American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

L'américain Wal-Mart se met au bio et divise les écolos

Publié le 03/03/2010 à 17h42


Une cliente de Wal-Mart en juin 2009 (Jessica Rinaldi/Reuters)

Le diable peut-il commettre des bonnes actions ? Aux Etats-Unis, le géant de la distribution Wal-Mart vient d’annoncer que ses fournisseurs vont diminuer de manière drastique leurs émissions de gaz à effet de serre. Lui-même, depuis quelques années, a sérieusement verdi son mode opératoire. Ses ennemis jurés se demandent s’ils doivent applaudir.

Premier employeur privé des Etats-Unis, Wal-Mart est devenu l’emblème de l’entreprise impitoyable, qui traite ses employés comme des semi-esclaves, les paye mal, s’arrange pour leur donner le moins possible de couverture médicale, et interdit les syndicats en son sein. Soyons juste : les autres grandes chaînes américaines, telles Sears, Target ou Home Depot, sont presque aussi horribles.

Le second plus gros groupe mondial de supermarchés est aussi le symbole de l’anéantissement des commerces locaux. Enfin, premier distributeur américain, Wal-Mart a favorisé la délocalisation de milliers d’usines américaines, incapables de produire aux coûts très bas imposés par la marque.

Le magasin préféré des chômeurs

En contribuant à la fermeture des usines locales, Wal-Mart est donc créateur de chômage. D’un autre côté, plus le chômage et la pauvreté s’accroissent dans le pays, plus les gens se fournissent chez Wal-Mart, où ils trouvent des produits abordables (l’équivalent français de Wal-Mart serait Auchan ou Carrefour, en moins cher).

Wal-Mart, Lucifer, Satan, même combat ! Sauf qu’en 2006, à un moment où l’Amérique grand public s’éveillait doucement aux vertus de la nourriture saine, Wal-Mart a ouvert ses rayons au lait, yaourts, beurre, fruits et légumes bio. Objectif : permettre aux plus modestes d’accéder à la qualité alimentaire.

S’en suivit une question embarrassante au sein de la communauté écolo : comment concilier une production durable de qualité avec les impératifs de rentabilité de l’agro-business ?

La réponse tombait un an plus tard : c’est difficile. Les deux principaux producteurs industriels de lait bio (qui ne fournissaient pas uniquement Wal-Mart) se sont fait allumer en 2007 par les autorités fédérales pour non respect des exigences liées au label « organic ».

Depuis, tant les producteurs que les distributeurs ont remédié aux plus gros défauts. Et Wal-Mart tire plutôt bien son épingle du jeu, comme en atteste la dernière partie du film documentaire « Food, Inc ».

Un comportement « écologiquement » correct

Aujourd’hui, les rayons frais de Wal-Mart, ainsi que d’autres chaînes de supermarchés, proposent non seulement beaucoup de bio, mais surtout de plus en plus de produits locaux, cultivés à moins d’une journée de route du magasin. En atteste cet article tout frais de la revue Atlantic Monthly, dont le journaliste est resté muet de surprise face à l’évolution de ce Wal-Mart honni par les gens dans son genre.

Sur le plan de son propre fonctionnement industriel, Wal-Mart a consenti de gros efforts pour économiser l’énergie, rogner les emballages, réduire ses transports, vendre de meilleurs produits, bref, pour avoir un comportement « écologiquement » correct. (Je ne sais rien de l’évolution de ses pratiques sociales.) Et le 25 février est tombé ce communiqué :

« Wal-Mart annonce qu’il se fixe l’objectif suivant : éliminer vingt millions de tonnes de gaz à effet de serre de toute sa chaîne de production d’ici à la fin 2015. Ce chiffre représente (...) l’équivalent du retrait du parc automobile de 3,8 millions de voitures sur une année.

L’empreinte carbone de tous les fournisseurs de Wal-Mart est bien plus large que la sienne propre, et sa réduction aura des conséquences importantes. »

Les émissions chinoises en baisse grâce à Wal-Mart

Si la Chine réduit ses émissions de façon significative, comme elle l’a promis à Copenhague, ce sera finalement en partie grâce à Wal-Mart, puisqu’une grande part de ses fournisseurs y sont installés. Le Wall Street Journal qualifie de « dérobade » l’initiative du distributeur :

« Wal-Mart confie à d’autres le sale boulot de réduire son empreinte carbone. »

Mais non, c’est justement ça qui est bien, proteste un membre du Environmental Defense Fund, l’association écologiste qui a aidé Wal-Mart à concevoir son plan :

« C’est au niveau des fournisseurs que tout se joue. Agir à leur niveau, c’est ce que Wal-Mart pouvait faire de mieux. L’entreprise va travailler avec eux pour réduire leurs émissions, ce qu’ils n’auraient sans doute pas fait si leur donneur d’ordre ne les y avait pas obligés. Les effets vont se ressentir partout.

Il faut voir ça aussi comme une réduction immédiate des émissions industrielles : Wal-Mart n’attend pas, immobile, que le gouvernement des Etats-Unis, ou le reste du monde, se décide. »

Cette vision optimiste prévaut chez une partie des environnementalistes. Sur le site GreenBiz.com, on se félicite :

« Il vaut mieux améliorer le fonctionnement de 10 000 usines dans le monde que simplement rendre les magasins Wal-Mart plus efficaces sur le plan de l’énergie. »

La révolution verte au prix de licenciements

D’autres sont autrement plus sceptiques. Tel Stacy Mitchel, auteure du livre « Big Box Swindle » (L’escroquerie des hypers), qui ne porte pas Wal-Mart dans son cœur :

« En focalisant sur ses fournisseurs, Wal-Mart détourne notre attention des implications pour l’effet de serre de son propre modèle économique.

Wal-Mart s’étend rapidement en Chine, au Mexique, et dans d’autres pays. Il y détruit l’économie de proximité, lui substituant un mode de consommation en hypermarché évidemment centré sur lui, extrêmement polluant. »

La critique la plus acerbe est à lire dans The New Republic, qui cite l’historien du travail Nelson Lichtenstein, auteur du livre « The Retail Revolution : How Wal-Mart created a brave new world of business » :

« Tout cela, c’est bien beau, mais ça ne cadre pas avec l’objectif de Wal-Mart, qui est d’offrir les prix les plus bas possibles. Les fournisseurs vont souffrir, et forcément ça va retomber sur leurs ouvriers. Nombre d’entre eux ne vont pouvoir réussir cette révolution écolo qu’en diminuant les salaires ou licenciant les travailleurs. »

Une opération pour mieux s’implanter chez les riches ?

