American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Les « fémivores » : américaines, féministes ET écolos

Publié le 18/03/2010 à 12h57

Pour ces « féministes qui font des conserves », écologie et féminisme vont de pair. Elisabeth Badinter n’a qu’à bien se tenir.



Deux femmes jardinent dans un potager collectif (Andreas Duess/Flickr)


Une nouvelle espèce de féministes américaines est-elle en train de naître ? Le New York Times les a baptisées dimanche les « fémivores », et le nom galope désormais de forums en blogs, de radios en télés. La problématique est proche de celle soulevée par Elisabeth Badinter : l’écologie fait-elle régresser les femmes ?

Fémivores, locavores et autres...

Pourquoi « fémivore » ? A cause d’« omnivore » : ce vocable est en vogue depuis le livre essentiel de Michael Pollan, « The Omnivore’s dilemna » (« le dilemme de l’omnivore »), qui a généré aux Etats-Unis une réflexion intense et très populaire sur l’alimentation, l’agriculture, l’agro-alimentaire. Depuis, on qualifie aussi de « locavores » ceux qui mangent des aliments produits localement.

En toute logique, « fémivore » devrait signifier : qui mange des femmes. Mais la journaliste du New York Times, Peggy Orenstein, auteure prolixe de livres faciles à lire sur la vie de ses jeunes concitoyennes, définit ainsi son néologisme :

« Le fémivorisme s’appuie sur les mêmes principes d’auto-suffisance, d’autonomie et d’investissement personnel qui poussent les femmes vers le monde du travail. Il se base aussi sur la prise de conscience aiguë (pour ne pas dire obsessionnelle) de l’origine et la qualité de notre nourriture.

Au lieu de s’enfermer dans les limites d’un de ces deux mouvements, les fémivores les imbriquent : nourrir leur famille avec des aliments sains et goûteux ; diminuer leur empreinte carbone ; produire de manière durable au lieu de consommer frénétiquement.

Qu’est-ce qui pourrait être plus vital, plus gratifiant, plus défendable moralement ? »

Des femmes très diplômées qui désertent le monde du travail

Je les observe depuis longtemps, ces femmes jeunes, appartenant à la classe moyenne ou supérieure, habillées dans ce style très américain ni négligé ni hippie, mais surtout pas à la mode, jamais maquillées, qui font leurs courses dans les supermarchés bios et fréquentent le « farmer’s market » (marché de produits frais) du week-end s’il en existe un dans leur ville.

Elles ont plusieurs enfants qu’elles trimballent partout et tout le temps, parce qu’elles ont souvent choisi le « home schooling » (école à la maison), et que chaque circonstance de la vie est une occasion de les instruire.

Avant, elles travaillaient, souvent comme avocates, architectes, professeures, médecins, cadres d’entreprise, et elles avaient des horaires de dingues. Elles se sont arrêtées pour se consacrer à leur famille, parce que ça leur arrachait le cœur de confier leurs petits à des baby-sitters ou des écoles formatées, parce qu’elles ne les avaient pas mis au monde pour ça.

J’en connais vaguement une ou deux, elles cultivent des potagers dans le jardin de leur grande maison (cela dit, moi aussi), elles élèvent de plus en plus souvent des poules.

Le travail salarié, c’est pas leur truc

Shannon Hayes est une de ces femmes ultra diplômées qui ont fait de brillantes études dans l’objectif de faire jeu égal -et même plus- avec les hommes sur le marché du travail et qui, un jour, ont compris que ce n’était pas leur truc.

Hayes, 35 ans, est aujourd’hui fermière. Elle vient de publier « Radical Homemakers », un manifeste pour « les féministes qui font des conserves ». Elle y dit que les femmes ont voulu se libérer de leur rôle traditionnel d’épouse et de mère en devenant salariées. Certaines se sont éclatées, beaucoup d’autres y ont vu une aliénation supplémentaire.

D’autant qu’entre temps est arrivée l’écologie, qui a ouvert les yeux du monde sur les méfaits du consumérisme, sur les dégâts planétaires générés par la société industrielle, sur les conséquences de la pollution pour la santé.

Hayes et son mari, tous deux très diplômés, n’ont pas vu l’intérêt de s’installer en ville pour gagner beaucoup d’argent et répondre à des « besoins » qu’ils ne ressentaient pas. Elle avait été élevée dans une ferme ; le couple en a repris l’exploitation.

Un mouvement naturaliste très féminin

Ce mouvement de retour à la terre (mais ça va plus loin que ça), aux Etats-Unis, est largement mené par des femmes. Pas par celles qui se contentent de faire du yoga et de scolariser leurs enfants à la maison. Par des femmes qui font de leur mode de vie une philosophie amenée à transformer, sinon le monde, au moins leur pays.

Un livre va bientôt paraître, «  Farmer Jane », qui raconte les vies et les projets de ces femmes-là, fermières, mères, chefs d’entreprise, cuisinières, toutes militantes, qui entendent concrètement changer la façon dont on mange et on produit. Toutes des féministes. Fémivores ?

Je reviens à ce qu’écrit Peggy Orenstein dans le New York Times :

« Les fémivores estiment qu’être capable de se nourrir et de s’habiller par soi-même quelles que soient les circonstances, de transformer le manque en abondance, c’est s’assurer un solide filet de sécurité.

