American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Les Américains atterrés par la toxicité de leurs cosmétiques

Publié le 29/08/2010 à 15h40

Un édifiant film d’animation diffusé sur le Web attire l’attention sur une possible réforme de la réglementation américaine.

Aux Etats-Unis, une femme utilise en moyenne douze cosmétiques par jour, un homme environ six. Chacun de ces produits contient une douzaine ou plus de composés chimiques, souvent toxiques. Après des années de campagne menée par des consommateurs, un projet de loi arrive au Congrès, appuyé par un film lancé sur Internet.

Quand, en France, les politiques, alertés par l’UFC-Que Choisir, s’effarent de la pollution intérieure de leurs domiciles, les Américains découvrent avec stupeur avec quoi ils se frottent, se shampouinent, se tartinent et se maquillent.

Ils réalisent que leurs bébés subissent un sort analogue dès leurs premiers débarbouillages. Pire : vu ce que la peau de leurs mères a absorbé avant leur naissance et pendant la gestation, les nourrissons naissent « pré-pollués », selon le film d’animation « The Story of Cosmetics », dévoilé fin juillet pour coïncider avec le dépôt du texte de loi. (Voir la vidéo en anglais)

J’adapte ici le contenu d’un article et d’une tribune parus récemment sur le sujet, l’une sur le Huffington Post, l’autre dans le bimestriel Emagazine, en intégrant ce que je connais par ailleurs de la réglementation américaine.

Annie Leonard, l’auteure du film, explique sa démarche :

« Comme la plupart des parents, j’essaie de garder ma famille en sécurité. Mais j’ai découvert que ma salle de bain était un véritable magasin de toxiques. Qu’est-ce qu’on est censé faire pour lutter contre ça ? »

Seulement huit ingrédients interdits en 70 ans

Bon courage ! L’Environmental Protection Agency (EPA, équivalent du ministère de l’Ecologie) a seulement interdit l’usage d’une poignée de composants chimiques depuis l’instauration du Toxic Substances Control Act, en 1976. Et ce, en dépit du fait que 80 000 substances sont aujourd’hui utilisées dans l’ensemble des produits de consommation.

Et, quand on entre dans le détail des seuls produits de soin personnel, on apprend que la loi fédérale réglementant ce secteur a été rédigée il y a 70 ans. Depuis, la FDA (Food and Drug Administration) a interdit seulement huit ingrédients parmi les 12 000 environ utilisés par cette industrie.

La FDA n’exige même pas qu’ils soient tous listés sur l’étiquette. L’industrie est censée s’autoréguler, ce qui fait bondir Annie Leonard :

« Les labels des flacons sont rassurants : “doux”, “pur”, “naturel”, “non-agressif”, “recommandé par les pédiatres”, “approuvé par les dermatologues”... Mais quand vous lisez les notices avec des loupes, ou que vous allez sur Internet pour des détails, c’est une autre histoire.

Laureth sulfate de sodium, urée de diazolidinyl, ceteareth-20, PEGs, quaternium-15... autant d’ingrédients qui contiennent des substances cancérigènes comme le formaldehyde ou la dioxyne 1,4. »

« L’Histoire des choses », un best-seller pédago et ludique

Avant de lancer sa propre croisade contre les produits de beauté farcis aux polluants, Annie Leonard était déjà connue pour avoir conçu en 2007 le petit film d’animation « The Story of Stuff », véritable phénomène sur Internet avec 12 millions de vues. Son livre éponyme, sorti en mars 2010, est toujours un best-seller.

Elle y décortiquait avec une pédagogie ludique et grinçante le fonctionnement politico-énonomico-industriel de la société de production-consommation. Elle a ensuite décliné le concept avec « L’Histoire de l’eau en bouteille », « L’Histoire de la Bourse du carbone », et on attend prochainement une « Histoire des appareils électroniques ».

Bref, découvrir des cancérigènes dans les shampoings pour bébé n’a pas du tout plu à Annie Leonard. Elle s’est renseignée auprès de scientifiques, qui n’ont pas cherché à la rassurer.

Crèmes solaires, rouges à lèvre, lotions pour le corps, gels de rasage, déodorants, parfums, etc. Tout cela contient des produits liés au cancer, mais aussi aux problèmes d’apprentissage, à l’asthme, à la qualité du sperme, aux difficultés de reproduction.

Annie Leonard se tourne alors vers les animateurs de la Campaign for Safe Cosmetics, à l’œuvre depuis 2004. L’objectif de cette coordination d’associations locales, implantées dans tout le pays (« grassroot », populaire), est d’obtenir une réforme de la loi de 1976.

« Ne pas culpabiliser les gens »

La coordinatrice nationale Mia Davis, basée à Boston, saute évidemment sur l’occasion pour concevoir un film avec la « grande » Annie Leonard, réputée pour ses talents de vulgarisatrice rigoureuse :

« Je travaillais sur le sujet des plastiques et des cosmétiques depuis sept ans. Je voulais être sûre que son film respecterait rigoureusement les faits, tout en étant assez “fun” pour intéresser tout le monde.

