Prise de baecque

Journal de bord culturel d'Antoine de Baecque, historien et critique, passionné de cinéma.

Sarkozy ou la panne culturelle

Publié le 21/01/2008 à 09h14

Il est devenu presque banal de le dire : la politique culturelle de la France est en panne. Depuis l’annulation du festival d’Avignon en 2003, le malaise est frappant. Echec évident mais étonnant au regard des efforts déployés au cours des siècles, puisque depuis Louis XIV, la culture est la grande affaire française, expression de la majesté du pouvoir et de la gloire du souverain. Si la culture, en France, sert une fois élu, une fois le pouvoir conquis (rarement pour être élu et conquérir sa part de gâteau), Nicolas Sarkozy a terriblement déçu de ce point de vue durant les premiers mois de son règne. Et la panne culturelle est aussi et désormais avant tout la sienne.

Une très forte baisse du soutien de l’Etat menace aujourd’hui la diffusion et l’action culturelle dans tous les domaines. Les représentants du spectacle vivant ont certes été in extremis calmés par une rallonge budgétaire sorti d’un chapeau de magicien au tout dernier moment, mais il ne s’agit là que d’un pansement sur une jambe de bois : les Frac dans le domaine de l’art, de larges secteurs du cinéma, de la musique et des cultures dites « urbaines », sont menacés de baisse de subventions à hauteur d’un tiers des investissements de l’Etat.

La mobilisation des professionnels de la culture

La situation est alarmante et a jeté dans la mobilisation une part notable de ces professions : le 11 janvier, le cinéma Saint-André des Arts, à Paris, recevait ainsi près de 300 professionnels de l’action culturelle cinématographique, ceux qui diffusent en France les films de qualité, qui réclament d’être entendus, respectés, aidés, et promettent d’ores et déjà de faire de la cérémonie des Césars, le 22 février prochain, l’occasion de se faire entendre de manière spectaculaire au niveau national. Les Césars 2004, souvenons-nous en, avaient sonné le glas du ministère Aillagon, défait par la crise des intermittents. Christine Albanel résistera-t-elle au mois de février ? Malheureusement, le malaise est plus profond qu’un simple poste de ministre de la culture, qui ne représente plus grand chose sur la carte politique contemporaine. Car si la culture française est en panne, c’est d’abord parce que, chez Nicolas Sarkozy, cette défiance à l’égard d’une culture, qu’elle soit classique ou avant-gardiste, associée à l’élitisme, à un monde coupé de la France réelle, est davantage qu’une pose de campagne électorale.

Un Président méfiant vis-à-vis de la culture

Cela semble chez lui un élément constitutif, psychologiquement et « culturellement ». La France a élu comme Président un homme profondément méfiant vis-à-vis de la culture, peu cultivé lui-même et fier de l’être, cultivant davantage les valeurs de l’ascension sociale, du travail, de l’effort, du nationalisme, de l’initiative individuelle, affichant les signes extérieurs d’un clinquant existentiel et d’une réussite matérielle de parvenu qui ne peuvent que choquer tout véritable homme de culture.

Même la langue qu’il parle est rebelle à la culture. La constitution ne précise certes pas de quelle qualité de langue française doit user le Président. Mais tout de même ! A l’écrit, Sarkozy n’innove guère, usant de la novlangue politique devenue malheureusement commune, qui associe les métaphores sportives, biologiques, sentimentales dans un cadre médiatico-administratif profondément normé, composant un sabir positif et volontaire, psychologisant et simplifié.

A l’oral, par contre, il se lance, parfois frénétiquement, dans une langue de la proximité, de la connivence, de la formule choc ou de l’emporte pièce. Ce n’est pas une langue dont la référence est la culture lettrée, ni l’histoire, ni même le bon usage, mais qui veut se faire complice, copine, spontanée, relâchée, tutoyante, « cette langue qui caractérise le verbe public du show-biz, par exemple dans les talk-show », analyse le linguiste Pierre Encrevé (Libération du 13 octobre 2007) ou le philosophe Alain Badiou (« De quoi Sarkozy est-il le nom ? “ aux ed. Lignes).