Après tout, qui est la mieux armée pour faire face aux coups durs de l’économie aujourd’hui ? Une femme avec un gros salaire qui perd son boulot du jour au lendemain, ou celle qui produit tout elle-même et peut compter sur ses poules pour manger ? »

Certes, vu comme ça... même Elisabeth Badinter ne pourrait pas être contre. D’autant que Shannon Hayes précise une chose importante : le foyer ne peut être le centre de tout, du travail et de la vie, que si « les maris sont impliqués à parts égales ». En clair, pas de domination de l’homme sur la femme.

L’écoféminisme, un concept plus politique

Maintenant, il faut savoir qu’une autre perspective, proche mais nettement plus politique, existe aux Etats-Unis depuis les années 80 : l’écoféminisme. Dans le livre qui porte ce titre (« Ecoféminisme », Maria Mies et Vandada Shiva, L’Harmattan), les auteures le définissent ainsi :

« En plus d’un concept de lutte critique, l’écoféminisme était et reste un concept qui ouvre la perspective d’une société et d’une économie qui ne seraient pas fondées sur des colonisations de tous genres : celles des femmes par les hommes, de la nature par les êtres humains, des colonies par les métropoles. »

Altermondialiste avant l’heure, les écoféministes ont déjà beaucoup approfondi le sens de leur mouvement et décelé des différences entre elles :

« Aux Etats-Unis, apparemment, les écoféministes insistent davantage sur le “spirituel” qu’en Europe. [...] Les féministes “spirituelles” estiment que leur sphère politique est celle de la vie quotidienne, de la transformation des relations fondamentales, même si cela ne se passe que dans de petites communautés. »

Il est possible que le « fémivorisme », pour l’instant assez ras-des-pâquerettes, finisse par trouver ses analystes de fond, ses théoriciennes politiques, et qu’il rejoigne l’écoféminisme au panthéon des « gender studies » étudiées dans les universités américaines. Pour l’heure, ce n’est encore qu’un mode de vie.

  • 31453 visites
  • 387 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Fondriest
    Fondriest
    http://spermufle.wifeo.com/
    • Posté à 12h59 le 18/03/2010
    • Internaute 49865
      http://spermufle.wifeo.com/

    Bonjour l’essentialisme...

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à Fondriest
      diptère
      • Posté à 15h30 le 18/03/2010
      • Internaute 45466
        diptère

      z
      z
      Des femmes qui ont compris que leur véritable liberté passait par le rejet du capitalisme, des centres commerciaux, des biberons, du salariat, de la course au pouvoir et au quota débiles, voilà qui me semble être des féministes véritables.

      Quand on les regarde, on se dit qu’elles ne sont pas le genre à acheter des sexe-toys.
      z
      z

      • Fondriest
        Fondriest répond à La mouche du coche-
        http://spermufle.wifeo.com/
        • Posté à 15h39 le 18/03/2010
        • Internaute 49865
          http://spermufle.wifeo.com/

        pouet
        prout

        Je pense que Lally vous répondrait mieux que moi, d’ailleurs elle l’a fait plus bas.

        crac
        boum
        hue

         
        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Fondriest
          diptère
          • Posté à 16h39 le 18/03/2010
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          Que ces femmes soient bourgeoises ne dénaturent pas à mes yeux leur propos : elles ont le droit d’être bourgeoises et intelligentes.
          z
          z

          • Fondriest
            Fondriest répond à La mouche du coche-
            http://spermufle.wifeo.com/
            • Posté à 17h32 le 18/03/2010
            • Internaute 49865
              http://spermufle.wifeo.com/

            x
            y

            Je pense que vous n’avez qu’un niveau superficiel de compréhension des arguments de Lally. Sinon, les centres commerciaux, le biberon, le salariat, ont représenté un outil d’émancipation pour les femmes, leur permettant une alternative au labeur du foyer et de la maternité dans lequel ces bourgeoises américaines rêvent de replonger.


            $

            • La mouche du coche-
              La mouche du coche- répond à Fondriest
              diptère
              • Posté à 17h36 le 18/03/2010
              • Internaute 45466
                diptère

              z
              z
              « les centres commerciaux, le biberon, le salariat, ont représenté un outil d’émancipation pour les femmes, »
              L’intérêt de cet article est qu’il vous raconte précisément et exactement le contraire : aurez-vous le courage de quitter vos idées toutes faites et de le lire en cessant de ricaner ?
              z
              z

              • Fondriest
                Fondriest répond à La mouche du coche-
                http://spermufle.wifeo.com/
                • Posté à 17h44 le 18/03/2010
                • Internaute 49865
                  http://spermufle.wifeo.com/

                ping
                pong

                Je pense que votre aversion pour la société de consommation vous aveugle et que vous ne voyez pas les aspects rétrogrades du mode de vie proposé par ces éco-féministes de droite.

                ding
                dong

                • La mouche du coche-
                  La mouche du coche- répond à Fondriest
                  diptère
                  • Posté à 17h53 le 18/03/2010
                  • Internaute 45466
                    diptère

                  z
                  z
                  Je les vois autant que vous, mais à la différence de vous je les adore.
                  Si vous trouvez que votre Iphone, votre patron et votre centre commercial vous rendent heureuse, c’est votre choix, et je vous laisse volontiers votre avant-gardisme de publicité. Ces féministes ont visiblement des visées plus hautes et que vous ne pouvez atteindre, pas grave.
                  z
                  z

                  • Waphy
                    Waphy répond à La mouche du coche-
                    Intermittent du travail
                    • Posté à 18h40 le 18/03/2010
                    • Internaute 89688
                      Intermittent du travail

                    Bof, mon Iphone n’est que mon téléphone... le jour où mon téléphone me rends heureux je me poserai quelques questions...

