Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Florence Aubenas : pratique de l'immersion en temps de crise

Publié le 21/02/2010 à 20h09

Pendant 6 mois, elle s’est mise dans la peau d’une femme de ménage, parce que dit-elle « les médias ont du mal à rendre le réel ».



Florence Aubenas à Paris, février 2010 (Audrey Cerdan/Rue89)

Dans le sillage du journaliste allemand Günter Wallraff, du Français Hubert Prolongeau et de quelques autres, Florence Aubenas s’est immergé en milieu précaire, et a cherché un emploi. Résultat : un livre saisissant, et des questions sur une pratique efficace. Entretien.

« Se laisser porter par la vie », « reprendre un temps normal », et « parler de la crise par ceux qu’elle touche » : voilà ce que Florence Aubenas [précision : Florence Aubenas est actionnaire minoritaire de Rue89, ndlr] a décidé de faire.

Entre février et juillet 2009, elle a pris un congé sans solde à son journal (Le Nouvel Observateur), changé sa couleur de cheveux, et est partie voir la situation de l’emploi à Caen. Avec en poche ses vrais papiers et un CV avec un léger trou, elle s’est mise dans la peau d’une femme de ménage et a cherché un travail.

Des journalistes comme modèles

Quand l’idée de cette expérience lui est venue, Florence Aubenas avait lu les ouvrages qui font autorité sur la pratique de l’immersion. Comme « Tête de Turc » (1986) où le journaliste allemand Günter Wallraff prend pour nom Ali Sinirlioglu, et se fait passer pour un Turc à la recherche d’un emploi. Ou le travail d’Hubert Prolongeau dans « Sans domicile fixe » (1997), inspiré de la même méthode. (Voir la video)

Le quotidien d’une femme de ménage

A Caen, elle s’installe dans une petite chambre (loyer : 348 euros) et se plonge dans le quotidien d’une femme de ménage : agences d’intérim, entretiens à Pôle emploi, boulots difficiles...

Dans le reportage que la journaliste tire de cette expérience, elle raconte un monde dont on sait qu’il existe (« je ne prétends pas avoir découvert la précarité ! ») mais dont on ignore ses existences marquées par la perte d’un emploi, et plus encore par la peur de le perdre.

Il y a Marilou, 20 ans. Elle a deux boulots, dans le ménage. Des CDD. Auxquels vient s’ajouter un troisième emploi. Des « heures » à des horaires impossibles. 200 euros touchés lorsqu’elle démissionne. Un « parachute doré », dira son employeur.

Il y a Philippe, rencontré à un forum pour l’emploi. Chômeur. Lucide. Pour lui, perdre son travail, ce n’est pas la mort. A condition de tout accepter ensuite. Accepter de repartir de zéro.

Victoria, l’amie, ancienne syndicaliste qui fait claquer le mot « femme de ménage » bien fort quand on lui demande ce qu’elle faisait plus jeune. Et tant d’autres.

Tout accepter, ce sont des horaires absurdes, tous les jours, toutes les nuits ; des conditions que l’employeur sait que vous n’êtes pas en mesure de négocier. Des jambes en compote, la fatigue et l’indifférence. Ces clients qui lorsqu’ils vous rencontrent ne savent plus où regarder.

Un reportage qui a de la voix

Sans pathos, Florence Aubenas restitue la violence du travail précaire sans jamais oublier les amitiés qui s’y créent, le courage de recommencer tous les jours sans se départir de sa drôlerie et de son courage. Le livre est à l’avenant : écrit au présent (un temps cash), elle présente les faits avec légèreté et fidélité, laisse ses « témoins » dire la gravité de la situation, de la crise, et de la vie.

Elle les laisse aussi dire les contrats qu’ils passent entre eux, faute d’en avoir d’autres : la solidarité, l’écoute, les discussions. De nombreuses discussions inattendues jalonnent le livre. Comme cette accompagnatrice, Mme Astrid, dont le romancier préféré est PPDA.

L’expérience n’était pas aisée : observatrice aisée (parisienne, pas précaire) et participante, elle a transformé cette immersion pied de nez en reportage. Et s’est arrêtée dès qu’on lui a proposé un CDI, pour ne prendre le travail de personne. (Voir la video)

Trop de médiatisation ?

