L'« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène

Simone Bitton
Cinéaste
Publié le 14/06/2010 à 08h22

Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film « A cinq heures de Paris » par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film « Rachel » - me sont parvenus tardivement, plus d’une semaine après le début de cette étonnante polémique. Je suis actuellement au Maroc où j’enseigne à l’école de cinéma de Marrakech, et ne suis bien entendu pour rien dans cette initiative des animateurs d’Utopia, de même que mon producteur ou mon distributeur français , qui me disent avoir simplement remarqué une très légère hausse dans le volume des demandes d’exploitation du film, tant en France qu’à l’étranger, ce qui est tout à fait normal s’agissant d’un film dont le sujet résonne fortement avec l’actualité.

Tout comme Leon Prudovsky (le réalisateur du film déprogrammé), je ne contrôle pas la distribution de mes films , ces choses se passent entre exploitants et distributeurs. Comme lui, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir la mauvaise surprise d’apprendre qu’une sortie en salles ou une diffusion télévisée d’un de mes films était annulée ou repoussée afin de laisser place à un autre film, à une rediffusion ou à une émission spéciale suite à tel ou tel événement.

Ce sont des choses désagréables qui arrivent souvent dans notre métier, mais s’agissant de « A cinq heures de Paris », qui bénéficie d’une sortie française sur une cinquantaine d’écrans, cette déprogrammation n’a rien de dramatique, d’autant que le film sera montré dans les salles Utopia un peu plus tard.

Une Israélienne remplace un Israélien !

Je ne connais pas Léon Prudovsky, mais j’ai lu quelque part que tout en étant « un peu attristé » par cette mésaventure , il n’en fait pas lui-même un si grand cas, et ce n’est pas lui, ni son distributeur, qui ont initié la polémique un peu grotesque qui voudrait faire de lui la victime d’un terrible acte de censure « antisémite ». Il faut dire que s’agissant d’antisémitisme, il y a plus caractérisé que de remplacer le film d’un Israélien par le film d’une Israélienne !

« Rachel », qui est distribué en France depuis quelques mois, est une enquête cinématographique sur la mort de Rachel Corrie, une jeune pacifiste américaine écrasée par un bulldozer militaire israélien dans la bande de Gaza en mars 2003, alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction d’une maison palestinienne.

Rachel était la première militante internationale a payer de sa vie son engagement non-violent aux côtés des Palestiniens, et c’est pourquoi l’un des bateaux de la flotille militante arraisonnée par l’armée israélienne, avec les conséquences tragiques que l’on sait, portait son nom.

On comprendra aisément que j’ai été - et que je suis encore - particulièrement choquée par la mort des passagers du « Marmara » et l’arraisonnement du « Rachel Corrie ».

On comprendra aussi qu’après avoir enquêté pendant trois ans sur la mort de Rachel Corrie pour réaliser mon film, et en particulier après avoir enquêté sur l’enquête militaire interne israélienne particulièrement baclée qui avait suivi cette tragédie, je suis assez bien placée pour pouvoir apporter un éclairage circonstancié sur les événement actuels.

Mais, fort étrangement, si j’ai bien été sollicitée ces derniers jours par quelques journalistes français, c’était en général pour me demander de réagir à « l’affaire Utopia », et pas à l’assassinat de neuf militants pacifistes par l’armée israélienne, des militants qui ressemblaient à Rachel, et qu’il me semble connaître sans même savoir leurs noms.

Je n’ai pas envie de participer à cet emballement médiatique bien franchouillard, avec son cortège de formules passe-partout inlassablement recyclées dans la centrifugeuse des échanges de communiqués, de pétitions, de tribunes et d’invectives.

Une polémique dérisoire et obscène

Si j’écris ce petit texte, plutôt que de répondre à ces sollicitations qui me consternent, c’est simplement pour dire combien tout cela me parait bien dérisoire, déplacé et quelque peu obscène. Des dangers de « l’ importation du conflit » et autres « amalgames », jusqu’à la sanctifictation de la « diversité culturelle », en passant par la dénonciation rituelle de la « censure » , du « boycot », et de l’ « antisémitisme qui avance masqué sous l’antisionisme ».

