Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

La « gestion » de classe : comment l'entreprise envahit l'école

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 10/02/2010 à 10h39

On ne « gère » pas une classe. Une classe n’est ni un patrimoine, ni une « affaire », ni un budget, ni une entreprise. Pourtant, jamais la locution « gestion de la classe » n’a été aussi intensivement utilisée. Jamais le produit ne s’est aussi bien vendu, au propre comme au figuré. Ce qui ne doit rien au hasard.

L’Université de tous les savoirs comme cheval de Troie

On sait combien l’idéologie dominante des temps que nous vivons excelle à détourner le lexique à son profit. S’agissant de l’école, associer « gestion » et « classe » participe du fonctionnement idéologique qui tend à assimiler puis à réduire subrepticement toute vie sociale à celle d’une entreprise.

Et c’est ainsi que la figure rhétorique « gestion de la classe » se réalise concrètement en un produit qui se vend sur le marché fréquenté par tous les margoulins du « comportement », de la « psycho-tout-ce-que-l’on-voudra » et de la « résolution des conflits ».

Et c’est ainsi en outre que l’idéologie de la gestion s’introduit, se diffuse et se répand, comme par inadvertance, au cœur de l’institution éducative elle-même, comme lovée dans un cheval de Troie qui, en l’occurrence, n’est rien d’autre que... l’Université de tous les savoirs.

L’intention est cependant fort louable. Ne faut-il pas aider les jeunes (et même les moins jeunes) enseignants à « tenir leur classe » ? Tenir, autre terme, alternatif à gérer, qui éclaire ce dernier d’un sens quelque peu disciplinaire. Bien sûr.

Des trucs et des recettes

Les conférences que l’on peut suivre, donc, sur le site de l’UTLS, ne manquent pas d’intérêt ( « Respect » ; « Comment concilier discipline et dialogue » ; « Interdisciplinarité et collaboration pédagogique ») ni de pétulance.

Deux conférenciers se partagent la tâche : Yves Michaud, créateur de l’Université, « conceptualise » comme il dit, avant de laisser le champ ainsi borné à Sébastien Clerc, jeune enseignant de lettres dans un lycée professionnel, dont on sent immédiatement combien il se donne à son métier.

Aussi est-il en mesure de dérouler extrêmement clairement ses « conseils aux collègues » depuis ce qu’il nomme « l’instant stratégique » du début de cours jusqu’à la pratique de la pédagogie du projet, ou du moins de ce qui se fait par-ci, par-là sous cette rubrique.

Tout y passe : comment capter l’attention, l’estrade et le fauteuil professoral avec accoudoirs si possible auxquels il ne voit que des avantages, la mise en évidence sur le bureau et au tableau des outils administratifs aptes à produire la sanction immédiate, les stratégies de quadrillage de l’espace, la gestuelle apaisante, le travail de la voix, tout.

Je voudrais surtout éviter de jouer ici les vieux machins pleins d’une bienveillante sollicitude. Les enseignants ont bien raison de s’investir dans leur métier car c’est ainsi qu’on peut le vivre bien. Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher d’être conscients que tous ces trucs, ces recettes qui emplissent le caddy de la « gestion » de la classe sont, à quelques variantes près, connus et pratiqués depuis la nuit des temps éducatifs. Et c’est vrai, ça peut encore rendre service.

L’urgence est dans l’abolition de la structure « classe »

Mais on ne peut ignorer que cela ne répond en rien aux problèmes de l’école qui sont ceux de l’inégalité sociale, de la ghettoïsation au sein même de l’institution et de son cortège de violences.

On ne peut ignorer que cela permet à l’administration de produire l’éternel mais fallacieux argument : « Vous voyez bien qu’il est possible de travailler normalement, il suffit que le professeur soit bon ! » Ce qui n’est pas vrai. C’est même le comble de la désinvolture, du mensonge et du cynisme.

Car non seulement l’école reproduit les inégalités, mais encore elle les légitime par des évaluations présentées comme incontestables. Ces évaluations mettent en évidence l’incapacité de certaines catégories d’enfants à atteindre un niveau scolaire qui leur permettrait de s’extirper de leur situation de « défavorisés ».

Et on le sait aujourd’hui mieux que jamais, la structure de la classe traditionnelle, la classe d’âge, constitue, du fait de la massification de l’institution éducative, l’obstacle majeur à l’acquisition de connaissances par tous les enfants, mais plus encore par les plus socialement défavorisés.

De sorte que l’urgence n’est pas dans la « gestion de la classe » mais dans l’abolition de la structure classe. L’urgence n’est pas pour un jeune enseignant d’apprendre à gérer une classe mais d’apprendre à enseigner autrement, comme de multiples expériences en France et ailleurs montrent depuis longtemps qu’il est possible et bénéfique de le faire. Expériences qui ne bénéficient pourtant pas de la sollicitude des rectorats et du ministère. On se demande bien pourquoi.

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  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 11h14 le 10/02/2010
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    « Gestion de classe » = « Gestion » tout court = Entreprise = Grand Satan ?

    Bon, d’accord, on a bien compris votre grille de lecture : tout n’est qu’attaque sournoise contre la gentille école. Le refrain complotiste, à la longue, c’est un peu fatiguant...

    Quitte à accuser l’Université de tous les savoirs de tous les maux et d’être un « cheval de Troie » de la méchante entreprise, vous auriez pu avoir l’honnêteté intellectuelle de donner le lien vers l’émission « Rue des écoles », diffusée la semaine dernière sur France Culture, ou l’UTLS était présentée afin que vos lecteurs puissent se faire une idée par eux-même :

    Lien

    Extrait de votre tribune :

    « L’urgence n’est pas pour un jeune enseignant d’apprendre à gérer une classe mais d’apprendre à enseigner autrement, comme de multiples expériences en France et ailleurs montrent depuis longtemps qu’il est possible et bénéfique de le faire. »

    1. En quoi est-ce une urgence d’apprendre à enseigner « autrement » ? « Autrement » par rapport à quoi ? Quels arguments à l’appui de ce point de vue que vous assenez comme une vérité première ?