Il fallait aussi ne pas culpabiliser les gens : ce n’est pas leur faute s’ils ont des produits chimiques dangereux dans leurs placards de toilette. Tout le monde en a. »

Les efforts de la Campaign for Safe Cosmetics ont finit par porter leurs fruits : le 21 juillet, trois démocrates à la Chambre des représentants ont déposé un projet de loi, le Safe Cosmetics Act of 2010.

Objectifs ?

  • Combler les lacunes de la loi fédérale existante,
  • supprimer progressivement les produits les plus dangereux,
  • élaborer un système d’évaluation des ingrédients,
  • obliger les entreprises à davantage de transparence,
  • donner aux inspecteurs de la FDA les moyens de travailler correctement.

L’industrie cosmétique met le paquet sur le lobbying préventif

L’industrie des soins et de la beauté se prépare au bras de fer depuis un moment. Au cours des cinq dernières années, elle a considérablement accru ses dépenses en relations publiques, dépensant des millions de dollars, intensifiant son lobbying pour tenter d’empêcher ce qui lui pend au nez.

A présent, la balle est dans le camp des élus. Il s’agit de les convaincre de voter cette loi. S’ils ont l’impression que leurs électeurs locaux ne s’intéressent pas au sujet, ou ne voient pas l’intérêt de toucher à ce qui existe, les représentants ne vont pas voter le texte.

Aux Etats-Unis, la discipline de vote dans un parti n’existe pas comme en France. On l’a vu avec les tentatives désespérées d’Obama pour faire adopter son texte sur l’assurance médicale (voté de justesse, très remanié), et celui sur les émissions de gaz à effet de serre (abandonné faute de soutien de sa majorité).

« Cliquez ici pour presser le député de votre circonscription »

C’est pourquoi la Campaign for Safe Cosmetics, armée du film de « propagande » d’Annie Leonard -ou d’information selon la façon dont on voit les choses- intervient pour inciter les citoyens à contacter leur élu à la Chambre :

« Seule une mobilisation générale étendue des citoyens concernés, de tous les bords politiques, peut contribuer à l’adoption de cette grande législation. Vous pouvez agir en cliquant ici, pour presser le député de votre circonscription. Et en faisant circuler le film autour de vous. »

Que vont bien pouvoir trouver les républicains et les acteurs de la droite dure des Tea-parties pour s’opposer à ce projet de loi présenté par des démocrates ? Trop socialiste ? Trop anti-business car coûteux pour les compagnies ? Générateur de chômage ? Surprise, surprise...

Et pour ceux, tranquilles, qui n’utilisent jamais le moindre produit de soin, un récent diaporama du Huffington Post prouve qu’on n’est à l’abri nulle part. Edifiant.

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  • glop-pasglop
    glop-pasglop
    justiciable à merci
    • Posté à 15h49 le 29/08/2010
    • Internaute 117082
      justiciable à merci

    S’il n’y avait que les cosmétiques qui soient toxiques, le danger ne serait pas bien grand. Mais plein d’autres choses sont, elles aussi, potentiellement dangereuses. La bouffe, par exemple. En fait, c’est la société de consommation tout entière qui est nocive.

    • .fr
      .fr répond à glop-pasglop
      ...
      • Posté à 17h41 le 29/08/2010
      • Internaute 69923
        ...

      Oui mais pire que l’alimentation, il y a ce gouvernement.

    • Phil2922
      Phil2922 répond à glop-pasglop
      Retraite invalidité
      • Posté à 18h04 le 29/08/2010
      • Internaute 36639
        Retraite invalidité

      Tout à fait, car on nous conseille de manger 5 fruits et légumes par jour mais on oublie de préciser de bien les laver avant de les avaler. En effet, avec une agriculture intensive, les insecticides sont utilisés à grande échelle et sont la source de plus en plus de maladies rares. Avec la toxicité des cosmétiques, il y a une profession qui devrait fortement embaucher à l’avenir, c’est neurologue à condition, bien sûr, d’avoir les moyens intellectuels et financiers pour faire les études correspondantes. Et s’il n’y avait que la société de consommation de nocive... ! C’est toute la société en général qui est malade avec des réacs tenant des propos sécuritaires et les mettant en pratique pour faire plaisir à celui qui ne cherche pas l’info ailleurs que chez Pernaut... !
      Lien

      Au fait, l’Oréal fait dans le cosmétique, non... ? !

      • jerome13103
        jerome13103 répond à Phil2922
        Peut encore se(r)vir
        • Posté à 18h25 le 29/08/2010
        • Internaute 25696
          Peut encore se(r)vir

        Trop cons ces américains !
        Nous on est mieux...
        Jusqu’à preuve du contraire, l’AFSA, autorité bien française avec des bons scientifiques bien de chez nous, a non seulement autorisé mais toujours pas interdit des merdes comme le Round’up par exemple.
        Lisez attentivement la composition de produits, par exemple, Mustela (France), vous partirez en courant. La plupart des marques sont internationales...
        En matière d’utilisation de pesticides, le 3eme mondial et 1er européen, la France, devrait se garder de donner des leçons au premier ou second (ça change d’une année à l’autre) les USA.