Tout ce ronflement de mots creux autour de cette petite affaire de remplacement d’un film par un autre dans quelques salles de cinéma en France, tout cet espace médiatique envahi par ce non-événement alors que les corps des victimes de l’assaut meurtrier sont à peine enterrés et que la place manque pour parler d’eux, raconter leurs courtes vies, enquêter sur leur mort, démonter la machine de propagande bien huilée qui s’est mise en branle immédiatement pour transformer des commandos d’elite armés jusqu’aux dents en pauvres gamins agressés et des pacifistes assassinés en dangereux suppots du terrorisme international - en bref : pour informer sérieusement sur l’essentiel plutôt que de se vautrer dans l’accessoire.

Les soldats qui ont donné l’assaut au « Marmara » dans les eaux internationales et ceux qui ont « interrogé » les survivants menés contre leur gré en Israël ont confisqué leurs appareils photos, leurs caméras, leurs téléphones portables qui avaient enregistré des images terrifiantes. Images dévastatrices, non pas pour « l’image d’Israël » (cet autre formule creuse affectionnée par les commentateurs du vide), mais dévastatrices tout court.

Certaines de ces images ont été sauvées de l’anéantissement et circulent sur le web. Très peu de médias français les publient. Ceux qui ouvrent généreusement leurs colonnes à « l’affaire Utopia » et aux pourfendeurs de la « censure » n’ont curieusement plus de place pour elles, ou ne les trouvent pas aussi intéressantes qu’un énième rabâchage paranoïaque, un énième texte prétentieux et donneur de leçons à un petit circuit de salles indépendants.

On se demande : qui censure qui et qui boycotte quoi ?

Utopia accueille des films du monde entier

Et pourquoi ce déferlement de réactions furieuses - même ministérielles ! - à l’encontre d’une équipe qui accueille depuis belle lurette des films d’auteurs du monde entier, et parmi eux beaucoup de films israéliens et palestiniens de qualité, en les gardant à l’affiche plusieurs semaines alors que les gros circuits s’en débarrassent dès qu’un film plus rentable financièrement pointe le bout de son nez ?

Une équipe qui pousse le respect des œuvres et des cinéastes jusqu’à expliquer et à assumer ses choix , ses hésitations, ses coups de gueule et ses élans de solidarité alors que d’autres se contentent de relayer les dossiers de presses fournis par les distributeurs, toutes choses rarissimes et d’autant plus précieuses.

Traiter les gens d’Utopia de « censeurs » et de « boycotteurs de culture », c’est grotesque. Pour offrir à leur public un regard personnel venant d’Israël, ils ont fait, cette semaine, le choix peu lucratif du documentaire plutôt que celui de la fiction. N’est-ce pas cela, aussi, qui dérange ? N’est-ce pas cela qui fait peur ?

Lundi matin, je retrouverai mes étudiants marocains, et je me replongerai avec eux dans le travail riche et intense de leur initiation à la pratique du mode d’expression qui est le mien. Ensemble, nous ouvrons les yeux sur les réalités qui nous entourent, nous apprenons à les décrypter et à les restituer par le prisme de nos regards subjectifs.

Jour après jour, lors de longues journées de tournage dans la chaleur, la poussière et l’éblouissement des couleurs, nous nous exposons à la splendeur des paysages, à la richesse des traditions et des dialectes, à l’humour populaire et au raffinement des lettrés mais aussi, et parfois sans transition, à la misère des douars, à la détresse des pauvres, aux contraintes et aux interdits imposés par des politiques effrayés par la parole des citoyens.

Aider leurs spectateurs à ne pas être dupes

Nous mettons les propagandes et les discours officiels à l’épreuve du réel, en nous gardant bien de tomber dans le piège de la dénonciation manichéenne et de la manipulation des discours. Bref, nous faisons, jour après jour, l’apprentissage toujours renouvelé de la rigueur documentaire, tout en restant avant tout des artistes, des poètes, des magiciens de l’image, des sons, de la musique.

Nous apprenons à raconter une histoire en laissant une place à l’imaginaire du spectateur. Et chaque soir, lorsque nous revenons dans nos univers familiers, c’est avec un regard neuf, lavé par le chemin accompli vers l’autre, que nous reprenons contact avec les représentations médiatiques de l’actualité.

Nous sommes alors en condition de mesurer, le plus souvent, l’accablante superficialité de ces représentations . Comme je le dis souvent à ces jeunes gens qui ont choisi le cinéma : nos films n’ont pas le pouvoir de changer le monde. Mais ils ont certainement celui d’aider leurs spectateurs à ne pas être dupes de la représentation médiatique du monde.

