En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

La grande misère des bibliothèques françaises

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 08/12/2007 à 15h02

1 771 000 entrées à la Bibliothèque publique d’information du centre Georges Pompidou, à Paris, en 2005 ; il est vrai que la fréquentation y avait culminé à 4 252 000 personnes en 1985. Cela représente aujourd’hui 5730 personnes qui chaque jour espèrent ou parviennent à entrer dans cet espace de lecture de 10000 m². Or la Bpi n’offre jamais que 2000 places auxquelles il faut certes ajouter 370 postes multimédias en consultation.

2370 places pour 5730 lecteurs ; si certains ont la mauvaise idée de s’attarder à leur table, mécaniquement, la queue se forme, et ce sont des heures d’attente, des heures perdues, que les lecteurs doivent subir. Le Centre n’a jamais mis en place d’autre système d’entrée que l’ordre d’arrivée ; à l’heure de l’Internet, on en reste étonné. Des principes de fonctionnement hérités de longue date ne doivent-ils pas être repensés, lorsque le bien-être de tous aurait tout à y gagner ? L’effort en faveur des bibliothèques est en effet indispensable ; une bibliothèque n’est pas seulement un lieu de lecture. On y mène des recherches et il n’est pas de bonne recherche qui se passe d’une documentation de qualité, que l’accès à internet ne saurait remplacer mais seulement compléter. Une bibliothèque, c’est aussi un lieu de socialisation.

Si la Bpi se trouve ainsi engorgée, c’est parce que notre offre de bibliothèques ne suffit pas à répondre aux besoins. Dans le fond, à la grande misère de nos universités, répondent les insuffisances de notre offre en bibliothèques. Parmi les profondes défaillances de cette offre, se pose la question des horaires d’ouverture. L’attente à la Bpi, mais aussi à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, et aussi dans les bibliothèques en région, pourraient être pour partie limitées grâce à un accroissement des plages horaires de fonctionnement de l’ensemble des bibliothèques. Faut-il en effet mentionner les fermetures de l’été, celles des dimanches, bref, celles des moments disponibles pour la recherche ? Christine Albanel a annoncé, dans le cadre d’un plan plus vaste en faveur du livre et de la lecture, un plan en faveur de l’ouverture des bibliothèques, élément essentiel de l’amélioration de la condition étudiante. Il s’agirait d’élargir les plages horaires existantes en employant des étudiants dans le cadre du monitorat. L’objectif est donc double : amplifier l’ouverture au public tout en créant des emplois (il faut savoir que près de 50% des étudiants exercent une activité salariée, qui peut aller de la garde d’enfants à des emplois d’encadrement, leçons particulières, emplois dans la restauration rapide, activités d’animation, d’enquête, de surveillance ou d’enseignement). Le plan s’inspire des expériences qui existent déjà. A Toulouse par exemple, des étudiants prêtent main forte au personnel habituel ; à Bordeaux de même l’ouverture a pu passer de 36 à 47 heures hebdomadaires grâce au monitorat, dont il faut espérer que les rémunérations sont correctes.

Il y a fort à faire : pour comparaison, la bibliothèque publique de New-York ouvre 49 heures par semaine. Nous sommes surtout bien loin des horaires d’ouverture des bibliothèques universitaires américaines ; à Berkeley, la bibliothèque est ouverte non stop de 9 heures du matin à 9 heures du soir du mardi au samedi. Il faut ajouter à cela 7 heures le lundi, 8 le samedi, et 6 le dimanche. Un total de 69 heures.

Bref, le projet du ministère est une bonne nouvelle, même si l’on sent bien que dans la pénurie d’argent public et les priorités jusqu’ici affichées, le plan d’ouverture reste à finaliser. Il passe notamment par une meilleure concertation entre les deux ministères plus souvent frères ennemis que bons camarades, celui de l’éducation, et celui de la culture.

Retrouvez la chronique de Françoise Benhamou sur France Culture, chaque samedi dans l’émission Masse Critique, à 8 heures.

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  • leconcombrevert
    leconcombrevert
    La vraie vérité > : -))
    • Posté à 15h59 le 08/12/2007
    • Internaute 8843
      La vraie vérité > : -))

    Merci pour cette tribune.

    Pour une fois - qui n’est pas coutume, on le sait - une bonne initiative de la part d’une ministre qui, ajoutons le, resemble fort au modèles du « gagnant - gagnant » pour lesquel Ségolène Royal auvait fait campagne.

    Pas necessaire derrieurs, de traverser l’atlantique pour trouver des heures d’ouverture plus généreuses :

    Par example, la bibliothèque publique et universitaire de Brême, en Allemagne, reste ouverte du lundi au vendredi de 9 : 00 - 22 : 00 h ; le samedi de 10 : 00 - 18 : 00 h.
    Lien
    Ces heures de fonctionnement sont assurés grace à des contrats avec des étudiants qui trouvent de cette façon un boulot qui leur permet à la fois de gagner un peu d’argent et d’utiliser à leur guise la bibliothèque pendant les heures creuses.

    • Anonyme répond à leconcombrevert

      à Aix en Provence, ville qui a les moyens s’il en est, je passe devant la bibliothèque Méjannes un matin de cette semaine, vers 9h30 et je me dis « tiens, si je refaisais ma carte de lecteur qui date de 2003 ? »
      Plusieurs personnes s’affairent à l’accueil. je formule ma demande et j’entends « revenez à midi, la bibliothèque ouvre à midi aujourd’hui... » S’ensuit un listing d’horaires décousus, et en tout cas, jamais après 18h.
      La mémoire m’est alors revenue : les horaires sont tellement étriqués,10h-18h au mieux, et surtout jamais les mêmes, que j’avais renoncé à fréquenter cette bibliothèque.
      Quel gâchis.

      • Anonyme

        Entièrement d’accord, la bibliothèque municipale d’Aix accumule toutes les tares possibles. Le paradoxe est qu’elle pourrait être une excellence au regard des critères mis en évidence par Françoise Benhamou. Non seulement on y trouve des fonds d’une qualité remarquable, il y a des projections régulièrement qui pourraient attirer encore plus de monde et créer une vie au quotidien dans un site de surcroît trés agréable ! Et je passe sur le petit café qui mériterait d’être mieux tenu... Mais la catastrophe commence avec les horaires indamissibles de cette bibliothèque ! Universitaires ou municipales, les bibliothèques devraient êtres ouvertes de 8h à minuit.

         
        • joanici
          • Posté à 20h11 le 08/12/2007
          • Internaute 17477

          « Universitaires ou municipales, les bibliothèques devraient êtres ouvertes de 8h à minuit. »

          Il serait plus viable de prendre en compte le public désservi : dans la très grande majorité des villes, une bibliothèque municipale sera pratiquement vide passés 22h. Je ne parle même pas des territoires ruraux qui sont bien souvent totalement privés de bibliothèques (les tournées de bibliobus mises à part). L’équipement et les heures d’ouverture d’une bibliothèque ne dépendent que de l’importance que la municipalité va lui accorder (à elle ou à son potentiel électoral). Or les politiques se moquent globalement de la culture, tout comme une bonne partie de leurs électeurs...

