Caroline Aigle enceinte avec un cancer : retour sur un dilemme

Docteur Nathalie
Oncologue
Publié le 21/03/2010 à 11h55


Je sors de la lecture de « Caroline Aigle : Vol brisé », de Jean-Dominique Merchet (éd. Jacob-Duvernet). Première femme pilote de chasse, polytechnicienne, triathlète, Caroline Aigle se préparait à devenir astronaute. Elle a été fauchée en été 2007 par un cancer.

Elle avait 33 ans. Enceinte de son deuxième enfant, elle a accouché juste avant de mourir, après avoir refusé la proposition d’avorter, qui aurait pu modifier le pronostic de sa maladie.

Avec cette lecture, il me revient en mémoire le cas d’une jeune patiente déjà mère d’une petite fille pour laquelle, alors qu’elle était enceinte de 4 mois bientôt, l’équipe avec laquelle je travaillais à l’époque discutait sans arriver à conclure de la meilleure prise en charge à proposer à la patiente.

Nos arguments portaient sur le plan médical, sur le plan éthique, mais le souhait de la patiente était peu évoqué. Certains propos me choquaient. Ainsi j’avais entendu une femme médecin remarquer « qu’elle pouvait déjà être satisfaite d’avoir eu un enfant ».

La jeune femme s’en remettait à l’opinion des médecins

Moi-même, j’étais partagée : entre l’objectivité médicale, qui poussait à interrompre la grossesse pour mieux soigner la mère et l’envie de garder toutes les options, avec les cartes qui nous étaient données.

Lorsque nous traitons un insuffisant rénal ou un diabétique par exemple, il ne nous viendra pas à l’esprit de lui greffer un rein ou de lui greffer un pancréas afin de le traiter plus confortablement... pour nous !

Cette jeune femme s’en remettait à nous et attendait la plus sage décision. Quelle était son opinion à elle, son choix éclairé ? Elle ne comprenait pas le français et nous devions passer par un interprète. Nous avons choisi de privilégier la mère.

Mais notre jeune patiente est décédée 48 heures après son interruption de grossesse. Nous avions à peine pu débuter un traitement.

Je travaille souvent à mieux comprendre la physiopathologie des traitements de chimiothérapie pendant la grossesse et je réfléchis aussi à ce que les patientes peuvent ressentir en temps que mères, divisées entre leur soif de vivre et celle tout aussi vitale d’enfanter.

Le livre sur Caroline Aigle m’est arrivé dans les mains et je crois ne toujours pas avoir de réponse définitive. Je salue le choix de cette femme qui avait un tempérament qui présageait des plus grandes destinées. Je ne lui aurais pas conseillé de garder son enfant si je l’avais rencontrée au début de sa grossesse.

Ce bébé qu’elle porte, de quel droit lui retirer ?

Le mélanome est un cancer dont on connait la stimulation par les hormones maternelles. Mais après le premier trimestre ?

Ce bébé qu’une mère porte, quand je n’ai aucune certitude de toxicité, de quel droit devrais-je le retirer ? Dans le cas de Caroline Aigle, une IVG aurait peut-être précipité son état, ou tout simplement n’aurait-elle rien changé à l’échéance d’une maladie foudroyante ?

Maintenant, il existe un petit Gabriel qui a une histoire extraordinaire, avec une mère non moins extraordinaire qui lui a laissé la vie en disant : « Il a le droit autant que moi d’avoir sa chance. »

Je veux croire que ce siècle, qui donne sa chance à de nombreux cancéreux condamnés il y a encore cinq ans, nous permettra par notre persévérance à tous, malades et soignants, de donner leur chance à ces mères dont les joies de l’enfantement sont broyées par le cancer.

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  • maman89
    maman89
    Bosseuse.
    • Posté à 12h30 le 21/03/2010
    • Internaute 100164
      Bosseuse.

    Il y a cette histoire dans un épisode de Docteur House.

  • personne
    • Posté à 12h36 le 21/03/2010
    • Internaute 21725

    Il n’y a rien d’exceptionnel à mourir. Rien de courageux à souffrir.
    C’est le genre d’argument creux pour appeler au pathos que je trouve pathétique.