  • 10064 visites
  • 34 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Walid Salem
    Walid Salem
    Dans les livres
    • Posté à 09h06 le 14/06/2010
    • Internaute 103891
      Dans les livres

    Comme souvent, un acte symbolique est détourné pour créer la polémique et engendrer des tensions. Ce qui a été relayé par les médias est la suppression d’un film israélien. Je n’avais pas entendu qu’il était remplacé par un film d’une israélienne. Je suis soulagé de l’apprendre, surtout par cet article. Cette polémique tourne au ridicule et rend honneur à l’énorme portée de la décision de l’Utopia. Après tout, le film Rachel est une contestation à lui tout seul.

    • P a z
      P a z répond à Walid Salem
      • Posté à 13h28 le 15/06/2010
      • Internaute 36800

      Des artistes israéliens soutiennent la décision des cinémas UTOPIA, lire ci-dessous :

      « Merci Utopia !

      Nous soussignés, citoyens israéliens, cinéastes, enseignants et ouvriers de la culture, nous souhaitons remercier le circuit des salles Utopia pour leur décision de décaler la programmation du film israélien “A 5 heures de Paris” et de programmer le film “Rachel” en réaction à l’attaque menée par l’armée israélienne sur la flottille de la Liberté. “Rachel”, de la cinéaste marocaine-israélienne-française Simone Bitton, raconte l’histoire de Rachel Corrie, une militante américaine de 23 ans écrasée par un bulldozer de l’armée israélienne alors qu’elle se posait en bouclier humain pour les habitants de Gaza. Un des bateaux de la flottille “Free Gaza” repoussée par les bulldozers israéliens portait le nom de Rachel Corrie. La décision du réseau Utopia a été prise au moment où le bateau “Rachel Corrie” faisait route vers la Bande de Gaza sous blocus et alors que la comédie sentimentale “A 5 heures de Paris” sort dans 50 salles à travers la France.

      Nous voyons dans la décision d’Utopia la continuation d’une longue tradition de programmation de films israéliens et palestiniens et d’un engagement profond aux côtés de la culture, des spectateurs et des cinéastes. C’est à la lumière de cet engagement qu’Utopia a modifié son programme et a proposé à ses spectateurs de connaître en profondeur la réalité à Gaza – à travers les yeux d’une cinéaste israélienne. Il ne s’agit pas de censure. Personne n’appelle au boycott des artistes israéliens. Il s’agit d’un acte de solidarité citoyenne, solidarité avec les civils palestiniens de Gaza, avec les membres du mouvement international de solidarité et avec des citoyens israéliens comme nous, qui aspirent à une vie fondée sur l’égalité et la justice en Israël-Palestine.

      Malheureusement, la machine de propagande israélienne utilise également la création artistique, y compris le cinéma, pour donner d’Israël l’image d’un Etat démocratique et éclairé, afin de camoufler des crimes de guerre, la ségrégation, l’occupation et la répression.

      L’establishment israélien inaugure des campagnes de “repositionnement” publicitaire et des opérations d’image de marque en collaboration avec le ministère des affaires étrangères et celui de la culture, alors qu’en Israël, la ministre de la culture répète que “le cinéma israélien prouve à chaque fois que la culture est la meilleure ambassadrice de l’Etat”. La même ministre s’en prend violemment et publiquement à toute critique de l’occupation et de l’apartheid, que celle-ci soit exprimée par des artistes citoyens israéliens ou étrangers.

      Le gouvernent israélien emploie un appareil de terreur et de censure contre toute possibilité d’expression artistique palestinienne libre. Cet appareil persécute des artistes et des intellectuels palestiniens, empêche des projections de films, des conférences académiques et des évènements culturels. Et interdit l’entrée sur le territoire aux artistes et intellectuels internationaux qui souhaitent exprimer leur solidarité avec les opprimés.

      Nous refusons de faire partie de cette machine bien huilée de propagande, nous refusons de prendre part au camouflage de l’occupation et de la répression et de contribuer à la création d’une image de “démocratie éclairée”. Nous refusons toute tentative de transformer le persécuteur en persécuté, et l’agresseur en agressé – que ce soit dans les eaux internationales ou dans le monde de la culture.

      Nous sommes heureux que les gens d’Utopia soient nos alliés et partenaires dans notre combat pour l’égalité et la justice.

