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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Le juge star Garzon joue sa carrière face à ses pairs

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 26/02/2010 à 19h27


Le juge Baltasar Garzon se rend au Tribunal suprême de Madrid le 10 février (Susana Vera/Reuters)

(De Madrid) Ses enquêtes sur les crimes du franquisme, le terrorisme d’Etat et la corruption lui ont valu des ennemis de tous bords. Aujourd’hui, c’est la magistrat Baltasar Garzon qui se voit forcé de clamer son innocence. Et il pourrait bien, paradoxalement, être le premier condamné de l’histoire dans le dossier des disparus du franquisme.

Dans les pages du quotidien El País, il déclarait vendredi :

« Je continuerai, tant que je le pourrai, à travailler pour la justice. Je ne partirai pas. Je suis innocent et je vais le démontrer. »

C’est l’un de ses rares commentaires publics sur une tempête judiciaire qui pourrait conduire à une suspension imminente dictée par ses supérieurs, le temps que la justice tranche sur les trois plaintes déposées coup sur coup à son encontre. Son avocat, Gonzalo Martinez Fresneda :

« La charge symbolique d’une suspension, même temporaire, serait si lourde qu’elle mettrait fin définitivement à sa carrière de juge. Mais une telle décision peut se produire de manière imminente. »

Le juge irrite ses confrère depuis des années

Trop zélé et trop médiatique, le magistrat espagnol le plus célèbre hors de ses frontières dérange nombre de ses confrères plus discrets. Chez ses partisans, on explique :

« Ses soucis actuels avec la justice naissent d’une antipathie viscérale plus que de questions d’idéologie. »

Une irritation puissante qui aurait conduit les juges du tribunal suprême à juger recevables ces plaintes contre l’avis, à chaque fois, du parquet.

La plus symbolique d’entre elles comporte cependant un clair motif politique. Le juge Garzon est en effet visé par trois mouvements proches, ou clairement, d’extrême droite -le syndicat Mains Propres, la Phalange espagnole et le groupuscule Liberté et Égalité- qui l’accusent de « prévarication » pour avoir lancé une enquête sur les crimes commis pendant la guerre d’Espagne et les premières années du franquisme.

Ce qui revient à dire qu’on lui reproche d’avoir accepté d’enquêter, à la demande de familles de disparus, tout en sachant, entre autres, qu’il n’en avait pas la compétence -lesdits crimes auraient été absous par un loi d’amnistie votée en 1977, et qu’il y avait de toutes façons prescription, plus de soixante-dix ans après les faits.

Garzon : premier condamné dans le dossier des crimes franquistes ?

La prévarication implique également en Espagne qu’un juge émette une décision « absurde » qui ne peut être défendue par aucun argument juridique. Comme, selon ses accusateurs, lorsque le célèbre magistrat a réclamé les actes de décès de grands dignitaires franquistes morts depuis des lustres, y compris celui du Caudillo lui-même, pour vérifier s’ils étaient bien morts.

S’il est jugé coupable, il sera expulsé de son tribunal de l’Audience nationale et ne pourra plus exercer pendant entre douze à vingt ans.

Tous ces arguments sont rejetés en bloc par ses défenseurs, qui s’appuient notamment sur les conventions internationales signées par l’Espagne.

Les crimes franquistes ayant été commis dans un « contexte de crimes contre l’humanité » et les disparus enterrés dans des fosses communes n’ayant jamais été retrouvés et identifiés, la loi d’amnistie et la prescription ne tiennent pas, affirment-ils (l’acte de disparition forcée serait encore en cours, puisqu’ils n’ont pas été localisés, explique-t-on.)

De nombreux cas, certains menés par le juge Garzon lui-même, qui s’est justement rendu célèbre hors de ses frontières en ordonnant l’arrestation du Chilien Augusto Pinochet à Londres, vont dans ce sens.

D’autres grands magistrats internationaux, tel que l’ancien procureur du tribunal pénal international, Carla del Ponte, pourraient ainsi témoigner en sa faveur pour empêcher l’ouverture d’un procès, à condition que le tribunal suprême accepte la requête des avocats de Garzon.

El País dénonce « l’acharnement » du tribunal suprême

Le magistrat est également mis en cause pour avoir classé sans suite un dossier concernant le président de la grande banque espagnole Santander qui avait auparavant accepté de financer des séminaires organisés par Baltasar Garzon à l’Université de New York.

Le Tribunal suprême a enfin accepté jeudi de traiter une troisième plainte l’accusant cette fois d’avoir ordonné des écoutes illégales sur les conversations des avocats et leurs clients incarcérés dans le cadre d’une ample affaire de corruption qui secoue l’Espagne depuis un an et touche le premier parti de l’opposition.

La décision des sages risque cette fois d’invalider la totalité du dossier alors que le bien-fondé des écoutes est ici soutenu par un autre juge d’instruction chargé aujourd’hui d’une partie de l’enquête.

Mais l’avalanche de plaintes n’est pas le seul soucis du magistrat. Alors que l’on attend de savoir si les procès auront bien lieu, il court le risque, fatal pour sa carrière selon son défenseur, d’être suspendu par les juges du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, qui fait aussi office de « conseil de discipline » de la magistrature.

Ils en étudient en ce moment l’opportunité puisqu’il est mis en cause dans trois dossiers alors que cet organisme a plutôt coutume d’attendre que les juges impliqués soient assis sur le banc des accusés, voir jugés coupables, avant d’envisager leur suspension, assurent les partisans de la théorie du « Haro contre Garzon ».

Le quotidien El Pais n’a en tout cas pas hésité vendredi à parler « d’acharnement » pour qualifier les décisions du tribunal suprême sur les trois plaintes qui viseraient, selon son éditorial, à se « débarrasser » du juge-star, apparemment victime aujourd’hui de ses nombreuses inimitiés.

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  • tessnel
    tessnel
    parce que fraise des bois
    • Posté à 11h48 le 27/02/2010
    • Internaute 102897
      parce que fraise des bois

    Il serait grand temps qu’ils tournent la page et qu’ils s’occupent de leurs affaires... (celles d’aujourd’hui ) !
    Reste le devoir de mémoire.
    Je ne m’étonne plus de la lenteur de la justice...

    • deserteur
      deserteur répond à tessnel
      Service Athée
      • Posté à 14h01 le 27/02/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      non.
      la connaissance du passé éclaire le présent.
      pas d’ amnistie pour les crimes contre l ’humanité.
      Par exemple la liquidation physique de la majorité des instituteurs espagnols.

      • tessnel
        tessnel répond à deserteur
        parce que fraise des bois
        • Posté à 16h27 le 27/02/2010
        • Internaute 102897
          parce que fraise des bois

        Oui je suis d’accord avec vous, mais nous aurons toujours au moins 50 ans de retard...

    • ugo514
      ugo514 répond à tessnel
      • Posté à 21h57 le 27/02/2010
      • Internaute 55010

      la page est loin d’être tournée, il suffit de se balader en espagne pour voir de nombreuses rues portant le nom de « grands » franquistes. À santander la statue du caudillo n’a été déboulonnée qu’il y a quelques mois...