    « Je veux croire »

    Ouais, idéaliser la situation de vos patients va beaucoup les aider. En fait c’est très révélateur, ça ne sert qu’à vous conforter vous même. Égoïstement.

    • alberich
      alberich répond à personne
      fumiste
      • Posté à 17h05 le 21/03/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      Vous êtes mort combien de fois ?

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 12h47 le 21/03/2010
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    En effet, j’ai déjà été confrontée aux réponses toutes faites des médecins à la maternité. La plupart son très compréhensifs quand une grossesse doit être interrompue, ne cherchant pas à nier la douleur que ça représente.

    Mais il y a un commentaire qui m’insupporte par-dessus tout : « mais vous êtes jeunes, vous avez le temps ! »
    C’est typiquement le genre de commentaire qui nie totalement l’état d’esprit de la patiente.

    Et puis, il faut souligner que les incompréhensions viennent je pense d’un décalage dans la façon de considérer l’enfant : les médecins, par nécessité et professionnalisme, considèrent l’enfant comme un problème, comme une question médicale, point barre. Surtout en début de grossesse, quand l’enfant n’a pas encore « forme humaine ».
    La mère, quant à elle (et le père, il ne faut pas l’oublier ! !), a déjà investi son rôle de mère. Ce n’est pas un tas de cellules, un embryon, qu’elle porte. C’est son ENFANT, la chair de sa chair.

    Rationnellement aujourd’hui, je pense que j’interromprais ma grossesse si ça devait sauver ma vie, mais en situation je ne serais probablement pas aussi rationnelle.

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      A déménagé le 02-02-2012-2 répond à bleuet1
      non connue
      • Posté à 13h42 le 21/03/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      D’où la nécessité pour l’équipe médicale de relativiser la projection que la mère a dans le foetus, pour qu’elle se convainque elle-même de sauver sa peau.

    • Spool
      Spool répond à bleuet1
      ici
      • Posté à 16h32 le 21/03/2010
      • Internaute 52054
        ici

      Mais il y a un commentaire qui m’insupporte par-dessus tout : « mais vous êtes jeunes, vous avez le temps ! »
      C’est typiquement le genre de commentaire qui nie totalement l’état d’esprit de la patiente.

      je suis un homme, et je n’ai pas été confronté à ce type de remarque dans ce contexte ; pour ce que j’ai vécu je crois qu’il faut voir ça comme une proposition plus que comme un commentaire fermé ; du genre qui peut ouvrir une discussion ou montrer une porte que le/la patient/e saisira ou non. Même la répétition de ce commentaire peut être utile ; la première fois ça peut être rude à entendre, jusqu’à oublier qu’on l’a entendu, et un rappel de toutes les possibilités, même lourd, même sans finesse, a ce mérite de garder l’espace ouvert.
      Avec quelques années de recul, je dirais qu’être un peu bousculé m’a été personnellement utile, mais je me garderais de généraliser.

  • Mikcey
    • Posté à 13h00 le 21/03/2010
    • Internaute 100537

    La vie est dur mais c’est la vie. Egoïstement, je vais dire il vaut toujours mieux que ce soit eux que moi.

    Mais je ne comprends pas bien le but de cet article. On dénonce quoi ? La toute puissance des soignants sur les patients ? Le manque d’informations éclairées ? Le choix d’une mère de choisir l’enfant qu’elle porte, plutôt que sa propre vie alors qu’elle est condamnée à plus ou moins courte échéance ? Les femmes sont extraordinaire ?
    Je ne comprends vraiment pas comment je dois prendre cet article, ni quel est son but.

    Des gens meurent tout les jours, et le plus souvent dans un silence indifférent, et parfois en se sacrifiant (Gary Gordon, Randall Shughart, Jason Dunham, Ross McGinnis, ...).
    Alors oui, mourir n’a rien d’exceptionnel quand soit une pilote ou un simple rampant tout en bas de l’échelle ...

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Mikcey
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 14h24 le 21/03/2010
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Mais je ne comprends pas bien le but de cet article.

      Il s’agit juste du témoignage de Docteur Nathalie, blogueuse sur le site Lien, dont on reprend régulièrement des textes sur Rue89.
      Lien

      On dénonce quoi ?