      Merci Utopia ! »
      14 Juin 2010

      Premiers Signataires :

      Udi ALONI, réalisateur
      Ariella AZOULAY, cinéaste et essayiste
      Mohammad BAKRI, réalisateur et comédien
      Daphna BARAM, écrivaine
      Yael BERDA, sociologue, poète
      Tamar BERGER, écrivaine
      Haim BRESHEETH, cinéaste et universitaire
      Amit BREUER, productrice
      Shai CARMELI POLLAK, réalisateur
      Sami Shalom CHETRIT, cinéaste, écrivain, poète
      Scandar COPTI, réalisateur
      Anat EVEN, réalisatrice
      Jack FABER, artiste visuel
      Yael FREIDMAN, enseignante en cinéma
      Natalie HAZIZA, réalisatrice
      Ala HLEHEL, écrivain et scénariste
      Avi HERSHKOVITZ, réalisateur
      Rachel Leah JONES, réalisatrice
      Hagit KEYSAR, artiste visuelle
      Yael LERER, éditrice, éditions Andalus
      Juliano MER-KHAMIS, cinéaste, metteur en scène, comédien
      Erez MILER, artiste visuel
      Ruchama MARTON, présidente de PHR
      Rela MAZALI, écrivaine
      Judd NE’EMAN, réalisateur, lauréat du Prix Israël du Cinéma
      Ofer NEIMAN, universitaire
      Ilan PAPPE, historien
      Erez PERI, directeur du Festival des Films de Sud à Sderot
      Zmira RON, metteur en scène
      Oz SHELACH, écrivain
      Eyal SIVAN, réalisateur
      Renee SIVAN, muséologue
      Mati SHEMOELOF, poète
      Amir TERKEL, cinéaste
      Eran TORBINER, réalisateur
      Einat WEIZMAN, comédienne

      Vous aussi, vous pouvez envoyer un petit mot de remerciement aux animateurs du réseau UTOPA : annemarie.faucon@cinemas-utopia.org, d’autant qu’ils ont ont subi pressions et intimidations, et ont refusé de céder !

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 09h10 le 14/06/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Merci Simone pour cette mise au point , qui, en fait n’était pas nécessaire.
    Personne ne met ne doute votre bonne foi, et personne (enfin presque) ne peut vous accuser d’être à l’origine d’une manip’ des « professionnels de le profession » qui vous dépasse.

    Longue vie à la liberté d’expression, d’où qu’elles viennent ( la vie, la liberté et l’expression ...) !

  • TienTien
    TienTien
    impavide devant les ruines de (...)
    • Posté à 09h35 le 14/06/2010
    • Internaute 86881
      impavide devant les ruines de (...)

    Madame,

    Un très grand merci et mille bravos pour votre réaction, aussi digne que mesurée et parfaitement pertinente !
    Vous faites partie de ces rares personnes que l’on serait tellement honoré de pouvoir rencontrer et connaître...
    En vous souhaitant bonne continuation dans votre travail et vos idéaux,
    un admirateur anonyme.

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 09h43 le 14/06/2010
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Entendu !

  • Di
    Di
    • Posté à 09h59 le 14/06/2010
    • Internaute 8231

    Madame Bitton, si vous étiez un objet, vous seriez un tube d’onguent cicatrisant. C’est toujours apaisant de vous lire. Merci !

  • thierry reboud
    • Posté à 10h11 le 14/06/2010
    • Internaute 20923

    Nous sommes alors en condition de mesurer, le plus souvent, l’accablante superficialité de ces représentations.

    Tout juste.

    Et c’est bien ce qui posait problème dans la décision de déprogrammation des cinémas Utopia (l’interruption de la diffusion de l’une des représentations possibles), sans qu’il soit besoin pour autant de recourir à la floraison grotesque d’insultes qui accompagnent systématiquement (et de part et d’autre) le moindre événement sur le conflit israélo-palestinien : d’un côté, l’accusation creuse d’antisémitisme ; de l’autre, l’accusation pas moins creuse de fascisme. (Je suppose qu’il est inutile de développer le fait que ces accusations grotesques ont finalement pour seul résultat de se vider mutuellement de leurs substances : nous aurons l’air fin le jour où nous serons confrontés à de vrais antisémites ou à de de vrais fascistes !)

    Il y a de quoi être consterné en constatant à chaque fois l’incapacité de chaque camp (puisque camp il y a) à envisager qu’il y a un point de vue (c’est-à-dire une représentation) en face, sans même parler d’envisager que ce point de vue antagoniste puisse avoir quelque légitimité.

