Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Etats généraux de la violence à l'école : on fait les paris ?

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 31/03/2010 à 11h07

A croire les faits rapportés par les moyens d’information la violence en milieu scolaire ne ferait que croître. Pourtant les chiffres publiés par le ministère ainsi que les travaux des spécialistes décrivent plutôt une certaine stabilité mais également « des formes nouvelles et inquiétantes ».

La violence ne s’arrête plus à la porte de l’école

On commence à le savoir maintenant, ces nouvelles formes sont essentiellement le harcèlement entre élèves (« bullying ») et la violence contre les enseignants eux-mêmes. Il est vrai que l’on avait tendance à dire jusqu’au début de ce siècle que la violence de la rue s’arrêtait à la porte de l’école ou du collège.

Ce fut l’une des observations discutées, fin 90, lors d’une visite d’Eric Debarbieux (président de l’Observatoire international de la violence à l’école) dans ce collège ZEP au pied de Belleville où j’eus le bonheur d’exercer. Mais l’on se demandait toutefois combien de temps encore cela durerait-il car déjà le « climat » ne nous disait, à nous enseignants, rien qui vaille.

Et voici donc qu’ Eric Debarbieux vient d’être chargé, à la tête d’un prestigieux Conseil scientifique, de mener à bien « les Etats généraux de la sécurité à l’école » qui se tiendront en Sorbonne les 7 et 8 avril prochain. Que faut-il attendre d’une telle manifestation ?

Pour qui ne connaîtrait ni les travaux ni les positions de Debarbieux, rien, serait-on tenté de répondre. Car, après tout, les ministres successifs depuis dix ans et plus (Allègre, Lang, Ferry, Fillon, Robien, Darcos...) n’ont-ils pas tous proclamé leur volonté d’en finir avec la violence ? Et n’ont-ils pas tous échoué ?

Faire de l’école un lieu de vie et non d’ennui

Je prends ici le pari que l’animateur principal de ces Etats généraux tentera de faire passer quelques-unes de ses idées comme il tente de le faire depuis des années par son action auprès des enseignants, par ses recherches et ses interventions dans les médias. Mais je prends aussi le pari que les plus pertinentes d’entre elles ne seront pas retenues par le ministre.

Ce faisant je ne prends que peu de risques si j’en juge par les termes de la lettre de mission adressée au président du Conseil scientifique : il s’agira « de permettre à l’Ecole de rester le lieu privilégié de l’apprentissage des savoirs et du vivre-ensemble ». Ce qui signifie que l’école est toujours ce lieu privilégié... puisqu’elle doit le rester. Il est possible de discuter la formulation « apprentissage des savoirs » (apprend-on un savoir ?) mais ce qui m’importe ici sont les mots « lieu privilégié du vivre-ensemble » et plus précisément le mot « vivre ».

Ainsi le ministre lui-même définit l’école comme un lieu de vie. Ceci est proprement révolutionnaire, car pour l’immense majorité des enfants et des adolescents et particulièrement pour tous ceux qui fréquentent ces 10% d’établissements dans lesquels se produisent les faits les plus graves, l’école n’est pas un lieu de vie mais un lieu de contrainte et d’ennui. Et c’est précisément parce que les établissements scolaires ne sont pas des lieux de vie que se développe cette violence dans les moins « vivants » et vivables d’entre eux.

Je propose donc que les Etats généraux se saisissent de la question et étudient les mesures à prendre pour que ces établissements deviennent au plus tôt des lieux de vie privilégiés c’est-à dire des lieux où les enfants et les adolescents vivent pour apprendre et apprennent pour vivre. Et je prends le pari que cela ne sera pas, que l’on s’en tiendra aux préconisations de 2008-2009 : diagnostics de sécurité, équipes mobiles de sécurité, sanctions, protections de toutes sortes...

« La violence scolaire participe du conflit des classes »

Mais je prends aussi le pari que Debarbieux qui pense que « les classes existent » et qui affirme que « la violence scolaire participe du conflit des classes » tentera, avec d’autres, de montrer que cette violence qui maintenant prend pour cible les élèves et les enseignants eux-mêmes, persistera et s’amplifiera sans doute tant que les ghettos sociaux dans lesquels elle prend naissance et les ghettos scolaires dans lesquels elle se manifeste persisteront.

Et je prends le pari qu’aucune mesure ne sera prise à la suite de ce colloque pour que soit entreprise, enfin, une politique progressive mais concrète d’éradication des ghettos urbains.

Enfin, je sais combien le pédagogue qu’est Eric Debarbieux martèle l’idée que l’isolement des professeurs, l’absence de véritable équipe pédagogique est dommageable, constitue même, selon son mot, un « facteur de risque ».

Et je sais aussi l’importance qu’il attache à l’investissement des parents dans l’école. Mais alors, s’agissant du travail collectif des enseignants et de la participation active des parents, on se heurte à tous les conservatismes. Je prends le pari que la question sera évoquée... une fois de plus.

Enfin, enfin, je prends le pari qu’une question essentielle ne sera pas véritablement débattue, celle de la violence comme spectacle dans une société toujours plus violemment spectaculaire dont la responsabilité revient aux adultes et non aux enfants.

Aller plus loin
  • 8376 visites
  • 70 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Hemenate
    • Posté à 11h48 le 31/03/2010
    • Internaute 856

    « Il est vrai que l’on avait tendance à dire jusqu’au début de ce siècle que la violence de la rue s’arrêtait à la porte de l’école ou du collège. »

    Et depuis, on a justement décidé d’en finir avec « l’école sanctuaire » pour en faire « un lieu de vie ouvert sur la société ».

    On voit le résultat…

    Quant à la mise à l’index systématique de l’ennui, on voit ce que ça donne : des générations de plus en plus incapables de se concentrer longuement sur un bouquin, ne pouvant passer cinq minutes sans allumer l’ordinateur, la télé, son baladeur ou consulter son iphone...

    Bref, l’ennui, en ce qu’il oblige à maîtriser ses pulsions, est au contraire une voie d’accès à la raison.

    • Homere elmero
      Homere elmero répond à Hemenate
      communiste primitif
      • Posté à 12h23 le 31/03/2010
      • Internaute 87706
        communiste primitif

      exact

    • egide
      egide répond à Hemenate
      Littéral
      • Posté à 13h31 le 31/03/2010
      • Internaute 45067
        Littéral

      Tiens, les conservateurs trouvent des vertus à l’ennui  ?
      En ce qu’il obligerait à maitriser ses pulsions  ?

      Vous vous ennuyez, pas de problème, c’est que vous maitrisez ... vos pulsions.

      Comment reconnait-on qu’un enfant en âge scolaire s’ennuie  ?

      Il fait n’importe quoi. Faire n’importe quoi, c’est s’activer beaucoup, c’est alterner les activités.

      Si le môme est si actif, c’est qu’il s’ennuie mais il ne parvient pas à maitriser ses pulsions.

      La preuve, il fait plein de trucs mais n’importe comment.

      Si la baffe dans la gueule, les punitions n’y font rien, c’est que l’enfant est hyperactif.

      Il y a quelque chose pour lui  !

      La ritaline améliore l’attention et les performances intellectuelles des enfants hyperactifs.

      Après le traitement, les gosses s’ennuient sans bouger ni la ramener.
      Il ne proteste plus quand on leur fait faire des trucs chiants.

      On peut regarder la télé en paix ou bien bidouiller son i-phone pour des raisons sérieuses, professionnelles.

      Je comprend enfin pourquoi je suis si raisonnable, j’ai dû m’ennuyer salement à l’école.

      • Hemenate
        Hemenate répond à egide
        • Posté à 18h58 le 31/03/2010
        • Internaute 856

        « Tiens, les conservateurs trouvent des vertus à l’ennui ? »

        Je me souviens qu’il y a à peine quelques mois, les opposants au néo-libéralisme était joyeusement taxés de conservateurs et de ringards. C’est dire le niveau de ce genre d’invectives…

        Sinon, ce n’est sûrement pas en évitant tout ennui à un gamin qu’on va lui apprendre la concentration. En revanche, si on lui évite toute frustration en s’efforçant de satisfaire immédiatement ses moindres envies, on le prédispose en effet à être un parfait petit pantin de la société de consommation.