    • nore
      nore répond à tessnel
      in situ
      • Posté à 00h03 le 28/02/2010
      • Internaute 53953
        in situ

      Non on ne peut tourner la page sur ce genre d’exactions.
      Les crimes contre l’humanité doivent être imprescriptibles, la manoeuvre de l’oubli est trop facile.

      C’est d’ailleurs celle que voulaient mettre en place les putschistes au Honduras : des élections « démocratiques » pour faire oublier le coup d’état de l’été dernier et ainsi le valider implicitement. C’est plutôt réussi du côté des états, dernièrement l’Espagne a reconnu le nouveau président.

      De plus la vigueur de l’attaque contre le juge montre bien que la pensée franquiste n’est pas morte et qu’il n’y a aucun regret de la part de l’extrême droite espagnol, ce qui renforce mon avis sur le fait qu’il faille juger cette histoire quel que soit le temps que cela prendra.

      • tessnel
        tessnel répond à nore
        parce que fraise des bois
        • Posté à 00h09 le 28/02/2010
        • Internaute 102897
          parce que fraise des bois

        Je vous entends bien...

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 11h27 le 27/02/2010
    • Internaute 97292
      1ère version

    Il y a en france beaucoup d’espagnols qui ont fui le franquisme. Cette population n’a jamais exprimé publiquement son ressentiment envers les protagonistes de cette période qui fait tâche dans l’histoire d’espagne.

    L’amnistie ne suffit pas à refermer les plaies des familles de victimes de la dictature. Apparemment, l’espagne n’arrive pas à faire son deuil.

    Bien que le combat de ce juge soit juridiquement vain, il est assez sain qu’il permette aux espagnols d’en débattre sur la place publique.

    Je pense que les espagnols pourront tourner définitivement la page, quand toutes les facettes de cette période auront été visitées. C’est plus un travail d’historiens, d’écrivains, d’artistes et de journalistes, que les espagnols ont besoin, plutôt qu’une condamnation de quelques tortionnaires improbables.

    • alberich
      alberich répond à nanabel
      fumiste
      • Posté à 11h39 le 27/02/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      Par exemple, on pourrait débattre de la façon dont les rouges, à titre préventif, ont assassiné mon grand père ainsi que de nombreux autres officiers, au motif qu’ils étaient commandants de navires de la marine espagnole ?

      Ah on me dit que non, les seuls crimes sont franquistes n’est-ce pas ...

      • Boris Carrier
        Boris Carrier répond à alberich
        cogito ergo sum
        • Posté à 11h52 le 27/02/2010
        • Internaute 67367
          cogito ergo sum

        A ma connaissance, la loi de mémoire historique de 2007 ne fait pas de distingos entre les franquistes et les républicains.

      • nanabel
        nanabel répond à alberich
        1ère version
        • Posté à 11h54 le 27/02/2010
        • Internaute 97292
          1ère version

        Votre exemple est tout à fait pertinent. Il serait bien, effectivement qu’on en parle. Le devoir de mémoire permet de ne pas oublier l’histoire et il serait tout aussi criminel de laisser se devoir aux seuls historiens qui tenteraient, pour des raisons obscures, de minimiser, voire d’occulter des faits qui mettraient en cause le pouvoir exécutif de l’époque.

        Il serait sain que les espagnols s’emparent de cette affaire pour demander toute la vérité sur leur histoire. Ce ne sont pas les témoignages qui manquent. Et à force de se taire, on finit par oublier.

      • expat
        expat répond à alberich
        • Posté à 13h17 le 27/02/2010
        • Internaute 25627

        Nous avons tous des griefs contre des revolutionaires ou contre-revolutionaires du passe, par contre nous sommes moins nombreux a savoir qu’un certain nombre d’habitants du village, executes pendant la guerre civile, reposent sous un champ ou pres d’une route que nous passons chaque jour, sans avoir le droit (il semble) de demander que leur mort soie reconnue et que leur corps aille reposer au cimetierre du village.

        Les vainqueurs ont beaucoup d’avantages et parfois quelques inconvenients comme celui d’etre designes en premier quand on attribue les executions a quelqu’un. Mais rassurez vous de nos jours la sympathie a change de camp vous n’aurez aucun mal a faire reconnaitre la criminalite des republicains espagnols. Ce serait encore mieux si ils etaient musumlmans mais on ne peut pas tout avoir.

         
        • alberich
          alberich répond à expat
          fumiste
          • Posté à 13h23 le 27/02/2010
          • Internaute 84604
            fumiste

          Vous savez vos « républicains » se massacraient très bien entre eux et sans Franco auraient peut-être même réussi à déclencher une guerre civile.

          Par ailleurs des musulmans étaient soldats dans les légions de Franco, Dieu seul ce qu’il leur arrivait si par malheur ils étaient fait prisonniers par les « républicains ».

        1 autres commentaires
      • deserteur
        deserteur répond à alberich
        Service Athée
        • Posté à 14h03 le 27/02/2010
        • Internaute 62084
          Service Athée

        Fumiste !

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 11h47 le 27/02/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    Inutile de polariser sur le dossier du franquisme, l’Espagne avait décidé de tourner la page de la guerre civile et de ses conséquences, il n’appartient pas à un juge de réécrire une histoire déjà contée.

    Qu’il s’explique sur le dossier Santander dans lequel il semble avoir le cul un peu merdeux.

    Qu’il s’explique également sur les écoutes illégales d’avocats qui constituent un viol flagrant des droits de la défense.

    Et ensuite on verra.

    • Boris Carrier
      Boris Carrier répond à alberich
      cogito ergo sum
      • Posté à 11h49 le 27/02/2010
      • Internaute 67367
        cogito ergo sum

      il y a eu deux poids deux mesures : d’une part les morts franquistes morts et enterrés dans la dignité, d’autre part les Républicains et opposants à la dictature jetés dans des fosses communes et officiellement disparus. Le juge Garzón est dans le droit fil de la « loi de mémoire nationale » votée au Parlement en 2007 qui prétend savoir ce que sont devenus les disparus et leur donner une sépulture. Cela permet aussi de faire un travail de réflexion sur le passé dont il reste encore à ce jour de nombreux témoins qui attendent que justice soit faite.

      • alberich
        alberich répond à Boris Carrier
        fumiste
        • Posté à 12h10 le 27/02/2010
        • Internaute 84604
          fumiste

        « d’une part les morts franquistes morts et enterrés dans la dignité »

        Petits détails :

        Personne ne sait si mon grand père était franquiste, il été assassiné à titre préventif, ainsi que nombreux de ses pairs, comme officier de marine. Moyennant quoi privée d’officiers la marine n’ a joué aucun rôle dans la guerre civile, les matelots assassins étant parfaitement incapables de diriger la manoeuvre ne serait-ce que d’un canoë.