      Pourquoi faudrait-il toujours « dénoncer » quelques chose ? Pourquoi on ne pourrait pas, parfois, simplement faire état de la complexité d’une situation humaine, en respecter les nuances et les questions sans réponse ?

  • watashi_baka
    • Posté à 13h07 le 21/03/2010
    • Internaute 47330
      ...

    Une question, a la limite du hors sujet,

    Le Cancer est il plus courant chez les pilotes de chasse où pas ?

    Pour ceux qui n’aurait pas compris le sens de ma question, un bonne partie de la radioactivité naturelle est d’origine cosmique, et par conséquent en altitude on est plus exposé, c’est d’ailleurs ce facteur qui limite le nombre d’heure de vol d’un pilote civil.
    Les pilotes militaires pouvant voler plus haut, je ne sais pas si ils volent plus, sont donc potentiellement plus exposé

    • -Candide-
      -Candide- répond à watashi_baka
      Jardinateur
      • Posté à 14h33 le 21/03/2010
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      en réponse à watashi_baka

      Quelques informations :

      - une étude canadienne (à l’aide de dosimètres) a montré que les pilotes de transports sont nettement plus exposés aux rayons cosmiques ionisants que les pilotes de chasse.
      (cf nombre d’heures de vols effectif, équipement)

      - D’une manière générale, les pilotes n’ont pas plus de cancer que la population normale excepté le cancer de la peau (melanome) et le cancer du sein.
      Certains scientifiques associent pourtant l’augmentation de ces cancers beaucoup plus au style de vie. Par son statut social et sa fonction (gratuité du transport), un pilote de ligne est beaucoup plus enclin à passer ses congés dans des pays très ensoleillés qu’à berck-plage.

      - concernant le mélanome (dont a souffert Caroline Aigle) les spécialistes s’accordent à dire que le principal facteur est la surexposition solaire, avec des facteurs de risques aggravant comme l’exposition pendant l’enfance, les peaux claires.

      En sachant que C. Aigle était blonde, et a passé son enfance en Afrique, on peut en effet dire qu’elle a probablement cumulé tous les facteurs de risques. Le fait d’être pilote n’étant pas nécessairement le plus déterminant.

    • Fred24
      Fred24 répond à watashi_baka
      Rural
      • Posté à 17h10 le 21/03/2010
      • Internaute 89386
        Rural

      Un pilote de chasse en France vol moins de 200h par an. Ce qui est 3 ou 4 fois moins qu’un pilote de ligne. De plus le vol a haute altitude n’est plus la norme, c’est là où l’avion est le plus vulnérable. De plus il n’existe aucune règlementation qui limite le nombre d’heure de vol des pilote civil à cause des rayonnements.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h18 le 21/03/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Je reviens sur les questions posées par Rue89 à l’équipe de la Maison du cancer.
    Lien

    A-t-on des réponses, ou du nouveau ?

    • Sophie Verney-Caillat
      • Posté à 15h30 le 22/03/2010
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Bonjour Liger,
      Merci pour vos questions, très pertinentes, posées à la maison du cancer, l’équipe les prend en compte ainsi que toutes celles qui sont arrivées chez eux et va y répondre au fur et à mesure, on tentera de vous tenir au courant dès qu’il y a du nouveau.

  • Etoile polaire
    Etoile polaire
    Bipolaire
    • Posté à 13h28 le 21/03/2010
    • Internaute 57421
      Bipolaire

    Il me semble que dans ce cas précis, mais pourquoi tant d’hésitation ? le « déjà né » prime sur le « pas encore né ».
    Que la dame soit cosmonaute ou cuisinière n’y change rien. Le destin de l’enfant à naître sera celui d’un enfant sans mère, et même s’il arrive au monde avec l’image magnifique de courage que sa famille lui rendra, savoir qu’il a précipité la mort de celle-ci ne le rendra pas « heureux d’être né » dans ces conditions.
    On dirait là un retour du fameux « on sauve la mère ou l’enfant ? » du XIXe siècle, question que l’on posait au père à l’époque où le droit de vie était bien peu de chose en regard du destin d’un « héritier ».
    Mais c’est quoi ce retour en arrière, qu’est-ce que cela cache ?