        Pour le reste, entre ritaline et châtiments corporels, je vous laisse à vos fantasmes, si vous avez besoin de vous pignolez en vous construisant une une image du Méchant idéal, grand bien vous fasse.

         
        • egide
          egide répond à Hemenate
          Littéral
          • Posté à 22h40 le 31/03/2010
          • Internaute 45067
            Littéral

          Même au comptoir d’un bar, on n’a le dixième de l’agressivité que vous vous permettez dans une discussion.

          Certes les flux dématérialisés des conversations favorisent ce genre de comportements.

          On ne sait pourquoi vous opposez ennui et frustration comme l’alpha et l’oméga de l’éducation des enfants.

          Vous avez une méchante rhétorique et très peu de logique.

          Vous faites un peu la bête en sautant du coq à l’âne sans raison.

        1 autres commentaires
    • I.P
      I.P répond à Hemenate
      Flat4
      • Posté à 17h00 le 31/03/2010
      • Internaute 25391
        Flat4


      Quant à la mise à l’index systématique de l’ennui, on voit ce que ça donne : des générations de plus en plus incapables de se concentrer longuement sur un bouquin, ne pouvant passer cinq minutes sans allumer l’ordinateur, la télé, son baladeur ou consulter son iphone...
      Bref, l’ennui, en ce qu’il oblige à maîtriser ses pulsions, est au contraire une voie d’accès à la raison.

      Quand on voit ce que vous considérez comme la « raison » au fil de vos commentaires sur ce site on peut douter des vertues de l’ennui, surtout que votre commentaire fleure bon la réaction ambiance pensionnat de Chavagnes.
      Et indépendemment de vos écrits passés, glorifier l’ennui comme frustration salutaire pour apprendre à maîtriser ses pulsions c’est tout bonnement s’avouer incapable d’intéresser ses élèves/ses enfants aux messages qu’on tente de leur faire passer, et préférer la facilité du « couché, au pied, soit sage et tais toi » au développement des talents de pédagogues qui vous font manifestement défaut.

      • Hemenate
        Hemenate répond à I.P
        • Posté à 19h20 le 31/03/2010
        • Internaute 856

        « fleure bon la réaction »

        Comme je le dis plus haut à egide, il y a à peine quelques mois on traitait encore de réactionnaires les opposants aux privatisations des services publics. C’est dire le niveau de ce genre d’anathèmes qui se voudrait argument.
        Cela permet en tout cas d’avoir d’entrée une idée de la qualité de raisonnement du contradicteur…

        Sinon, le problème c’est que si vous posez l’intérêt de l’élève comme axiome d’une méthode d’enseignement, alors vous vous exposez à ce que l’élève considère légitime de disqualifier cet enseignement dès lors qu’il s’ennuie.
        Et si vous vous imaginez que dans une classe, tous les élèves vont naturellement s’intéresser en même temps, pendant toue la journée, à n’importe quel sujet, vous êtes éblouissant de candeur.

        Quant au « couché, au pied, sois sage et tais toi », tout comme egide (encore), je vous laisse à vos fantasmes, si vous avez besoin de vous pignolez en vous construisant une image du Méchant idéal, grand bien vous fasse.

         
        • I.P
          I.P répond à Hemenate
          Flat4
          • Posté à 19h34 le 31/03/2010
          • Internaute 25391
            Flat4


          Comme je le dis plus haut à egide, il y a à peine quelques mois on traitait encore de réactionnaires les opposants aux privatisations des services publics. C’est dire le niveau de ce genre d’anathèmes qui se voudrait argument.

          La réaction consiste à dénigrer le présent en l’opposant à un passé, souvent fantasmé, que l’on regrette. Cela convient donc tout à fait pour qualifier votre premier commentaire. Aucun anathème dans l’utilisation de ce mot -cessez donc de vous croire persécuté-, mais une simple constatation.

          D’ailleurs, au petit jeu de chercher une citation où un mot d’au moins deux syllabes est utilisé de manière outrancière, je pense qu’on doit pouvoir réussir à disqualifier tout le dictionnaire.


          Cela permet en tout cas d’avoir d’entrée une idée de la qualité de raisonnement du contradicteur…

          J’ai bien remarqué que de toute manière de votre point de vue tous vos contradicteurs sont des vermisseaux, inutile de le rappeler.


          Sinon, le problème c’est que si vous posez l’intérêt de l’élève comme axiome d’une méthode d’enseignement, alors vous vous exposez à ce que l’élève considère légitime de disqualifier cet enseignement dès lors qu’il s’ennuie.

          Auquel cas je me moque totalement qu’il ne se concentre pas du moment qu’il ne dérange pas le déroulement du cours. Après si les parents ne font pas leur travail en apprenant aux enfants à s’occuper de manière acceptable par leur entourage ce n’est pas un problème qui concerne l’enseignement.

          Quant aux méthodes d’enseignement justement, permettez moi de vous faire remarquer que si vous n’éveillez pas l’intérêt d’un élève ce n’est pas parce qu’il vous regarde sagement en masquant son ennui que votre cours lui apportera quoi que ce soit. Au mieux il apprendra sagement le minimum vital pour réussir l’examen lié à ce cours et s’empressera de tout oublier, bref résultat nul.


          Et si vous vous imaginez que dans une classe, tous les élèves vont naturellement s’intéresser en même temps, pendant toue la journée, à n’importe quel sujet, vous êtes éblouissant de candeur.

          Que voulez vous, mes collègues et moi avons la prétention de ne pas être de trop mauvais enseignants. Toutefois nous attendons avec impatience vos conseils avisés pour nous améliorer.

          • Hemenate
            Hemenate répond à I.P
            • Posté à 20h26 le 31/03/2010
            • Internaute 856

            Comme je le disais on peut donc qualifier les personnes s’opposant au néo-libéralisme de réactionnaires.
            Félicitations, vous allez pouvoir introduire l’étude du gramscisme au cour élémentaire…

            Ensuite vous vous moquez totalement qu’un élève soit concentré du moment qu’il ne vous dérange pas (chapeau bas...), tout en considérant qu’il faut éveiller son intérêt… Encore un joli salmigondis.
            Et la question de la légitimité de l’enseignement passe évidemment à la trappe.

            Je vous conseillerai donc à vous et vos collègues « animateurs de classe » d’éviter de nous réinventer l’abbaye de Thélème, et de remettre le savoir au centre du système plutôt que les « apprenants ».
            Vous connaissez le débat…

            • I.P
              I.P répond à Hemenate
              Flat4
              • Posté à 21h01 le 31/03/2010
              • Internaute 25391
                Flat4


              Comme je le disais on peut donc qualifier les personnes s’opposant au néo-libéralisme de réactionnaires.

              Totalement hors sujet.
              Quoi qu’il en soit si dans votre monde les services publics font déjà partie du passé, et le néo-libéralisme est devenu la norme, bien évidemment que le qualificatif de « réactionnaire » serait correct, mais aux dernières nouvelles ce n’est pas encore le cas.

              Mais même si vous aviez raison sur ce point précis je ne vois pas en quoi cela disqualifierait ma légitimité à employer le mot « réaction » pour qualifier votre message d’origine.


              Ensuite vous vous moquez totalement qu’un élève soit concentré du moment qu’il ne vous dérange pas (chapeau bas...), tout en considérant qu’il faut éveiller son intérêt… Encore un joli salmigondis.

              Encore du grand n’importe quoi déduit d’un de vos fantasmes.
              Si ayant fait tout mon possible je n’arrive pas à intéresser un élève je ne vois pas pourquoi je devrais exiger de lui qu’il m’écoute religieusement comme le robot bien programmé que vous semblez considérer comme l’élève idéal. Du moment qu’il ne dérange personne je ne vois pas au nom de quoi il faudrait lui interdire de faire autre chose. Point barre.
              Et si ce comportement se répète dans tous les cours il faut plutôt se soucier de la pertinence de son orientation plutôt que de glorifier je ne sais quelle vertue fumeuse de l’ennui poli.