Ce livre est écrit par une journaliste qui est devenue un vrai personnage depuis sa détention (un livre en 2007). Et qui a été fort médiatisée cette semaine. Son visage, connu de tous durant la guerre en Irak, a été en couverture du Nouvel Obs pour annoncer la sortie de ce livre.

Trop de médiatisation ? Florence Aubenas le reconnaît, sa détention l’a rendue célèbre. Elle dit n’en avoir que les aspects positifs : on s’intéresse à son travail, là, à son livre.

Comme elle le dit dans l’interview, et comme le prouve son livre, « les médias ont du mal à rendre le réel », surtout lorsqu’il est immatériel (précarité, pauvreté). Le procédé utilisé (immersion) génère aussi un procédé (la narration) et un tempo (laisser la vie opérer) qui ne sont plus possible dans la presse d’aujourd’hui.

Ce genre d’immersion fera obligatoirement penser aux livres de William T. Volmann sur la violence et sur la pauvreté. Le genre de livres qui font penser que l’écriture est la plus belle des empathies. (Voir la vidéo)

Zineb Dryef et Hubert Artus

Le quai de Ouistreham (éd. de L’Olivier,270pp, 19 €)

Voir la version intégrale de l’entretien. Florence Aubenas y parle, en plus des thèmes abordés ici, de la presse et du social, de son travail d’écriture, de son approche, de ses « collègues », du réel et de la fiction dans l’écriture et dans le journalisme, de son énorme médiatisation.

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  • Roger Harth et Donald Cardwell
    Roger Harth et Donald Cardwell
    décors et costumes
    • Posté à 20h18 le 21/02/2010
    • Internaute 103880
      décors et costumes

    En plus de Günter Wallraff et Hubert Prolongeau, je suppose que Florence Aubenas a aussi cherché son inspiration chez George Orwell et son Quai de Wigan (que j’avais lu aux éditions Champ Libre) qui constituait aussi une plongée dans l’enfer social de son époque. C’est une bonne manière de mesurer la régression sociale qui s’est opérée ces dernières années, en France mais pas seulement, parmi les classes les moins favorisées. Merci à Florence Aubenas.

    • alangaja
      alangaja répond à Roger Harth et Donald Cardwell
      "Bank brother is watching you"
      • Posté à 21h27 le 21/02/2010
      • Internaute 93690
        "Bank brother is watching you"

      « George Orwell et son Quai de Wigan »
      je connaissais pas ce bouquin, merci !
      bravo madame Aubenas, ça c’est du reportage ! et les « personnages » sont, comment dire, impressionnants...

      • La mouche du coche-
        La mouche du coche- répond à alangaja
        diptère
        • Posté à 23h11 le 21/02/2010
        • Internaute 45466
          diptère

        z
        z
        Je suis désolé de casser l’ambiance mais je trouve ce genre de reportage très XXème siècle. L’auteure est partie avec un apriori terriblement réducteur : les femmes de ménage sont forcément malheureuses puisqu’elles n’ont pas d’argent. Le corollaire de cette pensée est donc que l’argent si elle en avait la rendrait heureuse. C’est un raisonnement très faible, faux si on regarde la réalité, et qui ne fait pas avancer grand chose. Désolé.
        z
        z

         
        • Kris.m
          • Posté à 23h28 le 21/02/2010
          • Internaute 20003

          Et votre raisonnement, « l’argent ne fait pas le bonheur », fait Vème siècle... avant J.C...

          Peut être que le reportage fait « XXème siècle » parce que les conditions de travail des « petits » font de plus en plus « XIXème siècle », non ?

          Et il est plus question la de condition de vie (très) dure que d’argent, et plus de solidarités parfois joyeuses que de malheureux...

          • Anonyme répond à Kris.m

            Bof, moi aussi j’en ai fait des ménages !

            Je vous dis pas, des années de galère à passer la brosse à reluire et à récurer le fond des marmites dans lesquelles je servais la soupe chez Drucker.

            J’en ai pas fait tout un plat pour autant...

