Mon œil !

Ici, vous trouverez soit des trucs sur lesquels tombe l'oeil de Pascal Riché, soit des trucs qui lui font dire "Mon oeil".

Quand François-Marie Banier séduisait le vieil Aragon

Pascal Riché
Redchef
Publié le 30/06/2010 à 00h40

Un ami et riverain, Stanislas, m’a conseillé la lecture du « Dernier Aragon », de Patrice Lestrohan. Une belle enquête journalistique, en effet, bien écrite, un chapelet d’anecdotes formidables sur la dernière partie de la vie du poète stalinien, celle qui commence après la mort en 1970 d’Elsa Triolet, sa muse.


Le dernier Aragon

Aragon se découvre alors une autre vie : il s’habille chez de bons couturiers, voire de façon excentrique (jabot, lavallière, bottines jaunes...) s’entoure de jeunes gens (mâles). Il affiche son homosexualité, ce qui fait jaser Paris et ce qui coince les apparatchiks du PCF (sauf Marchais qui le défend : « Ça suffit ! Aragon a bien le droit de finir sa vie comme il l’entend ! »).

Bref, il s’amuse.

Pour ce récit enlevé, Patrice Lestrohan, ancien journaliste au Canard enchaîné, a recueilli de nombreux témoignages. Si on cherche parfois un peu le fil directeur (que veut montrer l’auteur ?), le livre est précieux pour l’éclairage qu’il porte sur l’une des plus mystérieuses parties de la riche vie d’Aragon.

Voitures de sport et bottines jaunes

Si je vous parle de ce livre, c’est parce que, au fil de la lecture, mon œil bute sur un nom : François-Marie Banier. Oui, le même Banier qui défraie actuellement la chronique, le photographe chouchou de Liliane Bettencourt, accusé de la détrousser. Que vient faire Banier, alors âgé d’une vingtaine d’années, dans cette histoire ?

Il apparaît page 60 :

« Et puis, il y a la bande, l’équipe, si l’on peut dire. Un sujet complexe. Et, pour le coup, délicat. “[A l’inverse de ce que l’on raconte] je n’ai jamais été l’amant d’Aragon” a tenu à préciser François-Maire Banier fin 2009, dans le cours d’une longue interview au Monde “. [...]

De Banier, alors employé par le couturier Cardin, Aragon apprécie la touche mondaine assortie d’une sérieuse dose d’irrespect. [...] François-Marie met toujours, si l’on ose dire, la barre très haut. Quand il rencontre pour la première fois rue de Varenne Lili Brick, sœur ainée d’Elsa, ex-compagne du grand poète russe Maïakovski, il lui lance : ‘Et Vladimir, il en avait une grosse ? ...’

Eh oui, Banier fait partie des jeunes gens qui volètent autour du poète. Il passe rue de Varenne ‘en voiture de sport’. Il écoute les lectures du grand homme. Il fait partie de cette belle bande de fêtards qui forment son ‘entourage’.

C’est généreusement que le poète arrose ceux-ci, raconte Lestrohan :

‘Il règle tout et tient à tout régler, Louis, qui se trimballe avec d’impressionnantes liasses de billets en liquide qu’il égare d’ailleurs régulièrement dans son appartement, entre salle de bain et bureau. [...]

Il a le cadeau facile à ses amis, ses jeunes amis désargentés il est vrai, le cadeau de prix et pour le coup, sans même feindre d’être dupe.’

Un cousin d’Aragon se fâche

C’est ainsi qu’il offre un jour à l’un d’entre eux, le peintre Gianni Burattoni, une édition de ses ‘Sonnets de Pétraque’ illustrés par Picasso, en lui glissant, avec lucidité : ‘Celui-là, vends le bien !’

Les jeunes ‘aragonautes’ usent et en abusent de la situation, comme le rapporte un proche :

‘Louis, j’ai un problème de travaux ; Louis, j’ai un souci de voiture. Et Louis donnait donnait, toujours et en liquide, évidemment.’

Là où cette épisode a un point commun avec l’affaire Bettencourt, c’est qu’un possible héritier, le petit cousin Alain Toucas, finit par réagir. Il voit Aragon se faire petit à petit dépouiller de ses livres rares, de ses propres manuscrits, de lithographies ‘que des petits malins remplacent tout bêtement par des photocopies (la vue d’Aragon baisse)’. Et cela ne lui plaît pas.

