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De Picasso à Peress, « Guernica » toujours recommencé

Publié le 14/12/2007 à 17h05

L’exposition ’1937 Guernica 2007’, au musée Picasso (Audrey Cerdan/Rue89).

Le 26 avril 1937, les avions allemands de la Légion Condor, envoyée par Hitler pour soutenir le putsch de Franco, bombardent et incendient la petite ville de Guernica. Le 28 avril, le correspondant du New York Times poste :

« Avec une atroce férocité et une minutie scientifique, les bombes incendiaires et explosives des avions Heinkel et Junker ont anéanti le centre de la culture et de la tradition basque. »

Plus de 1 650 morts et près de 900 blessés. Le 1er mai, Picasso dessine les premières études pour Guernica. L’esquisse générale de la composition, datée du 9 mai, est reportée le 11 mai sur la toile, immense (3,5 m x 7,8 m). Elle est déployée officiellement dans le Pavillon de la République espagnole lors de l’exposition universelle de juin 1937 à Paris. Après un exil new-yorkais au Museum of modern arts, elle rentre à Madrid en 1981. Guernica est visible au Centre Reina Sofia.

Des assemblages de reportages sur les massacres génocidaires

Soixante-dix ans après, pour cet anniversaire terriblement universel, le musée national Picasso présente un « work in progress » de Gilles Peress. Ce sont, sur plusieurs mètres, des assemblages séquentiels de ses reportages enquêtes sur les massacres génocidaires perpétrés contre les populations bosniaques (Bosnie 1993) et rwandaises (Rwanda 1994). Intitulés « Les Tombes ou Farewell to Bosnia » et « The Silence », ces fresques de photographies traversent et recoupent une exposition d’éléments constitutifs (peintures, photos, coupures de presse) de la célèbre huile sur toile du peintre espagnol.



Cliquez ici pour voir le diaporama d’Audrey Cerdan en plein écran

Anne Baldassari, la directrice du Musée Picasso, analyse la démarche du photographe :

« Ce regard de Peress sur les massacres d’innocents formant l’ordinaire de notre vie endosse à plus d’un titre les méthodes et les objectifs que Picasso s’était fixé.

“Les stratégies de l’image qui se donnent à lire, a suivre, dans leurs parcours dissidents, consisteraient dans ’Guernica’ en une exceptionnelle tentative de peinture d’histoire et dans les ’récits’ de Peress en un travail de sape des représentations, une volonté de dé-peindre les apparences, de la défaite des apparences.”


’The Silence’, Rwanda (Gilles Peress).

Dans les galaxies de la photographie, celle de Gilles Peress apparaît d’une clarté singulière. Son obsession d’échapper “à un mode conventionnel du reportage” l’a emmené à une déconstruction de l’image qui rend à la vision des faits sa brute réalité. Il est “dans un no man’s land de catégories, s’efforçant de donner à voir autant que possible et de créer un texte aussi ouvert que possible”.


’The Silence’, Rwanda (Gilles Peress).

Tourmenté depuis ses séjours en Irlande du Nord (de 1971 à 1981) par les tensions interethniques, il a vu depuis la fin du XXe siècle, “le monde reprendre le chemin des temps moyenâgeux”. Dans “Haines”, Gilles Peress explique :

“Viol, tuerie, nettoyage ethnique ou génocide constituaient le vocabulaire de ces luttes, soi-disant nationalistes, mais qui témoignaient en fait de notre passage dans une époque dialectiquement différente.”

Les multiples “works in progress” de l’exposition

Picasso voulait une peinture à la mesure du crime, comprenant des pièces symboliques, des scènes d’épouvantes, métaphoriques... (Tout a été dit, analysé, décrit, et on trouve tout sur le Net.) Ce que l’on sait en général un peu moins, c’est la prégnance de la photographie dans la réalisation de l’œuvre monochrome.

Le 28 avril 1937, l’Humanité sort la première photo de Guernica (des femmes tuées). Picasso découpe l’article. A–t-il déjà vu les photos de Peter Zimmermann représentant des mutilés de la guerre et retrouvées dans ses nombreuses archives photographiques ?


Combattants de la guerre d’Espagne (Peter Zimmermann/musée Picasso/DR).

Celle de Agusti Centelles, grand reporter catalan, est prise le 2 novembre 1937 après le bombardement de Lérida (Catalogne).



