Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Michel Houellebecq peut-il rater le Goncourt ? Bah non !

Publié le 07/11/2010 à 16h14

Ce lundi, l’Académie Goncourt a décerné son prix à l’auteur de « La Carte et le territoire », répondant à la question que nous nous étions posés ce cimanche 7 novembre.



La couverture de « La Carte et le territoire »

Le prix Goncourt est décerné lundi à 13 heures (en même temps que le Renaudot). Quatre finalistes sont en lice : Maylis de Kérangal, Virginie Despentes, Mathias Enard et Michel Houellebecq. Ce dernier est archifavori :

  • Imaginer un Goncourt aller à Virginie Despentes (qui, comme Houellebecq, est aussi en finale du Renaudot) serait signe d’avancée sociale dans l’académie Goncourt. Mais « Apocalypse bébé » n’a pas la puissance littéraire des trois autres, et ses préoccupations semblent trop loin du conservatisme de l’académie.
  • Enfin, il y a Mathias Enard. « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » est un très beau livre, qui emporte depuis la rentrée un succès critique et public (43 900 exemplaires vendus selon Edistat).

    Convenons aussi qu’il témoigne d’un jalon dans une œuvre forte, mais qu’il n’a pas de la trempe de son prédecesseur, « Zone ». Lui donner le Goncourt dès maintenant le muséifierait trop tôt, et il n’en a pas l’âge.

Le consensus Houellebecq

Houellebecq, quatrième finaliste, apparaît donc comme un choix qui serait celui de la raison et de la logique. Les critiques litéraires interrogés par Le JDD l’ont plébiscité : sept voix sur huit.

D’autres signes font pencher la balance en faveur de Houellebecq. Notamment ce consensus global chez de nombreux éditeurs concurrents.

Joint vendredi, Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Grasset et éditeur de Virginie Despentes, était fataliste : « De toute façon, les jurés semblent avoir dit leur préférence depuis longtemps », pointant deux articles très tôt écrits par des jurés : l’éloge par Bernard Pivot dans le Journal du Dimanche, et l’article plus mesuré d’Edmonde Charles-Roux dans La Provence en septembre.

La semaine dernière, invité avec moi et d’autres dans l’émission « Bienvenue chez Basse », Jean-Marc Roberts, le directeur heureux des éditions Stock, servait sa préférence par doses chevalines : « Comme nous l’espérons tous », « et j’espère que vous êtes d’accord avec moi ». Même si c’est ici une caractéristique de Roberts, qui a la sportive habitude d’applaudir la concurrence lorsqu’il l’aime, qu’il fasse ainsi étalage décomplexé de sa préférence en dit long sur le consensus du milieu.

Un Flammarion sinon rien ?

Quand Roberts se prononce ainsi, ce sont aussi les liens du coeur qui parlent. Son dernier roman a été publié en 2008 chez Flammarion. Une maison qui, dans le passé, a remporté le Goncourt à quatre reprises, bien loin de la quarantaine de médailles du même nom chez Gallimard (où travaillait jusqu’en 2005 l’actuelle PDG du groupe Flammarion, Teresa Cremisi).

Pour elle, faire revenir Houellebecq chez Flammarion, maison d’origine de l’auteur, était forcément synonyme d’une revanche. Une revanche habillée en prix Goncourt. Réputée faiseuse de prix, connue comme une patronne qui entretient des rapports des plus cordiaux avec Bernard Pivot et les autres jurés, elle a publié cette année un essai de Jorge Semprun, membre du jury depuis 1996. Néanmoins, en interne, on calme les esprits. Lors d’une récente réunion éditoriale, un éditeur de la maison, disant tout haut que les choses semblaient pliées, s’est vu vertement contredire par Gilles Haeri, numéro deux de Flammarion : « Non, rien n’est jamais joué à l’avance ». Cette remarque feint peut-être de ne faire de la place au trophée avant de l’avoir ramené, mais elle montre une volonté de ne pas communiquer de triomphalisme.

Houellebecq et le Goncourt : amour-haine

En 1998, « Les Particules élémentaires » de Houellebecq était le favori du Goncourt, mais a été doublé par Paule Constant. Il s’est alors répandu dans la presse en termes peu amènes, sur la lauréate autant que sur les jurés. Les débuts d’une relation d’amour-haine entre Houellebecq et l’académie Goncourt.