Maladie psychiatrique ou comportement poétique ?

Alain Toucas est convaincu que Louis Aragon est atteint d’une maladie psychiatrique. Pour les jeunes amis du poète, au contraire, il ne s’agit que d’un ‘comportement poétique’. Le cousin commence alors à parler de ‘mise sous tutelle’, une idée à laquelle, selon Lestrohan, le Parti communiste aurait même donné son aval. ‘L’entourage’ est consterné : on ne met pas Aragon sous tutelle ! Face aux pressions, le cousin renonce.

Banier (né en 1947) était ‘l’être le plus fou, le plus généreux, le plus drôle que l’on puisse rencontrer’, a écrit le poète dans un article des Lettres françaises. Et Aragon (né en 1897) n’était pas le seul artiste tombé sous le charme du jeune homme. A l’époque, François Mauriac (né en 1885) l’encourageait à écrire ; la décoratrice Madeleine Castaing (née en 1894) était sa mécène, ayant pris la suite, dans ce rôle, de Marie-Laure de Noailles (née en 1902, morte en 1970).

A Madeleine Castaing, Banier vendait ainsi des photos. ‘A chaque photo, j’augmentais le prix. Au total, elle a dépensé 40 000 dollars !’ a raconté crânement Banier dans un portrait que lui a consacré Vanity Fair en 2005. Et là encore, cela ne plaisait pas aux héritiers.

De Banier, Aragon disait aussi, à cette époque glorieuse : ‘Son chef d’œuvre sera sa vie’. Sur ce point, le poète n’a pas encore été démenti.

► Bonus avec l’INA. Louis Aragon parle du Parti communiste avec son ami Jean Ristat en 1979 (Voir la vidéo)

En 1978, Louis Aragon évoque l’amour, avec Pierre Dumayet et Jean Bertho. (Voir la vidéo)

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  • 153 réactions
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  • Alexad
    • Posté à 01h25 le 30/06/2010
    • Internaute 8145

    Mais c’est Jean Ristat qui est devenu son exécuteur testamentaire et Gallimard faisait la tête ! .....

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Alexad
      Redchef Rue89
      • Posté à 01h37 le 30/06/2010
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      C’est à cette époque qu’Aragon a confié ses comptes à Ristat, après lui avoir confié la gestion de ses oeuvres. Et il en a fait son héritier (Ristat plaidera qu’il a surtout hérité de dettes...)

      • Alexad
        Alexad répond à Pascal Riché
        • Posté à 08h36 le 30/06/2010
        • Internaute 8145

        Oui Pascal Riché parfaitement ! ! Juste quelques années avant sa mort, Aragon avait choisi son héritier.

      • leo s
        leo s répond à Pascal Riché
        (...)
        • Posté à 20h52 le 30/06/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        Plutot que chiffres
        parlons lettres

        Jean Ristat a fondé en 1974 la revue et la collection Digraphe, titre proposé par son professeur de philosophie, Jacques Derrida, dont il mettait alors en vers le récent essai sur La Pharmacie de Platon (cf. le supplément à la réédition de 1974).

        Il est l’actuel directeur des Lettres françaises, le supplément littéraire du quotidien L’Humanité.

        Il est en outre responsable de l’édition complète des écrits d’Aragon, dont il est l’exécuteur testamentaire.

        En janvier 2010, l’un de ses poèmes[1] est choisi pour constituer le sujet de didactique à l’agrégation interne de Lettres modernes

        Donc
        lisez l’Huma
        avec son supplément « les lettres françaises »

        ou volez le ce jour là

         
        • Georges P.-
          Georges P.- répond à leo s
          OK
          • Posté à 23h49 le 30/06/2010
          • Internaute 113089
            OK

          leo s
          l’autre poète
          a encore omis
          de citer
          sa source
          il a piqué
          ce texte
          sur WIKIPEDIA

          Lien

          Tout ça au sujet d’Aragon le « poète stalinien » : il pense que ça va donner envie de lire l’Humanité et les Lettres françaises. Mauvais choix. Il faut laisser les morts en paix.

          • leo s
            leo s répond à Georges P.-
            (...)
            • Posté à 13h21 le 01/07/2010
            • Internaute 73621
              (...)

            « Il faut laisser les morts en paix. »

            devise écrite au fronton de toutes les bibliothèque.

            Ne lisez plus.

        2 autres commentaires
  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 02h03 le 30/06/2010
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    Saprophyte !