Les propositions ‘culture’ du candidat

Pourtant, parfois Sarkozy sait parler de culture. En quelques mois, il a ainsi mis en avant deux textes : les propositions ‘Culture’ de son Projet de candidat à la présidence, d’une part, puis, le 1er août 2007, une fois élu, la Lettre de mission adressée à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de François Fillon. Hyper-président, il s’occupe de tout, y compris de ce qui ne semble pas l’intéresser, et a placé la ministre de la Culture, issue du sérail chiraquien, sous la surveillance directe de son propre conseiller culture à l’Elysée, Georges-Marc Benamou, l’un de ces transfuges d’une ancienne gauche prête à tout pour fréquenter les allées du pouvoir.

Le premier budget de la culture de Christine Albanel, présenté le 26 septembre 2007, n’est pas mauvais en soi, près de 3 milliards d’euros, en progression de 3,2%, privilégiant le patrimoine, les arts plastiques, l’éducation artistique. Mais le ministère, passant sous les fourches caudines de la Révision générale des politiques publiques, programme d’audit qui vise au gain de productivité, à la réduction du nombre de fonctionnaires, au rétrécissement du périmètre de l’Etat, a finalement considérablement réduit ses investissements réels en matière de politique culturelle, soit une baisse des subventions, tous domaines confondus, de l’ordre de 20%. Il s’agit rien moins que d’aligner le fonctionnement public sur le modèle de l’entreprise privée et de la rentabilité à court terme, ce qui ne laisse pas d’inquiéter.

De Malraux et Lang à... Sarkozy

Dans ses textes sur la culture et sa place en France, Sarkozy ne manque pas de s’inscrire dans un double héritage : 1959 et la création du ministère par Malraux, puis ‘un second cycle politique, dans les années 80’, c’est-à-dire l’action de Jack Lang, sans le citer nommément. Revendiquant ces ‘acquis considérables’, il n’en constate pas moins ‘l’échec de la démocratisation culturelle’ : ‘De fait, notre politique culturelle est l’une des moins redistributives de notre pays. Financée par l’argent de tous, elle ne bénéficie qu’à un tout petit nombre.’

De là, le souhait qui ouvre chacun de ces deux programmes : ‘Je veux que la culture soit faite pour le peuple...’ Ce qui, après plus d’un siècle d’association presque obligée entre peuple et culture n’est guère surprenant et se colore de toutes les teintes du spectre politique. Viennent ensuite ‘mes priorités pour la politique culturelle’ : défendre la diversité culturelle, reprise de l’ambition chiraquienne de l’exception ; la valorisation du patrimoine, valeur refuge traditionnelle de la droite culturelle au pouvoir ; faire ‘entrer la culture et l’art dans les quartier’, volontarisme à l’égard des banlieues qui ressemble surtout à une rhétorique creuse, voire démagogique ; la rencontre du monde de l’art avec celui des technologies de l’information, champ de possibles ouvert par la récente révolution numérique et virtuelle qui, dans son exploration sarkozyenne, semble surtout une autoroute sans péage offerte au libéralisme culturel et aux principales entreprises de la culture de masse, parfois d’ailleurs dirigées par les proches amis du nouveau Président, tels Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère.

Dans ses grandes lignes, ce programme culturel ne brille pas par son ambition. Sarkozy semble considérer que le monde de la culture n’est pas le sien, et se montre extrêmement prudent. Il cherche essentiellement à déminer un terrain hostile, à circonscrire le champ de ceux qu’il considère comme ses adversaires irréductibles et à annihiler par avance leurs attaques. Alors qu’il est souvent si offensif dans de nombreux domaines simultanément, n’hésitant pas à investir tout azimut le champ historique, Nicolas Sarkozy cantonne la culture à quelques classiques : la diversité, le patrimoine, les nouvelles technologies, la terre de mission des ‘quartiers’.

Un mouvement de fond plus ancien

De fait, la politique culturelle sarkozyenne, selon un mouvement de fond plus ancien qui s’accélère et s’amplifie, est pour l’essentiel laissée aux initiatives locales : ce sont les notables municipaux et régionaux qui s’en emparent et en gèrent désormais la plupart des crédits. Libéralisme bon teint au niveau national, patrimoine comme rappel de la grandeur passée, et localisme de la gestion et des décisions culturelles.

