Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Ecole : « Le temps scolaire n'est qu'une partie du problème »

Paul Larrouturou
Etudiant-journaliste à l'IFP
Publié le 25/02/2010 à 13h57


Des sacs à dos dans le couloir d’une école (RedagainPatti/Flickr)

Avant d’être au cœur de l’actualité suite à une agression au lycée Adolphe-Chérioux de Vitry (Val-de-Marne), l’académie « sensible » de Créteil a été l’année dernière le laboratoire d’une expérimentation pour prévenir les problèmes à l’école. Dans 37 collèges, 200 classes de sixième ont testé la « mallette des parents », qui intègre les parents au système scolaire.

Interview du sociologue Eric Maurin, professeur à l’École d’économie de Paris, chargé de l’évaluation de cette expérience, directeur d’étude à l’EHESS et auteur de l’essai « La Peur du déclassement » (La République des Idées-Le Seuil, 2009).

Pourquoi agissez-vous sur des classes de sixième et non pas en amont, dès le primaire ?

L’entrée au collège représente un choc pour de nombreux élèves. En sixième, entre le début et la fin de l’année, les inégalités entre élèves s’accroissent brutalement, bien plus vite qu’au primaire. Il y a une rupture culturelle entre l’école primaire où les élèves sont maternés et l’univers beaucoup plus abrupt du collège. Vous passez d’une maîtresse à dix professeurs, chacun porteur d’exigences spécifiques. Une partie non négligeable des enfants n’a pas les ressources familiales pour amortir ce choc.

L’absentéisme entre le début et la fin de la sixième est multiplié par quatre. Le décrochage commence en sixième. Or, en sixième-cinquième, on peut encore intervenir, car les enfants restent malgré tout relativement réceptifs et « malléables ». Après, en quatrième-troisième, c’est une autre problème...

Qu’y a-t-il concrètement dans cette « mallette des parents » ?

Trois réunions d’information et de débats, dirigées par le principal du collège au cours du premier trimestre. Avec possibilité d’en organiser davantage si les participants le souhaitent. Chaque principal peut s’appuyer sur un DVD et un guide de questions conçus pour l’expérience. Des questions sur l’importance des devoirs à la maison, du dialogue avec les professeurs, de l’attention à porter au sommeil de l’enfant...

L’objectif est de sensibiliser les parents au fait que le temps purement scolaire n’est qu’une partie du problème. Beaucoup de choses se passent à l’extérieur de l’école où le rôle des parents est crucial. Même si les parents ne se sentent pas qualifiés pour aider leur enfant, il faut les convaincre qu’ils peuvent néanmoins le soutenir énormément, ne serait-ce qu’en l’invitant à parler de l’école.

Une réforme en douceur par le dialogue préventif ?

L’un des résultats fondamentaux de cette expérience, c’est que le lien social est primordial à l’école. Les choses s’améliorent dans les classes parce que la qualité du lien entre les parents, le collège et les enfants s’améliore. Et parce que les enfants s’influencent mutuellement. L’unité élémentaire sociale pertinente n’est pas l’individu mais la classe. Un élève, c’est d’abord le faisceau d’influences qui le traverse. La classe est un petit univers clos avec énormément d’influences mutuelles. En améliorant le comportement de 20% des élèves, vous pouvez améliorer l’ambiance de toute la classe.

On ne peut pas forcer les gens, une mitraillette dans le dos, à venir à des débats au collège. Cet effet de contagion a pu notamment être constaté sur l’absentéisme. Les enfants des classes tests sont moins absents que les enfants des classes témoins, y compris parmi les familles qui ont initialement refusé de participer aux débats.

Cerise sur le gâteau, ce sont plutôt les catégories les plus exposées aux problèmes, c’est-à-dire les garçons et les enfants des milieux populaires, qui bénéficient le plus de ces effets d’interaction sociale.

Vous analysez une expérience qui lutte contre le décrochage dès la sixième. Mais, une fois un diplôme obtenu, vaut-il encore quelque chose actuellement, vu le taux de chômage chez les jeunes diplômés ?

Dans les phases de récession, les enjeux de la réussite scolaire deviennent plus forts que jamais. Ce n’est pas simplement la lutte pour les places. C’est la lutte pour avoir une place, tout simplement. Les diplômes ne sont jamais aussi importants que dans une phase historique comme celle que nous vivons actuellement.

Vous vantez l’efficacité de cette « mallette des parents », qui ne coûte qu’environ 1 000 euros par classe. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs cité cette expérience comme exemple lors de ses vœux au monde de l’éducation et de la recherche. Que pensez vous de sa politique ?

Le coût de notre intervention préventive reste très faible par rapport à celui des politiques concurrentes, et notamment de celles qui misent sur du soutien individualisé après que les difficultés sont apparues. Toute la politique de Xavier Darcos en direction du primaire existe déjà en Angleterre. Et ce n’est pas concluant. Elle désorganise la classe, tous ceux qui ne rencontrent pas de problème. Ils ont moins d’heures et des enseignants plus fatigués. Et les enfants pris en charge dans ces dispositifs sont stigmatisés.

Nous avons tourné les choses dans tous les sens tellement les résultats sont surprenants. Mais partout où les hasards de la démographie scolaire font que certains élèves ou certaines classes sont plus exposés à ce dispositif d’aide individualisée que d’autres, ça ne s’améliore pas mais au contraire, la situation se dégrade. Plutôt que de traiter les problèmes après, ne peut-on pas éviter que ces élèves soient distanciés dès le primaire ? Ce sont des politiques-pansements.

Vous avez remis il y a un mois votre rapport au haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch. Ne pensez-vous pas que votre mallette va rester dans les cartons ?

Martin Hirsch n’est pas l’administration de l’Education nationale. Rien ne garantit donc que cela puisse vraiment se traduire en une politique du ministère... Si Luc Chatel était le commanditaire public de cette évaluation, la situation serait différente. J’imagine qu’il encouragerait alors cette politique. Pour le moment, je pense que Martin Hirsch va essayer d’obtenir une généralisation par circulaire.

Contacté, Martin Hirsch fait savoir par un membre de son cabinet qu’il « compte se donner les moyens de généraliser cette expérimentation efficace mais qu’elle ne sera pas généralisée du jour au lendemain. Nous travaillons main dans la main avec le ministère de l’Education. Il faut qu’on se réunisse. »

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  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 14h04 le 25/02/2010
    • Internaute 50571
      chien de talus

    Autre suggestion faite à Nicolas S : travaillez moins, s’occuper plus des minots et de sa propre sphère, avec un niveau de vie acceptable.