    Un organisme est dit saprophyte (σαπρός - sapros : décomposé, φῠτόν - phuton : plante) s’il est capable de se nourrir de matière organique en décomposition. ...

    • Veig
      Veig répond à philipp
      • Posté à 09h53 le 30/06/2010
      • Internaute 28990

      Absolument, encore que dans ce cas « saprophyte » surtout à certains...

      Mais quand il s’agit d’un organisme vivant hébergé et nourri aux dépens d’un autre organisme vivant, on parle de « parasite ».

      • philipp
        philipp répond à Veig
        « La voix de son maître »
        • Posté à 13h16 le 30/06/2010
        • Internaute 48057
          « La voix de son maître »

        C’est vrai, mais pour celui qui profite, ça ne change pas grand chose ! !

    • leo s
      leo s répond à philipp
      (...)
      • Posté à 20h56 le 30/06/2010
      • Internaute 73621
        (...)

      Un organisme est dit sarkoprophyte (σαπρός - sapros : décomposé, φῠτόν - phuton : plante) s’il est capable de se nourrir de matière qu’il décompose.
      Détruire les services publics pour engraisser les prestataires privés (agcs)

      • philipp
        philipp répond à leo s
        « La voix de son maître »
        • Posté à 23h45 le 30/06/2010
        • Internaute 48057
          « La voix de son maître »

        Et détruire aussi une certaine image de la France.

  • Anonyme

    Banier semble sans scrupule, on a compris.
    Ensuite, la comparaison entre Liliane Bettencourt et Louis Aragon, que vous égratignez au passage nettement plus que la milliardaire, me semble un peu orienté. Pas trop vers la gauche. Mais vous avez raison, la priorité, c’est de l’autre côté.
    Maintenant question : cet article porte-t-il sur Banier, sur les personnes âgées mentalement déficientes, ou sur le communisme ?

    • in girum
      • Posté à 07h00 le 30/06/2010
      • Internaute 8170

      à mon avis, De Pas, il s’agit d’un article qui porte sur un livre. il y a des communistes, des vieillards, des jeunes gens mondains, de l’argent, des voitures de sport, des bottines jaunes et beaucoup d’autres choses. en fait on pourrait dire que l’article porte sur une biographie d’Aragon où apparait le galant détrousseur de gens souvent intéressants, plutôt murs et toujours affreusement riches, le gigolo FM Banier.
      Dans l’angle gauche (c’est louche) de la page, en haut, il y a aussi écrit Mon Oeil, le nom affiché de la rubrique.

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 02h23 le 30/06/2010
    • Internaute 64790
      dilettante

    Il y a comme un parfum d’indécence à parler ainsi d’argent. Comme un outrage fait aux morts, ou aux presque vivants qui ont décidé, comme disait Paul Morand, « de mettre un peu de temps entre leur vie et leur mort ».
    Ces gens, fortunés - et dans fortune il y a hasard - ont dépassé la valeur que le vulgaire donne à l’argent. Son abondance chez eux ne forme pas pécule. D’aucuns dans le papillon voient l’encre des billets. Ceux-là ne voient dans les billets que l’aile du papillon.
    Et si dans le sillage désordonné de leur liberté, ils croisent des êtres qui les séduisent, qui les amusent, ou qui les font rêver, ils ne les enferment pas dans une convention.
    L’argent n’a que l’importance qu’on lui donne, et ils ne lui en donnent aucune. Et même si ceux qui en reçoive thésaurisent un peu, c’est davantage parce que leur génie ne confine pas à celui du donateur que par l’auri sacra fames dont parle le poëte.
    Cet argent n’est pas générateur d’un lien de subordination, et c’est cela qui agace.
    Cette dilapidation forcenée doit être un exemple. L’argent désacralisé est tout ce qui permet d’échapper au matérialisme forcené.
    Il faudrait tuer les héritiers.

  • gehu
    gehu
    ailleurs
    • Posté à 07h14 le 30/06/2010
    • Internaute 87457
      ailleurs

    A l’époque donc, Zahia s’écrivait Banier..... ! !

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 07h34 le 30/06/2010
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    T’imagines Sarko sous tutelle, ce serait top et en plus sans qu’il ait lu « La princesse de Clèves ». En attendant Aragon a offert des textes magnifiques que Ferrat a mis en musique.... ! !