    Quand les uns (pro-israéliens) et les autres (pro-palestiniens) s’accusent mutuellement de chercher leur anéantissement réciproque, on se rend compte que cela vaut sans doute plus pour les commentaires que sur le terrain : sur le terrain, il y a beau temps que plus personne n’aspire sérieusement à l’éradication d’Israël (sauf peut-être les dirigeants israéliens), pas plus que le peuple palestinien n’est sérieusement menacé d’un génocide.

    Dans le champ des commentaires, en revanche... Les échanges se situent souvent à un niveau de disqualification totale des arguments de ceux d’en face, sans la moindre capacité à entendre des voix évidemment pas moins fermes sur leurs convictions, mais peut-être plus nuancées. Et c’est là qu’on retombe sur la très mauvaise décision initiale des cinémas Utopia, très bien corrigée par la suite : nous ne sommes pas belligérants et il serait peut-être temps de s’en rendre compte. Vouloir faire taire les représentations des soutiens du camp d’en face ne peut pas constituer ici (c’est-à-dire n’importe où hors de la Palestine et d’Israël) une réponse appropriée, dans la mesure même où c’est déjà la pire réponse possible en Palestine et en Israël.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à thierry reboud
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 10h11 le 14/06/2010
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Voilà à quoi ressemblent les échanges sur ce conflit :

      C’est un peu réducteur, mais si des enfants de 8 ans ont pu le comprendre grâce à Disney, on peut garder espoir pour nos semblables...

      • Di
        Di répond à amonhumbleavis
        • Posté à 10h41 le 14/06/2010
        • Internaute 8231

        A cet âge, les enfants ont encore l’esprit ouvert. Ça change tout !

    • leypanou
      leypanou répond à thierry reboud
      observateur politique
      • Posté à 10h42 le 14/06/2010
      • Internaute 73435
        observateur politique

      « plus que le peuple palestinien n’est sérieusement menacé d’un génocide. » : peut-être, mais de combien a été rétrécie depuis 1947 la partie qui a été prévue pour les Palestiniens après le partage par l’ONU ? Combien de palestiniens ont été spoliés de leurs propriétés à Jérusalem ? C’est toujours facile de prétendre se montrer neutre et mettre sur le même pied d’égalité l’envahisseur et l’envahi.

      • thierry reboud
        • Posté à 10h48 le 14/06/2010
        • Internaute 20923

        Peut-être rien du tout : les spoliations (bien réelles, selon moi) ne font toujours pas un génocide.

        En outre, il ne s’agit pas de mettre les deux sur un pied d’égalité quant à leurs situations respectives, mais plus simplement de les mettre sur un pied d’égalité quant à leurs légitimités respectives à avoir un point de vue.

  • jma14
    • Posté à 10h11 le 14/06/2010
    • Internaute 31729

    Bravo.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 10h48 le 14/06/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Buvons un coup, Bitton Simone, à la santé de Rachel Corrie...

    (J’ai pas pu m’empêcher, mais je la remercie de révéler des talents qui, comme dirait Simone, s’ignoraient...)

  • ben_d_94
    ben_d_94
    aaa
    • Posté à 11h01 le 14/06/2010
    • Internaute 69830
      aaa

    ouais remplacer un film israelien, par un film qui dévoile l’historie d’une femme tuée par des israeliens.
    L’auteur de cet article est vraiment hypocrite. C’eut été un film palestinien, sans doute que tout le monde serait dans la rue a cramer des bagnoles.
    Oui, c’est injuste de ne pas programmer le film tout ça pour « faire bon genre » parce que « c’est mauvais d’avoir l’air de soutenir israel »...

    Ce qui m’énerve c’est que vous (l’auteur) dites que ce n’est pas bien grave, mais si on ne programmait pas un de vos film, tout ca pour « paraitre meilleur » vous n’aimeriez pas.

    Et oui, en France, j’estime qu’on devrait pas interdire de films au cinéma pour ces motifs.

  • leconcombrevert
    leconcombrevert
    La vraie vérité > : -))
    • Posté à 10h58 le 14/06/2010
    • Internaute 8843
      La vraie vérité > : -))

    Ce qui importe, c’est que les idées puissent circuler, donc les livres, les films, les musiciens, les artistes, les hommes et les femmes. On avance en écoutant l’autre, en dialoguent avec lui, en se frottant à sa réalité, à ses commentaires. Couper ce flot d’idées, comme Utopia entendait le faire, en repressailles, est simplement contraire aux idées humanistes que Utopia prétendait défendre. Et ça m’étonne un peu que Simone Bitton se sente obligée de défendre cet acte.