Cet argument -plus d’environnement implique plus de chômage- est d’ordinaire l’argument classique de la droite, du monde patronal (lequel a beaucoup évolué)... et fut longtemps celui de la CGT.

Cet argument convient particulièrement au cas de Wal-Mart, qui tient mordicus à vendre ses marchandises à un prix inférieur à leur véritable coût, car dans ce cas, la valeur travail n’est bien souvent pas comptée.

Au delà de l’engagement civique admirable (si, si !) de Wal-Mart, voici ce qu’ajoute l’historien Lichtenstein :

« Les ventes de Wal-Mart n’augmentent plus, et l’entreprise a désespérément besoin de s’implanter dans des zones urbaines plus riches. Le développement d’une image plus écolo l’aidera à séduire de nouveaux consommateurs. »

En attendant, jetez un œil à cette vidéo (en anglais), intéressante même si conçue par Wal-Mart : « The secret life of sour cream » (La vie secrète de la crème fraîche).

Aller plus loin
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  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 17h48 le 03/03/2010
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    C’est là tout le problème de l’écologie : comment peut on applaudir une firme qui traite aussi mal ses salariés ?

    • damienl
      damienl répond à Atlantis
      Chercheur
      • Posté à 19h46 le 03/03/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      Attention aux clichés. On dit souvent que Walmart traite mal ses salariés mais il y a là une (grande) part de mythe. Si les employés étaient de vrais esclaves, il n’y aurait probablement pas 10 fois plus de candidatures que de postes disponibles, et ce même en dehors des périodes de crises et de pic de chômage. Il va de soi que, comparé à des jobs qui nécessitent un diplôme universitaire, travailler à Walmart n’est pas une sinécure. Mais il faut comparer ce qui reste comparable. Les gens qui travaillent là peuvent travailler chez les concurrents de Walmart, dans les fastfoods, à l’usine ou dans d’autres occupations difficiles (construction, etc.).

      Walmart est sans doute une des seules chaines qui permet à ses employés de prendre de véritables initiatives. Le simple employé peut ainsi par exemple adapter le prix des marchandises s’il estime qu’ il ne cadre pas bien avec les conditions locales. Si je me souviens bien, son scanner lui indique la marge de manoeuvre qu’il a. Il peut donc décider que le produit X sera en promotion cette semaine. Une telle automomie permet de se sentir valorisé : on n’est pas seulement un rouage ou un automate comme à l’usine mais on peut prendre de vraies décisions.

      Il faut également faire attention lorsque l’on dit que les usines ferment aux USA, etc. C’est vrai que certaines usines ferment et que l’on emploie moins de personnes mais, ces dernières décennies, le nombre de produits fabriqués aux USA a augmenté :

      Lien

      On ferme certaines usines tout simplement parce que la productivité a aussi augmenté. On a besoin de moins d’ouvriers parce que l’on est plus efficace. Ce qui est une *bonne* chose pour la société. Proportionnellement, Il y a également moins de gens qui travaillent dans l’agriculture qu’il y a 200 ans (combien de jobs perdus ?), mais cela ne veut pas dire que l’on serait plus riche si l’on interdisait les techniques modernes de production qui permettent de cultiver plus en utilisant moins de resources (y compris le labeur humain).

      • emiboot
        emiboot répond à damienl
        No Homs land
        • Posté à 13h36 le 04/03/2010
        • Internaute 81944
          No Homs land

        Tu as plutôt raison de dire « faites attention aux clichés » mais justement :

        « mais cela ne veut pas dire que l’on serait plus riche si l’on interdisait les techniques modernes de production qui permettent de cultiver plus en utilisant moins de resources (y compris le labeur humain). »

        Ca ne veut pas dire non plus qu’on se serait plus pauvre ou mal nourrit. Et on n’utilise pas moins de ressources - engrais, phytosanitaire, essence, tracteur - même si on produit plus, c’est bien là le drame : on faisant croire à des millions d’agriculteurs que le rendement est un but en soi, on a appauvrit les sols grandement, et à certains endroit, la couche arable (qq centimètres à peine de terre vivante) est tellement pauvre en micro-activité (bactéries notamment, indispensable à la transformation des minéraux en aliments pour les plantes) qu’avec ou sans engrais RIEN NE POUSSE. Pas très rentable quoi.

    • jupiton
      jupiton répond à Atlantis
      Etudiant, poil aux dents
      • Posté à 20h38 le 03/03/2010
      • Internaute 107426
        Etudiant, poil aux dents

      On ne peut pas applaudir une firme qui traite(rait) mal ses salariés, cependant il me semble qu’écologie et traitement des salariés sont deux choses distinctes.

      • Atlantis
        Atlantis répond à jupiton
        Etudiant apolitique
        • Posté à 21h00 le 03/03/2010
        • Internaute 39710
          Etudiant apolitique

        L’un me parrait nettement plus important que l’autre.

         
        • jupiton
          jupiton répond à Atlantis
          Etudiant, poil aux dents
          • Posté à 21h19 le 03/03/2010
          • Internaute 107426
            Etudiant, poil aux dents

          On est d’accord mais ce n’est en rien un problème lié à l’écologie (je te cite : « C’est là tout le problème de l’écologie »).

          • Atlantis
            Atlantis répond à jupiton
            Etudiant apolitique
            • Posté à 21h28 le 03/03/2010
            • Internaute 39710
              Etudiant apolitique

            Je me suis mal expliqué : ce que je voulais souligner, c’est que certains dresseraient des louanges à Wallmart en oubliant les conditions de traitements des salariés.

        2 autres commentaires
      • Yann56
        Yann56 répond à jupiton
        vie maritale
        • Posté à 00h28 le 04/03/2010
        • Internaute 2536
          vie maritale

        Eh bien moi au contraire je pense que les deux choses sont intimement liées, et qu’avoir une démarche écologique et n’avoir aucun respect pour ses collaborateurs ou les autres représentants de l’espèce humaine, qui est aussi l’une des composantes de l’écosystème de la planète terre est lourd de contradictions.

        Pourquoi chercher à sauver la ptite fleur du talus si l’on est pas capable de respecter son prochain ! ! !