        Effectivement, après l’avoir sorti de chez lui au petit matin et fusillé devant sa femme et ses enfants, la famille a eu loisir de lui donner une digne sépulture. C’est toujours ça de gagné pour la mémoire ...

        Quant aux disparus, c’est le lot de toute guerre, par ex.combien de disparus allemands sur le front de l’est ?

         
        • newuser
          newuser répond à alberich
          • Posté à 13h07 le 27/02/2010
          • Internaute 25621

          Si vous voulez on peut aussi parler de ma famille qui a morflé parce que « peut-être qu’ils ont eu ou pourraient avoir des contacts avec les rouges »... dans un petit village perdu à 250 bornes de Madrid.

          Bref dans une guerre civile c’est pas la peine de compter les points, y’a des abrutis et des exactions des 2 côtés, et ce sont souvent des gens hors des mouvements qui morflent.

          Par contre je trouve pas cela absurde de parler des crimes de Franquistes APRES leur prise du pouvoir. Dans ce cas on se retrouve non plus dans une situation de guerre civile mais bien d’une organisation dictatoriale qui organise la torture et le meurtre.

          Je ne dis pas que si les Rouges avaient gagné cela aurait été mieux, bien loin de moi de penser cela, mais en attendant seuls les Franquistes ont commis ces crimes (je répète après la prise du pouvoir, pour le reste entièrement d’accord avec vous sur l’absurdité de la guerre civile)

          • deserteur
            deserteur répond à newuser
            Service Athée
            • Posté à 14h07 le 27/02/2010
            • Internaute 62084
              Service Athée

            Rappel important : les rouges(et les noirs) ont défendu une République espagnole sortie des urnes !
            Les fascistes ont déclenché la guerre civile.

            • gora gu ta gutarrak
              gora gu ta gutarrak répond à deserteur
              Ikasle
              • Posté à 19h42 le 27/02/2010
              • Internaute 99577
                Ikasle

              ok mais ces memes rouges ont ensuite massacré les noirs avec les armes de Staline et anéantie la révolution. Une des cause de la défaite.

              PS : bien fait pour ce conar de Garzon ! Sale tortionnaire qui met les basques en prison à 600km de chez eux (pas que ceux de l’ETA) après les avoir laissé sous les mains de la Garde Civile(qui n’a pas éte réformé depuis la chute du Fraquisme ! ! ! !) ! ! ! ! ! ! ! Muerete cabron

              • deserteur
                deserteur répond à gora gu ta gutarrak
                Service Athée
                • Posté à 20h52 le 27/02/2010
                • Internaute 62084
                  Service Athée

                « ok mais ces memes rouges ont ensuite massacré les noirs avec les armes de Staline et anéantie la révolution. Une des cause de la défaite. »
                Bien sur sans contestation possible.

                Par contre l » ETA est indéfendable par ses méthodes nécessaires dans une dictature fasciste mais indéfendables dans une démocratie.
                (oui je sais la dictature du nombre des zombies et des imbéciles moi aussi ça m’énerve !)

                • gora gu ta gutarrak
                  gora gu ta gutarrak répond à deserteur
                  Ikasle
                  • Posté à 16h37 le 28/02/2010
                  • Internaute 99577
                    Ikasle

                  Un pays où les un parti politique est illégal pour ses idées est une démocratie ? Un pays où on interdit un journal parce qu’il est écrit en basque est une démocratie ? Un pays qui torture (déja 25 cas en 2010) est une démocratie ? Un gouvernement qui a crée le GAL et massacré des dizains de personnes (même des innocents) est une démocrate ? Un pays où on emprisonne des gens (et pas que les terrorristes) pour leurs idée est une démocratie ?
                  Un pays où les flics chargent dans n’importe quelle manifs (sans faire attention au enfants, aux personnes agée...) est une démocratie ? Un pays où les prisonniers politiques sont isolés et éloigné de chez eux est une démocratie ? Un pays qui assassine et fait disparaitre Jon Anza est une démocratie ? Un pays qui vient de faire passer une loi prolongeant la durée de prison pour les Etarras de dix ans alors qu’ils ont accomplie leur condamnation est une démocratie ? Un pays qui refuse l’autodétermination (ce qui est pourtant la base de la démocratie) est une démocratie ?

                  J’ ai des amis en prison et je peux te garantir qu’ils n’ont posé aucun paquet et qu’il n’appartiennent pas à l’ETA. T’as entendue parler de Segi ? je suis sur qu’on t’as dit que c’est l’école de l’ETA, c’est des conneries...
                  J’étudie à Bilbao et je peux de dire que si t’appelle ça démocratie, la démocratie c’est vraiment de la merde.
                  Personnelement je pense que l’ETA doit arreter, car là on est variment contre un mur plus fort que nous.
                  Faut pas croire ce que disent les média français et espagnol, ils sont pas objectif (normal ça les interressent pas que notre peuple se libère)
                  Tient d’autre sources :
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                  • ade7
                    ade7 répond à gora gu ta gutarrak
                    rock star
                    • Posté à 09h25 le 01/03/2010
                    • Internaute 49582
                      rock star

                    Aupa, ontxa ?

                    Ados naiz zurekin... . La torture existe toujours en Espagne, les assassinats politiques aussi. Moi aussi ça ma gonflé qu’on n’en parle pas dans les médias même soi-disant indépendants. Le manque de couilles flagrant des journalistes de l’Europe entière m’a vraiment énervé à la fermeture d’Egunkaria (quotidien en langue Basque) en février 2003 pour avoir osé dénoncé le pratique de la torture par la Guardia Civil - suite à l’article en question, le rédac chef a passé 5j au secret, comme la plupart des personnes suspectées d’appartenance à un groupe terroriste, pratique dénoncée par l’ONU.
                    Moi aussi j’ai des potes en prison, pour leurs idées, et qui n’ont jamais appartenu à ETA.
                    Je trouve aussi que Garzon est un mange merde, pour X raisons, que je ne me vois pas développer ici.
                    Mais penses tu vraiment que le problème d’Euskal Herria vient seulement de la France et de l’Espagne ? Pour Hegoalde, on n’existe même pas, à part exception. Toujours devoir prouver qu’on est euskaldun, sinon on est des gabatx. Même pour certains euskaldun d’Hegoalde, Iparralde, c’est la France... et j’en passe.
                    Plutôt que de pointer les problèmes qui viennent de l’extérieur, pourquoi ne pas régler ceux de l’intérieur de la société Basque ? Qu’on le veuille ou non notre pays sera toujours trilingue, et c’est à nous de le construire comme ça. La lutte armée ou même politique ne nous mènera nulle part, il faut aussi que la société civile basque, les nombreuses associations qu’il ya chez nous prennent leur indépendance vis à vis de la politique pour se consacrer au culturel : l’euskara, la musique, le cinéma en euskara etc...
                    Ca ne sert strictement à rien de bombarder nos festivals ou gau pasa d’affiche politiques, ça ne prêche que des convaincus, et ça fait fuir les autres qui en ont marre de voir que toutes les assos sont récupérée par la politique. Il y a aussi des mentalités à changer. Je supporte pas qu’on stigmatise qq’un qui ne parle pas l’euskara en besta, c’est hyper fréquent dans les buvettes : un type commande en français, il se fait remballer par la personne qui sert, tout ça parce qu’il ne parle pas l’euskara. Ce genre de comportement désolidarise totalement les autres à notre culture, parce que du coup ils se disent : « les Basques c’est des cons fermés d’esprit ». Et ça incite vraiment pas les gens de l’extérieur à apprendre l’euskara. C’est dommage non ?