  • alexandre32
    alexandre32
    clochard céleste
    • Posté à 14h35 le 25/02/2010
    • Internaute 100183
      clochard céleste

    Où est l’erreur ?
    Cette mallette qui « NE coûte QU’environ 1000 euros » contient « trois réunions organisées par le principal, un DVD et un guide de questions »......

    • Le Provençal
      Le Provençal répond à alexandre32
      Cadre
      • Posté à 15h32 le 25/02/2010
      • Internaute 61202
        Cadre

      Tu as raison, la malette doit être en cuir de chez Gucci...... !

      A moins que le fournisseur soit un petit copain de celui qui a passé commande....ça sent l’arnaque ce truc !

    • Cyril_B
      Cyril_B répond à alexandre32
      Dans la vie factive
      • Posté à 16h03 le 25/02/2010
      • Internaute 68549
        Dans la vie factive

      Bien sûr pour lutter contre l’échec scolaire un DVD, 3 réunions et un guide suffiront...
      OOOOOOOOhhhhhhhhhhhhhhh
      On arrête de se moquer du monde làààà ? ? ? ? ?

      Des dizaines de milliers de postes d’enseignants supprimés depuis 4 ans alors que les effectifs sont en hausse, des classes surchargées, des écoles, des collèges, des lycées, des facs au bord de l’explosion, des conditions d’enseignement indignes d’un pays développé, les postes de pions sabrés, les compétences des enseignants régulièrement remises en cause par Sarko et bien reprises dans les médias, plus de suivi des élèves, des nouveaux programmes élitistes, une réforme de la formation initiale catastrophique et... alors que nous attendons du soutien, voici article provocateur pour l’ensemble du monde éducatif.

      Une honte que Rue89 publie cet article sans moral républicaine, une honte et une provocation alors que le monde éducatif souffre face au manque de moyens criants.
      Une honte, alors que meurt l’école de la République, l’école de l’égalité des chances, l’école de la promotion sociale.

      Un DVD, 3 réunions et un guide...

      Pffffffffffffff

      Dans mon école, nous n’avons même pas UN ordinateur. J’enseigne en banlieue, + 300 élèves et même pas UN ordinateur fourni par la mairie ou l’Education Nationale.

      • Corti
        Corti répond à Cyril_B
        Onaniste Otaku
        • Posté à 18h20 le 25/02/2010
        • Internaute 46986
          Onaniste Otaku

        La honte, ce sont ceux qui sont incapables de s’intéresser à des solutions un peu différentes parce qu’elles ne sont pas exactement conformes à leurs attentes.

         
        • Cyril_B
          Cyril_B répond à Corti
          Dans la vie factive
          • Posté à 18h46 le 25/02/2010
          • Internaute 68549
            Dans la vie factive

          Un très bon dossier dans le Siné Hebdo de cette semaine sur la casse de l’école républicaine par les néo-conservateurs au pouvoir qui rêvent d’une école à 2 vitesses.
          Un bon dossier de 6 pages qui donne la parole à de vrais experts (Meirieu, profs de terrain, désobéisseurs, ...) loin des ignorances couardes des rédacteurs de cet article...

        1 autres commentaires
      • Intendant Zonard
        • Posté à 22h52 le 25/02/2010
        • Internaute 26612

        Ce qui est « révolutionnaire » dans cette expérimentation, c’est qu’il s’agit de prévention. Au lieu de constater, quand c’est trop tard, que l’école a été infoutue de socialiser correctement un môme, l’Educ Nat se remue le gras, admet qu’il y a des risques qu’elle ne réussisse pas toujours tout.

        Et c’est un vrai retournement de tendance, parmi nos pédago qui ont toujours raison et s’ils ont tort c’est la faute aux autres qui ne les écoutent pas.

      • Plumes
        Plumes répond à Cyril_B
        Humaine
        • Posté à 15h28 le 26/02/2010
        • Internaute 82733
          Humaine

        Vous savez, des fois il suffit de peu, surtout du dialogue avec les parents. On sous-estime bien souvent l’environnement des enfants. Et surtout ici au lie ude s’intéresser à l’individu seul, on prend le pari de prendre l’échelle de la classe à part entière, qui au collège, il est vrai est l’environnement immédiat et influençable sur l’élève. Des fois il suffit de peu de choses pour lancer le débat dans les familles, crée un déclic et faire bouger les choses. L’explication des fois (autrement dit l’éducation, me^me la simple information) peut changer radicalement les comportements : parents et enfants.

         
        • Cyril_B
          Cyril_B répond à Plumes
          Dans la vie factive
          • Posté à 16h07 le 26/02/2010
          • Internaute 68549
            Dans la vie factive

          Souvent j’ai l’impression que les commentaires ici proviennent de la lune...

          Savez-vous que dans un grand nombre de communes du 91, du 93 ou du 94, la majorité des élèves quittent le système éducatif sans aucun diplome ?

          Dans le même temps, les COP sont supprimés ainsi que les RASED. Les filières courtes et professionalisantes (CAP et BEP) sont en voie de disparition.

          Des dizaines de milliers de jeunes chaque année sont obligés de sortir du système éducatif mais un DVD, trois réunions et un guide vont tout changer...

          C’est ahurissant de niaiserie et surtout en complet décalage avec la réalité du terrain...

          • Plumes
            Plumes répond à Cyril_B
            Humaine
            • Posté à 16h36 le 26/02/2010
            • Internaute 82733
              Humaine

            Je parlais en général. Mais quelle est cette manie de tout ramener au 91-93-94. Sortez un peu...

            Comment ça « obligé » de sortir du système éducatif ? On en sort parce que l’on veut bien en sortir ou plutôt parce que le vécu en tant qu’élève amène à ça. Et bien c’est là qu’intervient toute la réflexion.(Et ne citez pas de moyens dont le succès est à prouver !)

            Ce que tente cette expérimentation c’est d’explorer une piste ; à partir d’une recherche théorique, puis d’un postulat et enfin une expérimentation qui va permettre une observation empirique pour aboutir à des conclusions théoriques afin d’aboutir à des actions concrètes. (Et ça prend du temps tout ça...)

            Qu’est-ce qui fait qu’un élève décroche du système ? Comme le disait une riverain plus haut « Je ne connais pas d’enfant qui n’aime pas apprendre » Où tout du moins dans le plus bas âge. Á partir de là, interrogeons nous...