         
        • jupiton
          jupiton répond à Yann56
          Etudiant, poil aux dents
          • Posté à 00h53 le 04/03/2010
          • Internaute 107426
            Etudiant, poil aux dents

          Je suis d’accord avec ta dernière phrase.
          Malheureusement s’ouvrir à l’écologie ça fait bien, regarde la droite en France qui s’approprie le débat de l’écologie : je trouve que c’est un exemple qui va bien avec ta phrase.
          Cependant je ne pense pas qu’on puisse être cohérent à 100% avec son idéal, ses idéaux : qui est ce qui ne s’est pas confronté à des contradictions ?
          C’est plus facile de ne pas se poser de question. Plutôt que de chercher à être cohérent, Walmart et d’autres vont préférer dire « regardez, on est écolo » sans savoir si c’est compatible avec leur façon de gérer leur personnel.

          • emiboot
            emiboot répond à jupiton
            No Homs land
            • Posté à 13h38 le 04/03/2010
            • Internaute 81944
              No Homs land

            Écologie et respect des gens vont de pair. C’est une démarche globale - et en parfait désaccord avec le principe Walmart, ou Auchan, ou Carouf... Faire croire que l’on peut faire l’un sans faire l’autre, ça c’est du marketing.

            • jupiton
              jupiton répond à emiboot
              Etudiant, poil aux dents
              • Posté à 23h19 le 04/03/2010
              • Internaute 107426
                Etudiant, poil aux dents

              Oui, oui ça va de pair. Beaucoup trop le dissocient, laissant de côté certaines valeurs pour faire place au marketing.

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 17h48 le 03/03/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Walmart...un géant de la distribution ! ..payant ses employés avec un lance pierre !
    Bon...c’est pas cher ! ..mais presque tout vient de chine !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h12 le 03/03/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Aujourd’hui les entreprises sont prêtes à faire absolument n’importe quoi pour améliorer leurs images : Vaincre la malaria ou le béribéri, engager 50 % de femmes homosexuelles noires et unijambistes, sauver Venise et la planète entière ou montrer leurs dirigeants affublés d’un nez rouge de clown ou de plumes d’autruches enfoncées dans le derrière

    N’ importe quoi SAUF une seule chose : payer correctement leurs salariés . Ça elles peuvent pas . Ça les rend malades de dégout rien que d’ y penser . Ça relève de la psychanalyse ..

    • PoG
      PoG répond à Numerosix
      Etudiant.
      • Posté à 19h27 le 03/03/2010
      • Internaute 70681
        Etudiant.

      Le problème étant que le fait de bien payer ses salariés ne véhicule pas une « bonne image », puisqu’évidemment, on va trouver « normal » qu’une société paye ses employés décemment (c’est de moins en moins vrai mais bon). D’ailleurs, avez vous jamais entendu parlé d’une société avec des conditions de travail exceptionnel ? Non. (Hormis google, avec l’ambiance détendu qu’ils essayent de véhiculer)

      Alors que le fait de mal payer, ca n’apporte qu’une image de requin, d’impitoyable, de dur en affaire, mais pas de réel connard à boycotter. Le bénéfice est supérieur à la perte...

    • Inpou
      Inpou répond à Numerosix
      J'enfonce le clou
      • Posté à 19h27 le 03/03/2010
      • Internaute 92671
        J'enfonce le clou

      « N’ importe quoi SAUF une seule chose : payer correctement leurs salariés . Ça elles peuvent pas . Ça les rend malades de dégout rien que d’ y penser . Ça relève de la psychanalyse .. »

      Eh oh ! Faut bien que les patrons s’en mettent plein les poches...

      • DBL8
        DBL8 répond à Inpou
        Retraité
        • Posté à 19h56 le 03/03/2010
        • Internaute 19562
          Retraité

        La question est : ont-ils besoin d’avoir une bonne image auprès des consommateurs OU des actionnaires ?
        Wal-Mart préfère les actionnaires, comme beaucoup !

         
        • Inpou
          Inpou répond à DBL8
          J'enfonce le clou
          • Posté à 22h07 le 03/03/2010
          • Internaute 92671
            J'enfonce le clou

          Bravo l’ami, tu viens de comprendre ce qu’est le capitalisme financier tout droit sorti des années 1980. Gloire à la Bourse ! Mort aux salariés !

          • DBL8
            DBL8 répond à Inpou
            Retraité
            • Posté à 13h26 le 04/03/2010
            • Internaute 19562
              Retraité

            Je me pose une question :
            est-ce que je m’exprime en Français courant, ou est-ce vous qui avez de gros problèmes de compréhension ?
            Je penche (sans tomber) pour la fin de la phrase. Mais je n’arrive pas me mette à votre niveau pour me faire mieux comprendre, dommage pour vous.

            • Inpou
              Inpou répond à DBL8
              J'enfonce le clou
              • Posté à 18h54 le 04/03/2010
              • Internaute 92671
                J'enfonce le clou

              Pourquoi m’attaquez-vous ? Je corroborais vos propos.

              • DBL8
                DBL8 répond à Inpou
                Retraité
                • Posté à 19h36 le 04/03/2010
                • Internaute 19562
                  Retraité

                Je ne l’ai pas pris de cette manière, j’ai compris le contraire. Ce doit dans ce cas être moi qui suis des difficultés pour comprendre ce qui m’est dit.
                Ce qui est fait est fait, mais je suis désolé de ne pas vous avoir compris ; je ferai plus attention aux réponses les fois prochaines.

                Bonne soirée.

        4 autres commentaires
  • zaichonok
    zaichonok
    bobo bio
    • Posté à 18h09 le 03/03/2010
    • Internaute 61156
      bobo bio

    ces entreprises sont des machines à faire du fric, et pour peu que les gens qui les dirigent soit intelligents (indépendamment de toute considération éthique entendons nous bien), ils verront où aller pour en faire de manière durable. L’écolo a la cote, ce type de revirement n’est donc pas si surprenant...

    le fait qu’ils aillent vers du local est clairement positif d’ailleurs, la pression sur les fournisseurs ça me parait un peu plus discutables, mais surtout le point clé : la pression sur les prix.
    dans ce modèle, ce qui n’est pas socialement viable, c’est de vouloir vendre moins cher que ça n’est. par leur omniprésence sur la distribution, (on a exactement le meme problème avec les centrales d’achats en France), ces boites là font la pluie et le beau temps pour les producteurs, et imposent leurs conditions. Quand ils jouent les prix à la baisse pour le producteur, le consommateur a l’impression à court terme au moins d’etre gagnant. Sauf que ce modèle est pervers, puisque la pression sur le producteur sur le prix est généralisée, et c’est un modèle qui baisse les salaires, soit directement pour les producteurs, soit indirectement via le chomage engendré par les délocalisations.