        6 autres commentaires
      • lilialbazar
        lilialbazar répond à La mouche du coche-
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 00h05 le 19/03/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        il n’y a pas de vrai ou faussesféministes il y a juste des femmes et des hommes qui disent non au machisme.

         
        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à lilialbazar
          diptère
          • Posté à 08h06 le 19/03/2010
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          Les femmes qui n’aiment pas les hommes tels qu’ils sont se retrouvent seules.
          z
          z

          • lilialbazar
            lilialbazar répond à La mouche du coche-
            travailleure sociale à Toulouse
            • Posté à 23h31 le 19/03/2010
            • Internaute 36758
              travailleure sociale à Toulouse

             ? et alors ?

            • La mouche du coche-
              La mouche du coche- répond à lilialbazar
              diptère
              • Posté à 23h38 le 19/03/2010
              • Internaute 45466
                diptère

              z
              z
              Et bien c’est triste. Votre désamour des hommes est triste. Moi je suis joyeux parce que j’aime les femmes.
              z
              z

              • shyvs
                shyvs répond à La mouche du coche-
                situation personnelle
                • Posté à 10h25 le 20/03/2010
                • Internaute 107126
                  situation personnelle

                Si tu aimes les femmes bats toi avec elles contre le machisme

                • La mouche du coche-
                  La mouche du coche- répond à shyvs
                  diptère
                  • Posté à 10h56 le 20/03/2010
                  • Internaute 45466
                    diptère

                  z
                  z
                  Certainement pas. J’ai pensé comme vous pendant longtemps, me croyant « sympa ». Et je n’avais aucun succès.
                  Alors un jour j’ai décidé de faire l’inverse, je ne discute plus avec les femmes, je les drague, et maintenant ce n’est que du bonheur. Je suis moi-même et elles m’adorent (j’en ai plusieurs, c’est-à-dire 2). Je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. Ma virilité n’est plus négociable.
                  Essayez et vous verrez : offrez-vous un bon gros lourd prévisible et velu, et vous verrez l’apaisement que cela procure quand il s’allonge sur vous. Vous ne penserez plus à rien, et vous connaitrez enfin le plaisir profond et réparateur.
                  z
                  z

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à La mouche du coche-
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 18h47 le 20/03/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                je ne comprends pas « mon désamour » des hommes d’où tenez-vous cela ?
                j’aime l’humanité toute entière, je ne vois pas en quoi le fait de dire non à un homme voudrait dire désamour. vraiment incompréhensible.

              • lilialbazar
                lilialbazar répond à La mouche du coche-
                travailleure sociale à Toulouse
                • Posté à 12h17 le 21/03/2010
                • Internaute 36758
                  travailleure sociale à Toulouse

                oh eh vous faites sans doute exprès mais je ne vous laisserais pas dire « mondésamourdes hommes ». c’est votre interprétation ! ! !
                dire non à l’indignité proposée par des comportements machistes c’est ne pas prendre les hommes comme ils sont ?
                Mon cher les hommes ne sont pas tous des machos il y en a beaucoup qui se respectent en respectant les femmes. heureusement sinon le sexe féminin n’existerait plus depuis longtemps.
                désolé mais je respecte toute l’humanité. tenez -le pour dit.

                • La mouche du coche-
                  La mouche du coche- répond à lilialbazar
                  diptère
                  • Posté à 12h39 le 21/03/2010
                  • Internaute 45466
                    diptère

                  z
                  z
                  Bof. Votre « respect » est un fait de l’indifférence. vous parlez de « respecter » les hommes comme on dit « respecter une femme » c’est-à-dire ne pas la toucher. Je préfère l’honorer.
                  z
                  z

                  • lilialbazar
                    lilialbazar répond à La mouche du coche-
                    travailleure sociale à Toulouse
                    • Posté à 16h52 le 21/03/2010
                    • Internaute 36758
                      travailleure sociale à Toulouse

                    je pense que la femme est capable de choisir ! ! ! ! ! ! ! ! ! maintenant si vous vous prenez pour un taureau c votre problème.........

                    • La mouche du coche-
                      La mouche du coche- répond à lilialbazar
                      diptère
                      • Posté à 17h10 le 21/03/2010
                      • Internaute 45466
                        diptère

                      z
                      z
                      Choisir bien sûr, mais c’est tellement plus agréable d’être choisie, avouez. ; -)
                      Pourquoi changer les rôles ? Dans le fond je n’aime que les rituels. La nouveauté n’a pas d’épaisseur. Je préfère la joie annoncée à l’avance comme le renard qui demandait au petit Prince de venir à intervalle régulier pour qu’il ait le temps de se préparer à être apprivoiser.
                      z
                      z

        10 autres commentaires
    • D en haut on voit loin - d en bas on voit mieux
      • Posté à 19h59 le 18/03/2010
      • Internaute 64132
        artiste
  • ysengrimus
    • Posté à 13h02 le 18/03/2010
    • Internaute 12674

    Cette novelle tendance réformiste-essentialliste tend à le confirmer. Il est de plus en plus observable qu’il existe un féminisme de droite

    Lien

    Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir…

    Paul Laurendeau

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 13h05 le 18/03/2010
    • Expert 51226
      professeur

    « Je les observe depuis longtemps, ces femmes jeunes, appartenant à la classe moyenne ou supérieure, »

    Cette seule phrase montre que le féminisme essentialiste ne concerne que des bourgeoises aisées qui n’ont aucun souci d’argent ni pour elles ni pour leurs familles.

