Chez Jean-Frédéric Schaub

L'enseignement supérieur, les sciences humaines, et d'autres sujets, par l'historien Jean-Frédéric Schaub, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Réforme des universités : gare à la politique du pire

Jean-Frédéric Schaub
Directeur d'études à l'EHESS
Publié le 14/11/2007 à 18h15

Quels peuvent-être les scénarios à partir de la situation qui s’est enclenchée dans les universités ?

Imaginons d’abord que le mouvement étudiant s’essouffle et que la loi sur l’autonomie soit appliquée, alors le paysage universitaire français deviendra plus lisible. L’inégalité, aujourd’hui connue de tous, de la valeur et de la qualité des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur sera explicite. Les formations qui sélectionnent le feront ouvertement ; les équipes qui disposent des moyens pédagogiques et scientifiques d’un encadrement et d’une formation de bon niveau pourront afficher leurs réussites.

Des établissements universitaires y trouveront les ressources pour poursuivre le cercle vertueux qu’ils auront amorcé, leurs Ecoles doctorales signeront leur marque de fabrique ou, si l’on veut, leur identité intellectuelle. D’autres établissement devront se centrer sur des formations courtes et ils pourraient découvrir, du moins peut-on le souhaiter, qu’une formation universitaire de premier cycle sincèrement pluridisciplinaire, c’est-à-dire si elle n’est pas verrouillée par le cap des concours de recrutement du second degré et de l’université, peut devenir un projet intellectuel de très haute tenue.

Imaginons que le mouvement étudiant parvienne à paralyser le gouvernement et que l’autonomie universitaire connaisse le même sort que le contrat première embauche. Dans ce cas, deux scénarios sont imaginables.

Le scénario de l’abandon de la loi

Le premier, beaucoup trop caricatural, peut prendre la forme d’une réaction lue sur le blog toulousain de Libération. Elle consiste à recommander à François Fillon de laisser tomber cette loi qui n’est qu’une source de complications, puisque les grandes Ecoles et les formations à l’étranger suffiraient largement à combler les besoins nationaux en matière de reproduction des élites diplômées. Et tant qu’à faire, autant que la Ministre de l’Enseignement supérieur rende à sa collègue des Finances les cinq milliards programmés sur la législature pour le financement additionnel des universités ! L’excès est insignifiant, mais il désigne peut-être un horizon. Non, les grandes Ecoles et les séjours à l’étranger ne suffisent pas.

Des statuts dérogatoires, au coup par coup ?

Mais, et c’est le scénario qui me semble vraisemblable, si le gouvernement devait enterrer son projet, rien n’interdirait aux présidents de quelques établissements de solliciter du gouvernement un statut dérogatoire, comme ceux dont bénéficient Paris IX Dauphine ou l’université de technologie de Compiègne.

Ces nouveaux candidats au statut particulier pourraient être d’autant plus portés à cette démarche qu’ils auraient de longue date, ou beaucoup plus récemment, établi des passerelles crédibles avec certaines des Grandes Ecoles, ou des Instituts d’études politiques. Cette procédure consisterait, en fait, à élargir de façon contrôlée et limitée la base étudiante des Grandes Ecoles, sous couvert de partenariats Université-Grandes Ecoles.

Elle permet de pérenniser le système à deux vitesses qu’administre l’Etat en France, depuis plus de deux siècles. Elle crée vraisemblablement les conditions d’une inscription de certains de ces établissements dans les classements internationaux. Elle trouve son point d’équilibre dans la définition d’une population étudiante sensiblement plus nombreuse que celles des Ecoles traditionnelles, mais maîtrisée, par numerus clausus, à la dimension jugée la plus efficace pour l’établissement et la plus profitable pour les étudiants. Elle transfère aux universités concernées la culture du concours et de l’hyper sélection, qui est le propre des Grandes Ecoles.

Le pire des cauchemars

Il est, à ce propos, particulièrement piquant d’entendre que l’on s’indigne de la perspective d’une possible université à deux vitesses, dans un pays qui a établi dans le cadre de la République le système dual le plus rigide, pour ne pas dire le plus impitoyable, de toute l’Europe.

Si tel devait être le cas, les étudiants mobilisés contre la loi d’autonomie risqueraient d’accoucher du pire de leurs cauchemars.

Notre pays a confié aux Universités la collation des grades, aux Ecoles la sélection, aux organismes la recherche. Jusqu’à présent, toutes les démarches qui ont été entreprises pour renforcer les universités ou pour réintégrer en leur sein l’ensemble des fonctions et des capacités se sont trouvées mises en échec. La gauche s’y est attelée ; la droite s’y est attelée. Les ministres ont été remerciés sous les huées, ou condamnés à une prudence complice. Ne jouons pas, une fois encore, la politique du pire.

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  • Anonyme

    Bravo !

    Merci d’expliquer en quoi se battre contre l’université à deux vitesses qu’instaurerait cette loi est absurde dans un système absolment et injustement dual aujourd’hui entre grandes écoles et universités ou universités parisiennes / universités de province.
    En tant que normalien, je profite (aux détriments des étudiants des facs) d’une forme d’indépendance de mon école, qui permet (outre la sélection, qui donne de la valeur à mon statut) des moyens et des situations d’enseignement incomparables (qualités des cours, des locaux, bibliothèque ouverte jour et nuit, etc.).
    Ces avantages ne sont possible que parce que l’ENS LSH (mon école) disposent de moyens et d’une relative autonomie que n’ont pas les facultés.
    Refuser encore une fois cette loi mènerait à accroître ces inégalités (dont encore une fois, moi, comme tous les élèves des grandes écoles profitent).
    Optons donc pour une évolution vers le haut, plutôt que le maintien d’universités dans l’état misérable où elles sont.

    PS : Pourquoi le site rue89 ne traite pas de ces problèmes mais n’est que le lieu d’évocation des différents incidents liés au manifestation ? J’attendais plus d’objectivité : les étudiants et leurs « représentants » syndicats ne se battent pas par définition pour des justes causes. Attention...