          • Anonyme répond à joanici

            Bonsoir,
            Si les bibliothèques municipales des villes grandes ou moyennes (disons : les villes où il y a une préfecture, ou une sous-préfecture) étaient ouvertes jusqu’à 22 heures, j’y prendrais un plaisir extrême, et je ne crois pas qu’elles resteraient vides. Le fait de voir des gens investir un espace public gratuit, confortable et plutôt calme comme une bibliothèque municipale peut donner des idées, même à des heures indues - tard le soir, à la mode espagnole, ou le dimanche comme les gares. Un automobiliste forcené, qui ne voit pas comment on peut se rendre au boulot à vélo, ne comprend pas comment son collègue, qui est aussi son voisin, fait le trajet à vélo : « ça donne des idées ».
            Ce que j’aime dans les bibliothèques, c’est que tout le monde peut y trouver son bonheur - été comme hiver, qu’il fasse beau qu’il fasse laid - et qu’on n’est pas obligé de consommer. C’est rare, on y fait des rencontres rares : avec des livres, des revues, des documents altermédias parfois (dévédéthèque, discothèque, logithèque, artothèque, etc.) Et de plus en plus, une borne WIFI y est installée : on voit des étudiants venus de loin sortir leur machine, se connecter, pianoter sur le clavier, à l’abri du vent, de la pluie et des intempéries, des gens assoupis aussi, des rêveurs, des belles filles, des vieilles dames, etc. Je trouve ces nouveaux usages finalement très conviviaux et aussi dépaysants qu’une salle des pas perdus.
            Aussi, le problème est évidemment de politique publique. Ouvrir davantage les bibliothèques, c’est agrandir le budget... au détriment du reste, ou plutôt en fonction d’un arbitrage public. Ce sont des choix (où prélever l’argent, à qui, comment ?), et des orientations.
            Mais le président de l’arrêt public se contre-fiche de ces choses-là, et ainsi de sa clique d’affaireux : les affaires sont les affaires, et jamais une bibliothèque municipale n’aura la rentabilité juteuse d’une machine à sous. Pas bon pour la Croissance !

            • joanici
              • Posté à 00h36 le 09/12/2007
              • Internaute 17477

              Pas bon pour la croissance en effet, encore qu’une étude américaine récente ait évalué l’impact financier largement positif des bibliothèques. Pour ce qui est de la fréquentation d’une médiathèque en nocturne, tout dépendrait une fois encore du lieu concerné ; pour travailler dans un établissement parfois ouvert jusqu’à 22 heures, je constate que l’affluence y est très réduite. Mais n’est-ce pas précisément une démarche de service public que d’ouvrir une bibliothèque sans se focaliser sur sa rentabilité en terme de fréquentation horaire ? Sans doute. Hélas même dans ce milieu les statistiques sont souvent considérées comme la panacée.

              Le monde des bibliothèques n’hésite pas à se remettre en question mais les mutations profondes sont lentes. En partie par la rigidité de certains professionnels, mais surtout pour des raisons hiérarchiques (convaincre successivement responsable de secteur, directeur/trice adjoint(e), directeur/trice, élu(e) à la culture voire maire demande une sacrée énergie) et bien évidemment financières.

              Au passage, merci pour ce commentaire.

            • Anonyme

              Que voilà un job que j’aimerais faire. Tenir la petite bibliothèque près de chez moi, le soir et le dimanche. Et veiller sur le calme des lycéens étudiant loin de la télé du foyer. Justement, je suis au chômage. Mon ancien job de secrétaire m’a familiarisée avec internet et l’utilisation des logiciels informatique, Je n’ai plus d’obligations familiales...
              et cela ne couterait qu’1/2 smig à la collectivité, puisque j’ai déjà l’ASS.
              Oui, mais voilà, les budgets sont différents. Et au chômage depuis 6 ans, je serais considérée comme « loin de l’emploi » - je n’aurais même pas la chance de bénéficier des mesures RSA « Hirsch ». Je suis hors sujet ? oui oui je sais, mais voilà, on ne parle que de ce qu’on connait...

              Euh : et si on installait quelques machines à sous dans l’entrée de la bibliothèque ? (non, je rigole !).

        • A déménagé le 16-1-2012
          • Posté à 12h57 le 09/12/2007
          • Internaute 14163

          j’ai bien l’intention de poser la question des heures d’ouverture à plusieurs candidats aux élections municipales de 2008.
          La prochaine réunion publique ayant lieu le 13 décembre, si on pouvait être plusieurs, ce serait bien.
          D’autre part, ne soyons pas plus royaliste que le roi, embaucher des étudiants me semble une excellente alternative à la fermeture pure et simple , car, pour les demandes très pointues, il suffit qu’un seul expert soit là.

          • Sexus Empiricus
            • Posté à 14h06 le 09/12/2007
            • Internaute 6004

            Ah ! si j’étais un heureux habitant de la bonne ville d’Aix (ou environs), je serais venu avec plaisir à cette réunion publique, car ces parties de campagne électorale sont des occasions à saisir, « par le col » si j’ose dire (il y a longtemps que nos élus ont les cheveux courts et les idées guère plus longues), pour que chaque racoleur de voix se prononce en public sur des questions de ce type - tout ce qu’il y a de plus pra(gma)tique : des horaires et des moyens. Autrement, le loup ne sort jamais de son bois, ni la langue non plus, - et le service public finalement se réduit à la portion congrue de 10-18 ou 11-19 du mardi au samedi.
            Je souscris en tout cas à votre parti de recourir à la main d’oeuvre des étudiants... sous condition de ressources, pour étendre le domaine de la lutte. Ce dont nous, usagers des bibliothèques, avons besoin le soir ou le dimanche, ce n’est pas tant d’experts, que de personnes à même de renseigner, d’orienter, d’opérer des transactions de documents (entrée/sortie).
            Les « experts », finalement, on ne s’en sert pas 24h/24, même dans une bibliothèque aussi réputée que celle d’Aix.

            • leconcombrevert
              leconcombrevert répond à Sexus Empiricus
              La vraie vérité > : -))
              • Posté à 15h50 le 09/12/2007
              • Internaute 8843
                La vraie vérité > : -))

              À quand une tribune de Sexus Empiricus ! Refaites nous ça plus souvent.

            • Anonyme répond à Sexus Empiricus

              « Je souscris en tout cas à votre parti de recourir à la main d’oeuvre des étudiants... sous condition de ressources, pour étendre le domaine de la lutte. Ce dont nous, usagers des bibliothèques, avons besoin le soir ou le dimanche, ce n’est pas tant d’experts, que de personnes à même de renseigner, d’orienter

              -le travail d’un bibliothécaire donc. Faut-il rappeler que bibliothécaire, c’est un métier ? C’est par exemple connaître les fonds et avoir lu peut-être quelques livres pour lesquels le public aime à être conseillé. D’autre part des expèriences d’ouvertures telles ont eu lieu dans certaines bibliothèques et il semblerait que le recrutement d’étudiants (donc non formés au métier) pose des problème d’accueil justement. C’est là qu’à lieu le véritable travail de médiation avec les lecteurs. Et bon, ....

              Et puis zut ... On a qu’à remplacer tous les bibliothécaires par des étudiants.
              Les bibliothèques seront ouvertes 24h/24h. Contents ?
              , d’opérer des transactions de documents (entrée/sortie). »
              -pour ça on a résolu le problème avec des robots.

              « Les “experts”, finalement, on ne s’en sert pas 24h/24, même dans une bibliothèque aussi réputée que celle d’Aix. »
              Pas si sûre.

              Tristement sans rancune

              • Sexus Empiricus
                • Posté à 20h42 le 13/12/2007
                • Internaute 6004

                Bonsoir,

                Est-ce encore la peine de vous répondre ?

                Et qu’est-ce qui vous rend triste ? Certainement pas ce que j’ai écrit, et qui me semble au contraire très respectueux du travail des bibliothécaires, et en particulier des personnes qualifiées - bref, c’est un métier à part entière.
                Ou plutôt, c’est plusieurs métiers, sinon je ne vois pas l’intérêt de mettre des grades catégoriels : A, B, C font-ils le même travail ? Voilà la question.