              Sur ce je vous laisse conclure prématurément ce débat, une fois de plus votre morgue couplée à vos déformations systématiques des propos de vos interlocuteurs coupe tout intérêt à la discussion. Ne vous gênez surtout pas pour vous gargariser une fois de plus de votre supériorité, je vous promets de ne pas répondre.

              • Hemenate
                Hemenate répond à I.P
                • Posté à 22h20 le 31/03/2010
                • Internaute 856

                D’autant plus que malgré vos dénégations vous ne faites que confirmer ce que je vous reproche.

                Vous refusez toute légitimité au savoir en tant que tel.
                Vous légitimez au contraire la disqualification de ce savoir à partir du moment où l’élève ne le trouve pas à son goût.

                Dans une logique purement consumériste vous subordonnez le savoir à la seule question de l’intérêt.

                Ce que vous faites, ça s’appelle simplement abandonner ses élèves.

          • spartak
            spartak répond à I.P
            (comité libertaire lyophilisé)
            • Posté à 23h34 le 31/03/2010
            • Internaute 84113
              (comité libertaire lyophilisé)

            « Au mieux il apprendra sagement le minimum vital pour réussir l’examen lié à ce cours et s’empressera de tout oublier, bref résultat nul. » Ben non, puisqu’il aura avec ce moyen la possibilité de décrocher des diplômes qui lui ouvriront la porte de stages et de boulots où il fera ses preuves.
            Si vous croyez que l’école est faite pour éveiller les enfants aux richesses de l’humanité, détrompez-vous, c’est tout à fait marginal. L’apprentissage n’est que très rarement un temps de plaisir, je crois que c’est ce que voulait dire le réac avec qui vous avez maille à partir. Vous avez du plaisir quand vous possédez les bases, en maths, en français ou en course à pied, c’est pareil - pas quand vous apprenez la décomposition des fractions, l’imparfait / passé simple, ou quand vous vous lancez dans vos premiers footings.
            Dire le contraire, c’est l’essence de toute la démagogie social-démocrate qui, COUPLEE aux ravages sociaux du capitalisme, fait qu’aujourd’hui en CM1, les élèves en sont à se demander dans quelle équipe joue Louis XIV.

            Lien
            Lien

            • I.P
              I.P répond à spartak
              Flat4
              • Posté à 00h04 le 01/04/2010
              • Internaute 25391
                Flat4


              « Au mieux il apprendra sagement le minimum vital pour réussir l’examen lié à ce cours et s’empressera de tout oublier, bref résultat nul. » Ben non, puisqu’il aura avec ce moyen la possibilité de décrocher des diplômes qui lui ouvriront la porte de stages et de boulots où il fera ses preuves.

              En faisant du pur bachotage immédiatement oublié il n’ira pas bien loin. Pour le bac bien sûr ça suffira, et encore seulement pour le bac général, à mon avis en faisant comme ça en bac pro c’est foutu d’avance.


              L’apprentissage n’est que très rarement un temps de plaisir, je crois que c’est ce que voulait dire le réac avec qui vous avez maille à partir.

              Évidemment qu’il ne s’agit pas de plaisir, qui aurait envie de s’enfermer huit heures par jour dans une classe au lieu de faire ce que bon lui chante ?
              Mon problème avec l’autre réac était sa glorification passéiste de l’ennui comme moyen d’éducation. Mais entre « plaisir » et « ennui » il y a un juste milieu qui consiste à susciter un minimum d’intérêt chez les élèves au lieu de faire du bourrage de crâne pour produire des singes savants comme au bon vieux temps qu’il semble regretter.

              • Hemenate
                Hemenate répond à I.P
                • Posté à 01h04 le 01/04/2010
                • Internaute 856

                Je n’ai absolument pas glorifié l’ennui comme moyen d’éducation mais simplement déploré sa « mise à l’index systématique ».
                Ce qui est très différent, car rejeter l’ennui par principe revient à prendre l’intérêt comme axiome de légitimation de la diffusion du savoir, ce qui illustre clairement une conception consumériste de ce savoir.

                Sinon, personnellement je pense que si la curiosité n’est pas naturelle, c’est justement l’accumulation de savoir qui peut susciter l’intérêt.
                Plus on en sait, plus cela ouvre à de nouvelles questions, à de nouvelles perspectives. Plus on sait, plus on a envie de savoir.
                En ce sens, laisser un élève « faire autre chose » sous prétexte qu’il n’est pas intéressé, c’est bien l’abandonner à sa médiocrité, c’est renoncer à lui donner une chance de s’élever.
                D’autre part, les enfants issus des classes sociales aisées ayant justement, en général, un environnement culturel plus riche, c’est avaliser les prédéterminismes sociaux.

                Le raisonnement qui fait de l’intérêt de l’élève la condition de l’enseignement est d’ailleurs assez paradoxal, puisqu’il tend à rejeter uniquement sur le professeur la responsabilité d’un éventuel échec scolaire. .. Ce qui me semble, d’une part, être souvent injuste pour les professeurs, et d’autre part provoquer une déresponsabilisation de l’élève des plus néfaste
                (le classique « c’est pas ma faute, c’est le prof qui est nul »).

                • I.P
                  I.P répond à Hemenate
                  Flat4
                  • Posté à 08h48 le 01/04/2010
                  • Internaute 25391
                    Flat4

                  blablabla
                  excusez moi de ne pas lire votre message, c’est au delà ma capacité de résistance à votre prose pompeuse.

              • spartak
                spartak répond à I.P
                (comité libertaire lyophilisé)
                • Posté à 19h38 le 01/04/2010
                • Internaute 84113
                  (comité libertaire lyophilisé)

                Ouaip, on ne peut pas se ranger derrière les partisans allumés de l’école du certif, qui laissait sur le carreau autant de monde qu’aujourd’hui.
                Mais si l’on se base sur les protestations enseignantes face aux programmes 2008 (bon point de vue synthétique sur les arguments de la pédagogie dite socio-constructiviste), on ne peut s’empêcher de penser que l’argument autour du nécessaire intérêt suscité par les apprentissages concerne de fait les enseignants et non les élèves : c’est plus sympa de mener des séances de lecture CP avec des contes qu’avec Ratus, et plus gratifiant de faire de la production d’écrits en s’inspirant de l’Oulipo que de proposer de banales rédactions. L’école c’est lire, écrire, compter, et ça c’est pas drôle à apprendre, la motivation n’est pas interne, elle est externe. Ce que l’on peut faire avec ce que l’on apprend : la recherche de la motivation des élèves doit se construire à partir de ça.

        9 autres commentaires
    • Barbarella
      Barbarella répond à Hemenate
      • Posté à 16h13 le 01/04/2010
      • Internaute 27741

      C’est Gaston Bachelard, qui vantait les mérites de l’ennui...

      Vous n’avez pas tort, sauf que... on est dans une société allergique à l’ennui, et que ces enfants ont été éduqués dans l’hyper-excitation depuis la petite enfance....

      Les parents sont passés à la dicipline positive, mais pas tous les enseignants.

      On sait, en entreprise, que la génération X et la génération Y doivent être gérées différemment que les quinquas, c’est un défi pour les départements de ressources humaines... c’est normal que ce soit dur aussi dans les écoles...

    • Keldan
      Keldan répond à Hemenate
      Now future & karpe diem
      • Posté à 18h09 le 02/04/2010
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Franchement, s’il faut se concentrer sur un livre pour le lire, je change de bouquin, c’est qu’il est nul et chiant.
      Et les ordinateurs demandent parfois beaucoup de concentration, surtout quand t’es bien terré avec un fusil de sniper : D

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 11h47 le 31/03/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    ça commence bien.
    Et un post, un !