    Je tiens à préciser en tant qu’étudiant, rattaché à aucun parti politique, que le refus de cette loi dans le milieu étudiant, n’est pas du tout aussi évident que ne l’affirment les médias.
    Si certains cèdent à la peur (= l’université va être rachetée par Total et Coca Cola), tous n’y cèdent pas.

    • Anonyme

      Le constat de Schaub est convaincant. C’est aussi pourquoi on n’a pas vu beaucoup d’universitaires prendre ouvertement le parti des étudiants - sauf ceux choqués, à juste titre, par la violence des CRS comme à Nanterre.

      Cela dit, la violence de certains militants dans certaines facs ayant voté pour le débloquage n’a rien à leur envier.

      Allez les gars, on range le « grand soir », et on construit une contestation solide, organisée, crédible, constructive.

      • Anonyme

        ...mais le Snesup-Fsu, principal syndicat des enseignants du Supérieur, s’est prononcé pour l’abrogation de la LRU et vient même d’ouvrir un site internet dédié aux mobilisations : Lien

        Bonne lutte aux étudiants !

      • Anonyme

        La supériorité des universités américaines crève les yeux si vous allez au MIT ou Harvard ou Berkeley ; mais il faut reconnaitre que l’université lambda du Visconsin n’ a pas un meilleur niveau que nos facs...qui sont, il faut le dire en majorité et à part qques formations bien ciblées d’un niveau lamentable.
        Le manque de concurrence et la décentralisation du recrutement conduisent en effet à une cooptation des enseignants fondée plutôt sur des motifs politiques que sur leurs compétences. L’ennui, c’est que la loi Pécresse introduit d’une part, une concurrence non régulée entre les universités, ce qui va rapidemment provoquer l’écroulement d’une majorité d’entre elles ; alors tous les étudiants voudront aller vers qques pôles d’excellence vite saturés ; d’autre part, le reste des étudiants ( qui n’auront pas accés à ces pôles pour des raisons financières et/ou de niveau )vont se retrouver dans des universités - poubelles qui continueront leurs pratiques de cooptation de plus belle ( avec une différence toutefois : une majorité d’ enseignants ne sera plus recrutée seulement sur pression politique, mais aussi par copinage avec les personnalités extérieures du privé entrées au Conseil d’Administration de la fac ).

        En bref, comme disait, il y a qques mois ,le seul prix Nobel d’économie français Maurice Allais dans « Le Monde », la « chienlit politico- financière “ d’aujourd’hui va s’étendre à l’Université , provoquant sa crise de la même manière que le FMI a, par sa politique ultra- libérale , provoqué la crise de la plupart des pays dans lesquels il est intervenu ; la concurrence n’est une bonne chose que lorsqu’elle est régulée ! ! Sinon, c’est la Mafia, on le constate partout ( Russie ect..)
        Et je ne vois pas en quoi cette crise douloureuse pour l’Université sera salutaire pour l’éducation ou la nation : elle ne contribuera qu’à accentuer les différences de niveau qui existent déjà aujourd’hui entre Grandes écoles et la plupart des Universités.

    • Anonyme

      Ceux qui veulent connaître les dangers que la LRU fait courir à l’Enseignement supérieur, peuvent lire l’analyse succincte qui en est faite par une tendance du Snesup-Fsu : Lien

      Bonne lutte aux étudiants !

    • Anonyme

      En tant que dirigeant d’une Grande Ecole, je ne remercierai jamais assez l’unef et autres « étudiants professionnels » (parfois, devrait-on vérifier leur statut supposé d’étudiant, d’ailleurs...) de leur sabotage : depuis que les Facs sont bloquées (du moins, les plus mauvaises, condamnées à moyen terme, inexorablement : les Tolbiac, Nanterre et autres), c’est un afflux de candidatures futures pour nos GE. La réforme Pécresse est une bonne réforme. Si elle permet de sauver les 30 bonnes facs des 55 autres canards boiteux qui condamnent le système universitaire français, ce sera déjà ça de gagné... Donc merci aux agitateurs professionnels et vraiment désolé pour les vrais étudiants en quête de devenir et d’avenir. Mais les provocateurs s’en foutent, eux, ils se recaseront comme permanents à la LCR...

      • Anonyme

        Je doute qu’un « dirigeant de Grande Ecole » (les grandes écoles ont des directeurs) puisse tenir des propos aussi agressifs vis-à-vis d’Universités ou de partis politiques quels qu’ils soient. On devrait vérifier le statut de dirigeant de cet auteur anonyme d’ailleurs ! Ce soit-disant « dirigeant » ne mérite même pas les 30 secondes que je viens de passer à écrire ce commentaire ; je plains sincèrement ses élèves et collaborateurs.
        Le système des Grandes Ecoles, au sein duquel j’ai été formé, est effectivement une particularité française. Il ne faut pas oublier qu’elle est intrinsèquement lié à un réseau de « corps » qui structurent l’activité économique, politique, sociale de la France (corps des Mines, corps des agrégés, etc...). Ces lobbies soutiennent le système des Grandes Ecoles qui n’est pas seulement un moyen de produire une élite, elle sert également à ce que ces élites aient le sentiement de partager des valeurs communes et à créer des connivences.
        Opposer Université, Grandes écoles, organismes de recherche n’est pas productif. Attiser les rancoeurs, les déceptions, les jalousies ne fait pas progresser. Il faut par contre traiter un vrai problème qui est : 1) tout enseignant aimerait avoir des étudiants de qualité, motivés, et bien adaptés aux filières 2) le nombre d’étudiant a augmenté de façon faramineuse, les débouchés n’existent pas toujours.
        On met beaucoup d’argent dans les grandes écoles pour former des gens que l’on a excessivement sélectionné à l’entrée et on se gausse d’avoir produit une élite à la sortie ; où est le mérite ? La solution est sans doute de sélectionner partout, dans toutes les formations, de proposer toutes sortes de formations de façon à ce que tout le monde y trouve sa place, et de mettre autant de moyens que dans les grandes écoles ; la réussite est alors assurée, pour tous.

