Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Route du Rhum : les 4 clés d'une ivresse collective

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 30/10/2010 à 15h18


Dans le port de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum 2010 

Dimanche à 13h02 tapantes, un top départ libèrera une flotte de 85 solitaires qui piaffent dans les bassins de Saint-Malo depuis une semaine. Direction Pointe-à-Pitre pour la neuvième édition de la Route du Rhum.

Quarante-huit heures avant le départ, le cap du million de visiteurs arpentant les pontons malouins a été franchi. Dimanche, ce sera pire, si on peut dire. Alors ? Comment expliquer une telle attraction, si on excepte le fait que Saint-Malo a la main heureuse dans l’organisation d’événements en tous genres, comme les festivals Quai des bulles ou Etonnants voyageurs ?

Déjà, il y a ces deux mots, route et rhum, qui disent tout : le soleil, l’ivresse, l’aventure. Et aussi, parfois, la gueule de bois quand il y a casse, tempête, disparition.

1

Une première édition mythique

Dès la première édition en 1978, avec ses 38 engagés, tous les ingrédients de la légende étaient déjà là : les 23 jours de course s’achèvent par une régate qui voit la victoire du trimaran de Michael Birch sur le monocoque de Michel Malinosky avec 98 secondes d’écart (voir la vidéo) !

Mais il y eut aussi la disparition d’Alain Colas et de son trimaran Manureva, dont on ne retrouvera jamais rien.

2

De nouvelles règles du jeu

Comme le tournedos Rossini ou la tarte Tatin, l’invention de la Route du Rhum est un trait de génie qui n’a rien à voir avec les études de marché mais tout à faire avec l’imagination de quelqu’un imbibé d’eau salé depuis qu’il est tout petit : Florent de Kersauson, le frère cadet d’Olivier, qui eut l’idée, en 1975, d’une course totalement inédite à l’époque et dont il sera le secrétaire général.

Le principe en est simple mais radicalement nouveau : la course, en solitaire, est ouverte à tout bateau, sans restriction de taille ni autres, et aussi bien aux amateurs qu’aux pros.

Une révolution à l’époque où les courses au large, qui sont aux mains des Anglais, sont strictement réglementées. Au point que personne n’y croyait, ni Eric Tabarly, ni la Fédération française de voile, ni l’administration, et qu’il lui a fallu trois ans de boulot pour convaincre tous ces gens-là.

L’autre idée force de Kersauson est le parcours, lui aussi sans précédent, puisque la destination de la course est les Antilles : ça, c’est la pincée d’évasion, la goutte de rêve, le zeste de fantasme.

« Shakez » tous ces ingrédients, et vous obtenez un cocktail aux puissants arômes qui attire la foule mais aussi les sponsors.

3

L’attrait pour les multicoques, ces « araignées géantes »


Lauriot Prevost (à g.), Van Peteghem (à d.)

Alors qu’en 1978 se joue en 98 secondes le sort d’une course de 23 jours, Vincent Lauriot-Prevost use ses fonds de culottes sur les bancs de l’Ecole d’architecture navale de Southampton.

Avec son copain Marc Van Peteghem, il se réjouit alors, selon ses mots, de la victoire « d’un petit trimaran jaune sur un grand monocoque », car leur rêve à tous les deux, c’est d’imaginer les plans de ces d’araignées géantes qui survolent les flots.

Ils ont bien fait de se réjouir : depuis cinq éditions, tous les bateaux qui ont gagné la Route du Rhum ont été des trimarans dessinés par eux. Le premier étant, en 1990, Pierre 1er skippé par Florence Arthaud. Aujourd’hui, dans les bassins de Saint Malo, neuf bateaux conçus sur leur table d’architecte sont prêts au départ.

Notamment, Gitana 11 barré par Yann Guichard et Groupama 3 barré par Frank Cammas, deux des fascinants esquifs que sont les huit multicoques de la classe ultime, sont leurs bébés.