L’écrivain s’est excusé par la suite car il s’est de nouveau retrouvé en finale pour « La Possibilité d’une île » en 2005. Mais cette année-là, Grasset a dégainé son Weyergans contre Houellebecq et contre son éditeur d’alors, Fayard. Amer, Houellebecq a dû se contenter d’un prix qui en rien ne lui correspondait : l’Interallié.

Juliette Joste, éditrice durant des années chez Flammarion, a travaillé sur trois livres avec l’écrivain et correspond toujours par e-mails avec lui. Comme tout le monde, elle constate que l’écrivain a poli son image. Mais elle ne pense pas qu’il ait « fait un livre assagi pour se réconcilier avec l’humanité », ni pour « se faire bien voir des jurés ». C’est pour elle « un parcours de vie. Il souhaitait moins d’agressivité, envers lui-même comme envers les autres ».

Eclectisme et renouvellement du Goncourt

Droit de réserve. On ne dit rien, quasiment rien. Ce week-end, Tahar Ben Jelloun maintenait les propos tenus à la fin de l’été, voyant toujours en « La Carte et le territoire » un roman « mou, aseptisé, où l’auteur a gommé tout ce qui faisait sa particularité ».

Secrétaire de l’académie Goncourt, Didier Decoin pense au contraire que « Houellebecq s’est acheté une conduite » avec ce livre, pour lequel il ne cache pas son soutien. Il admet que l’ouvrage rend la finale 2010 plus tendue que de nombreuses finales précédentes, et qu’ « il est difficile de nier qu’il est bien placé ».

Etre archifavori le dimanche n’a certes jamais garanti le Goncourt le lundi, l’académie se piquant parfois de quelques petits tours d’honneur finaux tout à fait sciants. Ce qui est certain, c’est que le quatuor final témoigne d’éclectisme, de qualité… et de renouvellement.

Imaginer Despentes et Kerangal à ce stade était tout bonnement impossible il y a cinq ans encore. Aussi, après Marie NDiaye l’an passé et Atiq Rahimi en 2008, couronner Houellebecq confirmerait que les jurés se sont, pour de bon, mis à écouter leur époque.

Mis à jour le 09/11/2010 à 16h40. Initialement titré « Michel Houellebecq peut-il rater le Goncourt ? », cet article a été mis à jour -titre et premier paragraphe- avec l’annonce de l’attribution du Goncourt à Houellebecq.

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  • 19921 visites
  • 65 réactions
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  • cossery
    cossery
    résistant
    • Posté à 16h26 le 07/11/2010
    • Internaute 85601
      résistant

    Autant le donner au Journal de Mickey, ou à Picsou magazine...

    • Venera84
      Venera84 répond à cossery
      http://vallesmarineris. (...)
      • Posté à 18h15 le 07/11/2010
      • Internaute 125864
        http://vallesmarineris. (...)

      Tiens, vous devriez penser à postuler...

      • Amarouayache Zaky
        • Posté à 17h10 le 08/11/2010
        • Internaute 11970

        Toi, t’es pas atteint d’un complexe de supériorité ... Mais alors pas du tout ..

        Le Carlos-Mauricus-perigorus-Venerorus est un animal étrange et solitaire vivant dans les marécages du sud de la France et dont on dit aussi qu’il vit sur Mars. Il se nourrit exclusivement des commentaires des autres en préférant l’attitude hautaine et condescendante au silence magnanime. On le surnomme le « sous-fifre désabusé et boiteux ».Nul ne sait pourquoi... Il détient au niveau de son cerveau, un particularité tout a fait intéressante : une excroissance qui fait de son cerveau le plus gros cerveau de poule de tout l’histoire des volailles et qui est constamment charge de fiel dont il dispose comme énergie pour assener de manière complètement erratique des vannes puantes et chargées de complexe de supériorité. On dit de lui, mais ce ne sont que des mythes, qu’il a atteint la vanité absolue. Un état de vanité jamais atteint par ses autres congénères. Cependant, l’hypertrophie cérébrale due a l’excroissance l aurait beaucoup favorise dans la réalisation de cet exploit.

         
        • Venera84
          Venera84 répond à Amarouayache Zaky
          http://vallesmarineris. (...)
          • Posté à 18h40 le 08/11/2010
          • Internaute 125864
            http://vallesmarineris. (...)

          « On dit de lui, mais ce ne sont que des mythes, qu’il a atteint la vanité absolue. Un état de vanité jamais atteint par ses autres congénères. »

          Enfin quelqu’un qui me comprend ! :)
          PS : merci pour la comparaison historique. J’imagine sans peine quel éclat de rire doit résonner dans les Enfers lorsque Charles Maurice se penche sur notre politique...