         
        • Anonyme

          je suis enseignant-chercheur dans le réseau Polytech.
          Nous sommes des écoles d’ingénieurs universitaires, nous sélectionnons mais n’avons pas « la crème », nos cursus sont professionalisés, nous avons plein de boursiers crous, d’étudiants africains, les étudiants sont encadrés, les enseignants-chercheurs sont des universitaires ordinaires,
          membres de labos où nos équipes sont mixtes avec les enseignants d’UFR. On est ni riche ni pauvre, on travaille juste correctement.

          Bref, ** un truc qui marche ** , pas cher et efficace,
          dans les universités.

          marc

        1 autres commentaires
    • J.S.
      • Posté à 12h32 le 15/11/2007
      • Internaute 21333

      Cher Camarade (camarade normalien, pas camarade révolutionnaire...)

      Permettez-moi de vous rappeler que vous êtes payé pour étudier come je l’ai été moi-même, et duement sélectionné par concours. Imaginez maintenant un système où la sélection de fait par le prix à l’entrée. Got it ? Oui, c’est l’exact contraire de ce que nous avons connu.

      Ensuite, j’espère pour vous que vous êtes scientifique, et non littéraire.
      Car vous comprendrez les grands malheurs qui s’abattent sur nous et vont se trouver démultipliés avec la loi Pécresse quand vous chercherez un poste de maitre de conférence à l’université ...quand vous accéderez au statut envié de « jeune chercheur“- c’est-à-dire de précaire - dont il ne faut pas espérer vous débarrasser avant 35, voire 40 ans.
      D’ailleurs, allez plutôt faire de la recherche dans le privé, si vous pouvez : vous doublerez votre salaire, au moins, par rapport au public.
      Cela, bien sur, si vous êtes scientifique. Parce que la science et le marketing, tout le monde adore : ça rapporte. Quant à la socio, elle permet de savoir à qui s’adressed la pub, c’est utile. L’Etat comme les sponsors privés seront toujours prêts à investir un peu.
      Mais langues, lettres, philo ? Conscience ? tout le monde s’en fout.C’était déjà pas brillant avec l’Etat. Alors avec Coca-Cola...

      • Anonyme répond à J.S.

        Coucou

        Science on s’en tape, c’est dépassé, c’est un truc de blouses blanches. C’est technologie qu’on veut.
        La différence, c’est qu’on a retiré la conscience, et qu’on a ajouté le powerpoint et l’argent.

        Aller faire de la recherche dans le privé ?
        Il faudra chercher, parce que le privé n’en fait pas des masses, de recherche.

        La sélection se fera par le prix. Il suffit de taper « top up fees » sur wikipedia. Les frais d’inscription sont de 4800 euros/an en Angleterre (certes, prêts etc...). Le point intéressant est qu’en 2010 ça doit être déplafonné.
        Valérie vous attend au tournant le 32 juillet prochain, en souhaitant que vous soyez parti en vacances...

        marc

    • J.S.
      • Posté à 13h01 le 15/11/2007
      • Internaute 21333

      D’ailleurs... il me vient une idée : si vous pensez profiter de votre solde « au détriment des étudiants de fac » pourquoi ne pas généreusement en faire don à l’Université de Lyon, par exemple - je suis sûre qu’elle en fera bon usage.
       : -)

      Pardonnez ma hargne, mais je suis en train d’assister à la destruction totale et massive du système qui m’a permis d’accéder à un semblant de culture et de faire des études alors que, d’un point de vue social, c’était loin d’être acquis pour moi au départ.

      Qu’arrivera-t-il, maintenant aux lycéens de ZEP, devront-ils uniquement s’en remettre à la charité des Grandes Ecoles qui leur feront des concours rien que pour eux (comme Sciences Po), ou de bienfaiteurs particuliers qui espèrent un renvoi d’ascenseur dans les 20 ans suivants, comme pour les mandarins chinois d’il y a trois siècles ?

      Car il faut être d’une désopilante naïveté pour penser que les droits d’inscription ne vont pas littéralement s’envoler dans les cinq ans qui viennent.

      Et dans les 5 ans qui viennent, vous n’aurez plus de solde à donner.

      • Anonyme répond à J.S.

        Tout à fait d’accord avec toi J.S ! Moi même issu d’un milieu plus RMIste qu’ENArque, je me demande comment j’aurais fait s’il avait fallu que je m’acquitte des droits d’inscription à la fac, dont on sait qu’ils seront le premier facteur de sélection si on laisse la loi LRU en place. Malgré la bourse universitaire ridicule dont je bénéficiait et mes deux travaux d’étudiants je n’arrivais pas à vivre correctement une vie d’étudiant : étudier dans des conditions normales (quand on sort du bouleau à dix heures chaque soir de la semaine c’est très dur de se remettre à travailler ses cours, le week-end étant le moment priviligié pour faire le plus d’heures de smic possible...), pratiquer des activités aussi luxueuses que les bars, boîtes, restos, cinéma, bref avoir l’impression de vivre et non de survivre dans un pays ennemi !
        Une piste peut-être : Cuba offre aux étudiants étrangers issus de milieux défavorisés des études gratuites... Dommage que je ne l’ai appris qu’après avoir fini mes 5 ans d’études, j’aurais sans doute profité de cet éphémère espace d’égalité sans équivalent. Viva la revolucion !
        Une chose est sûre, avec le recul je me dis que j’aurais bien mieux fait de fuire à l’étranger le plus tôt possible, au lieu d’essayer de construire une vie dans un pays qui fait tout pour que je la gâche !