Après le bombardement de Lérida (Agusti Centelles).

Postérieure au tableau, ce cliché n’en est pas moins le reflet d’une “pleureuse” de la toile, et a inspiré la gouache de “La Suppliante” (décembre 1937). Toutes ces images -et bien d’autres- dialoguent entre elles. Certaines sont “relues” par Gilles Peress (tramage/agrandissement/inversion), Elles ricochent vers les prises de vues de Dora Maar, arrêts sur les étapes de construction du tableau dans l’atelier des Grands-Augustins et vers les “muraux” de Peress.

L’un, “The Silence”, alterne preuves photographiques des massacres aux Rwanda et les pages du rapport de la commission d’expert indépendant nommée par le Conseil de Sécurité (résolution 935) concluant que “des crimes contre l’humanité” ont été commis au Rwanda du 6 avril au au 15 juillet 1994.

L’autre, “Les Tombes ou Farewell to Bosnia”, juxtapose les indices et les stigmates des actes de barbarie qui ont eu lieu dans les Balkans entre 1993 et 1999.

Le véritable “work in progress”, n’est ce pas la guerre ? Guernica toujours recommencé.

1937 Guernica 2007 photographies de Gilles Peress, work in progress - musée national Picasso, hôtel Salé, 5, rue de Thorigny, Parix IIIe - jusqu’au 7 janvier - de 9h30 à 17h30 - 0€/7,70€ - Rens. : 01-42-71-25-21 - plan.
Guernica, catalogue de l’exposition, musée national Picasso/Beaux-arts éd. - 15€.
Catalogue “ Guernica ” Musée national Picasso/Beaux-arts éditions - 32x32 cm - 15 €.

Haines, Irlande/Balkans/Rwanda, 93 photographies de Gilles Peress - éd. Actes sud, coll. Photo Poche Histoire - 12,5x19 cm - 20€.

Photos de Peter Zimmermann : combattants de la guerre d’Espagne (Peter Zimmermann/catalogue ’1937 Guernica 2007’, musée Picasso/DR).

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  • Vieux_Révolté
    • Posté à 20h19 le 14/12/2007
    • Internaute 24855

    La lutte des classes n’est jamais morte.

    Au printemps de cette année je me trouvais un soir à dîner avec un madrilène, compagnon de fortune) dans l’arrière salle d’un restaurant à Irun.

    Comme je revenais de là-bas nous avons parlé de Gernika, mon interlocuteur m’a assuré, calmement en mettant toute sa force de conviction, que jamais de la vie les allemands et les troupes de Franco n’avaient bombadé la ville. Le massacre avait été effectué par les « commounistes » pour créer des martyres.
    Que répondre à une telle conviction et un tel aveuglement, hormis que ce fût la seule et dernière soirée passée avec cet homme. Je préfère me souvenir de ce square dans Gernika où à l’heure de l’apéro nous regardions des enfants s’amuser. La vie était plus forte et finalement avait été renforcée par le souvenir du massacre perpétué par les fascistes.

    Quant à mon interlocuteur d’un soir, en partant il m’avait fait part de son admiration pour N. Sarkozy et de son souhait de le voir triompher aux présidentielles.
    La droite a toujours aimé la démocratie et la république lorsqu’elles sont aux ordres de leur idéologie.

    Dans le cas contraire, elle est capable de sortir les stukas.

    Vieux Révolté.