                    Sachant qu’on obtiendra rien des politiques (même de Batasuna...) il me semble qu’il est plus important de nous focaliser sur notre culture, notre langue, créer un cinéma en euskara pour parler de notre pays, refaire de la musique (et pas des putain de Su Ta Gar et autre groupes d’abrutis) nous faire entendre, comme la Catalogne.

                    Ikusi arte

                    • deserteur
                      deserteur répond à ade7
                      Service Athée
                      • Posté à 20h32 le 01/03/2010
                      • Internaute 62084
                        Service Athée

                      bon ok les basques je vais m informer d avantage sur la répression en Espagne.(ma dernière indignation date du garrotage de Puig Antich...)
                      j ai eu un oncle dans les BI.
                      je suis favorables aux langues régionales aussi.
                      ex parisien à part m ’argot j’ai donc choisi l’esperanto.(je me suis fait traiter d utopiste indécrottable par l ami Zébulon).
                      bien que parfaitement pacifiste je vous salue fraternellement !

        • viva zebda
          viva zebda répond à alberich
          Ni maître, ni croquettes
          • Posté à 13h24 le 27/02/2010
          • Internaute 25029
            Ni maître, ni croquettes

          wikipédia vous inspire....
          (révolution espagnol)
          on y parle de ces officiers marins qui ont préféré abandonner leurs navire, et rejoindre les franquistes

          • alberich
            alberich répond à viva zebda
            fumiste
            • Posté à 13h38 le 27/02/2010
            • Internaute 84604
              fumiste

            Wikipédia ...

            « On y parle de ces officiers ... etc ... »

            Le tout sans sources bien entendu. Donc les officiers de marine ont tous rejoint les rangs franquistes pour y jouer les lieutenants d’infanterie, ce qui expliquerait que la république ait conservé les navires sans pouvoir les utiliser. J’ai bon là ?

            • newuser
              newuser répond à alberich
              • Posté à 19h50 le 27/02/2010
              • Internaute 25621

              Les bateaux peut-être mais Guernica s’est pas fait bombarder par des avions de tourismes que je sache.
              Faut pas non plus nous faire croire que finalement les Républicains étaient des salauds de première.
              Au départ ils se font attaquer par une junte militaire et non d’autres solutions que de faire appel au peuple pour se battre. Si c’est pas parce que la plupart des militaires on choisit leur camp...

              Alors peut-être moins dans la Marine mais en même temps à Madrid la Marine ça joue pas des masses.

              Pour parler de la Marine j’ai aussi l’exemple de mon grand-père qui a combattu pendant 39-45 dans la Marine Française. Et je dis bien combattu pendant toutes ses années. Il a notamment fini sur la Combattante et fait parti de l’équipage qui ramena De Gaulle.
              Donc cette Marine Française a été grande majorité très retive à la prise de pouvoir de Pétain (surement la guerre des armées) et a tenté de combattre au maximum les nazis... avant que les Anglais ne viennent péter une grande partie de notre potentiel marin à Toulon.
              Et comme le dit mon grand-père, même avec tous les bateaux en bon état, on aurait pas remonté la Seine pour récupérer Paris. Pour récupérer un pays, faut une force terrestre.

              Bref je comprends votre désarroi vis-à-vis de votre grand-père, le mien bien qu’encore vivant a subit des humiliations dingues pour un mec qui a défendu son pays pendant 6 ans en coulant 3 fois et se faisant plusieurs fois le Mur de l’Atlantique pour « pister » les défenses. Mais en attendant, la guerre en Espagne part d’un délire de militaires sous les ordres de Franco et ses idées fascistes. Et oui les exactions existaient et oui certains militaires ont péri pour rien, mais n’oubliez pas que les gens se sentaient attaqués par ces derniers et les combattaient pour garder leur liberté.
              Encore désolé pour votre grand-père

              • CN46400
                CN46400 répond à newuser
                • Posté à 21h23 le 28/02/2010
                • Internaute 36656

                « Donc cette Marine Française a été grande majorité très retive à la prise de pouvoir de Pétain (surement la guerre des armées) et a tenté de combattre au maximum les nazis.. »

                Bof, la Marine française ne dépare pas du reste de l’armée.

                « avant que les Anglais ne viennent péter une grande partie de notre potentiel marin à Toulon. »

                à Mers el Kebir, à Toulon la marine s’est sabordée lors de l’envahissement de la zone « libre » ( nov 42)

                • newuser
                  newuser répond à CN46400
                  • Posté à 22h20 le 28/02/2010
                  • Internaute 25621

                  Vous êtes surement plus précis que moi, mon grand-père refusant de rentrer dans les détails... trop douloureux.

                  Merci pour les précisions.

    • rumpus
      rumpus répond à alberich
      friend/unfriend
      • Posté à 16h50 le 27/02/2010
      • Internaute 96441
        friend/unfriend

      « l’Espagne avait décidé de tourner la page de la guerre civile et de ses conséquences, il n’appartient pas à un juge de réécrire une histoire déjà contée. »
      Faut être gonflé !
      Il est dit dans l’article qu’il enquête sur des crimes de guerre à la demande des familles de victimes.
      –––––––––––––––-
      Pour le rôle de la marine espagnole pendant la guerre civile, voici un extrait de LA GUERRE D’ESPAGNE de Antony Beevor (Calmann-Lévy) :
      (Je précise le contexte : le coup d’état militaire est parti du Maroc où était stationné le gros de l’armée espagnole)
      (p.115)
      « Le plan du soulèvement militaire accordait à la marine un rôle clef. Ses navires étaient nécessaires pour transporter l’armée d’Afrique jusqu’en métropole. Cela avait été élaboré à l’avance entre le général Franco et des officiers supérieurs de la flotte, au cours d’exercices navals près des Canaries. Les bâtiments de guerre devaient se rendre à toute vapeur au Maroc espagnol dès le déclenchement de l’insurrection. »

      Dans la suite du texte, il est expliqué qu’un sous-off télégraphiste a intercepté un message de Franco qui révélait la tentative de coup d’état, cette découverte a permis aux loyalistes de prendre le contrôle de la flotte, parfois au prix de combats entre équipages et officiers, comme sur le Jaime I.
      Mal barrés, les franquistes ont été sauvés par Hitler qui a fourni des avions Junker 52, pour ce que Beevor appelle « le premier grand pont aérien de l’histoire ». Des navires de guerre allemands dont l’Admiral Scheer sont également venus escorter des transports de matériel du Maroc vers l’Espagne.