    • leconcombrevert
      leconcombrevert
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 11h46 le 17/11/2007
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Les étudiants ont raison de se battre contre un paysage universitaire qui reponds à une logique du marché - comme celle que vous pronez. La culture et le savoir scientifique ne doivent pas devenir des denrées qui se vendent au même titre que d’autres biens. Puisque vous êtes - en partie - au salaire de la Fondation Ford, s.v.p. ne vous mêles pas de ce qui ne vous regarde pas.

  • compte supprimé14
    • Posté à 19h05 le 14/11/2007
    • Internaute 19130

    Hypothèse numéro 1 : je suis chercheur en nutrition dans une université financée par Danone et je dis tout le bien que je pense des produits laitiers.
    Hypothèse numéro 2 : je suis chercheur en nutrition dans une université financée par Kelloggs et je dis tout le bien que je pense des céréales bourrées de sucre.
    Si je dis le contraire, dans les deux hypothèses, on me cloue le bec.
    Aux Etats-Unis, sur le site Lien, vous avez la liste des universités financées par les grands groupes. Lorsqu’une étude de « scientifiques » est publiée, rien de plus simple, vous allez sur le site, vous vérifiez le nom des industriels qui l’ont financée. Et ces chercheurs sont déshonorés.
    Imaginez quand le logo Areva s’affichera sur le fronton de la Sorbonne.
    Une « évolution vers le haut » ?

    • Anonyme répond à compte supprimé14

      Excusez le manque d’accentuation, je suis prof. dans une uni. aux USA, et je tape sur un clavier amerlo. En effet, ce que decrit « Babou » est plutot juste - et d’ailleurs bien plus sournois ici, dans notre realite quotidienne. Later....

    • Anonyme répond à compte supprimé14

      Excellent commentaire ! Pour une fois qu’il y a une remarque sensée sur les conséquences de la loi Pécresse.

  • compte supprimé14
    • Posté à 19h18 le 14/11/2007
    • Internaute 19130

    Autre question : pourquoi les enseignants ne bougent-ils pas ?

    • Anonyme répond à compte supprimé14

      Voir la réponse plus haut (« réaliste et lucide »). Votre naïveté quant au danger de « privatisation » est désarmante. Avez-vous lu ce qu’on dit ici ou là des universités dans d’autres pays que la France (fondations allemandes, américaines, etc.) ?

      Les étudiants ont tout intérêt à attendre et à mettre en oeuvre une contestation constructive, avec des contre-propositions qui pourront ensuite être reprises lors de négociations avec le gouvernement, ou lors de la prochaine alternance.

    • Anonyme répond à compte supprimé14

      La preuve en est ce site ouver par le Snesup-Fsu, principal syndicat des enseignants du Supérieur : Lien

      Bonne lutte aux étudiants !

      • compte supprimé14
        • Posté à 21h12 le 14/11/2007
        • Internaute 19130

        Epatant ! mais qui donc va aller visiter votre site ? Intervenez dans les médias. Téléphone, mails...
        Les « grands médias » ridiculisent les étudiants.
        Aidez-les. Vous êtes les seuls à pouvoir le faire

  • Rastakouer
    • Posté à 19h37 le 14/11/2007
    • Internaute 18978

    Trés bonne question Babou.... Je me demande bien..

    Il n’est pas juste de dire que du fait que le monde universitaire est déjà bourré d’inégalitées, il faudrait d’emblée accepter cette loi. Le devoir d’analyse doit être fait objectivement dans les deux camps. Cette loi est-elle bénéfique pour le milieu universitaire en général ? Je ne sais pas.. Personne n’en parle clairement, et je n’entends que des lieux communs anti-sarko contre des remarques fatalistes du genre « on a plus le choix, faut faire comme ça sinon on va déperir. »

  • FREDERIC 67
    • Posté à 20h14 le 14/11/2007
    • Internaute 9970

    parce qu’on travaille pour appliquer la loi et qu’on se tape la tête contre les murs : comment
    faire mieux :
    à coût constant (alors je ne sais pas opù passe les milliards en plus !)
    avec toujours plus d’étudiants
    tout en devant :
    supprimer toute idée de sélection mot tabou
    et au contraire lutter contre l’échec
    alors que en première année de licence la moitié des étudiants ne savent pas rédiger correctement un texte de deux pages ! ! ! ! ! ! ! !

  • Auclat
    • Posté à 20h43 le 14/11/2007
    • Internaute 15683

    Ce texte est simpliste, et au final mensonger.

    Ce n’est pas parce qu’il y a déjà des inégalités qu’il faut renforcer ces inégalités (c’est ça cette loi !).

    En tout cas, bravo aux étudiants qui se mobilisent pour l’abrogation de la loi LRU et pour de meilleures conditions d’études !
    Et bravo aux profs qui commencent à se mobiliser avec eux. Tous ne sont pas défaitistes...

  • Anonyme

    Bonjour,
    Les enseignants sont majoritairement contre cette loi qui créée en effet, des inégalités inssupportables et donne dangeureusement plus de POUVOIR aux Présidents d’Universités, sans régler aucun problème !
    La mobilisation contre cette loi est très justifiéée...
    il faut qu’elle soit abrogée...ensuite se mettre autour de la table pour des pistes plus utiles..