            Ici, ce qui est avant tout intéressant dans cet approche comme il a été dit par un autre riverin venant de l’EN c’est l’approche à l’échelle de la classe (et non plus de l’individu tel le système RASED). Ainsi que l’interrogation sur le rôle des parents.

            Pour bon nombre d’élèves, souvent moyens au primaire, il me semble que cela se joue à peu de choses. Ce que nous permet de voir cette « malette » si décriée dans tant de commentaires c’est d’avoir des conclusions empiriques sur ces deux points traités : l’effet de la classe dans sa globalité et l’influenciation des parents déjà par au moins le dialogue.

            Si en comparant classe témoin et classe sous expérimentation on peut constater des changements, alors il y a à creuser dans ce domaine pour trouver d’autres solutions, peut-être plus adaptées : mieux comprendre les facteurs qui corrélés les uns les autres produisent l’échec scolaire. Car bien que nous ne naissons pas tous totalement égaux par nos gênes mais aussi par notre environnement, comment se fait-il que tel élève venant d’un milieu modeste par exemple réussira par rapport à tel autre venant du même milieu qui quiterra le système à 16 ans.

            C’est là que la recherche est primordiale ! Et c’est ce qui est à comprendre dans l’article. Des fois il est bon de sortir de son expérience personnelle et immédiate pour réfléchir plus globalement et prendre du recul =)

            • Cyril_B
              Cyril_B répond à Plumes
              Dans la vie factive
              • Posté à 18h41 le 26/02/2010
              • Internaute 68549
                Dans la vie factive

              Vous êtes incroyable... complètement lunaire.

              Un doux rêveur. :)

              C’est bien, il en faut, sauf quand il s’agit de décideurs.

              Mais vous avez sans doute raison, oublions les 91-93-94-95 qui concentrent l’essentiel des problèmes sociaux de France, oublions les suppressions de postes, les suppressions des moyens supplémentaires ZEP, les suppressions des RASED, la suppression des COP, la suppression des MI-SE, les programmes élitistes, l’argent du public reversé au privé, les suppression d’heures pour tous (de 26 à 24 H hebdo dans le primaire), la suppression de la formation initiale ainsi que la suppression de la formation continue des enseignants, la suppression des BEP et CAP pour un bac pro, oublions également la réforme du lycée et la normalisation des 36 élèves par seconde (alors qu’il s’agit de la classe qui se redouble le plus...).

              Oui, ne nous formalisons pas sur tout ce qui va mal et tout ce qui met à mal le modèle républicain, creuset de l’égalité des chances...

              Oui, faisons preuve d’optimisme, je suis d’accord avec vous ! ! !
              Tout va bien, vive les ornières ! ! !

              La réforme des institutions scolaires va dans le bon sens ! (mais en dépit du bon sens...).

              Merci énormément pour votre contribution.

              PS : Je le dis et l’affirme, dans de nombreuses communes du 91-93-94-95, + de 50% des élèves quittent, souvent contraints, le système éducatif, sans aucun diplome.
              Mais puisque pour vous, ceci n’est qu’une pécadille, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...

              • Plumes
                Plumes répond à Cyril_B
                Humaine
                • Posté à 13h42 le 27/02/2010
                • Internaute 82733
                  Humaine

                Douce rêveuse... je préfère.

                Dommage que le débat soit stérile avec vous, vous restez cloitré sur votre discours.

                « oublions les 91-93-94-95 qui concentrent l’essentiel des problèmes sociaux de France »
                >> Ah bon ? oO Et dans le reste de la France tout est beau ? Y’a aucuns problèmes sociaux ? ? ? Il faudrait que vous m’expliquiez là.

                « les suppressions de postes, les suppressions des moyens supplémentaires ZEP, les suppressions des RASED, la suppression des COP, la suppression des MI-SE »
                Oui bon ça on est au courant. Et après ? Quelles solutions ? Car c’est bien beau de râler. Encore faudrait-il trouver de solutions de remplacement ? Pour en revenir avec ce que je disais... je me souviens ce cours filmé du Collège de France pour la chaire du développement et notamment sur l’éducation pour tous les enfants. Cette vidéo m’a permis de comprendre que de simple détails insignifiants pouvaient bouleverser le taux de scolarisation dans les pays n’avant pas le même niveau économique que le notre. Depuis, bien que le contexte soit différent, j’applique la même manière de penser à notre propre système éducatif mais pour la réussite ou non dans celui-ci. Et cet article prouve qu’il y a bien ici des expérimentations faites pour comprendre ces mécanismes. Ce qui est plutôt encourageant. =)

                « la suppression des BEP et CAP pour un bac pro, oublions également la réforme du lycée »
                Vous semblez voir le mal partout, qui vous dit qu’il n’y a pas du bien dans cela (je ne dis pas que c’est du pain bénit, au contraire). Mais au lieu de cracher dessus comme ça sans analyse préalable, ne voudrait-il pas mieux une expertise ou une analyse ?

                « Oui, faisons preuve d’optimisme, je suis d’accord avec vous ! ! ! »
                Ça sert à quoi de dire « oh mon dieu tout va mal ! » comme ça sans analyse et explicaitons plus approfondies. J’aurais espéré un commentaire un peu plus intéressante et plus constructif.

                En résumé, débattre avec vous ne mène à rien c’est dommage, vous ne restez qu’à des observations de bases, de constat sur le tas sans réfléchir sur une politique globale pour le système éducatif. Dommage !

          • LienRag
            LienRag répond à Cyril_B
            • Posté à 22h23 le 27/02/2010
            • Internaute 34767

            Vous avez raison, mais êtes-vous certain que cette initiative soit à l’origine de la suppression des RASED ?
            Faut-il arrêter toute innovation et toute recherche en France parce que le dirigeant principal est un paranoïaque à talonnettes et les ministres des courtisans ?
            Ou si votre ire n’est pas contre le sociologue mais contre Rue89, est-il interdit d’informer sur ce qui se passe à l’école tant que le combat contre l’abolition des RASED n’aura pas abouti ?

        5 autres commentaires
  • sabrina
    sabrina
    NounouOgg ascendant Vimaire
    • Posté à 14h50 le 25/02/2010
    • Internaute 24259
      NounouOgg ascendant Vimaire

    Une solution... donner de bonnes conditions de travail à tous les enfants dès la maternelle, arrêter les classes à 30, les programmes inapplicables...
    J’aimerai avoir le temps de m’occuper plus sérieusement de mes élèves en difficultés, sans avoir l’impression de poser des cataplasmes sur des jambes de bois.