    • Anabase
      Anabase répond à alberich
      chti
      • Posté à 00h12 le 28/02/2010
      • Internaute 48813
        chti

      « Inutile de polariser sur le dossier du franquisme, l’Espagne avait décidé de tourner la page de la guerre civile et de ses conséquences »
      Quand un ministre décrète une amnistie pour son parti, la situation n’est pas réglée . Quand des corps sortent des charniers , l’histoire donne des hauts le coeur aux vivants.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 11h48 le 27/02/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Des pairs indéboulonnables, eux !

    La mort de Franco n’est pas suffisante, il faut attendre la mort des franquistes.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 12h05 le 27/02/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Vivement la fin du franquisme ! ! !

  • jerry.commanche
    • Posté à 13h28 le 27/02/2010
    • Internaute 63891
      quidam

    Le juge Garzon est un fumiste. Oui il est devenu un « héro » en trainant ou en cherchant à trainer Pinochet devant le tribunal. Résultat : nul. Même politiquement.

    Car PInochet n’était qu’un exécutant du coup d’Etat de 1973 au Chili, coup manigancé et organisé par les USA. Plus particulièrement, une des grosses huiles de la CIA, Frank Carlucci de nom, était LE manitou qui avait en charge le dossier chilien. L’idée de ce coup était celui de la présidence US, notamment de Henry Kissinger.

    Or lorsque Garzon a lancé son charabia contre PInochet, Carlucci était encore (ou peut être venait juste d’en prendre sa retraite) le chef de Carlisle Group, un gigantesque mastodonte financier qui embauchait d’anciens leaders de plusieurs pays (y compris Bush sr., le britanique John Major et d’autres lumières encore).

    Pourquoi ce Garzon n’a-t-il pas fait monter la mayonnaise contre Carlucci et Kissinger ? Ils sont encore vivants. Et toujours en train de conseiller les grands et puissants comment blesser, tuer, éliminer, ou simplement plumer.

    Garzon n’y avait pas pensé ? POurtant tout ca était connu de longue date. Il avait plutôt la pétoche, oui ! Il rappelle ce procureur argentin actuel de cette Cour criminel international qui s’amuse stupidement à accuser le président soudanais de génocide, mais tremble de peur devant les responsables ds tueries en Iraq, en Palestine. Un million d’iraquiens de morts depuis 2003. Un autre million ou presque entre 1991 et 2003. Tout ca pour que américains, britanniques, israéliens et quelques autres puissent mettre en place un régime qui leur plait !

  • holala
    holala
    Ingenieur
    • Posté à 13h42 le 27/02/2010
    • Internaute 61543
      Ingenieur

    Trois plaintes en cours pour le juge Garzon : il derange beaucioup de personne. Plaintes de l extreme droite, plainte du « caso Gurtel », corrupcion du principal parti dopposcion en Espagne...
    Le probleme c que les juges du tribunal supremem etes les memes il y a quelques annes c dire qui ils avaiente allegeance a Franco, evidemment ils sont pas tres intereses pour juger les crimes du franquisme....

    Si Garzon est condamne , l Espagen se sera converti en une republique bananiere....

  • Léon_
    Léon_
    Chef d'entreprise
    • Posté à 14h00 le 27/02/2010
    • Internaute 104078
      Chef d'entreprise

    Première remarque : « face à ses pairs ». On dira ce qu’on voudra de Garzón, on dira ce qu’on voudra de ses adversaires, n’empêche qu’en Espagne ce sont des juges qui disent si un autre juge a bien ou mal fait son travail. Je ne sous-entends pas que ce système est « bon », mais je sous-entends qu’il est bien plus républicain que le contrôle politique qui existe en France.

    Deuxième remarque : « prévarication ». L’Espagne a tenté une forme absolument nouvelle de sortie de crise civile, avec la « transition démocratique ». Résumé : la lutte des classes dans les années 30 accouche d’une guerre civile (bloc fascistes + nationalistes + carlistes + catholiques vs bloc bourgeois + anarchistes + communistes + syndicats) , et d’une autre guerre civile dans la guerre civile (du côté républicain, ceux qui veulent d’abord gagner la guerre vs ceux qui veulent d’abord faire la révolution). Tout le monde perd. Le seul gagnant est un type qui n’est ni franchement une chose ni l’autre, qui accapare le pouvoir personnellement et qui blouse son propre camp tout en massacrant ce qui reste de l’autre. Dans ces conditions, que pouvait-il se passer à sa mort ? La formule « on oublie tout et on recommence » est typiquement une décision politique. Elle ne « fonctionne pas » parce qu’elle est politique : c’est une décision, un projet, qui ignore la réalité sociale (comment pardonner quand ton propre cousin t’a dénoncé comme « rouge » pour récupérer ton lopin de terre ? quand à 40 ans tu apprends que tu as été enlevé bébé de chez tes parents anarchistes et donné à élever par une famille national-catholique ?), mais en même temps c’était la seule option possible.
    Alors c’est normal qu’un juge sorte un jour les cadavres du placard (y en a, mais y en a !), et c’est normal aussi que ça mette très mal à l’aise.
    Ça fait partie du travail nécessaire à la reconstruction d’une nation qui a vécu le pire des conflits qui puisse exister. C’est normal que ça sorte maintenant : c’est la génération des fils qui approche de la retraite et qui ne veut pas partir avant d’avoir fait quelque chose pour les pères.
    Tout cela est normal : analyser, éclairer, comprendre, c’est bien. Condamner, juger à l’emporte-pièce « Il a tort ! » « Il a raison ! », c’est mal.

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 14h21 le 27/02/2010
    • Internaute 62084
      Service Athée

    Léo Ferré a toujours, comme tous les anarchistes du monde d’après 1936, eu un sentiment d’une virulence extrême pour l’Espagne et plus spécialement, pour cette Espagne de Buonaventura Durruti, d’Ascanio et de centaines de milliers de paysans et d’ouvriers anarchistes. Cette Espagne où on fut si proche d’une société débarrassée des gens de pouvoir – que ce soit celui de l’argent ou celui de la force, militaire, économique, politique ou étatiste. L’Espagne fut et reste – à cause cela – accrochée au cœur de l’Europe et en ayant sauvé notre honneur et notre espérance, même si après Tolède, Valence, Madrid, Barcelone, Bilbao, les loups sont entrés dans Paris.

    Dès le début, quand il commença sur scène (bien petite encore cette scène au bords de Seine), Léo Ferré crevait le cœur des gens avec ce Flamenco de Paris sorti tout droit du plus profond de l’exil.