4

La première transatlantique populaire... et la première ouverte aux sponsors


Gitana 11 

« La Route du Rhum, c’est la première course française à avoir généré autant de passion », constate Lauriot Prévost :

« En fait, c’est la première transatlantique populaire. De Saint-Malo au Cap Frehel, la côte est blindée de gens qui regardent ! C’était aussi la première transat ouverte aux sponsors. En ce moment, si on calcule, il y a 50 millions d’euros dans les bassins à Saint Malo... »

Aujourd’hui, autant Kersauson que Lauriot Prévost s’accordent pour dire que la Route du Rhum est devenue une affaire de professionnels. Ce qui ne les afflige ni l’un ni l’autre.

« Avant, la caisse à outils passait d’un bord à l’autre. C’était la démerde. Aujourd’hui, les bateaux sont fin prêts, les skippers font des interviews pour les radios et les télés.

Mais dès qu’ils prennent le départ, l’aventure est là. Ce qui est excitant, c’est qu’il y a une course, qui se gagne tout autant sur la valeur du bateau que sur celles du skipper et de la préparation. »

Malinosky me dit : « Je suis juste en-dessous de toi ! »

Et il y a la mer et ses surprises. Qui font parfois de beaux cadeaux. Florent de Kersauson se souvient :

« Lors de la première course, alors que j’étais dans la cabine de l’avion qui m’emmenait à Pointe-à-Pitre, j’ai appelé Malinovsky pour lui demander où il était. “Je suis juste en-dessous de toi !”, m’a-t-il répondu.

J’ai regardé à travers la vitre, et, sur la mer des Antilles, j’ai vu un sillage, comme un immense V. Au bout de ce V, la mer n’était pas de la même couleur. C’était Malino. »

Photo : dans le port de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum 2010 ; Lauriot Prevost (à g.), Van Peteghem (à d.) ; Gitana 11 (DR).

  • 11504 visites
  • 31 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 16h31 le 30/10/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    « La Route du Rom, c’est la première course française à avoir généré autant de passion » constate Brice H., auvergnat (mais sans Brassens).

    • LETSGONICE1
      • Posté à 21h13 le 30/10/2010
      • Internaute 47895

      C’est bien vrai qu’on se fout complètement de cette qu’on-pète.

      Seule la vraie « route du Rom » à ce jour, nous intéresse...

      Merci d’avoir su le rappeler et, sachez que nous ne serons pas les seuls sur ce sujet !

  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 17h31 le 30/10/2010
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    Ah ces solitaires qui piaffent devant le million de veaux appatés par l’ivresse du large quel spectacle grandiose digne de la France de Sarkozy « que le plus riche gagne “ et dire qu’il y en a qui y emmènent leurs enfants ...quel cirque

    • Antotoine
      Antotoine répond à enfumage
      Jeune paumé
      • Posté à 18h24 le 30/10/2010
      • Internaute 28756
        Jeune paumé

      Enfant, j’allais faire un tour sur les quais à chaque édition avec mes parents et ça me faisait rêver. D’ailleurs, ça me fait toujours rêver. La foule dans la ville un peu moins mais l’ambiance est assez épique le soir venu.

      Que le plus riche gagne ? Certes ça aide mais ça ne fait pas tout non plus...

      Pourquoi vouloir toujours tout ramener à Sarkozy et à la politique ?

      • aszdefrg-
        aszdefrg- répond à Antotoine
        ubuesque
        • Posté à 18h26 le 30/10/2010
        • Internaute 129567
          ubuesque

        Bah c’est Rue89. Si au bout de 10 commentaires vous n’avez pas parlé de Woerth, Sarkozy, Bettencourt, des Roms ou d’Hitler, vous avez raté votre vie.

         ; -)

         
        • LETSGONICE1
          LETSGONICE1 répond à aszdefrg-
          • Posté à 21h21 le 30/10/2010
          • Internaute 47895

          Non, on aimerait simplement que les veaux en question se joignent aux manifs qui ont du sens !