    Puis arrêter de croire que les enfants laissent leurs problèmes à l’entrée de l’école... les soucis des parents pèsent sur la scolarité des petits...

  • mattzz
    • Posté à 14h52 le 25/02/2010
    • Internaute 28590

    Ca ressemble fort au constat qu’a établi l’APFEE (Lien), avec des résultats avérés et validés par le gouvernement, même si celui-ci préfère recommander le recours au bénévolat plutôt qu’engager des moyens massifs pour une méthode qui a fait ses preuves.

    Voir là :
    Lienq207212|q207289|q207302|q207318|q208000|q208464|q209312|q209629|q210919&na=QOSD&rch=qa&de=20080916&au=20090916&dp=1+an&radio=dp&appr=text&aff=sep&tri=da&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn&&&isFirst=true

    Bref, on tient une méthode qui marche de l’avis de tous, qui permet de réduire en aval certains coûts de l’échec scolaire, mais l’investissement (12 millions d’euros pour 60 000 enfants encadrés par an) est trop important.

    C’est les boîtes de soutien scolaire qui doivent se frotter les mains !

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 14h55 le 25/02/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    « Vous analysez une expérience qui lutte contre le décrochage dès la sixième. Mais, une fois un diplôme obtenu, vaut-il encore quelque chose actuellement, vu le taux de chômage chez les jeunes diplômés ? »
    Euhh c’est quoi cette question bizarre.
    Je comprends bien que le journaliste doit poser une question pour que le chercheur y réponde mais la base du journalisme c’est de ne pas poser la réponse dans la question !
    Le journaliste aurait dû préparer correctement ses questions qui invitent à des réponses non induites. Ex : Au vue du contexte actuel, comment les personnes ressentent leurs diplômes vis à vis du marché du travail ? Et là le chercheur pouvait répondre qu’un diplôme reste un diplôme même si la pression est forte. Le chômage actuel n’a rien à voir avec les diplômes. Et les « c’était mieux avant » sont de fausses ritournelles liées à des ruptures de génération. Notamment la génération qui est persuadée que connaitre tous les noms de département est une priorité nationale.
    Faute de plus : le journaliste passe de la sixième à diplôme alors que le sujet se concentre sur un chercheur et son étude dans le collège...

  • tessnel
    tessnel
    parce que fraise des bois
    • Posté à 14h57 le 25/02/2010
    • Internaute 102897
      parce que fraise des bois

    Où comment se substituer à l’éducation parentale...

    • A déménage le 14-03-2012
      • Posté à 15h28 le 25/02/2010
      • Internaute 98050

      Bonjour tessnel ,

      « Où comment se substituer à l’éducation parentale... »
      Bah justement, en lisant l’article, j’ai cru comprendre que ça aidait certains parents à mieux s’impliquer et aider l’intégration de leur enfant au collège. Et il sembe que la méthode soit efficace (nous n’avons qu’un point de vue et pas le rapport en main).
      –––-

      Par ailleurs, méthode « chère ? », comme râlent certains. Je ne sais pas, je ne connais pas les bugets qui sont débloqués par ailleurs pour des initiatives qui ne fonctionnent pas...

      Attendons d’en savoir plus sur ce rapport avant de tout démonter.

      • tessnel
        tessnel répond à A déménage le 14-03-2012
        parce que fraise des bois
        • Posté à 11h45 le 26/02/2010
        • Internaute 102897
          parce que fraise des bois

        C’est comme ça qu’on colonisait ! La France en connaît un rayon là dessus...
        Donnons aux parents les réels moyens d’élever leurs enfants !
        Car le Temps... C’est de l’argent !
        Mais pour gagner l’argent... Il faut du temps !
        Alors de temps en temps... Les parents s’occupent des enfants...
        Et vous me demandez du temps...

      • tessnel
        tessnel répond à A déménage le 14-03-2012
        parce que fraise des bois
        • Posté à 11h45 le 26/02/2010
        • Internaute 102897
          parce que fraise des bois

        C’est comme ça qu’on colonisait ! La France en connaît un rayon là dessus...
        Donnons aux parents les réels moyens d’élever leurs enfants !
        Car le Temps... C’est de l’argent !
        mais pour gagner l’argent... Il faut du Temps !
        Alors de Temps en Temps... les parents s’occupent des enfants.
        Et vous me demandez du temps...

         
        • A déménage le 14-03-2012
          • Posté à 11h47 le 26/02/2010
          • Internaute 98050

          Non, je vous en donne :)
          Pas le temps de faire dans l’assonance mais cela eut été avec plaisir :)
          Merci pour votre réponse.
          Bonne continuation

        1 autres commentaires
      • onrigoleplus
        • Posté à 05h38 le 26/02/2010
        • Internaute 64576
          artisan

        1000 euros, ce n’est pas cher, les gens qui se posent des questions n’ont jamais vu le budget d’un collège. Quoique, il est vrai que la part octroyée à la pédagogie est très très minime. Cette somme doit comprendre le coût les heures de présence des professeurs aux réunions et débats.

         
        • lancetre
          lancetre répond à onrigoleplus
          • Posté à 21h15 le 26/02/2010
          • Internaute 18658

          On rigole plus ?

          Mais si, on rigole !

          Les profs ne sont pas payés en heures supplémentaires pour rencontrer les parents ! Vous rêvez !

          Ces mille euros constituent donc un mystère...

          Peut-être des droits payés au réalisateur du film ?

          En tout cas, un principal de collège qui a besoin d’une mallette avec un livret et un dvd pour répondre aux questions posées par les parents...

          C’est un cador !

          Il ne vole pas son salaire !

           : -))))))

          • onrigoleplus
            onrigoleplus répond à lancetre
            artisan
            • Posté à 08h06 le 27/02/2010
            • Internaute 64576
              artisan

            Les rencontres parents-professeurs font partie du boulot des profs, oui mais ce n’est pas illimité. Il y a un certain nombre d’heures prévues pour ça.
            Si vous être prof. vous le savez, chaque établissement fixe la manière dont elles vont être utilisées, par exemple une réunion de rentrée, une rencontre pour remettre le bulletin, pour les 3èmes réunion sur l’orientation, sans compter les entretiens individuels à la demande des parents ou inversement.
            Une année nous avions émis le souhait d’ une réunion de rentrée pour toutes les classes (le collège l’avait limitée aux 6èmes), on nous l’a refusée en nous expliquant que le collège était en règle par rapport au nombre d’heures à consacrer aux réunions, ce sont eux qui choisissent comment les répartir.
            Je n’ai jamais dit que les professeurs volent leur salaire, mais cette opération malette comprend au moins une réunion et un débat, si ces heures là viennent s’ajouter aux autres réunions c’est bien normal qu’elles soient payées.