         
        • gargamelle
          gargamelle répond à jerome13103
          • Posté à 19h08 le 29/08/2010
          • Internaute 14123

          m’ouais, mais faut être con pour croire l’AFSA.

        • bcbg
          bcbg répond à jerome13103
          • Posté à 10h22 le 30/08/2010
          • Internaute 2464

          Tout à fait d’accord avec vous. Les cosmétiques devraient être encadrés de manière beaucoup plus stricte en France et en Europe.
          Nous avons trop tergiversé sur l’éventuelle dangerosité des Parabènes mais où est donc passer le sacro-saint principe de précaution avec le lequel on nous a seriné pendant toute la crise de la grippe A ?
          Pourquoi des milliers de références de cosmétiques contiennent du phénoxyéthanol (puissant allergène) ?
          Il suffit de se renseigner un peu pour se rendre compte que notre salle de bain est tout aussi toxique que celles des Américains.

        2 autres commentaires
      • RENO98
        RENO98 répond à Phil2922
        Dir informatique
        • Posté à 22h20 le 29/08/2010
        • Internaute 84891
          Dir informatique

        On ne vous dit pas non plus d’ouvrir un bouteille avant de vous servir, ni qu’il ne faut pas faire la sauce de la salade avec de l’hule de vidange, etc...... et pourtant. Essayez un peu de faire marcher votre boite à cerveau .... Au fait, savez vous qu’il faut enlever la peau de la banane avant de la manger ! ! !

    • Herby
      Herby répond à glop-pasglop
      encore là
      • Posté à 10h41 le 30/08/2010
      • Internaute 116252
        encore là

      Quand on lit : « L’industrie des soins et de la beauté a considérablement accru ses dépenses en relations publiques, dépensant des millions de dollars, intensifiant son lobbying pour tenter d’empêcher ce qui lui pend au nez. »
      Ça me fait bondir. Les industriels sont prêts à investir des millions pour pouvoir faire perdurer leur irresponsabilité, pour continuer à empoisonner leur clientèle sciemment et impunément. Cela est tout simplement criminel !

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 15h56 le 29/08/2010
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Heureusement, on ne mange pas les produits ménagers ou les cosmétiques et les USA ce n’est pas la France : « La République de la mal bouffe » en salle début 2011.
    Yes we can also merder in France !
    Lien

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à Xavier Denamur
      - Gone fishing !
      • Posté à 17h25 le 29/08/2010
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Justement si, les produits d’entretien, spécialement dans la restauration en amérique, genre savons industriels pour machines a laver la vaisselle, laissent tous des résidus dans les assiettes, verres, tasses, fourchette, etc etc...quelqu’un qui mange régulièrement dans les restaus américains, avale ces produits tous les jours.

      Et la toxicité entre les savons utilisés dans le commerce et ceux utilisés chez les particuliers est énorme...ils ont tellement peur des intoxications alimentaires qu’ils utilisent des produits excessivement toxiques spécialement fabriqués pour la restauration.

      Je le sais, j’ai été à la plonge dans deux restaurants, et busboy dans un bar...quand j’étais étudiant.

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à Lemmy_Nothor
        Restaurateur
        • Posté à 20h02 le 30/08/2010
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        « .ils ont tellement peur des intoxications alimentaires qu’ils utilisent des produits excessivement toxiques spécialement fabriqués pour la restauration. » Une fois de plus regardons aussi de ce coté de l’atlantique. En France, poussé à son paroxysme,ce principe de précaution est appliqué à nos restaurants scolaires, les conséquences sur la santé de nos enfants risquent de coûter au final très cher à la collectivité qui ne semble pas vouloir se décider à dépenser un peu plus pour améliorer les assiettes de nos chers têtes blondes et brunes... Dans le film documentaire « La République de la mal bouffe » qu’on devrait sortir début 2011, ce thème est largement abordé. Inscrivez-vous sur Lien pour être invité aux avant premières et participer aux différents débats qui devraient être organisés en France et à l’étranger, votre expérience et votre point de vue seront ainsi encore entendus.

    • jpouille
      jpouille répond à Xavier Denamur
      Fils du vent
      • Posté à 11h12 le 30/08/2010
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      Ah mais nous merdons partout. On nous interfit de fumer alors qu’avions, voitures et radioactivite font partis de notre quotidien.
      Et j’ai hate de voir la Republique de la mal bouffe.
      En UK c’est un Chef qui prend le probleme a bras le corps. Jamy Oliver. Apres un documentaire realise apr al BBC et presente par ce chef sur mediatise, le UK a enfin realise que leur gamain mangent de la merde jour apres jour dans des cantines transformaient en succursale de Mac Donald.

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à jpouille
        Restaurateur
        • Posté à 22h10 le 30/08/2010
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Je ne sais pas si vous avez vu le speech de Jamie Oliver au TED mais il a le mérite de bien résumer son travail. Lien
        Après une année de tournage et près de trois mois de montage, j’espère que notre travail aura aussi le mérite de faire bouger les choses. Dans La République de la mal bouffe, nous abordons tous les sujets abordés par J Oliver en y rajoutant les aspects sociaux, fiscaux et politiques tout en étant un peu moins politiquement correct of course. En vous inscrivant sur Lien , vous serez au courant de l’avancée du film, des avant premières et des débats organisés dans certaines salles et festivals.