    Lien

    • framboise92
      framboise92 répond à Phil2922
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h28 le 30/06/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      oui +++

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 07h53 le 30/06/2010
    • Internaute 70198
      plasticien

    Bon point pour Marchais.
    Reste que la comparaison avec l’affaire Bettencourt est mince.
    La Madame elle a du fric, beaucoup, beaucoup de fric ( trop de fric à n’en savoir que faire). Qu’elle se tape un « gigolo “ c’est son problême.
    Par contre la Madame elle a des héritiers, d’authentiques héritiers aux premiers degré qui, normal, font la gueule de voir Maman claqué sa fortune ( au passage 1 milliard pour le gigolo, autant dire une paille pour la mère ‘je le vaux bien’)
    Pour le petit père Aragon, l’affaire est autre.
    Côté magot.., il ne joue pas dans la cour des grands, aurait même des dettes il semblerait.
    Côté héritier, un petit cousin incertain qui de toute manière palperait une misère après le vol de l’Etat .
    Côté cul et fric la mère Elsa ne devait pas être non plus la panacée... Pauvre Louis !
    Que sur ses vieux jours il s’éclate, quoi de plus normal, qu’il flambe, normal aussi, qu’il se tape qui il veut, normal encore.
    Pour terminer, côté gigolo, normal + qu normal, c’est leur job, et dans le genre le FM Banier est plutôt performant.
    Comme disait l’autre ‘ Souviens-toi que tu vas mourir

    • Otreman
      Otreman répond à aimable
      • Posté à 08h44 le 30/06/2010
      • Internaute 45643

      Lieu commun ? :

      avoir tant de fric et se regarder le nombril à longueur de journée...
      « C’est du dernier chic, n’est-ce pouah » !
      La mère Bettencourt aurait pu (dû ?) accompagner la Princesse Diana... lors de ses soutiens aux ONG. Elle vieillirait moins idiote et moins « seule ». Il me semble que la générosité conserve la présence d’esprit...
      Égoïsme et stupidité.

    • monisme
      monisme répond à aimable
      clm
      • Posté à 10h54 le 30/06/2010
      • Internaute 52504
        clm

      Liliane.

  • Otreman
    • Posté à 08h36 le 30/06/2010
    • Internaute 45643

    Hé bien, je me doutais bien qu’il existait un petit « monde » qui plane au dessus des contingences du commun... Mais là ! On est loin au dessus des nuages, ça papillonne dans la voie lactée...

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 08h56 le 30/06/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    Comme Aragon....ça m’use !

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à 14240
      Redchef Rue89
      • Posté à 10h37 le 30/06/2010
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Vous avez remarqué les deux « samuz » de l’article, vous.

      • 14240
        14240 répond à Pascal Riché
        retraité
        • Posté à 11h01 le 30/06/2010
        • Internaute 95774
          retraité

        J’ai de bonne lunette !

      • leo s
        leo s répond à Pascal Riché
        (...)
        • Posté à 12h33 le 30/06/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        Avec tous ses pieds
        la poésie ça m’use les souliers ?

  • phc1949
    phc1949
    Retraité
    • Posté à 09h14 le 30/06/2010
    • Internaute 114242
      Retraité

    Vous voulez faire d’Aragon un témoin de moralité de François Marie Banier ?

    • arctus
      arctus répond à phc1949
      Toujours vivant - pas pour (...)
      • Posté à 15h30 le 30/06/2010
      • Internaute 89769
        Toujours vivant - pas pour (...)

      Un paravent du paravent de Woerth !

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 09h55 le 30/06/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    « poète stalinien »

    il est des raccourcis
    qui ne grandissent pas leur auteur

    • flixp
      flixp répond à leo s
      Aboyeur
      • Posté à 11h07 le 30/06/2010
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      On appelle cela de la biographie synthéto-bonsaïque

      On ajoute un adjectif de manière à pouvoir se passer de rappeler la biographie d’une personne et aussi la résumer à sa partie la plus caricaturale.

      J’abonde dans le sens de votre remarque que c’est ajout « stalinien » est totalement hors contexte.

      • Pascal Riché
        Pascal Riché répond à flixp
        Redchef Rue89
        • Posté à 11h10 le 30/06/2010
          éditeur
        • Journaliste 7
          Redchef

        « poète communiste » aurait été plus politiquement correct, je dois le confesser.