    Ils peuvent toujours se mettre au vert, ils restent au coeur d’un modèle social et économique parfaitement inéquitable ; c’est aussi un peu ce qui explique l’essor des « ventes directes » dans lesquelles le consommateur ne cherche pas que la qualité, mais retrouve le sentiment de payer pour le travail véritablement effectué.

    • Yann56
      Yann56 répond à zaichonok
      vie maritale
      • Posté à 00h39 le 04/03/2010
      • Internaute 2536
        vie maritale

      Et je rajouterai que ces baisses de rémunération du travail sont, en général compensées par des aides (directes pour le monde agricole, indirectes comme des allègements de charges pour les autres secteurs d’activité) qui sont en général financées par le contribuable (qui est aussi consommateur )

      Pour les alègements de charges , cela se fait sentir au niveau des organismes sociaux (CAF, Sécu) dont on nous dits qu’ils sont déficitaires sans avouer que si l’état qui en est le premier créancier commençait à payer ce qu’il doit (en compensation des allègements consentis) la situation serait bien moins dramatique que celle que l’on essaye de nous faire gober.

      De là à penser que les allègements de charges ont été le feu allumé sous la marmite d’eau dans laquelle se trouve la grenouille des organismes sociaux, de manière à amener ces derniers à disparaitre, ....

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h11 le 03/03/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Wal-Mart est peut être le Diable, mais le Diable n’est rien sans ses hordes de satanistes.
    D’accord pour blâmer la grande distribution, mais blâmons aussi les clients de cette même distribution... autrement dit nous mêmes qui préférons acheter le truc le plus dégueulasse juste parce qu’il est moins cher.

    Parce que les enseignes ne font que suivre la mode. Aujourd’hui la mode c’est d’avoir une image écolo et sympa avec la nature, et même si cela reste surtout de l’apparence, il faut quand même des actes pour prouver ce que l’on raconte.
    Il suffit de voir une caisse dans un supermarché, de plus en plus de produits estampillés bio sont achetés, du coup les supermarchés pour conserver leur clientèle sont bien obligé de suivre le mouvement et de vendre ce genre de produit, voire d’en faire de la pub.
    Et vu qu’aujourd’hui on dépasse le simple concept du bio pour que tout deviennent écologiquement correct, la grande distribution est bien obligé de s’y mettre pour surfer sur la vague marketing et ramasser le pognon.

    Et à la place des écolos, tant qu’à faire autant prendre un bel air hypocrite et dire que c’est un bon geste de la part de Wal-Mart, même si ça écorche la gueule. Cela incitera d’autres entreprises à faire la même chose avant le reste du troupeau pour se faire un coup de pub, et par effet de foule en mouvement tout le reste du système suivra.
    Ça ne sera pas la perfection, mais mieux vaut une légère progression plutôt que de rester sur place sous prétexte qu’on atteindra jamais la panacée.

    Et c’est exactement la même chose pour le côté social de la grande distribution, que ce soit leurs employés ou ceux de leurs fournisseurs.
    Si les gens se mettent à préférer des produits fabriqués par un smicard souriant plutôt que par un chinois exploité, que cela deviennent un effet de mode, les vendeurs suivront. Et comme d’hab ça commencera comme une chose un peu luxueuse pour les plus riches, et puis cela finira par être accessible pour tous.

    • yoms
      yoms répond à Keldan
      • Posté à 23h43 le 03/03/2010
      • Internaute 67829

      Tu as tout à fait raison Keldan.

      Eh oui qu’on le déplore ou on n’y change rien, aujourd’hui le rapport de force se construit dans la relation du consommateur au distributeur.

      Le bémol cependant c’est que le consommateur n’a pas toutes les armes non plus : quasi-monopole des grandes surfaces, moyens financiers parfois réduits, faiblesse de l’offre « éco-socio-équitable »..etc

      • Keldan
        Keldan répond à yoms
        Now future & karpe diem
        • Posté à 10h30 le 04/03/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Et pour noircir encore plus le tableau, il faut voir qu’il y a une différence entre le bio et le commerce équitable.

        Dans le premier cas, le consommateur achète pour lui même, pour être en meilleur santé.
        Dans le second cas, il achète pour les autres, puisque dans l’absolu qu’on fouette le paysan ou qu’on le paye bien, ça ne change pas ce qu’absorbe le client.
        L’homme étant par nature égoïste, il sera donc nettement moins interessé par le label « commerce équitable » que par le label « bio ».

        Même si on peut logiquement penser qu’un paysan heureux fait du boulot de meilleure qualité qu’un esclave, et qu’une étiquette « bouffe clean » peut aussi faire office d’étiquette « paysan content ».

         
        • yoms
          yoms répond à Keldan
          • Posté à 11h38 le 04/03/2010
          • Internaute 67829

          Simple mais efficace !

          Personnellement je trouve qu’on devrait aussi militer pour un « commerce équitable made in France » et proposer une rémunération juste à nos agriculteurs.
          Aujourd’hui nombre de producteurs de fruits et légumes français doivent vendre leurs produits à perte (ce qui ne gêne personne alors que c’est censé être illégal) aux grande surfaces qui nous les revendent beaucoup plus cher en profitant ainsi du fait que les gens ont pris l’habitude de faire toutes leurs courses dans ces temples de la consommation.

          Pourquoi ne pas mettre en place des systèmes élaborés de vente directe du producteur au consommateur ou bien une sorte de commerce équitable à la française, un label qui permettrait de s’assurer que les agriculteurs ont été correctement rémunérés pour le fruit de leur travail ?

          Le problème c’est aussi les lobbys agro-industriels et parfois les agriculteurs eux-mêmes qui sont encore dans une vision très FNSEA et pas du tout Confédération Paysanne pour grossir le trait...

          • Keldan
            Keldan répond à yoms
            Now future & karpe diem
            • Posté à 14h13 le 04/03/2010
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Le système de vente direct existe déjà pour les végétables, c’est ce machin d’AMAP avec des vendeurs qui portent des bonnets péruviens et des t-shirt du Che tout en écoutant Manu Chao : D
            Mais tant que ça se limite aux fruits et légumes, ça n’est que peu interessant.