    2. A quelles « multiples expériences » faites-vous allusion ? Et, surtout, par quelle approche scientifique leur caractère « bénéfique » est-il démontré ?

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à fdrebin
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 12h15 le 10/02/2010
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Le gouvernement se fout de faire « autrement ».
      Le gouvernement avec l’Europe de Lisbonne tient seulement à faire entrer de gré ou de force tout ce qui existe dans un marché concurrentiel.
      Bénéfique veut bien dire ce que ça veut dire : il s’agit que ça coûte moins aux gouvernements, comme si la seule chose qui importait était de faire du profit de toute part.

      Ceci n’est pas notre culture. Ceci n’est pas notre société. Nous nous sommes âprement construits depuis 1789, avec 1830, 1848, 1936, 44 et 45 puis 68 et 81 pour éviter que le peuple ne soit la perpétuelle variable d’ajustement, pour qu’il y ait un partage des richesses.

      La société que vous aimez n’est vraiment obsédée que par le fric. Elle est aujourd’hui capable de coller des gamines en cellule, et de laisser son 3eme âge avec des pensions de 500€ par mois.
      Votre société donne envie de vomir.

    • totor2
      totor2 répond à fdrebin
      • Posté à 14h43 le 10/02/2010
      • Internaute 29614

      Tout à fait d’accord avec fdrebin.

      Ne tentons surtout pas d’améliorer la situation existante, ou d’aider les personnes qui s’investissent aujourd’hui dans ce métier. Contentons-nous plutôt de rêver une situation dont l’utopie nous garde de la cruelle confrontation des faits.

  • alice91
    alice91
    intello
    • Posté à 11h02 le 10/02/2010
    • Internaute 97720
      intello

    vocabulaire normal du libéral gouvernmeent faillitaire UMP ! ! ! !
    On gère les hostos .... pour moins bien soigner
    On gère la fonction publique ....
    Et bientôt on va gérer les fins de droit....
    Elle n’est pas belle la France sous TzarKoL’UMP ?

    • Hemenate
      Hemenate répond à alice91
      • Posté à 12h01 le 10/02/2010
      • Internaute 856

      Sarkozy n’a pas grand chose à voir dans cet état de fait.

      Ceci est la résultante d’une idéologie bien plus profonde largement porté par la gauche, et devant laquelle la droite s’est toujours couché.

      Le collège unique de Haby et le socio-constructivisme ont placé l’élève au centre du système scolaire, le savoir a été remplacé par des « savoir-faire » , des « compétences »... ce qui est effectivement le même vocabulaire et les même concepts qu’on retrouve dans la gestion des ressources humaines des entreprises.

      • alice91
        alice91 répond à Hemenate
        intello
        • Posté à 12h30 le 10/02/2010
        • Internaute 97720
          intello

        le socio-constructivisme .... joli ! ! ! !
        Ca vous sent la structuration de la pensée de droite à 3 pas !
        Vous êtes un bon soldat de la défense du systéme de démolition du service public du PDG du paquebot France en faillite...
        je vous offre la médaille du mérite UMP !

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à alice91
          • Posté à 13h38 le 10/02/2010
          • Internaute 856

          « le socio-constructivisme .... joli ! ! ! !
          Ca vous sent la structuration de la pensée de droite à 3 pas ! »

          Vous êtes amusante, en deux phrases vous parvenez à démontrer à la fois l’étendue de votre inculture et votre incapacité à « raisonner » autrement que par l’anathème.

          Je ne sais si il existe des décorations en la matière...

        • spartak
          spartak répond à alice91
          (comité libertaire lyophilisé)
          • Posté à 16h25 le 10/02/2010
          • Internaute 84113
            (comité libertaire lyophilisé)

          1) Le socio-constructivisme, c’est l’déologie pédagogique dominante, qui consiste à créer l’illusion d’une liberté individuelle pour l’élève (apprenant), en remplaçant l’enseignement du maître par la « découverte » faite par l’élève.
          Or ce que l’élève « découvre » ainsi (le passé simple, la reproduction des plantes, les carolingiens...), ce sont les points du programme prévus par la loi. L’imposture consiste donc à grimer en « découverte » l’apprentissage obligatoire de savoirs imposés par d’autres.
          Cette idéologie (au sens de théorie autoritairement appliquée) ne conduit qu’à « autoconstruire les savoirs demandés » (jolie formule de la philosophe Isabelle Stengers, qui ne squatte pas à l’UMP je crois), soit à faire consentir l’élève à la domination qu’on veut lui appliquer. Vu qu’il en sera de même pour lui durant le reste de sa vie (en tant que citoyen, salarié...) on comprend que ce soit un enjeu fort pour l’ordre établi.

          2) L’usage du terme de gestion dans l’école, comme dans la société en général (gérer son stress, sa carrière, son couple, son temps libre, sa parentalité...) c’est simplement le sceau apposé sur nos vies par l’ère des managers dans laquelle nous avons le malheur de « vivre ». De fait, nos existences sont réduites à des champs spécifiques au sein desquels nous avons des items à valider : dans l’idéal managérial, un rêve que l’on caresse et que l’on réalise devient une case à cocher si les éléments attendus sont présents et donc validables.
          Il y a de belles pages sur la question dans « L’insurrection qui vient » du fameux Comité Invisible.

          Lien

          • Hibou_Myope
            Hibou_Myope répond à spartak
            Criticologue
            • Posté à 17h54 le 10/02/2010
            • Internaute 84627
              Criticologue

            Votre point 1 est intéressant, bien que largement erroné.
            Le socio constructivisme n’est pas du tout dominant. De plus, il se distingue du constructivisme, et c’est à ce dernier plutot que vous faites référence.