    • olivepsy
      olivepsy répond à leconcombrevert
      Herzien
      • Posté à 15h17 le 14/06/2010
      • Internaute 65584
        Herzien

      « Ce qui importe, c’est que les idées puissent circuler, donc les livres, les films, les musiciens, les artistes, les hommes et les femmes. On avance en écoutant l’autre, en dialoguent avec lui, en se frottant à sa réalité, à ses commentaires. »

      Vous feriez mieux d’adresser votre commentaire à ce gouvernement israélien d’extrême droite et à tous leurs éternels soutient qui s’évertuent sans cesse à justifier l’injustifiable...car c’est bien lui qui empêche la libre circulation des hommes et des femmes, sans jamais vouloir écouter et dialoguer avec le peuple palestinien...
      D’ailleurs j’ai l’impression que vous n’avez rien compris a ce texte, car comme le décrit très bien l’auteur de cet article, on s’indigne de petites polémiques pour ne pas parler des actes criminels et inhumains de ce gouvernement...

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à olivepsy
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 17h30 le 14/06/2010
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Vous avez raison, le gouvernement israélien est particulièrement nul en plus d’être plus à droite que jamais un gouvernement israélien avant lui. Et cela n’arrange ni les affaires des Palestiniens, ni celle des Israéliens d’ailleurs.

        Il faut le leur dire. Et je ne m’en prive pas. Je tiens d’ailleurs à ce mon avis puisse circuler la bas aussi.

        C’est pour ça aussi que j’ai rejoint JCall, dont la petition reste en ligne avec 6935 signatures à ce jour :

        Lien

        En tout cas, ce n’est pas parce que les choses sont ainsi en Israël qu’il faut qu’on devienne aussi bête ici.

        Par contre, je ne partage pas votre conclusion : Ce n’est pas parce que l’on s’insurge contre une mesure lamentable de Utopia qu’on ne parle pas des faits qui l’ont motivés. On ne fait que ça depuis deux semaines.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h11 le 14/06/2010
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Je regrette qu’il n’y ait pas un autre volet à cette défense. Madame Bitton explique fort bien en quoi elle n’est pour rien dans la programmation de « Rachel » à la place de « A cinq heures de Paris », pourquoi il est normal de présenter son film étant donné l’attaque dont a été victime la flotille Free Gaza

    Mais il se développe une autre polémique : « Attaques sionistes contre les cinémas Utopia », qui affirme, malgré la lettre et la mise au point de la directrice, que Utopia subit un « lynchage » médiatique et certains acharnés continuent à prôner le boycott total d’Israël, domaine culturel compris. Ils rejettent même les projections prévues de films israéliens avec débat, parlant de mensonges.

    Du Maroc, Madame Bitton n’est peut être pas au courant, mais j’aurais aimé qu’elle dise aussi ce qu’elle pense du boycott dans le domaine culturel.

    N’est-il pas essentiel de pouvoir échanger à partir de livres ou de films, plutôt que camper sur des positions extrémistes et d’un côté et de l’autre ?

  • a déménagé le 18 octobre 2010
    • Posté à 13h01 le 14/06/2010
    • Internaute 114231
      heum

    D’autant plus obscène que la médiatisation de ce film israélien est orchestrée de toute pièce par Utopia ! Utopia a trouvé là un bon moyen de faire de la publicité gratuite pour un film qui ne marchait pas. ils ont d’ailleurs reprogrammer le film et le business continu, merci pour cette couverture médiatique gratuite, Utopia vous remercie.

  • Hugues Serraf
    Hugues Serraf
    Chroniqueur
    • Posté à 17h06 le 14/06/2010
    • Internaute 26641
      Chroniqueur

    Je ne crois pas qu’avoir réagi au boycott de ce film par Utopia soit réductible à un « emballement médiatique franchouillard », et encore moins qu’il se soit agi d’en profiter pour éviter de parler des morts du Navi Marmara.

    On peut tout de même être simultanément scandalisé par l’opération commando israélienne et atterré par le boycott et les raisons initialement invoquées par Anne-Marie Faucon – qui assurait vouloir faire « réfléchir » les cinéastes israéliens et leur démontrer que faire des films sur fonds publics était quasiment de la collaboration !