  • Anonyme

    Relativement juste mais la loi Pécresse mettrait-elle fin au système duale qui existe aujourd’hui ? Quid des formations jugées peu rentables par les financeurs (à cet égard les propos de notre président sur la filière de Lettres sont tout simplement odieux).
    Ce n’est pas cette loi de plus qui changera grand chose. Il faut de véritables états généraux de l’Université pour qu’enfin tous les acteurs (enseignants, chercheurs, étudiants, partenaires publics et privés) se parlent et trouvent des solutions ensemble !
    Le mouvement des étudiants est peut-être une caricature mais il ne fait que répondre à la caricature gouvernementale. Gouvernements de ministres incompétents et en réalité peu à même de décider de quoi que ce soit, et dirigé par un président profondément aussi inculte qu’anti-intellectuels.
    5 ans de perdus en perspective !
    A.B. (un étudiant à Sciences Po Grenoble et en Licence d’Arts du spectacle)

  • Anonyme

    J’ai cru être dans une bonne école parce qu’il y avait une sélection à l’entrée. Mais ayant des parents qui ont trouvé les moyens de me permettre de faire ces études sans que j’aie vraiment conscience de leur coût, je ne me suis pas rendue compte tout de suite qu’une autre sélection s’était opérée, par l’argent.
    Et du coup, là où je croyais trouver des gens intelligents et travailleurs je me suis trouvée entourée de gamins immatures ne connaissant pas la valeur de l’argent et se croyant plus intelligents que leurs profs, puisqu’on leur avait inculqué la haine des profs, assimilés soit à des gauchistes soit à des incompétents qui s’étaient retrouvés là parce qu’ils n’avaient pas su faire carrière en entreprises. De leurs doctorats et autres diplômes, ils n’en avaient cure, ils ne prenaient au sérieux que ceux qui avaient fait auparavant la même école, ou une « mieux classée ».
    J’ai été extrêmement déçue du niveau dans ces écoles qui se vantent d’avoir un taux de placement exceptionnel. A la fin des deux années de préparation intégrée, la direction a décidé de mettre une dictée obligatoire pour l’entrée en cycle ingénieur. Ce qui me semblait un minimum pour prétendre à un diplôme d’ingénieur leur a paru scandaleux. Savoir écrire français ne leur semblait pas nécessaire.
    Et le pire dans tout ça, c’est que ces gens ont de meilleurs salaires que des universitaires dont l’intelligence m’inspire le respect.
    C’est vraiment une caste de riches qui s’entretient, faisant croire que c’est le mérite qui les amène à gagner confortablement leur vie quand c’est en fait l’argent de leurs parents et l’entretien d’un réseau de relations bien placées.
    Même quand on nous parle d’être arrivé à la force des poignets (cf Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati) il s’agissait plus de lécher les bonne bottes et de sortir dans les bons endroits que de travail personnel et d’acharnement à se sortir de l’ignorance.
    D’ailleurs aucun élève de grande école ne me contredira, on entre dans une grande école pour son réseau plus que pour la qualité de l’enseignement qui y est dispensé, des nos jours. Les dirigeants d’HEC ne s’y trompent pas, qui utilisent cela comme leur principal argument pour attirer les meilleurs élèves... qui en ressortiront avec un lavage de cerveau capitaliste du meilleur effet sur les recruteurs du privé.

    • Anonyme

      Analyse lucide et empreinte d’authenticité.
      merci.

    • Sebly
      Sebly
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 10h41 le 15/11/2007
      • Internaute 9810
        Intermittent de la recherche

      Bravo pour votre post. Vous résumez à merveille l’un des problèmes fondamentaux de la formation des cadres et ingénieurs français qui, à mon sens, plombe la France.

      J’ai travaillé l’année dernière dans le temple de la super recherche Française soit-disant d’excellence (CEA).
      Y rentrer avec un parcours strictement universitaire est extrêmement difficile. Les grilles de salaires, à Doctorat équivalent, sont ajustées suivant le parcours réalisé avant la thèse (ENS=X=centrale=mines>>autres écoles >>>>>>> université)

      Bref, j’ai travaillé avec des jeunes sortant de ces grandes écoles, et préparant un doctorat de sciences.
      Bien que très sympathiques, ces jeunes présentent des troubles de l’égo absolument déplorables. D’une part il vivent dans une espèce de bulle ou tout leur semble dû. D’autre part, leur formatage (très visible) se traduit par une quasi-impossibilité de travailler en équipe. En effet, ils ont toujours raison, et n’acceptent pas les conseils (voire pas du tout si le conseil arrive d’un universitaire). Bourrés de théorie, ils sont de bien piètres manipulateurs. L’échec de l’expérience ratée est très mal vécu, et c’est souvent la faute des autres si ça loupe. Assurés de leur avenir, car Papa sera toujours derrière, ils présentent un niveau de créativité faiblard, pour ne pas dire ridicule.
      Conclusion pour ma part : des esprits bien remplis c’est clair (type machine à recracher du par-coeur) , mais totalement déficients en terme de créativité et de relations sociales nécessaires à toute forme de recherche réussie. Et je ne parle pas d’un très grave problème d’orgueil et de considération pour les autres classes de la société.

      • romi45
        romi45 répond à Sebly
        découvre l'information
        • Posté à 12h05 le 15/11/2007
        • Internaute 20205
          découvre l'information

        j’ai un peu oublié d’aler a l’ecole, mais j’essaye de rattraper le retard maintenant.

        je travaille et je manage des eleves de grandes ecoles et je dois avouer que fair eun powerpoint son et lumiere ils font ca beaucoup mieux que moi.
        Appliquer concretement la theorie ils ne savent pas faire.

        ceci s’applique pour 80% d’entre eux, je suis tombé sur des gens venant de grande ecoles qui etaient tres competents, humains, intelligents.

      • Anonyme répond à Sebly

        Pour avoir côtoyé pendant des années, dans un labo de recherche, des Collègues issus des Grandes Ecoles je dois dire que cette analyse virulente contient quelques éléments de vérité, par exemple la faiblesse en tant que manipulateurs et des difficultés à travailler en équipe, mais il ne faut pas tomber dans le caricatural, leur créativité est largement comparable aux universitaires purs. J’aurais tendance à penser que l’énorme effort effectué au moment des concours, à une période où l’on peut être déjà très créatif (mais oui) émousse sérieusement les esprits.
        L’opinion communément répandue que les Grandes Ecoles forment l’élite de l’élite et les Universités le tout venant est ridicule. On pourrait citer des prix Nobel totalement universitaires. Ce système dual est un très gros problème en France, mais je ne sais pas comment en sortir tant il est vérouillé. A côté, les « régimes spéciaux » c’est de la rigolade.
        geo63

         
        • Sebly
          Sebly
          Intermittent de la recherche
          • Posté à 12h31 le 15/11/2007
          • Internaute 9810
            Intermittent de la recherche

          Bien entendu il ne faut pas faire une généralité des propos tenus, reflétant uniquement mon vécu, qui s’est révélé dans ce cas effectivement assez caricatural. Le compte-rendu est virulent à hauteur du ridicule de la situation vécue.