            De même, vous confondez le dévoiement d’une pensée et sa nature.

            Le constructivisme consiste effectiement à présenter des problèmes aux élèves afin qu’il se rende compte qu’il a besoin de nouveaux outils ou de nouveaux savoirs. Nouveaux outils et nouveaux savoirs qu’il va rechercher avec l’aide du maitre.
            Cette pratique suppose une grande liberté de l’enseignant et surtout de l’élève qui doit avancer à son rythme.
            Or, l’éducation nationale assigne à chaque âge une quantité de savoirs à maitriser. Le discours de l’EN a donc été longtemps un double discours : vous êtes libre de faire exactement comme on vous dit de le faire au ryhtme que nous imposons.
            Ce double discours signe l’échec des réformes Jospin qui, du coup, ont été très peu appliquées.
            Certes, il y a eu bcp de discours sur l’élève au centre, la construction des savoirs, mais la pratique a toujours été minoritaire.

            Du coup, des idées telles que le constructivisme en viennent à devenir l’inverse de ce qu’elles sont. Et là, je vous rejoins totalement. Au lieu d’éduquer à l’autonomie de la pensée, mal menées ou menées dans un cadre qui les tord, ces pratiques aboutissent à intégrer l’hétéronomie et le principe de la manipulation comme fondement de la relation maître/élève et plus tard, citoyens/citoyens.

            De même, la pratique des « contrats » en classe me semble aberrante et dangereuse. Par un contrat, l’élève s’engage à respecter la discipline ou à atteindre tel savoir. Mais ce contrat est un faux puisque l’élève n’a aucune capacité à le négocier. Par contrat, il s’engage à faire ce qu’on lui demande. Autant être franc et lui signifier que certaines choses sont obligatoires.
            Sinon, on lui inculque qu’un contrat n’est que l’engagement individuel à respecter les exigences du plus fort.

            • spartak
              spartak répond à Hibou_Myope
              (comité libertaire lyophilisé)
              • Posté à 21h52 le 10/02/2010
              • Internaute 84113
                (comité libertaire lyophilisé)

              Je vous rejoins complètement. C’est vrai que je n’ai pas pris le temps de préciser que ce qui est pratiqué par l’EN est un dévoiement de la pensée (socio)constructiviste. Ledit dévoiement est ce qui est dominant, au sens où il est prôné dogmatiquement par l’institution.
              Le dire, comme vous faites, en termes d’hétéronomie / autonomie (j’ai potassé ça avec Castoriadis, mais je ne suis pas sûr qu’il soit le pionnier en la matière : si vous avez des billes, merci de me les donner) est tout à fait pertinent.
              De fait, il me semble que le pouvoir républicain a pris de mai 68 (pour faire bref) une part bien délimitée, correspondant à des intérêts précis : la critique du magistère pour introduire le management dans l’EN, celle de l’asile psychiatrique pour tailler dans les moyens financiers et humains, etc. La démocratie participative (oxymore scandaleux) telle qu’elle peut être pratiquée est du même acabit : les citoyens lambdas sont conviés à discuter de programmes politiques ou de projets publics déjà ficelés... et l’on retombe sur les élèves qui autoconstruisent là où et comme on leur dit de faire.

              • Hibou_Myope
                Hibou_Myope répond à spartak
                Criticologue
                • Posté à 17h43 le 11/02/2010
                • Internaute 84627
                  Criticologue

                Je n’avais pas pensé à la démocratie participative en ces termes là, mais je crois hélas que c’est assez juste. Enfin, de toute façon, dans la bouche de Royal, j’ai toujours pensé que ca ne pouvait etre qu’un slogan creux et non pas renvoyer à l’autogestion.

                Il n’y a pas de management dans l’EN. Il y en a peut-etre le vocabulaire. Mais c’est simplement une (dés)organisation monstrueuse, dispendieuse et infantilisante. Des règles de management clarifieraient l’EN, au contraire. Ce n’est pas parce que la hiérarchie sait ce qu’elle fait et avec qui elle le fait et pourquoi (c’est le B A BA du management) qu’on tombe nécessairement dans la libéralisme échevelé ou la marchandisation des savoirs.
                Aujourd’hui, on a une hiérarchie qui ignore qui sont ces subordonnés (physiquement, les uns et les autres peuvent etre à des kilomètres et ils ne sont jamais dans les memes batiments) et donc, des subordonnés (les enseignants) qui ne voient pas à quoi sert cette hiérarchie, et donc, agissent un peu comme ils l’entendent, sauf lors des inspections qui ont lieu tous les 5 ans en moyenne.
                Il ne faut donc pas s’alarmer à chaque changement de programme : ils ne sont jamais que partiellement effectifs.
                Bref, on a des gens qui ne se connaissent pas et qui assez souvent se méprisent : l’enseignant n’étant qu’un conservateur qui refuse les programmes par paresse pour les inspecteurs, l’inspecteur n’étant qu’un casse couille qui a choisi de ne plus enseigner et qui pourtant se permet de donner des leçons une fois par bail.

                Et pourtant, elle tourne ! C’est le plus extraordinaire.

                Les changements de programme ne sont pas non plus le résultat d’évaluation ou d’avancée de la recherche didactique (si tant est que ca puisse vouloir dire qq chose). Ils sont le résultat de lutte d’influence entre chercheurs, membre du Conseil des Programmes et/ou proches du ministre.
                L’expérience des enseignants n’est jamais prise en compte. Ce qui explique aussi leur réticence à opérer les changements de programme.