          Il paraît qu’ils sont très beaucoup, alors ça nous donne à rêver mais, à d’autres horizons que ceux de Antotoine...

        1 autres commentaires
      • BIPI06
        BIPI06 répond à Antotoine
        Independant piscinier
        • Posté à 07h12 le 31/10/2010
        • Internaute 114888
          Independant piscinier

        Une course réserve aux riches.
        Avec un peu de sens
        a) reverser une contribution a la recherche contre » Maladie, La famine, La recherche de l’eau »
        b) Faire payer l’accès aux quais aux spectateurs « reverser les sommes aux anciens qui ne peuvent plus vivre de leur retraite
        c) Augmenter la taxe télévision pour les moins courageux qui ne vont pas sur les quais “fond de solidarité aux enfants hospitalises”
        Voila une bonne route

         
        • Antotoine
          Antotoine répond à BIPI06
          Jeune paumé
          • Posté à 09h40 le 31/10/2010
          • Internaute 28756
            Jeune paumé

          Hum, je ne sais pas si c’est de l’ironie ou juste ce que vous pensez...

        1 autres commentaires
    • obiwan78
      obiwan78 répond à enfumage
      Ingénieur
      • Posté à 19h00 le 30/10/2010
      • Internaute 61560
        Ingénieur

      Quand tu auras vu un trimaran de 30m, tu arrêteras de nous enfumer.

      C’est vrai que à DisneyLand on ne se fait pas enfumer. A chacun son truc.

      • LETSGONICE1
        LETSGONICE1 répond à obiwan78
        • Posté à 21h26 le 30/10/2010
        • Internaute 47895

        oooooh ! T’as dit 30(c)m ? !
        Vraiment ?
        Mais, désolé, ça ne me fait toujours pas rêver.
        Chacun son truc !

    • RoxInThebox
      RoxInThebox répond à enfumage
      • Posté à 20h57 le 30/10/2010
      • Internaute 36524

      ridicule...on sent la frustration à plein nez !
      pas d’occasion de manifester depuis 3 jours...rohhhhh

      ps : je ne suis ni sarkoziste, ni voileux, va falloir trouver autre chose ;)

    • decodeur
      decodeur répond à enfumage
      libéral
      • Posté à 09h38 le 31/10/2010
      • Internaute 100449
        libéral

      Pas si sur, c’est un peu un symbole conscient ou inconscient du sauve qui peut dans un monde en perdition

    • decodeur
      decodeur répond à enfumage
      libéral
      • Posté à 09h38 le 31/10/2010
      • Internaute 100449
        libéral

      Pas si sur, c’est un peu un symbole conscient ou inconscient du sauve qui peut dans un monde en perdition

      • glop-pasglop
        glop-pasglop répond à decodeur
        justiciable à merci
        • Posté à 22h27 le 31/10/2010
        • Internaute 117082
          justiciable à merci

        Un symbole du « sauve-qui-peut » à plusieurs dizaines de milliers d’euros, vous avez le sens du social, vous !

  • Alexad
    • Posté à 18h26 le 30/10/2010
    • Internaute 8145

    1 million selon les sponsors, que dit la police ?

  • A déménagé le 13-10-2012 4
    • Posté à 18h36 le 30/10/2010
    • Internaute 1645
      non connue

    Ça fait rêver ? ? ?

    Lienenvoyé par Lien. - Lien

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 18h52 le 30/10/2010
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Bon allez, c’est mon tour de jouer le neuneu de service : 13h02, pourquoi 02 ?

    • bibabouze
      • Posté à 23h21 le 30/10/2010
      • Internaute 16767

      Pour laisser passer les titres du journal de 13h je suppose.