        1 autres commentaires
      • cossery
        cossery répond à Venera84
        résistant
        • Posté à 06h37 le 09/11/2010
        • Internaute 85601
          résistant

        Allez-y, je vous suis ^^

    • spartacus1
      spartacus1 répond à cossery
      • Posté à 07h55 le 08/11/2010
      • Internaute 26095

      Déjà que, d’un point de vue littéraire, les prix étaient pratiquement au niveau zéro, maintenant, cela va devenir négatif.

      Cela aura au moins un avantage : on saura quels livres il est inutile de lire.

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 16h29 le 07/11/2010
    • Internaute 43564
      Neant

    « Résultats 1 à 20 sur un total d’environ 1 030 provenant de Lien pour Houellebecq. (0,15 secondes) “

    Déjà que le Goncourt est clairement un cadeau d’éditeurs à un éditeur que quiconque aime la littérature conchie, vous nous parlez *encore* de Houellebecq ? Vous êtes payé par Flammarion ?

    Ça devient fatiguant, vous réduisez la littérature aux trois auteurs qui se vendent le mieux dans les gares. Non qu’ils soient mauvais, mais il y’en a d’autres, merde. Vous avez peut-être votre carrière, mais à ce moment là, présentez vous comme le Pierre Bellemard du bouquin, vous ne faites rien de plus que du télé-achat (sans insulte aucune, je suis juste fatigué d’entendre des supputations totalement inutiles sur le Goncourt, attendez le résultat si cela vous semble si important et lâchez nous un peu avec Houellebecq, c’est bon, on le connait).

    Cordialement tout de même.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Lurker
      Rue89
      • Posté à 16h35 le 07/11/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Bonjour,
      Factuellement, je parle de Houellebecq. Mais si je parle « encore » de Houellebecq, c’est parce qu’il faut l’actualité, et qu’il m’appartient ici de la décrypter... Ce que je fais...
      D’autres part, malheureusement, Maylis de Kérangal n’est pas encore celle qui se vend le mieux dans les gares... J’espère qu’un jour elle le sera.
      Mon métier de journaliste Culture me commande de faire à la fois de l’actu chaude, du mainstream et du « qui ne se voit pas ailleurs ». Il me semble que c’est ce mixe qu’on trouve dans le Cabinet, non ?
      Je reste néanmoins ouvert à toute critique.
      Enfin, vous pouvez tout à fait utiliser le cabinet de lecture pour aller voir les interviewes de Claro, lire celles de Charyn ou DeLillo.... Bienvenue à vous sur ces articles.

      • Adéménagéle1erseptembre2011
        • Posté à 16h54 le 07/11/2010
        • Internaute 132112

        Vous parlez de Houellebecq, un peu, mais surtout de prix littéraires et de batailles éditoriales. « D’actu chaude et de mainstream » (vous êtes en plein dedans, là) et de, dites-vous, « ce qui ne se voit pas ailleurs » (là vous n’êtes pas dedans du tout). Ailleurs, vous y êtes sans doute parfois, mais pas là. Excusez, vous prient-ils, vos lecteurs de vous dire que la répétition à répétition, ils en ont assez entendu parler.
        S’ils veulent lire le dernier Houellebecq, Goncourt ou pas, ils le feront, ils savent qu’il existe.

         
        • Hubert Artus
          • Posté à 16h55 le 07/11/2010
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Cher Arpentiste,
          C’était justement pour vous éviter la répétition que je vous signalais les autres interviewes de rentrée réalisées par le Cabinet.
          Bien à vous.

          • Adéménagéle1erseptembre2011
            • Posté à 17h05 le 07/11/2010
            • Internaute 132112

            Cher Hubert,
            Pourriez-vous donnez des liens directs des « autres interviews » (pourquoi utilisez-vous un « e » dans votre pluriel ?) dont vous parlez ?

            Cela fera gagner du temps à ceux de vos lecteurs qui ne veulent pas n’entendre parler toujours que des mêmes, aussi intéressants soient-ils.

            Bien à vous également.