         
        • flixp
          flixp répond à Pascal Riché
          Aboyeur
          • Posté à 11h13 le 30/06/2010
          • Internaute 34063
            Aboyeur

          Aragon a été dadaïste, surréaliste, puis....

          la poésie n’est pas stalinienne ou communiste elle est poésie non ?

          • Alexad
            Alexad répond à flixp
            • Posté à 11h30 le 30/06/2010
            • Internaute 8145

            Oui ! !

            • adaunis
              adaunis répond à Alexad
              • Posté à 12h15 le 30/06/2010
              • Internaute 4255

              Bof !

              « Poète stalinien », puis « communiste, confesse » (attitude très religieuse) Mr Riché, ; merci quand même a vous, Léos et Flixp, de remettre en situation la fatuité de cet article fort bien documenté, qui se crédibilise tout seul par une simple expression malencontreuse, qui est fort dommageable, mais ne m’étonne point.

              Amitiés Alexad....

              • Alexad
                Alexad répond à adaunis
                • Posté à 12h31 le 30/06/2010
                • Internaute 8145

                Hello ! Quelle joie de t’apercevoir et de te lire Adaunis ! ! ..

          • Pascal Riché
            Pascal Riché répond à flixp
            Redchef Rue89
            • Posté à 15h05 le 30/06/2010
              éditeur
            • Journaliste 7
              Redchef

            Oui, mais je ne qualifiais pas la poésie, seulement le poète !

            • leo s
              leo s répond à Pascal Riché
              (...)
              • Posté à 21h00 le 30/06/2010
              • Internaute 73621
                (...)

              Le stalinisme sous Staline amenait à enlever des personnes sur une photo.

              Le stalinisme, de nos jours, c’est ajouter l’adjectif « stalinien » au substantif poète.

            • Errance
              Errance répond à Pascal Riché
              écouteur d'histoires
              • Posté à 23h36 le 30/06/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              Moi aussi cet adjectif me choque.

              Quand vous parlez de Neruda vous écrivez poète stalinien aussi ?

              Quel qualificatif pour Borges, Lorca ou Malarmé ?

              Aragon était communiste, mais c’était un poète, pas un poète stalinien !

            • leo s
              leo s répond à Pascal Riché
              (...)
              • Posté à 09h28 le 01/07/2010
              • Internaute 73621
                (...)

              Riché,
              Picasso est il un peintre communiste ?

              • Pascal Riché
                Pascal Riché répond à leo s
                Redchef Rue89
                • Posté à 15h16 le 01/07/2010
                  éditeur
                • Journaliste 7
                  Redchef

                Aragon était une icone du PCF, mais aussi du PCUS. C’était l’un des piliers du parti. Thorez l’avait placé à la tête de l’humanité. Puis des lettres françaises. Dans les années 50, il devient membre du comité central. Elsa et d’autres l’alertaient sur les crimes de Staline, mais il a longtemps préféré se taire, préférant coller à la ligne du parti. Il est mort communiste (et a encore fait un voyage en URSS en 1977, quand le PCF prenait ses distances avec le grand frère...).

                Bref, rien, à voir avec Picasso qui, après la guerre, n’a jamais été un membre actif du parti et a dénoncé la répression de Budapest en 56.

                • leo s
                  leo s répond à Pascal Riché
                  (...)
                  • Posté à 17h40 le 01/07/2010
                  • Internaute 73621
                    (...)

                  On s’y mélange les pinceaux.

                  « membre actif »
                  argumentaire tiré par les cheveux

                • leo s
                  leo s répond à Pascal Riché
                  (...)
                  • Posté à 22h23 le 01/07/2010
                  • Internaute 73621
                    (...)

                  Le 21 août 1968, Prague fut occupé, l’Union des écrivains tchécoslovaques fit paraître un numéro spécial de son hebdomadaire, « Literarni Listy », dont le seul article traduit était signé Aragon.

                  C’était un texte paru au début du mois dans lequel le poète confiait son angoisse devant la menace qui pesait alors sur le « Printemps de Prague » : « Je ne puis écrire... J’ai le cœur ailleurs, j’écoute des bruits lointains, c’est toute ma vie, ce qu’elle fut, qui est en cause... ».

                  C’est à ce moment qu’il qualifia cet inadmissible de « Biafra de l’esprit »

        11 autres commentaires
    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à leo s
      Fonctionnaire. A voté!
      • Posté à 16h11 le 30/06/2010
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire. A voté!

