L'économie vue du terrier

L'actualité économique vue par un lapin malin

Le dimanche à Paris, travailler plus pour gagner autant

Lapin Bleu
Journaliste n°89910
Publié le 02/08/2010 à 12h18


un néon rouge « ouvert » (Esther Gibbons/Flickr).

Qui se souvient encore de la promesse « Travailler plus pour gagner plus » ? Pas le préfet de Paris, qui vient de rejeter la demande de la mairie de Paris de classer les sept zones touristiques de la capitale en « périmètre d’usage de consommation exceptionnelle » (PUCE), ce qui aurait permis de mieux protéger les salariés du commerce et de la distribution y travaillant le dimanche.

C’est ce que nous apprennent Les Echos de ce lundi. Possibilité offerte par la loi Mallié d’août 2009 dans les régions parisienne, marseillaise et lilloise, le PUCE donne un cadre protecteur aux salariés travaillant le dimanche, à négocier via un accord collectif. A défaut d’accord, il leur garantit au moins un repos compensateur, un salaire doublé et la possibilité de refuser de travailler le dimanche.

Avec le classement « zone touristique » actuellement en vigueur, le travail dominical est de plein droit sans repos compensateur ni doublement de la rémunération. Rien n’interdit de négocier des contreparties, mais rien n’y oblige non plus, et le rapport de forces, favorable aux employeurs, n’incite guère ces derniers à faire des cadeaux.

« La loi Mallié est une loi faite pour les grandes enseignes

La CFTC, qui dénonce le refus préfectoral, rappelle que Nicolas Sarkozy avait lui-même promis, en plein débat sur la loi Mallié (qui n’est à l’époque pas passée comme une lettre à la poste), que ‘ceux qui travailleront le dimanche seront volontaires et payés le double’. Nous voilà donc encore une fois face à une promesse non-tenue, où l’excès de démagogie permettant de faire passer la pilule de la loi, est vite oublié dans la mise en pratique.

Défendant sa paroisse, la CFTC déplore :

‘Une fois de plus la démonstration est faite que la loi Mallié sur le dimanche est une loi uniquement faite pour les grandes enseignes et ce, incontestablement, au détriment de la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle.’

Non content de renier les promesses de campagne du candidat Sarkozy, le gouvernement a proposé d’allonger le nombre de zones touristiques dans la capitale, précisent Les Echos. De sept secteurs aujourd’hui (avenue des Champs-Elysées, place des Vosges et rue des Francs-Bourgeois, rue d’Arcole, la rue de Rivoli partiellement, le viaduc des Arts partiellement, Montmartre partiellement, le boulevard St-Germain partiellement), on passerait à beaucoup plus. Un projet à ce jour bloqué par la mairie de Paris.

Paris constate en outre sur le terrain un autre problème : celui de l’effet d’entraînement et de ‘décomplexitude’ initié par le discours dérégulateur. De nombreuses supérettes ouvrent désormais le dimanche alors qu’elles ne le faisaient pas avant. Sans être situées ni en zone touristique ni en PUCE. Bref, en toute illégalité et sans être inquiétées par quiconque.

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  • kidu
    • Posté à 23h19 le 02/08/2010
    • Internaute 29128

    bah, pourquoi s’étonner ?
    54 % des employés du secteur privé ont voté NS en 2007. Donc ils doivent être content de ce qui leur arrive, non ? et ils ralent ?

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 03h25 le 03/08/2010
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Vu les chiffres de l’augmentation des précaires et autres temps partiel dans ce pays, on peut affirmer que « travailler plus pour gagner plus » est un projet de société digne d’un épisode de « La petite maison dans la prairie » (avec dans le rôle nelly Olson, qui-vous-savez.
    Ou de « Arthur et les Minimoys » version Eric Besson...

  • Tartare de chat
    Tartare de chat
    precaire
    • Posté à 03h33 le 03/08/2010
    • Internaute 100107
      precaire

    Tous les moyens sont bons pour isoler le citoyen, y compris le couper de ses proches le jour de repos commun. Plus on est seul, plus on est faible, plus on est manipulable, plus on pense a soi, moins on a de recul...
    Bref, avoir un boulot, mais se sentir comme un chomeur en fin de droits, avec quasi aussi peu de moyens...