          • La mouche du coche-
            La mouche du coche- répond à Kris.m
            diptère
            • Posté à 09h08 le 22/02/2010
            • Internaute 45466
              diptère

            z
            z
            C’est vrai que les conditions de travail se dégrade et il faut en rendre compte mais l’essentiel pour nous est maintenant de retrouver des valeurs, autre que la Rolex si vous voyez ce que je veux dire, voilà ce que je pense.
            z
            z

            • la tite louloute
              la tite louloute répond à La mouche du coche-
              précaire
              • Posté à 14h32 le 22/02/2010
              • Internaute 60941
                précaire

              Si vous trouvez quelqu’un qui enchaîne 3 petits boulots exténuants à des horaires pas possibles, payés une misère, faites moi signe ! Il n’est pas question ici de vouloir rouler sur l’or mais avoir un boulot convenable avec des horaires convenables, pour un salaire convenable. Bref, un minimum qui devrait exister pour tous.

        • Rabelais
          Rabelais répond à La mouche du coche-
          Indécis chronique
          • Posté à 08h34 le 22/02/2010
          • Internaute 10415
            Indécis chronique

          C’est sur que l’argent ne fait pas le bonheur (il suffit de regarder la gueule des riches...), mais il faut reconnaitre qu’il aide à faire ses courses, et accessoirement à se loger ailleurs que sous les ponts ou dans sa voiture...si l’on a les moyens d’en avoir une...

        5 autres commentaires
  • 9911francis
    • Posté à 20h18 le 21/02/2010
    • Internaute 37453

    Madame, vous êtes elle dehors et dedans.
    Les journalistes comme vous en êtes sont trop peu nombreux désormais.
    Restez telle que vous etes et peut-être voyez ailleurs qu’au Nel Obs où quand même on ronronne un peu trop.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 20h21 le 21/02/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    J’ai l’enthousiasme à distance pourtant très mesuré, mais cette femme est formidable.

    • jabier
      jabier répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      consultant dans les Landes
      • Posté à 23h43 le 21/02/2010
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      Florence Aubenas fait partie des ces femmes que j’admire. À son retour d’Irak son attitude m’a paru originale. Elle n’a pas profité de l’empathie qu’elle avait suscitée pour poser en vedette des média. Elle a, en suivant repris son rôle de journaliste honnête.
      Ça n’empêche pas que je suis très étonné de lire qu’il ait fallu qu’elle se mette autant en situation pour se rendre compte à quel point beaucoup de Français vivent tous les jours cette précarité.
      En regardant autour de soi nous nous en apercevons avec certitude. Qui n’a pas une ou un de ses proches dans cette situation. Il n’y a que les trolls, les préfets, les élus UMP ou du PS pour ne pas vouloir le voir. Qui n’est pas obligé de loger et de nourrir une fille, un fils, un neveu ou un ami, qui de d’intérim en CDD, en travaux à temps partiels vivotent chichement au point que l’on trouve indécent de leur réclamer une participation aux frais courants.
      Tous ceux qui ont, en 2010 les pieds sur terre, qui ne vivent pas dans une bulle mais au contact quotidien de ses concitoyens, savent que les conditions de vies se sont considérablement dégradées.
      Face que le bouquin d’Aubenas ouvre les yeux de ceux qui ne veulent pas voir la réalité.

      Hein dU8cHI8rONd

      • Pierre Leloup
        Pierre Leloup répond à jabier
        terré
        • Posté à 11h25 le 22/02/2010
        • Internaute 61314
          terré

        J’ai un sentiment partagé.
        En anthropologie, la stratégie de l’immersion (un vis ma vie sans caméra) s’impose parfois, lorsqu’on a à faire à des catégories de population qui, pour toutes sortes de raison, peinent à exprimer leur situation dans les mots de la classe moyenne supérieure. La misère de la rue, l’expérience des frontières raciales sont des terrains pour lesquels cette méthode peut apporter beaucoup.
        Est-ce que cela s’impose pour exprimer le vécu des femmes de ménage ? J’en suis moins sûr. Je me demande si, en l’espèce, le recours à l’entretien n’est pas plus propice. Je pense que quelqu’un qui lit les romans de Patrick Poivre d’Arvor est capable d’un discours audible sur sa situation. Cette catégorie sociale n’est pas si socialement distante. Je me demande dans quelle mesure le travail en sous-marin se justifie.
        Je lirai le livre et je me ferai une opinion.