    Cet exil si dur : les armes aussi bien que les trahisons sont venues à bout des révolutionnaires en avril 1939. Ceux qui restaient ont été torturés et fusillés par dizaines de milliers. Ceux qui ont réussi à traverser les Pyrénées au lieu d’être accueillis comme des héros de la liberté, finissent en France dans des camps d’internement – l’État Français allait bientôt se coucher sous la bête nazie. La Seconde Guerre mondiale éclate cinq mois plus tard ; les exilés espagnols rejoignent la Résistance partout où ils se trouvent et où on les a relâchés ; ailleurs, on les livrera aux occupants ou on les rendra à l’Espagne de Franco.

    La résistance clandestine à Franco se poursuivra jusque dans les années 1970, ainsi que la répression (quelques temps avant sa disparition, Franco fera encore garroter l’anarchiste Salvador Puig Antich).

    « Franco l’assassin », dira Pablo Neruda, le grand poète chilien, « Sois seul et en éveil entre tous les morts, et que le sang tombe sur toi comme la pluie ».

    Comme un écho à la chanson « Franco La Muerte » que Léo Ferré écrira des années après ce Flamenco de Paris, écrit en 1946.

    Chers compagnons et amis espagnols, jamais nous n’oublierons qu’ils vous ont massacrés vous, la justice et la liberté.

    Il faut écouter ce Flamenco de Paris – Toi, mon ami l’Espagnol, rencontré cet hiver, une fleur sur les lèvres... pour sentir toute la vibration (gigantesque, une guitare criant seule au cœur d’une vallée dans une nuit et un désert immenses...) que le cœur et le corps de Léo Ferré – et tant d’autres avec lui – ressentent à la seule évocation de la guerre d’Espagne... Uno crepacuore... Ricordiamo i fratelli Rosselli... (Carlo aveva fondato la Brigata Rosselli che combattette in Spagna) ammazzati per i fascisti francesi per conto di Mussolini... Un crève-coeur ... Souvenons-nous des frères Rosselli... (Carlo Rosselli avait fondé et dirigé la Brigade Carlo Rosselli qui combattit en Espagne contre les franquistes – fascistes modèle espagnol)... assassinés par les fascistes français pour le compte de Mussolini. On a d’ailleurs retrouvé les éléments du dossier dans les archives italiennes après la guerre.

    Léo Ferré
    FLAMENCO DE PARIS
    1946

    Tu ne m’as pas dit
    Que les guitares de l’exil
    Sonnaient parfois comme un clairon
    Toi mon ami l’Espagnol de la rue de Madrid
    Rencontré l’autre hiver une fleur sur les lèvres

    Je te n’ai pas dit
    Que les guitares de Paris
    Pouvaient apprendre ta chanson
    Toi mon ami l’Espagnol de la rue de Madrid
    Rencontré l’autre hiver une fleur sur les lèvres

    Et puis tu es parti
    Dans les rues de Paris
    Et tu ne m’as rien dit

    PACIENCIA ! ...

    Après le Flamenco de Paris avec lequel Léo ferré rencontre l’exil des Espagnols... Franco la Muerte.

    Quand en 1964, Léo Ferré écrit cette chanson, Franco est toujours en vie et pour longtemps... Il mourra un milieu des années septante. Souvenir personnel et agréable de Mârco Valdo M.I. : un soir, avec un ami et compagnon espagnol (catalan), nous présentions Mourir à Madrid aux élèves d’un établissement d’enseignement secondaire... quand au moment du débat, on nous annonça la mort de Franco. La salle croula sous les applaudissements et les Vivats !

    Franco, la Muerte t’avait rattrapé. On fit la fête !

    Au fait, si tu pouvais mourir une seconde fois....

    Juste un rappel, Franco a étouffé (écrasé, saigné, garroté...) l’Espagne pendant quarante ans...

    Elle a encore du mal à s’en remettre.

    FRANCO LA Muerte
    1964

    L’heure n’est plus au flamenco
    Déshonoré Mister Franco
    Nous vivons l’heure des couteaux
    Nous sommes à l’heure de Grimau

    Que t’importent les procédures
    Qui font des ombres sur le mur
    Quand le bourreau bat la mesure

    Franco la Muerte

    Tu t’es marié à la Camarde1
    Pour mieux baiser les camarades
    Les anarchistes qu’on moucharde
    Pendant que l’Europe bavarde2

    Qu’importe si l’Espagne est morte
    Entends la mort devant ta porte
    C’est Grimau3 qui te la rapporte

    Franco la Muerte

    Tu couches avec une Pénélope
    Qui tisse un suaire en bas de l’Europe
    Sur cette Espagne que tu stoppes
    En attendant qu’elle te chope

    L’important pour toi c’est que ça dure
    Toi tu fais pas de littérature
    T’es pas Lorca4, t’es sa rature

    Franco la Muerte

    Vienne le temps des poésies
    Qui te videront de ton lit
    Quand nos couteaux feront leur nid
    Au cœur de ta dernière nuit

    Cette nuit de la désirade
    Vers l’aube claire des grenades
    Et l’Espagne des camarades

    España la vida...

    marco valdo

    • Waledac
      Waledac répond à deserteur
      • Posté à 14h31 le 27/02/2010
      • Internaute 106915

      Buonaventura Durruti adorait étrangler les prêtres à l’aide de ses mains. C’était pour faire avancer la liberté.

      Les militaires marocains, les « maures “, faisaient griller les
      rouges façon méchoui.

      Hallal ?

      Viva la muerte !

      • deserteur
        deserteur répond à Waledac
        Service Athée
        • Posté à 14h42 le 27/02/2010
        • Internaute 62084
          Service Athée

        WIKIPEDIA : Durruti naît à León en Espagne dans une famille ouvrière. C’est un élève dissipé. En 1903, son père, membre de l’UGT (Union General de Trabajadores), est emprisonné pour participation à la grève des corroyeurs, qui revendiquent la journée de huit heures. En avril 1913, il travaille en tant que tourneur et entre à l’Union des métallurgistes. L’année suivante il est embauché comme cheminot.
        La grève de 1917 et l’exil en France [modifier]

        Durant l’été de 1917, l’UGT lance une grève à laquelle Durruti participe activement. Le gouvernement espagnol fait appel à l’armée pour faire cesser cette grève ; plus de 500 travailleurs sont tués ou blessés, et 2 000 grévistes sont emprisonnés sans procès légal ou juste. L’armée aurait ainsi, d’après un observateur, « sauvé le pays ». Durruti est de ces jeunes saboteurs pyromanes. Le syndicat les désavoue et ils sont licenciés. En septembre il se réfugie à Gijón, puis, toujours recherché, passe en France.

        Durant son exil, jusqu’en 1920, Durruti travaille à Paris comme mécanicien. Il y rencontre Sébastien Faure, Louis Lecoin et Émile Cottin ainsi que des anarchistes espagnols exilés militant à la CNT. Puis il est persuadé d’aller à Barcelone pour y organiser les travailleurs.
        La CNT [modifier]

        A Barcelone, avec Joan García Oliver, Francisco Ascaso et d’autres anarchistes, ils fondent Los Solidarios (Les Solidaires). Des membres de ce groupe essayent sans succès de tuer le roi d’Espagne : Alphonse XIII. En 1923, le groupe est impliqué dans l’assassinat du cardinal de Saragosse Juan Soldevilla y Romero en représailles de l’assassinat du militant Salvador Seguí. Durruti et Oliver s’enfuient en Argentine.

