soit .
      Le problème c’ est qu’il y a toujours un clergé qui suit, et des ultras à l’intérieur ceux qui poussent au crime et qui vous disent le patron est le patron c’ est dieu qui l’ a voulu ainsi ; A quand la canonisation de Mme Parisot....

      ça dure depuis des siècles et on les a toujours pas virés

      A BAS LA CALOTTE

      (toutes les calottes sans distinction de race de sexe ou de religion)

  • Anonyme

    a la guerre on tue, c’est le but.
    après les vainqueurs écrivent l’Histoire.
    les vaincus tentent de faire des légendes et ne parlent pas de leurs crimes : exemple les Républicains à Barcelone en 1937 tirant sur les anarchistes en obéissance scrupuleuse à Staline

    • Delebarre
      • Posté à 22h21 le 31/10/2007
      • Internaute 15288

      Cet article a le mérite de rappeler des faits qui semble t il dérangent encore... Et sans nier les crimes commis dans le camp républicain il est établi, comme le rappelle l’article, que l’horreur et l’abjection ont dominé dans le camp franquiste.. Lisez Benassar ou Beevor.

      ... au point que dans de nombreux villages d’Espagne il est encore impossible aux familles de militants de Gauche assassinés par les franquiste de simplement savoir où sont enterrés leurs parents de simplement pouvoir les sortir des fosses communes et les enterrer décemment, de pouvoir les honorer. Quand on sait que certains de ces descendants se font encore insulter au quotidien... pour leur parenté avec des « rouges »...

      Alors la démarche de l’église catholique aujourd’hui est bien dans la continuité de ce qu’elle a fait de pire dans les siècles passés et particulièrement le XXe...

      Xavier Delebarre

    • Anonyme

      Désolée de vous contredire : ce n’est pas les Républicains qui tirent en 1937 sur les anarchistes et les trotskistes du POUM, mais les communistes ! Les Républicains n’en étaient pas encore à obéir aux ordres de Staline

  • Alexad
    • Posté à 18h44 le 31/10/2007
    • Internaute 8145

    La guerre d’Espagne ayant été le terrain d’entraînement de l’Allemagne nauséabonde de l’époque, le geste de Benoit « sixtine » est loin d’être innocent. On cache les orientations qui sentent le souffre, par des fumées de béatitude...

  • Peter Pan
    • Posté à 19h55 le 31/10/2007
    • Internaute 18881

    CV de Benoit XVI :

    -né dans une famille catholique très pratiquante
    -jeunesses hitlériennes
    -chaire de dogmatique à Ratisbonne
    -préfet de la congrégation de la doctrine de la foi (anciennement Inquisition)

    -il devient Pape, sans même un MBA de HEC en poche !

    tout ça laisse songeur

  • Anonyme

    Bravo pour l’article

  • Anonyme

    ça va mieux en le disant

  • Anonyme

    Sur les plus de quatre cents béatifiés, Benoît XVI s’est-il assuré qu’aucun n’a lui-même participé aux tueries de cette guerre civile, par action, par pensée, par parole, par complicité, ou par omission ?

  • Anonyme

    Une fois de plus le Vatican et l’Eglise Catholique prouve qu’elle sait choisir son camp, celui de l’aristocratie, de la finance, de la bien pensance, de l’armee, contre le peuple, l’emancipation, l’eaglitarisme. Musolini, Hitler, Franco, le Bostwana ect...

    Ca me fait gerber, ce foutu pape qui en ces temps de haine raciale, nationale et religieuse, en remet une couche. Foutus cures ! ! !

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 15h25 le 02/11/2007
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Dans tous les pays et de tout temps, les eglises sont la branche « lavage de cerveaux » des riches et puissants (que se soit les catholiques, musulmans, juifs etc...), les aidant a maintenir les classes les plus pauvre dans l’ignorance et la pauvrete, pour le benefice de ceux qui les exploitent. (

    Que ceux qui se revoltent contre les injustices qu’ils subissent, s’en prenne aussi aux religieux, cela ne me choque pas.

    Que l’eglise catholique reste fidele a son long combat pour les dictatures et contre les libertees, cela ne me surprend pas.

    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 19h21 le 02/11/2007
      • Internaute 19295

      Entièrement d’accord avec vous.J’ ajouterai la non-condamnation de l’ Allemagne nazie, plus tard, la mise à l’écart des prêtre-ouvriers et le « lâchage » des évêques sud -américains qui luttaient au côté des pauvres l’ église argentine sous Pinochet etc etc.. et ces évangélistes étasuniens qui nient Darwin et font remonter la création à
      4500 ans av JC
      AU SECOUR
      On revient au moyen-âge

    • le-vilain-petit-canard
      • Posté à 19h30 le 02/11/2007
      • Internaute 19295

      Entièrement d’accord avec vous.J’ ajouterai la non-condamnation de l’ Allemagne nazie, plus tard, la mise à l’écart des prêtre-ouvriers et le « lâchage » des évêques sud -américains qui luttaient au côté des pauvres l’ église argentine sous Pinochet etc etc.. et ces évangélistes étasuniens qui nient Darwin et font remonter la création à 4500 ans av JC et envoient leurs boys en croisade contre le Mal,en Petro-Land.
      AU SECOUR ! ! !
      On revient au moyen-âge !