            • Hubert Artus
              • Posté à 17h05 le 07/11/2010
                rédacteur
              • Journaliste 56
                Rue89

              Vous pouvez d’une part cliquer sur « Les vidéos du blog », à droite de votre écran lorsque vous êtes dans le cabinet de lecture.
              D’autre part, en haut à droite de la page, vous avez mes articles récents, où vous trouverez notamment DeLillo, Charyn, Claro.
              Interview ne prend pas de « e », au pluriel ?
              Bien à vous

              • Adéménagéle1erseptembre2011
                • Posté à 17h31 le 07/11/2010
                • Internaute 132112

                Il y a tant de publicités à droite de mon écran, chose dont vous n’êtes pas responsable, que je n’y vois plus goutte.
                Sinon, oui, « interviews » ne prend pas de « e » au pluriel, du moins en français, et je crois bien qu’en anglais non plus. Mais passons sur ce détail.

                Toujours bien à vous.

                Édit : Intéressante, l’interview de Claro, mais je n’y fais pas connaissance avec une œuvre.

                Compément ; ah si, un peu, mais comme le « vidéos du blog » est fait par petits morceaux, ici avec du Despentes au milieu, ce n’est pas simple.

          • blackbear-
            • Posté à 19h36 le 07/11/2010
            • Internaute 117716

            interviews, un mot anglais, ne prend pas de « e » aux pluriel, à mojns que vous avez zoublié l’accent aigu pour interviewés...
            oublié avec un « z » c’est fait exprès...

        5 autres commentaires
  • Adéménagéle1erseptembre2011
    • Posté à 17h30 le 07/11/2010
    • Internaute 132112

    Je me fiche de qui obtiendra le Goncourt ou autre chose.
    Tout ce que j’ai à dire, c’est qu’ un tel article qui parle de « finale » et de batailles entre maisons d’édition, ne donne pas envie de lire en fonction des prix. Comme l’habitude de ne pas le faire aurait dû en être prise.

  • picheloure
    picheloure
    rien
    • Posté à 16h47 le 07/11/2010
    • Internaute 51580
      rien

    Je trouve qu’un prix devrait lancer des auteurs au lieu de récompenser des livres qui figurent déjà dans le top des ventes.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à picheloure
      Rue89
      • Posté à 16h51 le 07/11/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Ne pensez-vous pas, aussi, qu’il y a deux sortes de « Prix » : ceux qui ont vocation à révéler, lancer, des auteurs ? Et d’autres, genre le Goncourt, dont la vocation est de « valider » la reconnaissance d’un auteur, et aider son accessibilité à l’étranger> ? Une validation autre que les chiffres de ventes ?
      Pour le reste, je suis de toute façon favorable aux jurys tournants, comme je le dis dans l’émission d’Europe 1 que je met en lien.

      • picheloure
        picheloure répond à Hubert Artus
        rien
        • Posté à 18h10 le 07/11/2010
        • Internaute 51580
          rien

        Bonjour
        La reconnaissance d’un auteur et pour accéder à son accessibilité à l’étranger ? Je ne sais pas.
        Un making off serait intéressant. Le prix Goncourt a été créé pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année ». Comment se déroule le choix du jury ? Il y a des sortes de « poules » pour sortir des bouquins d’une liste ? Les jurés lisent-ils tous les romans qui sortent ? Pourquoi est-ce rarement un auteur de petites maisons d’édition qui obtient le prix ? etc...

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus répond à picheloure
          Rue89
          • Posté à 18h31 le 07/11/2010
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Quelques réponses à vos questions :

          - dans le texte, le Goncourt récompense un livre paru dans l’année. dans la pratique, depuis l’instauration des rentrées littéraires, elle-mêmes inventées pour se caler aux prix, les prix distinguent en général un livre paru à la rentrée. Néanmoins, un livre paru avant peut tout à fait être distingué. Mais la pratique privilégie la rentrée, et les jurés lisent toute la rentrée littéraire.
          - comme vous le constaterez en lisant mes brèves régulièrement (dispos en flux rss), le Goncourt établit une première liste début septembre, une deuxième, réduite et affinée, début octobre, une dernière (la « finale ») début novembre.
          - aucun prix n’a une dent contre les « petites maisons », mais il se trouve que tous les grands auteurs, au moment où ils ont été primés, étaient édités chez des éditeurs considérés comme « gros ». Il se trouve aussi que les très mauvais auteurs récompensés par le Goncourt étaient, eux aussi, édités par des « gros »... Ce qui est certains, c’est que seul un « gros éditeur » a les reins financiers assez solides pour pouvoir se permettre un travail patient, opiniâtre, et de continuer à publier un grand auteur en attendant que celui-ci trouve son public, voire un prix. Preuve : Fayard, avec Thierry Beinstingel et le très beau « Retour aux mots sauvages », qui figura sur les deux premières listes du Goncourt. Il a fallu attendre des années, des années...