    • Spool
      Spool répond à Etoile polaire
      ici
      • Posté à 16h35 le 21/03/2010
      • Internaute 52054
        ici

      Il me semble que dans ce cas précis, mais pourquoi tant d’hésitation ? le « déjà né » prime sur le « pas encore né ».

      Mais que faites vous alors de la liberté de celui qui est déjà né ? (non je n’ai pas de réponse : -)

    • lambertine
      lambertine répond à Etoile polaire
      Nulle part... ou ailleurs
      • Posté à 17h44 le 21/03/2010
      • Internaute 91509
        Nulle part... ou ailleurs

      Je n’en sais rien.

      J’espère pour cet enfant qu’il ssera bien suivi, et qu’il ne culpabilisera pas trop.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h51 le 21/03/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Aucun animal ne risque sa peau pour sauver une gestation. La projection dans le fœtus est purement culturelle, et dangereuse pour la mère.
    L’équipe médicale a le devoir, bon gré mal gré, de sauver la mère avant l’enfant.

    Arrêtons ce rétropédalage sur la condition humaine, incluant la condition féminine, et qui nous ramène un siècle en arrière.

    La baisse du taux de mortalité natale et infantile a considérablement modifié la condition parentale, et responsabilisant ceux-ci bien au delà qu’il est nécessaire pour faire le boulot de parent.

    Surmédicalisation obligatoire (avec quelques bavures), comportement d’éducation sous surveillance, téléphone portable indispensable sinon-s’il-arrive-quelque-chose-c’est-de-ta-faute, il faut un sacré caractère pour résister à cette généralisation de peur et de contre-peur.

    • Orwelle
      Orwelle répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      sarko-verdose.bbactif.com
      • Posté à 16h37 le 21/03/2010
      • Internaute 62370
        sarko-verdose.bbactif.com

      Mais si on lui retire sa culture, que reste-t-il à l’humain ?
      C’est dans la perte de culture que je verrais plutôt le rétropédalage. Encore que le terme de « rétropédalage » ne convienne pas. C’est le 21e siècle, pas le 19e siècle, qui voit naître les barbares aculturés.
      Si la société marchande continue de se développer, avec ses citoyens transformés en usagers ou consommateurs, où tout est quantifié, où la connaissance et même l’autre sont des objets réduits à leur fonction utilitaire, alors il est probable que nous ne nous poserons plus de problème de conscience. Peut-être plus de problème du tout. Mais serons-nous supérieurs à l’Homme du 19e siècle ? J’en doute.

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Orwelle
        non connue
        • Posté à 16h45 le 21/03/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Ce n’est pas la culture qu’il faut remettre en cause, c’est l’arbitraire de cette culture.
        Lorsque cette culture fait passer la génitrice avant la femme, par exemple, quel choix a la femme ?

         
        • Orwelle
          Orwelle répond à A déménagé le 02-02-2012-2
          sarko-verdose.bbactif.com
          • Posté à 17h39 le 21/03/2010
          • Internaute 62370
            sarko-verdose.bbactif.com

          Je ne connais que le résumé du livre. Sait-on vraiment ce qui a poussé cette femme à garder son enfant ? Peut-être qu’elle ne le savait pas totalement elle-même. A priori ça semble préférable de sacrifier un être qui n’est qu’en formation. Mais elle pouvait sentir qu’elle n’avait plus longtemps à vivre. Dans ce cas-là, l’approche de la mort est peut-être plus supportable avec un enfant qu’on sent bouger dans son ventre. Mais c’est juste une hypothèse.

          • A déménagé le 02-02-2012-2
            A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Orwelle
            non connue
            • Posté à 17h44 le 21/03/2010
            • Internaute 82025
              non connue

            Je suis d’accord, je ne me sens pas non plus en position de juger la mère, et ce n’est pas souhaitable.
            Simplement, l’équipe médicale a bien pour devoir de la protéger de sa propre imprégnation culturelle, tout en lui laissant le droit de faire un choix.
            Cette espèce de choix cornélien entre avortement et « euthanasie » est particulièrement glauque.