    • Hemenate
      Hemenate répond à framboise92
      • Posté à 12h03 le 31/03/2010
      • Internaute 856

      Il est tout de même étonnant de voir à quel point il semble insupportable à certains de voir exprimé un avis différent du leur.

      Ne trouvez-vous pas ?

      • framboise92
        framboise92 répond à Hemenate
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 12h29 le 31/03/2010
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        J’ai dit « ça commence bien ».
        Je n’ai pas été agressive, que je sache.
        Que voulez-vous que je poste comme argument ?
        J’en ai déjà posté assez.

         
        • framboise92
          framboise92 répond à framboise92
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 12h34 le 31/03/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          ai-je mal compris votre post ?

        1 autres commentaires
    • 14240
      14240 répond à framboise92
      retraité
      • Posté à 11h54 le 31/03/2010
      • Internaute 95774
        retraité

      Bonjour framboise.... !
      Ce qui manque...c’est la volonté des politiques à investir dans l’école (pas assez de moyens, et de personnels !)... !
      Des mots depuis des années...rien d’autre !
      Affligeant !

      • framboise92
        framboise92 répond à 14240
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 12h31 le 31/03/2010
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Je pense que l ’auteur parle aussi d’un désir de société que la société ne veut pas se donner les moyens de réaliser.
        Logements, zones sensibles etc....
        Sinon, bien sûr, je suis d’accord avec toi !

         
        • 14240
          14240 répond à framboise92
          retraité
          • Posté à 12h42 le 31/03/2010
          • Internaute 95774
            retraité

          La rentabilité...l’unique pensée des politiques !
          A+1..

          • framboise92
            framboise92 répond à 14240
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 12h46 le 31/03/2010
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            oui !
            Et eux ne sont pas rentables du tout ! Sauf pour les rentiers !
            RentRabilité dans leurs poches....

            • 14240
              14240 répond à framboise92
              retraité
              • Posté à 12h52 le 31/03/2010
              • Internaute 95774
                retraité

              Des oncles....« Pique-Sous ».... !

              • framboise92
                framboise92 répond à 14240
                je choisis la campagne, la (...)
                • Posté à 13h01 le 31/03/2010
                • Internaute 24519
                  je choisis la campagne, la (...)

                Tiens c’est bien parce que c’est toi (tu me diras plus tard où tu en es dans tes essais de photos) :
                .
                Bye.

                • 14240
                  14240 répond à framboise92
                  retraité
                  • Posté à 13h06 le 31/03/2010
                  • Internaute 95774
                    retraité

                  Pour l’instant....je suis dans mon ordi....avec masque et palmes ! ...pour chercher ou sont les couleurs ? ...pour changer les tubes !

                  • framboise92
                    framboise92 répond à 14240
                    je choisis la campagne, la (...)
                    • Posté à 13h14 le 31/03/2010
                    • Internaute 24519
                      je choisis la campagne, la (...)

                    Bon courage ! ! !
                    Je viens de clouer le bec d’un cadre coq qui m’écrit ça : « Mouais.......merci, mais pendant que tu es dans la Rue à glander, la préparation des devoirs pour demain ne se fait pas......et après tu te plains......espèce de nanti ! »
                    A moi il me dit ça ! Ferait bien de voir mes docs de classe avec mes petits poussins, le face de gl...d
                    bizzzz @ plus !
                    Faut recadrer les cadres, ils le valent bien ! ! ! !

                    • 14240
                      14240 répond à framboise92
                      retraité
                      • Posté à 13h17 le 31/03/2010
                      • Internaute 95774
                        retraité

                      Hélas....la connerie....c’est à tous les étages !

                      • framboise92
                        framboise92 répond à 14240
                        je choisis la campagne, la (...)
                        • Posté à 13h37 le 31/03/2010
                        • Internaute 24519
                          je choisis la campagne, la (...)

                        Il vientt de me dire que,c’était de la provoc.
                        pardon alors ! Je retire !
                        caiooooooo

                        • 14240
                          14240 répond à framboise92
                          retraité
                          • Posté à 13h49 le 31/03/2010
                          • Internaute 95774
                            retraité

                          Moi aussi de temps en temps....je tombe sur des trous du cul ! ..je retire !
                          A+

                          • framboise92
                            framboise92 répond à 14240
                            je choisis la campagne, la (...)
                            • Posté à 14h00 le 31/03/2010
                            • Internaute 24519
                              je choisis la campagne, la (...)

                            lol

                            • 14240
                              14240 répond à framboise92
                              retraité
                              • Posté à 15h50 le 31/03/2010
                              • Internaute 95774
                                retraité

                              OK...lol...mais tous ces signes « Cabats-Listiques »...(c’est comme pour mettre les photos !)...sont des énigmes pour moi ?
                              j’vais bientôt remonter de mon disque dur !

                              • framboise92
                                framboise92 répond à 14240
                                je choisis la campagne, la (...)
                                • Posté à 19h29 le 31/03/2010
                                • Internaute 24519
                                  je choisis la campagne, la (...)

                                t’occupe des cabats listiques, copie, réféchis dans le panier de la ménagère. Colle bêtement !

                                • 14240
                                  14240 répond à framboise92
                                  retraité
                                  • Posté à 20h11 le 31/03/2010
                                  • Internaute 95774
                                    retraité

                                  Merci... !

                                  • framboise92
                                    framboise92 répond à 14240
                                    je choisis la campagne, la (...)
                                    • Posté à 20h41 le 31/03/2010
                                    • Internaute 24519
                                      je choisis la campagne, la (...)

                                    de nada !

                            • beaumasque
                              beaumasque répond à framboise92
                              Conseiller municipal d' (...)
                              • Posté à 10h32 le 01/04/2010
                              • Expert 12155
                                Conseiller municipal d' (...)

                              Scène de la violence scolaire ordinaire

                              Je fais partie de cette fraction de population qui, grâce à l’école, a pu s’extraire de la condition générale de sa famille, diplômé de 3ème cycle, cadre supérieur dans un grand établissement de recherche je dois beaucoup à l’école, au goût du savoir et de la connaissance qu’elle m’a donné. De ce passé je garde une conscience aigüe de l’importance que revêt le savoir et l’étude. Divorcé, père d’un enfant de 14 ans dont j’ai la garde, je suis très impliqué quant à son éducation, je suis avec attention sa scolarité et participe au conseil de classe (de sa classe) depuis plusieurs années.

                              Le récit qui va suivre n’est ni une charge, ni une caricature, ni un règlement de compte avec une institution à laquelle je dois tant et pourtant même rétrospectivement il m’effraie. Tout est vrai, basé sur les notes prises au cours du conseil de classe, les noms ont été changé afin que personne ne puisse se reconnaître mais que chacun puisse s’y retrouver.

                              Première prise de contact

                              En cette fin d’après midi je dois participer au conseil de classe de troisième de mon enfant. Le conseil de classe du 2ème trimestre est celui où, en troisième, se décide pour l’essentiel l’orientation des élèves. Alors je suis quelque peu inquiet pour lui et pour ce que je vais entendre à son propos, mais je ne suis pas là que pour lui et je veux être attentif et présent pour tous. Même si je sais qu’il y a peu de chance que je puisse beaucoup interférer dans ce qui va se passer, j’espère que ma présence pourra être utile.

                              Le conseil doit avoir lieu à partir de 17h00. Je me présente aux environs de 16h45, détestant être en retard je ne veux pas vivre le stress du dernier moment. Je sonne à la grille, un portillon s’ouvre automatiquement, je traverse une partie de la cour déserte, pénètre dans le bâtiment pour me présenter à l’accueil.

                              Bien que délégué parent d’élève je n’ai pas l’information du numéro de la salle dans laquelle doit se tenir la réunion. J’explique la situation à la personne derrière le guichet. Elle me propose, presque prévenante, d’attendre dans une pièce à coté de la loge. Il s’agit d’une salle d’attente spartiatement aménagée, deux mètres sur deux, trois portes, deux affiches aux murs, quelques chaises rembourrées en skaï, rien d’autre.