        Durruti revient à Barcelone en 1931 (avènement de la Seconde République), et devient un militant influent à l’intérieur de deux des plus grandes organisations anarchistes d’Espagne à cette époque : la CNT (Confederación nacional del trabajo) et la FAI (Federación anarquista ibérica). En 1932 et 1933, il participe aux insurrections menées par la CNT contre le gouvernement républicain de Manuel Azaña.

        Il vit pauvrement avec sa compagne Mimi, enceinte de leur fille Colette. Selon la militante de la CNT Federica Montseny, « la prestance de Durruti, sa voix de stentor, sa manière de s’exprimer, simple et accessible à tous, exercent sur les masses une puissante attraction. García Oliver est persuadé de lui être supérieur, mais les camarades et le peuple en général préfèrent Durruti, devinant intuitivement la bonté de son coeur et la droiture de son caractère. »
        Le jeune Durruti
        La guerre [modifier]

        Travaillant étroitement avec ses camarades, Durruti aide à la coordination de la résistance face au coup d’État militaire. Le 24 juillet 1936, il mène plusieurs milliers de « guérilleros » (plus tard connus comme la Colonne Durruti) de Barcelone vers Saragosse. Après une brève et sanglante bataille à Caspe, la colonne s’arrête à Pina de Ebro. Sur les conseils d’un officier régulier de l’armée, employé comme « conseiller technique » et malgré la conviction de Durruti, l’assaut de Saragosse est remis à plus tard, ce qui est peut-être une erreur : Saragosse ne sera jamais reprise par les républicains. En fait, en libérant rapidement tout le nord de l’Espagne, ce qui supposait de commencer par cette ville, la révolution sociale aurait pu progresser en même temps que le front antifasciste ; mais c’est précisément ce que les staliniens, qui contrôlent de plus en plus le gouvernement républicain de Madrid, voulaient éviter[1].

        La mort de Durruti

        Après avoir été persuadé, début novembre 1936, de mener une colonne de combattants à Madrid, attaquée par les franquistes, Durruti y est blessé grièvement et meurt quelques heures plus tard. Les circonstances exactes de sa mort restent incertaines. De toute évidence, ce n’est pas une balle franquiste qui l’a tué. Les communistes ont fait courir le bruit qu’il aurait été abattu par un de ses hommes en raison de son supposé « autoritarisme ». Certains accusent le PCE qui lui était - il est vrai - hostile. D’autres encore envisagent un dysfonctionnement de son arme. On suppose généralement, sans preuve tangible, que la balle d’un de ses lieutenants l’aurait atteint accidentellement.

        Le corps de Durruti est transporté à travers le pays jusqu’à Barcelone pour ses funérailles. Plus de 250 000 personnes défilent pour accompagner le cortège funéraire jusqu’au cimetière de Montjuich où il est inhumé.

        C’est la dernière démonstration publique à grande échelle de la force des anarchistes pendant la guerre d’Espagne.

        La colonne Durruti

        La formation créée par Durruti ne disparaît pas après sa mort ; elle est maintenue pendant toute la guerre civile, avec la dénomination officielle de 26e Division, commandée (en 1939 au moins) par Ricardo Sanz.

  • Waledac
    • Posté à 14h23 le 27/02/2010
    • Internaute 106915

    Sans la guerre « civile “ d’Espagne, la France n’aurait pas connu
    Christine Bravo et Isabelle Alonzo : deux chances pour la République.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 14h28 le 27/02/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Allez je m’autorise un copier coller
    tellement l’article qui suit éclaire la chose

    La peau du juge Baltasar Garzon

    Jean Ortiz, Maître de Conférences à l’université.

    pourquoi les Élites espagnoles veulent-elles laisser impunis les crimes du franquisme ?

    Les « organisateurs de l’oubli », belle formule du poète argentin Juan Gelman, sont à l’œuvre. Ils veulent en finir avec le juge Baltasar Garzon. La menace imminente de « suspension » de l’emblématique et turbulent juge concerne tous les démocrates. Elle relève d’une opération de basse vengeance, de lynchage d’un juge reconnu dans le monde entier comme indépendant, rigoureux et courageux. Elle constitue une insulte pour toutes les victimes du franquisme. Il règne au sein de l’appareil judiciaire espagnol un climat de croisade contre les « hérétiques » et ces « rouges » qui relèvent la tête. L’ombre du franquisme, encore et toujours…

    La commission permanente du conseil général du pouvoir judiciaire a décidé unanimement de donner suite aux requêtes contre Garzón déposées par trois groupuscules fascisants, dont l’ex-parti de Franco  : Phalange espagnole. Ces fascistes, en toute liberté, veulent la peau du juge. Chacun le sait, il n’y a pas eu en Espagne d’« épuration » anti-franquiste, ni de mise en place d’une « commission vérité-justice-réparation » pour décréter illégaux les tribunaux d’exception franquistes et leurs sentences, pour poursuivre les bourreaux, etc. La loi de Mémoire historique du 31 décembre 2007 a marqué une avancée, mais bien tardive et timorée. Alors qu’aucun coupable des crimes contre l’humanité n’a été inquiété, celui qui a voulu que justice passe se retrouve sur le banc des accusés, pour « prévarication ». Ahurissante inversion des valeurs  !

    En octobre 2008, le juge Garzón, saisi par de nombreuses associations, ouvre une instruction contre le franquisme et ses horreurs (près de 140 000 disparus, des milliers d’enfants volés…), qualifiées de crimes contre l’humanité, donc imprescriptibles. Cette initiative ramène la loi d’amnistie de 1977 à un chiffon de papier destiné à auto-amnistier le franquisme, à protéger son impunité. Un délit impardonnable pour les grandes forces politiques du pacte consensuel de la « transition ». Dès lors se met en marche une mécanique infernale pour liquider Garzon, dans un « extrême mépris des droits des victimes » selon Amnesty International. L’ordonnance anti-Garzon du juge Varela (3 février 2010) s’apparente davantage à une haineuse « sentence de condamnation » (El País du 8 février 2010), qu’à « une résolution en phase d’instruction ». Une étrange coalition contre nature s’acharne sur Garzon. Le juge instructeur, Varela, est proche de la vice-présidente socialiste, alors que le magistrat qui a engagé les poursuites pénales (Adolfo Prego) est un ultraconservateur qui préside la fondation néofranquiste Denaes (défense de la nation espagnole). Tous deux accusent Garzon d’avoir ignoré la loi d’amnistie  : une « ignorance inexcusable ». L’agressive magistrate Margarita Robles, du tribunal suprême, fut secrétaire d’État socialiste à l’Intérieur. La plupart des magistrats du tribunal suprême ont, à l’époque, juré fidélité à Franco. Ce drôle de consensus anti-Garzon traduit la tétanisation des élites face à l’avancée du travail de mémoire, à la remise en cause de la si peu « modélique » transition et à la revendication de la République, installée désormais dans le paysage. Cinquante-huit pour cent des Espagnols souhaitent que le débat monarchie-République soit rouvert. Mais aussi bien pour le Parti populaire que pour le PSOE, la République représente un lest qu’il faut bannir comme référent démocratique et comme perspective historique. L’exécution de Garzon vise à intimider tout le mouvement mémoriel et tous les partisans de la république. Défendre le juge dépasse les seuls enjeux judiciaires.