On sait que les artistes regardent avec méfiance cet ultime mouvement de transfert des responsabilités, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Mais ils n’ont pas tout à fait tort, surtout en regard du népotisme, du clientélisme et de la démagogie en milieu de proximité, qui se manifestent souvent avec une discrétion remarquable, mais n’en sont pas moins les plaies de la délégation locale de la politique culturelle. Bientôt, le ministère de la Culture, allant jusqu’au bout de cette logique, ne gardera plus sa tutelle directe que sur quelques grands établissements nationaux. C’est une politique cohérente, mais qui n’est pas sans danger.

Malraux évoquait déjà la petitesse de la province, ‘mot hideux’ ; un demi siècle plus tard, les notables municipaux ou régionaux qui ont mis la main sur la culture n’ont pas forcément moins d’idées étroites. Mais ils ont de plus en plus de pouvoir, ce qui n’est pas sans danger pour l’indépendance des arts et le désintéressement des enjeux de culture. Tout se passe comme si, par le biais du local, la culture accessible avait remplacé la culture pour tous. Mais qu’est-ce que l’accès à la culture, dans bien des cas, si ce n’est toujours plus d’art pré-mâché et de discours communicant ? En tous les cas, on y constate davantage de facilités et d’événements frelatés que d’exigence véridique pour une culture partagée. Ce qui est annoncé comme un partage des compétences entre l’Etat et les collectivités locales masque dans de nombreux cas les dérives du populisme municipal et du clientélisme régional.

► Antoine de Baecque publie le 10 mars prochain : ‘Crises dans la culture française. Anatomie d’un échec’ (Bayard).

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  • André Dupneu
    André Dupneu
    chef du contentieux
    • Posté à 09h36 le 21/01/2008
    • Internaute 24633
      chef du contentieux

    De la panne culturelle en Sarkozie...

    On apprenait ce matin que la dame Albanel a pour projet de créer une taxe pour faire face au manque cruel et douloureux de fonds d’état pour l’entretien du patrimoine architectural du pays, estimé à 7 (SEPT) MILLIARDS d’euros. Cette taxe, à l’instar de celle sur les billets d’avions de Chirac, s’appliquerait aux chambres des hôtels de luxe, et rapporterait bon an mal an... 50 millions d’euros.

    Vous avez dit dilapidation du patrimoine ? Non, car du fric, il y en a. La seule question est l’approche catastrophique du domaine culturel par les microcosmes riches camouflés à l’ouest de la Kapitale, du quartier de la Pompe jusques au château des Versaillais.

    Sombre avenir pour notre passé, alors que cette aristocratie, qui montre en réalité qu’elle n’en est pas, est sensée en assurer la pérennité.

    • pikasso02
      • Posté à 11h33 le 21/01/2008
      • Internaute 10134

      Si nous basons notre culture sur le patrimoine architectural, notre culture est loin d’être pauvre. Et prévoir 7 milliards d’euros pour entretenir ce patrimoine, je trouve cela lamentable. C’est à l’enseignement que devraient aller ces 7 milliards en plus du montant qui lui est alloué. C’est de professeurs d’Histoire de l’art et des civilisations que nous avons besoin. En France nous nous intéressons au cadre, mais bien peu à la peinture qui va dedans. Que la France soit un futur musée architectural, pourquoi pas ! Mais qu’on nous le dise franchement. Les jeunes ont besoin de savoir. Mais ce n’est pas en sachant refaire des chaises Louis XIII ou XVI que nous nous cultiverons. La pensée, non unique, reste essentielle, à condition de posséder des connaissances. La création renaîtra en France quand les yeux seront un peu moins tournés vers ces vieilles pierres mais vers les processus créatifs qui font l’invention et le désir d’inventer. Je suis désespéré quand je vois le peu de réactions sur des articles sur le théâtre par exemple. Les réactions rendent compte du niveau culturel.