                Je suis un farouche défenseur de tout le personnel des bibliothèques : je regrette qu’il n’y en ait pas plus. Pas au rabais, mais pas plus, - et aussi compétent.
                Lorsque vous prenez l’exemple de l’expérience décevante avec des étudiants. Qu’est-ce que cela prouve d’après vous ?

                À mon avis, je crois simplement que bien recrutés... et formés en doublure pendant une durée à définir avec les gens de métier justement, il y a des centaines d’étudiants qui feraient l’affaire.
                « Conseiller » : si tout le travail d’amont, si le fond est bon, que la cotation est bien faite, ce n’est pas la mer à boire de conseiller, si ?
                Il ne s’agit pas de casser le métier, il s’agit d’ouvrir. Vous n’allez pas me faire croire qu’ouvrir davantage les bibilothèques est absurde. À condition de s’en donner les moyens, - politiquement. En clair : un budget !

                Bien à vous Madame.

        9 autres commentaires
    • joanici
      • Posté à 20h05 le 08/12/2007
      • Internaute 17477

      Si le fait de remplacer progressivement le personnel formé par des étudiants-vacataires jetables est un progrès, alors oui cette initiative est excellente. Car là est la méthode de nos ministres et maires : ouvrir plus longtemps sans embaucher de personnel. Outre la « vacatisation » de la profession, on remarque que la formation initiale des lauréats de concours de bibliothécaires (cadres A) est désormais réduite à 5 jours. Grande classe.

      Pour plus de détails, voir ici :
      Lien

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à joanici
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 20h17 le 08/12/2007
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Il ne s’agit pas de cautionner le remplacement le personnel formé par des vacataires. Nous sommes bien d’accord sur ce point.

        Par contre, que l’accueil des usagers soit assuré par des étudiants pendant les heures creuses (après 18 : 00 h et le samedi), n’a rien a voire avec cette tendance !

         
        • joanici
          • Posté à 20h24 le 08/12/2007
          • Internaute 17477

          Nous sommes d’accord, mais le souci est qu’en pratique c’est exactement ce qu’il se produit.
          Pour ce qui est de la réforme Pecresse, un amendement avait été précisément déposé pour stipuler que ce recrutement de vacataires ne devait pas être utiliser pour remplacer un personnel formé. L’amendement a été... rejeté.

          Je suis d’accord sur le fait qu’un recours aux vacataires est souvent nécessaire. Mais ce procédé est actuellement perverti par de nombreuses municipalités, avec des conséquences clairement négatives.

          Enfin, je ne voudrais pas d’un système ou l’accueil soit assuré par les seuls vacataires à certaines heures. Un responsable d’acquisition connait son fond et est le mieux à même de guider un usager dans sa recherche, sauf à considérer la bibliothèque comme un espace de travail où les ressources documentaires sont facultatives (ce qui est d’ailleurs le cas pour bon nombre d’étudiants). Mais dans ce cas, l’ouverture de salles de cours à entrée libre ferait aussi bien l’affaire.

          • leconcombrevert
            leconcombrevert répond à joanici
            La vraie vérité > : -))
            • Posté à 23h44 le 08/12/2007
            • Internaute 8843
              La vraie vérité > : -))

            Mais il ne s’agit aucunement pour moi de reduire le temps de présence et le nombre actuel des documentalistes qualifiés.

            Par contre je peu conçevoir que ce personel n’ai pas forcement envie de travailler en soirée et les samedis.

            Alors, les bibliothèques ferment tôt. Pourquoi ne pas y remedier au profit des étudiants et des personnes qui n’ont pas le temps de se rendre à la bibliothèque pendant les heures d’ouverture normales à cause de leur travail ?

            Pourquoi ne pas permettre à des étudiants qui autrement doivent travailler dans des bistrot etc. au détriment de leurs études de bosser à la bibliothèque (accueil, rangement, étiquetage etc.)

            • Sexus Empiricus
              • Posté à 11h34 le 09/12/2007
              • Internaute 6004

              Bonjour,
              J’entends bien votre argument pour ouvrir davantage les bibliothèques, c’est-à-dire pour élargir les durées d’ouverture en soirée, au petit matin ou le dimanche. À cet égard, je me sens très espagnol (on me dit qu’en Espagne, les bibliothèques ferment tard et sont ouvertes le dimanche).
              Pourquoi en effet interrompre un service public d’accès à la culture ? La réponse est simple : là où il y a une volonté publique, il y a un chemin - qui s’appelle « budget ». On n’a rien sans rien, et les magasiniers (est-ce ainsi qu’on appelle les charmantes personnes dont le travail avec les codes-barres ressemble parfois à celui des caissières de supermarché ?), il faut les payer, - et tant qu’à faire, pas à coup de lance-pierre. À cet égard, je me sens très suédois (on me dit qu’en Suède, où la démocratie est forte, le poids de l’impôt est considérable - mais la collectivité jouit aussi de services publics à la hauteur).
              Donc, espagnol et suédois à la fois, je rêve qu’il y ait toujours plus d’étudiantes à l’accueil et au rangement des bibliothèques publiques (universitaires et municipales). Mais à condition qu’elles soient rémunérées de façon juste (sorte de bourse améliorée qui serait réservée sous condition de ressources) et qu’elles jouissent des droits du travail.
              Ah ! dire que c’est dimanche, qu’il pleut, et que les bibliothèques sont fermées ! Musée ? Télé ? Route ? Qu’est-ce que vous me conseillez comme espace public aujourd’hui ?

              • joanici
                • Posté à 13h25 le 09/12/2007
                • Internaute 17477

                Dans la mesure où le personnel titulaire est souvent embauché à un grade et à un salaire inférieur à celui de son activité véritable, les vacataires ne peuvent qu’être moins lotis...

            • Anonyme répond à leconcombrevert

              Les heures creuses du samedi ? ! C’est le samedi que la fréquentation et le nombre de prêts sont les plus importants ! A moins que vous ne travailliez en BU ?
              yann

            • Anonyme répond à leconcombrevert

              Les heures creuses du samedi ? ! C’est le samedi que la fréquentation et le nombre de prêts sont les plus importants ! A moins que vous ne travailliez en BU ?
              yann

        6 autres commentaires
    • Kara
      Kara répond à leconcombrevert
      Itinérante
      • Posté à 12h08 le 10/12/2007
      • Internaute 22837
        Itinérante

      Je suis assez sceptique sur ce projet. Je suis bibliothécaire, et il est vrai que nous avons beaucoup de retard sur les structures et les offres en matières de culture au public.
      Il faut savoir que dans la plupart des villes de France, la bibliothèque n’est pas la priorité des élus. Les effectifs sont diminués car les postes le sont aussi. Engager un étudiant peut être une solution pour « dépanner » et lui faire faire du prêt. Qu’en est-il du travail de fond qui s’éffectue en amont ? ? ?

      Car oui chers lecteurs de Rue89, sachez qu’un(e) bibliothécaire ne passe pas sa journée à faire du prêt ou de l’accueil de public ou à lire(ce qui n’est pas le cas du tout, on a pas le temps ! ! ! !).
      Pour sélectionner, cataloguer et équiper les documents, des étudiants devraient être formés au métier de bibliothécaire. Autant embaucher une personne qualifiée pour ce poste.
      De plus, il est nécessaire de former ces personnes à nos logiciels, à nos collections etc...
      Là ou je travaille, nous sommes en sous effectifs et ce n’est pas un étudiant qui pourra venir nous aider, nous avons besoin de personnel spécialisé.

  • personne
    • Posté à 15h59 le 08/12/2007
    • Internaute 21725

    faire travailler des étudiants le dimanche, c’est pour mieux les préparer à se faire entuber dans leur vie professionnelle ?