         1 autres commentaires
  • boboétie
    • Posté à 16h01 le 29/08/2010
    • Internaute 2816

    Ouais, je me souviens de son 1er film... de la belle ouvrage, mais... comment lutter efficacement contre tous ces lobbies ? comment arriver à convaincre son voisin de ne plus travailler dans telle usine d’armement (y a un rapport !)
    Mais les multinationales s’introduisent avec si large sourire jusque dans les écoles... et nos responsables trouvent qu’ils dépensent assez d’argent dans ces boîtes à chômeurs ( ?)

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à boboétie
      Restaurateur
      • Posté à 16h11 le 29/08/2010
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      S’organiser, diffuser les informations comme cet article pour pousser les politiques à exiger plus de transparence et une fiscalité adaptée au risque sanitaire et écologique et au final consommer autrement. Sous la pression du fric, ces boites finiront par modifier leur manière de concevoir des produits.

      • nore
        nore répond à Xavier Denamur
        in situ
        • Posté à 01h15 le 30/08/2010
        • Internaute 53953
          in situ

        « Sous la pression du fric, ces boites finiront par modifier leur manière de concevoir des produits. »

        Ce qui veut bien dire qu’il ne faut absolument pas faire confiance aux industriels sur quelque point que ce soit. Au sujet de la toxicité des produits vendus mais également pour tout le reste.

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à nore
          Restaurateur
          • Posté à 12h05 le 30/08/2010
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          Tout à fait, je ne pense pas que le marché puisse se réguler seul. Le problème reste donc d’avoir des représentants pourvus d’une éthique et d’une indépendance à toutes épreuves, ce qui n’est visiblement pas gagné.

          • nore
            nore répond à Xavier Denamur
            in situ
            • Posté à 23h11 le 30/08/2010
            • Internaute 53953
              in situ

            Oui il serait peut-être temps de passer au principe zapatiste « commander en obéissant » car les représentants ont trop de privilèges, ne rendent pas assez de comptes auprès de la communauté, et sont trop indélogeables pour ne pas porter le flanc à la corruption.

            « Depuis 1994, ces communes sont gérées démocratiquement par les populations elles-mêmes. Quiconque ne remplit pas bien ses fonctions est remplacé. Il s’agit d’un travail non rémunéré, effectué au profit de la collectivité et par roulement, selon une vieille tradition des communautés, à laquelle le zapatisme a ajouté de nouveaux éléments, en insistant sur le principe du “ commander en obéissant ”. Dans les communes autonomes sont privilégiées les activités qui touchent à la santé et à l’éducation, en dépit d’un état de pauvreté extrême. Des cliniques se sont construites avec le soutien de la société civile et les zapatistes mettent l’accent sur la formation d’agents de santé pour mener des campagnes d’hygiène et de prévention. On a également bâti des écoles, au sein desquelles des éducateurs et leurs campagnes d’alphabétisation jouent un rôle capital. Le contenu de l’enseignement donné dans les écoles zapatistes est approuvé par les conseils autonomes. Les zapatistes sont fiers de voir que les filles – depuis toujours coupées du système scolaire – fréquentent aujourd’hui les écoles. »
            Source : Lien

            « “ Commander en obéissant ”

            Les Caracoles zapatistes rendent visible une construction de l’autonomie que les bases de soutien ont commencé à mettre en place bien avant 1994. Elle représente une pratique des peuples autochtones au cours des siècles afin de résister à la colonisation et à leur marginalisation systématique. “ L’autonomie est un chemin que nous avons parcouru depuis plusieurs années et qui se maintient au travers de nos propres coutumes, nos propres façons de prendre des décisions, notre langue. Cela fait longtemps que ce chemin existe, parce que les formes indigènes ne correspondent pas à celles du gouvernement officiel. Et nous, nous avons opté pour la forme du ‘ commander en obéissant ’, avec nos propres autorités pour qu’elles nous aident et que nous nous aidions nous-mêmes. L’autonomie est le travail de tous. ” (Comité de bon gouvernement de La Garrucha) L’autonomie zapatiste commence par le droit d’élire ses propres autorités en respectant le principe “ commander en obéissant ” : “ L’idée des peuples autochtones est de se gouverner eux-mêmes, en partant du principe de lutte que le pouvoir est dans le peuple. Ce que nous proposons comme autorités va être discuté par la population durant le temps nécessaire. Mais comme autorités, nous ne sommes que représentants. Au-dessus de nous, il y a un pouvoir qui est le pouvoir du peuple. Le peuple peut avoir certains problèmes qu’il n’aborde pas et s’il ne le discute pas, c’est son problème. Mais si comme autorités nous faisons quelque chose que le peuple ne sait pas, alors nous recevons des critiques et nous devons les accepter. ” (Comité de bon gouvernement de La Realidad) »
            Source : Lien

        2 autres commentaires
      • voila-voila
        voila-voila répond à Xavier Denamur
        j'enrage
        • Posté à 10h06 le 30/08/2010
        • Internaute 62940
          j'enrage

        Il n’y a pas grand chose à attendre des politicards.