        2 autres commentaires
      • tessnel
        tessnel répond à A déménage le 14-03-2012
        parce que fraise des bois
        • Posté à 11h25 le 26/02/2010
        • Internaute 102897
          parce que fraise des bois

        J’ai bien reçu votre message....
        Merci de m’avoir accordé de votre temps.

        Cordialement

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 14h58 le 25/02/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    La malette est un gouffre financier : 1000 euros par classe. voilà. Le gouvernement détruit des postes d’enseignants qui eux pourraient apporter ce fameux lien social. Les espaces numériques de travail apporte un lien supplémentaire pour contacter ou informer des parents (en plus de venir à pied, en voiture ou téléphoner). Fabriquer un DVD est coûteux et inutile. C’est certainement un moyen de financer une petite start up de droite qui doit calculer comment glisser de la pub microsoft dans le prochain DVD...
    scandaleux. Les outils ne remplacent pas le lien social, y en a marre. Et ça décridibilise tout ce que l’on peut faire avec. bravo.

    • Lictor
      Lictor répond à numeroSeptduvillage
      informaticien
      • Posté à 16h27 le 25/02/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Enfin, « gouffre », tout est relatif. On dépense en moyenne 60.000 euros par élève et par an. Avec une quarantaine d’élèves par classe, ça fait tout de même plus de 2 millions d’euros par classe. C’est pas 1000 euros de dépense sur ce total qui va changer fondamentalement la donne...

      Si on est à regarder dans les gouffres financiers, il y a probablement d’autres postes de dépense nettement plus dispendieux...

      • lancetre
        lancetre répond à Lictor
        • Posté à 21h19 le 26/02/2010
        • Internaute 18658

        Le problème, c’est que mille euros par classe, ce n’est quand même pas rien, et que personne ne comprend où va cet argent...

        Le contribuable le dépense, mais qui l’encaisse ?

        Voilà ce que l’auteur de l’article devrait nous expliquer.

  • éplucheur
    éplucheur
    étudiant
    • Posté à 15h05 le 25/02/2010
    • Internaute 95818
      étudiant

    je ne pense pas que cette solution marche, c’est encore de l’argent perdu. De plus il faudrait commencer à faire de la prévention dès le primaire !
    Lien

  • Le Provençal
    • Posté à 15h35 le 25/02/2010
    • Internaute 61202
      Cadre

    Dans les Alpes de haute Provence, je ne vois pas le problème comme cela.
    Tous les élèves sont insérés et respectueux les uns des autres et des enseignants. Je ne reconnais pas l’école de ma fille dans ce reportage et il faudra bien un jour ne pas généraliser les problèmes des banlieues parisiennes à toute le France.

    Concernant l’absentéisme, pas de sport lundi matin et pas de cours vendredi matin faute de professeur......... ! ! ? ?

    • armandvilardier
      armandvilardier répond à Le Provençal
      informatique
      • Posté à 15h43 le 25/02/2010
      • Internaute 106000
        informatique

      Oui et pour aller plus loin, les élèves d’il y a 60 ans et qui avaient à peine l’eau courante, n’avaient pas de problèmes particulier !

      • Lictor
        Lictor répond à armandvilardier
        informaticien
        • Posté à 15h55 le 25/02/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        Enfin, le petit pourcentage d’élèves qui avaient la chance d’aller à l’école et de pouvoir envisager de gagner sa vie ailleurs qu’à l’usine...
        Et puis, que je sache, les 400 coups n’ont pas été tournés en 2010...

      • Le Provençal
        Le Provençal répond à armandvilardier
        Cadre
        • Posté à 18h10 le 25/02/2010
        • Internaute 61202
          Cadre

         ? ? ? ?
        Quel est le rapport ?

  • Lola48
    • Posté à 16h41 le 25/02/2010
    • Internaute 89855

    Académie de Créteil laboratoire d’expérimentation ? Laboratoire de toutes les exclusions !

  • Enlendil
    Enlendil
    Etudiant
    • Posté à 16h44 le 25/02/2010
    • Internaute 66802
      Etudiant

    Quant on voit la présence des parents aux réunions trimestrielles parents-prof... c’est à dire que certains profs se pointent et patientent 2h30 sur une chaise dans une salle vide avec aucun parent qui se pointe... pas sûr que ce soit la solution idéale.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à Enlendil
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 08h59 le 26/02/2010
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Oui certains profs, ceux de musique et d’arts plastiques alors que les parents patientent 1h pour voir celui de maths ou de français qui ne fera que lui lire l’appréciation qui est dans le bulletin par manque de temps.
      Ces réunions trimestrielles, ce n’est pas la panacée : toutes les classes en même temps sur 2h30, ça ne peut pas le faire, alors les parents courent à l’essentiel (du moins pour nous) maths/français/histoire ...

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 16h50 le 25/02/2010
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Monsieur Maurin a raison de rappeler que « L’unité élémentaire sociale pertinente n’est pas l’individu mais la classe ». Mais la formule est un peu trop rapide eu égard à son importance et il serait utile de lui consacrer quelques développements. Voici un certain nombre de pistes.
    1. La classe est le lieu où convergent trois protagonistes : le groupe des élèves, les enseignants, les uns et les autres « faisceaux d’influences qui les traversent » et les contenus scientifiques, techniques et culturels autour desquels s’organise leur rencontre.
    2. Ces contenus font rarement l’objet d’examens critiques. Peut-on faire comme s’ils étaient un invariant neutre et sans incidence directe sur le comportement des élèves auxquels ils sont destinés, individuellement et collectivement.
    3. La « violence » qui se manisfeste parfois est-elle le simple résultat de dispositions personnelles ou sociales ou la conséquence de l’éloignement excessif de l’univers scolaire et de la culture dans laquelle baignent les enfants des classes « populaires »
    4. Autrement dit, cette violence n’est-elle pas aussi le refus collectif, émanant d’une frange nombreuse d’élèves qui ne se reconnaissent pas dans les savoirs et les savoir faire imposés, qui ne peuvent ni ne veulent participer à un jeu dont les règles sont pipées
    5. Ce « retrait » pour reprendre un mot qui fait fureur ne devrait-il pas être pris au sérieux et, éventuellement, interroger sur le fond idéologique qui préside à l’élaboration des programmes et des épreuves et sur les habitudes en usage de fonctionnement du triangle éducatif.