         
        • jabier
          jabier répond à Pierre Leloup
          consultant dans les Landes
          • Posté à 15h17 le 22/02/2010
          • Internaute 31087
            consultant dans les Landes

          En apparence cette méthode parait plus authentique et plus efficace, à ses yeux, que l’interview des bonnes normandes et sa retranscription dans la presse.
          Lire le livre pour s’en faire une opinion ? C’est la moindre des choses.
          Ceux qui lui reproche de faire du fric avec, oublient que c’est son métier et qu’elle en vit.

        1 autres commentaires
      • Zeki
        Zeki répond à jabier
        Curieux de tout
        • Posté à 13h41 le 22/02/2010
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        C’est un débat qui parait secondaire tant tout est fait pour maintenir une précarisation systémique de notre société.
        Le pouvoir d’achat est un indicateur trompeur mais des données plus fines sur le triptyque social : alimentation, logement, santé montrent une aggravation sans équivoque des conditions de vie.

        Concernant Aubenas, cette journaliste a quitté Libé invoquant la clause de conscience suite à un désaccord avec l’actionnaire principal Édouard de Rothschild dont j’ignore la teneur.
        Ce qu’il faut savoir, c’est que la version qu’elle produit pour la période d’otage contredit le témoignage des journalistes roumains enlevés en Irak.
        Lien
        Ils remercient Aubenas et font état de relations avec un anglais bredouillant.
        Selon Aubenas, elle n’a jamais eu de contact avec les roumains et pour cause : le rapt crapuleux des roumains ne permettait l’instrumentalisation politique qu’impliquait l’enlèvement politique islamiste. Cette vérité politique lui est peut être imposée en réponse aux 15 millions de $ nécessaires à sa libération... Lien
        Ainsi Omar Haysam a été condamné à 20 ans de prison pour le rapt en Irak de journalistes parmi lesquels Florence Aubenas et son guide. Il s’est fait la malle en 2006 et depuis rien.
        Lien

        Donc une enquête gonzo franco-française sur une évidence acceptée tacitement par la majorité d’entre nous, me semble bien moins risquée et (im)pertinente qu’un sujet de politique internationale que ce soit l’utilisation du terrorisme médiatique, politique ou financier.

         
        • jabier
          jabier répond à Zeki
          consultant dans les Landes
          • Posté à 14h56 le 22/02/2010
          • Internaute 31087
            consultant dans les Landes

          Vous avez l’air beaucoup plus informé que moi qui me contente de donner ici mes réactions épidermiques. Je ne suis pas journaliste. Mais j’admire votre capacité de recherche.
          Je vous remercie donc de m’éclairer avec autant de sagacité.

          • Edouard Chastagnier
            Edouard Chastagnier répond à dU8cHI8rONd --
            Bogue la galère
            • Posté à 21h24 le 21/02/2010
            • Internaute 101113
              Bogue la galère

            Hé, c’est con pour Sainte Florence, mais je suis super d’acc’ avec toi : ça me fait toujours braire quand une bourgeoise se fout dans la peau d’une bonniche pour vendre des bouquins.

            Mais c’est pas la première fois : quand Gunther Wallraff avait sorti son bouquin sur le coup il m’avait bien pu et puis après je me suis dit que c’était un plan bien bidon. De ce point de vue-ci « J’irai cracher sur vos tombes » de Vian était mieux envoyé, bien que torché à l’arrache.

            Le premier qui avait fait ça, c’était Griffin (oublié son prénom) : « Dans la peau d’un Noir ». Grand bouquin. Fallait avoir de la tripe pour faire ça, à l’époque.

            Ma mère était bonniche et lingère chez les bourges de quinze à soixante-neuf ans. Pas besoin d’acheter de bouquin pour savoir ce que c’est, vu du dedans.

            • pipolino
              • Posté à 22h39 le 21/02/2010
              • Internaute 89242
                .

              Vous êtes complètement à côté de la plaque.
              C’est honteux de parler d’elle en bourgeoise qui se fout des bonniches.
              Vous connaissez beaucoup de journalistes qui sont prêts à travailler pour des clopinettes pendant des mois en se mettant justement au niveau des femmes de ménages et pour rendre compte de la réalité ?
              Moi non.
              C’est tout à fait normal que les radios et télé l’invite pour parler de son bouquin et c’est tant mieux, j’aime autant que se soit le sien.
              Allez au moins emprunter son bouquin à la bibliothèque pour vous faire une opinion au lieu de la massacrer.