                Ainsi, une enseignante qui enseignait par les techniques « constructivistes » auraient été bien notée sous Jospin, Lang, Ferry et pendant la première année de Darcos. Mais après les réformes introduites par Darcos, ces techniques sont déconsidérées. Il faut faire l’école à l’ancienne : le maitre sait, l’élève applique.
                L’enseignante doit donc changer sa façon de faire, cad en fait sa façon de penser et de considérer les élèves... jusqu’à la prochaine réforme (1 tous les 3 ans en moyenne).

  • Lola48
    • Posté à 11h10 le 10/02/2010
    • Internaute 89855

    -Expériences qui ne bénéficient pourtant pas de la sollicitude des rectorats et du ministère. On se demande bien pourquoi.

    Pourquoi changer ce qui marche. L’usine à fabriquer de la délinquance fonctionne toujours aussi bien et je dirais même plus, de mieux en mieux.

    Plus de 100000 jeunes qui ont passés des années à la supporter, en sortent sans qualification, sans diplome, à la limite de l’illetrisme pour certains.

    Oui à l’abolition de la classe. Mille fois oui à l’abolition de l’école tout court.

    Imaginer ce qu’elle pourrait être, il suffit de poser la questions aux enfants et lire Madame Dolto.

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 15h59 le 10/02/2010
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Ne sous-estimons pas la valeur des mots. Le vocabulaire n’est jamais anodin. Jamais.
    Voir : LQR La propagande du quotidien par Eric Hazan paru en 2008 aux éditions raisons d’agir
    Mais aussi l’étude pionnière de Victor Klemperer : LTI La langue du III Reich chez Agora Pocket.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 11h48 le 10/02/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    La gestion de la lutte des classes passe par la gestion des classes.

    Tous les frères ignorantins savent çà.

    Malheureusement, comme dans les années 30, l’intelligentsia communiste est incapable de mener le combat.

    Hitler fût élu, et les écoles devinrent hitlerjungen...

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h21 le 10/02/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    NB. Nestor Romero dit avec raison qu’on ne « gère » pas une classe.
    Je voudrais ajouter à la liste des choses insupportable à entendre : « sanctuariser » !
    L’école n’est ni un cimetière, ni un mausolée, bon sang !

    Faut-il l’analyser comme une sorte de message inconscient :
    ce gouvernement entend bien tuer l’école ?

    • Lictor
      Lictor répond à C. Creseveur
      informaticien
      • Posté à 16h54 le 10/02/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Sanctuariser n’a rien à voir avec un cimetière ou un mausolée...
      Un sanctuaire, c’est un lieu dédié à un culte, ce culte pouvant être par extension consacré à une valeur profane. Par exemple, on peut transformer l’école en un sanctuaire de l’apprentissage et du développement du futur citoyen. Dans ce sens, je vois mal ce qu’il y a de négatif à sanctuariser l’école....

      • C. Creseveur
        C. Creseveur répond à Lictor
        D'actualité, de dessin surtout
        • Posté à 17h52 le 10/02/2010
        • Internaute 7715
          D'actualité, de dessin surtout

        Vous avez tout à fait raison. J’aurais du regarder le dictionnaire avant. J’ai appris quelque chose aujourd’hui, c’est toujours ça de pris ! Je vous en remercie.

        Toutefois (je suis un peu têtu !) l’idée qui est développée chez Sarkozy n’est pas à mon sens de « sanctuariser l’apprentissage », mais bien de la transformer en « zone protégée », en espace inviolable. Cela tient de la fermeture, de la bunkérisation : c’est ce qui me choque.
        Une école ne peut être un camp retranché.

        Cette expression de sanctuarisation est d’autant plus absurde qu’elle s’inscrit dans une politique de désengagement du monde adulte à l’intérieur même de l’établissement : on supprime les personnels au maximum.
        Le résultat c’est aujourd’hui des bahuts dans lesquels il n’y a plus de pions pour surveiller les gamins, et donc des gamins livrés à eux-mêmes.
        Comment s’étonner qu’ils fassent n’importe quoi, et plus encore qu’ils laissent libre cours à leur violence ?

        C’est aussi pour ça que « sanctuariser » me semble aussi choquant qu’absurde : le danger n’est pas spécialement dehors ! Le danger ce sont les gamins entre eux, dès lors qu’il n’y a plus personne pour leur montrer les limites.

        « Sanctuariser » c’est le terme typique d’une personne qui ne s’est jamais occupée d’enfants et qui confond autorité et autoritarisme.

        Ce n’est pas parce que Sarkozy envoie les flics dans les écoles, qu’il y arrête des gamines de 14 ans, qu’il va résoudre le problème de la violence dans les écoles. Au contraire.
        Dans ce genre de mesure il n’y a plus de graduation de la réponse.
        Si à la première bêtise on est confronté aux menottes et à la garde à vue comment répondra t’on à un ado qui deale ? Qui viole ?

      • STEFFEN Louis
        STEFFEN Louis répond à Lictor
        ancien enseignant réformateur
        • Posté à 15h49 le 11/02/2010
        • Expert 25070
          ancien enseignant réformateur

        C’est bien tout le problème : l’école est un lieu de culte plus que d’apprentissage. Culte d’une idée de la culture d’inspiration lointainement gréco-latine, culte d’une forme particulière d’humanisme à base de littérature officielle et d’auteurs béatifiés, sacralisation de procédures d’administration des sacrements scolaires, exercices, épreuves, examens et concours. Quant au développement du futur citoyen on voit mal comment il pourrait s’accommoder de la mise en concurrence systématique, de la compétition et de l’individualisme forcené des méthodes. L’école forme des chefs fortunés passés par le filtre sélectif des prépas et des grandes ecoles et des sujets plus ou moins rebelles qui se débrouillent comme ils peuvent pour se guérir d’une exclusion humiliante parce que présentée comme un processus « naturel ». C’est pourquoi le mot gérer convient bien au fonctionnement réel de l’école ; ne « gère“-t-on pas le tri sélectif ?