            Car j’apprécie vraiment le concept de supermarché : un endroit où l’on trouve tout ce dont on a besoin, du moins pour les courses usuelles (les aspirateurs, les ordinateurs et les perceuses n’y sont pas nécessaires), où l’on est libre de changer d’avis en cours de route et où l’on ne paie qu’à la fin.
            Mais cela n’empêche pas qu’on puisse avoir la même chose avec un vrai boucher qui vend de la vraie viande, un rayon primeurs où le gars refourguent les produits locaux de diverses coopératives et même du PQ fabriqué en Bavière et acheminé par train, tous étant bien payés et engueulés avec le sourire.

            Mais bon, je me doute bien que cela coutera plus cher que ce qui est proposé actuellement, et risque donc de ne pas satisfaire ceux qui ont opté pour avoir trois gosses, quatre télés et deux voitures plutôt qu’un cabas à provisions équitable.

            Du coup il serait nettement plus efficace de créer ce label équitable à la française, genre le label Roger Dupont, et d’être vendu entre le Label Rouge qui sert à presque rien, le Max Havelar qui n’aide que les paysans du bout du monde (mais pour le café made in france j’ai un doute...) le bio qui se limite à la qualité du produit et le premier prix qui sacrifie tout à la valeur marchande.

            En plus un effet de mode incitera les enseignes à s’y mettre sérieusement, surtout les plus concernées comme les points de vente situées en zone agricole ou ouvrière et ceux dans les quartiers de la classe moyenne gauchiste.

            Et si cela marche, cela augmentera le pouvoir des chats des producteurs et fabricants, qui à leur tour pourront acheter ses produits, et par effet d’avalanche on verra surement apparaitre des supermarchés « équitables » comme on a vu apparaitre des supermarchés bio (en espérant qu’ils ne vendent pas du soja dans tous les produits : D).

            C’est clair que ça ne supprimera pas la misère du monde et qu’on entendra encore des types dire que c’est juste pour les bobos, ce qui sera vrai au début, mais au moins les bobos contribueront à réduire quelque peu cette misère.

            De toutes façons ce qui nous conduit dans cette situation pas très reluisante, c’est le marketing, la pub et tout ces trucs qui nous font consommer tout et n’importe quoi.
            Mais ce ne sont que des outils qui sont soumis à notre volonté, et on peut aussi bien s’en servir pour vendre l’enfer comme le paradis.

            • yoms
              yoms répond à Keldan
              • Posté à 15h58 le 04/03/2010
              • Internaute 67829

              Pour la création du label Roger Dupont !

              Pour ma part je me fournis dans une ferme grâce à un monsieur qui profite de ses allers et retours tous les 15 jours entre la campagne et Panam pour donner un coup de main à ses potes agriculteurs en transportant leurs marchandises vers la capitale.

              On est en train d’étendre le système à un paquet de potes et collègues, c’est pas une AMAP, pas de contrainte comme avec les paniers et pas obligé de se taper les bonnets péruviens et les bobos bonne conscience.
              Et en plus nos petits agriculteurs ont doublé leur salaire et ont embauché des jeunes handicapés du coin pour les aider.

              Et pis ça permet de constater que la demande est là. Du coup on paye pas les légumes bio plus chers que les « non-bios » et on aide des petits producteurs à survivre.

              Bien sûr c’est pas toujours très professionnel alors il y a des ratés, des fois il manque de trucs, des fois la livraison tarde un peu mais c’est quand même très satisfaisant.

              Seulement ça marche juste parce que le monsieur en question fait les trajets et en profite pour ramener les victuailles (légumes, fruits, miels, soupes, tartes, jus, compotes, confitures, lessive...etc). Pour le reste je vais au supermarché.

              Mais du coup on s’est mis à manger que des légumes de saison et on limite le reste des achats, il faut manger les fruits et légumes rapidement car il n’y a pas de conservateurs.

              Sinon mon père a mis en place un système de jardin d’insertion : on y embauche des Rmistes, des chômeurs de longue durée etc, et ils font pousser des fruits et légumes bios qui sont vendus par panier chaque semaine aux gens du coin (y a pas de bobos là-bas !).

              On crée de l’emploi, on réinsère et on bouffe bien pour pas trop cher non plus !

              Mais pour revenir aux AMAP il semblerait que les files d’attente soient bien longues pour pouvoir entrer dans une de ces coopératives et le système pourrait être plus développé, d’autre part certains en profitent pour faire payer le prix fort, c’est pas toujours très intéressant mais c’ets quand même vachement utile.

              Je suis tout à fait d’accord avec ton dernier paragraphe, il faut aussi faire évoluer les mentalités et casser cette dynamique de consommation à outrance et de trucs dont nous n’avons pas besoin en plus ! Mais là il y a du boulot ! Et pis ça risque de casser le système économique actuel... Alors y en a que ça fait flipper !

              Je me pose souvent la question de savoir si ces « alternatives » tiendraient le coup si elle ne se montaient pas en marge du capitalisme, si le système se généralisait est-ce que ça suffirait à nourri la population ?

              • Keldan
                Keldan répond à yoms
                Now future & karpe diem
                • Posté à 16h36 le 04/03/2010
                • Internaute 5164
                  Now future & karpe diem

                Je suis persuadé qu’on pourrait nourrir tout le monde sans trop pousser la production simplement en réduisant le gaspillage.
                Quand on voit la quantité de bouffe balancée sous prétexte qu’elle est invendue ou périmée, c’est assez énervant.
                Surtout qu’à notre époque on connait des dizaines de méthodes de conservation, tel que l’appertisation, la lyophilisation, la surgélation, la pasteurisation, la ionisation, le vide ou tout simplement la salaison et le séchage.

                Si on prends l’exemple des tomates, c’est dommage de n’en manger que pendant deux mois et de les jeter au bout d’une semaine, alors qu’il est si simple de les mettre en conserve. Et pour parfaire la filière, autant utiliser des bocaux en verre d’un format standard qui sont consignées.
                Autre exemple, la viande emballée sous vide ou dans un gaz neutre et congelé peut tenir des années. Donc si on ne la vend pas tout de suite, pas besoin de la balancer, et cela permet un meilleur contrôle des stocks, surtout qu’une vache en vie conserve sa viande elle même : D

                • yoms
                  yoms répond à Keldan
                  • Posté à 16h56 le 04/03/2010
                  • Internaute 67829

                  Des idées simples mais pleines de bon sens...