    La réalité des femmes d’aujourd’hui le plus souvent précaires et régulièrement touchées par le chômage, n’a strictement rien à voir avec ces privilégiées.

    Problème : ces féministes essentialistes écolo tentent d’imposer à toutes les femmes leur vision bourgeoise (retour de l’idéologie patriarcale de la femme au foyer) sans du tout comprendre qu’une femme aujourd’hui dans l’immense majorité des cas, doit travailler pour assurer son logement, sa nourriture, ses soins de santé et ceux de ses enfants. Le seul salaire masculin ne suffit plus à faire vivre un couple et encore moins une famille. Même avec quelques aides sociales.

    • Tyb
      Tyb répond à lally
      (par ici, par là)
      • Posté à 13h12 le 18/03/2010
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      J’allais à peu près le dire

      « Le travail salarié, c’est pas leur truc »

      par contre ça doit clairement être celui de leur mari, sinon c’est un nul un looser je suppose.
      si en plus il gagne moins de plusieurs dizaines de k$ par an alors là...

      • lally
        lally répond à Tyb
        professeur
        • Posté à 13h26 le 18/03/2010
        • Expert 51226
          professeur

        Tout à fait. C’est un discours de femmes aisées qui n’ont pas envie de travailler parce que monsieur gagne suffisamment pour les mettre à vie hors de toute précarité, de toute misère. Et elles pensent dans leur petit confort, qu’il faudrait étendre ce système à toutes les femmes...
        On retrouve ce type de discours aujourd’hui y compris en Europe chez beaucoup de femmes aisées. Exception faite de femmes aisées âgées s’étant battues pour l’égalité des droits et les droits des femmes. (Halimi, Badinter chez nous par exemple).

        Mais ce qu’elles ne comprennent pas ces féministes essentialistes, c’est que leur discours est un discours de classe. Un discours bourgeois qui nie la réalité majoritaire, réalité majoritaire de femmes confrontées malgré un travail salarié à la précarité, au chômage, au manque d’argent, aux fins de mois difficiles, au manque d’accès aux soins de santé.

        Ca me donnerait envie d’emmener ces femmes essentialistes bourgeoises dans bien des bourgades mais aussi dans des quartiers pauvres de grandes villes où des femmes travaillent et élèvent leurs enfants sans avoir aucune espérance de toucher une retraite ou d’être jamais propriétaires de leur logement.
        Peut-être que ça déclencherait chez les essentialistes bourgeoises, un petit tilt pour réaliser la vacuité et l’invraisemblance de leurs positions.

         
        • Tyb
          Tyb répond à lally
          (par ici, par là)
          • Posté à 13h29 le 18/03/2010
          • Internaute 24914
            (par ici, par là)

          et c’est aussi un discours sexiste il faut le souligner :)

          • lally
            lally répond à Tyb
            professeur
            • Posté à 13h36 le 18/03/2010
            • Expert 51226
              professeur

            Tout à fait.
            Mais le plus drôle ou pourrait-on dire le plus incroyable, c’est que bien des féministes essentialistes n’ont absolument pas conscience, qu’elles promeuvent le sexisme.

            Quand je dis à certaines qu’elles sont dans un discours de classe de grandes bourgeoises qui ne vaut pas mieux que le discours de Boutin, elles poussent les hauts cris comme si je disais une énormité.
            Il n’empêche que c’est vrai. Et que l’étiquette socialiste ou Europe Ecologie ou UMP dont elles s’affublent avec ce genre de discours ne les différencie pas du discours machiste et sexiste du FN et des partis de droite réactionnaire.

            J’espère que certaines vont en prendre conscience...comme on dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais bon...j’ai un peu peur que finalement, la seule chose qui les intéresse, soit leurs seuls intérêts et une avidité de pouvoir au plan politique.

            • Sacha25
              Sacha25 répond à lally
              • Posté à 20h41 le 18/03/2010
              • Internaute 24877

              Qu’elles promeuvent ce qu’elles peuvent ou veulent, ça n’a aucune importance. On est en train de sortir d’une période d’asservissement religieux et ces femmes choisissent autre chose, mais ce ne peut être que ce qu’il y avait avant. Progressivement, d’autres mode de vie apparaitront et parmi ceux-ci, peut-être ...

              Conservons-leur cette possibilité de choix en éloignant, entre autres, les esclavagistes religieux. (dans un but d’apaisement, j’en reste là)

              • lally
                lally répond à Sacha25
                professeur
                • Posté à 22h09 le 18/03/2010
                • Expert 51226
                  professeur

                L’asservissement continu puisque le naturalisme reprend la loi naturelle religieuse. Et détrompez-vous les femmes ne sortent pas de l’asservissement religieux puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses à suivre des mouvances intégristes et que les religions institutionnelles se radicalisent. Donc non, aucune forme autre de vie n’apparait.
                Simplement, l’injonction naturaliste passe mieux quand elle est servie par des laïcs écolos bourgeois que par des curés, des imams et des rabbins.
                Les religions rêvaient par leurs seules forces de pouvoir ramener les femmes à la maison et dépendantes à nouveau du salaire d’un mari.
                Les féministes essentialistes écolos et le milieu médical sont en train de les ramener rapidement à ce stade de mères au foyer.
                Avec le sésame d’être non religieux et pour des raisons scientifiques.
                Aucun progrès, rien que de l’hypocrisie.