    Le cinéma israélien est l’un des plus critiques de son contexte politique dans le monde. Au-delà de son intérêt artistique, il sert à faire connaître, à l’extérieur, le débat qui agite la société israélienne et ce n’est pas parce que « Valse avec Bachir » est financé par l’équivalent local du CNC qu’il est complaisant avec l’armée. On attends d’ailleurs encore que des films de cette nature soient réalisés en France, avec ou sans fonds publics.

    Il ne s’agissait donc certainement pas d’une « polémique dérisoire » et inutile, mais bien de l’expression d’une consternation légitime à l’annonce de cette initiative absurde, sur laquelle Anne-Marie Faucon est revenue en reprenant les arguments exacts de ceux qui la critiquaient, notamment en ce qui concerne la nature et l’importance politique du cinéma israélien.

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à Hugues Serraf
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 17h34 le 14/06/2010
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Exactement !

      Si on coupe l’herbe des salles européennes sous les pieds des écrivains et cinéastes israéliens, qui parlera au public israélien pour le faire prendre conscience de la situation du pays ?

      • piecam
        piecam répond à leconcombrevert
        capenoule
        • Posté à 17h57 le 14/06/2010
        • Internaute 60079
          capenoule

        Re exactement !
        Simone Bitton se pose la bonne question :
        « Qui censure qui et qui boycotte quoi ? »
        Pourquoi déprogrammer un film dont je ne discuterai pas l’intérêt, ne l’ayant pas vu, pour « Rachel » de, justement, Simone Bitton, et, justement, au moment où le navire irlandais, le « Rachel Corrie » (tiens, tiens !) partait de Malte ?

         
        • leconcombrevert
          leconcombrevert répond à piecam
          La vraie vérité > : -))
          • Posté à 18h33 le 14/06/2010
          • Internaute 8843
            La vraie vérité > : -))

          Elle aurait du mal à dire que c’est son film qui ait été censuré ou boycotté, puisque dans des tribunes antérieures elle a relaté les projections du film en Israël et en Palestine, ainsi qu’en France.

          Si Utopia avait pris la décision de déprogrammer un autre film, en l’occurence israélien, pour le jouer à une date ultérieure, parce que le film sur « Rachel Corrie » était devenu par la force des évenements plus « porteur » d’un point de vue commercial, rien de très anormal dans notre société, ou dans une perspective de vouloir informer son public. Mais ce n’est pas l’explication donnée par l’entreprise.

          • piecam
            piecam répond à leconcombrevert
            capenoule
            • Posté à 19h09 le 14/06/2010
            • Internaute 60079
              capenoule

            L’explication vaut son pesant de cacahuètes.
            Faire réfléchir les cinéastes israéliens qui utilisent des fonds publics !
            Alors, si je suis bien, il aurait fallu boycotter tous les films soviétiques, de Guerman à Paradjanov, programmés au Cosmos !

        2 autres commentaires
    • Walid Salem
      Walid Salem répond à Hugues Serraf
      Dans les livres
      • Posté à 19h36 le 14/06/2010
      • Internaute 103891
        Dans les livres

      Il n’y a pas de quoi prendre la décision de l’Utopia au pied de la lettre et d’analyser finement le fondement idéologique de cette démarche, à savoir si oui ou non elle est « juste », si oui ou non elle est « morale ».

      A considérer que cette déprogrammation est une bavure, il y a des bavures qui ont coûté bien plus cher et on s’est tout juste gratté le menton quand il en a été question dans l’information. Que ce film soit le dommage collatéral d’une colère spontanée et impulsive, d’autres dommages collatéraux ont été plus meurtriers et très vite oubliés. On ne s’en est pas offusqué et on n’a pas donné autant de leçons que l’on donne aujourd’hui à l’Utopia. Mise à part un chapelet de résolutions onusiennes qui justifient à peine l’envie de pisser dans un violon. C’est sûr que c’est plus valorisant de se nommer défenseur de la culture que d’une poignée de vie humaine qui ne font même pas une minute de débats dans les diners mondains.

      Le blocus de Gaza, tout comme la plupart des opérations militaires, est censé d’abord (sans jamais l’avouer) faire en sorte que la population, étouffée, se révolte contre le pouvoir, en l’occurrence le Hamas. On sait très bien que les armes ne rentrent pas par les grandes portes. Mais bon, en attendant des civiles sombrent dans la pauvreté et la misère et on se justifie par ci et par là, que l’état d’Israël a le droit de se défendre.