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 19h01 le 30/10/2010
    • Internaute 5988
      Métallo

    Heureusement que la grève s’est arrêtée et qu’il y a de nouveau de l’essence pour drainer les foules non pas vers les manifs pour les retraites, mais vers ce genre de manifestations où on rêve devant des objets qui coûtent des sommes faramineuses, qu’on ne pourra jamais s’offrir et que l’on peut observer de façon éphémère. Peut-être même que parmi cette foule, certains pestaient il y a peu contre d’autres manifestants.
    Eh oui ! Cela fait rêver tous ces baroudeurs et baroudeuses, qui chevauchent ces mustangs des mers, non pas peints aux couleurs de guerre ou de chasse comme le faisaient les Indiens des plaines, mais tout bariolés aux couleurs des grandes marques commerciales. Ils ont troqué l’amour de pouvoir baptiser leur bateau comme tout marin aime à le faire, contre quelques billets qui leur permettent de pratiquer leur passion.
    Naviguer sous les couleurs de La Poste, des compagnies d’assurance et autres banques, voilà qui est exotique, surtout quand on connait comment certaines d’entre elles traitent leur personnel.
    Bien qu’aujourd’hui, les sponsors ne se précipitent pas, toutes les PME se sont retirées et les autres se posent des questions. Il y a trop de courses et aucune organisation de l’ensemble.
    Plus de la moitié des bateaux engagés ne font que 12 m, et ils demandent un budget bien moindre que celui des grands trimarans.
    N’est-ce pas eux qui ont lancé la mode des mal-rasés qui vous donne ce côté coureur des mers, offrant aux femmes la sensation du gouter enfin la peau salée d’un authentique mâle bronzé aux UV de l’esthéticien du quartier.
    Le comique c’est quand un marin est sponsorisé par une radio comme FI par exemple.
    Et que le gars doit bêtement remplir sa part du contrat en répondant à des tas de questions idiotes alors qu’il se trouve en plein milieu de l’océan de l’autre côté de la planète. Cela donne le genre de dialogue suivant :

    « Toto, vous êtes engagés dans cette course en solitaire et sous les couleurs de notre station, quel effet cela vous fait-il ? »
    « J’en suis très fier et je remercie FI de m’avoir fait confiance de même que ses auditeurs d’être aux rendez-vous avec moi tous les matins ».
    « Toto, on appelle cette épreuve une course en solitaire, mais vous n’êtes pas vraiment seul, car nous sommes tous les jours avec vous, les satellites veillent sur vous, de même que votre navigateur au PC terrestre avec lequel vous êtes en rapport constant. Mais cela reste néanmoins une épreuve au-dessus de ce que le commun des mortels peut endurer, vous êtes formidable vous démontrez que vous êtes imprégné d’un esprit de vaincre au dessus de la moyenne. Vous faites partie des gagnants ».
    « Vous me flatter, c’est un peu trop, j’essaye tout simplement de gagner cette course, car sinon je ne m’y serais pas engagé. Je pense aussi à tous ceux qui m’on fait confiance ».
    « Alors Toto, vous êtes en quatrième position et vous semblez remonter vos concurrents à vive allure. »
    « Oui, c’est vrai je suis en train de les remonter, puisque vous me l’annoncer, mais la mer est mauvaise, je suis épuisé, car mon pilote automatique est cassé, c’est très éprouvant pour moi ».
    « C’est fantastique, votre pilote automatique est détruit, mais vous n’abandonnez pas ! Voilà qui va donner plus de poids encore à votre volonté de gagner ».
    « Oui, je me battrai jusqu’au bout, je le fais pour tous ceux qui m’ont aidé, mon père, ma mère, mon frère et mes sœurs, sans oublier mes amis, sans eux tous je ne serais rien. Et bien sûr, mon sponsor que j’aime tant ».
    « Toto, est-ce que vous pouvez pour nos auditeurs qui sont actuellement dans les embouteillages sur la route de leurs bureaux ou de leurs usines, nous raconter la vie au quotidien sur votre navire ? »
    « Et bien vous savez, c’est très dur bien que nous ayons beaucoup d’équipements modernes capables de nous soulager de certaines tâches ».
    « Mais Toto, par exemple, racontez nous, ce que vous manger, comment vous faites vos besoins, etc. »
    « Je raconterais tout cela dans un prochain livre qui sortira après cette course et j’invite tous ceux qui m’aiment à se la procurer dès sa sortie ».
    « Hier, vous nous avez dit que vous avez eu très peur, racontez-nous un peu ce qui vous est arrivé ».
    « Et bien au moment où je m’y attendais le moins, j’ai croisé une baleine, cela a été un spectacle magnifique que de voir ces superbes animaux, cela a été un moment d’une intense émotion, je ne l’oublierais jamais. Il est gravé pour toujours dans ma mémoire. Par contre, j’ai eu très peur lorsque les ailerons d’un requin se sont approchés un peu trop près, à mon gout, de ma coque ».
    « On ne vous entend pas bien, car il faut le répéter, vous êtes en ce moment même en direct de l’autre côté de la planète et FI en partenariat avec Bidule est très fier de vous avoir soutenue dans cette entreprise d’envergure qui est de réaliser l’exploit de gagner cette course, car vous êtes un battant cela ce ressent dans chacun de vos propos ».
    « En effet, je surmonterais toutes les difficultés pour amener les couleurs de ceux qui me soutiennent au firmament de la gloire ».
    « Encore bravo Toto, bon vent et à demain matin ».