                • Sacha25
                  Sacha25 répond à lally
                  • Posté à 18h11 le 20/03/2010
                  • Internaute 24877

                  Il convient de faire « définitivement » la différence entre spiritualité et religion.

                  La religion est une caricature de la spiritualité qui,elle est indispensable à la vie.

                  Face au réflexe conditionné, arme d’une redoutable efficacité, comme l’a montré Pavlov et l’observation des régimes totalitaires, qui est l’âme des religions, l’éducation est la seule possibilité. Comment expliquer sinon la persistance de civilisation esclavagistes. Malheureusement pour le moment, la méthode des essais et erreurs est la seule possible
                  Un retour en arrière peut faire partie d’un travail de deuil

                  • lally
                    lally répond à Sacha25
                    professeur
                    • Posté à 20h01 le 20/03/2010
                    • Expert 51226
                      professeur

                    La spiritualité est un concept fourre-tout qui rassemble autant des sectes, des mouvements intégristes que des démarches individuelles. Donc je ne m’y fie pas du tout. Et pourtant je suis croyante.

                    Pour ce qui est du fond du problème, nous sommes d’accord, l’éducation est la seule voie de sortie hors du totalitarisme.
                    Pour cela qu’actuellement, afin de restreindre une possible révolte, beaucoup de nos dirigeants tentent de limiter l’accès à une éducation large et diversifiée...

                    La régression sociale ne fait pas partie d’un travail de deuil mais montre une non-réflexion des peuples vis à vis de leur histoire, ce qui entraine une répétition d’absurdités.
                    Dans le cas du retour au foyer des femmes sous injonction écolo-naturaliste, peu de gens prennent conscience de la nature véritable et facho et macho de cette directive.
                    Il faudra sans doute quelques déconfitures - sans jeu de mots- pour qu’enfin des femmes réalisent l’erreur commise.

                    En attendant, je cerne bien la régression de l’injonction et le pourquoi de la manoeuvre...et je ne peux qu’être affligée de voir des féministes foncer dedans.

            • lilialbazar
              lilialbazar répond à lally
              travailleure sociale à Toulouse
              • Posté à 21h21 le 18/03/2010
              • Internaute 36758
                travailleure sociale à Toulouse

              mme badinter n’est pas spécialement une femme du peuple............

              • lally
                lally répond à lilialbazar
                professeur
                • Posté à 22h21 le 18/03/2010
                • Expert 51226
                  professeur

                Certes mais comme Gisèle Halimi, comme Joëlle Kaufmann, comme Véronique Neierts, comme Maya Surduts, comme Yvette Roudy, comme le fit en son temps Simone de Beauvoir mais aussi la comédienne et actrice Delphine Seyrig, elle fait partie de ces femmes bourgeoises issues de la bourgeoisie qui ont voulu des droits pas seulement pour leur classe bourgeoise mais pour TOUTES les femmes y compris les plus pauvres.
                Et si nous pouvons vivre moins opprimées, c’est grâce en partie à leur engagement.
                Dont je les remercie tous les jours.

                • lilialbazar
                  lilialbazar répond à lally
                  travailleure sociale à Toulouse
                  • Posté à 00h07 le 19/03/2010
                  • Internaute 36758
                    travailleure sociale à Toulouse

                  euh, je vous de m’excuser mais bourgeoises ou non, les femmes souffrent toutes du machisme......... mama badinter n’est pas tout à fait sur le même pied d’égalité, ce n’est pas une militante elle écrit juste des livres et se prend pour une philosophe..........

                  • lally
                    lally répond à lilialbazar
                    professeur
                    • Posté à 00h30 le 19/03/2010
                    • Expert 51226
                      professeur

                    Non non c’est une militante féministe égalitariste depuis très longtemps et elle ne fait pas qu’écrire des livres.
                    Après qu’elle ne soit pas sur le même pied d’égalité que bien des françaises, ça c’est une certitude mais ça ne la rend pas pour autant aveugle des réalités difficiles des femmes pauvres.
                    Quant à ses diplômes et charges philosophiques professorales, ils sont détaillés dans son cv. Donc elle ne se prend pas pour une philosophe elle l’est et elle a un diplôme pour ce faire. Obtenu d’après ce qu’elle disait durant sa grossesse. Elle présentait son diplôme de fin d’études 3 jours après avoir accouché. C’est dire si ses diplômes sont imaginaires...

                    • lilialbazar
                      lilialbazar répond à lally
                      travailleure sociale à Toulouse
                      • Posté à 18h43 le 20/03/2010
                      • Internaute 36758
                        travailleure sociale à Toulouse

                      un diplôme ne philo ne fait pas de vous un philosophe ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

                      • lally
                        lally répond à lilialbazar
                        professeur
                        • Posté à 20h10 le 20/03/2010
                        • Expert 51226
                          professeur

                        Sauf qu’elle n’a pas que des diplômes.
                        Elle a aussi enseigné et mené différentes démarches en philosophie.
                        Et elle continue de le faire.
                        Sa spécialité : la philosophie des Lumières.

                        • lilialbazar
                          lilialbazar répond à lally
                          travailleure sociale à Toulouse
                          • Posté à 12h11 le 21/03/2010
                          • Internaute 36758
                            travailleure sociale à Toulouse

                          bouhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

        • guerzit-
          guerzit- répond à lally
          Incomprenant majeur
          • Posté à 13h44 le 18/03/2010
          • Internaute 28472
            Incomprenant majeur

          Il y a un truc qui me gène dans votre texte, et dans d’autres, c’est cette assertion systématique selon laquelle les bourgesoi sont des cons ; c’est une idée tellement populiste que l’on ne s’en rend polus compte...

