Panamericana

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La mort de Monsivais, « mélange de Camus et de Ringo Starr »

Michel Faure
Journaliste
Publié le 20/06/2010 à 15h51

On l’a appelé « le dernier écrivain public » de la ville de Mexico, dont il fut l’infatigable chroniqueur. Carlos Monsivais, l’un des écrivains et journalistes les plus célèbres et influents du Mexique, est mort samedi 19 juin, des suites d’une infection pulmonaire -une maladie très « Ciudad de Mexico », ville très polluée- à l’âge de 72 ans.


Carlos Monsivais en 1990 (Lourdes Almeida/Wikimedia Commons)

Monsivais, au fil de sa vie d’écriture, a abordé tous les sujets, depuis la politique jusqu’à la religion, en passant par la « mexicanité » de l’homme nouveau, la révolution, les arts et les civilisations perdues.

Il était fier de n’avoir jamais rien écrit sur le football, ce qui n’est pas banal dans la ville du Stade aztèque, ni sur la tauromachie. Il était fou de cinéma.

Anti-autoritaire

Il détestait l’autoritarisme et l’intolérance, aimait bien la rébellion mais se méfiait des absurdités de la politique. Il était sévère à l’égard du mythe de la « rencontre » entre les peuples premiers du Mexique et les « conquistadores » espagnols, mais admettait cependant que le Mexicain d’aujourd’hui était bien leur enfant métissé.

Il salua en l’an 2000 la fin du monopole politique du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui resta au pouvoir pendant sept décennies, mais il se lamenta que son successeur fut Vicente Fox, un conservateur qu’il jugea assez incompétent et un peu trop grenouille de bénitier alors que le pays, selon lui, n’était pas sur « les rives du catholicisme », mais plutôt « au bord de l’abîme ».

Pourfendeur des inégalités sociales

Les inégalités sociales du Mexique étaient pour lui le mal absolu, qu’il dénonça inlassablement et il appela, avec d’autres intellectuels réunis au sein du Groupe de San Angel, un quartier chic et intello de la ville, la classe politique à l’unité nationale pour lutter contre ce fléau qui risquait un jour de créer une faille plus profonde encore que celles des tremblements de terre qui régulièrement secouent le pays.

L’ironie, à l’égard du Mexique, de sa capitale, et à l’égard de lui-même aussi, était sa marque de fabrique. Il dit un jour qu’il espérait être considéré après sa mort comme « un mélange d’Albert Camus et de Ringo Starr ». Et quand on y pense, ce n’est pas mal vu.

Il semblait avoir lu tous les livres vu tous les films et les tableaux

Il recevait gentiment les journalistes étrangers, dont une fois l’auteur de ces lignes, pour tenter de leur expliquer les mystères de la ville, donc il chantait le chaos et la magie populaire.

Il avertissait le visiteur de l’américanisation du pays et vantait Mexico, sa ville natale, et l’exubérance de sa culture. Il semblait avoir lu tous les livres, vu tous les films et les tableaux et les pièces de théâtre et les meetings politiques et les manifestations.

Les mots coulaient sous sa plume, il écrivait vite et toujours. Il fut toute sa vie un homme rétif aux ordres, à Dieu, à la banalité et aux idées reçues.

Il va manquer au Mexique et à ses amoureux.

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  • Oontack
    Oontack
     ! =
    • Posté à 18h21 le 20/06/2010
    • Internaute 60324
       ! =

    Encore un article indispensable.

    • Kilwaxoni
      Kilwaxoni répond à Oontack
      NYC DIESEL YUM YUM
      • Posté à 18h47 le 20/06/2010
      • Internaute 92406
        NYC DIESEL YUM YUM

      l’indispensabilité de cet article c’est la culture mon cher ami.

      Je connaissait pas le bonhomme et bien aujourd’hui j’ai appris quelque chose !

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 08h43 le 21/06/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Michel « FAURE »....ça vient des fabricants de machines à laver ? ..comme il supprime mon commentaire ? ...juste une question ?
    Encore un grand démocrate ?

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à 14240
      Journaliste
      • Posté à 13h47 le 21/06/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Ce n’est pas moi qui ai supprimé votre commentaire

  • Shakana
    Shakana
    (Entre parenthèses)
    • Posté à 14h42 le 22/06/2010
    • Internaute 30512
      (Entre parenthèses)

    Anti-autoritaire

    Il détestait l’autoritarisme et l’intolérance, aimait bien la rébellion...

    En effet, il est indéniable qu’il choisissait le bon media pour l’exprimer :
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