    « Le Centre n’a jamais mis en place d’autre système d’entrée que l’ordre d’arrivée »

    Est ce à dire qu’on ne vous reconnaît pas dans votre dignité de membre de la caste supérieur des enseignants et qu’on ne vous accorde pas les privilèges du à votre rang ? Salon privé, machine à expresso gratuite et boy pour les photocopie ?

    • Network 23
      Network 23 répond à personne
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 11h00 le 10/12/2007
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Plutôt d’accord avec ce commentaire critique & agressif...

      L’idéal d’une ville ouverte 24h/24 est, à mon sens, dangereux. On peut se féliciter, en France et en Europe, de n’avoir pas cédé à cette rétrogradation des droits sociaux - jusqu’à aujourd’hui, bien entendu (ouverture les dimanches, etc.)... Si certains ont les moyens de consommer 24h/24, les autres, en attendant, triment nuit & jour...

      La question de l’ordre d’entrée, notamment à la BPI de Beaubourg, est, elle aussi, bien spécifique. L’avantage de cette bibliothèque est précisément son ouverture au public. En outre, si elle convient pour la plupart des lectures, pour faire des recherches, ne vaut-il pas mieux aller à la BNF ?

      J’avoue que le fait qu’un certain nombre de livres, pourtant loin d’être « rares », ne soient pas en accès libre à la BNF, est plutôt désagréable. Il y a, plus grave que les horaires d’ouverture, un problème concernant essentiellement l’approvisionnement en livres et en revues...

      Quant à dire que les bibliothèques sont des « lieux de socialisation », on aimerait vous croire... mais ni la BPI ni la BNF ne sont, à mon sens, des lieux très agréables (je sais bien que certain-e-s ne viennent exprès pour ça, m’enfin cela reste essentiellement des lieux de travail, qui plus est assez solitaires...)

  • Anonyme

    « . Le Centre n’a jamais mis en place d’autre système d’entrée que l’ordre d’arrivée ; à l’heure de l’Internet, on en reste étonné. »

    Il me semble que c’est bien là l’un des grands mérites de la BPI qui permet littéralement à tout le monde de venir y travailler sans considération de classe sociale. Des SDF viennent s’y réfugier en hiver et lire. En tant qu’amoureux des livres, je suis heureux de savoir que même dans la misère la plus noire, il restera toujours au gens cette possibilité là.

    Pour le reste vous soulignez un vrai problème. Il est étonnant que les BU aient des horaires aussi peu pratiques pour les étudiants. Ouvrir jusqu’à 22 heure voire toute la nuit aurait permis aux étudiants qui sortent de cours d’enchainer directement à la BU plutôt que de rentrer.

    @Personne : Ce n’est pas parce que la dame demande un système plus rationnel qu’elle se considère membre d’une caste supérieure. Il faut arrêter les procès d’intention gratuits. On peut ne pas être d’accord sans s’insulter !

    • personne
      • Posté à 00h14 le 09/12/2007
      • Internaute 21725

      Alors dites moi quel est donc ce système « rationnel » qui serait plus juste que le système hautement égalitaire du premier arrivé premier servi ?

      • Anonyme répond à personne

        Je ne dis pas que la dame à raison. En fait, je ne suis pas d’accord avec elle. Je dis juste que le fait qu’elle se trompe à mon avis sur ce point n’en fait pas pour autant une horrible aristo des bibliothèques esssayant obstinément de préserver son statut !

  • Anonyme

    zavez jeté un oeil sur les sites de biblio : US ? tout est numérisé avec amour.

    En France la bnf vient de revoir son site Gallica : c’est GENIAL !

    Lien

    internet au secours des bibliothèques !

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 19h53 le 08/12/2007
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    C’est le texte exact de votre rubrique dans l’émission, Masse critique, de ce samedi 8 décembre 2007 sur France culture.

    Je voulais vous - Françoise Benhamou - laisser un message sur le forum de Masse critique et attirer votre attention sur les deux points suivant :

    1) Paris va jusqu’au 19ème arrondissement et là, il y a une bibliothèque, la médiathèque de la Cité des sciences qui est ouverte du mardi au samedi de 12 h à 18 h 45 et le dimanche de 12h à 19h 45. Elle est ouverte pendant les vacances et les jours fériés, sauf à de très rares exceptions. Ses fonds sont principalement dédiés aux sciences et techniques mais elle offre des services : accompagnement à l’initiation et appropriations des technologies de l’information et de la communication (ateliers gratuits) et plus de 500 didacticiels sur de 36 postes informations. Elle possède également un fonds exceptionnels pour les enfants à qui il est très régulièrement proposé de nombreuses animations. La partie histoire des sciences est un fabuleux gisement pour tous les étudiants et les chercheurs. On y trouve entre autres un riche fonds anciens accessible sur commande. Les ressources vidéo de la médiathèque ainsi que sa programmation cinéma, particulièrement pour les plus jeunes et leurs familles, dans la salle Shadocks sont également à signaler.
    Dans la médiathèque on trouve aussi deux grands secteurs qui offrent des ressources documentaires et des services exceptionnels. Dans ces deux espaces on trouve non seulement des ressources documentaires « traditionnelles », des ouvrages et revues papiers, mais également des sélections de sites, des ressources vidéos, des films, etc. mais y trouve aussi des professionnels avec qui on peut, si on le souhaite, aborder des questions, et ou problèmes de santé, pour la Cité de la santé, ou des sujets ayant à la vie professionnelle : orientation, recherche d’emploi, orientation, recherche de formation, VAE, création d’entreprise etc. Toutes ces ressources et ces services (entretiens, animations, rencontres, ateliers) sans accessibles gratuitement. Il y a même un accompagnement de très grande qualité aux mal et non-voyants, etc.

    2) Pour ce qui concerne les horaires d’ouvertures la question majeure n’est pas que celle de la dissension entre deux ministères. Ouvrir un établissement public ou privé sur des amplitudes horaires importantes nécessite d’examiner les possibles en termes de ressources humaines et économiques. De même il faut prendre en compte les réalités objectives et fonctionnelles des services de bibliothéconomie. Ouvrir les bibliothèques de 8h à 22h suppose d’importantes ressources humaines. Il faut à minima deux équipes de bibliothécaires, qui se relayent sachant qu’à partir de 19h c’est le tarif de nuit. Par ailleurs, les bibliothèques ne sont pas des espaces virtuels autonettoyants dans lesquels les ressources regagnent les étagères et autres supports de rangement par l’opération du Saint-Esprit. Donc, il faut du personnel qui remettent les livres et autres médias en lace entre l’heure de la fermeture et l’heure d’ouverture. Il faut également assurer le nettoyage des espaces, donc là encore du personnel qui travaille en heure de nuit puisqu’il faut le faire avant l’ouverture ou après la fermeture. A tout ce personnel incontournable, il faut ajouter le personnel qui s’occupe du prêt, du personnel administratif et de celui de sécurité. Si les deux ministères sont d’accord pour embaucher ces diverses catégories de professionnels qui se font de plus en plus rare dans les bibliothèques et autre établissement assimilé alors Banco ! Si nos gouvernants ont réellement la volonté de tout (moyens humains et matériels) mettre en œuvre pour ne pas éteindre la culture je serais comme des milliers d’autres personnes ravie. Je suis malheureusement sceptique. Il n’y a plus que des effets d’annonces, des chimères. Ils ne font pas de l’économie culturelle mais l’économie sur la culture. Le champ du savoir, de l’éducation, de la santé, de la recherche ne produisent pas de billets de banques mais des biens immatériels qui sont inestimables. Une arithmétique qui échappe aux politiciens qui ont malheureusement le pouvoir de décision.