            • Orwelle
              Orwelle répond à A déménagé le 02-02-2012-2
              sarko-verdose.bbactif.com
              • Posté à 20h48 le 21/03/2010
              • Internaute 62370
                sarko-verdose.bbactif.com

              Quand je pense aux réactions violentes suscitées par la légalisation de l’avortement, et à ce qui se passe encore dans certains services, je ne suis pas sûre que les médecins soient moins imprégnés par la culture que le reste de la population. Quant aux femmes malades, elles forment une population très hétéroclite. Mais ce n’est pas seulement une question d’intellect. Le personnel soignant peut aider à la prise de distance ou à la déculpabilisation, s’il sait réconforter sans imposer de point de vue. En tout cas, en ce qui concerne Caroline Aigle, nul doute qu’elle avait tous les atouts pour faire un choix réfléchi.

        3 autres commentaires
    • Fabienne Gallaire
      • Posté à 19h01 le 21/03/2010
      • Journaliste 24285
        Journaliste

      « Aucun animal ne risque sa peau pour sauver une gestation », vraiment ?
      Certes, chez les mammifères, la mort de la mère pendant la gestation entraîne nécessairement celle du foetus (c’est le principe de la viviparité), mais la question du choix de la radiothérapie se pose peu...
      Votre parallèle relève d’une étrange « naturalisation » d’un problème posé en termes médical et éthique. Nombre d’espèces animales ne survivent par à la procréation, et je ne parle pas seulement du célèbre mâle de la mante religieuse. La néréis (annélide marine) explose pour libérer ses gamètes, par exemple, et ça n’apporte pas grand’chose au dilemme des malades et des soignants...

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 19h26 le 21/03/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Sur le premier point, si le choix de la radiothérapie ne se pose qu’à l’Homme, c’est bien que la problématique est culturelle. En effet, l’environnement culturel global, y compris sanitaire et technique, pose le problème là où il n’existe pas dans la nature.

        Aussi, il s’agit d’un problème fondamentalement culturel. Or, derrière cet aspect, se pose celui du carcan culturel de la Femme dans une société donnée.

        Et toute la difficulté pour l’équipe médicale est de libérer cette femme d’un conditionnement qui la pousserait à souhaiter l’enfantement jusqu’à en mourir, tout en lui permettant de faire un choix.
        Le point de vue médical est probablement plus à l’abri du poids de la culture, dans la mesure où il doit considérer, a priori, le souhait de mourir comme une pathologie.

    • helios33
      • Posté à 12h29 le 22/03/2010
      • Internaute 33580

      C’est grotesque cette prétention du personnel médical d’être au dessus des « imprégnations culturelles », défauts réservés aux pauvres patients.
      Tout aussi grotesque cette prétention d’appartenir à un siècle qui serait au dessus des périodes obscures.
      Tout cela pour finir par nous enjoindre d’avoir des comportements semblables à ceux des animaux.....

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h00 le 21/03/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Il a le droit autant que moi d’avoir sa chance. »

    ► Et pourtant vous,
    vous auriez eu argument pour un avortement ....

    ...le fait d’essayer de sauver votre vie....

    un argument dont d’autres ne s’encombrent pas.

    ....longue vie pour votre bel aiglon, madame,
    et merci pour votre joli vol,
    trop vite interrompu....

  • lestaq
    lestaq
    bucheron
    • Posté à 14h12 le 21/03/2010
    • Internaute 62298
      bucheron

    Il n’y pas si longtemps , lors d’un accouchement difficile , le médecin demandait au pére :
    - » On sauve la mère ou on sauve l’enfant ? »
    Pour l’héritier attendu ,l’enfant bien sur...
    Pour le bâtard la maitresse aimée

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 16h57 le 21/03/2010
    • Internaute 97427
      Douteur plus que douteux

    « Lorsque nous traitons un insuffisant rénal ou un diabétique par exemple, il ne nous viendra pas à l’esprit de lui greffer un rein ou de lui greffer un pancréas afin de le traiter plus confortablement… pour nous ! »

    Ce scrupule à choisir un protocole destiné à procurer un meilleur confort au soignant vous honore, Docteur.
    Dommage qu’en ce qui concerne les accouchements (pour ne prendre que cet exemple emblématique) votre corporation ait délibérément opté, depuis quelques siècles, pour le confort de la seule équipe médicale, à l’exclusion des besoins de la parturiente !
    En effet, tout anthropologue bien né ( !) sait que la position naturelle pour accoucher est la position accroupie ou à genoux (d’ailleurs respectée par les peuples dits « primitifs ») ; alors que la position couchée (sur le dos) génère ou accentue, elle, des problèmes spécifiques (dont une bien plus grande difficulté à expulser le bébé).