  • Esgalduin
    Esgalduin
    tapoteur de clavier
    • Posté à 09h03 le 03/08/2010
    • Internaute 49952
      tapoteur de clavier

    Je renvoie chacun à un article du Monde dans son édition du 19 novembre 2008, « le prix du Dimanche ». Non seulement le salarié se fait... avoir... mais le gentil consommateur aussi... car oui, ouvrir un jour de plus amène l’augmentation des prix, cette question a été étudié dans les pays pratiquant l’ouverture dominicale ! ...

  • Papy râleur
    Papy râleur
    Retraité
    • Posté à 11h28 le 03/08/2010
    • Internaute 121401
      Retraité

    Lorsque nous, français, nous sommes opposés à cette loi, avant qu’elle ne soit entérinée par les assemblées, c’est une des dérives que nous craignions ! La preuve est faite que... nous n’avions pas tort !
    Le travail est une contrainte et doit être présenté comme tel. À part quelques faux-culs on va au boulot pour récupérer l’argent nécessaire à la vie ! Et il est temps d’arrêter de chercher du labeur pour apprendre à chercher du pognon.
    Les employeurs et leurs petits cop( qu )ains jouent sur cette ambigüité pour imposer des conditions de turbin inacceptables.
    Il est un peu dommage que ce soit la CFTC ( confédération française des travailleurs chrétiens ) qui relève le défaut de cette loi, les croyants de toutes obédiences ayant toujours pratiqué l’adage du « qui travaille prie » ! Pourquoi les autres syndicats ne révèlent-ils pas cette monstruosité humainement parlant ? Ont-ils renoncé, ce qui prouverait leur incompétence, ou bien sont-ils complices ?
    Je vous laisse réfléchir là dessus !

    • sara_kane
      sara_kane répond à Papy râleur
      travailleuse jour et nuit
      • Posté à 00h11 le 04/08/2010
      • Internaute 86077
        travailleuse jour et nuit

      « Le travail est une contrainte et doit être présenté comme tel. À part quelques faux-culs on va au boulot pour récupérer l’argent nécessaire à la vie ! »

      Désolée de vous décevoir mais il y a des gens qui ne considèrent pas le travail comme une contrainte... Qui ? Les entrepreneurs par exemple, qui font ce qu’ils font par conviction (comme travailler 80 ou 100 heures par semaine, sans forcément se rémunérer, pour faire marcher et peut-être même décoller leur entreprise). Bien entendu, je ne vous parle pas de start-ups ou de grosses PME qui brassent des millions ou s’en mettent « forcément » dans les poches au détriment des salariés qu’ils ne peuvent qu’exploiter, mais de ces TPE (Très Petites Entreprises) de 0 à 3 salariés qui représentent juste 55% des PME qui, elles-même, représentent pour information 30% de l’effectif salarié global. Un rapide calcul vous aura donc fait comprendre que les TPE de 0 à 3 salariés représentent donc 16,5% de l’effectif salarié global, soit près de 1,5 million de personnes. Une paille parmi les 65 millions d’habitants que compte la France et surtout une population très minoritaire qui croit en des projets d’entreprise à taille humaine et se tue à la tâche pour le meilleur et le pire, parfois chaque jour de la semaine, jour et nuit, sans compter les heures ! Et pourtant cette population est volontaire et n’envisage pas le travail comme la contrainte dépressive en vigueur. Bien entendu, je n’entends pas dédouaner la part, existantes, des entreprises aux procédés ou desseins plus douteux. Mais je voulais tout de même, pour une fois, donner un autre son de cloche. Juste pour information.