          Parce que, dites moi si je me trompe, mais n’est-ce pas le but affiché de chacun de parvenir à une certaine aisance matérielle dans notre société ? Indépendamment de la question des classes, qui tient à un système et non aux classes elle-même, qui ne peut donc être critiqué qu’en tant que processus et pas partie par partie, le bourgeois (au sens économique et aps culturel) n’est-il pas ce que chacun aspire à devenir ?

          • lally
            lally répond à guerzit-
            professeur
            • Posté à 13h49 le 18/03/2010
            • Expert 51226
              professeur

            Absolument pas.
            Simplement je fais la différence entre une Gisèle Halimi bourgeoise qui s’est battue pour l’avènement de droits pour toutes les femmes et une Cécile Duflot ou une Morizet qui ne voient pas plus loin que leur réalité de femmes aisées et veulent appliquer leur vision essentialiste à toutes, dans le mépris total des réalités d’une majorité de femmes d’aujourd’hui, gagnant peu, même fortement diplômées et ayant de plus en plus de difficultés à garder un pouvoir d’achat et quelques économies en fin de mois.

            • Mon-Al
              Mon-Al répond à lally
              roturière : -)
              • Posté à 13h57 le 18/03/2010
              • Internaute 24219
                roturière : -)

              Encore une fois +1 ! ! !

              Gisèle Halimi a pris des risques, beaucoup de risques (comme les 343 autres qui l’accompagnaient sur leur manifeste) dans une société qui n’acceptait pas. Et même Simone Veil - qui ne s’est jamais revendiqué du féminisme ... et pourtant !

              Ces pseudo-féministes-bobos ne sont représentent absolument pas le combat des femmes ...

              • lally
                lally répond à Mon-Al
                professeur
                • Posté à 14h14 le 18/03/2010
                • Expert 51226
                  professeur

                Nous sommes d’accord.

                Le problème, c’est que le discours des féministes essentialistes est très médiatisé. Très en poupe politiquement que ce soit aux US ou en Europe.
                Et qu’il n’y a plus que l’arrière garde de femmes et féministes égalitaristes comme Halimi et Badinter pour se mobiliser contre cette vague naturaliste, réactionnaire, bourgeoise et écolo.

                Je fais partie dans ma génération de trentenaires-quarantenaires, d’une minorité qui réalise à quel point l’essentialisme est dangereux et concourt à la destruction des droits pour toutes les femmes.

                Et ce qui me fait peur, c’est qu’en interrogeant des jeunes filles entre 15 et 25 ans, elles n’ont le plus souvent aucune conscience de la vie des femmes avant l’avènement des droits que nos aînées égalitaristes ont conquis. Elles vivent dans un monde déconnecté de la réalité. Le réveil avec la disparition de leurs droits risque d’être terrible quand elles seront en âge de rentrer sur le marché du travail Et c’est pas le repli au foyer qui arrangera leur situation.

                • Barbarella
                  Barbarella répond à lally
                  • Posté à 14h59 le 18/03/2010
                  • Internaute 27741

                  Les 15-25 ans vivent une autre réalité que vous : question de génération, tout simplement.

                  Un certain féminisme est tout aussi castrateur que la mysogynie.

                  • lally
                    lally répond à Barbarella
                    professeur
                    • Posté à 15h29 le 18/03/2010
                    • Expert 51226
                      professeur

                    Les 15-25 ans ont besoin de se différentier de leurs aînées pensant que le retour à la maison pour une femme n’est pas si dramatique que cela. Que les femmes ont toujours eu des droits, ceux qu’elles ont connu depuis qu’elles sont nées.

                    Or ces droits sont de plus en plus battus en brêches, réduits, conditionnés au niveau du pouvoir d’achat.
                    Vous êtes jeune fille pauvre et à la campagne, vous ne pouvez aujourd’hui pas avoir de contraception (gynéco trop loin et médecins pas forcément présents pour mettre en place une contraception). Vous êtes plus facilement potentiellement enceinte sans l’avoir voulu (peu de jeunes gens utilisent régulièrement et durablement le préservatif). Plus facilement dans une situation d’avorter hors délais (parce qu’il faut plus de 3 semaines actuellement du fait de la fermetures de centres ivg), plus facilement dans une difficulté d’obtenir un premier emploi et de s’instruire au-delà du bac.

                    Pour pouvoir étudier, pour pouvoir travailler il faut souvent de l’argent, une voiture, de quoi se payer un loyer, sa nourriture.
                    Et pour éviter de se retrouver à nouveau prises dans la fatalité d’être une fille-mère, faut avoir aussi un niveau minimum de confort.

                    Ca vous rappelle rien ?
                    Nos grands-mères...c’est pas si vieux.
                    Sauf que les jeunes filles d’aujourd’hui préfèrent penser que tout est beau et romantique comme dans Twilight...que de discuter avec leurs aïeules, qui n’ont parfois pour certaines même pas connu un mariage d’amour et un travail salarié.