        Depuis le temps que ça dure qu’ont-ils prouvé ? Non seulement notre société ne prend pas d’altitude mais en plus elle s’enfonce les deux pieds dedans.

        C’est bien à nous que revient la responsabilité.

        Finalement : On cautionne ce que l’on souhaite et 0€ pour les autres.

        Quand nous achetons, posons-nous la question de savoir si nous aimons les usines et ce que cela sous-entend.

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à voila-voila
          Restaurateur
          • Posté à 11h49 le 30/08/2010
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          Certes, la responsabilité finale de consommer nous revient mais qui traduit de manière générale nos aspirations dans des lois qui nous protègent et nous permettent de vivre ensemble ? Les « politicards » ! A vous de faire en sorte que des citoyens-sentinelles soient présentes dans leurs rangs pour éviter les dérives. Soyez actif et exigez l’impossible.

          • voila-voila
            voila-voila répond à Xavier Denamur
            j'enrage
            • Posté à 00h03 le 31/08/2010
            • Internaute 62940
              j'enrage

            Les citoyens sentinelles c’est vous, c’est moi et chacun de nous.

            Et la sanction simple : pas de visibilité, pas de garantie, pas d’engagement, pas de respect = pas d’achat.

            Dans une société de compromission le mot commun est : « c’est pas si facile ... “

            Notre société n’est pas assez politisé, au sens noble du terme.

            • Xavier Denamur
              Xavier Denamur répond à voila-voila
              Restaurateur
              • Posté à 00h25 le 31/08/2010
              • Internaute 48550
                Restaurateur

              Je vous suis très bien. Quelles propositions avez-vous pour changer ce qu’on voudrait nous faire croire comme immuable ?

              • voila-voila
                voila-voila répond à Xavier Denamur
                j'enrage
                • Posté à 00h59 le 31/08/2010
                • Internaute 62940
                  j'enrage

                Je ne suis plus dans la proposition mais dans l’action. J’ai commencé par me changer moi ( réflexion sur la condition et le conditionnement, le réel et la réalité, le présent, l’espace ... avec mise en application ) la suite vient logiquement. Il y a plus de sens dans la marge que dans la page quadrillée.
                Jardin, limitation des achats, échanges, consommation de proximité, bucheronnage, ruches, groupement d’achat, esprit critique. Peu de compromis et pas de compromission.
                Une famille, pas propriétaire, pas de patron, peu de richesse, sauf mon existence ... au présent.
                C’est vachement osé par les temps qui courent. Et même pas peur ... ;)
                En bref un libertaire, un épicurien de 50 ans

                • Xavier Denamur
                  Xavier Denamur répond à voila-voila
                  Restaurateur
                  • Posté à 11h47 le 31/08/2010
                  • Internaute 48550
                    Restaurateur

                  Votre démarche est louable mais ne faut-il pas faire un peu plus pour sortir la grande majorité du consentement ? En laissant une écrasante majorité de citoyens en proie aux mécanismes du marketing et de la propagande, les chances de voir votre modèle de vie se développer et avoir un impact sur son environnement restera relativement faible.
                  Vous écrivez que « notre société n’est pas assez politisée » et vous avez raison car les vrais changements ne peuvent être réalisés qu’à la suite de décisions politiques nationales et internationales. Il nous reste à changer nos politiques et c’est là où je voulais en venir, on tient à nous faire croire que cela n’est pas possible puisque le système serait biaisé à la base. Je veux croire que l’on pourrait être autrement que ceux qui nous dirigent actuellement si on était au pouvoir pour une durée limitée. Il faut rompre avec le carriérisme en politique intégral et convaincre les politiques que la mixité n’aura que du bon même pour eux.

                  • voila-voila
                    voila-voila répond à Xavier Denamur
                    j'enrage
                    • Posté à 19h58 le 01/09/2010
                    • Internaute 62940
                      j'enrage

                    Je vous cite :

                    « Je veux croire que l’on pourrait être autrement que ceux qui nous dirigent actuellement si on était au pouvoir pour une durée limitée. »

                    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » - Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793

                    Le pouvoir c’est nous, et cette conscience est insuffisamment développée. Je ne veux pas diriger et encore moins être dirigé.

                    Actuellement la volonté du peuple est résumé, par les politiciens et autres dirigeants, à des « intérêts particuliers » et comme par hasard leurs choix s’appellent « intérêts nationaux ou internationaux ».
                    Ils se fichent bien de nos aspirations...

                    Il faut se détourner d’eux autant qu’ils se fichent de nous, ce n’est pas peu dire.

                    La médiocrité est plus liée au conditionnement de l’homme qu’à la condition humaine. Combien sont prêts à prendre distance avec le premier pour accepter la seconde ?

                    Développons la marge, la créativité et l’originalité ! Apprenons à penser par nous-même ! Soyons subversifs !

                    En cautionnant ce que nous voulons voir on fait plein d’économies et l’on crée du lien.

                    Les outils existent, encore faut-il avoir le courage et la volonté d’en apprendre le maniement et d’en voir l’intérêt !