  • MamaPacha
    • Posté à 21h00 le 30/10/2010
    • Internaute 109998

    perso, ce que j’aime c’est les mecs ou les nanas qui se barrent avec leur bateau ; seul(e), sans radio, sans rien, ceux qui affrontent la mer et qui ferment leur gueule ...

    Les prouesses techniques en groupe me font chier ...
    et je ne me vois pas entrer en transe devant des bateaux qui ont des voiles pour vanter les mérites de « ’saucisses“’ ou de ‘banksters’ ... et dont le seul mérite est de traverser un océan moins vite qu’un 103 pigeot !

    Les vrais marins, c’est plus ce que c’était ...

  • A déménagé le 13-10-2012 4
    • Posté à 22h23 le 30/10/2010
    • Internaute 1645
      non connue

    16 commentaires en 7 heures , statistiquement , ça doit intéresser 0,5 % des Français mais les médias vont nous faire croire que ça tient toute la France en haleine , regardez les voiles et achetez , achetez , achetez .
    Idem pour le foot
    Idem pour la F1
    Idem pour le Dakar
    Idem pour Loeb etc etc ....Dormez je le veux ..

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 10h58 le 31/10/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Akena Verandas, Brit Air, Foncia, Groupe BEL, Veolia Environnement
    Appart City,Groupama 3, Partouche, Fuji, Oman Air Majan, Sodebo

    que des poètes qui
    vous offrent
    l’Océan

    La marée je l’ai dans le cœur
    Qui me remonte comme un signe
    Je meurs de ma petite sœur
    De mon enfant et de mon cygne
    Un bateau ça dépend comment
    On l’arrime au port de justesse
    Il pleure de mon firmament
    Des années lumières et j’en laisse
    Je suis le fantôme Jersey
    Celui qui vient les soirs de frime
    Te lancer la brume en baiser
    Et te ramasser dans ses rimes
    Comme le trémail de juillet
    Où luisait le loup solitaire
    Celui que je voyais briller
    Aux doigts du sable de la terre

    Rappelle-toi ce chien de mer
    Que nous libérions sur parole
    Et qui gueule dans le désert
    Des goémons de nécropole
    Je suis sûr que la vie est là
    Avec ses poumons de flanelle
    Quand il pleure de ces temps-là
    Le froid tout gris qui nous appelle
    Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l’écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au ras des rocs qui se consument
    Ô l’ange des plaisirs perdus
    Ô rumeur d’une autre habitude
    Mes désirs dès lors ne sont plus
    Qu’un chagrin de ma solitude