  • sylvain.75
    sylvain.75
    entepreneur
    • Posté à 17h02 le 25/02/2010
    • Internaute 106760
      entepreneur

    La violence des jeunes est en premier lieu la responsabilité des parents. L’Etat, l’école, les enseignants, les collectivités ne peuvent pas tout. A un moment, il faut que les parents se remettent en cause et se remobilisent dans l’éducation de leurs enfants. Et cela vaut pour les familles défavorisées, les classes moyennes comme les foyers aisés. Tout le monde est concerné.

    • Lola48
      Lola48 répond à sylvain.75
      • Posté à 17h25 le 25/02/2010
      • Internaute 89855

      Oui bonne idée, mais lorsque ces parents se mobilisent, on leur ferme la porte, non seulement de l’établissement mais aussi de la rencontre avec « ceux », sensés transmettre des savoirs et non de l’injustice et des inégalités.

      La mobilisation des parents est très mal vue. Et la première des réponses lorsque vous (parent), essayer de comprendre, la réponse de l’école : « vous n’allez pas nous apprendre notre métier, tout de même ». Voilà que Vouloir comprendre, se transforme en vouloir prendre ?

      On parle de sanctuaire mais pas d’ouverture. Alors pour les parents ce sera encore plus difficile, et ils seront toujours les boucs émissaires, d’une profession qui va mal et d’une institution qui fait tout pour ça.

      • Julos
        Julos répond à Lola48
        ex E.N
        • Posté à 18h04 le 25/02/2010
        • Internaute 38577
          ex E.N

        Il y a mobilisation et mobilisation. Je n’ai pas compris que Sylvain l’employait dans le sens d’une démarche revendicative de la part des parents, vis à vis de l’école et/ou des enseignants. Lorsqu’il y a agression, d’un côté ou de l’autre, alors il y a conflit,voire incompréhension mutuelle. Ce qui est recherché là c’est une coopération sur la base d’un échange, de ressentis et d’informations.
        La cible et l’objectif me paraissent pertinents ; si l’expérimentation donne des résultats jugés convaincants, alors il faut aller vers une généralisation. C’est toujours l’étape difficile à passer dans les expérimentations. Hirsch parviendra-t-il à convaincre Chatel ? Pas sûr. Un bémol aussi : 1000€ par classe X nclasses de 6e... ça va commencer à chiffrer non ? Or les dépenses en matière éducative ne sont guère en odeur de sainteté au ministère de l’EN (et encore moins du côté de bercy !) actuellement...

        A suivre donc...

  • mona84
    mona84
    Vendeuse
    • Posté à 17h19 le 25/02/2010
    • Internaute 106763
      Vendeuse

    Toutes les expérimentations sont bonnes à prendre. En tous cas, ça ne peut pas faire de mal ! Mais le fond du problème ne date pas d’aujourd’hui, la violence, contrairement à ce que l’on peut penser, ne date pas d’aujourd’hui. Les jeunes ne sont pas plus violents que dans les années 60 ! C’est juste qu’aujourd’hui, il y a la télévision, les chaînes d’info en continu, etc, qui amplifient le phénomène. Aux médias aussi d’assumer la montée en puissance de cs sujets

  • Fred24
    Fred24
    Rural
    • Posté à 17h36 le 25/02/2010
    • Internaute 89386
      Rural

    Faudrait peut être d’abord créer une « malette des prof », beaucoup sont incapables de gérer la difficulté scolaire, la réduisant toujours à un manque de travail. Ils « bossent » pour l’élite c’est plus facile et sont incapable de se remettre en cause quand leur messages ne passent pas. Il est clair que ces individus qui n’ont que leurs certitudes d’être compétents comme bagages ne peuvent aider les élèves un peu faible. Ajoutons à cela les programme débiles les horaires à la con les vacataires incompétents etc....

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à Fred24
      Citoyen
      • Posté à 01h11 le 26/02/2010
      • Internaute 28239
        Citoyen

      Mouais...
      Beaucoup de politiquement correct là-dedans. Je ne suis pas prof mais serait-il encore possible de dire simplement que beaucoup d’élèves ne fichent strictement rien, n’écoutent rien, n’apprennent rien ; par principe ne veulent pas faire, ne veulent pas écouter et ne veulent pas apprendre, et chouinent comme de pauv’pt’ites victimes quand ils « ratent » ? Ca fait 30 ans que l’institution, les profs, l’encadrement, le ministère, etc... se démolissent la santé et l’organisation à trouver des solutions pour « intéresser », « impliquer », etc... On ne compte plus les réformes, c’est inutile, ça change tous les deux ans. Le fait est qu’il y aura toujours quoi qu’on fasse une partie incompressible et non-négligeable de la population, toutes origines sociales confondues, qui s’en tapera complètement et qui considèrera que tout est dû. Le genre qui ne veut s’intéresser ou s’appliquer à quoi que ce soit qui pourrait demander un effort, éventuellement fatiguer un tout petit peu : les programmes sont hyper-allégés par rapport à ceux datant de 2 ou 3 décennies, la plupart des travaux demandés sont pré-mâchés et ça ne suffit toujours pas... Et je dis bien toute origine sociale confondue, du looser fier d’être un cancre « rebelle » qui voit bien son avenir dans des combines toutes plus minables les unes que les autres, à l’héritier de rentiers qui a son emploi fictif réservé à la naissance, auquel il accèdera de toute façon, éventuellement après une « école sup de » privée et bidon réservée aux cancres de bonnes familles... Eh oui, nous ne sommes pas vraiment en méritocratie, c’est juste un discours de propagande, même l’actualité le rappelle de temps à autre, il faut arrêter de faire semblant.