      Si l’on étouffe un film pour quelques temps, emporté par un excès de révolte et un trop plein de désespoir, dans le but de faire réagir, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. Surtout que ce film n’a pas de dimensions politiques et qu’il serait plus louable et honorable de se battre, avec la culture, à travers des œuvres engagées.

  • noregreb
    noregreb
    instit
    • Posté à 18h26 le 14/06/2010
    • Internaute 69702
      instit

    Blablabla blablabla blablabla... n’empêche que la déprogrammation c’était pas une bonne idée , on a le droit de le penser !

  • franckmilan
    franckmilan
    banquier
    • Posté à 18h49 le 14/06/2010
    • Internaute 114152
      banquier

    voilà quelqu’un qui refuse de se laisser instrumentaliser...c’est très rare...( surtout chez les artistes...) !
    vraiment beaucoup de réactions d’abrutis sur ce site... Bravo,vous êtes une perle Simone ! ! ! Courage ! !

  • expat
    • Posté à 19h41 le 14/06/2010
    • Internaute 25627

    Dans toutes ces histoires, on frise sans arret la schizophrenie, le plus simple et de voter avec ses pieds et ses mains.
    Et quand on entend qu’il n’y a pas de genocide palestinien, seulement leur transposition dans une autre realite ou ils n’ont jamais existe, se rapeler que le sens du mot genocide est variable, comme celui du mot massacre, que la realite est changeante, qu’on se tait aujourd’hui en esperant que le pire sera evite pour se retrouve juge par d’autres vainqueur demain pour notre lachete.
    Voila etre vivant aujourd’hui n’est pas neutre cela implique une navigation complexe entre des mots lourds de sens mais finalement depourvus de sens.
    La seule chose qui est sure (enfin meme pas toujours) est le passe ce qui explique que c’est a lui qu’on se refere et dans lequel on vit.
    Les films sont pareils, un bon film attire l’attention, si son contenu est anodin (une comedie), personne ne peut dire qu’il supporte une cause bonne ou mauvaise est-ce que ca veut dire qu’on doit aller le voir quelque soit son origine ?
    J’ai passe mes annees d’ecole a me disputer avec mes camarades sur la moralite de bombarder des camps de refugies malgre ca j’ai cru beaucoup de choses que je regrette meme si ca n’aurait rien change de m’en rendre compte a l’epoque, si on peut bombarder les refugies sans provoquer la moindre reaction, il n’y a pas d’espoir.

    L’article presente certainement les choses de facon raisonable et interessante, les aleas du succes et les priorites mediatiques.

  • dommarco
    dommarco
    travailleur
    • Posté à 20h10 le 14/06/2010
    • Internaute 53279
      travailleur

    oeut-être que la déprogrammation se voulait-elle en phase avec l’actualité, le film Rachel étant plus en relation avec les évènements.

    rappelons un peu le trajet des créateurs d’Utopia. Ils ont commencé à Aix en Provence avec l’ouverture de 2 salles réputées : Le Seize 35 et l’Arsenal. Ces lieux ont été des places fortes des groupes de Rouge et de Révolution et de l’activisme d’extrême gauche. Une anomalie ensachant que Anne Marie Faucon et Michel Malacarnet étaient plutôt à droite voire franchement gaullistes.
    Il n’empêche, que ces lieux ont permis sous leur égide de découvrir quelques sinon pas mal de chefs d’oeuvres du cinéma international et engagé. Ces deux salles ont été une légende et un sanctuaire pour la création et l’activité intellectuelle.

    Ensuite, remplacer le film d’un metteur en scène israélien par celui d’une Israélienne, y’a vraiment pas de quoi chier une pendule, de plus il y a de forte chance que le film déprogrammé soit reprogrammé par la suite.
    Si la couleur politique des dirigeants d’Utopia reste encore à définir, leur choix de programmation ou de déprogrammation reste irréprochable en fonction de leur contenu et de leur contenant. Il est impossible d’y mettre une étiquette partisane ou antisémite.

  • P a z
    • Posté à 22h09 le 14/06/2010
    • Internaute 36800

    C’est dit ! et très bien dit ! ! Bravo Simone Bitton ! ! !

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 22h48 le 14/06/2010
    • Internaute 50571
      chien de talus

    ça s’appelle se faire remettre à sa place, merci Simone !

  • haqqtiviste
    haqqtiviste
    Haqqtiviste
    • Posté à 08h39 le 18/10/2011
    • Internaute 139975
      Haqqtiviste
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.