  • désinscrit-
    • Posté à 13h02 le 10/02/2010
    • Internaute 736

    On ne peut ignorer que cela permet à l’administration de produire l’éternel mais fallacieux argument : « Vous voyez bien qu’il est possible de travailler normalement, il suffit que le professeur soit bon ! » Ce qui n’est pas vrai. C’est même le comble de la désinvolture, ....
    C’est qurtout le comble de la « connerie » parceque c’est l’administration qui s’occupe de les former, alors si il ne sont pas bien formés c’est parceque l’administration n’y emploi pas les moyens qu’il convient.

    Le problème est quasi résolu, remarquez, l’administration supprime les IUFM, à partir de maintenant ça va être pire tout simplement.

    Et on le sait aujourd’hui mieux que jamais, la structure de la classe traditionnelle, la classe d’âge, constitue, du fait de la massification de l’institution éducative, l’obstacle majeur à l’acquisition de connaissances par tous les enfants, mais plus encore par les plus socialement défavorisés.

    Oui ça m’a toujours interpellé ça, à tel âge faut savoir, lire, à tel autre compter ! ! ! n’importe quoi ! !

    • Hemenate
      Hemenate répond à désinscrit-
      • Posté à 13h34 le 10/02/2010
      • Internaute 856

      « Oui ça m’a toujours interpellé ça, à tel âge faut savoir, lire, à tel autre compter ! ! ! n’importe quoi ! ! »

      On en déduit donc qu’il est nécessaire d’instaurer des classes de niveaux ?

      • désinscrit-
        désinscrit- répond à Hemenate
        • Posté à 18h48 le 10/02/2010
        • Internaute 736

        Je dirai plutôt plus de souplesse et d’adaptation, mais bon avec la suppression d’une demi journée et la suppression des RASED, ça va pas être simple.
        Disons que dans le système actuel je ne vois pas trop de solution (sinon quelqu’un les aurait déjà trouvé d’ailleurs), voir du côté des alternatives signalé mais pas détaillés par Mr Romero, au moins pour les élèves en échec, faudra surement plus de moyens par contre.

         
        • alice91
          alice91 répond à désinscrit-
          intello
          • Posté à 19h24 le 10/02/2010
          • Internaute 97720
            intello

          de l’argent pour l’école !
          des postes !
          Des RASED, des IUFM, l’école est la base de la Démocratie.
          Et on la tue !

          Demain manif à Paris pour avoir .... des pions ! ! ! ! !
          Voilà où nous mène l’UMP !
          ––––––––––––––––

          • désinscrit-
            désinscrit- répond à alice91
            • Posté à 20h12 le 10/02/2010
            • Internaute 736

            Manif aussi à Toulouse pour l’IUFM justement ; -)

            Rased, base élèves, epep, sont aussi invités ; -)

            Et on va se peler : -)

            Bon courage à vous

        2 autres commentaires
  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 13h31 le 10/02/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Le premier contrat d’objectifs dans le premier degré a été signé jeudi 4 février 2010 par le rectorat de Toulouse, avec la circonscription de Gourdon (Lot) : il vise à « améliorer la performance » des élèves et des pratiques professionnelles des enseignants. Le diagnostic est établi à partir des évaluations nationales de CE1/CM2, permettant ainsi de définir les priorités en termes de progrès. Établi pour trois ans, le contrat d’objectifs est piloté par des indicateurs chiffrés, dont le degré d’atteinte est mesuré chaque année dans un « rapport annuel de performance de la circonscription ».

    « Le contrat d’objectifs est la capacité collective à repérer les points faibles et arrêter les cibles que l’on veut atteindre trois ans plus tard », explique à AEF Jean-Jacques Lacombe, inspecteur d’académie du Lot. « Les enseignants ne sont pas opposés à la performance quand on leur explique qu’elle est ’la réalisation de l’attendu’ ».

    Pour Olivier Dugrip, recteur de Toulouse, « cette contractualisation permet de décliner, dans le premier degré, au niveau territorial, les objectifs nationaux qui sont fixés par les projets annuels de performance et par le projet académique qui est en cours de finalisation ». L’académie a mis en place des contrats d’objectifs avec l’ensemble des établissements du second degré depuis 2006 et devrait généraliser cette démarche pour le premier degré dans les huit inspections académiques de la région Midi-Pyrénées.

    • leo s
      leo s répond à leo s
      (...)
      • Posté à 13h51 le 10/02/2010
      • Internaute 73621
        (...)

      La fabrique des robots est en marche.

      Antidote
      lire (entre autres)
      tous les romans autobiographiques qui se réfèrent à l’enfance de l’auteur.

      L’imaginaire
      est plus fort que toutes les prisons.

      • karlM
        karlM répond à leo s
        Précaire
        • Posté à 18h52 le 10/02/2010
        • Internaute 21378
          Précaire

        des tableaux électroniques en classe.... de 3 niveaux et 29 gosses.
        des logiciels (25 millions) pour relier les profs, élèves, parents.
        des logiciels d’apprentissage qui remplace l’instit
        des remplaçants dans le technique qui reçoivent leurs cours en début de semaine par email

        une société déshumanisée, obsédé de technoscience et qui privilégie le pognon à la morale, les tricheurs aux philosophes.

        et c’est l’école que l’on cherche à soigner ! !