  • pikasso02
    • Posté à 22h19 le 14/12/2007
    • Internaute 10134

    C’est le devoir des lieux d’exposition de tout faire pour montrer les atrocités des hommes.
    Tout doit être tenté pour espérer que ces tueries en série s’achèvent un jour.
    La peinture de Picasso « GUERNICA » est aujourd’hui plus qu’une peinture.
    Connue du monde entier, elle peut remuer les esprits.
    Et le musée Picasso avec cette exposition de Gilles Peress ne peut que marquer des points.
    Maintenant je souhaiterais critiquer ce que j’ai lu dans ce reportage.
    Tout d’abord nous faire croire que Picasso avait eu recours à des photographies pour concevoir son chef-d’œuvre sont pures créations de critiques d’art ou d’historiens. Qu’il ait vu des photographies, c’est évident. Mais qu’il les ait utilisées pour créer, c’est autre chose. Comme Cézanne et tous les peintres du passé, Picasso repartait des œuvres du passé pour élaborer ses œuvres. Trop de propos ont été tenus sur l’élaboration du « Guernica » de Picasso. Il serait grand temps de retenir ce qui semble le plus crédible. Par exemple :
    1- Que Prudhon (1758-1823) devrait être considéré comme le metteur en scène de « Guernica ». Son œuvre « La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime » (1808) est la structure de « Guernica ». Sans cette œuvre allégorique et mythologique de Prudhon Pablo Picasso n’aurait pas pu peindre ce « Guernica » que nous pouvons voir aujourd’hui. Désolé ! Mais Guernica n’est pas le résultat d’un patchwork progress ou pas.
    2- Que les deux peintures de Goya , « Le 2 mai » et « Les fusillades du 3 mai » lui ont été également indispensables pour « créer » Guernica. Juxtaposées horizontalement, elles correspondent au format de Guernica, est-ce une coïncidence ? (Pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur mon analyse visuelle de « Guernica », je les renvoie à mon blog, pages 49 à 51)
    Quant à la photographie de Peter Zimmermann qui aurait influencé Picasso pour sa « Suppliante », regardez « Les fusillades du 3 mai » de Goya et vous saurez d’où elle vient. Elle était déjà présente dans Guernica. Regardez le personnage qui lève les bras à droite. Celui qui est censé tombé en flammes.
    Si vous avez un peu de temps, je vous invite à voir dans le catalogue de dessins du musée Picasso au n° 1085, un dessin à la mine de plomb et au fusain, « Famille de pêcheurs au repos ». Ce dessin a été réalisé le 20 décembre 1937, soit deux jours après « La Suppliante ». Le thème n’a plus à voir avec « Guernica ». Si vous regardez la femme les bras en l’air, qui étend des filets, c’est une copie conforme de « La Suppliante ». Même ses pieds sont esquissés et visibles. Quitte à passer pour un casse pieds, il serait bon de savoir et ne pas oublier que Picasso fut formé à l’ancienne. C’est le geste qui provoque son imaginaire. Un personnage les bras en l’air, peut devenir un nouveau personnage dans une autre œuvre. Aujourd’hui le mimétisme est rejeté. Pourquoi pas ! Mais doit-on parler des œuvres anciennes en ignorant la grammaire qui leur a permis de naître.
    Quand je lis : « Ce que l’on sait en général, un peu moins c’est la prégnance de la photographie dans la réalisation de l’œuvre monochrome ». ou que Peress aurait eu connaissance « Des méthodes et des objectifs que Picasso s’était fixés », cela me laisse rêveur.

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    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à pikasso02
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 16h35 le 15/12/2007
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Je ne suis pas un exégète de Picasso, mais il me semble que Picasso était un goinfre en matière d’art, susceptible d’engoufrer et de digérer tout ce qu’il y avait autour.
      J’aurais beaucoup de mal à croire qu’après avoir tripoté de la peinture, de la sculpture, du théâtre, de la poterie ou du cinéma il aurait laissé de côté la photographie, au point de même de ne pas s’en servir.
      De toute façon je ne vois pas en quoi il serait gênant qu’il se soit servi de photographies pour conçevoir son oeuvre ?
      Vous avez l’air aussi horrifié à cette idée que si on avait dit qu’il ne savait pas dessiner.

      • pikasso02
        pikasso02 répond à C. Creseveur
        • Posté à 18h20 le 15/12/2007
        • Internaute 10134

        Cher scénariste, je ne suis pas du tout « horrifié » par un Picasso photographe. Il l’a été toute sa vie et de superbes expositions lui ont été consacrées. Ma critique va à ceux qui veulent voir des photos où il n’y en a pas ! Une femme qui pleure peut prendre toute les « poses » possibles. C’est de cela qu’il est question dans ma critique. Jean Louis Ferrier qui fut un homme remarquable dans ce 20ème siècle m’a appris beaucoup par ses ouvrages. Mais son analyse de Guernica est la sienne. Désolé, mais je ne suis pas d’accord avec les rapprochements qu’il opère avec les photos. Nous sommes là pour échanger et pas pour nous « bouffer le nez ». Vous simplifiez mes propos. C’est dommage ! Picasso fut d’abord un dessinateur. C’est par le dessin qu’il s’exprima toute sa vie. Comme Vincent Van Gogh, il dessinait en peignant. J’ignore le temps qu’il faut consacrer à un domaine, pour se dire exégète. Une chose est sûre, je suis avec ses oeuvres depuis février 1996, et cela tous les jours.Cette oeuvre me passionne. C’est comme ça ! On ne se refait pas. Bonne soirée !