                  Et puis le coup de la vache en vie... ;)

        5 autres commentaires
    • Hibou_Myope
      Hibou_Myope répond à Keldan
      Criticologue
      • Posté à 17h56 le 05/03/2010
      • Internaute 84627
        Criticologue

      Tu oublies juste un truc : le fameux pouvoir d’achat.

      Le succès des supermarchés et des hard discount, ce n’est pas un simple effet de mode, de paresse intellectuelle ou de faiblesse morale.

      C’est juste que pour beaucoup de Français, le choix est très réduit : soit ils achètent les produits les moins chers possibles, soit ils arrêtent de payer le loyer.
      Mais acheter de bons produits, avoir un toit et avoir accès aux soins, pour nombre d’entre nous, c’est au mieux un luxe, au pire un rêve inaccessible.

      • Keldan
        Keldan répond à Hibou_Myope
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h06 le 05/03/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Mouais, le couplet misérabiliste je commence à le connaitre par cœur.
        Que certains soient dans la dèche, je le sais. Mais c’est loin d’être une majorité.
        C’est surtout que beaucoup lâche le minimum pour faire les courses afin de lâcher le maximum dans d’autres trucs qu’on pourrait qualifier de superflus.

        Et puis c’est comme toute nouveauté, au début c’est cher et ça intéresse surtout les plus aisés, en l’occurrence ceux qu’on appelle les bobos et autres trucs du genre. Et donc en étant vendu d’abord aux plus riches, les prix baissent et finissent par être accessible à tous.

        Prends l’exemple du bio, au début c’était dans les magasins spécialisés et les supermarchés un peu upperclass genre Monoprix. Maintenant Franprix et Lidl s’y mettent.

         
        • Hibou_Myope
          Hibou_Myope répond à Keldan
          Criticologue
          • Posté à 18h31 le 05/03/2010
          • Internaute 84627
            Criticologue

          « Le couplet misérabiliste », tu commences à le connaitre par coeur et visiblement ca t’irrite.
          D’autres le vivent, et c’est bien autre chose.

          Comme dirait Lombard : « Il faut arrêter cette mode d’être pauvre. »

        1 autres commentaires
  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 18h12 le 03/03/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    ce qui n’est pas acceptable c’est le modèle wal mart qui « assèche » la distribution locale et impose un modèle « tout auto »
    (enfin aux states, ils y étaient déjà)
    acheter a des producteurs à moins de 100km c’est bien
    (pauvre juppé l’effort qu’il fait avec ses cerises)
    mais le mieux c’est d’acheter au plus près de chez soi, on évite les déplacements, et mieux que l’economie d’essence on « economise » les infrastructures routières, mais en achetant hors hypermarché on preserve l’emploi

    un exemple pres de chez moi :
    le supermarché du centre ville a un gros rayon fruits et légumes qui nécessite qu’une mise en place le matin et une légère surveillance dans la journée
    quelques centaines de metres plus loin, au marché couvert, il y a un stand fruits et légumes qui emploient 5 ou 6 personnes
    les prix sont peu différents
    et au moins les produits ne sont pas tripoter toute la journée par tout le monde
    et le samedi j’achète au marché (pas couvert) a des producteurs locaux
    et ce genre de marché existe aussi a paris

    • damienl
      damienl répond à jyeden
      Chercheur
      • Posté à 19h48 le 03/03/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      Les supermarchés nuisent à certains commerces locaux mais pas à tous.

      Lisez Lien par exemple.

  • k-i
    k-i
    endimanché
    • Posté à 18h23 le 03/03/2010
    • Internaute 55073
      endimanché

    « L’américain Wal-Mart se met au bio et divise les écolos »

    Ben... euh... non.

    « L’américain Wal-Mart n’a rien fait » ou « l’américain Wal-Mart a communiqué »... et il aurait pu péter seul dans une cabane en bois au fin fond de l’Arizona que ça n’aurait pas fait moins de bruit.

    Et si les journalistes se fixaient une règle de dépollution de l’information : ne plus relayer les déclarations d’intention. N’examiner (et ne relayer) que les faits...

    Marre de se faire « commun-niquer ».

    « L’américain Wal-Mart se fout autant de l’écologie, que de ses employés ou ses clients, il a déclaré qu’il allait augmenter la pression sur ses fournisseurs sous prétexte d’écologie, en fait, il ne fait qu’annoncer un durcissement de la méthode qui a fait son succès et celui de toute la grande distribution »

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à k-i
      Binationale
      • Posté à 19h44 le 03/03/2010
      • Internaute 57
        Binationale

      Loin de moi l’idée de défendre à tout prix Walmart (où je n’ai mis les pieds que deux fois en dix ans, par conviction politique), mais ce n’est pas vrai que « Walmart n’a rien fait ».

      Ces supermarchés proposent depuis quelques années des aliments bios tout à fait corrects et peu chers, souvent produits localement. L’entreprise s’est vraiment attaquée à son bilan écologique. A présent, elle ANNONCE (oui, elle n’a fait qu’annoncer, mais ça date seulement d’une semaine) qu’elle entend mettre ses fournisseurs au même régime.

      Tout cela ne veut pas dire que Walmart est devenu fréquentable. Il me semble que je pose à peu près les données du problèmes, non ? Mais il est faux de dire que Walmart « n’a rien fait ».

      • k-i
        k-i répond à Hélène Crié-Wiesner
        endimanché
        • Posté à 20h03 le 03/03/2010
        • Internaute 55073
          endimanché

        Vous avez très bien dit tout le mal que vous pensiez de Wal-Mart. Je ne pense pas que vous le défendez mais que, trop prompte à vous jeter sur la proie, vous en oubliez qu’à ce stade, Wal-Mart a tout intérêt à faire parler de lui.

        D’autant que ses fournisseurs n’ont certainement pas un service de presse collectif et aussi puissant !

        Je suis allé voir la vidéo que vous mentionnez après avoir posté ce commentaire et ce que j’ai compris c’est que Wal-Mart a découvert un nouveau moyen de maintenir des prix bas : travailler localement et recycler (sic). Comme vous faîtes par ailleurs état de ses méthodes « humaines », je crains que ce ne soit qu’une manière de renforcer la pression sur les fournisseurs, ce que seule une enquête de terrain documentée pourrait nous aider à mettre au clair.