          Cependant vous avez totalement raison. Ce système est un énorme problème pour la France, tant au niveau des sciences que des journalistes et des grands administrateurs. A mon sens même c’est l’un des plus gros problèmes. Nous en avons un exemple des plus flagrants en la présence de Mme le sinistre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Commentaire à propos de l’argument Danone et Kellogs.

    Toute forme de pression exercée sur les scientifiques au nom d’intérêts ciblés ou de valeurs particulières appelle la critique scientifique. C’est sans doute là une des définitions possibles du travail de chercheur.

    Le problème peut être ici complété de deux façons.

    D’une part, si Danone et Kellogs veulent publier des résultats qui leur sont favorables, c’est parce qu’ils sont pris dans une logique concurrentielle. On peut alors supposer que leurs concurrents ont intérêt à publier des résultats qui les contredisent. Mais s’il existe une distorsion du marché, c’est-à-dire ici une entente entre les entreprises en faveur de la publication de résultats qui les favorisent toutes, alors il importe qu’en dernière instance un arbitrage scientifique, sans lien avec les financements suspectés, puisse être rendu. C’est ce qui se produit, lorsqu’on a affaire à un système complexe de production scientifique qui associe une gamme diverse de dispositifs scientifiques et de financement de la recherche, où interviennent les capitaux des entreprises, les crédits des fondations, et les fonds publics, qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux ou fédéraux.

    D’autre part, le modèle idéal du trust, qui dispose de tous les leviers pour favoriser des résultats scientifiques, est justement réalisé par l’appareil de l’Etat. Ce n’est pas à une multinationale que l’on peut attribuer la rétention ubuesque des informations sur les mesures du nuage dit de Tchernobil. Ce n’est pas une entreprise privée malveillante qui a verrouillé les documents d’archives permettant d’établir les faits concernant le massacre des manifestants Algériens d’octobre 1961. Si l’on veut que l’Université soit le lieu de la critique, il est étrange de vouloir conférer à la seule régulation d’Etat le soin de garantir l’indépendance des chercheurs, même en régime démocratique.

    La logique de ce débat n’est que la traduction sur le terrain de l’enseignement universitaire d’un clivage plus profond et plus ancien. Il oppose ceux qui pensent que le levier en dernière instance du progrès collectif réside dans l’arbitrage souverain de l’institution étatique, et ceux qui estiment que le progrès collectif résulte de la confrontation de plusieurs sources simultanées d’autorités et de légitimités.

    En dernière instance, ce n’est pas l’Etat qui oblige l’Etat à rectifier les mensonges d’Etat. C’est en cela que l’affaire Dreyfus est fondatrice de la gauche.

    • Anonyme

      Juste une remarque au passage sur le principe même d’autonomie. On nous serine que les universités ont besoin d’autonomie, que cela a bien des avantages (ce qui est vrai), mais on oublie de dire que cela a aussi bien des inconvénients. Par exemple la toute puissance des présidents d’université, qui devient le seigneur local. Le système était certes lourd mais au moins il était à peu près démocratique, il devient féodal. Comme la discipline du président de l’université va être bien dotée en postes au détriment des autres disciplines...

  • Anonyme

    ...est telle que l’on aurait su l’imaginer.les anachorètes de l’analphabétisme ont encore de beaux jours devant eux....Réjouissons-nous des courroies de transmission des élites, elles ne sont pas prêtes de s’user - c’est du bon gros matos allemand ! ...L’université s’enferme toujours dans les « ismes »,et choses nouvelles, en sciences humaines, rétrogradent vers LENINGRAD, d’ou la pointe d’humour et d’humeur de l’absence totale d’une analyse objective sérieuse : nous n’avons toujours pas comblé les retards considérables qui nous séparent d’un authentique « savoir » universel et non-pas « universaliste », comme le postillonnent les parangons hystériques de l’extrême rigidité de ce « grand cadavre à la renverse“(voir F.HOLLANDE éructée au milieu de son clan rougeaud est, à l’assemblée nationale, un spectacle d’une tristesse infinie qui sonne le glas d’un évolutisme quelconque - mais, également, qui n’a pas vu répéter 36 fois la date de 1958 par Rachida DATI, comme une remontée mécanique proposant le même siège, n’a rien vu non plus... - donc, y en aura pour tout le monde ! ...)
    Donc, au pays du camembert atomique de l’étudiant(une partie, heureusement...)qui bugge et se fringue à la manière soixante-huitarde,djembés,dreadlocks et moumoutes afghanes de bergers homériques, et le reproche de son pétainisme de fait à une assemblée imaginaire ne fait qu’affirmer un chichon de très bonne qualité...c’est un scénario auquel Jean-Frédéric SHAUB, Directeur d’études sans surprise,mêmeà 18H15,n’était pas prêt d’imaginer - on est encore loin d’une brillance de propos(faut pas trop en demander...).Bref, les ânes bâtés, bien trop à l’abris derrière leurs burlingues, donneraient des analyses qui ne partiraient pas de la ‘rue’, mais des concertos à plusieurs voix(attendues et entendues)du sanctuaire passéiste de la fameuse plateforme des ‘élites’, ou de ceux et celles qui se considèrent de cette catégorie...et c’est bien dans ce domaine que les écarts de distance se creusent : ceux qui parlent si bien de la ‘rue’ n’y foutent jamais les pieds.
    n’oublions pas qu’au pays de Voltaire et de Diderot, des écrivains, des artistes(si cette expression signifie encore quelques réflexes...)sont obligés de s’exiler parce qu’oblitérés dans la catégorie des malpropres et des malfaisants - c’est une élite ‘déportée’, et c’est plutôt dans ce sens que j’entrevois la ‘collaboration’ et le ‘pétainisme’ que nous reproche le berger afghan universitaire..Mais l’idée que Nicolas SARKOZY est Adolphe HITLER,etc,...signifie une réelle paresse et de son fameux ‘droit’ qui s’érige en véritable institution nationale...MAIS le berger afghan est un chromo qui s’exporte aussi bien que Che-Guevara sur le Front Ethique de la Pensée Internationale Française, donc, attendons le prochain tour de roue publicitaire de nos ‘élites’ et de sa sauvegarde...peut-être qu’après Pétain, dans les griefs, nous aurons droit, dans l’ordre alphabétique, à Pétrarque, mais faut pas rêver...
    ...alors,‘réformes des universités : gare à la politique du pitre’.