         
        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à pikasso02
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 12h21 le 16/12/2007
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Loin de moi l’idée de vous « bouffer le nez » ou de critiquer votre passion. Je ne vois pas au nom de quoi je le ferai, d’ailleurs !

          Je note en fait que vous intervenez sur le propos de l’exposition en disant qu’on « veut voir de la photo où il n’y en a pas ».
          Manifestement ce qui vous choque / vous gêne c’est que Picasso ait dessiné d’après photo (Peut-être devrais-je dire qu’on sugère qu’il l’ait fait ?).
          Pourtant vous savez bien que Picasso ne s’est jamais embarrassé ni de copier, ni d’emprunter (souvenez vous de la genèse des Demoiselles d’Avignon), ni parfois de chaparder (les statuettes d’arts primitifs subtilisées au Louvre qui inspireront sa période cubiste, et pour lesquelles ils laissera peu glorieusement Appollinaire payer seul !).
          Mais surtout en quoi cela importe-t’il ? Cela n’enlève rien à son talent, non ?

        1 autres commentaires
      • Compte supprimé le 3 janvier 3
        • Posté à 18h36 le 15/12/2007
        • Internaute 10904
          in angulo

        @ C. Creseveur,

        Picasso, effectivement, ne se refusait rien et il a utilisé la photographie à maintes reprises notamment pour des portraits (période classiciste 1916-24).
        Pour n’en citer que quelques-uns :

        -le fusain que Picasso fit de de P.A. Renoir en 1919 d’après une photographie datant de 1912.

        -Le « Portrait d’Olga dans un fauteuil » de 1917 d’après une photo de la même année.

        -ou « Paul, fils de l’artiste, à deux ans », d’après une photo de 1923 (où l’on voit Paul juché sur un âne).

        pikasso02, comme l’indique l’intitulé qui accompagne son pseudo, est un passionné dont le ton adopté pour nous convaincre peut parfois surprendre.
        Mais je crois qu’il a globalement raison quant aux
        pistes picturales évoquées (Proudhon etc...) et au « mimétisme » à l’oeuvre dans la genèse de Guernica.

        Ceci étant dit, cela ne rend obsolète en rien le « work in progress » de Peress que l’article de Louis Mesplé donne vraiment envie de découvrir.

        PS : Alors que je viens de « poster », je constate qu’ entre temps pikasso02 vous a répondu.
        Désolé pour l’effet d’étrangeté.

         
        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à Compte supprimé le 3 janvier 3
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 12h28 le 16/12/2007
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Je n’insiste pas, après ma réponse à Pikasso02.
          « Mimétisme » est une circonlocution délicate sinon un euphémisme pour ne pas dire « copier », non ?

          • pikasso02
            pikasso02 répond à C. Creseveur
            • Posté à 16h30 le 16/12/2007
            • Internaute 10134

            Libre à vous de penser cela ! Un bon moyen pour savoir : le dictionnaire ! Je fais partie de ceux qui y croient. Quand Picasso repart des oeuvres du passé, il n’en réalise pas des copies. Il les mime et grâce à ce mime avec un crayon dans la main, il fait naître de nouveaux dessins. Il existe au Louvre des personnes respectables qui viennent copier des oeuvres. Leur but faire en sorte que la peinture qu’il copie soit superposable à l’original (impossible puisque les formats ne peuvent être identiques).Enfin vous m’aurez compris ! Voilà un exemple pour vous donner mon point de vue sur la différence entre copier et mimer. Je vous ai répondu parce que vous me posiez la question. Tous les autodidactes (j’en fus) commencent par copier. Puis il arrive qu’ils rencontrent un peintre professionnel généreux qui leur fait comprendre que copier une oeuvre est une impasse. J’ai eu la chance d’en rencontrer. Dessiner c’est comme chanter. C’est une drogue douce qui permet d’aimer le temps que nous passons ici ensemble. Quel dommage que le dessin n’ait pas remplacé la cigarette. Mais la faute à qui ?