        (Pour travailler autrement, il fait 20 gosses maxi et un assistant prof dans chaque classe, c’est si simple)

  • Yann_R
    Yann_R
    Photographe et prof : )
    • Posté à 13h58 le 10/02/2010
    • Internaute 48603
      Photographe et prof : )

    Je ne vois pas en quoi le terme gestion serait mal adapté. Dans une classe, on gère les temps de parole, les temps d’activité, de cours, on gère les tensions entre élèves, on gère les différents comportements/attitudes face au travail.
    Certes, le vocabulaire fait beaucoup de choses - ce sont les mots qui ont tué la lutte des classes - mais il ne faut pas les charger de tous les maux.
    On pense ce qu’on veut de Sébastien Clerc et de ces « conseils », il n’empêche qu’avant d’enseigner différemment, avant de proposer des choses différentes aux élèves, il faut installer un cadre, une relation de confiance et une discipline relativement serrée. Si vous avez pro en zep, vous savez bien qu’ici plus qu’ailleurs, ce sont les élèves qui réclament cette structure, ce cadre, et cette stabilité qu’il leur apporte au milieu d’un quotidien souvent bancal.
    Pour les inégalités, certes l’école tend à les reproduire, mais justement ! C’est à nous prof de ZEP de lutter contre en offrant à nos élèves l’enseignement de qualité qu’ils méritent. Car dans un des pires établissements de France, je peux vous assurer que la majorité des enfants ont un énorme énorme potentiel que c’est à vous de valoriser - surtout les plus jeunes. Ils sont curieux, cultivés à leur manière, volontaire, ils ont du caractère et ils pourraient en remontrer aux élèves de bahuts plus tranquilles, si seulement à la maison les mêmes chances leur étaient offertes. Mais encore une fois, c’est à nous de les leur offrir, les chances qu’ils n’ont pas ailleurs.
    Quant aux classes, je préfère pour ma part des classes d’âge à des classes de niveau, non ?
    Pour finir, ne diabolisons pas l’administration de l’EN. Certes, au plus haut niveau, elle est dramatique. Il n’empêche que beaucoup d’inspecteurs sont autant investis que les profs pour la réussite des élèves. Et ce qu’ils proposent - travail et éval par compétence, pédagogie différenciée - ne doit pas être systématique rejeté. Comme pour tout, il y a la bonne et la mauvaise manière de les utiliser. Mais avant de dire non, il faut s’y pencher et tester...

    Un (jeune) prof volontaire en ZEP.

    • framboise92
      framboise92 répond à Yann_R
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 14h46 le 10/02/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Cet après-midi, j’ai géré la coopérative et l’argent des photos aussi lol

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Yann_R
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 21h16 le 10/02/2010
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      pourquoi ne pas employer le mot « gérer » ?
      Simplement parce qu’il est impropre. Allez voir la définition du mot sur le site de l’Académie Française, qui indique en substance que le terme « gérer » ne s’applique qu’aux biens matériels.
      Par contre, il n’est pas anodin de constater que les mots des champs de l’entreprise ou du commerce envahissent ceux de l’éducation, du médico-social, de la culture. A une époque où tout doit être rentable et se vendre, cela n’a rien d’étonnant.

      « A lâcher sur les mots, on finit par lâcher sur les choses ». S.FREUD

      • framboise92
        framboise92 répond à Danielle29
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 08h02 le 11/02/2010
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Alors là, Danielle, je te contredis car entre les meubles à bouger, les commandes à faire, les bâtons à jeter, etc....j’en passe .....et la gestion de la classe en général , équipe, fêtes, soutien, équipement, etc...et groupes (la façon de les faire tourner etc...), les dédoublements de classe, les évaluations, .c’est bien le mot « gérer » qui est adéquat.
        Entre profs. on dit bien que tel élève est « ingérable » .....( Ilfaut voir se qui se passe en classe).On enteznd par là... qu’il perturbe tant la classe que c’est difficile de gérer l’ensemble.
        Sinon, bien d’accord, un être humain ne se gère pas.
        –––––––––-
        Lien
        -

        bizzzzzzzz

  • palmer
    palmer
    passant
    • Posté à 14h57 le 10/02/2010
    • Internaute 51482
      passant

    Toujours intéressants les articles de Nestor ROMERO. Merci de lancer des débats utiles !
    Tiens, un cadeau pour Nestor.

  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 15h03 le 10/02/2010
    • Internaute 30191
      non connue

    Ce qui m’ennuie,(en dehors du fait indéniable qu’une école doit être gérée par son directeur, une classe par son instit,avec des moyens modernes qui vont faciliter le travail énorme de ces derniers,comme dans tout foyer normal),c’est que les facs et les gdes écoles(privées et autres) sont remplies désormais d’étudiants qui ne rêvent que de gestion, d’économie,de marketing, et de communication,au détriment de cursus scientifiques,ou humanistes.Et cela va si vite que je ne vous donne pas qques semestres pour que nous entendions parler ensuite de guerre(des classes),de combats (de rue ou de cour de récér), de gagner des batailles,de ruses, de guet apens,et d’armement pour se défendre ,quand les enfants vont entrer en classe.C’est la suite logique et affreuse de ce virage.

    • marc44
      • Posté à 15h34 le 10/02/2010
      • Internaute 24488

      bien vu.

      L’argent, les paillettes et l’exploitation... mais dans un gant de velours !

      Déjà les scientifiques passent leur temps à gérer, à chercher de l’argent, à convaincre qu’ils sont meilleurs que leur voisin...

      • dodu
        dodu répond à marc44
        Slow burn
        • Posté à 16h00 le 10/02/2010
        • Internaute 67365
          Slow burn

        « Déjà les scientifiques passent leur temps à gérer, à chercher de l’argent, à convaincre qu’ils sont meilleurs que leur voisin... »
        et ils n’ont guère le choix.

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 15h12 le 10/02/2010
    • Internaute 12261
      sal'bête plein'd'poils

    désolé pour le coup de gueule mais bon c’est portenawak ! je connais des profs de zep qui disent avoir du mal à gérer leurs classes, j’leur dis quoi, que c’est un problème de sémantique ?
    Un tel bavardage sur les mots leur semblera bien coupé du réel, croyez-moi !

    Mieux vaudrait parler des gens qui soutiennent encore la pratique de faire redoubler des le plus bas age car le redoublement est une vraie source d’humiliation et une des plus fréquentes causes d’échec scolaire sur le long terme !