      • Papy râleur
        Papy râleur répond à sara_kane
        Retraité
        • Posté à 09h19 le 04/08/2010
        • Internaute 121401
          Retraité

        D’accord avec vous, sauf peut-être sur les chiffres, mais je ne suis pas matheux, pour dire que certains entrepreneurs, au sens de qui entreprend, font des heures plus que la moyenne !
        Mais ce n’est pas pour autant qu’ils aiment leur boulot. Ceux que j’ai connus, et ils sont nombreux, craignaient surtout le « qu’en dira-t-on », et croyaient que pour sauver leur entreprise et ne pas avoir l’air c... ils devaient bosser ! Puis il y a tous ceux qui refusent de déléguer une partie de leurs tâches ou ne savent pas le faire ! Il y a ceux que j’appèle les « Dieux », qui se croient indispensables pour l’emploi de leurs salariés ! Et enfin il y a ceux qui, pour sauver une situation fragile, préfère se priver de rémunération et se faire passer pour des martyrs ! Et ceux-là rejoignent ainsi les patrons des grandes entreprises !
        Mais aucun de ceux là n’avoue aimer ce qu’il fait, et tous le font pour gagner leur vie et, pour les Dieux, celle de leurs employés ! Leur but n’est pas de prendre leur pied au boulot mais d’engranger. Et votre argumentaire rejoint et complète le mien ! ! !
        Bonne journée quand même et ne bossez pas trop ! Le travail n’est pas fait pour l’homme puisque ça le fatigue !

         
        • sara_kane
          sara_kane répond à Papy râleur
          travailleuse jour et nuit
          • Posté à 22h13 le 04/08/2010
          • Internaute 86077
            travailleuse jour et nuit

          Les profils d’entrepreneurs que vous citez existent -puisqu’il faut de tout pour faire un monde et que nul n’est parfait (ni les employeurs, ni les employés !).

          En revanche, pourquoi cherchez-vous à tout prix à diaboliser le travail et à nier la moindre possibilité que cela puisse être autre chose -notez que je ne mentionne pas le terme de « plaisir » par souci de délicatesse ! ; -)-, une passion par exemple, ou disons une drogue (pour conserver un aspect négatif puisque tel est le destin du mot « travail » dans nos sociétés occidentales) ?

          Sinon je ne comprends pas trop en quoi les « martyrs » qui se privent de rémunération rejoignent les patrons des grandes entreprises (plutôt grassement payés, eux !). Il me semble, même si je ne suis pas moi-même mathématicienne, que la différence est de TAILLE !

          Et pour répondre à votre dernière phrase, ne rien faire aussi est très fatigant ! Peut-être même plus fatigant que de travailler, dans certains cas ! Et puis à ce train-là, ne faites pas non plus de sport ni les courses ni le ménage, car tout cela est très fatigant, vous en conviendrez... :)

          • Papy râleur
            Papy râleur répond à sara_kane
            Retraité
            • Posté à 14h16 le 05/08/2010
            • Internaute 121401
              Retraité

            Je crois que nous nous sommes mal compris ! Ou, peut-être, me suis-je mal exprimé !
            Je ne cherche pas à diaboliser le travail, il fait ça très bien tout seul ! Tout ce que je dis c’est que bien peu de gens aiment le travail, sauf quelques hypocrites qui confondent loisirs et ennui  ! Je crois avoir été passionné par mon métier, à une époque de ma vie, je crois avoir été un bon dans ce domaine, mais je n’ai jamais aimé le travail qui n’est qu’une privation de liberté pour gagner sa vie.
            Même si le métier est plaisant, enrichissant, agréable il ne me fera jamais aimer le travail ! C’est le travail qui m’impose des horaires, des hiérarchies, des contraintes, pas le métier !
            Et au sujet des « martyrs » ma phrase un peu alambiquée voulait juste sous entendre que les patrons de grosses boîtes se prennent aussi pour des martyrs et se plaignent continuellement, aggravant le stress de leurs employés !
            En résumé j’ai voulu dire que en France on confond trop souvent métier(qui peut procurer du plaisir) et travail (qui ne procure que du fric) ; -) !

            • sara_kane
              sara_kane répond à Papy râleur
              travailleuse jour et nuit
              • Posté à 23h04 le 05/08/2010
              • Internaute 86077
                travailleuse jour et nuit

              Ça y est, je crois que j’ai compris : en fait, c’est sur la définition du mot « travail » que nous ne sommes pas d’accord. Mais en fait je crois que vous avez raison (à cause de vous je suis aller chercher mon vieux Larousse qui a failli m’éborgner en tombant de son étagère) : toutes les définitions -du Larousse 2004- ramènent en effet à l’idée de l’effort à fournir en vue d’une production de valeur. Il est également question de « charge » ou de « tâche », et toujours dans un but tourné vers la productivité. Sans parler de l’origine du mot (en latin « trepalium » = instrument de torture).