    • Kara
      Kara répond à Tinhinane
      Itinérante
      • Posté à 12h21 le 10/12/2007
      • Internaute 22837
        Itinérante

      Très bon commentaire.

  • joanici
    • Posté à 20h18 le 08/12/2007
    • Internaute 17477

    « à Bordeaux de même l’ouverture a pu passer de 36 à 47 heures hebdomadaires grâce au monitorat, dont il faut espérer que les rémunérations sont correctes »

    Navré de doucher vos espoirs mais la rémunération d’un vacataire frole le Smic, avec une particularité appétissante : vous pouvez être vacataire 20h par semaine pendant 3 ans, non seulement votre rémunération n’augmentera pas, non seulement vous serez toujours licenciable d’un claquement de doigt, mais en prime vous ne toucherez pas la moindre indemnité des Assedics.

    Pour ce prix, vous pourrez même être amené à former d’autres vacataires quand les titulaires ne sont plus assez nombreux pour cela. Je vois cela régulièrement dans ma structure...

  • Anonyme

    ...dans certaines bibliothèques spécialisées ce n’est pas triste non plus si on en croit ce témoignage :

    Lien

    • leconcombrevert
      leconcombrevert
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 23h54 le 08/12/2007
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      C’est ahurrissant ! Malheureusement j’ai connue des situations similaires.

      On en est à se demander pourquoi la France ne s’est pas encore écroulée !

  • Anonyme

    Donc, résumons cet article :
    - on devrait faire bosser des gens le dimanche dans les bibliothèques (y’en a bien qui bossent chez Ikea)
    - si on n’a pas de budget pour payer des pros, on peut embaucher des vacataires
    - prenons exemple sur les USA
    - et vive la ministre sarkozyste de la culture (ou la ministre de la culture sarkozyste ?) qui a de si grands projets

    Tout cela va-t-il vraiment dans le sens d’une plus grande place laissée à la culture dans notre société ?
    Je pose la question autrement : qui veut essayer de me convaincre que si on doit bosser 7 jours sur 7 en étant payés des queues de cerise, on aura du temps pour aller dans les bibliothèques ?
    Ecrire à Rue 89 qui transmettra...

    • joanici
      • Posté à 21h39 le 08/12/2007
      • Internaute 17477

      Croyez-moi, j’apprécierais que la France prenne exemple sur les Etats-Unis dans le cas des bibliothèques. Là-bas la profession de bibliothécaire est valorisée et les structures ont généralement plus de moyens.

    • leconcombrevert
      leconcombrevert
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 00h01 le 09/12/2007
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Faut il conclure que vous proposez de fermer les musées, les théatres, les cinémas, les jardins zoologiques en soirée et les week-end ? Il faudrait peutêtre aussi, d’après vous, que les metros, les RER et les trains cessent de rouler après 20 : 00 h ?

      Si non, pourquoi ne pas appliquer les mêmes règles aux bibliothèques !

      Pourquoi ne pas les garder ouvert quand le commun des mortels à le temps de s’ y rendre ?

      • Network 23
        Network 23 répond à leconcombrevert
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 01h17 le 12/12/2007
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Le commun des mortels, ou le commun de votre monde ? Vous connaissez beaucoup de gens qui, après avoir taffé toute la sainte journée, enchaînent les activités de loisir ? Perso, je sais pas si t’as déjà visité la BPI de Pompidou dont parle l’auteur de l’article, mais c’est plutôt rempli de gens qui bossent, principalement d’étudiants qui y trouvent là un lieu de travail approprié – les étudiants n’ayant pas les mêmes horaires que le « commun des mortels »...

        Et vous connaissez beaucoup de zoos ou de musées ouverts la nuit ? Dis-donc, vous en faites des choses de vos soirées !

         
        • leconcombrevert
          leconcombrevert répond à Network 23
          La vraie vérité > : -))
          • Posté à 02h08 le 12/12/2007
          • Internaute 8843
            La vraie vérité > : -))

          Oh la, doucement !

          Je ne sais trop dans quel monde vous évoluez pour être si remonté. Mais je constate avec quelque satisfaction qu’on doit tout de même avoir un ou deux points en commun, ne serait-ce que le fait de frequenter cette rue ou nous nous parlons - et sans doute une certaine affection pour les livres et pour les bibliothèques.

          Et figurez vous, j’ai été étudiante et je suis aujourd’hui moi même fonctionaire du service public. Je peu donc me targuer de savoir un tant soit peu de quoi je parle, même si je ne suis ni bibliothequaire ou documentaliste.

          Et pourtant, je trouve que les gens qui travaillent doivent avoir la possibilité de se rendre dans une bibliothèque sans être obligé de prendre un jour de congé. Parce que à mon avis la culture ne doit pas être consideré comme un luxe ou un bien qui soit reservé à certaines catégories de la société (lycéens, étudiants, chercheurs, enseignants, retraités ...). Quand j’étais en fac il m’arrivait souvent de bosser le soir et pendant le WE et de vouloir consulter des revues ou des bouquins ... .

          C’est tout. Pour le reste je vous renvoie à mes postes précédents ou je me suis expliqué plus en détail. Vous y verrez que je n’ai jamais dit que les bibliotheques ou les zoos ou les musées devrait être ouverts 7/7 et 24/24.

          Leconcombrevert - commun des mortels

        1 autres commentaires
  • joanici
    • Posté à 00h26 le 09/12/2007
    • Internaute 17477

    N’oubliez pas une petite chose : 53% des électeurs ont voté pour une politique qui préconise, je cite, « moins de services publics ». Et contrairement à ce qu’ont l’air de penser certains gugusses que j’ai l’heur de renseigner quotidiennement, le terme de « services publics » ne concerne pas uniquement les guichetiers de la Sécurité Sociale : les bibliothèques en font partie également.

    Petite précision utile : contrairement à ce que voudrait faire croire ces directives gouvernementales, l’emploi de vacataires en bibliothèques se pratique déjà depuis de nombreuses années. Mais même payés des cacahuètes, les vacataires ne sont pas gratuits non plus.

    Oh, dernier détail. Je serais ravi que les heures supplémentaires passées à former ces vacataires (et accessoirement, à remplacer les défections logiques en période de partiels) me soient rémunérées. Si quelqu’un a une suggestion je suis tout ouïe.

  • Anonyme

    Bonjour,

    Oui j’ai entendu cette chronique sur FC ce matin, et elle est reproduite ici .
    Assertions légèrement inexactes, car l’auteur mélange allègrement des bibliothèques universitaires, des bibliothèques municipales, dont les politiques et les crédits sont très différents dans leur origine et leur gestion.
    1/ disons néanmoins à Mme Benhamou que ni les BU, ni les BM n’ont attendu sa chronique pour embaucher des étudiants du samedi ou du dimanche (et aussi le mercredi ; les temps partiels ! ! !).
    Quasi toutes les BM de grandes villes (et villes moyennes) et toutes les BU travaillent , et ouvrent, avec des vacataires, moniteurs, étudiants,...
    Mais cela veut dire formation de ces personnels, encadrement (car dans un service ouvert au public (classé ERP comme on dit ) il faut du personnel formé à l’accueil et à l’évacuation du public, et à la connaissance des règles,.. « accessoirement » mais quand même, il faut aussi que ces personnels puissent aider les usagers ; tenir un poste de renseignement n’est pas que du gardiennage !

    2/ c’est notoirement insuffisant . OUI . Tout le monde est d’accord .
    Et c’est d’abord une question de moyens financiers ; même très mal payés, les vacataires coûtent plus que « personne », et les crédits de l’Etat comme chacun le sait ne vont pas en priorité à cela.