    • Hemenate
      Hemenate répond à Chou marin
      • Posté à 15h40 le 10/02/2010
      • Internaute 856

      Le redoublement peut être vécu comme une humiliation, et alors ?

      On devrait faire passer un élève qui n’a pas le niveau par simple peur de la sacro-sainte « stigmatisation » ?
      Ca en dit long sur la conception actuelle de l’enseignement, où l’épanouissement passe bien avant le savoir...

      Sinon, les élèves qui redoublent ont déjà un problème scolaire, n’inversons pas la causalité...
      En revanche il est évident que cette idéologie, qui repousse d’année en année un redoublement inéluctable, condamne effectivement l’élève à un échec total.
      Il est important de redoubler tôt, dès les premières lacunes, un élève envoyé en sixième en maîtrisant difficilement la lecture et l’écriture est définitivement foutu.

      L’idéal étant bien entendu des classes de niveaux, qui permettent d’adapter l’enseignement au rythme des élèves.

      • Chou marin
        Chou marin répond à Hemenate
        sal'bête plein'd'poils
        • Posté à 16h01 le 10/02/2010
        • Internaute 12261
          sal'bête plein'd'poils

        Et vous basez vos opinions sur des études précises ou vous dites juste ce qui vous passe par la tête ? Renseignez-vous un peu et vous verrez pourquoi on ne fait plus redoubler dans la majorité des autres pays.

        C’est sur que si l’on se base sur des idées, voire des jeux avec les mots on reste loin des solutions.

        Le redoublement reste de toutes façons une mauvaise solution à un problème multi-factoriel, quel qu’il soit, c’est depuis longtemps démontré et pris en compte, ailleurs.

        Visiblement on préfère gloser sur la sémantique ou sur ce que l’on « pense » est le mieux au lieu de vraiment prendre en compte ce que l’on « sait » au sujet de l’échec scolaire, mais pour ça il faudrait savoir parler d’autres langues, la faute à qui déjà ?

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Chou marin
          • Posté à 18h01 le 10/02/2010
          • Internaute 856

          Je remarque que vous paraissez bien incapable d’argumenter à charge...

          Ce qui pourrait donner l’impression que votre connaissance du sujet se limite à tirer des conclusions farfelues et inopérantes à propos du test PISA, dont vous auriez vaguement entendu parler, au mieux.

          Mais si vous avez sous la main une étude qui « sait », qui détient la vérité vraie, qui a démontré je ne sais quoi de manière irréfutable... n’hésitez surtout pas à la partager.
          Il s’agirait en effet d’une denrée rare, même la Science n’a pas cette prétention...

          • Chou marin
            Chou marin répond à Hemenate
            sal'bête plein'd'poils
            • Posté à 19h47 le 10/02/2010
            • Internaute 12261
              sal'bête plein'd'poils

            Dans la publication de sa dernière étude, la Direction de l’Evaluation et de la Prospective (DEP) souligne même que « plus le redoublement intervient tôt, plus il est associé à l’échec scolaire »

            puis en 2005 :
            Lien

            memes resultats en scandinavie et dans d’autres pays qui ont abandonné le redoublement depuis des décennies.

            ça ne coute rien de se renseigner avant de se former ses opinions vous savez.

            • Hemenate
              Hemenate répond à Chou marin
              • Posté à 21h35 le 10/02/2010
              • Internaute 856

              Bis repetita placent... vous êtes de nouveau infoutu d’argumenter, vous contentant de citer un document comme parole d’évangile, que vous n’avez d’ailleurs manifestement pas lu.

              Je ne vois donc pas bien en quoi ce document remet en cause la critique que j’avais faite, puisque le redoublement n’intervient, en principe, qu’à partir du CM2.
              Si certains élèves pourront rattraper sans redoubler, les autres n’auront jamais l’occasion de revoir les bases, et seront condamnés à un échec total grâce aux belles âmes qui voulaient leur épargner une atroce « humiliation ».

              « plus le redoublement intervient tôt, plus il est associé à l’échec scolaire »

              Ben oui c’est évident, un élève qui nécessite un redoublement dès le CP est a priori intellectuellement plus faible qu’un élève ayant perdu le fil en 5ème…
              Rattacher cet état de fait au simple redoublement relève du sophisme.

              Ensuite, l’exemple débile de la Scandinavie est une ineptie.
              Difficile de s’étonner que la langue soit globalement mieux maîtrisée à 15 ans dans une société culturellement et socialement beaucoup plus homogène. De plus les tests mathématiques internationaux ne prennent pas en compte la spécificité de l’enseignement français, particulièrement axé sur l’abstraction.

              Enfin, vous seriez plus crédible si vous aviez lu le document que vous citez.
              Car malheureusement pour vous il considère que le redoublement en 3ème et au Lycée est bénéfique…

              • Au sud de nul part-
                Au sud de nul part- répond à Hemenate
                Situation
                • Posté à 22h21 le 10/02/2010
                • Internaute 57434
                  Situation

                Rien à dire de plus. Tout cela est fort exact.

                Todeti

              • Chou marin
                Chou marin répond à Hemenate
                sal'bête plein'd'poils
                • Posté à 09h18 le 11/02/2010
                • Internaute 12261
                  sal'bête plein'd'poils

                Les partisans du redoublement, comme vous, ont du mal a accepter le fait que le redoublement n’est pas une bonne solution, et cela quelle que soit la cause du retard de l’enfant. Ils vont donc chercher des justifications a leurs idees, au lieu de proceder dans l’autre sens : d’abord chercher des informations puis se faire une opinion.

                • Hemenate
                  Hemenate répond à Chou marin
                  • Posté à 10h47 le 11/02/2010
                  • Internaute 856

                  Vous tenter encore une nouvelle pirouette, qui repose sur un simple procès d’intention.