    Quant aux « droits de l’enfant en devenir », le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont en totale contradiction avec les droits de la femme que l’on met systématiquement en avant pour justifier et pratiquer les IVG.

    Bref, pas très cohérent, tout ça...

    • YvanSolo
      YvanSolo répond à Holocrate
      • Posté à 19h06 le 21/03/2010
      • Internaute 109256

      Cependant, de meilleures conditions de confort pour le personnel soignant diminuent les risques d’une intervention pour le patient. La fatigue du personnel médical est diminuée, il y a moins de risque de faux mouvement, par exemple, et au final la sécurité du patient est améliorée.

      Rechercher le meilleur confort pour le patient est tout à fait louable, mais cela ne doit pas se faire au détriment de sa sécurité.

      Entre survivre au prix d’un inconfort passager, ou mourir dans des conditions confortables, que choisissez vous ?

      Essayez donc de pratiquer une extraction au forceps sur une femme accroupie, et vous m’en direz des nouvelles...

      • Holocrate
        Holocrate répond à YvanSolo
        Douteur plus que douteux
        • Posté à 16h25 le 23/03/2010
        • Internaute 97427
          Douteur plus que douteux

        « Essayez donc de pratiquer une extraction au forceps sur une femme accroupie »

        Mhm... sauf que la nécessité d’extraire aux forceps est précisément générée... par la position couchée sur le dos de la parturiente. ; -)

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 19h30 le 21/03/2010
    • Internaute 41917
      nc

    L’histoire de Caroline Aigle (respect, et paix à ses cendres) est devenue un must des sites pro-life de droite catho plus ou moins extrême, qui jouent du tamtam sur ce qui était au départ un drame familial unique.

    L’Eglise et l« avortement, parlons-en.

    Elle dit être contre au nom du respect de la vie.

    Mon culte, oui. Si elle avait vraiment le respect de la vie, elle ne s’opposerait pas au préservatif, qui aurait préservé des milliers de vies en Afrique ravagée par le SIDA (oui, je sais, pour certains culs-bénis* c’est une punition de “ Dieu ”).

    La vraie raison, inavouée, la voilà :

    L’avortement est la dernière solution pour ne pas mettre au monde un enfant non-désiré (viol, handicap grave, impossibilité matérielle de l’élever, etc.)

    Mais pour les calotins*, il faut qu’il naisse et tant pis si sa vie se passe à payer ce non-désir, tant pis si cet enfant et sa famille sont malheureux : le malheur, c’est le carburant de leur secte-qui-a-réussi. Si les gens étaient heureux, un peu qu’ils se taperaient sur les cuisses en voyant arriver leurs prédicateurs.

    Et puis, si la mère l’abandonne, tant mieux, ça leur fait de la marchandise à adopter.

    Ou à se faire encaldosser dans leurs orphelinats (derniers en date, en attendant la prochaine révélation : en Hollande). C’est marrant, là le respect de la vie est passé loin derrière la réputation de la boutique et de ses tenanciers.

    PS Longue et heureuse vie à son enfant, bien sûr. Il serait bon quand même que ceux qui ont décidé à sa place aient eu le même parcours, dont personne ne sait vraiment quel il sera, sauf ceux qui n’ont jamais connu leur mère. Car ils ne l’ont pas eu : c’est toujours confortable de demander aux autres ce qu’on ne fait pas soi-même.

    Sa maman est donc une icône du sacrifice maternel. Et aussi, pour les pro-life, un soufflet qu’ils assènent sur toutes les salo.es qui refusent de se sacrifier.

    * J’adore ces qualificatifs, qui sentent l’anticléricalisme primaire et désuet, hihihi.

    • reveric
      reveric répond à A déménagé le 8-10 2
      Rillard
      • Posté à 16h28 le 22/03/2010
      • Internaute 31706
        Rillard

      et si elle n’était pas triathète et polytechnicienne et accéssoirement « largueuse de bombe en tout genre sur commande ça changerait quelque chose à ce drame humain ?