      Il suffit d’observer la société autour de soi en mettant son angélisme de côté pour comprendre que la soif de connaissance n’est absolument pas quelque chose de partagé (pourquoi les librairies indépendantes peinent-elles à survivre et ferment-elles un peu partout pour laisser la place à des chaînes de généralistes du « loisir », et éventuellement du livre standardisé, dans les galeries commerciales ? Le théâtre, les expos, les conférences, les musées attirent-ils vraiment toute la population ? Le foot et les émissions de TV débiles n’ont-ils pas plus de succès auprès d’un plus large éventail de la population, par exemple ?)
      Certes il y a des handicaps sociaux, des prédispositions, y compris physiques, plus ou moins fortes qui feront que certains devront faire infiniment plus d’efforts que d’autres, et ça sera parfois très très dur, j’en sais quelque chose, mais la connaissance est ce qu’elle est, elle n’est pas prête de changer et elle demandera toujours un minimum pour y accéder. On ne pourra pour cela jamais vouloir ou faire à la place de quelqu’un. Quelque soit le discours officiel démagogique ou simplificateur qu’on déploiera, quelque soit le film de S-F qu’on se fera. Ce qui est par contre proprement scandaleux, c’est, sous prétexte de « trouver de nouvelles solutions », de couper les moyens et de rabaisser le capital des connaissances pour ceux qui sont réceptifs et qui pourraient s’épanouir, ou pour ceux qu’on peut vraiment aider en cas de difficulté parce qu’ils veulent y arriver, ce sont en fait les mêmes. Pour d’autres qui s’en foutent royalement ou tiennent un double-discours, on pourra mettre 50% du PIB, leur donner des précepteurs de course ou n’importe quoi d’autre de luxueux que ça sera en pure perte, ils n’assimileront toujours que le minimum du minimum requis, et encore, quasiment sous la contrainte qui est normalement proscrite.
      Je peux bien comprendre après tout que des enfants ou des ados ne veuillent rien faire à l’école par principe et par confort, qu’ils n’aiment pas apprendre, et que des parents les soutiennent dans ce sens (y compris en accusant les profs, les bons élèves « fayots », les politiques ou même les martiens si ça leur fait plaisir), mais qu’on leur explique bien une bonne fois pour toute que de toute façon ils ne pourront jamais arriver au même point que les autres s’ils ne veulent pas y mettre un minimum du leur. Et pour limiter les dégâts qu’on rouvre pour eux des filières vraiment courtes qui leur donneront un minimum de formation pour pouvoir ensuite trouver, éventuellement, un boulot quelconque. Qu’on cesse de les maintenir dans un cursus généraliste où ils s’ennuient et empêchent leurs camarades de bosser en semant le bazar ou en entretenant une ambiance délétère. Surtout qu’on en finisse avec le mythe de la p’tite victime forcément surdouée que l’institution maltraite avec des accents à la Dolto mal comprise, on a tout faux sur toute la ligne. C’est une image de l’institution qui était peut-être vraie à une époque mais qui est maintenant totalement obsolète...
      Ca va certainement gueuler ici, mais il faut en finir avec cette immense et écoeurante hypocrisie qui caresse le pignouf dans le sens du poil pour gagner queques voix aux élections et met l’école accessible à tous en péril. Sinon c’est sans issue, dans 10 siècles on en sera toujours au même point, peut-être avec l’actuel programme de maternelle au niveau du Bac, mais la problématique restera fondamentalement la même.

      • onrigoleplus
        onrigoleplus répond à Lucius Sergius
        artisan
        • Posté à 06h16 le 26/02/2010
        • Internaute 64576
          artisan

        Je n’ai jamais vu d’enfants qui ne voulaient pas apprendre. Qu’ils aient moins le goût de l’effort, c’est sans doute vrai. La télévision y a sans doute beaucoup contribué, c’est un loisir passif et les élèves en difficulté sont aussi ceux qui passent le plus de temps devant le petit écran.

        Je trouve que vous prenez le problème par le mauvais bout, en voyant les conséquences et non les causes. Les mômes qui ne ficheraient rien parce que les combines payent mieux ou les fils à papa sont une minorité.

        Prenez un enfant en échec dès le CP, il a dû mal à maitriser la lecture et perd pied très vite dans les classes suivantes. Il s’accroche quelques temps et face à son échec, finit par abandonner. Au collège, il est déjà bien trop tard. C’est aussi simple que cela.
        Même un adulte aurait du mal à rester motivé, alors pensez un enfant !

        La seule solution est une prise en charge très précoce, ce qui veut dire des classes à très petits effectifs et une vraie formation à la pédagogie des professeurs. C’est à ce prix, le reste n’est que littérature et renoncement.

         
        • Lucius Sergius
          Lucius Sergius répond à onrigoleplus
          Citoyen
          • Posté à 10h58 le 26/02/2010
          • Internaute 28239
            Citoyen

          « Il s’accroche quelques temps et face à son échec, finit par abandonner. »

          Ca, c’était il y a quelques années quand l’institution était encore un peu respectée. Dans les plus petites classes bien des enfants ont maintenant moult stratégies pour carrément ne même pas essayer, ou pour bâcler pour ensuite glandouiller, même en dehors de l’école c’est flagrant, ils ont bien compris que de toute façon ils sont les rois. C’’est sûr qu’ensuite ça devient très dur.
          Tout cela c’est un peu comme accuser les médecins de l’existence des maladies...

        1 autres commentaires
      • Squall Lionheart
        Squall Lionheart répond à Lucius Sergius
        Un message que les riverains (...)
        • Posté à 09h49 le 26/02/2010
        • Internaute 103509
          Un message que les riverains (...)

        « Ca fait 30 ans que l’institution, les profs, l’encadrement, le ministère, etc... se démolissent la santé et l’organisation à trouver des solutions pour “intéresser”, “impliquer”, etc... On ne compte plus les réformes, c’est inutile, ça change tous les deux ans. »

        Ce ne sont pas des réformes, ce sont juste des petites retouches souvent inutiles. Vous avez l’air de penser que l’école n’a pas arrêté de changer, mais franchement bien que ça bouge beaucoup dans les discours, l’école reste quasiment la même.

        Les programmes sont toujours surchargés, la pédagogie employée est toujours aussi passive (la pédagogie active, ça existe vraiment, pas en France, mais ailleurs), notre système de note est toujours aussi décourageant (je préfère vraiment le système anglo saxon, avec les « A », « B », « C », « D » et « F » ou d’autres systèmes similaires que notre système complétement pourri avec les notes sur 20), les élèves sont toujours aussi nombreux par classe et on laisse toujours à l ’abandon les élèves que l’on juge irrécupérable, etc .... Et pourtant, ces élèves que l’on abandonne sont obligés de rester scolarisé jusqu’à 16 ans, si on les garde dans le système éducatif il faut s’en occuper.