    De plus, depuis 2002-2003, les crédits des bibliothèques ont été fortement amputés grâce à l’invention géniale du droit de prêt qui a diminué les crédits d’acquisition des bibliothèques publiques en moyenne de 12 % ; l’Etat vient de supprimer une aide au fonctionnement des bibliothèques municipales dite « concours particulier des BM “ (qui servait à payer du personnel notamment ) ; le CNL remet en question ses aides aux acquisitions,..
    Tout cela ne va donc pas dans le sens d’un meilleur service aux lecteurs, en particulier quand il s’agit d’ouvrir plus longtemps.
    Disons aussi que les horaires d’ouverture ne sont pas le seul problème de fonctionnement, j’ai déjà évoqué les acquisitions , on doit aussi parler de la possibilité de réserver des documents absents ( réduite à presque rien en France, très facilitée aux USA et au Canada par ex.), au prêt de document d’une BIb à l’autre (dite prêt inter)peu efficace et très cher en France, quasi gratuit dans d’autres pays.. j’en passe .
    En un mot, les bibliothèques sont-elles vraiment une priorité du développement culturel en France, ou du développement de l’éducation et de la recherche ?

    Claudine Belayche

  • Anonyme

    Bonjour !
    La question américaine me sidère ! On peut étaler toutes les comparaisons possibles et imaginables, il n’en reste pas moins que cette question du personnel, vacataire, étudiant, titulaire, est essentielle et ne peut être considérée en dehors des valeurs qui participent de l’identité de la France. Nous ne voulons pas une culture au rabais, ni en termes de salaires ni en termes de pratiques culturelles. Si nous voulons offrir à nos publics, jeunes et moins jeunes, des services de qualité identiques pour tous, quel que soit l’horaire (avant ou après 19h), il faut impérativement que ce service soit assuré par une personne formée et apte à satisfaire les fonctions et les demandes liées à ce métier. Pour cela, il faut un personnel qui ait du temps pour travailler (car ouvrir 60 heures par semaine, d’accord, mais qui s’occupe du traitement INTELLECTUEL des documents ?), un personnel qui sache de quoi il parle (c’est mieux quand on veut réaliser une médiation de qualité sur les documents) et qui sache pourquoi il travaille comme un fou (si, si, je vous assure qu’il y en a) pour un salaire qui ne dépasse pas 1200 euros par mois.
    Je veux bien travailler le dimanche, le lundi et je termine déjà à 19 heures tous les soirs, mais pas à n’importe quel prix et pas sans un engagement plus volontariste de la part de nos élus qui savent venir nous caresser dans le sens du poil en période électorale (élus que je ne vois jamais dans nos bibliothèques qui constituent pourtant, en milieu rural, un lieu de socialisation ô combien esentiel).
    Voilà, défendons notre culture, pas en copiant bêtement, mais en exigeant que cette culture soit construite sur des valeurs et pas seulement sur du « chiffre », valeur malheureusement trônante à l’heure actuelle.
    Babaille.

  • Anonyme

    « Nous sommes surtout bien loin des horaires d’ouverture des bibliothèques universitaires américaines [...] Berkeley [...] 69 h par semaine »

    Pour ne prendre qu’un exemple que je connais bien, la bibliothèque universitaire de l’UFR Lettres et Sciences humaines de Besançon n’a pas le rayonnement de la prestigieuse Berkeley ; elle est néanmoins ouverte 58 h 45 par semaine. Si on fait un bilan national, on est « bien loin » de la catastrophe annoncée dans cet article !
    Certes, il ne s’agit pas d’une bibliothèque publique mais les BU accueillent aussi des auditeurs libres : pas besoin d’être étudiant pour y avoir accès.
    Le problème évoqué ici n’est-il pas propre à la BPI de Beaubourg ou à Sainte-Geneviève ?
    Nombre d’ouvrages - et sans doute la plupart - conservés dans ces deux bibliothèques sont disponibles dans l’ensemble des autres bibliothèques parisiennes, que ce soit les municipales de prêt ou celles spécialisées (Forney, centre des arts graphiques, centre de documentation des métiers du livre, médiathèque du patrimoine, centre de la documentation française, etc.). Pour éviter l’engorgement et les heures d’attente, il suffit bien souvent de se disperser dans tout le réseau « bibliothèque » parisien.

    Ceci dit, je suis tout à fait favorable à des plages horaires de consultation plus étendues. Et si, en plus, ça crée des emplois, tant mieux !

  • Anonyme

    Beaucoup de commentaires pertinents, en partie de professionnels connaissant bien le problème.
    Le paradoxe est douloureux : du côté des professionnels des bibliothèques, beaucoup d’idées et d’abnégation pour mener à bien des projets. Du côté de ceux qui tiennent les cordons de la bourse : un cynisme dont on a pas encore vu le fond. Dernier exemple en date : la bibliothèque Sainte-Barbe, prévue pour désengorger la Sorbonne et Sainte-Geneviève, n’ouvrira pas comme prévu, parce que les postes de magasiniers dont elle a besoin pour ouvrir n’ont pas été créés... Les moniteurs étudiants ne remplacent pas les magasiniers, ils les suppléent. L’équipe de projet emménagera dans un bâtiment vide de public, jusqu’à ce que les autorités supérieures (Finances, Budget, Fonction publique ?) veuillent bien admettre que c’est se foutre de la gueule du contribuable que de provoquer de telles absurdités.
    Oui, il existe au plus haut sommet de l’Etat une volonté manifeste d’asphyxier le service public.

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 19h15 le 09/12/2007
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    J’ai laissé un message (avec quelques coquilles, je prie les lecteurs de bien vouloir accepter mes excuses) juste après la lecture, sur Rue 89, de la chronique de Françoise Benhamou que j’avais écoutée, sur France culture, le jour même.

    Ce qui m’a surpris dans cette chronique c’est la « faiblesse », pour ne pas dire l’absence, d’éclairages économiques, forcément complexes, que j’attendais de la part d’une spécialiste de l’économie de la culture. Comment obtenir des services de qualité sans y mettre le prix ? Ce qui vaut pour de nombreux services de consommation, des biens de consommation, vaut pour la culture. L’économie c’est, me semble-t-il, un « savant » dosage entre l’investissement, l’exploitation et les résultats attendus, escomptés et parfois réalisés.

    Je ne suis ni bibliothécaire, ni économiste et je ne suis pas mandatée pour trouver des « remèdes » à la misère de nos bibliothèques, je constate pourtant de très nombreuses analogies avec les anomalies et dysfonctionnements que l’on trouve dans de très nombreux secteurs qui relèvent de la culture, l’éducation, la recherche, la santé… Or, de la part des décideurs ayant en charge ces secteurs, j’entends les mêmes pauvres arguments et justifications des décisions qu’ils prônent. Outre le fait qu’ils soient bien souvent incompétents pour les postes de responsabilité qui leur sont confiés et qu’ils acceptent, il leur manque l’intelligence du pouvoir, l’art de gouverner. Ils ne savent pas s’entourer de personnes compétentes, ils leur préfèrent les serviles opportunistes, bien souvent également incompétents. Ce « duo » là n’a pas les capacités de faire de bons diagnostics, son pronostic est – sauf miracle – forcément mauvais et son traitement inefficace, souvent catastrophique, pour rester mesurée.