  • Génération-
    Génération-
    Spontanée
    • Posté à 19h41 le 21/03/2010
    • Internaute 108974
      Spontanée

    Sujet pas facile, surtout quand on voit l’expérience de l’avortement, suivi de la mort de la mère.
    Peut être Caroline Aigle pressentait qu’une vie pouvait être plus facilement sauvée que la sienne. Si elle n’y croyait plus, elle ne pouvait pas vivre, mais donner la vie ainsi.
    Dur pour le père, pour l’enfant.
    Nul ne sait ce que le destin lui réserve, et c’est vrai que les médecins ont des décisions à prendre pour la vie des autres.
    Pas facile : il n’y a pas de solutions, de réponses, il faut que cas par cas. Un médecin doit savoir que son « ennemi principal », c’est la mort qui peut leur jouer des tours.
    Une profession à hauts risques !

    • zé ninguem
      zé ninguem répond à Génération-
      lecteur
      • Posté à 10h08 le 22/03/2010
      • Internaute 103600
        lecteur

      « Une profession à hauts risques ! »
      Pour les autres.

      • Génération-
        Génération- répond à zé ninguem
        Spontanée
        • Posté à 19h06 le 22/03/2010
        • Internaute 108974
          Spontanée

        Reconnaissez quand même que les erreurs dans le monde médical surtout de diagnostic, également de chirurgie, ont des conséquences importantes effectivement pour les patients, mais en ricochet pour le médecin.

         
        • zé ninguem
          zé ninguem répond à Génération-
          lecteur
          • Posté à 20h04 le 22/03/2010
          • Internaute 103600
            lecteur

          L’ordre des médecins est puissant. Rarement la profession
          est inquiétée. Quand aux patients, qu’ils fassent avec. Ils ne
          gagnent pour ainsi dire jamais leurs procès. Les plus chanceux
          reposent en paix.

          • YvanSolo
            YvanSolo répond à zé ninguem
            • Posté à 11h02 le 23/03/2010
            • Internaute 109256

            Ah oui, et l’inflation considérable des primes d’assurances pour les médecins à cause de ces procès, qui a fait que des médecins ont du fermer leur cabinet et plus généralement a fait augmenter considérablement le prix de certains actes, vous en faite quoi ?
            L’acharnement procédurier de quelques-uns a des conséquences qui nuisent à tous : patients, mèdecins, Etat, sécurité sociale...

            • zé ninguem
              zé ninguem répond à YvanSolo
              lecteur
              • Posté à 11h38 le 23/03/2010
              • Internaute 103600
                lecteur

              Le prix des actes augmente. Les patients directement ou indirectement
              paient. Je n’ai jamais rencontré de médecins pauvres ou à plaindre.
              Mais j’en ai vu beaucoup qui ne sont que des mercenaires, machines à
              faire du fric. Qui se foutent des patients et de la morale. Seul l’argent et
              leur notoriété les intéresse : Des escrocs en blouse blanche rarement rattrapés par la justice. Mais heureusement il y en a aussi beaucoup qui
              sont compétents et humains et pour pour qui le bien être du patient
              passe avant tout.

              • Génération-
                Génération- répond à zé ninguem
                Spontanée
                • Posté à 13h40 le 23/03/2010
                • Internaute 108974
                  Spontanée

                Il paraît qu’il y en a au SMIC, d’après des reportages télé, mais quand on se fait payer plus de 20 euros pour 10 mn/ 1/4 h de consultation...
                cela fait du 80 euros par heures, comme les avocats... Ils font partie des notables.
                Effectivement, pour les soucis par exemple post-opératoires, retrouver un coton ou une pince dans un ventre, gros souci de faire reconnaître l’erreur médicale, et pourtant... on ne parle pas non plus des bactéries.
                Je suis d’accord : parfois on se demande comment certains ont « embrassé » la profession.. ils sont aussi peu humains qu’une toile d’araignée..
                mais heureusement aussi, la plupart exerce leur profession avec le « feu sacré ».

          • Génération-
            Génération- répond à zé ninguem
            Spontanée
            • Posté à 19h23 le 23/03/2010
            • Internaute 108974
              Spontanée

            Il faudrait déjà que l’ordre des médecins mettent son fichier à jour : j’en ai recherché un récemment, le fichier n’était pas à jour depuis au moins 4 ans.. donc un problème !