                    • femmedesbois
                      femmedesbois répond à lally
                      dans sa forêt
                      • Posté à 21h54 le 18/03/2010
                      • Internaute 93115
                        dans sa forêt

                      « vous êtes jeune fille pauvre et à la campagne, vous ne pouvez aujourd’hui pas avoir de contraception »
                      fichtre ! !
                      Vous présentez une vision assez noire de nos campagnes...
                      Les gens certes doivent se déplacer sur 30 voire 40 kms pour trouver un gynéco mais de toute façon, on doit aussi parcourir cette distance pour faire des courses alors... Il est assez aisé de combiner un rendez-vous avec un toubib + des courses ou autres...
                      Sinon, un médecin généraliste peut faire l’affaire.
                      Et puis le planning familial existe aussi dans nos petites préfectures.
                      Il ne faut pas confondre campagne française et Amazonie...

                      Quant au problème de la pauvreté, il existe assuremment, à la campagne mais aussi dans les banlieues des villes.

                      • lally
                        lally répond à femmedesbois
                        professeur
                        • Posté à 22h31 le 18/03/2010
                        • Expert 51226
                          professeur

                        Combien faut-il même en habitant en ville pour obtenir un rdv gynéco ?
                        Mais aussi n’importe quel rdv avec un spécialiste ?
                        Combien faut-il de temps entre une découverte de grossesse non désirée et un avortement accompli ?
                        Combien de familles pauvres vivant en village ont un véhicule qui peut les emmener en ville à n’importe quel moment pour avorter ou se rendre chez le gynéco ?
                        Aucune. Et c’est une fille élevée à la campagne qui vous parle. Qui connait donc bien la réalité.
                        Quand on vit à la campagne aujourd’hui dans la majorité des cas (à moins d’être âgé et avec petite retraite), c’est qu’on a suffisamment de niveau de vie correct (même si on ne roule pas sur l’or) pour se payer une maison, une voiture et un jardin. Luxe inatteignable pour bien des familles pauvres qui faute de véhicule et d’un salaire stable, peuvent faire ces investissements.
                        Les quelques rares familles modestes qui vivent en campagne voient les jeunes filles en déficit de pouvoir faire des études correctes (beaucoup en BEP et bac pro pour travailler le plus vite possible) avec un défaut de soins et déjà des situations de détresse avec plus de risque d’absence de contraception et de suivi gynéco.
                        J’enseigne à des apprentis de l’industrie en pleine campagne en partie, les filles qui vivent à la campagne ont presque toutes déjà avorté deux fois. Et elles n’ont pas 18 ans. Et beaucoup n’ont ni contraception ni suivi gynéco. Ca coûte trop cher et c’est trop loin.
                        Voilà la réalité.

                    • Barbarella
                      Barbarella répond à lally
                      • Posté à 14h44 le 19/03/2010
                      • Internaute 27741

                      Je pense que vous faites erreur. Je me reconnais dans ces femmes qui retournent aux sources, ma soeur qui vit en Angleterre fait ce type de choix anti-badintérien, et je connais pas mal d’américaines qui font ce choix. Horreur, elles font même du patchwork, de la broderie, et du dessin !

                      Elles sont plus proches des 35-50, que des 15-25. Ce sont des femmes pragmatiques qui font ces choix. Pas des jeunes filles romantiques.

                      Les 15-25 (j’en ai à la maison), sont désabusées, elles pensent que le monde est mal en point, beaucoup s’habillent pour qu’on ne voit pas leurs formes. Les rapports avec les garçons sont difficiles. Mais elles veulent gagner de l’argent pour s’acheter des PS3 et des baskets de la bonne marque.

                      D’autres part, si vous vous reportez à l’Histoire des Femmes de Michèle Perrot et Georges Duby, vous verrez que nos aïeules ont pour la plupart connu un travail salarié. Nous ne sommes pas toutes issues de la bourgeoisie oisive.

                      Et la mariage d’amour, c’est un vaste débat ! :)

                      • lally
                        lally répond à Barbarella
                        professeur
                        • Posté à 15h00 le 19/03/2010
                        • Expert 51226
                          professeur

                        Le travail salarié de nos aïeules ne leur appartenait pas mais à leur père ou à leur mari. Il n’était pas leur propriété sauf à vivre seules et émancipées. Même si les femmes travaillaient, c’était le mari ou le paternel qui leur donnait de quoi vivre. L’indépendance financière des femmes n’est venue que lorsque les féministes ont permis qu’une femme puisse travailler sans donner son salaire à son mari ou à son père et qu’elle puisse travailler également sans autorisation.

                        Ce travail salarié si honni par les bourgeoises anglo-saxonnes (auparavant salariées avec de très très bons salaires avant de jouer les fermières de luxe) , ce travail salarié dont la somme revenait enfin à la femme à la fin des années 60, a permis à notre génération de femmes, de faire des études, d’avoir du confort, ce que nos mères ont rarement eu.
                        Mais il a aussi permis des droits sociaux.
                        Car n’oubliez pas que se sont des femmes engagées politiquement et professionnellement qui nous ont permis d’avoir des droits.
                        De n’être plus des mineures éternelles sous la férule des pères ou des maris.

                        Beaucoup de femmes oublient tout ça.
                        Beaucoup de jeunes filles ignorent cela également.
                        Il n’y a hélas pas de transmission dans une majorité de familles, qu’elles soient pauvres ou aisées ou moyennes, de ce que l’accès à l’éducation, le travail émancipé et salarié des femmes a permis à leurs enfants, à leur couple de réaliser comme confort et projets.
                        Du coup, la nostalgie fonctionne à plein.
                        Je doute de la durabilité d’une telle mode.