              • dU8cHI8rONd --
                dU8cHI8rONd -- répond à pipolino
                amateur de luttes finales
                • Posté à 23h21 le 21/02/2010
                • Internaute 72986
                  amateur de luttes finales

                faut pas grand chose pour acheter une bonne conscience de bobo.

                • Yvon le Zébulon
                  Yvon le Zébulon répond à dU8cHI8rONd --
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                  • Posté à 05h38 le 22/02/2010
                  • Internaute 65781
                    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                  dU8cHI8rONd
                  amateur de luttes finales

                  ► C’est pas très prudent, d’utiliser
                  ton mot de passe comme pseudo...

                  Attention aux spams, hameçonnages, et trojans divers !

                   ; -))

                • guerzit-
                  guerzit- répond à dU8cHI8rONd --
                  Incomprenant majeur
                  • Posté à 10h58 le 22/02/2010
                  • Internaute 28472
                    Incomprenant majeur

                  Vous êtes rigolo avec votre vieilles rengaines de prolos....

                  Vous qui aimez tant les luttes finales, faut assumer un jour au lieu de brailler vos frustrations...

                  • manasté
                    manasté répond à guerzit-
                    Candide à ressort
                    • Posté à 12h08 le 22/02/2010
                    • Internaute 98911
                      Candide à ressort

                    T’as raison !
                    Moi par exemple, lorsque je croise une gueule de sarkoziste avec la gueule du nain accrochée au revers, j’assume. J’engage la lutte finale et je lui bourre le pif sans préliminaire !

              • patdu49
                patdu49 répond à pipolino
                chomiste du maine et loire
                • Posté à 07h24 le 22/02/2010
                • Internaute 34595
                  chomiste du maine et loire

                salut Edouard

                elle n’a pas travaillé pour rien Florence, elle devait percevoir ses salaires comme les autres travailleurs et travailleuses.

                de + si jamais la vente de bouquins, rapporte, c’est pas pour rien non plus spécialement, financièrement parlant.

                à moins que les profits aillent à une oeuvre de bienfaisance .. ça j’en sais rien perso.

                perso j’ai pas la langue si dure que certains, car pour moi Florence, jusque là, j’ai pas la démonstration, qu’elle serait une collabo dans la vie de ceux qui font qu’il y a de l’esclavagisme moderne ..., je ne sais pas qui elle vote, mais je comprend les réactions, un peu « réacs » d’autres intervenants ...

                y a un petit coté bien evidemment dérangeant dans tout ça ..
                moi aussi ma mère faisait la boniche chez des riches, et dés 14 ans, placée, logée, nourrie ... esclave.

            • Au sud de nul part-
              • Posté à 09h38 le 22/02/2010
              • Internaute 57434
                Situation

              Je vous trouve bien dur, voire complètement injuste, avec Gunther Walraff.

              Premièrement, suite à son boulot, l’exploitation de la population dans l’industrie, notamment turque, en Allemagne, a provoqué un scandale dans le pays.

              Deuxièmement, ce journaliste a réellement pratiqué les jobs les plus durs, au point d’y risquer, comme ses nouveaux camarades de misère, sa santé physique. Il n’a fait semblant de rien.

              Troisièmement, suite au succès de ce livre -tête de turc- alors que les médias Allemand se foutaient royalement de son, sujet, il a créé une fondation qui aide les sans papiers et les travailleurs précaires, à défendre, notamment leur droit, et pour les aider de diverses façon : santé, logement, etc...

              Avez vous lu, réellement,« tête de turc », pour osez affirmer, par l’emploi d’une subtile comparaison, que Griffin, lui, « avait des tripes », tandis que Wallraff n’aurait mis en place qu’« un plan bidon » ? ? Sur quoi fondez vous ce jugement ? ? ?

              Todeti

              • Edouard Chastagnier
                Edouard Chastagnier répond à Au sud de nul part-
                Bogue la galère
                • Posté à 14h19 le 22/02/2010
                • Internaute 101113
                  Bogue la galère

                Je suis dur et injuste, c’est bien connu.