  • YvanSolo
    • Posté à 19h45 le 21/03/2010
    • Internaute 109256

    Cette affaire pose plus généralement le problème du refus de soins par les patients en raison de leurs convictions religieuses.
    C’est comme les témoins de Jéhovah qui refusent la transfusion sanguine, ou les femmes musulmanes qui refusent de se faire examiner par un médecin homme.
    Que faire ? Doit-on passer outre les convictions du patient ?
    Pour ma part, je note que la plupart des religieux modérés admettent de transgresser les prescriptions religieuses en cas d’urgence vitale. Refuser de le faire est pour moi un signe d’intégrisme.
    D’ailleurs, dans le cas des femmes musulmanes, on rejette toujours la responsabilité sur le mari. Comme si ces femmes étaient par elles-mêmes incapables d’avoir des convictions personnelles.

    D’un point de vue personnel, celui d’un homme sans religion, la meilleure solution était de sacrifier l’enfant à naitre : cette femme aurait pu, par la suite, avoir d’autres enfants en bonne santé, au besoin en faisant congeler ses ovocytes.

    Et en choisissant de mourir, on peut se demander si cette femme n’a pas commis par là un acte d’euthanasie, elle aussi condamnée par l’Eglise ? Une troisième possibilité aurait été de poursuivre grossesse ET traitement, cependant au risque que l’enfant décède in utéro ou ne naisse gravement handicapé.

    Cependant, dans cette affaire il faut voir aussi l’intérêt de l’enfant. Et là, outre que l’on ait délibérément fait de lui un orphelin, je ne suis pas certain que l’on ait réellement sauvé l’enfant en sacrifiant la mère : un enfant né prématurément à cinq mois et demi de grossesse a peu de chances de survie et surtout risque de présenter des séquelles irréversibles et de rester handicapé à vie. A fortiori s’il est né d’une mère atteinte d’un cancer en phase terminale....

    Laisser « sa chance » à l’enfant, oui mais peut-on parler de « chance » en ce cas ?

  • Felinette
    Felinette
    Consultante
    • Posté à 11h00 le 22/03/2010
    • Internaute 109086
      Consultante

    N’importe quoi !
    Super départ dans la vie que d’etre orphelin à la naissance !
    Déja quand on a ses parents c’est déja pas facile !

    Quel egocentrisme de la part de cette femme !

    • Cagnard
      Cagnard répond à Felinette
      • Posté à 12h04 le 22/03/2010
      • Internaute 8722

      Ahhhhhh oui c’est sur ! Quel égocentrisme dites donc ! Plutôt que de sacrifier son enfant, elle a préféré se sacrifier pour lui. C’est pour qu’on la couvre de gloire après son départ ? ?
      Votre commentaire est particulièrement abject Madame.

      • Felinette
        Felinette répond à Cagnard
        Consultante
        • Posté à 11h09 le 25/03/2010
        • Internaute 109086
          Consultante

        Absolument pas Monsieur, elle a déliberement et consciemment fait d’un enfant, qui n’existait pas à la base et qui n’avait rien demandé, un orphelin.

        Sachant qu’elle avait déja un enfant, dont elle a aussi fait un orphelin, alors excusez moi, mais comme « sacrifice » ( ? ? !), y a plus glorieus et surtout plus intelligent !

        En meme temps, elle s’en fiche, elle n’est plus la pour s’en préoccuper !

         
        • YvanSolo
          YvanSolo répond à Felinette
          • Posté à 12h02 le 25/03/2010
          • Internaute 109256

          Non seulement orphelin, mais qui risque en plus d’être gravement handicapé à vie, et condamné à une vie de souffrance par l’égocentrisme et/ou le fanatisme de sa mère.
          D’aileurs, en recherchant volontairement le martyre, elle a commis le pêché de vanité.

        1 autres commentaires
  • Kelimp
    Kelimp
    Eco-citoyen
    • Posté à 11h43 le 22/03/2010
    • Internaute 99354
      Eco-citoyen

    Caroline a fait un choix douloureux, fatal pour elle.
    En cela, elle fut un être humain admirable...
    Et peu d’entre nous peuvent prétendre à son humanité dans notre société égoïste, matérialiste et insensible.

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