Royal à la conquête de l'Elysée sans le PS ? Une fausse info
Selon cette dépêche Reuters, reprise un peu partout sur le Net, Ségolène Royal aurait affiché dimanche son ambition de partir à la conquête de l’Elysée, avec ou sans soutien de son parti :
Royal pense pouvoir entrer à l’Elysée sans le soutien d’un parti
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal estime qu’il est possible de gagner l’élection présidentielle en France sans le soutien d’un parti politique.
Interrogée sur ce point dimanche, l’ancienne candidate socialiste à l’Elysée a répondu : « Je pense (que oui) » .
Pour y parvenir, a-t-elle ajouté sur le plateau de Canal+, « il faut une très grande cohérence (...) un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d’humilité » .
Le « que oui » est bizarre. Pourquoi ces parenthèses ? En réalité, l’ex-candidate n’a pas prononcé ces mots, « que oui » .
La journaliste qui l’interrogeait sur Canal+, Laurence Ferrari, lui avait demandé : « Est-ce que vous pensez que l’on peut gagner une élection présidentielle sans avoir le parti derrière soi ? “
Royal commence par répondre : ‘ Je pense...’
Le journaliste de Reuters, probablement trompé par une longue incise, a visiblement interprété ce ‘ je pense...’ comme étant une réponse affirmative.
Ce n’est pourtant pas la réalité, comme l’a relevé, non sans exaltation, le blogueur RichardTrois. Il y a un ‘ que’ après le ‘ je pense’ . Royal pense ‘ qu’il faut une très grande cohérence’ avec le parti.
Voici sa phrase complète :
‘ Je pense -c’est une très bonne question et l’expérience vient de le montrer- qu’il faut une très grande cohérence entre une organisation politique, il faut un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts, il y a un potentiel d’élus de terrain exceptionnel chez les Socialistes, avec des gens qui font beaucoup de choses sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a aussi ce travail là aussi à faire, il faut de l’imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie, aussi, d’humilité, et c’est comme cela que je compte m’engager.’
Ecoutez vous-même, c’est à la neuvième minute :
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Rapatrié
Rapatrié
Mais non, elle n’a dit ni « oui », ni « mais ». Ce que je pense de SR n’a aucune importance (comme tout ce que j’écris d’ailleurs). Regardons plutot ce que dit SR. Si j’étais un des pontes de la rue Solferino, j’aurais attendu de SR qu’elle dise « Comment osez-vous dire cela ? Je ne concois pas gagner la bataille de la prochaine election presidentielle sans le parti. Cette question est absurde ».
Or, que répond SR ? En avant pour un peu de segonologie :
Elle commence par dire que :
1) « Je pense » ==> Ni oui, ni non
2) « C’est une tres bonne question » => ce n’est pas une question absurde. On a le droit de se poser la question quand on vient de perdre avec les socialistes si on peut refaire une campagne, la gagner SANS le parti. TRES BONNE QUESTION. Je me la pose tous les matins quand je mets le lait dans mes corn-flakes.
3) « qu’il faut une très grande cohérence entre une organisation politique » ==> Ahah, on brouille les pistes, peut-etre est-elle allée trop loin dans la premiere phrase.
4) « il faut un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts, il y a un potentiel d’élus de terrain exceptionnel chez les Socialistes, avec des gens qui font beaucoup de choses sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a aussi ce travail là aussi à faire » ==> En aucun cas, SR dit qu’elle veut faire campagne avec le PS. Cette phrase, veut plutot dire que SR veut s’appuyer sur les militants du terrain en court-circuitant le parti. En d’autres termes, SR veut s’approprier les militants du terrain PS
5) « donc il y a aussi ce travail là aussi à faire, il faut de l’imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie, aussi, d’humilité, et c’est comme cela que je compte m’engager. » => Elle ne dit pas si elle va s’engager aux cotés du PS ou non. Elle dit qu’elle veut s’appuyer sur les militants du terrain.
Perso, je crois que le fait que le/la journaliste ait raccourci, un poil, était voulu. SR veut jeter un pavé dans la marre, genre : « a quoi ca sert le PS si ce n’est pas pour me soutenir » ?
Une idée commme une autre...




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