                    Ce n’est pas désespéré mais bien souvent désespérant ...

                    L’élite se trompe et elle nous trompe par la même occasion. Jugeons-la aux résultats : ils sont mauvais.
                    .

        6 autres commentaires
  • zergo
    zergo
    globe-trotters
    • Posté à 16h07 le 29/08/2010
    • Internaute 122010
      globe-trotters

    C’est le consommateur qui décide d’acheter ou pas , c’est lui qui est roi devant l’immensité des rayons des supermarchés ... sans se poser de question sur la composition et les dégâts sur l’environnement et sa santé et celle de ses enfants.... Il est donc coupable de cette course aux produits toxiques qu’il espère toujours plus efficace, miraculeux au moindre prix !
    Investiguer, Informer est un devoir de la part des journalistes, hélas, ces derniers préfèrent publier les histoires ridicules sur les peoples, politiques, mousser sur les faits divers...
    Le consommateur ne acheter qu’en connaissance de cause, dans le doute, remettre le produit en rayon !

    • cactusun
      cactusun répond à zergo
      retraité
      • Posté à 16h21 le 29/08/2010
      • Internaute 50486
        retraité

      Combien de temps passe-t-on en discussions sur les couleurs, les rides, les performances du dernier gadget acheté par le copain ?

      Combien de temps passe-t-on à s’informer sur les tenants et les aboutissants de nos sociétés ?

      Entre les deux réponses, un abîme ! ! !

    • Nemed
      Nemed répond à zergo
      • Posté à 17h03 le 29/08/2010
      • Internaute 60703

      Même si je pense que le consommateur n’est pas innocent, n’oublie pas qu’il y a nécessité d’information aussi de la part des entreprises.

      Même un biologiste vétéran ne pourra pas deviner qu’il y a tel produit toxique si ce n’est pas indiqué.

    • little_nemo
      little_nemo répond à zergo
      sans emploi
      • Posté à 19h10 le 29/08/2010
      • Internaute 117688
        sans emploi

      Effectivement le consommateur décide d’acheter ou pas, mais ...
      je ne peux m’empêcher de penser, lorsque je lis cette article sur les cosmétiques, à cet autre article publié récemment sur planete89, concernant les polluants intérieurs. Sans oublier, bien sur, l’alimentation, les pesticides et bientôt, les OGM (si les extraits de la récente étude russe s’avère fiables).
      Consommateur averti je le suis, mais voila, si on cumule le surcoût pour les courses bio (car oui, faut pas se voiler la face, c’est vraiment plus cher), l’appartement que je loue (d’ailleurs les loyers sont toujours plus élevés) que je devrais refaire complètement, et donc, maintenant, les cosmétiques bio, l’addition devient plus que salée, elle est indigeste même. Ah oui, rappelons que le salaire moyen a plus que tendance à stagner.
      Conclusions : soyez riches et en bonne santé, ou pauvres et malades, mais faudra pas vous plaindre, parce que, oui, vous êtes le consommateur et donc, vous êtes responsables.

      Sinon, d’accord complètement sur le rôle des journalistes ...

      • zergo
        zergo répond à little_nemo
        globe-trotters
        • Posté à 19h27 le 29/08/2010
        • Internaute 122010
          globe-trotters

        Savoir compter ! et savoir faire la différence entre qualité et quantité !
        Manger bio coûte mon cher, mais demande un effort pour cuisiner sain et aimer manger sain... regardez le caddie du français moyen et ce que l’on donne à bouffer aux gosses.. les 3/4 sont à jeter à la poubelle car hautement nocif et toxique par la pauvreté nutritive et concentré de résidus chimiques... et vous envoie direct chez le toubib... (moindre résistance du système immunitaire l’hiver, obésité, cancer, diabète, hypercholestérolémie) pas donné non plus les soins médicaux, les médocs même celui de l’hosto !

         
        • Nanou911
          Nanou911 répond à zergo
          • Posté à 10h26 le 30/08/2010
          • Internaute 115636

          Tout à fait. J’ai personnellement remplacé la plupart des produits d’hygiène et de nettoyage par : du savon noir, du savon d’alep, du savon de marseille vert, du vinaigre d’alcool. Hé bien ca marche aussi bien, c’est beaaaaucoup moins cher (le savon noir par exemple, c’est 40euros pour 5kg, ca vous tiens 10 ans !) ; mon savon d’alep a déjà plus d’un an et devrait me faire une année supplémentaire (4.50€, j’ai pris du 35%, le 15% est environ 1€ moins cher).

          Après, pour la bouffe, c’est clair qu’il faut apprendre à cuisiner et trouver les bonnes enseignes pour avoir des légumes de qualité. Les réseaux d’AMAP ou du direct producteur ; c’est l’idéal.

          Pour les maquillages, je n’utilise plus que des produits purement bio avec le moins de cochonneries possibles (suffit d’apprendre à lire) ; et j’en ai supprimé quelques uns.