      • Yann56
        Yann56 répond à Hélène Crié-Wiesner
        vie maritale
        • Posté à 00h48 le 04/03/2010
        • Internaute 2536
          vie maritale

        Cocernant les produits « bio » évoqués, pour moi il y a une nette différence entre :

        une tomate qui du point de vue qualités intrinsèques ne comporte pas e produits chimiques de synthèse, issue d’un modèle agricole intensif qui bien que n’utilisant que des intrants phytosanitaires autorisés en « bio », n’en est pas moins particulièrement impactant sur l’environnement ;

        et une tomate issue d’un modèle d’agriculture plus respectueux de l’environnement dans sa globalité (pas d’intrants de synthèse, mode cultural peu gourmand en énergies, rotations de cultures permettant une régénération des sols et apportant une meilleure qualité phytosanitaire de ceux ci,... qui elle seule mérite à mon avis le qualificatif de bio.

      • hormheb
        hormheb répond à Hélène Crié-Wiesner
        neant
        • Posté à 07h35 le 04/03/2010
        • Internaute 43631
          neant

        C’est clair que vous ne defendez pas Walmart ! Et meme que je vois quelques idees recues bien franco-francais des qu’il s’agit de Walmart : magasins des pauvres !
        Si vous vivez aux USA, vous verrez tout de suite que c’est en fait le magasin de la middle-class. Si on veut etre honnete.
        Oui les employes de Walmart qui ont le minimum wage (smic en France) n’ont pas droit a l’assurance maladie reservee aux contre-maitres et cadres si on veut faire un paralelle avec la France. Ca on ne le dit pas !
        Et qui blamer lorsque la loi de l’etat ou se trouve le magasin autorise cela ? c’est walmart ? ou c’est aux citoyens de pousser pour elire ceux qui vont modifiez la loi ? eh oui il y a les lobbies ! et alors ?
        Walmart est le pure produit du modele social qui favorise le « libre marche ». ce monde ou actionnaires et profits passent avant tout.
        Donc pas la peine de tirer seulement sur le fruit, il faut peut-etre greffer l’arbre qui le produit.

        pour votre info :

        1/ les americains (pas seulement les pauvres) renouent avec Walmart :
        Lien
        2/ c’est des 2006 que Walmart a decide de passer au tout organique : Lien
        Et je suis d’accord avec vous que le consomateur vie cette transformation de walmart dont le motif premier est le profit (reduction de cout et augmentation des revenues en allant vers des nouveaux marches et produits promoteurs). L’amelioration de son image au passage n’est qu’un collateral du comment augmenter notre chiffre d’affaire au moindre cout.
        Par example, les yaourts Danone bio que j’achetais a un prix exorbitant chez « farmers market » (chaine bio), je trouve les memes chez walmart depuis au moins 2ans. Idem pour les oeufs, le lait, etc..
        La seule chose qui me gene chez Walmart, c’est qu’il sont les seuls ! et que bien souvent il y a pas de concurrence rapport qualite-prix. J’insiste sur qualite. car la aussi en france surout il y ale cliche walmart = sous-qualite. Non ! quasiment toutes les marques sont chez Walmart ( ca va de Nike ou ralp lauren a la marque chinoise inconnue) et tout ca moins chere que ailleurs. Les marques n’ont pas le choix car tres souvent aux USA, les seuls grands magasins du coin c’est Walmart !
        Pour finir, oui Walmart detruit les emplois alentours c’est vrai. Mais il faut aussi reconnaitre qu’il cree indirectement des emplois. En effet, un magasin walmart attire pas mal de monde et du cout il y autour de ce magazin des petits magasins qui font dans la coiffure, restauration, habillage pour enfants (un des points faibles de Walmart), bref tout ce que vous ne trouvez pas la-bas ou d’autres coupes ou choix d’articles existant chez Walmart. Le rapport emplois detruit/emplois cree est bien a faire.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 18h37 le 03/03/2010
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Du vert aux yeux comme alibi écolo pour un capitalisme qui ne veut que continuer à se gaver en se foutant pas mal de la planète et des con-sommateurs béats qui attendent.

    L’écologie républicaine pour tordre le cou au « capitalisme vert » :
    Lien

  • ec1-london
    ec1-london
    I fight poverty, i work...
    • Posté à 20h01 le 03/03/2010
    • Internaute 7771
      I fight poverty, i work...

    oups, erreur, desole !

  • smurf
    smurf
    Toulousain
    • Posté à 22h12 le 03/03/2010
    • Internaute 51105
      Toulousain

    Je ne fais pas confiance aux entreprises pour toute action philantropique, écologique, humanitaire...

    Les entreprises sont là pour faire du profit. Ils se trouve que parfois ce but coïncide avec des objectifs plus nobles :
    je fais une bonne action = je me donne une bonne image = j’attire de nouveaux clients = je fais plus de profits

    Après tout, pourquoi cracher dans la soupe ? Si cette action peut avoir un petit effet bénéfique tant mieux.
    En revanche, il ne faut pas oublier que c’est avant tout de la communication et que si ce n’est plus rentable ou plus à la mode, cela disparaitra aussi vite.

    En attendant, achetez local, allez sur les marchés (en privilégiant les producteurs si possible), limitez les nourritures industrielles.

    • adb421
      adb421 répond à smurf
      étudiant
      • Posté à 23h38 le 03/03/2010
      • Internaute 92526
        étudiant

      J’ai l’impression que personne sur ce mur n’a remarqué que pouvoir baisser les prix et mener une politique environnementale, ca allait forcement de pair.
      Walmart ne s’est pas découvert des principes éthiques, il a juste remarqué (au meme titre que de nombreuses autres multinationales) que en plus de foutre la pression au fournisseur, il fallait avant tout arreter le gaspillage des matières premières et de l’energie.
      Xerox éconolmise 80 millions par ans, Daimler et GM se mettent aussi a essayer de diminuer leurs factures d’énergie, ce qui en plus d’améliorer leur image, peut leur faire bénéficier d’écotaxe , c’est tout bénéf !

      Ca leur permet en plus d’anticiper les futures contraintes ( hausse du prix du pétrole, impots contraignants, prise de conscience des consomateurs) qui s’imposeront a eux d’ici peu.