                Alors : non seulement je l’ai lu, mais il est dans ma bibliothèque depuis sa sortie, le bouquin de Walraff. Et relu plusieurs fois, je l’ai. Comme « dans la peau d’un noir » et « dans la peau d’un intouchable » de Marc Boulet.

                Qu’il ait provoqué un scandale, c’est une chose... mais ça n’a rien changé au sort des travailleurs turcs en Allemagne, que je sache. Je ne crois pas au pouvoir des livres, et pourtant je passe le plus clair de mon temps à écrire, quand je ne turbine pas pour remplir ce maudit frigo.

                Mais voilà : cela pourrait faire penser que je suis pessimiste, ou masochiste, or il n’en est rien ; je suis simplement ce qu’on appelait autrefois un écrivain prolétarien. Autant dire un moins que rien.

                Un qui mord la main qui ne le nourrit pas.

                • Au sud de nul part-
                  • Posté à 14h44 le 22/02/2010
                  • Internaute 57434
                    Situation

                  C’est votre jugement qui est injuste ; nuance.

                  Car, ne vous en déplaise, avec le produit de la vente de son bouquin, ce journaliste a créé une fondation pour aider les travailleurs exploités dans l’industrie Allemande.

                  J’imagine que vous auriez préféré qu’il place son fric en Suisse ?

                  Todeti

                  • Edouard Chastagnier
                    Edouard Chastagnier répond à Au sud de nul part-
                    Bogue la galère
                    • Posté à 14h59 le 22/02/2010
                    • Internaute 101113
                      Bogue la galère

                    Hé bien soit : mon jugement est injuste et le votre très juste.

                    Je m’en tape, tant de la justesse que de la justice. Je n’ai jamais trouvé ni l’un, ni l’autre.

            • Anonyme répond à Edouard Chastagnier

              Vous vous viandez régulièrement en dérapant dans votre pseudo-culture mal digérée, mon petit Cyp...
              Primo, J’irai cracher sur vos tombes, ouvrage de pure fiction, n’a rien à voir avec Wallgraff et Tête de Turc, pas plus qu’avec Griffin et Black like Me, et si son personnage principal (un Noir extrêmement clair de peau) cherche à passer pour un Blanc, ce n’est pas pour mener une enquête sociologique, même si Vian ne se prive pas de dénoncer au passage le racisme et la ségrégation aux Etats-Unis.
              Deuzio, continuez à vous empêtrer dans vos clichés et vos platitudes : c’est là que vous excellez, et sachez que, même en vous appliquant encore dix siècles, vous ne parviendrez jamais à « torcher à l’arrache » aussi brillamment que Vian, génie de l’écriture multiforme.

          • dU8cHI8rONd --
            dU8cHI8rONd -- répond à Numerosix
            amateur de luttes finales
            • Posté à 21h04 le 21/02/2010
            • Internaute 72986
              amateur de luttes finales

            faut dire que dans l’histoire on a pas mal tapé dans le stock déjà ...

        14 autres commentaires
      • jabier
        jabier répond à jabier
        consultant dans les Landes
        • Posté à 15h04 le 22/02/2010
        • Internaute 31087
          consultant dans les Landes

        Je voulais écrire Fasse et non Face l’ortaugafe et moi...

  • dU8cHI8rONd --
    dU8cHI8rONd --
    amateur de luttes finales
    • Posté à 20h23 le 21/02/2010
    • Internaute 72986
      amateur de luttes finales

    C’est mignon le misérabilisme dégoulinant sauce bobo de merde, mais si cette dame qui se prétend journaliste voulait vraiment défendre la cause des précaires, peut être elle commencerait par travailler ailleurs que dans un « journal » dirigé par denis olivenne, sarkozyste de la première heure. ça m’étonne pas que la « rue » soutienne ce genre d’initiative qui n’a comme utilité que de donner un semblant de bonne conscience aux bobos écolos du 6ème qui achètent le « bouquin ».

    • RTG --
      RTG -- répond à dU8cHI8rONd --
      nulle part ailleurs
      • Posté à 20h31 le 21/02/2010
      • Internaute 102877
        nulle part ailleurs

      ça c’est du carré

      +1

      • poppa
        poppa répond à RTG --
        pas papop
        • Posté à 10h22 le 22/02/2010
        • Internaute 75123
          pas papop

        carré ment !