    Revenons aux bibliothèques. Une bibliothèque est un lieu de ressources (dont certains sont rares, fragiles, précieuses…) et de services, de médiation spécialisée. C’est des espaces publics où de nombreuses pratiques sont gratuites. Nous sommes fort heureusement dans un pays qui a appris, avec le temps, à établir des normes d’hygiène et sécurité dans l’intérêt de l’ensemble des usagers et de leurs biens communs. Il a progressivement appris à protéger son patrimoine et à le valoriser. D’un bout à l’autre de la chaîne, il y a du personnel qualifié qui intervient sur un maillon ou plusieurs. Nous sommes dans un pays où la population aspire légitiment à l’accès à l’information, à la connaissance, à la jouissance des biens communs, des biens publics. Nos concitoyens sont-ils satisfaits de l’accessibilité à ces biens ? Non, à mon avis. Avis partagé sans doute par des milliers de personnes parmi lesquelles les professionnels de terrain qui sont au contact quotidien avec les publics. Pourquoi ne donne-t-on pas satisfaction aux citoyens qui aimeraient bien savoir pourquoi leurs impôts ne sont pas utilisés à bon escient ?

    Reprenons la chaîne des bibliothèques. Pour que les personnes qui fréquentent les bibliothèques soient satisfaites, il faut me semble-t-il que : (1) ces établissements soient ouverts à des horaires compatibles avec leurs disponibilités. (2) Qu’ils y trouvent rapidement ce qu’ils cherchent. (3) Que les ressources mises à leur disposition soient de qualité. (4) Que les ressources soient disponibles sur divers supports : numérique et autres. (5) Que les conditions de consultation sont confortables. (6) Que les lieux soient propres. (7) Que les lieux soient sécurisés. (8) Que la bibliothèque soit accessible, donc bien desservie par les transports en commun mais également accessible aux personnes à mobilité réduites, aux déficients visuels etc. (10) Pour celles et ceux qui y passeront beaucoup de temps, qu’il y ait des espaces de décompression et de restauration à proximité. (11) Qu’il y ait des accès aux ressources numériques avec les possibilités d’impression. (12) Qu’il y ait des photocopieurs. (13) Qu’il y ait des possibilités de consulter des ressources sonores et /ou des vidéos. (14) Qu’il y ait des professionnels qui guident, orientent et accompagnent des recherches documentaires quelquefois imprécises. (15) Que ces lieux culturels créent, provoquent, induisent d’heureuses rencontres avec un thème, un auteur,… (16) Que les archives et documents rares, précieux soient bien protégés mais disponibles. Etc., etc.

    Quand un lecteur arrive en bibliothèque, ouverte ou close, sa satisfaction ou insatisfaction, (mesurée et figurant parmi les indicateurs de la LOLF), n’intègre pas les faits suivants : pour qu’il accède à la bibliothèque, si tout est fait pour le satisfaire, celle-ci a été nettoyée. Que des personnels se sont chargés de remettre à la bonne place des documents laissés sur les tables et les chariots après consultation afin que les lecteurs les retrouvent. Que des bibliothécaires sont à leur poste et qu’ils peuvent, s’il le souhaite, le guider et l’orienter dans ses recherches car ils ont sélectionné les fonds, les ont qualifiés, indexés, catalogués… Que d’autres ont procédés aux acquisitions, d’autres encore ont consolidés les ouvrages et les ont munis de système antivol. Que des services réparent des ouvrages détériorés. Que certains trésors sont aujourd’hui au moins accessibles en ligne parce que des professionnels les ont numérisés, indexés, référencés etc. Que la mise en valeur sur tables, ou via des expositions et des programmes culturels (rencontre avec des auteurs, des acteurs de la vie intellectuelle, etc.) relèvent de projets menés par des hommes et des femmes. Les invités aux bibliothèques ne sont pas tirés au sort dans un chapeau melon. Les bibliothécaires qui acquièrent, sélectionnent, indexent, valorisent… ont, parmi leurs diverses tâches professionnelles, celle de la vieille professionnelle et documentaire. Le lecteur et l’évaluateur méconnaissent sans doute l’étendue du retard de nombreux professionnels quant à l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans leur propre champ de travail et qu’il y a forcément un gap entre les formations initiales et les complémentaires qu’il faut aujourd’hui impérativement acquérir pour rester performants. Et là encore etc., etc.

    Savez-vous ce que nécessite tout cela ? Des moyens financiers. Il y a certes quelques bénévoles en bibliothèques, mais le travail de fond et absolument indispensable est fait par des professionnels qualifiés. Donc, il faut des postes, une juste rémunération (selon les tranches horaires d’ouverture). Des moyens pour permettre une veille professionnelle et une formation continue. Des agents de sécurité, du personnel de nettoyage, du personnel administratif, du personnel de gestion comptable, juridique etc. Des moyens financiers pour acquérir des fonds, les traiter, les protéger, les mettre à disposition. Des moyens financiers pour à minima défrayer les auteurs et autres acteurs de la vie culturels sollicités pour éclairer le public sur certains thèmes, ou répondre à ses demandes, attentes, etc. Des moyens pour assurer la couverture numériques à l’ensemble des bibliothèques et pour mutualiser les ressources en ligne. Là encore j’abrège, mais etc., etc.

    Nos bibliothèques souffrent aujourd’hui de la mission impossible qu’on leur fixe. Répondre aux attentes de plus en plus nombreuses et multiformes sans ressources humaines et matérielles, le tout solidement contraint dans un sarcophage de culpabilisation, stigmatisation.

  • Anonyme

    Je suis bibliothécaire et j’ai travaillé dans une BU qui ouvrait 50 heures par semaines avec 5 personnes pour assurer l’accueil mais sans possibilité d’embhaucher des étudiants qui avaient un emploi du temps chargé ou ne correspondaient aux critères des moniteurs : niveau d’études, étudiants étrangers... En Province, de nombreuses bibliothèques universiatires ouvrent jusdqu’à 20h avec du personnel titulaire et / ou le samedi matin. La situation parisienne n’est pas la situation française. En outre à Paris, la Bibiothèque Françoiis Mitterand est ouverte le dimanche...

  • Trans
    Trans
    Bibliothécaire
    • Posté à 06h38 le 11/12/2007
    • Internaute 24515
      Bibliothécaire