        • Lictor
          Lictor répond à zergo
          informaticien
          • Posté à 11h23 le 30/08/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Ne mélangez pas tout non plus, l’obésité n’est pas liée à la consommation de produits toxiques, mais simplement à la consommation de calories au delà des besoins...Il y a des végétariens obèses, des consommateurs de bio obèses et pas mal de grands restaurateurs qui le sont aussi... Manger bio n’a jamais fait maigrir personne, un cassoulet bio est aussi calorique que la version non-bio...

          Même chose pour la pauvreté nutritive, nous ne sommes tout de même pas dans un pays du tiers-monde ! La pauvreté nutritive a surtout été inventé par des industriels pour nous vendre de la vitamine C, alors que cette carence est quasiment impossible (la vitamine C est présente dans beaucoup de bouffe industrielle comme anti-oxydant). S’il y a un problème qui menace l’occidental, ça serait plutôt un excès de vitamine dû à la surconsommation de compléments divers.

          Après, effectivement, il y a des produits chimiques de synthèse présent dans *certains* aliments au supermarché. Il faut juste savoir lire les étiquettes. Et se méfier des fausses bonnes idées, comme acheter du pain complet non-bio - mieux faut prendre du pain blanc à ce compte...

        2 autres commentaires
  • Flippy
    Flippy
    lycéen en galère
    • Posté à 16h22 le 29/08/2010
    • Internaute 83567
      lycéen en galère

    En plus de filer le cancer et la diarrhée un steak d’humain doit vraiment avoir un goût atroce.

    • cocacolla
      cocacolla répond à Flippy
      • Posté à 16h28 le 29/08/2010
      • Internaute 121768

      d’ailleurs c’est interdit d’en bouffer... ; -)

    • Intendant Zonard
      • Posté à 17h50 le 29/08/2010
      • Internaute 26612

      D’après ceux qui s’y sont essayés, ça ressemble plus à du porc qu’à n’importe quoi d’autre. Oink-oink !

    • DARKP
      DARKP répond à Flippy
      Dauphin
      • Posté à 00h12 le 30/08/2010
      • Internaute 41570
        Dauphin

      faites vous le film soleil vert et vous verrez le monde tel qu’il est en train de finir...

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 16h25 le 29/08/2010
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    Encore un coup monté contre Mm Bettencourt et sa firme l’Oréal. C’est de l’acharnement !

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à jabier
      Restaurateur
      • Posté à 16h39 le 29/08/2010
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Quand on regarde les résultats du premier semestre du leader mondial, on ne peut qu’apprécier votre sens de l’humour caus(mais)tique.
      Lien

      • jabier
        jabier répond à Xavier Denamur
        consultant dans les Landes
        • Posté à 16h50 le 29/08/2010
        • Internaute 31087
          consultant dans les Landes

        Moi caustique ?
        Du miel je suis môssieur. Du miel et de la cire naturelle

         
        • A.T.swey
          A.T.swey répond à jabier
          *
          • Posté à 17h46 le 29/08/2010
          • Internaute 112034
            *

          Voui ! mais avec la cire naturelle, on fait aussi de l’en caustique, alors....

          • jabier
            jabier répond à A.T.swey
            consultant dans les Landes
            • Posté à 19h39 le 29/08/2010
            • Internaute 31087
              consultant dans les Landes

            -_-

        2 autres commentaires
  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 16h34 le 29/08/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Malheureuse, comment osez vous parler des dangers et de la toxicité des cosmétiques alors que notre fleuron national L’Oréal en est le leader mondial. La propriètaire de L’Oréal fait partie du 1 er cercle des contributeurs de l’UMP, dont les subsides à notre « bon Président » sont 100% naturels pour la droite. D’ailleurs le meilleur chimiste de l’hexagone, le Professeur Courroye peut en certifier la conformité aux normes de la 5 ème République.

    • cactusun
      cactusun répond à padiran
      retraité
      • Posté à 22h37 le 29/08/2010
      • Internaute 50486
        retraité

      L’Oréal, parce que je le veau bien. (une bête en cours)

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 16h49 le 29/08/2010
    • Internaute 70782
      Sea lover

    Encore un problème où les bettancourt sont concernés. Et s’ils avaient lésiné sur leur taxe vous croyez qu’ils ne lésinent pas sur la toxicité de leurs produits ? Je suis sûr que tous les fabricants de cosmétiques savent que leurs produits contiennent des substances nocives pour l’être humain mais leur cupidité les aveugle. Petit à petit on découvrira qu’ils sont aussi responsables que les fabricants de cigarettes. Merci Hélène pour l’article.

  • mistigri13000
    mistigri13000
    citoyen
    • Posté à 16h54 le 29/08/2010
    • Internaute 115418
      citoyen

    Voilà une occasion pour le gouvernement US de prendre modèle sur l’Europe. Les citoyens devront être patients et combatifs pour lutter contre l’industrie chimique qui a ferraillé pendant de nombreuses années pour retarder et diminuer la portée de la règlementation REACH entrée en vigueur en 2007 en Europe.

    • Intendant Zonard
      • Posté à 17h53 le 29/08/2010
      • Internaute 26612

      Moi c’est pour ça que, bien qu’on soit gouvernés par des gens désespérément bêtes et malappris, j’ai encore de l’espoir pour mon pays et mon continent, alors qu’aux Etats-Unis, ils sont foutus. J’adore charger les moulins sabre au clair, mais dans ce pays vu l’état de sa démocratie, je crois que je n’aurais que la force de m’enfuir, au mieux...