                  Ce qui est clair c’est que vous avez été incapable d’argumenter autrement qu’en citant un document que vous n’avez a priori même pas lu, puisqu’il vous contredit...

                  • Chou marin
                    Chou marin répond à Hemenate
                    sal'bête plein'd'poils
                    • Posté à 16h29 le 11/02/2010
                    • Internaute 12261
                      sal'bête plein'd'poils

                    vous repeter vous en faisan fotes de tograff mais pas grave on a compris pas besoin d’en rajouter.

                    bonne chance qd même.

        7 autres commentaires
  • marc44
    • Posté à 15h31 le 10/02/2010
    • Internaute 24488

    « La société malade de la gestion », V. de Gaulejac, il y a déjà bientôt 20 ans... vocabulaire et idéologie. J’aime Peillon en ce qu’il remet à la mode de vocabulaire et l’idéologie des philosophes progressistes, allant dans le sens opposé à ces « gestionnaires ».

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 15h33 le 10/02/2010
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    Tout à fait d’accord.

    Le modèle d’école que l’on essaie de nous vendre, c’est une classe « gérée » conjointement par Super Nanny et un animateur de BFM.

  • vero87
    • Posté à 15h44 le 10/02/2010
    • Internaute 40938

    cela fait déjà quelques années que la terminologie d’entreprise est entrée dans le cadre de l’école ....
    tout a commencé avec « les projets » qui devaient mettre en évidence des problèmes specifiques a chaque école après état des lieux ..et permettre de « gérer “ et améliorer les points faibles ...tres louable certes ,mais on est rentré dans le rendement sans s’en apercevoir
    les enseignants ont perdu un temps fou à se réunir pour remplir des monceaux de paperasse ,des grilles d’objectifs(comme ds les banques) .... optimiser les contenus , gérer le conflictuel ! etc...
    Certains jours on se croirait sur ‘une chaine de prod’ ! !
    d’ailleurs maintenant les èlèves n’ont plus ‘expression ecrite’ mais ‘production d’écrit’ ! révélateur !
    fi donc de ce que vous devez exprimer , on vous demande de produire !
    et gare à ceux qui n’ont pas un bon rendement ! !

    qu’adviendra-t-il ‘des produits défectueux .... ?

    oui , car ce que beaucoup semblent oublier c’est que l’école travaille sur’ et avec des etres humains ,des intelligences à mettre en éveil et que la logique de ‘rendement à court terme ne peut exister ...
    linvestissementse fait sur du tres long terme , sur des existences à ne pas louper dès le départ pour une bonne qualitéde vie.....
    en fait en restant vigilant , on peut avec les memes termes lutter contre la logique d’entreprise à l’école !

    • Chou marin
      Chou marin répond à vero87
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 16h07 le 10/02/2010
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      c’est vrai il ne faut surtout pas préparer les élèves au monde professionnel de maintenant, on a déjà réussi à ne pas les préparer à savoir parler des langues étrangères pendant si longtemps pour quoi remplirions-nous notre role maintenant en ce qui concerne autre chose ?

      Si l’école n’est pas capable d’avoir un role social il ne sert à rien de chercher l’ennemi dans les terminologies qu’elle emploie. N’oublions pas que l’école reflète la société, ce n’est pas en fermant les yeux que l’on peut la changer, au contraire !

      • vero87
        vero87 répond à Chou marin
        • Posté à 11h06 le 11/02/2010
        • Internaute 40938

        je crois que vous n’avez pas compris mon propos !
        il n’est nullement question de fermer les yeux , bien au contraire , et surtout d’ouvrir ceux des enfants en étant justement tres prompt à ce qu’ils puissent s’adapter à la société ds laquelle ils vont vivre
        Cette terminologie a simplement comme incidence, que l’on assène un « fonctionnement “ d’entreprise aux enseignants et ça , désolée mais ce n’est pas possible
        on ne fabrique pas un produit , tous les esprits ne seront pas prets au moment T ,déterminé par un DRH, à montrer l’acquisition des memes connaissances .....
        on veut simplement appliquer le système du rendement pour également mieux stigmatiser une classe de fonctionnaires en prouvant qu’elle n’atteint pas ses objectifs ! !
        Or désolée mais si les enseignants ont de plus en plus de mal à les atteindre , il faudrait avoir l’honneteté ,comme vous l’avez, de dire haut et fort
        ‘l’école reflète la société’ eh bien oui ! et c’est là que le bât blesse !

        l’école à tous les étages rame contre la falaise et à contrecourant de ce qui l’écrase de l’extérieur .......... non pas parce qu’elle ne veut pas s’adapter mais parce qu’on lui demande d’enseigner des choses qui ne sont plus ds les representations de son public :
        des enfants pétris de modèles à dix mille lieues des valeurs enseignées, interpelés sans arret par tout le système marchand en interlocuteurs privilégiés, ont vraiment bien du mal à accepter les cadres necessaires à leur structuration et à l’acquisition des ‘fondamentaux’ !
        la valeur ‘travail’ que represente-t-elle aujourd’hui chez des gamins de 10-11ans ?
        footballeurs , starac et tout le reste inculquent fort bien qu’on peut gagner des millions sans se fatiguer ...
        la société est schizophrène , evoluant entre un discours de bonne conscience et de morale et des faits reels aux antipodes de ce qu’elle prône..
        et je crains que nos enfants soient les premiers grands malades atteints par ce fonctionnement délétère ............

         
        • Chou marin
          Chou marin répond à vero87
          sal'bête plein'd'poils
          • Posté à 16h27 le 11/02/2010
          • Internaute 12261
            sal'bête plein'd'poils

          C’est un peu complotiste comme vision, et ce n’est pas très constructif.

          à force de combat idéologique on en oublie les choses plus importantes : apporter connaissances et outils.

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