    • quetzal2012
      quetzal2012 répond à André Dupneu
      enseignant précaire
      • Posté à 12h40 le 21/01/2008
      • Expert 26736
        enseignant précaire

      en effet nous sommes passée de la culture à la com, il n’es pas de bon ton aux yeux du gvnt de donner à penser, de faire que les futures générations possèdent l’esprit critique suffisant pour cracher la soupe qu’on veut bien lui servir à la télé dans les journaux...
      L’IUFM prépare des cerveaux formatés tout prêts à en annihilir d’autres ceux des élèves...
      La disparition du texte ( les textes fondateurs, classiques...) au profit de l’image, de la pub, des sondages ( nottament dans l’étude des langues....) un nivellement par le bas qui foule au pied ce qu’il reste de culture dans l’enseignement secondaire (voir le nouveau socle commun de connaissance...)
      Manuel D’histoire : il est prévu de retirer des programmes la crise de 29 (comme si le capitalisme n’avait jamais connu de crise), la guerre du Vietnam ( chacun appréciera...)
      présenter la culture comme une culture bourgeoise n’est fait que pour susciter l’adhésion du peuple...mais erreur... la culture est partout, tout le temps, dans les conversations des bistots,dans chaque prise de conscience du système dans lequel on vit, dans le bon sens...La culture ne se trouve pas que dans les bibliothèques, elle est partout où la liberté s’exprime, où la mémoire survit...Sarko va se casser les dents la-dessus comme sur le reste, c’est un ballon de baudruche ! ! !
      NB : un président complètement inculte, en d’autre temps, ceux de Villon, il aurait eu un joli couvre-chef nottament après son aveu de bêtise et d’ignorance nottament sur la « monarchie élective »
      Les fondements de la culture, c’est la CURIOSITE ! ! !
      réagissez : Lien

      • larissaD
        larissaD répond à quetzal2012
        • Posté à 22h14 le 25/01/2008
        • Internaute 29292

        Je suis bien d’accord avec toi mais pourquoi un (tel) gouvernement voudrait promouvoir la culture, la réflexion, la pensé ? ? Ce serait bien trop dangereux ! ! ! un peuple qui pense, qui a un esprit critique et qui use de sa liberté... ce serait l’anarchie... et dans le vrai sens du terme !
        Bref on est pas près de voir un gouvernement s’y atteler !

    • Thomas GREDAT
      • Posté à 15h49 le 21/01/2008
      • Internaute 23794

      Je suis encore plus inquiet, quant à l’avenir de la culture dans notre pays, quand la ministre rend un hommage appuyé à la mémoire de Carlos !

      • Tinhinane
        Tinhinane répond à Thomas GREDAT
        Médiatrice scientifique
        • Posté à 18h19 le 21/01/2008
        • Internaute 4901
          Médiatrice scientifique

        L’hommage appuyé à Carlos ne me poserait pas de problème si la ministre avait un projet culturel. Elle n’en a pas et ça c’est très grave. Les nomminations aux ministères et à la tête des établissement publics culturels, éducatifs, de la recherche etc. relèvent de plus en plus ouvertement et avec arrogance de la politique politicienne, du « cousinage »...

    • pautreb
      pautreb répond à André Dupneu
      • Posté à 20h24 le 21/01/2008
      • Internaute 5656

      Nous allons etre sauvé par notre nouvelle Marie antoinette. Allez donc voir ce qu’elle pense sur ;
      Lien

      • sorry
        sorry répond à pautreb
        panseuse
        • Posté à 13h39 le 22/01/2008
        • Internaute 25235
          panseuse

        dommage que ce site soit en anglais, pourriez vous en quelques mots résumer la « pensée » de Mme Bruni ?

         
        • larissaD
          larissaD répond à sorry
          • Posté à 22h30 le 25/01/2008
          • Internaute 29292

          En gros elle explique qu’elle ne se sent pas française mais italienne, qu’elle n’a pas voté aux dernières élections et qu’elle n’aime pas les français (qui ont une « attitude négative », qu’ils sont grincheux et qu’ils s’énervent dès qu’on ne parle pas français) et que paris est horriblement pollué et très désagréable... que sarkozy est mature car il est vieux, qu’il est « son » napoléon...
          quelle belle « pensée » pour la « première dame de france » ! !
          en plus d’insulter le peuple français elle insulte l’image de la femme en s’exhibant à poil tous les quarts d’heure...
          j’avais bien aimé son album mais il faut avoué que maintenant j’ai honte...
          Et quel mépris ! ! pour une femme qui ne s’ait donner la peine que de naitre et d’être jolie je trouve ça pathétique ! C’est Descartes qui disait qu’on ne peut s’éstimer que pour les choses qui ne dépendent que de nous, la pauvre elle à pas grand chose..
          Triste France !