  • Waledac
    • Posté à 16h13 le 27/02/2010
    • Internaute 106915

    Le Maréchal Mohamed Mezian, Maroc :

    « Je ne regrette pas d’avoir tué des centaines de rouges.

    Sans le Caudillo et sans nous, l’Espagne serait tombée dans les

    mains de l’ogre Staline. “

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 16h20 le 27/02/2010
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    D’ici, on ne peut que soutenir l’initiative du juge Garzon, qui a montré à diverses reprises son désir de justice équitable et son indépendance face à l’éxécutif, notamment lors des attentats de Madrid en 2003, qui avaient coûté son poste de PM à Aznar.
    Mais on a le même souci en France bien que les faits soient moins graves.
    Que dire des freins sur les enquêtes concernant la mort de Boulain, les affaires fumeuses des HLM parisiens et des Hauts de Seine ou encore les délits d’initiés avérés dans l’affaire EADS où tous les protagonistes (y compris Lagardère, l’ami du président) ont été blanchis ?
    On pourrait poser la question à Halphen ou Joly...
    De toutes façons, dans notre belle nation, ce n’est pas un juge d’instruction que l’on veut faire taire, c’est TOUS les membres de ce corps en le supprimant discrètement et en enterrant le cadavre au fond du jardin.

    • Waledac
      Waledac répond à tweesty
      • Posté à 16h32 le 27/02/2010
      • Internaute 106915

      Madame Delmas-Marty, ex-Présidente du Syndicat de la Magistrature, a défendu, en son temps, la suppression du Juge
      d’Instruction.
      Si Sarko a des arrière-pensées, ça profitera à la gauche quand
      elle reviendra aux affaires. : -)

      • tweesty
        tweesty répond à Waledac
        Gaucher et contrarié
        • Posté à 16h35 le 27/02/2010
        • Internaute 83901
          Gaucher et contrarié

        Pourriez vous être plus explicite ?
        (svp)

         
        • Waledac
          Waledac répond à tweesty
          • Posté à 16h43 le 27/02/2010
          • Internaute 106915

          Oui, en deux mots :
          Un juge d’instruction politisé peut ennuyer un gouvernement - ou un mouvement - de droite comme de gauche.

        1 autres commentaires
  • ugo514
    • Posté à 22h00 le 27/02/2010
    • Internaute 55010

    il ne faut pas oublier les rouges et les anars immigrés en france qui se sont battus avec la résistance dans l’espoir de se débarrasser du fascisme espagnol.
    Seulement, après la guerre, les alliés ont préféré conserver un état fasciste plutôt que de courir le risque de voir un pays européen tomber entre les mains des communistes.

  • Bicket du Val-
    Bicket du Val-
    étudiant
    • Posté à 23h22 le 27/02/2010
    • Internaute 86238
      étudiant

    Je me demande si il y aurait un juge français assez courageux pour lancer un procès international contre la république française pour les crimes contre l’ humanité perpétrés par les troupes de la 1ère république à l’ encontre des populations civiles de Bretagne, de Vendée, de Provence, etc.. etc.. et qui se comptent par centaines de milliers, femmes, enfants et vieux compris..

    Ce serait marrant..

    Les descendants des victimes y ont droit.
    Un magnifique mausolée pourrait être élevé en leur honneur à Rennes avec l’ inscription suivante :

    AUX VICTIMES INNOCENTES DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE..

    • Anabase
      Anabase répond à Bicket du Val-
      chti
      • Posté à 00h35 le 28/02/2010
      • Internaute 48813
        chti

      le problème de la mémoire courte, les massacres en Algérie, territoire français, autour du huit mai 1945, de 1956 à1962, la guerre d’Algérie, de Madagascar, du Vietnam, du 17 octobre 1961 à Paris, la liste est longue des crimes dans la république, et la commune de Paris...
      rien de bien amusant.
      Au fait : les vendéens ont-ils protesté en masse lors de ces crimes ?

      • Bicket du Val-
        Bicket du Val- répond à Anabase
        étudiant
        • Posté à 09h48 le 28/02/2010
        • Internaute 86238
          étudiant

        Exacte. Toutes ces atrocités commises par les émules des cocos en Algérie, Madagascar, Vietnma, Cambodge, etc..à l’ encontre des civils indigènes devraient être dénoncés fortement par les juges du Tribunal International de La Haye et réclamer que les assassins toujours vivants soient traduit devant la justice internationale.

        Au fait, en matière de repentance, suite au courrier qu’ a adressé un professeur agrégé d’ histoire (la vraie..) , il serait bien que copie de cette lettre qui suit soit adressé à tous les consulats d’ Algérie en France..... Juste pour remettre les pendules à l’ heure.
        ––––
        Courrier exemplaire adressé au président algérien, Monsieur BOUTÉFLICA, par M. André SAVELLI, professeur agrégé en histoire au Val de Grâce.

        LETTRE à M. BOUTEFLIKA Président de la République algérienne.

        Monsieur le Président, En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !

        C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.

        Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères ; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I,
        p.36-37, 40, 45-46. 1382).

        Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi escla-vage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.

        Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de des-truction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se main-tenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.

        Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.

        Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.

        Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

        Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

        Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre armé-nien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre abo-rigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
        Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).

        Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste….. Il n’existait rien avant 1830. ! Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, ont été capitaux pour l’Etat naissant de l’Algérie.
        Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

        Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.

        Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés là 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépen-dance ou encore de religion ?

        Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S. Il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique, beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie.

        C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !

        Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -.

        La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie.
        Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ? En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

        Un citoyen français, André Savelli, Professeur agrégé d’Histoire au Val de Grâce.

         
        • Anabase
          Anabase répond à Bicket du Val-
          chti
          • Posté à 17h26 le 28/02/2010
          • Internaute 48813
            chti

          « ces atrocités commises par les émules des cocos en Algérie, Madagascar, Vietnma, Cambodge, etc..à l’ encontre des civils indigènes “
          de quels faits est ce qu’il est question ?
          La colonisation en Algérie, abondamment traitée, a certes créé une infrastructure mais au profit des colonisateurs qui avaient largement spolié la population, tout comme la guerre a été menée à leur profit exclusif, tuant au passage 30000 français et
          160000 algériens.
          Le refus de repentance des successeurs du colonialisme n’honore pas la France, qui par ailleurs n’a jamais cautionné le colonialisme.

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