              En faisant des recherches un peu plus poussées, je m’aperçois que c’est là une définition du travail -fardeau, peine- héritée de la tradition judéo-chrétienne (punition imposée par Dieu lorsqu’il a chassé l’homme du paradis : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ») et renforcée, après moult détours historiques et économiques, par les contestations de Mai 68 à nos jours, au regard d’un environnement au capitalisme, je vous le concède, exacerbé.

              MAIS le travail n’a pas toujours eu aussi mauvaise presse. Tout au contraire ! Au XIXème siècle, le travail est défini comme une liberté créatrice, « l’essence de l’homme » !

              Et en fonction des civilisations, des cultures, voire des religions, le travail donne lieu à moult interprétations, y compris aujourd’hui.

              Dans la pensée confucianiste par exemple, où l’harmonie est de rigueur, le plaisir et le travail ne font qu’un : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

              Donc, le problème ici est d’envisager le travail sur le mode schizophrénique « travail = corvée » car comme vous passez au moins 50% de votre temps au travail, vous vivez donc dans la disharmonie totale et la frustration permanente, tiraillé entre la corvée d’un côté et le repos libérateur de l’autre. Ne trouvez-vous pas que c’est terrible de voir la vie de cette façon ? ?

              Par ailleurs, il me paraît improbable de séparer le métier du travail, comme vous le faites. Comment peut-on exercer un métier (« plaisant, enrichissant, agréable ») sans travailler ? Le travail vous impose des horaires, dites-vous ? Cela ne vous est-il donc jamais arrivé de ne pas voir l’heure passer, tellement vous êtes absorbé par ce que vous faites ?

              Le vrai problème n’est-il pas les « contraintes » que vous semblez exécrer ? Mais la vie entière est bourrée de contraintes ! Il faut se lever, dormir, manger, faire son lit, attendre que le feu passe au rouge pour traverser la rue, faire la queue quand il y a du monde à la boulangerie, aller au cinéma à un horaire donné, changer les ampoules quand elles claquent, créer un compte pour pouvoir poster un commentaire sur Rue89 etc etc...

              Quant aux « martyrs » et au stress, sachez que le stress n’est pas l’apanage des employés. Oui mais les employeurs gagnent 1000 fois plus, vous allez me dire. Et bien rappelez-vous aussi que je vous parlais tantôt des entrepreneurs qui ne se rémunèrent pas ou très peu, en travaillant 80-100 heures par semaine parce qu’ils croient à ce qu’ils font (et pas forcément parce qu’il y a des millions en jeu, sinon tous les entrepreneurs seraient des millionnaires !). Quant aux employés de ces TPE dirigés par des « martyrs », rien ne les oblige à rester s’ils stressent à ce point. Ils ont tout à fait la possibilité de travailler à une caisse de supermarché pour le même salaire voire plus !

              En résumé, je pense qu’il est utopique, en France et ailleurs, de dissocier le métier du travail et qu’il est urgent et essentiel de se réapproprier son travail si on ne veut pas râler à vie... ; -)

        3 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h32 le 03/08/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Forcément, vu que l’intérêt de bosser le dimanche c’est le pognon, sans ça ça devient nettement moins attractif.

    Mais puisque je serais bien content que le monde travaille quand je bosse pas, il faut soit que les gens acceptent de bosser le week-end, soit que les gens acceptent que je bosse le week-end.
    Alors si je pouvais changer mon repos hebdomadaire et le coller en plein milieu de semaine, je dirais oui tout de suite.
    En plus dormir le mardi matin c’est génial, y’a pas de mioches et surtout pas ces saloperies de bricoleurs du dimanche.

  • ocelote
    ocelote
    Casseur de tête indigné
    • Posté à 20h18 le 03/08/2010
    • Internaute 44437
      Casseur de tête indigné

    Le dimanche a 24h comme tous les autres jours... Alors si on a le droit de pas travailler c’est cool, mais celui qui le veut pourquoi gagner plus ce jour là ?
    Ah ! ! Vous êtes bloquer par vos traditions...

    En même temps ya du fric, ca permettrait de le partager un peu plus (rémunération doublée)

    Que celui qui se plaint fasse la grasse mat :)

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