    • Françoise_M
      • Posté à 10h50 le 15/11/2007
      • Internaute 4339

      Ce serait gentil d’en écrire moins mais plus construit, moins bavard et plus cohérent : à la fin on ne sait que conclure de votre discours...

      • Anonyme répond à Françoise_M

        ...allongez-vous sur le divan,Françoise,et développez un peu plus...je vous écoute.

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 09h14 le 15/11/2007
    • Internaute 9633
      Internaute

    il y a au moins deux choses qui me gênent dans votre article

    d’abord, le débat est beaucoup plus vaste et complexe que le point que vous abordez (le cursus des étudiants et la dualité Université / autres établissement)

    ensuite, dans votre texte, je trouve que le styme prime sur la clarté.

    je n’y trouve rien qui me convainque de défendre une loi faite dans la précipitation. Au-delà des objectifs sur lesquels tout le monde est d’accord (améliorer le niveau et l’insertion des étudiants, la recherche etc...), je ne vois pas dans cette loi ce qui va garantir ces beaux résultats.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 10h12 le 15/11/2007
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Avant de penser à réformer le mode de financement des facs qui n’est qu’une manière supplémentaire pour le gouvernement de se désengager d’un service public, il serait bon de se demander à quoi sert la fac.

    Aujourd’hui, comme depuis le milieu des années 80, on trouve 75 à 80% des étudiants en fac, et le reste en BTS, STS, IUT et grandes écoles.
    Or seuls les seconds forment concrètement à des métiers (en tout cas débouchent directement sur des emplois), tandis que la fac, dans laquelle on fait « ses humanités », n’apporte qu’une formation intellectuelle.
    Dans une société cohérente j’ai le sentiment que le rapport devrait être le contraire.

    Si ce n’est pas le cas c’est parce que depuis qu’on a politiquement décidé d’amener 80% d’une classe d’âge au bac, on ne s’est pas posé la question de savoir ce qu’on en ferait ensuite !
    La fac a naturellement servi de cuve à trop-plein. Et cette cuve qui était déjà pleine en 1980, déborde depuis le départ.

  • laurentso
    • Posté à 11h17 le 15/11/2007
    • Internaute 17491

    Il n’y a pas un petit syllogisme dans votre raisonnement ? L’université est déjà à deux vitesses, donc perennisons la situation ! Donc faisons un l’enseignement supérieur à trois vitesses...Il est un principe intangible, le caractère national des diplômes. Jusqu’à la fin du second cycle tout du moins.
    Tout le reste n’est qu’un rêve de mandarin qui rêve d’avoir son unité de formation à lui, son pré-carré (c’est un constat général, pas une accusation contre l’auteur de l’article, bien entendu).
    Cela étant, une reflexion doit s’engager sur la valeur du premier cycle, sur la nécessité d’entretenir des filières peu formatrices, sans pour autant tomber dans le piège de la professionnalisation à outrance. Toutes les expériences de diplômes « privés », c’est à dire tourné vers une entrée directe dans la vie active, se sont soldées par des échecs (hors cas particulier de la recherche scientifique fondamentale).
    Maintenant, la France a-t-elle les moyens de financer des flots d’étudiants en Sciences-Humaines, par exemple ; les étudiants ont-ils le droit de se tromper ou de musarder dans leurs études ?
    Rapprocher directement l’Université de l’entreprise est une stupidité, maintes fois dénoncée par les enseignants-chercheurs. Par contre, quand Valérie Pecresse trouve que l’enseignement de l’anglais, par exemple, est insuffisant à la fac, ce qui dévalorise les diplômes français, comment lui donner tort ?

  • Anonyme

    Je suis un peu étonnée que personne ici ne parle du chômage des jeunes ! On nous fait subtilement croire que la formation dispensée à l’université ne prépare pas les étudiants au marché du travail ! ça veut dire quoi savoir travailler ? ça veut dire un peu réfléchir, résoudre des problèmes, travailler en équipe, atteindre des objectifs, respecter des contraintes .... pourquoi sommes nous convaincus que l’université ne parvient pas à cela ? Que font nos étudiants toute la journée si ce n’est cela : réfléchir, travailler ensemble, respecter des contraintes, atteindre des objectifs...
    Quant aux étudiants de licence qui échouent, la plus part sont issus de bac technique qui n’ont pas été formé au lycée à la rédaction, l’argumentation, la réflexion théorique etc... ces étudiants ne bénéficient d’aucun soutien et décrochent. Qui s’interrogent de leur motivation à suivre des études supérieures, à se former davantage ? Si nous leur accordions une vingtaine d’heures par semestre en petit groupe pour les aider dans leur projet, pour les amener à acquérir une culture générale plus large...alors je suis convaincue que nous pourrions enrayer une partir de ces échecs. Cependant quelle université plus autonome qui aura récupérer des fonds pour financer ses écoles doctorales, ces masters, ses locaux etc. dégagera des fonds pour financer le soutient à ses étudiants les plus faibles ? ?
    la réforme c’est une chose mais la question de l’injustice sociale ne sera malheureusement pas réglée !