        1 autres commentaires
    • pautreb
      pautreb répond à André Dupneu
      • Posté à 20h25 le 21/01/2008
      • Internaute 5656

      Nous allons etre sauvé par notre nouvelle Marie antoinette. Allez donc voir ce qu’elle pense sur ;
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  • glups
    • Posté à 09h50 le 21/01/2008
    • Internaute 9348

    Souvenez vous... Qui a dit « quand j’entends parler de culture, je sors mon révolver ».....
    La culture est dangereuse pour toute pensée unique...
    Et juste derrière, c’est le tour des intellectuels.

    • pikasso02
      pikasso02 répond à glups
      • Posté à 11h13 le 21/01/2008
      • Internaute 10134

      Bonjour glups
      Si la culture est dangereuse pour une pensée unique, j’espère que vous ne pensez pas qu’elle ne l’est pas, quand elle est variée. Et que des spécialistes ont le droit de s’exprimer en un unique domaine, si c’est leur truc.
      Je ne saisis pas, « Et juste derrière, c’est le tour des intellectuels ». Que voulez-vous dire ? Etes-vous contre les intellectuels ?

      • glups
        glups répond à pikasso02
        • Posté à 18h19 le 21/01/2008
        • Internaute 9348

        J’ai du mal m’exprimer......
        Pourtant ça me paraît simple à comprendre.
        J’ai voulu dire que, de tout temps, le premier soin d’un régime autoritaire a été de réprimer la culture et les intellectuels.
        Et la phrase que j’ai cité est de Gobbels.

         
        • Thomas GREDAT
          Thomas GREDAT répond à glups
          • Posté à 18h37 le 21/01/2008
          • Internaute 23794

          Je l’ai longtemps cru moi-même. Mais il y a quelques mois, un forumeur m’a dit qu’elle était de Baldur von Schirach, autre dignitaire du régime nazi.
          Ce qui ne change rien à votre remarque : la culture a été et sera toujours l’ennemie des dictatures.
          Je me souviens de ce qu’on m’a dit lors de mon service militaire : « Penser, c’est commencer à désobéir ».
          Avec un raisonnement comme ça, il y a des généraux qui n’iront jamais à Londres.

        • pikasso02
          pikasso02 répond à glups
          • Posté à 09h16 le 23/01/2008
          • Internaute 10134

          merci glups Bonne journée

          • pikasso02
            pikasso02 répond à pikasso02
            • Posté à 09h30 le 23/01/2008
            • Internaute 10134

            J’ai répondu un peu vite à glups. J’avais compris le sens des propos de Gobbels, mais ce qui me dérange, c’est que j’entends souvent cette phrase dans la bouche de personnes qui rejettent toutes émissions culturelles. D’ou la difficulté à comprendre ses personnes. Que la culture dérange Gobbels et lui fasse sortir son révolver, est une chose, mais que l’écoute d’émissions culturelles provoquent des irruptions de boutons chez ceux qui citent cette phrase...j’étais un peu perdu, d’ou ma question. A+

        3 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à glups
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h44 le 21/01/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Allons , allons . pas d’ amalgame , Sarkozy ne sort pas de « revolver »
      Quand il entend le mot culture , il sort juste son Flash Ball ..

    • Crispus
      Crispus répond à glups
      • Posté à 13h51 le 21/01/2008
      • Internaute 15293

      Derrière... derrière... Qu’avez-vous derrière la tête à propos d’intellectuels et de derrière ? ...

      • Anonyme répond à Crispus

        C’est peut-être que pour certain, la culture se situe surtout au niveau de la première syllabe.

    • jissé
      jissé répond à glups
      Ingé retraité
      • Posté à 18h31 le 21/01/2008
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      A Glups.

      Je me permet d’ajouter ce complément d’info, pour les jeunes générations.

      Ceux pour qui la période nazie c’est de l’histoire ancienne.

      Et ils sont excusables : De la fin (1.945) à nos jours 63 ans se sont écoulés.