          • picheloure
            picheloure répond à Hubert Artus
            rien
            • Posté à 18h37 le 07/11/2010
            • Internaute 51580
              rien

            Intéressant. Merci. Je m’en vais lire vos brèves de ce pas, étant tombé sur cet article par hasard.

        2 autres commentaires
      • steed1
        steed1 répond à Hubert Artus
        Franco-Breton
        • Posté à 09h47 le 08/11/2010
        • Internaute 29140
          Franco-Breton

        et il en est une troisième sorte de prix : ceux, ou plutôt celui dont l’unique prétexte et de faire une fiesta débile autour d’une tireuse à pouilly-fumé. Bravo quand même à Abdellah Taïa qui va pouvoir picoler gratos toute l’année !

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 17h34 le 07/11/2010
    • Internaute 118828
      troll de tram

    Pour une fois qu’ un bon livre figure en tête des meilleures ventes, on ne va pas se plaindre.
    Ca n’ est pas pour rien que des Roberts ou Carcassonne, pourtant « concurrents » de Flammarion, rejoignent la quasi totalité des critiques pour l’ encenser.
    Après, on n est pas obligé d’ aimer Houellebecq et on peut avoir envie de mettre en avant des auteurs moins « successfull », il n en reste pas moins que la Carte et le Territoire est quand même largement un cran au dessus de la moyenne de cette rentrée littéraire.
    Et si ses ventes passent de 200 000 à 1 million grâce au Goncourt, ça fera 800 000 lecteurs pas prévus au départ qui pourront en profiter !

    • Martriste
      Martriste répond à inspecteur crouton
      ange
      • Posté à 18h07 le 07/11/2010
      • Internaute 132267
        ange

      « Et si ses ventes passent de 200 000 à 1 million grâce au Goncourt, ça fera 800 000 lecteurs pas prévus au départ qui pourront en profiter ! »

      Donc si demain un nouveau soda voit le jour et que grâce à la bénédiction de coca-cola et de pepsi il se vend 5x mieux auprès des obèses et des diabétiques, vous en serez réjoui ? Il n’y a vraiment pas de quoi, au contraire.

      Bien à vous.

      • Venera84
        Venera84 répond à Martriste
        http://vallesmarineris. (...)
        • Posté à 18h21 le 07/11/2010
        • Internaute 125864
          http://vallesmarineris. (...)

        Pour la première fois (à ma connaissance), la lecture de bons bouquins est comparée à la consommation compulsive de boissons à bon marché par des obèses.

        Tenez vous le pour dit : en 2010, Goebbels est sympa. Il va chez le diététicien.

         
        • Martriste
          Martriste répond à Venera84
          ange
          • Posté à 18h36 le 07/11/2010
          • Internaute 132267
            ange

          Bon ou mauvais c’est une question de gout. Après, Houellebecq, qui sait écrire, est de la littérature de dépressif pour dépressifs. Il existe, c’est bien (pour lui j’entends), mais qu’il soit aussi encensé est malheureusement loin d’être une apologie de la santé mentale de la société française et de son microcosme littéraire.

          Et puis Goebbels était sans doute réellement ’sympa’, mais à vrai dire je ne vois pas trop le rapport.

          • Venera84
            Venera84 répond à Martriste
            http://vallesmarineris. (...)
            • Posté à 18h46 le 07/11/2010
            • Internaute 125864
              http://vallesmarineris. (...)

            Pour Goebbels : révolver, culture, etc ;)

            Je comprends votre point de vue, pour le coup.
            Houellebecq est l’écrivain d ’une société malade d’elle-même. Je crois même que certains l’apprécient essentiellement pour le plaisir masochiste qu’ils éprouvent à voir la déchéance fantasmée d’une société qu’ils haïssent.

            Maintenant, ces tendances malheureuses ne peuvent être ignorées non plus. Houellebecq au moins, dresse un constat et une tentative d’échappatoire... là où tant n’essaient même plus de constater !

            • Martriste
              Martriste répond à Venera84
              ange
              • Posté à 19h40 le 07/11/2010
              • Internaute 132267
                ange

              Exactement, c’est de cette escroquerie dont je parle : se faire passer pour amateur de ’littérature’ là où l’on ne prend qu’un plaisir passif à voir notre société se faire caresser tendrement l’entrejambe par un vieil ère plutôt méthodique qui ne l’embrassera même pas.