    D’accord avec Kara et Tinhinane.Le débat sur les heures d’ouverture est toujours aussi tristementbgénéraliste, parisien,peu professionnel et, à la lecture de ces commentaires, de plus en plus dangereux, voire hargneux ! Il véhicule également toujours les mèmes inepties :
    1) On a l’impression qu’à l’instar de Paris et des villes universitaires, toutes les villes et villages de France sont bourrées d’étudiants en mal d’horaires ou en quête de job, ce qui est stupide !
    2) Le discours majoritaire est toujours le meme depuis 50 ans ! Tout le monde peut-être bibliothécaire. ça consiste finalement à prêter des bouquins, ce qui n’est pas sorcier. Cette dévaluation immuable de notre métier est toujours aussi difficile à admettre, mais devient par contre de plus en plus claire au niveau politique...
    S’il faut reconnaitre qu’avec une moyenne de 17 à 18 heures d’ouverture par semaine, les bibliothéques françaises sont trop peu ouvertes, il convient de se méfier d’un discours aussi globalisateur sur une augmentation sans bornes de ces memes horaires.
    On ouvrira davantage mais pour finalement proposer moins : Les politiques des collectivités teritoriales sont en effet aussi immuables , globalement, que le discours de surenchère sur les ouvertures : PAS QUESTION D’EMBAUCHER ! Ici et là des collègues, dont les associations professionnelles - qui ne représentent que des bibliothécaires et conservateurs bien pourvus en personnels et en budget - ne se font malheureusement pas l’écho, se voient imposer des augmentations d’heures d’ouverture, au détriment de leurs heures de travail interne ! A partir de là leur choix est simple : ou bien bazarder leur politique d’acquisition et de valorisation des fonds aux orties, minimaliser la qualité d’accueil et de renseignements, et faire du prêt à tours de bras, ce qui plaira à ceux qui veulent des bibliothèques supermarchés, ou bien « sauver les meubles » en récupérant tout de meme leurs heures internes. Et comment ? Tout simplement en disparaissant dans les bureaux pendant les heures publiques ! Beaucoup le font déja, figurez-vous. Et c’est tant mieux, finalement.
    Les publics ne seront bientôt plus accueillis que par des personnels en nombre restreint, peu ou pas qualifiés, souvent meme des bénévoles (c’est encore moins cher que le vacataire, le bénévole, et ça fait recette auprès des élus).
    Pour les robots, c’est râpé. On a déja essayé au Canada il y a quelques années une bibliothèque entierement automatisée. Résultat des courses : passé l’effet d’annonce, la fréquentation est tombée à zéro. Interessant, non ? Peut-être que les gens voulaient autre chose ...
    Sachez que d’ores et déja des bibliothèques pratiquent ce type de service minimum : deux ou trois personnes à l’accueil-prêt-retour,« relevées » à heure fixe car c’est épuisant, et personne dans les secteurs pour vous renseigner, notamment aucun cadre : démerdez-vous avec la signalétique et les postes informatiques !
    Les étudiants qui vous sont si chers se débrouilleront peut-être avec ça, mais pour les autres publics c’est plus douteux !
    Si l’on veut augmenter les heures d’ouverture dans les BU et les bibliothèques des villes universitaires, d’accord.A eux d’en négogcer les conditions ; Mais l’imposer à toutes les structures, sans personnels suplémentaires, c’est stupide.
    J’ai déja remarqué comme les élus, peu enclins par ailleurs à prendre connaissance des fondements du métier, s’interessent de près aux moyennes nationales, voire pondérées par tranches de population, (ainsi qu’aux politiques tarifaires et aux « animations » qui mettent en valeur la ville dans les gazettes locales, mais c’est un autres sujet), et comment les bibliothécaires petits et moyens s’accrochent à cette moyenne nationale, dans leurs bilans, pour démontrer que du moment qu’ils sont dans la moyenne (qui, du coup, devient la norme, bien entendu)il n’y a rien à changer. Faites monter la moyenne et ils plongeront !

    Une collèque avait lancé un appel au secours sur Biblio.fr il y a quelques temps (je cite de mémoire) : On leur imposait 27 heures d’ouverture hebdomadaire. Ils n’étaient que trois en tout ! Personne ne lui a répondu à l’époque.J’espère qu’elle ’s’en est sortie, au moins professionnellement en sauvegardant l’essentiel de son métier.

    Je ne sais plus qui dans les commentaires parlait de profiter des municipales pour interpeller les elus sur les questions d’horaires. Pas sur les questions de moyens par contre. Et bien sachez petits pyromanes en herbe que comme le dsait je ne sais plus quel grand homme : « En démocratie on a les services publics qu’on mérite. »

    Continuez à surenchérir sans nuances, vous aurez les srvices publics que vous méritez : pauvres, tristes, avec des personnels robotisés et faisant la gueule ou des bénévoles-vacataires incompérents l’oeil vissé à leur montre.

    T’as vu une caissière de supermarché à dix minutes de
    la fermeture, t’as parlé avec elle une fois, une seule ?

    Ben t’aurais dü. Elle t’aurais expliqué l’avenir de l’accueil en bibiothèque tardive.

    Vous entendrez tous le cri du bibliothécaire le soir au fond des rayonnages...

    Vous verrez se faufiler le long des murs le cadre B rejoignant son antre interne, le dos courbé et le regard fuyant d’un locataitre menacé d’expulsion....

  • joanici
    • Posté à 00h21 le 13/12/2007
    • Internaute 17477

    Tenez c’est amusant et c’est en plein dans le sujet : pas plus tard qu’aujourd’hui, je me suis fait incendier sur le thème « fonctionnaire / feignasses » pour avoir eu l’outrecuidance d’annoncer à un usager que la bibliothèque serait fermée le 1er janvier prochain.

  • Trans
    Trans
    Bibliothécaire
    • Posté à 08h32 le 13/12/2007
    • Internaute 24515
      Bibliothécaire

    C’est pas franchement amusant, mais tristement d’actualité. En 25 ans de carrière je n’ai jamais entendu ,autant qu’actuellement,de discours aussi violents et simplistes sur les fonctionnaires ,autant de mesures (financières, administratives)visant clairement à étouffer les bibliothèques : credits d’acquisition non compensés depuis le plafonnement des remises de 25 à 9%,baisse des aides du CNL, baisse de la dotation au niveau du concours particulier des BM,fortes pressions sur les passations de marchés publics, baisse de la fréquentation (emprunteurs : moins 30 000 par an en France), refonte des concours d’accès et des formations de cadre à la baisse. Il a de quoi s’inquiéter.ET SUR DU COURT TERME ; Plus question de pouvoir se dire « ça durera bien jusqu’à la retraite !

    J’avais lu il y a deux ans un article de la Gazette qui expliquait, suite à une étude sur Paris,que la premiere cause de stress chez les fonctionnaires n’était pas la surcharge de travail,ou les mechants chefs. Non, c’était “le sentiment d’inefficacité”. Reflechissez à ça. Etonnant,non, ces fonctionnaires qui veulent être efficaces. Comme c’est étonnant de constater qu’a moyens augmentés, la majeure partie de la profession est prête à travailler plus, notamment le dimanche. Cela cadre assez mal avec l’image du feignant, non ?
    Vous qui semblez fréquenter les bibliothèques, essayez de coincer une responsable, pas trop jeune, entre deux bacs à bd, et faites lui cracher sa vérité : Est-ce qu’elle a des projets en cours, combien elle en a enterrés ces derniers temps, combien elle a d’heures de travail interne, qu’est-ce qu’elle pense des 35 h (en tant que responsable d’un service sinistré),est-ce qu’elle prend ses rtt, qu’est-ce qu’elle pense VRAIMENT de la compétence de ses agents, Que pense t’elle de son logiciel,quel temps elle passe sur les statistiques, est-ce quelle les utilise ensuite pour ameliorer sa politique d’acquisition, est-ce qu’elle a le temps d’enrichir ses notices par des résumés-présentation,comment vit-elle sa collaboration avec “les autres partenaires culturels” de sa collectivité, est-ce quelle pensait un jour qu’elle en arriverait à bosser comme ça, est-ce qu’elle aime ses élus, et ses chers lecteurs qui la traitent de fonctionnaire feignasse, depuis quand elle ne fait plus de recolement, est-ce qu’elle désherbe bien comme il faut, est-ce qu’elle sait que dans son dos ses agents font du service à la tête du client, écrasent le coup sur les amendes, sur les durées de prêt dépassées, etc..pour conserver de bonnes relations avec le public ? Si elle ne craque pas, c’est soit une dépressive soit une pre-retraitée.

    Autre définition du stress des cadres : c’est quand vous etes devenus incapables de faire la différence entre l’Urgent et le Prioritaire.Le feignant débordé,
    étrange,non ?

    Non. Le temps se couvre, et le bruit sourd des promesses électorales locales qui nous parvient(déja) n’est qu’une loghorrée économique à base de regroupement, mutualisation, intercommunalité, economies de fonctionnement, efficacité et autres baratins de DRH.On voit aussi se repointer le petit nez crochu de la censure, profitant du discours à la mode anti-soixanhuitard. Une France propre et performante. Et des entretiens d’évaluation à la clé. Déterminez les points de performance de votre service.

    Ouvrez vos parapluies, ça va tomber !

    Et laissez les nantis s’agrandir,passer leur temps a serrer des paluches de gens importants, les bibliothecaires blogueurs Web 2 jouer à la grande bibliotheque virtuelle,et les pontifes de nos valeureuses associations à continuer de rêver à une Loi sur les Bibliothèques qui règlerait tout. Rigolos,va !

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