                              J’attends, je reste debout car je ne sais pas si l’on va venir me chercher immédiatement, si l’on va me donner le numéro de salle tout de suite ou un peu plus tard. Des élèves traversent la pièce, un enseignant passe, il dit quelques mots à une jeune fille qui manifestement l’attendait. Personne ne me prête attention, je suis transparent. Au bout d’un quart d’heure de la même façon que l’on m’a dit d’attendre l’on me donne, sans autre forme de procès, le numéro de la salle. Je peux enfin y aller, seul, sans que qui que ce soit ne m’accompagne.

                              Par cette attente inconfortable, par cette injonction de rester en ce lieu pas très accueillant, en l’édictant sans explication, puis en m’autorisant à aller là ou je dois aller, sans plus d’explication, on me rappelle ma place, mon statut extérieur, exogène au système. Bien que parent délégué, bien que devant participer au fonctionnement de l’institution je ne suis manifestement pas le bienvenu, je suis juste un corps étranger que l’on se doit de stocker, de contrôler, avant de le laisser se rendre là ou il est attendu. Je suis invité, juste invité.

                              J’arrive devant la salle, au premier étage, le collège est totalement silencieux. Pas un bruit, pas le moindre bourdonnement de vie derrière les portes, pas même le vague chuchotement ou l’éclat d’une voix. J’attends quelques minutes. Le principal adjoint arrive, un gros dossier sous le bras. Nous nous connaissons vaguement, nous nous sommes déjà croisés à quelques occasions, nous savons l’un et l’autre qui nous sommes, au moins quel rôle nous tenons chacun en ce lieu.

                              Il me tend la main, a un sourire amical. Nous nous saluons. Il me dit que je dois être dans la salle d’à coté. Je lui donne le numéro de la troisième pour laquelle je suis venu. Il me confirme que c’est bien à coté. Je le remercie. Il s’engouffre dans la salle que l’on m’a indiquée mais qui n’est pas la bonne. Je rejoins le bon endroit. Je me place le long du mur près de la porte. Réflexe profondément incorporé par des années et des années de scolarité je sais où me mettre pour attendre la personne qui, elle, est légitime pour ouvrir cette porte et nous dire que nous pouvons y aller.

                              Installation

                              Un peu d’attente encore. Enfin des voix dans l’escalier avec cet écho si particulier des lieux inhabités. Le Principal et la Conseillère Principale d’Éducation (CPE) débouchent dans le couloir en grande conversation l’un avec l’autre, derrière, en léger retrait, le deuxième délégué parent. Bref coup d’œil du Principal, salutation fraiche de la CPE, bref mais franc serrage de mains entre parents délégués.

                              Le Principal ouvre la porte et entre, suivi de la CPE et des deux parents en queue de peloton. Voilà nous y sommes. Une salle de classe comme tant d’autres, les tables ont été mise en rond. Un vidéo projecteur posé sur une tablette à roulette trône au milieu de la pièce, un écran blanc est descendu le long d’un mur. Le Principal s’installe au milieu du haut bout de la tablée. Il préside, il contrôle le vidéo projecteur, il possède le micro-ordinateur portable, signe insigne de pouvoir et de modernité.

                              La CPE se place à sa gauche, le prof principal, qui vient d’arriver, à sa droite. Les autres enseignants suivent, s’installent à la gauche de la CPE, vague brouhaha, raclement de chaises, tous ne sont pas là. Nous, parents d’élèves, nous nous sommes naturellement placés sur un coté, un peu loin de la place des autorités, après les enseignants. Pas un professeur qui se tourne vers nous, qui vienne nous saluer, pas un mot, nous sommes là c’est suffisant.

                              Les délégués élèves sont en retard, un élève, qui n’est pas délégué mais qui a été convoqué, entre sans y être invité. Première manifestation de mécontentement. Le principal interpelle l’élève pas très au fait du protocole, lui demande de bien vouloir attendre dehors. Le ton est sec, plein d’autorité et d’ironie. L’élève tente de répondre, dit qu’il a été convoqué, bat en retraite dans le couloir avant de fermer la porte.

                              Petit soupir de soulagement de l’assistance, d’une phrase parfaitement pesée le Principal expédie l’incident, qui démontre l’inadaptation de cet élève, son incorrection, son effronterie. Il balaye la salle du regard et voit qu’il manque les délégués élèves. Nouvelle marque d’irritation et remarque sur le peu de sérieux que cela dénote. L’un d’entre eux arrive un peu en catastrophe. Première remontrance pour lui. On lui demande où est son camarade. Gêné il fait part à l’assistance que l’autre délégué ne participera pas à ce conseil. Regard entendu entre le Principal et le professeur principal.

                              Petit intermède, le vidéo projecteur ne fonctionne pas. Léger énervement du Principal, matériel toujours en panne, grommellement. On fait intervenir le Principal Adjoint qui se trouve dans la salle d’à coté. Il appuie sur le bouton Power. Voilà ça marche. Le Principal dit qu’il n’est pas très à l’aise avec ce matériel moderne. Personne ne fait de remarque, ce serait malvenu nous le savons tous.

                              Avant de commencer le conseil de classe proprement dit, le Principal s’adresse à tous vaguement, à la cantonade, pour demander s’il n’y a pas de remarques particulières, s’il y aurait quelque chose d’ordre général à déclarer avant de commencer. Délégué élève et parents n’avons rien à dire. Nous n’avons pas eu de remontée de qui que ce soit, ni sur quoi que ce soit. Cette absence de remarque en vaut une en retour sur le peu d’intérêt que semble porter à l’école les muets, qu’il ne faut pas s’étonner dans ces conditions … La remarque n’est pas neutre, elle fait d’entrée entendre clairement la culpabilité de ces gens, qui ne font pas montre de l’intérêt nécessaire pour l’institution scolaire, dans la situation de leurs enfants, dans la situation du collège.

                              Le conseil de classe

                              Il est alors proposé de commencer par l’élève qui s’était introduit trop tôt dans la salle : puisqu’il est là, autant le faire entrer tout de suite. Personne ne formule d’objection. La CPE se lève, va ouvrir la porte et appelle l’élève. Il entre, nous sommes tous assis, nous le suivons du regard, il doit trouver sa place. Il va s’installer après quelques hésitations de l’autre coté, à l’opposé des adultes, isolé, plusieurs mètres entre le premier des adultes et lui.

                              Le Principal commence, d’une voix forte il demande à l’élève ce qu’il souhaite comme orientation. Regard posé sur ses chaussures, sourire gêné, il sait que son souhait est inadéquat, il dit d’une voix fluette qu’il veut aller « en générale ». Le Principal, instantanément, lui fait remarquer qu’il n’a pas le niveau, qu’il est parfaitement inconscient de vouloir une telle orientation, que l’on ne dit pas générale, qu’au moins il pourrait s’exprimer et se tenir correctement.

                              En quelques phrases Moussa vient d’être annulé. Son souhait d’orientation est inepte, son comportement est incorrect, sa façon de s’exprimer impropre. Fermez le ban. Le gamin se tortille sur sa chaise. Il a un grand corps de môme de bientôt 16 ans. Il ne sait pas trop comment se tenir, cette carcasse qu’il habite depuis peu l’embarrasse, il est tout simplement mal à l’aise. Le regard fuit on lui en fait le reproche, il évite de regarder ces adultes qui le jugent et qui lui reprochent de ne pas les regarder.

                              Il pense faire combien d’année d’études encore ? 5 ou 6 dit il, dans l’informatique précise t il. Le Principal reformule « Tu penses passer le bac et faire encore 2 ou 3 ans après ». Le môme acquiesce. Le Principal balaye ça d’une phrase. Il le rappelle au principe de réalité, il n’est pas bon, il doit se préparer à une autre orientation.