              Après bien sur il vaut mieux que la majorité des ’écrivains’ qui se contentent de mal raconter leurs vies ratées de tendres bourgeois à peine lyriques, lui ne saupoudre pas de susucre son indigence spirituelle.

            • Martriste
              Martriste répond à Venera84
              ange
              • Posté à 19h46 le 07/11/2010
              • Internaute 132267
                ange

              Et Pour Goebbels...qu’il repose en plaie :)

              • Venera84
                Venera84 répond à Martriste
                http://vallesmarineris. (...)
                • Posté à 19h52 le 07/11/2010
                • Internaute 125864
                  http://vallesmarineris. (...)

                Autant que possible ;)

        5 autres commentaires
  • zorbeck
    • Posté à 17h45 le 07/11/2010
    • Internaute 9110

    L’interet des prix, c’est de parfois evoquer des ecrivains dont personne n’entendrait parler autrement. Par exemple, celui-ci m’a fait decouvrir Nabe, et ca vaut le detour...
    Lien

  • Martriste
    Martriste
    ange
    • Posté à 18h12 le 07/11/2010
    • Internaute 132267
      ange

    Quelle bonne nouvelle ! pour lui..

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 19h06 le 07/11/2010
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Inutile de perdre du temps...

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 20h40 le 07/11/2010
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Et alors ? Qu’est ce qu’on s’en fiche du prix Goncourt ... ça reste un prix « local » made in France. Même pas de niveau international comme « le Fauve » d’Angoulême.
    Alors de là à ce que Houellebecque l’est ou pas, quelle différence ? Joann SFAR n’a pas encore chopé le Grand Prix d’Angoulême ! Il n’ a eu qu’un prix spécial « anniversaire ». Donc il ne vote pas pour le Grand Prix, et n’a jamais fait l’affiche du Festival.
    La liste pour le Grand Prix 2011 d’Angoulême pour ceux qui risquent de le manquer est encore plus longue que le simple nom de Houellebecque.

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 19h13 le 07/11/2010
    • Internaute 30050
      sans

    Tant qu’il ne postule pas pour un ministère... ; parce que si, aujourd’hui en France, on confiait un ministère à Ouais le bec, j’émigre au Venezuela ! On a déjà eu Mal rôt à la kulture sous le grand Charles, JJJaaaccckkk langue sous Mis tes rangs... Jauni chez Dru caire et Lève i dans « on refait le monde » de L’onde latte
    Après... la bataille de chefs du Gond court, à qui attrapera le pompon...
    Sur mon cahier quadrillé c’est la misère. J’essaie de mettre au carreau mes ailes, mon job.
    Rien à glander, today, au club des métaphores.
    Il faut que ma plume feutrée, ma petite japonaise glissante et noire soit serve d’une certaine rigueur de gueulante.
    Le drapeau noir, c’est encore un drapeau.
    Il faudrait que je leur lance un Manifeste de la Méthode.
    Quelque chose de concret, du style genre polyester qui aurait l’air de ne pas moisir dans les gothiques et qui psalmodierait tranquillement des lamentations tocs devant le Mur des Fédérés...
    Sur la fenêtre, je pourrais mettre un vieux chiffon rouge, histoire de bien signifier mes origines. Des tambours, aussi, et des crécelles à couvrir de leurs criasseries les millions de chevaux Paris, Milan, New York and so and so on.
    Au large, hommes tergaliens, boys d’alpaga, filles jeanisées au maxi, avec vos clous dessinant les orages du Guevara.
    Le Che crevé, crucifié, pourri déjà, même sur vos images.
    Dépoitraillez-vous, Hommes, s’il en reste, et venez vous chauffer au
    bain-marie de ma métaphore, celle qui appelle chat une amphore et gouttière un vieux thème serbo-croate.
    Au large ! Monocloez-vous l’oeil de rechange et changez de basse-cour.
    Fuyez vers les tramontanes d’Eros, puisez dans les accordéons des rythmiques plus sûres, vers les caniveaux.
    Plongez-y en lune à becs frisants... Vous y verrez peut-être une gorgée de solitude...
    Quand je me regardais, en ces temps, au ras du trotte madame, la neuille, des fois, une image reflétée me donnait la solution du style.
    Ma méthode est simple : Mettez-vous à coucou, Place de la Bastille et prenez-vous pour un serpentaire.
    Vous verrez alors qu’il n’y a plus de métaphore possible quand on se dénature, quand on se désanalyse, quand on s’antidate et qu’on s’insectise, quand, mouche devenue, pour prendre le quart dans un hôtel fameux où la passe est sanguine ou à Bidon’s City, vous pourrez sentir s’exhaler la queen, et la vrombir, et la gémir, et la voir même prendre son pied à certaines désinences. Alors, vous aurez accompli la mutation que j’attends de vous, Mouches vertes des prairies du double... Je vous ai créées.