      On pourrait plutôt, paraphrasant François « celui qui croyait au ciel » Mauriac (« je ne suis pas un romancier catholique, je suis un catholique qui écrit des romans ») dire que « celui qui n’y croyait pas » Aragon était un stalinien qui écrivait des poèmes :

      Et c’est encore toi sans fin qui te promènes
      Berger des longs désirs et des songes brisés
      Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
      Jusqu’à l’épuisement de la nuit ton domaine
      O la Gare de l’Est et le premier croissant
      Le café noir qu’on prend près du percolateur
      Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
      Les bouches du métro qui captent les passants

      La ville un peu partout garde de ton passage
      Une ombre de couleur à ses frontons salis
      Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli
      Quand sur le Panthéon comme un équarrissage
      Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
      Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
      Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
      Quand la lune s’assied de clocher en clocher

      Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
      Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
      Accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie
      Là-bas où le destin de notre siècle saigne

      Je pense à toi Desnos et je revois tes yeux
      Qu’explique seulement l’avenir qu’ils reflètent
      Sans cela d’où pourrait leur venir ô poète
      Ce bleu qu’ils ont en eux et qui dément les cieux ».

      Voilà qui fait passer qelques « retours de Maurice (Thorez) »

    • Georges P.-
      Georges P.- répond à leo s
      OK
      • Posté à 23h52 le 30/06/2010
      • Internaute 113089
        OK

      La vérité fait mal ?

      • leo s
        leo s répond à Georges P.-
        (...)
        • Posté à 09h18 le 01/07/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        Quand j’allais au musée Picasso de Paris
        j’aimais à m’attarder devant le meuble vitré
        où sont exposés ses innombrables cartes du Parti Communiste Français.

        Le nomme t-on pour autant
        Picasso « peintre communiste “ ?

        S’autoproclamer professeur de vérité de votre part est seulement amusant
        Ca répond à la question posée par R Char :
        ‘sommes nous voués à n’être que des débuts de vérité ?’
        Donc , dans votre cas, c’est non, car d’évidence vous n’avez pas encore commencé quoi que ce soit.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 10h17 le 30/06/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Voilà un article qui rappelle le billet commis à l’occasion de la mort de Jean Ferrat.

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 10h47 le 30/06/2010
    • Internaute 52504
      clm

    Mise sous tutelle de Liliane pour la protéger d’elle-même ou pour protéger un héritage et une fortune qui ont toujours été indécents ? Lorsque, fauchés tous les deux, Max Jacob tentait de peloter Aragon, qui n’était pas encore communiste, personne ne songer à les mettre sous tutelle. Quant à Barnier, pourquoi ce qui apparaissait mécénat hier, faisait potins délices et frissons voire inspiration de la vie artistique et parisienne, serait-il judiciaire aujourd’hui ? Ange déchu ? Quelle indécence lui reprocher quand l’on mesure avec les dernières révélations que cette histoire pue telle une éventration de bouche d’égout. Fellini faisait bouffer le cadavre aux héritiers qui revendiquaient une part d’héritage. Que faire bouffer aux politiques ? ... Belle photographie que ce livre.

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 10h59 le 30/06/2010
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    AHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! ! ! ! ! !

    Comme c’est beau et grand cette belle et généreuse histoire de famille tuyaux d’poêles ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    C’est à qui se tapera l’autre !

    Un p’tit coup pour toi, un autre pour lui ....... de la vraie littérature comme on n’aime ! ! ! ! !

    Allez ..... prout, ma chère !
    Oups ! ça pue !

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 11h01 le 30/06/2010
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    et Woerth il apparait où dans le bouquin ?

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 11h19 le 30/06/2010
    • Internaute 50571
      chien de talus

    Que la tune passe des mains de l’aparatchikitchikita et de mémé Picsou dans les mains du sérial gérontophile, perso j’y vois pas mort d’homme mais que vas-tu en faire banier, hein ? Finir comme le reste des gros plein de tunes confits dans la possession ? Facile de briller pour y arriver, plus dur de finir en beauté.

    Spéciale des dick-ass à Gianni Burattoni, excellent prof à Paris VIII où l’on pouvait venir dessiner et discuter avec des potes et du vin, dans une salle de cours en ruine, parmi les veaux hallucinés qui étudiaient pour « réussir », j’espère que tu l’as bien vendu le Pétrarque de cet autre escroc de Picasso et que tu t’en est payé une bonne tranche, amitié.

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