                              Électromécanique, voilà ce que le gamin nous souffle, il a déjà envisagé un moindre mal, une porte de sortie, un espoir. Le môme a un petit sourire nerveux, il ne se fout pas de nous, il est tout simplement mal à l’aise. Il a de brefs éclats de rire silencieux, comme nous avons tous lorsque nous sommes trop anxieux. « Il n’y a pas de quoi rire », l’injonction est ferme. Lui se tourne, ne veut pas donner à voir son sourire éclatant, son malaise, ne veut pas nous voir. Il fuit comme il peut ce lieu, cette place. Il ne connait pas le mot, pas l’expression, encore moins l’objet mais il y est bel et bien, sur la sellette.

                              Électromécanique... même ce rêve amoindri de son avenir on va le lui rabattre, lui faire toucher sa quasi inaccessibilité. Électromécanique devient un éden, un nirvana, un absolu qu’il devra mériter et que pour l’instant il n’a pas même comme possible.

                              Fin du débat. Le gosse n’arrive pas à quitter la salle avec fluidité. Les cotés sont encombrés de chaises, d’adultes, il ne sait pas trop comment parvenir jusqu’à la sortie. Il s’empêtre dans les chemins possibles, ne sait lequel choisir. Finit par y parvenir. Lors de sa sortie maladroite la CPE lui dit bien fort « Au revoir Moussa ». Lui se rappelle à son rôle, aux règles d’une politesse qui veut que l’on dise au revoir à ceux même qui viennent de vous mettre sur le gril. « Au revoir Madame ».

                              Le Principal fait remarquer qu’il attendait cet au revoir, qu’il n’avait rien dit pour voir et bien pour voir il avait vu … La CPE, elle, dit qu’elle avait préféré lui dire afin de le rappeler à l’ordre. Le professeur principal lit un commentaire sur Moussa, sur son travail, sur son comportement. Moussa est un problème, Moussa n’est pas bon, Moussa est fainéant, Moussa ne fait rien, Moussa est un perturbateur, alors pour électromécanique vous pensez bien. Approbation générale de ceux qui comptent vraiment autour de cette table, le cas est entendu, suivant.

                              A partir de là tout va s’enchainer. Pas un élève ou presque ne va trouver grâce aux yeux de qui que ce soit. Les mêmes jugements vont se répéter à l’infini : fainéant, sans curiosité intellectuelle, passif, inerte, velléitaire, insupportable, sans intérêt. Toute la classe y passe, pas un qui ne fasse pas l’objet d’une remarque. Celui ci ne participe pas assez, celui là n’écoute pas, le niveau est insuffisant pour tous.

                              Les résultats des élèves sont tous à la baisse, partout, dans toutes les matières. Ce n’est plus un conseil de classe c’est un naufrage. Pas un pour relever l’autre. Les jugements s’enchainent, une heure trente pour 28 élèves soit à peine un peu plus de 3 minutes pour chacun. Une heure trente y-compris le temps de mise en place et de démarrage.

                              Si vous pensez qu’il s’agit d’une classe exceptionnelle, la classe dans laquelle l’on aurait rassemblé la lie scolaire, ne rêvez pas, ne vous raccrochez pas à cet espoir, pas une seule troisième qui se trouve dans une meilleure situation. Toutes pareilles et surtout, les élèves … tous pareils. Immatures, obtus, inintéressants, ils n’ont pas compris l’importance de cette année de troisième.

                              Quant aux orientations qu’ils souhaitent : pas de pitié, principe de réalité d’abord et avant tout. L’une voudrait faire coiffeuse, « c’est pas gagné » il faut qu’elle trouve un patron et ce n’est pas certain. Une autre un CAP « aide à la petite enfance », « … n’importe quoi il n’y a que 25 places sur le département alors c’est pas avec son niveau » … tout est dit … Il faut donc quel niveau pour faire un CAP aide à la petite enfance ? Pas le sien apparement.

                              Celui là il veut aller dans le bâtiment. Parfait, voilà un rêve qui lui ira comme un gant. Le gosse pense architecte, ce sera maçon ou plâtrier, peintre, électricien au mieux. « Celui là il fume et pas que du tabac », air entendu, « derrière le camion », « Ah bon ? » « Mais si on dirait une cheminée ! ». S’il a une addiction au shit ne serait-il pas du rôle du système éducatif de s’en préoccuper ? De prévenir ? Alors qu’est ce qu’on fait ? Là-dessus pas un mot, pas un instant de passé. En seconde Pro, en CAP, circulez, vite, il n’y a rien à attendre, rien à voir. « L’enseignement professionnel c’est très bien » et derrière ces mots prononcés, pour ceux qui veulent bien être attentifs, on entend « pour eux ». Bien sur, ils ne seront jamais prononcés ces deux mots : « pour eux », ces deux mots qui permettent de repousser ces mômes de 14 ans hors de la communauté de sachant que nous formons, qui se réunit et qui pour certains décide. Mais dans le ton, le regard entendu, l’hexis corporelle tout le crie et le proclame : « L’enseignement professionnel c’est très bien pour eux. ».

                              Épilogue provisoire

                              La plupart de ces gosses ont 14 ou 15 ans se sont des mômes, avec des rêves de môme, des mômes avec des vies pas toujours simples, pas toujours douces, mais qui, par miracle, devraient avoir une vue claire sur leur avenir, une curiosité intellectuelle insatiable et innée, un sens des convenances et du protocole impeccable. Bref des adultes achevés.

                              A chaque fois, pour chacun : « c’est quoi l’orientation demandée ? » Un temps, un soupir comme un haussement d’épaule, « seconde générale », un autre temps « Il va falloir lui dire de réviser ses ambitions ».

                              Quant au redoublement, de droit pour certains élèves, on ne l’évoque pas. Il n’en est pas question. Au troisième trimestre mais pour l’instant on affiche, des orientations non désirées, des avenirs dont nous savons les uns et les autres qu’ils sont en trompe l’œil.

                              A une gamine insoumise, aux notes catastrophiques en français, en langues on propose une orientation en CAP de secrétariat. En CAP de secrétariat, ça existe encore ça ? Les postes de secrétaire actuellement sont de plus en plus rares dans les entreprises, embauchées au niveau BTS minimum, bilingue ou trilingue avec des notions de comptabilité, de droit social et j’en passe, voilà ce que sont aujourd’hui les secrétaires. Proposer un CAP secrétariat c’est dire ouvertement : à la porte, allez ouste dehors, direction le RSA à vie.

                              Ces gosses ne sont pas des anges, c’est clair, la plupart n’ont pas le niveau pour poursuivre leurs études en seconde générale, je le sais, ils ne sont pas ou plus adaptés au système scolaire, certes mais que vont-ils devenir ? Que va-t-on faire d’eux ? Pour quelques uns il y aura une voie de secours dans l’enseignement professionnel, ils serviront d’alibi et de bonne conscience pour tous les autres.

                              Pour la grande masse, ce sera le désespoir et la rage. Parfois nous nous interrogeons sur la raison qui pousse les mauvaises graines de banlieue à bruler des écoles... après ce conseil de classe je me demande plutôt pourquoi il y a encore si peu d’écoles qui brulent. Il y a le feu symboliquement, il y a l’urgence réelle, il y a l’incompréhension entre deux mondes sociaux qui se retrouvent dans un lieu unique : l’école et dont la confrontation ne provoque que frustration et colère de chaque coté.

                              D’une part des enseignants, des personnels de l’éducation nationale qui ont profondément incorporé les valeurs de l’institution et pour qui cet investissement a permis de se construire, de construire une réussite. Ils croient dans les vertus de l’école, du travail, du savoir, de l’abnégation, ils croient dans le langage, la connaissance, le mérite personnel. Toute leur vie, leur parcours, leur démontre à chaque instant que c’est possible, que cette croyance est valide.