                        Si les anglosaxonnes bourgeoises ont suffisamment d’économies pour se retourner en cas d’échec du retour à la terre et au jardinage, il n’y aura pas de plan B pour toutes celles qui par esprit d’imitation mais sans le sou, s’engageront dans la même voie.
                        Sachant que nos villages se dépeuplent de plus en plus car trop peu d’activité économique et quasiment plus d’accès à des services publics minimums...la vie rêvée à la campagne si sans voiture risque de devenir rapidement plus que problématique.

                        Mais bon...comme disait ma grand-mère, ce que vous en dis...

                        • Barbarella
                          Barbarella répond à lally
                          • Posté à 17h58 le 20/03/2010
                          • Internaute 27741

                          Ah mais je ne conteste pas tout le bien que l’engagement politique des femmes et des hommes a apporté aux femmes en Occident !

                          Simplement, je trouve que les discours actuels sont simplistes et totalement déconnectés de la réalité.

                          En France, aux USA, aujourd’hui, les petites filles ont accès a l’éducation tout comme les garçons. Les filles peuvent porter les vêtements qui leur plaisent, adopter la coupe de cheveux qui leur conviennent. Si elles sont en rupture familiale, la société leur propose souvent des solutions pour poursuivre des études, s’en sortir, avorter ou prendre la pilule en secret etc...

                          Et en France, une femme est formidablement aidée pour continuer à travailler après avoir eu des enfants. Ce n’est pas le cas en Allemagne, en Angleterre aux USA... Alors je suis vraiment fière de mon pays pour ça.

                          Pour autant, la différence avec nos aïeules, c’est que les femmes d’aujourd’hui ont le CHOIX de mettre des années de côté pour s’occuper de leurs enfants. Et ce n’est pas forcément un choix irréversible. On peut faire ça quelques années, reprendre à temps partiel, bosser à plein temps quand on est prêtes, monter sa propre activité.... c’est une liberté extraordinaire, dont peu d’hommes osent profiter.

                          Même si extérieurement on a l’impression d’un retour en arrière, en fait, c’est totalement différent.

                          En définitive, ce qui importe c’est l’épanouissement individuel des femmes (et des hommes). C’est ça qui fait des sociétés dynamiques.

                          C’est très agréable de dialoguer avec vous en tout cas !

                          • lally
                            lally répond à Barbarella
                            professeur
                            • Posté à 19h52 le 20/03/2010
                            • Expert 51226
                              professeur

                            Vous oubliez de préciser qu’uniquement les femmes fonctionnaires et les femmes salariées en CDI ont la possibilité via un congé parental de 3 ans de commuer travail et maternité.
                            Cette possibilité se fait rare du fait de la suppression de bons nombres de postes de fonctionnaires titulaires (les contractuels non plus que les vacataires n’ont pas accès au congé parental) et de plus grandes difficultés pour nombre de salariés et à fortiori les femmes à obtenir un CDI.

                            Donc ça reste un privilège de françaises aisées.
                            Aucunement un possible pour toutes les femmes actives françaises.

                            Reprendre un travail pour une femme après être sortie du marché du travail plusieurs années est extrêmement difficile. Pour aller régulièrement aux réunions du Pôle Emploi, j’y croise beaucoup de jeunes et moins jeunes mères de famille qui ont voulu arrêter de travailler pour élever leurs enfants, sans avoir de CDI.
                            Mal leur en a pris. Elles ne retrouvent le plus souvent pas d’emploi.
                            Dans quelques cas, elles prennent des boulots à mi-temps mais qui sont loin au niveau salaire, horaires et pénibilité, de ce qu’elles pensaient pouvoir retrouver.
                            Monter sa propre activité nécessite qu’au départ, on ait un capital, des économies ou des aides conséquentes. Autant pour les jeunes femmes sans enfants, on prête facilement, autant pour les femmes avec enfants, c’est franchement illusoire.
                            Donc à moins d’avoir été avant cadre sup et avoir un bon pactole et un super carnet d’adresses, impossible de monter sa propre activité et surtout de la pérenniser. Là encore, c’est une illusion sauf pour des femmes déjà aisées .

                            J’ai une amie qui actuellement, tente de monter son activité de graphiste. Je crains que bien qu’elle ait investi toute son indemnité de licenciement, qu’elle soit très courageuse et motivée, compétente dans ce métier, elle n’arrive pas à vivre de cette activité. Beaucoup de nos anciens camarades de Beaux-Arts qui avaient ouvert leur propre studio graphique ont fait faillite, à peu près comme 75% des agences de pub et multimédias sur le secteur, il n’y a pas de place pour tout le monde et le volume de demande est trop faible par rapport au nombre de professionnels sur le département. Certains se sont comme moi reconvertis dans le professorat ou dans une activité sans rapport avec nos études.

                            Oui les femmes sont aidées en France, ce qui évite des situations dramatiques comme en Allemagne, là nous sommes d’accord. Mais seules les plus aisées et favorisées socialement en profitent.

                            Les autres (la majorité) rament. Et comme la politique tend à précariser l’ensemble de la société dans des jobs sans aucune sécurité, même les femmes qui peuvent encore choisir, risquent de ne plus pouvoir le faire.

                            Donc la nouvelle tendance écolo-naturaliste qui tente de faire croire que le bonheur est de retourner à la maison est bien une tentative de ramener toutes les femmes à la maison sans qu’elles puissent en sortir.
                            Sauf comme d’hab, les plus aisées.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 8
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.