          • Marie-France
            Marie-France répond à C. Creseveur
            Toujours ailleurs
            • Posté à 19h58 le 16/12/2007
            • Internaute 4943
              Toujours ailleurs

            ¨Pour approfondir le sens du « mimétisme » et ne pas faire l’amalgame avec le fait de copier, il faut lire les interventions du colloque organisé par Philippe Lacoue-Labarthe en janvier 2006 : La déconstruction du mimétisme.
            De toute façon, la création artistique ne peut pas sortir du néant, même dans le cas d’un génie comme Picasso, il y a tout l’inconscient collectif, les empreintes des oeuvres d’autres artistes, la réalité, les photos, etc. ce qui compte c’est ce que l’artiste produit à partir de tout cela.

            • pikasso02
              pikasso02 répond à Marie-France
              • Posté à 22h07 le 16/12/2007
              • Internaute 10134

              Bonsoir Marie-France
              C’est celui qui creuse la terre qui voit si son travail est réalisé. Si le trou est assez profond.
              J’aime écouter Philippe Lacoue Labarthe. Je dis j’aime car j’ai la manie d’enregistrer les paroles qui me plaisent. C’est vrai qu’aujourd’hui je les écoute moins qu’avant. Mais toutes ces paroles sont rangées comme des livres que je peux retrouver si je le souhaite. Vous avez raison, mais c’est facile ! La création artistique ne sort pas du néant. Sans être ou en l’étant un peu, je dirai qu’il y retourne. C’est dommage si c’est le cas. « La peinture me fait faire ce qu’elle veut ».Cela nous sommes sûr que Picasso l’a dit. Puisqu’il l’a écrit dans un de ses nombreux carnets. Tout participe dans la création, quand il y a création ! Mon travail est surtout tourné vers le passé. Comme il n’y a pas de passé dans la création, je ne m’en fais pas. Celle de demain si elle existe sera un frère ou soeur de celle d’hier. Mon travail consiste à repèrer les zones où l’homme s’est trompé. Comment puis-je être sûr de ce que j’avance là ? Il vous suffit de vous intéresser à ce que j’ai fait (voir mon blog). Si dans mon travail, vous repérez des malfaçons, merci de me le faire savoir. Mais vous reconnaîtrez aussi je l’espère que la critique devra être étayée. Picasso avait un « truc » pour élaborer ses oeuvres. Mais il ne possédait pas que ce « truc ». Ce n’est pas lui qui inventa le mime. Et pourquoi déconstruire le mime ou le mimétisme ? Le mime est inné. On ne l’apprend pas ! C’est lui qui nous aide à apprendre. N’avez-vous donc jamais regardé un enfant dans son berceau ? Lui interdire le mime, c’est lui crever les yeux, les tympans, lui couper les mains, et le maintenir attaché immobile. Je ne suis pas philosophe ! Je les écoute. Mais les mots ne sont pas les signes ! Si l’artiste ne créait qu’avec l’inconscient collectif et le reste comme vous le dites, sans avoir recours aux oeuvres du passé (Les empreintes des autres oeuvres ne suffisent pas ! Il faut savoir les refaire ! Pas seulement savoir qu’elles existent. C’est là, que le dessinateur ou le sourd qui signe, se différencient du philosophe), il ne pourrait rien créer. Nous ne créons rien en peinture aujourd’hui, peut-être à cause de cet oubli sur lequel j’insiste sans doute trop ou pas assez ! Si pour vous tous ceux qui produisent sont des artistes, alors ce que je vous ai dit n’a aucun sens. Et n’aurait eu aucun sens dans le passé. Désolé, mais tout ce qui a été produit dans le passé ne peut pas être retenu comme jalon dans notre recherche du qui sommes-nous, ....Bonne soirée à vous et à Brogilo.

          • Compte supprimé le 3 janvier 3
            • Posté à 20h06 le 16/12/2007
            • Internaute 10904
              in angulo

            @ C. Creseveur,

            Imagine-t-on un scénariste qui le serait devenu sans s’être enquis de l’existence d’autres scénarios avant lui ?
            Et qu’est-ce qu’un tableau, sinon un condensé de la mémoire picturale d’un peu de tous les temps et que chaque peintre ensuite redéploie au gré de son tempérament ?