                              De l’autre des gamins et des familles dont l’expérience quotidienne leur dit qu’ils ne seront pas reconnus et sauvés par leur seul travail, qui ne voient pas d’espoir dans l’institution scolaire, qui ont appris très tôt que les valeurs dont ils sont porteurs ne sont pas les bonnes, mais qui ne peuvent pas en changer comme l’on change de vêtements, car s’ils le faisaient ils se retrouveraient nus et faibles, abandonnés par le groupe social ou de pairs au(x)quel(s) ils appartiennent et qui les soutient encore, sans pour autant être reconnus et aidés par celui (ceux) au(x)quel(s) ils voudraient accéder dans un avenir incertain.

                              Il n’y a pas de méchants et de gentils, il n’y a que deux mondes qui se côtoient un peu forcés, sans vraiment se comprendre, sans vraiment savoir ce que l’autre est véritablement. Qui autour de cette table sait que dans certaines cultures africaines regarder dans les yeux un adulte ne se fait pas pour un enfant ou pour un jeune ? Qui sait que les valeurs viriles de force et de violence puissamment réaffirmées par certains adolescents sont des valeurs utiles pour ces jeunes des milieux populaires qui demain, seront confrontés à des milieux professionnels dans lesquels elles seront vitales ? Qui sait parmi ces enfants et ces familles que les enseignants ne sont pas ces privilégiés honnis, ces adversaires que l’on rebaptise au gré des modes toubab, gaulois, planqué, fonctionnaire ? Qui sait qu’il est possible d’apprendre sans renier ce que l’on est, sans renier ni ce qui nous fait ni ceux qui nous ont faits ?

                              Pour mon enfant me direz-vous ? Et bien j’étais là, alors rien n’a été dit ou si peu. Rien n’a été évoqué mais je sais que je dois lui trouver une solution, seul et vite, très vite. Ce sera une école privée pour essayer de l’aider, de le sauver, au moins de préserver ses chances à une vie indépendante et heureuse. Une école privée … « putain » moi qui ai toujours défendu l’école laïque, publique et républicaine …

                              Post-scriptum

                              Avant hier (soit 2 jours après ce conseil de classe) une des élèves de cette classe a fait une tentative de suicide médicamenteuse. Il n’y a pas de lien direct entre ce conseil et cette tentative de suicide, simplement cette gamine de 14 ans avec son mal être ne trouve pas de réponse adaptée, pas d’écoute, elle est jugée sur la base de principes moraux (fainéante) et à l’aune du talent (pas faite pour les études).

                              • Barbarella
                                Barbarella répond à beaumasque
                                • Posté à 15h55 le 01/04/2010
                                • Internaute 27741

                                Oui, j’ai eu la même expérience que vous, en tant que représentant de parent dans différents collèges et lycées.

                                Je trouve frappant que dans les conseils de classe on entend toujours les mêmes commentaires ; c’est comme si les élèves étaient de simples prétextes pour alimenter un discours venu du fond des âges, un catalogue d’idées reçues qui s’auto-entretient....

                                Petit truc ; essayez de récupérer les coordonnées des parents avant le conseil, les établissements ont l’obligation de vous donner les adresses email, et puis il y a les pages jaunes qui peuvent aider un peu. En effet, quand on fait l’effort d’appeler tous les parents de la classe, on découvre bien des choses intéressantes, insoupçonnées parfois par les enseignants.

                                Alors évidemment pour jouer à fond son rôle de parent délégué, il faut passer outre son propre vécu d’élève, son respect pour le savoir et l’institution et ne pas avoir peur de passer pour quelqu’un de grossier.

                                Je vais aussi vous dire quelque chose, c’est que pour les élèves qui doivent aller en « pro », il est beaucoup plus facile de le faire après une 3eme qu’après une 2nde, l’orientation est organisée ainsi. Il faut garder ça à l’esprit.

                                Bon courage !

                              • framboise92
                                framboise92 répond à beaumasque
                                je choisis la campagne, la (...)
                                • Posté à 18h08 le 01/04/2010
                                • Internaute 24519
                                  je choisis la campagne, la (...)

                                SVP j’ai besoin de temps pur bien vous lire.
                                sachez que je vous répondrai ; j’ai vécu l’ enfer avec mon fils.
                                bien à vous
                                @ plus
                                Une maîtresse de maternelle.

                              • Nestor Romero
                                Nestor Romero répond à beaumasque
                                Ancien enseignant
                                • Posté à 22h57 le 01/04/2010
                                • Expert 5556
                                  Ancien enseignant

                                Bonsoir,
                                J’ai lu attentivement votre texte. Je me suis retrouvé dans cette salle, dans ce cauchemar, voici plus de dix ans déjà, et les choses vont ainsi...Jusqu’à quand ? Votre Moussa c’est mon Solo que j’ai présenté ici, dans ce blog (le coup de la casquette), et vos profs et chefs de profs sont plus vrais que nature sinon que parfois il arrive que l’un d’eux vienne se poser à côté des parents sous les yeux réprobateurs des autres. Il arrive même que dans certains collèges un petit groupe d’enseignants parvienne à se constituer sur un projet, et j’ai même vu un principal aider à cela. Alors pour un instant et pour quelques élèves et quelques adultes l’école devient un lieu de vie où, enfin, il est possible d’apprendre un peu.
                                Mais oui, vous avez raison, ces rèves de mômes qui voudraient tant être « bons » pour aller en « générale » même quand ils se moquent des « bâtards » qui « travaillent bien », ils aimeraient tant travailler bien eux aussi, ces rêves accumulés et effacés mais toujours latents, ces résignations qui ne peuvent se résigner, comment ne jailliraient-ils pas en violences irrépressibles si nous adultes, parents enseignants, citoyens, détournons le regard pour ne pas voir ce que vous avez si bien fait vivre.
                                Bien cordialement,
                                N.

                              • framboise92
                                framboise92 répond à beaumasque
                                je choisis la campagne, la (...)
                                • Posté à 08h01 le 03/04/2010
                                • Internaute 24519
                                  je choisis la campagne, la (...)

                                Bonjour,
                                Comme promis, j’ai relu votre post.
                                Ce que vous racontez, je le sais, hélas.
                                Mon fils a été orienté en électrotechnique parce qu’il était en échec scolaire dû à autre chose que ses compétences....(je ne m’étends pas, c’est personnel).
                                Après, il est allé en lycée professionnel, donc et un professeur d’anglais, le seul qui m’a écoutée (les autres étant distants voire inaccessibles et plein d’aprioris ) m’a conseillé de réfléchir sur le fait qu’il était mal orienté. Je ne vous raconte pas la suite....elle est déplorable : mon fils a été gâché par l’Education Nationale) !

                                Je connais ces réunions avec les parents où l’on fait la queue, inquiet de ce qu’on va vous dire, mais n’ai pas vécu de conseil de classes.

                                Quand je pense qu’en RRS (ancienne ZEP) en maternelle, combien nous sommes transparents devant les parents, combien nous nous attachons à chaque enfant dans sa globalité (et non dans des aspects répressifs de comportement ou de difficultés que nous essayons de résoudre avec abnégation !)
                                Cette gamine de 14 ans dont vous parlez, c’est l’échec d’une société mais aussi d’un manque d’investissement de personnes, sans doute. Je comprends que vous postiez ainsi cette tranche de vie , cette tranche d’essai de mort....

                                C’est désolant ! Sachez que le lycée où était mon fils est un lycée du 92 renommé....En fait seule l’élite qui n’a pas de pbs affectifs ou autre est tirée vers le haut. Mais tous les professeurs ne sont pas répressifs. C’est l’ensemble qui l’est au nom de l’institution qui est mal fichue !
                                IL existe notamment deux professeurs qui ont saisi la gravité de l’ échec de mon fils. Il existe des gens qui ne rentrent pas dans la répression d’emblée.
                                Il existe aussi des collèges, dont un que je connais qui écoutent, sont respectueux des enfants et des adultes. Espoir, donc !
                                Mais réussiront-ils seuls devant le manque d’aides, de décisions non répressives dans tout ce contexte ?
                                Votre article est poignant !
                                De jeunes vies désepérées ont soit la Haine au coeur, soit le désespoir.
                                Bravo pour votre investissement dans votre rôle de parent et pour tous les enfants. C’est vraiment dommage qu’il vous revient en face une réalité....bien noire qui existe parfois....trop souvent....
                                Derrière l’institution EN existent des malformations dramatiques !