  • chicuelo
    • Posté à 15h52 le 02/11/2007
    • Internaute 1830

    La hiérachie catholique espagnole est, dans sa majorité, néofranquiste, ni plus ni moins. La conférence épiscopale espagnole n’a jamais condamné le franquisme ni le rôle de l’église dans dans cette période ; « il y avait des mauvais côtés et des bons côtés » dans le franquisme ( comme dans la choucroute) disait encore la semaine dernière l’évèque de Guadalajara. Entendez surtout des bons côtés, pour l’église.

    Dans la cathédrale de Tolède, magnifique par ailleurs, il y a une pièce où sont regroupés « les Trésors » de la cathédrale. A côté d’un Titien, d’une croix en bois peinte par Fra Angélico, on peut voir une superbe épée avec la légende : « épée offerte par la Légion à Francisco Franco - 1926 ». la date est là pour souligner qu’il s’agit du Franco d’avant la guerre civile, du pacificateur du Rif, pour prévenir toute indignation. Ce qui n’est pas précisé, c’est comment cette épée s’est retrouvée là (évidemment parce que Franco l’a offerte à l’archevèque au cours d’une visite à la cathédrale, et évidemment après 1939...). D’ailleurs, le cardinal-archevèque de tolède, primat d’Espagne, Antonio Canizares, est le chef de file des plus durs de l’église espagnole ; i lmène le combat contre l’éducation civique à l’école, appelle à la désobéissance civile, etc etc...

    Conclusion : le refus de la repentance n’est pas seulement le fait de M.Guaino, et l’église espagnole pourrait lui apprendre pleins de trucs encore. D’aileurs, ils ont un maitre à penser commun, Maurice Barrès, qui a une rue à son nom juste à côté de la cathédrale de Tolède. Le monde nationaliste est plus que petit...

  • Anonyme

    Lien

    Rome exalte le franquisme

    Des « bienheureux » en masse : les béatifications et les canonisations sont toujours des moyens politiques pour Rome. Dimanche dernier c’était l’évidence.
    Il paraît que deux ou trois papes précédents s’étaient opposés aux ardeurs de l’église espagnole après la guerre civile. Mais le dernier, dont on sait l’amitié pour le fondateur de l’Opus Dei, relança l’affaire. L’actuel a laissé faire, sans y être présent.
    Parmi ces « martyrs de la foi », se trouve un seul évêque, celui de Cuenca (don Cruz Laplana y Laguna) dont le biographe, professeur au Séminaire de Cuenca, a relaté en 1943 le comportement entre la proclamation de la République en 1931 et sa mort en août 1936. Il fut l’inspirateur et le commanditaire local de la propagande anti-républicaine sortie de l’imprimerie de l’évêché. Il affirma « si je dois mourir pour l’autre Espagne, ce sera bien » : Il mourut en opposant des républicains.
    Parmi ces martyrs de dimanche ne figurent pas les prêtres républicains fusillés par les franquistes au Pays Basque, ni les catholiques loyaux à la République fusillés partout par les « nationalistes ».
    Force est de constater que le Vatican a suivi les évêques nostalgiques du franquisme, exaltant les « croisés », la hiérarchie catholique espagnole s’étant alors ralliée à Franco… Pendant ce temps le gouvernement espagnol tente d’en finir avec l’opprobre jeté sur les républicains depuis 1939 ! ...
    Après les apologies, les historiens commencent à dire l’histoire : tout n’est pas blanc d’un côté et noir de l’autre. Mais ceux qui furent les plus nombreux à être fusillés, puis abandonnés dans des fosses communes anonymes n’étaient pas des franquistes.
    Sous les aspects d’une exaltation religieuse apparaît en réalité la condamnation encore renouvelée des républicains espagnols.
    Raymond BELTRAN
    le 01 novembre 2007
    Lien

  • Anonyme

    Je conseille de relire « Pour qui sonne le glas » d’Hemingway, sur les horreurs perpretes des deux cotes... et l’ambiguite des moyens employes pour servir la « cause ». Ecrit a chaud, d’ailleurs, tout comme Hommage a la Catalogne d’Orwell. Une epoque ou les intellectuels et ecrivains savaient encore ecrire, lire les coeurs et les esprits et retranscrire leurs observations bien mieux que les journalistes qui deja ne savaient que repeter la propagande (communiste ou conservatrice) officielle.
    Le vatican et la droite espagnole, comme la nouvelle droite decomplexee francaise, sont tous restes revanchards malgre leurs victoires en 39 (Franco et Hitler). Ils ne se sont jamais remis des defaites de 45 et de 75. Detruire la memoire vivace de la gauche, la vraie, reecrire l’histoire, l’instrumentaliser, la simplifier, pour ensuite assener leur verite insipide sur des media asservis... a savoir que la condition humaine, c’est la Rolex au poignet.

  • Anonyme

    Juste un rappel historique supplémentaire qui n’a que peu de rapport (et encore) .La grosse saleté blanche qui domine Paris du haut de Montmartre commémore la victoire des bien pensants sur la Commune de Paris,j’habite le quartier depuis 60 ans et j’en ai mal au coeur chaque fois que j’y repense.Heureusement le square juste en dessous a été renommé ,pas rebaptisé j’espère, LOUISE MICHEL par la municipalité actuelle,un grand MERCI.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.