    • Daniel Zéro-
      Daniel Zéro- répond à dU8cHI8rONd --
      Re - traité
      • Posté à 20h52 le 21/02/2010
      • Internaute 96621
        Re - traité

      Et en plus, combien de mois de Smic lui a rapporté cette expérience ?

      • dU8cHI8rONd --
        dU8cHI8rONd -- répond à Daniel Zéro-
        amateur de luttes finales
        • Posté à 20h54 le 21/02/2010
        • Internaute 72986
          amateur de luttes finales

        largement de quoi exploiter une femme de ménage !

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à A déménagé le 13-01-2012 5
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 21h38 le 21/02/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          C’est à peu prés tout , effectivement . Il y en a même au « Pelerin », à « Notre Temps » et à... « L’Humanité » ..

        1 autres commentaires
    • Bistouquet
      Bistouquet répond à dU8cHI8rONd --
      bonne
      • Posté à 21h11 le 21/02/2010
      • Internaute 39762
        bonne

      à dU8cHI8rONd :

      Ça serait intéressant qu’un jour on discute sérieusement de la définition du terme « BOBO » et de la véritable situation sociale de ceux qui l’emploient.

      En attendant, merci beaucoup de fournir des liens vers les sites d’information où il n’y a pas de journalistes « bobo » ...

      • palmer
        palmer répond à Bistouquet
        passant
        • Posté à 22h02 le 21/02/2010
        • Internaute 51482
          passant

        Remarque judicieuse.

        Si l’on en juge par les réparties de ceux qui répondent à la place de dU8cHI8rONd, on n’est pas très renseigné sur la définition de cette insulte passe-partout. Raisonnement par l’absurde, le bobo serait l’inverse du bourgeois conservateur et réactionnaire.

        Plus drôle, ce qualificatif est aussi adressé par des gens de gauche à l’encontre des alternatifs, des décroissants ou des libertaires, manière sans doute de se faire sans doute passer pour des prolos progressistes. Quel enfumage ! ...

         
        • guerzit-
          guerzit- répond à palmer
          Incomprenant majeur
          • Posté à 12h08 le 22/02/2010
          • Internaute 28472
            Incomprenant majeur

          Un bobo, c’est quand on tombe par terre sur le genou et qu’on à mal avec une croutte et de la terre...

        • Bistouquet
          Bistouquet répond à palmer
          bonne
          • Posté à 13h49 le 22/02/2010
          • Internaute 39762
            bonne

          D’accord avec vous,

          cordialement !

        2 autres commentaires
      • EdkOb
        EdkOb répond à Bistouquet
        la France d'après...
        • Posté à 10h04 le 22/02/2010
        • Internaute 85736
          la France d'après...

        Un exemple de journaliste « bobo » : Florence Aubenas

        Un exemple de journaliste pas « bobo » : Arlette Chabot. Jamais vous ne lirez de Chabot qu’elle est « bobo ».

        La différence ? L’une des 2 est journaliste.

         
        • Bistouquet
          Bistouquet répond à EdkOb
          bonne
          • Posté à 13h48 le 22/02/2010
          • Internaute 39762
            bonne

          D’accord avec vous,
          cordialement !

        1 autres commentaires
      • Jacques Bolo
        Jacques Bolo répond à Bistouquet
        Auteur-Editeur-Libraire
        • Posté à 12h39 le 22/02/2010
        • Internaute 37329
          Auteur-Editeur-Libraire

        La définition de « bobo » est simple. C’est un argument anti-intellectualiste et faux cul (car presque tout le monde -et surtout ceux qui écrivent ici- est intellectuel aujourd’hui).
        Une autre version est le délire anti-mai 68 (union du PC et des réacs). Comme je l’ai écrit : « Bobos de tous les pays unissez-vous ! » (Lien)

         
        • Bistouquet
          Bistouquet répond à Jacques Bolo
          bonne
          • Posté à 13h47 le 22/02/2010
          • Internaute 39762
            bonne

          D’accord avec vous et merci pour le lien,
          cordialement !