                                Bien à vous !

  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 11h58 le 31/03/2010
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    Un truc entendu tout au long de ma scolarité :

    « Vous êtes la pire classe, que j’ai jamais eu ! »

    Après avoir connu le systême anglo-saxon et avec le recul, j’en rigole encore !

    • framboise92
      framboise92 répond à Bad Time For Human Kind
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 12h36 le 31/03/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Je sais, mon fils a eu aussi droit à ces remarques.
      Triste !

  • Mandagot
    Mandagot
    Dans un pithos.
    • Posté à 12h09 le 31/03/2010
    • Internaute 95386
      Dans un pithos.

    « Pourtant les chiffres publiés par le ministère ainsi que les travaux des spécialistes décrivent plutôt une certaine stabilité mais également “ des formes nouvelles et inquiétantes ”. »

    Votre introduction va probablement faire grogner et passera pour un « déni du réel », ce qu’elle ne peut être dans la mesure où vous reprenez E. Debardieux.

    En effet, on ne saurait évoquer les chiffres du ministère globalement jugés comme peu informatifs du fait de l’omerta qui règne particulièrement dans les « établissements sensibles » (depuis l’élève qui ne se plaindra pas, jusqu’au directeur qui craindra pour la réputation de l’établissement et sa propre notation). E. Debardieux a utilisé des enquêtes de victimisation qui démontrent une stabilité générale de la violence MAIS, précisions je le pense importante pour désamorcer une éventuelle accusation de déni, on constate des évolutions très contrastées selon les établissements : il y a une intensification de la violence localisée à certains établissements.

    « Et je prends le pari que cela ne sera pas, que l’on s’en tiendra aux préconisations de 2008-2009 : diagnostics de sécurité, équipes mobiles de sécurité, sanctions, protections de toutes sortes… »

    J’en suis certain, mais surtout parce que ce sont les seules que le pouvoir politique peut réellement mettre en place. L’EN est un mammouth dont la graisse se concentre non dans le professorat, mais dans une administration qui s’auto-dirige, ne répondant guère aux sollicitations du gouvernement lorsqu’il lui est demandé d’évoluer en matière pédagogique (Un cas assez emblématique est celui de la méthode globale que tout les ministres condamnent depuis 20 ans : ils ont beau demander à l’administration de rédiger décret et circulaires pour la bannir, ceux-ci finissent toujours en bout de travail administratif... par promouvoir la méthode globale).

    Du reste, les préconisations sécuritaires ne sont pas en soit condamnables : Debardieux note bien l’évolution d’une délinquance scolaire individuelle dans les années 90 à une délinquance organisée pour le racket aujourd’hui. Aucune pédagogie ne saurait répondre seule aux phénomènes de bandes organisées sans être épaulée par des mesures sécuritaires ciblées sur les établissements sensibles. Ces mesures sécuritaires seules ne peuvent cependant servir à corriger une tendance de fond.

    « celle de la violence comme spectacle dans une société toujours plus violemment spectaculaire “
    ‘sans doute tant que les ghettos sociaux dans lesquels elle prend naissance et les ghettos scolaires dans lesquels elle se manifeste persisteront.’

    ces constats faits, on ne saurait franchement reprocher aux EG de la violence à l’école de ne chercher à traiter les causes de fond : il s’agirait d’une politique nationale globale qui n’a su en dépit des sommes investies améliorer la situation depuis 20 ans. Il est nécessaire plus modestement de prendre un environnement social troublé comme une donnée de base, plutôt que de renvoyer le traitement de ses causes à d’autres politiques qui échoueront immanquablement : reconnaitre l’hérésie architecturale de construire des établissement ‘ouverts’ sur des ghettos violents, dispatcher les enfants du ghettos dans des établissements en dehors du ghetto...

    ‘Et je sais aussi l’importance qu’il attache à l’investissement des parents dans l’école. Mais alors, s’agissant du travail collectif des enseignants et de la participation active des parents, on se heurte à tous les conservatismes.’

    A savoir ce qu’on entend aussi par participation active des parents. Aucun courant n’est opposé à ce que les parents soient préoccupés par l’avenir de leur enfants, suive le travail scolaire, contrôle que les devoirs soient faits... En revanche l’intérêt du rôle actuel des assoc de parents d’élève dans l’établissement donne lieu à un constat plus divers : les anti-école de Lyon considèrent qu’ils cherchent plutôt à protéger monchéri de la discipline scolaire et à lui faire obtenir son bac en dépit de son niveau déplorable...

    • Barbarella
      Barbarella répond à Mandagot
      • Posté à 15h59 le 01/04/2010
      • Internaute 27741

      Les objectifs de l’Education Nationale sont 80% d’une classe d’âge au bac, et 50% au niveau licence en 2015.

      A savoir, si les voies professionnelles (qui conduisent aussi au bac) sont si mal vues, c’est sans doute aussi un peu à cause des enseignants des voies générales, pour qui le mot « orientation » signifie « expulsion de la voie générale »... alors que l’orientation concerne chaque élève.

  • Bisbille
    Bisbille
    étudiant
    • Posté à 12h19 le 31/03/2010
    • Internaute 110439
      étudiant

    Les « états généraux » sur la violence à l’école sont une déclaration de guerre, l’unique réponse gouvernementale possible, lorsque celui-ci décide en même temps de détruire les conditions de possibilité de la paix en supprimant à la fois l’encadrement des élèves et la formation de ceux qui assurent cet encadrement.
    la difficulté à gérer les problèmes de l’école ne fera que s’accroître tant que l’on refusera d’entendre que la multiplication des encadrants, en même temps que l’amélioration de leur qualification, est l’unique voie d’accès à l’écoute et l’intérêt des élèves pour ce lieu de vie. Parce que l’assemblée est sotte, et que seul l’individu pense, comme disait Emile, l’effort à porter doit viser avant tout l’élève et non le groupe. L’augmentation des personnels d’éducation n’est pas une fin en soi, mais elle tend à réduire la distance entre l’élève et l’éducateur. Le groupe ne progresse pas, seul des individus en sont susceptibles, c’est pourquoi la diminution du nombre d’élèves par professeur, personnel d’éducation, est le seul moyen de diminuer la violence, qui n’est au final qu’une manifestation comme une autre ( à quelque degrés de différence près) du désintérêt des uns et des autres, pour les uns et les autres.
    N’importe qui ayant à peine mis les pieds dans un établissement scolaire, éducatif, s’en rendra compte. Réduction des effectifs par classe, ce qui veut dire augmentation nécessaire du personnel.
    éduquer c’est dresser, et quand on ne dresse plus à coup de bâtons, il faut fatalement une présence accrue parce qu’il n’y a plus de menace possible. C’est au choix, profs ou flics, mais il faudrait veiller à ne pas transformer nos écoles en jeunes prisons...

    • framboise92
      framboise92 répond à Bisbille
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 12h41 le 31/03/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Je pense qu’éduquer n’est pas dresser (vocabulaire).
      mais bon...
      ciaooooooooo

    • spartak
      spartak répond à Bisbille
      (comité libertaire lyophilisé)
      • Posté à 23h41 le 31/03/2010
      • Internaute 84113
        (comité libertaire lyophilisé)

      « Réduction des effectifs par classe, ce qui veut dire augmentation nécessaire du personnel. » : je vous trouve bien présomptueux... qui vous dit qu’ils ne songent pas plutôt, dans leurs rêves romantiques, à déscolariser une partie des enfants et jeunes ? Arithmétiquement, ça ferait aussi baisser les effectifs par classe, il suffit d’en emprisonner, d’en expulser, d’en faire travailler... comme dans Oliver Twist, quoi. Ca vous paraît délirant, à moi aussi, mais le XIXe siècle fait rage là, dehors.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.