    Je dirigeais alors des fantômes bon marché, dès que j’achetais dans des économats spécialisés en bizarreries, en relativisme du tout venant.
    J’avais une carte qu’on me tamponnait à chaque coup. L’employé me disait :
    - Alors, ça biche, Ferré ? Vous en prenez pour votre pognon ?

  • blackbear-
    • Posté à 19h31 le 07/11/2010
    • Internaute 117716

    Remaniement ministériel, Goncourt, téléréalité, Elections américaines, 2012,m la nouvelle tendance est au « Kill the suspense »....on connait déjà le vainqueur à l’avance.
    Alors ça sert à quoi de nous faire mariner.
    LOL

  • We want a shrubbery
    We want a shrubbery
    Fonctionnaire. A voté!
    • Posté à 19h50 le 07/11/2010
    • Internaute 100046
      Fonctionnaire. A voté!

    François Taillandier a publié deux romans cet automne (Les romans vont où ils veulent et Time to turn) et Antoine Volodine trois (Ecrivains, Les aigles puent sous le nom de Lutz Bassman, Onze rêves de suie sous celui de Manuela Draeger). Je finis ce soir Les romans vont où ils veulent avant d’attaquer Time to turn, et je vous le recommande chaleureusement, ainsi qu’Ecrivains, à la beauté insolite et mélancolique. Ces deux auteurs ne figurant sur aucune liste de prix susceptibles de rapporter de la bonne soupe n’ont aucune chance d’être mentionnés sur ce blog qui pour un media alternatif comme Rue89 ressemble fichtrement aux pages culturelles de Elle. Je n’ai rien contre Houellebecq, que je n’ai pas lu mais qui me semble plutôt bon écrivain. Despentes, polémiste très intéressante, est il faut l’avouer une romancière anodine. Mais gageons que si Angot nous avait bousé une de ses vastes bouses, elle se fût trouvée en lice pour l’un ou l’autre des hochets et eût donc fait l’objet de plusieurs chroniques sur ce blog pourtant censé se vouer à la littérature. Aux dépens sans doute (je reste dans le virtuel) d’une nouveauté de Sylvie Germain (quoiqu’elle ait baissé ces derniers temps), de Pierre Michon ou de Russell Banks.

    • Hubert Artus
      • Posté à 23h36 le 07/11/2010
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Bonsoir,

      Je suis d’accord avec vous pour les trois Volodine et pour Taillandier, qui sont des ouvrages dont j’ai parlé dans d’autres médias. J’envisage de m’occuper de taillandier, ici.
      Je suis sensible à votre critique, sachez le. Sachez aussi que ce blog se tient avec des moyens limités, et que je fais le maximum avec ce peu de moyens.
      Je n’ai jamais traité d’un livre de Christine Angot ici, et pourtant deux sont parus depuis que Rue89 et le Cabinet de lecture existent. Et en 2009 j’ai parlé ici même de Pierre Michon, pour son livre d’alors.
      De plus, je l’ai souvent dit : ce blog est fait aussi pour accueillir des papiers écrits par des internautes et des riverains de Rue89. Aussi, si vous avez envie d’écrire sur Volodine, c’est ouvert

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à We want a shrubbery
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 12h00 le 08/11/2010
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      What kind of shrubbery ?

  • Eric Dubois
    Eric Dubois
    auteur
    • Posté à 20h12 le 07/11/2010
    • Internaute 41076
      auteur

    J’ai créé un groupe sur Facebook « Les auteurs qui veulent passer à la télévision et dans les magazines ». Je pense à tous ces auteurs et je m’y inclue, en mal de reconnaissance ou simplement qui aimeraient de temps à autre un éclairage chez les grands médias ( vous en faites partie), presse écrite, radios périphériques, télévision, certains sites...
    Va-t-on encore continuer à encore parler des mêmes auteurs pendant encore longtemps, la plupart d’ailleurs romanciers ? Je n’ai rien contre eux.
    Mais je les considère un trop hégémoniques parce que sur-médiatisés..
    Il faudrait, chers journalistes, de temps en temps un peu plus de curiosité intellectuelle et aller au-delà des grands auteurs des grandes maisons d’édition, je ne sais pas, moi, mettre en avant des auteurs peu connus ou méconnus...Ne parlons pas des poètes qui ont rarement le droit au chapitre ! ou si peu. C’est comme si en évoquant le dernier siècle littéraire en France, à côté de Proust, Gide, Bernanos, Sartre, Camus on oubliait Char, Breton ou Guillevic !
    Parlez de Houellebecq je veux bien mais pas monopoliser l’attention avec cela... des mois et des mois..