            Il me semble que ce que veut dire pikasso02, c’est que d’une époque à l’autre, il y a des invariants plastiques, des lois expressives si l’on veut, dont le « chiffre » est changeant mais qu’à force d’études,l’on finit par percevoir toujours.
            Et que si l’art doit être une conversation entre imités et imitants de chaque époque, le « passage de témoin » de l’une à l’autre ne peut se faire sans l’acquisition au préalable d’une technique, d’un savoir-faire.

            Savoir-faire dont il sera bien temps, la maturité venue, de s’abstraire.

            Aussi, je crois qu’il faut voir le mimétisme non comme une imitation servile ou un plagiat mais comme un exercice manuel essentiel pour une bonne pratique réflexive de la peinture.

            A ce titre, appropriation, transposition ou citation me semblent mieux convenir que copiage.

            Quant à Picasso, je pense que ce qui l’intéressait dans la photo c’est, comme icône de transition, sa mise à l’épreuve.

            • pikasso02
              • Posté à 22h28 le 16/12/2007
              • Internaute 10134

              Je me méfie du mot invariant qui fut employé par un bon professeur, mais un piètre peintre. Je suis dur ! André Lhote dont j’ai dévoré tous les ouvrages pour me préparer à enseigner, fut un bon peintre. Mais sans génie de peintre. D’enseignant, sans doute ! Mais depuis que Cézanne a traité les professeurs de « J’en F...“ses paroles ont pris de l’importance ! L’apprentissage est-il necessaire ? Je pense que oui, et vous l’avez très bien dit. Mais ce ‘quelque chose’ qui accompagne le bon peintre pour qu’il devienne un génie, ne vient pas de lui. L’homme ne se connait pas. Il ne peut donc pas expliquer le génie. Mais ce qui n’est pas de l’ordre du génie, son devoir serait ou devrait être de le reconnaître. Mais son orgueil est trop fort. Il s’identifie à ceux qu’il admire, mais rare sont ceux qui font un travail en profondeur. Le temps des loisirs a dérapé. Je dirai qu’il a mal tourné. Pour s’entendre, il faut accepter d’appeler un chat un chat. Avec mon blog je pensais que je tenais un moyen de dialoguer sur l’essence des arts. On me dit bravo ! Mais des bravo, je n’en ai rien à faire ! C’est de dire oui ou non. Voilà ce que j’aimerais qu’on me dise. Le non, avec explications !

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              Pourquoi suis-je à 61 ans sur skyrock ? C’est ma nièce de quinze ans qui m’a inscrit il y a plus de deux ans. Etant incapable de maîtriser cet outil !

        6 autres commentaires
  • Machiavel
    Machiavel
    voisin oisif
    • Posté à 05h10 le 15/12/2007
    • Internaute 21001
      voisin oisif

    Picasso est à Paris, pendant l’Occupation.

    Le feld-maréchal allemand demande à visiter l’atelier d’un artiste qu’il admire.

    Impossible de refuser.

    Picasso fait déménager toutes ses toiles, et ne garde qu’une reproduction de « Guernica ».

    Le feld-maréchal arrive.
    Surpris, il demande :

    - C’est vous qui avez fait ça ?
    - Non, c’est vous.

  • albinlemarin
    • Posté à 05h12 le 17/12/2007
    • Internaute 25159

    Vieux revolté doit faire attention aux ammalgammes.
    Ce n’est pas parcequ’il fréquente des abrutis qui ont voté Sarko qu’il doit généraliser.
    De plus, il me semble bien que ce sont aussi des pays « de droite » qui nous ont aidé à mettre les nazis hors d’état de nuire.
    Et puis les crimes de « la dictature du prolétariat » se chiffrent tout de meme en dizaine de millions de morts.
    Un peu de retenue chez les anciens s’il vous plait.

  • albinlemarin
    • Posté à 05h14 le 17/12/2007
    • Internaute 25159

    Une question :
    Quelqu’un peut-il me dire d’ou avaient decollé les avions allemands ? ...
    (on se posait la question en classe...)

  • pikasso02
    • Posté à 09h18 le 20/12/2007
    • Internaute 10134

    Apparemment à voir le nombre de réactions, cette fresque et son thème laisse les visiteurs sans « réaction ». En 1937, quand Picasso conçut « Guernica » et qu’elle fut exposée, le public réagit de même. Le public ne comprenait pas. Mais il le fit savoir. Là, silence. Dommage !

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