        1 autres commentaires
      • patdu49
        patdu49 répond à Bistouquet
        chomiste du maine et loire
        • Posté à 20h13 le 22/02/2010
        • Internaute 34595
          chomiste du maine et loire

        pour moi un BOBO

        c’est par exemple une personne qui oserait me dire à moi qu’elle est de gauche, alors qu’elle aurait des domestiques, alors qu’elle serait pas grabataire ou handicapée..

        car pour moi, être de gauche, c’est surtout ne pas tolérer que qq fasse notre ménage, notre léssive, notre vaisselle, notre carrelage, notre repassage, etc ...

        bref ne pas se comporter comme des rois avec des domestiques ..

         
        • Bistouquet
          Bistouquet répond à patdu49
          bonne
          • Posté à 11h27 le 23/02/2010
          • Internaute 39762
            bonne

          Ah oui, intéressant ; je suis assez d’accord mais je mettrais quand même un bémol. Employé(e) de maison n’est pas forcément un esclavage. Imaginons que votre personne de Gauche salarierait son employé(e) de maison au même niveau de traitement que le sien afin par exemple de se consacrer à une autre activité.

          Merci. Bonne journée à vous.

          • patdu49
            patdu49 répond à Bistouquet
            chomiste du maine et loire
            • Posté à 16h42 le 23/02/2010
            • Internaute 34595
              chomiste du maine et loire

            ah oui, bah même comme ça, je suis pas ok

            car j’aurais alors tendance à imaginer que « l’employé de maison » mériterait un + gros revenu, que l’activité de la personne « de gauche » qui l’emploierait ...
            au niveau rémunération en rapport avec la pénibilité...

            et je parle de revenu mensuel, pas de traitement horaire.

            si on parle en traitement horaire, je considère que de prendre un domestique, devrait couter 100€ de l’heure net, car une prestation de très grand luxe + une TVA à 33,33% sur la prestation. (hormis evidemment si pour personne grabataire ou lourdement handicapée) ..

        2 autres commentaires
    • Pafacil
      Pafacil répond à dU8cHI8rONd --
      citoyen
      • Posté à 07h48 le 22/02/2010
      • Internaute 52870
        citoyen

      En gros, si je comprends bien vos différents commentaires, si je vais pas dans votre sens (et j’y vais pas), je suis forcément un salaud de bobo, écolo, du 6ème. Un peu facile comme défense et pas très argumentée.

      Dans son livre, vraisemblablement, plutôt que les défendre, elle ne fait que son boulot de journaliste, elle rend compte d’une réalité (ce qui revient certainement à les défendre d’une certaine façon). Ça ne vous aidera pas vous, soit.
      Mais elle fera peut-être réaliser, grâce aux ventes de son bouquin que sa notoriété forcément va aider, à d’autres, loin du besoin (mais pas méprisable pour cela). Et ça, c’est un petit pas, mais c’est déjà un pas.

      Merci de laisser les écolos tranquilles (les vrais ont une conscience sociale qui n’a rien à envier à la vôtre), ceux qui habitent le 6ème (faut-il les fusiller ?) et les bobos, comme dit plus loin, c’est devenu un terme facile pour tuer le débat et dont on cherche encore la définition.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Pafacil
        Situation
        • Posté à 09h48 le 22/02/2010
        • Internaute 57434
          Situation

        Et le pire, c’est que sur un site de « gauche », certains commentateurs ose conchier le boulot du journaliste Gunther Walraff !

        Lamentable.

        Todeti

      • lilialbazar
        lilialbazar répond à Pafacil
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 10h06 le 22/02/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        et d’abord, la france se résume-t’elle au 6iem parisien ? zut alors !
        Il y a des bobos partout et des femmes de ménage partout.
        et aussi, des écolos par conviction, de nouveaux écolos qui se sont remis en question.
        maintenant est-ce que ce livre va être lu par des actionnaires quelconques ?
        va-t’ il provoquer une envie de solidarité, de révolution ?
        Empêcher que ça perdure ?
        en lisant rue 89, parfois je me dis : c’est du luxe de pouvoir commenter pour les autres, ne serais-je pas un peu bobo ?

  • pipolino
    • Posté à 23h22 le 21/02/2010
    • Internaute 89242
      .

    Elle s’est servie de sa notoriété pour le faire et alors ? Au moins elle est entendue.

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