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Lynn Davis : la photographie peut-elle arrêter la fonte des glaces ?

Publié le 11/06/2007 à 19h44

Iceberg VIII. 2004. (Lynn Davis)

« Une lumière diaphane et pailletée... Qui saura nous la rendre ? L’Arctique attend son peintre », écrivait Jean Malaurie (1). Il a sa photographe, Lynn Davis. Jusqu’au 29 juillet Lynn Davis expose ses images des icebergs de Disko Bay (Groenland - 69°N/52°O) à la Fondation Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. Photographiés de 2000 à 2005, sont-ils encore immergés ? Sûrement pas. C’étaient déjà de grandes natures mortes à la dérive. A la porte du souvenir.

Pourtant, la photographie de Lynn Davis, dans la tradition nord-américaine du paysage, retient le maximum de signes de vie, d’encouragement même : des frémissements de la matière en flottaison, des perspectives altières, des grâces clapotantes.

Cette photographie qui, avec Ansel Adams, semblait aider, au siècle dernier, à la poussée des montagnes Rocheuses (U.S.A), ne peut cacher aujourd’hui la débâcle. La photographie n’est pas miraculeuse. C’est une leçon de choses en partance. Lynn Davis devait partager ce sentiment de perte avec son ami Robert Mapplethorpe, avec qui elle exposa pour la première fois en 1979 à New York. Même gris mélancolique. Même méditation devant les sujets.

Toujours en noir et blanc et en grands formats carrés, frontalement à ces mastodontes de glace, Lynn Davis aligne d’autres monolithes. Ces derniers, en pierres, en briques, sont des vestiges zoroastriens, monuments religieux de la Perse antique (- 1000 env. av. J.-C.), dispersés dans l’Iran actuel. De cette confrontation géante entre ces masses immémoriales émane un silence exceptionnel. Cela vous rend sourd aux bruits du Paseo del Prado, longtemps après la sortie du Musée...

(1) Jean Malaurie « Les derniers rois de Thulé » Terre Humaine .Plon p.351.

Lynn Davis Musée Thyssen-Bornemisza, 8, Paséo del Prado, Madrid.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du festival de Madrid PhotoEspaña 07 (photographie et arts visuels, jusqu’au 22 juillet). Une direction artistique absente aux fourneaux permet que chacun y trouve ce qu’il aime...


Iceberg # 26, Disko Bay, Greenland. 2000. (Lynn Davis)


Iceberg # 23, Disko Bay, Greenland. 2000. (Lynn Davis)


Iceberg # 31, Disko Bay, Greenland. 2000. (Lynn Davis)


Iceberg # 32, Disko Bay, Greenland. 2000. (Lynn Davis)

Crédits, dans l’ordre : Iceberg VIII
2004
Tirage argentique viré à l’or
119,4 x 104,8 cm

Iceberg # 26, Disko Bay, Greenland
2000
Tirage argentique viré à l’or
101,6 x 101,6 cm
Courstesy galerie Karsten Greve

Iceberg # 23, Disko Bay, Greenland
2000
Tirage argentique viré à l’or
101,6 x 101,6 cm
Courstesy galerie Karsten Greve

Iceberg # 31, Disko Bay, Greenland
2000
Tirage argentique viré à l’or
101,6 x 101,6 cm
Courstesy galerie Karsten Greve

Iceberg # 32, Disko Bay, Greenland
2000
Tirage argentique viré à l’or
91,4 x 91,4 cm
Courstesy galerie Karsten Greve

  • 9179 visites
  • 6 réactions
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  • Anonyme

    Bonheur de commencer la journée avec la beauté du monde.
    Tristesse et amertume de le savoir se dégrader à la vitesse grand V.
    Les photos de Lynn Davis sont plus parlantes que bien des discours.
    Merci de les montrer avec le commentaire qui les accompagne.

    Dan

  • haggis
    • Posté à 11h13 le 12/06/2007
    • Internaute 1777

    je ne sais pas si ca peut influencer sur le réchauffement climatique, mais effectivement elles sont super belles ces photos !

  • Anonyme

    Remarquable !

    ____________
    Photosieste
    Istanbul

  • CPerrine
    • Posté à 13h17 le 15/06/2007
    • Internaute 8317

    Magnifiques vues
    On fond d’emerveillement
    mais dans le m^me temps Juppé affirme ne pas vouloir le moratoire sur les OGM et il va nous permettre ainsi de nous nourrir de toxine insecticide

    La nature bientôt uniquement en photo..........

  • hbat
    • Posté à 06h30 le 22/06/2007
    • Internaute 10839

    Superbes photos sur le manque, sur l’absence !

  • pikasso02
    • Posté à 19h32 le 27/06/2007
    • Internaute 10134

    sauver notre vision, à défaut de ne pouvoir sauver notre planète ? Je m’explique : ces photographies ont la beauté du diable, comme le mot Picasso anéantit toute vision critique chez les spécialistes de renom.La beauté ne sera pas sauvée si nous ne comprenons pas le pour quoi la beauté mérite d’être sauvée. Pour Picasso c’est le VOIR qui est en question. C’est notre vision. A vouloir continuer de croire tout ce qui a été écrit sur ses oeuvres, nous nous contentons de répéter. Désolé, mais je ne suis pas photographe ! Je ne suis que chercheur ! Tu parles Charles ! pikasso02 vous nous emmerdez avec votre thèse sur Picasso ! Je sais ! C’est ce que pense la majorité de ceux qui me lisent. Tant pis, j’en remets une couche ! Cliquez pikasso02 sur Google et là vous trouverez ma thèse sur mon blog.(A suivre ?)

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