  • Achernar
    Achernar
    Etudiant
    • Posté à 17h11 le 29/08/2010
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Peut-être que le problème est dans le fait même de se tartiner la tronche avec plus que le strict nécessaire ?

  • HammerOn
    HammerOn
    Etudiant
    • Posté à 17h13 le 29/08/2010
    • Internaute 116819
      Etudiant

    Je voudrais réagir en tant que modeste étudiant en chimie que je suis...

    La question n’est pas de savoir si un produit est 1/ chimique ou non, 2/ toxique ou non. La totalité des produits, des substances, ou quelque soit le nom que vous leur donnez, est chimique.

    Votre ordinateur, l’eau, votre bouffe, vous-même, sont des produits chimiques. Un produit naturel est également un produit chimique, au même titre qu’un dérivé du pétrole. En revanche, on peut distinguer les produits naturels des produits chimiques DE SYNTHESE. Cette distinction apparaît généralement peu dans ce débat, ce que je trouve dommage, un peu de rigueur ne fait pas de mal. Là où ça se corse, c’est que certains de ces produits de synthèse, et même une grande partie, sont à la base des composés naturels : des molécules dont on a pu identifier la structure et l’activité, et qu’on a ensuite synthétisées en laboratoire. Ces produits seraient exactement identiques, pas pires, pas mieux, que les produits naturels, si ils étaient totalement purs. Seulement, le procédé implique souvent l’utilisation de catalyseurs ou de réactifs, pour la plupart pas très sympathiques, et dont on peut trouver des traces résiduelles dans le produit fini. Evidemment, les chimistes font de leur mieux pour limiter l’usage de ces intermédiaires (en raison de leur toxicité, de leur impact environnemental, mais aussi de leur prix !), et ce qu’il en reste dans le produit fini.

    Mais dans le cas des produits « naturels », c’est-à-dire directement extraits de plantes ou autre organisme, sait-on exactement ce qui compose ces extraits ? Un organisme vivant est un laboratoire extraordinaire qui produit des composés chimiques très variés, et il est extrêmement difficile d’identifier tous les composés ... faut-il donc appliquer le « principe de précaution » avant de savoir tout ce qu’on extrait des plantes (et non pas seulement le principal composé actif) ? Je rigole toujours quand on donne le nom des composés chimiques présents dans un produit .. plus il est long et sonne barbare, plus c’est censé dire « ouh lala, un vilain produit chimique, moi je veux utiliser des plantes ! », alors que les noms des composés naturels sont tout aussi longs et complexes que ceux des produits de synthèse ...

    Ensuite, je voudrais revenir sur la notion de toxicité. Il faut arrêter de dénoncer les produits toxiques. TOUT est toxique, si on en prend trop. Buvez trop d’eau et vous mourrez. Il faut se demander si le produit est DANGEREUX, à l’échelle d’une vie et en se basant sur la fréquence de son utilisation, de la capacité d’absorption par l’organisme, etc. Certains produits sont simplement plus ou moins dangereux que d’autres, mais il ne faut pas se leurrer sur des composés 100% inoffensifs, ça n’existe tout simplement pas. « Rien n’est poison, tout est poison : seule la dose fait le poison », disait Paracelse. Certains poisons peuvent ainsi être utilisés comme médicaments si on les prend à très faible dose. De plus, les substances présentant une toxicité élevée peuvent très bien être tout à fait naturelles, d’origine végétale ou animale ...

    Il y a aussi une différence importante entre la toxicité aigüe et la toxicité chronique d’un composé. Si vous voulez prouver qu’une substance n’est pas dangereuse si quelqu’un l’utilise à faible dose quotidiennement pendant 50 ans (toxicité chronique), vous ne pourrez pas vous fier à des tests sur des souris qui auront duré 6 mois ... Ce petit détail fait des produits qui composent vos cosmétiques difficilement testables, quelle entreprise pourrait effectuer des tests sur une si longue période avant de mettre un produit sur le marché ?

    Bien sûr, il faut faire attention et la régulation des produits mis sur le marché est indispensable. Mais il existe des chimères qui, pour moi, polluent ce débat.

    La recherche du risque 0 et la mise en avant du principe de précaution est infinie. Vous ne pourrez jamais avoir quelque chose de complètement inoffensif, et vous êtes agressés en permanence d’agents plus ou moins dangereux. Il est illusoire de vouloir à tout prix adopter le principe de précaution jusqu’à être sûr de l’absence complète de danger. On ne pourra avoir que des produits qui seront moins dangereux que les autres.

    La croyance en une opposition « produit chimique/produit naturel ». Les produits naturels sont des produits chimiques. Les produits issus de l’industrie chimique sont parfois des composés naturels. Certains produits naturels sont également très dangereux. Si vous n’êtes pas convaincus, essayez donc de vous faire une infusion de noix de muscade, vous allez voir, c’est mortel (en vrai, à ne pas tester).

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