    ERIC DUBOIS

    auteur, blogueur

    Les tribulations d’Eric Dubois
    Lien
    Le Capital des Mots
    Lien

  • stupidboy59
    stupidboy59
    Fines plaisanteries
    • Posté à 21h27 le 07/11/2010
    • Internaute 124816
      Fines plaisanteries

    Michel Houellebecq peut-il rater le Goncourt ?

    Il a déjà raté tellement de choses...

    • sorry
      sorry répond à stupidboy59
      panseuse
      • Posté à 19h18 le 09/11/2010
      • Internaute 25235
        panseuse

      Je l’ai entendu ce matin sur Inter, et c’est un homme qui ne donne pas envie qu’on le fréquente : il en rien à foutre de la politique, pour lui c’est chacun pour soi.... Par les temps qui courent, je trouve ça méprisable de la part d’un personnage public de tenir des propos pareils !

  • saldou
    saldou
    retraité
    • Posté à 22h17 le 07/11/2010
    • Internaute 111950
      retraité

    pas croyable !
    t’as déjà lu un livre ?

  • Lisa86
    Lisa86
    Assistante de com dans un (...)
    • Posté à 00h57 le 08/11/2010
    • Internaute 123847
      Assistante de com dans un (...)

    Moi, oui, Extension du domaine de la lutte... et je cherche toujours en quoi Houellebecq peut être considéré comme un écrivain... à part le plaisir masochiste de l’intelligentsia parisienne à décrire un monde déliquescent ? mais ça, Céline le faisait avec style il y a 70 ans, style dont Houellebecq est cruellement dépourvu !

  • A déménagé le 21 mars
    • Posté à 01h02 le 08/11/2010
    • Internaute 74471
      brinleu

    Quand on aime la littérature c’est pas nécessaire de parler des prix. Surtout celui-là.

  • Homere elmero
    Homere elmero
    communiste primitif
    • Posté à 02h11 le 08/11/2010
    • Internaute 87706
      communiste primitif

    Houellebecq est donc le seul ecrivain en France ? Un peu ca va, mais vraiment le style n’y est pas, c’est plat, plat, plat... sans doute intelligent, mais plat. Une epoque sans relief ou le quotidien l’emporte sur tout le reste aurait ainsi les auteurs qu’elle merite. C’est peut etre bien ca, l’explication.

  • about2becom
    about2becom
    Chômeur
    • Posté à 07h36 le 08/11/2010
    • Internaute 132331
      Chômeur

    Article intéressant, je suis quand même un peu sceptique sur les arguments avancés pour fragiliser la candidature du livre de Mathieu Enard (et du coup pour faire monter la côte de celui de Houellebecq, hé hé hé). je cite :

    « Convenons aussi qu’il témoigne d’un jalon dans une œuvre forte, mais qu’il n’a pas de la trempe de son prédécesseur, “ Zone ”. Lui donner le Goncourt dès maintenant le muséifierait trop tôt, et il n’en a pas l’âge ».

    Mathieu Enard a le même age que Laurent Gandé, qui a reçu le Goncourt en... 2004.

    Le jugement « il n’a pas de la trempe de son prédécesseur » sied assez bien au dernier Houellebecq.

    • Papiercrepon
      Papiercrepon répond à about2becom
      (on se cherche)
      • Posté à 10h51 le 08/11/2010
      • Internaute 36895
        (on se cherche)

      Merci pour ces précisions sur M.Enard.

      Je croise les doigts pour lui depuis que j’ai appris qu’il était dans la sélection, c’est de loin mon préféré sur les 3 que j’ai lu (je n’ai pas lu celui de Kerangal).

      « Parle-leur de batailles... » : à lire et à offrir, qu’il soit ou non récompensé... un roman sublime !

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 10h13 le 08/11/2010
    • Internaute 38451
      pigiste

    Pitié, pas encore Houellebeurk : il n’y a vraiment rien d’autre de lisible ?

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