      Il faudrait certes une refonte totale de la finalité même de ces entreprises mais on ne peut pas leur reprocher de commencer par arreter de gaspiller non ?

      ensuit

    • adb421
      adb421 répond à smurf
      étudiant
      • Posté à 23h38 le 03/03/2010
      • Internaute 92526
        étudiant

      J’ai l’impression que personne sur ce mur n’a remarqué que pouvoir baisser les prix et mener une politique environnementale, ca allait forcement de pair.
      Walmart ne s’est pas découvert des principes éthiques, il a juste remarqué (au meme titre que de nombreuses autres multinationales) que en plus de foutre la pression au fournisseur, il fallait avant tout arreter le gaspillage des matières premières et de l’energie.
      Xerox éconolmise 80 millions par ans, Daimler et GM se mettent aussi a essayer de diminuer leurs factures d’énergie, ce qui en plus d’améliorer leur image, peut leur faire bénéficier d’écotaxe , c’est tout bénéf !

      Ca leur permet en plus d’anticiper les futures contraintes ( hausse du prix du pétrole, impots contraignants, prise de conscience des consomateurs) qui s’imposeront a eux d’ici peu.

      Il faudrait certes une refonte totale de la finalité même de ces entreprises mais on ne peut pas leur reprocher de commencer par arreter de gaspiller non ?

      ensuit

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 22h27 le 03/03/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    Exemple caricatural du « capitalisme vert »...

  • marilouise
    marilouise
    chef
    • Posté à 23h21 le 03/03/2010
    • Internaute 107442
      chef

    Je ne pense pas qu’il y ait grand chose de bon dans Wallmart, pas la peine de chercher. Sauf peut-être ça : Lien

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 09h41 le 04/03/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    1.*wallmart ...« Soyons juste : les autres grandes chaînes américaines, telles Sears, Target ou Home Depot, sont presque aussi horribles. »
    Oui j’ai vu ces magasins durant 4 ans c’est une horreur : grand hangars, les gens y vont en 4X4, énormes caddies, gros bidons, packaging, gros produits (ex : des 5 litres de boissons sucrées, des gros bidons de lessives, detergeants, des livres aux kilos, des habits en vrac... »

    2. Faire du bio ne veut pas dire améliorer la qualité des produits qui est exécrables, le traitement des humains distributeurs est inhumaine. Les produits sont très restreints, ce sont des dépôts de malbouffe en grand sachet, de gélules pour s’auto-médicamenter, de détergeants d’une toxicité affolante. Le gouv. US n’a aucun pouvoir pour agir sur le lobbying agressif de cette chaine commerciale qui génère une précarité par son MONOPOLE. Monopoles de plus en plus flagrant aux US, pays qui vante le « droit à la concurrence ».

    3. » Le magasin préféré des chômeurs »
    Quand il n’y a que ça comme magasin, où voulez-vous qu’ils aillent ? L’article dit lui même que tout les commerces locaux, là où la richesse humaine, sociale, locale, alimentaire peut exister, à été détruit. J’ai vu et j’ai subi ça !
    A montréal plus d’un million de gens n’ont qu’un seul marché plus petit qu’un village de 500 habitants en France !

    J’ai vu la destruction de toutes les valeurs humaines et alimentaires avec l’installation d’un wall-mart au pied d’un monument historique à Mexico. c’est écoeurant de voir des choses comme ça. On sait où se situe et comment générer de l’intelligence territoriale et comment éviter que Wall-mart auto-entretienne son cycle : chomeur, médiocrité, précarité. Les wall-mart sont des indicateurs de faiblesse démocratique et leur implantation n’est pas un signe de progrès mais une conquête territoriale, une pollution pour déverser ses produits et externaliser ses responsabiltiés (refile le boulot et maltraitance hors son territoire...)

    5. L’hypocrisie du prix. Il n’existe pas aux USA une personne capable d’envisager de payer une poignée de dollars de plus pour manger sain. La malbouffe est déversée tel un camion poubelle directement dans leur bouche et ça ne les « gêne pas ».

    6. L’article parle de lait bio...encore faudrait il que ce soit du lait. Depuis 2007, l’équivalent en substance a été voté en amérique du nord. Il n’y a plus de lait dans le lait.

  • numeroSeptduvillage
    numeroSeptduvillage
    media-citoyenne et ecologeek
    • Posté à 09h47 le 04/03/2010
    • Internaute 83942
      media-citoyenne et ecologeek

    bonjour,

    « .... que Walmart traite mal ses salariés mais il y a là une (grande) part de mythe. Si les employés étaient de vrais esclaves, il n’y aurait probablement pas 10 fois plus de candidatures que de postes disponibles, et ce même en dehors des périodes de crises et de pic de chômage. »
    Mais faut se réveiller. Dans un pays touché par le chômage, les emplois précaires et la multiplication de petits jobs ils n’ont pas le choix. En france c’est pareil, il y a 200 CV pour un poste !
    Il n’y a donc rien d’extraordinaire à voir des gens postuler pour ces centres même s’ils savent qu’ils seront traiter en « esclave ».
    Et même en période de nom chômage il faut voir l’horreur du fonctionnement : le salarié n’a pas droit aux US. Ca menace le saint patronat.

    CE SERAIT BIEN DE VOIR DES MODELES DE DEVELOPPEMENT BIO, SANS OGM Ou autres qui VIENT d’ailleurs que les US dans une rubrique sur l’écologie. Les US ne sont pas un modèle du tout c’est pénible de devoir toujours subir ce qu’ils font alors qu’en France RUE 89 ne relaye pas ce qu’il se passe sur la QUALITE DE VIE ET DS PRODUITS EN FRANCE. MERCI

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 09h54 le 04/03/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Les écologistes n’ont pas attendu Wal-Mart pour être divisés quant à savoir si « l’écologie est soluble dans le capitalisme »...
    Je crois avoir entendu un certain Cohn-Bendit relativement favorable à la libéralisation des marchés et au jeu de la concurrence, pour la plus grande joie du NPA et du Front de Gauche qui n’en demandaient pas tant pour balancer des peux de bananes sous les pieds de la multitude de militants « écolos » n’ayant pas la même vision de l’écologie politique.
    Je comprends que DCB craigne un abus de situation dominante quand une société (fut-elle publique) se trouve en situation de monopole et impose son mode de production et ses tarifs, mais il serait temps qu’il explicite son discours afin que l’ensemble du mouvement ne soit pas taxé de « néo-libéralisme »...
    D’un autre côté, cette question permet de faire taire ceux qui s’obstinent à asséner que l’écologie n’est pas politique, que sa seule utilité est de planter des bacs à fleurs pour cacher les fumées des usines à poison.

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