    Et le diable des soirs conquis
    Avec ses pâleurs de rescousse
    Et le squale des paradis
    Dans le milieu mouillé de mousse
    Reviens fille verte des fjords
    Reviens violon des violonades
    Dans le port fanfarent les cors
    Pour le retour des camarades
    Ô parfum rare des salants
    Dans le poivre feu des gerçures
    Quand j’allais géométrisant
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans les draps d’aube fine
    Je voyais un vitrail de plus
    Et toi fille verte
    Mon spleen

    Les coquillages figurant
    Sous les sunlights cassés liquides
    Jouent de la castagnette tant
    Qu’on dirait l’Espagne livide
    Dieu des granits ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s’immiscer
    Dans leur castagnette figure
    Et je voyais ce qu’on pressent
    Quand on pressent l’entrevoyure
    Entre les persiennes du sang
    Et que les globules figurent
    Une mathématique bleue
    Dans cette mer jamais étale
    D’où me remonte peu à peu
    Cette mémoire des étoiles

  • Gugusse2
    Gugusse2
    aléatoire
    • Posté à 16h04 le 31/10/2010
    • Internaute 63813
      aléatoire

    Quand on compte qu’il faudrait ajouter les salaires de Messi et de Beckam pour sponsoriser tous ces bateaux et financer la manifestation, on voit bien que la voile c’est vraiment un sport de riches.

    Et puis toutes ces marques que l’on voit, quand on pense qu’elles sont obligées d’écorner leur budget télé pour figurer ici (parfois de 10 spots !) on a mal pour TF1.

    Quant à embarquer sur un voilier, même plus petit, inutile d’y songer. Il faut passer une demi-journée sur les pontons pour trouver un bord qui nous accepte gratis et en plus participer aux frais de bouffe. Au prix de la purée-knackis, je préfère garder cet argent pour rallonger d’une journée mon forfait pour Marrakech que de passer trois jours en mer. Parce que sur TF1, la pub elle dit que Marrakech c’est le rêve.

  • melonbleu
    melonbleu
    optimiste
    • Posté à 17h52 le 31/10/2010
    • Internaute 118627
      optimiste

    Les vrais héros, c’ est les vieux célibataires qui font leurs courses tous seuls et qui reviennent du Shoppi avec une boîte de raviolis et une flasque de Négrita.

  • maloon
    maloon
    inde^pendant
    • Posté à 06h47 le 01/11/2010
    • Internaute 86333
      inde^pendant

    « En tout cas, vous voyez bien que ce sujet n’intéresse personne ici ! »

    Encore un qui croit que l’interêt se mesure au nombre de commentaires...Pendant que 4 ou 5 parisiens pondent leur petite crotte rituelle (sport de riches, blah,blah..pas comme le foot tiens !) ils sont plus de 100 000 à enfiler bonnet et anorak, très loin, très très loin de rue89...
    Lien

  • waspasien
    • Posté à 11h51 le 02/11/2010
    • Internaute 71016

    Je rigolerais si ce n’était pas ma thune qui était en jeu...

    Je lis les sponsors qui s’affichent sur les voiles et coques et je me dis qu’au final, même si on me les montre un peu en train de partir, en train d’arriver et de gaspiller un Jéroboam de champagne... c’est de toute façon nous, les clients de ces sponsors, qui financent sans en retirer grand chose, ces jeux de mégalomanes.

    Une organisation bien huilée où des friqués jouent chacun leur poulain, qui lui-même joue un autre jeu avec les compères de son sérail.

    Tout ce petit monde est bien sûr inabordable, il hiberne entre chaque manifestation et se réveille juste pour exister le temps d’un départ, d’une arrivée et d’une giclette de champagne, (premier ou dernier va comprendre !).
    Après avoir usés leurs pompes sur tous les plateaux de TV, ils prendront un nègre qui écrira un bouquin : dame média fait vendre n’importe quoi.

    Puis il se r’endormira au bar de la Trinité. J’en connais même certains qui sont plus souvent au bar qu’à la barre et qui conservent leur notoriété avec seulement une vague victoire il y a ...pffoouu...

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.