    • FREDERIC 67
      • Posté à 20h29 le 15/11/2007
      • Internaute 9970

      ok mais les enseignants chercheurs n’ont aucune formation de conseil d’orientation ou de psychologie pour cela , bref ce n’est pas leur boulot qu’on paye des professionnels pour cela qu’on mette ces heures pendant les vacances de Pacques avant leur inscription à l’université et tout ira mieux (sauf que ce n’est pas pour cela qu’ils sauront mieux rédiger)

      • Anonyme répond à FREDERIC 67

        pas besoin de formation psychomachine
        mais besoin de bon sens et de rigueur dans le travail
        pour bien connaître les filières, les débouchés.

  • Auclat
    • Posté à 13h15 le 15/11/2007
    • Internaute 15683

    Ce qui est le plus déprimant dans la société d’aujourd’hui, c’est le défaitisme qui a été intégré contre les principes de base.

    On peut aujourd’hui se dire sans honte « républicain », et être contre la gratuité des études !
    Ce fait, à lui seul, suffirait à montrer que nous vivons vraiment une basse époque, comme l’écrivait Castoriadis.

    Pour ma part je continue à défendre un libre accès à l’enseignement laïque et gratuit. Et je dis bravo aux étudiants qui se mobilisent pour de meilleures conditions d’études, malgré les discours de résignation ambiant.

    Aux « bons parleurs » qui donnent de l’extérieur des leçons à ce mouvement étudiant, juste une question : savez-vous pourquoi de nombreux étudiants ne mangent qu’une fois par jour ?

    • Anonyme répond à Auclat

      Moi je sais pourquoi de nombreux étudiants ne mangent qu’une fois par jour : c’est parce que quand ils sont pauvres et qu’ils ont droit à une bourse elle ne permets de manger qu’une fois par jour ! Et si par ailleurs ce priviligié de l’état providence s’essaye au travail déclaré pour combler ses manques (admettons qu’il veuille s’habiller), la sanction est immédiate : réduction de ladite bourse pour cause de dépassement de plafonds de revenus basés sur les salaires du Kosovo (moi en gagnant 350€ par mois pendant un an j’ai perdu la moitié de ma bourse).
      Vous comprendrez facilement que le slogan « Travailler plus pour gagner plus », me fait hurler de rire (jaune...) !

    • Anonyme répond à Auclat

      « ... savez-vous pourquoi de nombreux étudiants ne mangent qu’une fois par jour ? ... »
      S’il faut donner dans le misérabilisme pour se faire entendre,alors...

  • Ephémère
    • Posté à 02h08 le 16/11/2007
    • Internaute 22308

    La loi LRU comprend des aspects multiples et concrets qu’il est abusif, comme le fait M.Schaub de réduire à la question générale de l’autonomie de gestion des universités. Quoique favorable à un accroissement relatif de cette dernière, je me prononce sans hésiter pour une abrogation de la loi Pécresse en raison du pouvoir démesuré qu’elle accorde aux présidents d’université en matière de recrutement des enseignants-cherccheurs. Les oligarchies la plupart du temps incompétentes qui tiennent nos universités vont sortir renforcées, omnipotentes, de ce nouveau dispositif. C’est une catastrophe annoncée. Pour la question du recrutement, c’est le plus mauvais texte de loi qui a jamais été imaginé. Parce que cette loi a été élaboré non pas tranquillement en collaboration non pas avec la communauté universitaire, mais dans la précipitation avec les syndicats étudiants (bilan : maintien absurde d’une sélection au milieu su second cycle, entre le M1 et le M2) et les présidents d’université (qui ne représentent ni l’excellence, ni la compétence, mais les rares solutions aux équations mandarinales), nous avons ici la pire déclinaison d’une bonne idée. Face à une loi aussi mauvaise, une seule solution : l’abrogation

    • Anonyme répond à Ephémère

      Enfin un commentaire sense.
      Je serais moins pessimiste que vous. Les presidents des universites sont effectivement des oligarques obscurs parce que jusqu’a present leur pouvoir etait tout aussi obscur. S’ils sont investis de pouvoirs reels et voyants, leur designation risque d’interesser bien davantage le monde universitaire et peut-etre pourrait-on imaginer de nommer a ces postes des gens competents. L’exemple danois semble indiquer que ce processus prend a peine quelques annees, avec in fine une gestion efficace.

      un enseignent-chercheur parisien optimiste

  • Anonyme

    Bonjour,
    Toute la presse parle seulement du mouvement étudiant, et de l’opposition quasi unanime des présidents des universités contre ce mouvement. Mais, et comme le font remarquer certains commentaires, des enseignants-chercheurs contestent le texte. A Lille 1 ils ont par exemple voté la grève pour trois jours en assemblée générale. C’est dommage de tronquer le problème en ne relayant pas ces positions : il n’y a pas d’un côté des étudiants naïfs, partiaux avec un poil dans la main, et de l’autre les raisonnables, à la vue longue.

  • Anonyme

    C’est FAUX, si j’en juge par mes collegues.
    Les enseignants-chercheurs me semblent dans leur majorite pris en otage entre leur opposition viscerale a Sarkozy et le sentiment de l’urgence d’une reforme.
    Ils font le constat d’un baisse constante du niveau des etudiants et du prestige de l’universite et DONC ne se retrouvent pas dans le mouvement etudiant qui
    s’oppose a toute exigeance de qualite, qui implique de facto l’existence de
    filieres plus selectives que d’autres au sein de l’universite.
    Un enseignant-chercheur desabuse.

  • colère
    • Posté à 12h23 le 17/11/2007
    • Internaute 22414

    un fait m’a stupéfiée cette semaine : des étudiants (ou pseudo-étudiants) déclaraient que le vote à bulletin secret était une procédure anti-démocratique ! j’espère qu’ils ne sont pas étudiants en histoire : le vote à main levée n’est-elle pas une pratique des régimmes totalitaires ? Cela laisse rêveur...et aussi inquiétant ;

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