        Alors c’est vrai que si on écoute les politiques, on a l’impression qu’ils font tout pour que ça s’améliore, mais dans les faits y a pas grand chose qui bouge dans le bon sens.

        Après on peut toujours mettre l’échec de l’école sur le dos des parents, des enfants, de la TV, des jeux vidéo et d’internet, si on laisse tomber, c’est en effet beaucoup plus simple.

         
        • Lucius Sergius
          Lucius Sergius répond à Squall Lionheart
          Citoyen
          • Posté à 18h02 le 26/02/2010
          • Internaute 28239
            Citoyen

          En primaire on ne note justement pas sur 20, on utilise souvent des lettres ou des points de couleurs, on part un maximum d’expérience vécues ou de « projets », etc...
          La petite école actuelle est totalement différente de celle d’autrefois et a connu plus d’un changement. Les enseignants on fait, font et feront encore et encore et toujours preuve d’imagination pour apporter du nouveau, y compris et le plus souvent en dehors du strict ronronnement officiel, et il y a un bon paquet de mômes depuis quelques temps, de plus en plus, qui ne se sentent absolument pas concernés. On le voit parfaitement dans les assos, clubs sportifs, cours de musique, etc... Si en plus maman et papa les soutiennent dans leur façon d’être, c’est Byzance. En fin au moins dans les petites classes, parce qu’après le retard pris sera évidemment insurmontable, les écarts de niveau s’agrandissent de manière dramatique, et alors ça couine...
          Pour le nombre par classe, et, vu les conditions apocalyptiques, de fait l’abandon de gosses en difficultés *qui voudraient apprendre*, je suis tout à fait d’accord, c’est totalement inadmissible. Mais ces dernières années c’est justement l’alibi des nouvelles politiques et de nouvelles « méthodes », de « pédagogie différenciée » ont fait croire qu’on allait faire du sur-mesure à 30 ou 40 par classe et faire boire de l’eau à l’âne qui n’a pas soif, qui a permis d’aboutir à cette mascarade. Au moins officiellement.
          Je répète l’école est là pour transmettre quelque chose, au moins le minimum, lui demander de réparer de manière impérieuse et offusquée ce que d’autres secteurs ont laissé filer par « libéralisme » (intérêt et facilité : logement, niveau de vie, urbanisme, conditions sociales, acculturation, santé, etc...) en lui créant des conditions intenables, c’est tout de même fort de café. Ca permet de déresponsabiliser tout un tas de gens bien à l’aise dans leurs fromages, de dire que « le politique (ou n’importe quel pouvoir par ailleurs) ne peut pas tout » à bon compte. Mais c’est aussi grotesque et injuste que d’accuser son médecin d’être responsable de l’apparition de son cancer.

        • onrigoleplus
          onrigoleplus répond à Squall Lionheart
          artisan
          • Posté à 16h09 le 26/02/2010
          • Internaute 64576
            artisan

          Lors des conseils de classe, j’interpellais les professeurs et le principal lorsqu’ils décidaient du passage dans le niveau supérieur d’élèves complètement à la dérive ou en grande difficulté en maths et français (et en passant, après n’’y avoir consacré que deux ou trois minutes).
          Je comprenais difficilement leur décision, le gamin ne pouvait que s’enfoncer dans l’échec, je sais bien que le doublement n’est pas la panacée mais à ma question : que fait-on pour lui ? Ce sont leurs réponses qui me choquaient :

          - lui faire refaire une année ne sert à rien car ses difficultés sont trop grandes.Et ces propos sont tenus dès la SIXIEME !
          - ils n’ont pas les moyens nécessaires pour l’aider (en heures) et ne savent comment faire.
          - En cas de niveau insuffisant (sans être catastrophique), si l’élève a déjà un an de retard, c’est automatique, il passe.

          Lors d’un conseil d’administration, quand j’ai fait remarquer que ces enfants étaient « condamnés » à l’échec et que nous parents avions l’impression qu’on les poussait le plus vite possible vers la sortie, la principale m’a répondu sans même y mettre les formes :

          - ben oui, c’est ça.

          Il y a bien deux professeurs qui ont pris un air désolé, l’un d’eux m’a dit qu’il ne fallait pas penser qu’ils étaient insensibles à ce problème mais qu’ils ne pouvaient pas y faire grand chose.
          Pas un début de débat, on passe à autre chose.

          Je ne suis pas en train de faire le procès des professeurs, je relate juste les faits.

          • lancetre
            lancetre répond à onrigoleplus
            • Posté à 21h49 le 26/02/2010
            • Internaute 18658

            Une précision.

            C’est le chef d’établissement, et lui seul, qui prend la décision d’orientation.

            Le Conseil de classe ne donne qu’un avis.

            En d’autres termes : les professeurs qui ont noté, pendant toute l’année scolaire, des dizaines de travaux écrits de l’élève, n’ont qu’un rôle consultatif.

            Le principal, qui la plupart du temps n’a jamais vu l’élève, et qui en tout cas n’a jamais noté une seule de ses copies, décide souverainement.

            De toute façon, tous les enseignements adaptés aux élèves en difficulté ont maintenant été supprimés.Tous les élèves, quels que soient leurs résultats et leur comportement passent de classe en classe jusqu’en troisième.

            Les horaires d’enseignement ne cessent de se réduire.

            Il y a trente ans, un prof de français enseignait six heures par semaine, dont deux heures en groupe, dans chaque classe.
            Aujourd’hui, nous en sommes à 4 heures hebdomadaires de français, sans dédoublement.

            Et l’on nous amuse avec des malettes à mille euros !

            Alors, oui, vous avez raison : plus personne ne prend au sérieux ces mascarades que sont devenus les conseils de classe.

            Une seule obsession : en finir au plus vite, pour rentrer chez soi le plus tôt possible.

            Demandez-vous seulement comment on en est arrivés là.

            Comment se fait-il que tant de jeunes profs, motivés et dynamiques en début de carrière, soient totalement écoeurés et démotivés après quelques années ?

            • onrigoleplus
              onrigoleplus répond à lancetre
              artisan
              • Posté à 08h17 le 27/02/2010
              • Internaute 64576
                artisan

              Je suis entièrement d’accord avec vous, au sein de mon association je n’ai cessé de militer contre la suppression des heures d’enseignement.

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