Camino 999 : l'Opus Dei déboutée... et même pas au courant
C’est Rue89 qui a informé l’Opus Dei, en ce début de soirée, de l’issue d’un procès qu’elle avait elle-même intenté à un éditeur indépendant !
Quelques heures auparavant, comme prévu, les magistrats de la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris ont tranché dans l’affaire qui opposait l’association catholique –plaignante- à Jean-Jacques Reboux, patron des éditions Après la Lune, et à la romancière Catherine Fradier, auteur du roman « Camino 999 » .
L’assignation a été déclarée nulle par le tribunal. L’Opus Dei a donc été déboutée de sa plainte et condamnée à verser 2000€ de dommages et intérêts aux Editions Après La Lune, au titre de l’article 700 du Nouveau code de procédure civile (il s’agit du remboursement total des frais de justice d’Après la Lune). Comme l’avait demandé Me Pierrat lors de l’audience du 7 novembre, l’affaire ne sera pas jugée sur le fond, puisque, pour commencer, la forme a été déclarée non recevable. Par ailleurs, l’Opus Dei s’est aussi vue condamnée aux dépens (règlement des frais de justice globaux).
Au service Communication de l’Opus, contacté par la rédaction, on n’était donc pas au courant du verdict jusqu’à notre sollicitation en début de soirée. On n’avait cependant pas l’air surpris (l’association avait déjà préparé le communiqué). Par la voix d’Arnaud Gency, du service concerné à l’Opus, la partie plaignante « regrette que l’affaire n’ait pas été jugée sur le fond » (c’était cependant attendu) : « Pour nous, la quatrième de couverture indiquait clairement qu’il s’agissait non pas d’un roman mais d’une enquête » nous a-t-il dit ce soir. Tempérant illico, comme pour faire montre de sa compréhension du verdict : « J’ai cependant été rassuré car, lors de la séance, l’éditeur a parlé, lui, d’un roman, à plusieurs reprises » …
Du côté de Jean-Jacques Reboux, on est évidemment soulagé, et « rassuré par toutes les marques de soutien qui nous ont été témoignées, que ce soit par la souscription (que l’éditeur de polars, indépendant et ne faisant pas dans le serial-sellers, avait dû lancer en juin pour payer ses frais de justice, ndlr), ou en achetant le roman » . Qui, du coup, a bénéficié il est vrai d’un éclairage certes pas voulu, mais inattendu.
L’Opus Dei a maintenant un mois pour décider d’un éventuel appel de la décision.
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C’est d’abord bien d’avoir soulevé ce problème de sensibilité exacerbée de l’Opus Dei, sans que je puisse préciser quelle partie est à ce point, chez eux, sensible. On se prend à rêver... Si je touche là, etc.
Ensuite, il faut en effet qu’ils apprennent que la séparation de l’Eglise et de l’Etat remonte à 1905 et que les affaires temporelles ne sont aucunement de leur ressort, ressort des plus réactionnaires - hostiles aux libertés -, et sur la même longueur d’onde que les extrémistes musulmans. Ils n’ont pas le droit de légiférer sur la création, dans ce cas, littéraire. La liberté est un principe et ne souffre donc aucune exception. Quand on est choqué, l’attitude réfléchie est d’accepter un autre point de vue, pas de le supprimer, certes en droit avec l’Opus Dei, mais pour combien de temps cette pieuse retenue ? A quand le retour des saints bûchers ? En plus, le bois, c’est écologique et un feu, en même temps et pour le même prix, ça chauffe. Et on y invite les pauvres, comme dans un méchoui. Grandiose et illuminé. Sanctus.
A chier.
Mon nom n’est pas à publier, pour que ce ne soit pas anonyme.
Bernard de Cayenne
9+7 = 16, certes, mais aussi 97.




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