      La phrase est de Goebbels, idéologue d’Hitler.

      Mais Brecht reste plus que jamais d’actualité :

      _ « Il est encore fécond le ventre d’où est sorti la bête immonde. »

      Cordialement et bonne soirée.

      JC

  • inté-rupteur
    inté-rupteur
    Retraité île de France
    • Posté à 09h57 le 21/01/2008
    • Internaute 28572
      Retraité île de France

    Il n’y a q’à voir de qui s’entoure le chef de l’étaten matière d’artistes : Halliday - Barbelivien - Bigard - Clavier, pour imaginer son niveau de culture.
    Je suis très triste pour notre pays.

    • elle-vessia
      elle-vessia répond à inté-rupteur
      artiste visuelle
      • Posté à 10h23 le 21/01/2008
      • Internaute 15849
        artiste visuelle

      Et peut-être bien qu’il va épouser une artiste bien-bien cultivée, ne l’oubliez- pas !

    • pikasso02
      • Posté à 11h42 le 21/01/2008
      • Internaute 10134

      Le chef d’état s’entoure des personnes les plus demandées des Français ! Où est le problème ? Pas fou, le chef d’état ! Est-ce qu’il aurait été élu s’il avait eu autour de lui des intellectuels, ceux qui veulent justement que la France change. La démocratie et la culture n’ont et ne peuvent pas faire bon ménage ! Ne nous voilons pas les yeux ! C’est de cela qu’il faudrait parler entre nous tous.

      • Crispus
        Crispus répond à pikasso02
        • Posté à 13h49 le 21/01/2008
        • Internaute 15293

        Sûr ! Pour une bonne culture il faut une bonne dictature !

      • pautreb
        pautreb répond à pikasso02
        • Posté à 14h15 le 21/01/2008
        • Internaute 5656

        Extraordinaire , ou avez vous pris que les personnes qui entourent sarko sont les plus demandés par les Français,n qui cela, les guaino and c°, Carla ? , l’invisible Fillon ?
        Le mot « intellectuel » hérisse Sarko et ces gens qui se veulent « d’action » .Comme a dit Lagarde : « trève de discours, ne pensez plus mais agissez »
        Normal, son patron est manifestement inculte. il ne parle mème pas correctement le françàis : « n’estce pas ma-ame chabot »

      • kassis01
        kassis01 répond à pikasso02
        • Posté à 21h05 le 21/01/2008
        • Internaute 24687

        Je vous suis. Nous vivons une époque formidable. Vive TF1 ! La dictature de l’audimat va sauver notre Grande Culture française.
        La lutte contre l’abêtissement est en marche. En réaction salutaire à ce monde télévisuel pitoyable, les gens vont maintenant s’intéresser au beau, à la littérature, à la musique. La France va reconquérir sa place de phare du monde.
        Notre Grand Président telle une ampoule basse tension va rayonner sur le monde moderne.
        écologiquement vôtre,

  • compte supprimé 22 janvier
    • Posté à 10h07 le 21/01/2008
    • Internaute 24826

    La culture basique pour un Président de la République devrait déjà être le maniement correct de la langue française. Et Albanel ne s’est fait remarquer qu’avec les projets de taxation du gouvernement en laissant à TF1 le soin de prendre le relais culturel de la France.

  • Bon Scott
    • Posté à 10h11 le 21/01/2008
    • Internaute 24531

    Sarkozy ou la panne.... (tout court)

  • Jachri
    Jachri
    Bénévole association
    • Posté à 10h30 le 21/01/2008
    • Internaute 25661
      Bénévole association

    Rien d’étonnant à ce que la politique sarkosienne de la culture soit aussi pauvre quand on voit que les marques de symboles « forts » qu’il a données, jusqu’à maintenant, sont Disneyland ou encore Petra où il n’a emmené sa dulcinée que parce que son ex y avait retrouvé son amant deux ans auparavant... La culture du paraître en opposition flagrante à l’être qui caractérise cette présidence est consternante. Il n’est pas cultivé et ne souhaite pas l’être, ça ne serait pas un problème en soi s’il laissait son ministre de la culture faire son travail... Mais non, comme pour tous les domaines, ce boulimique veut aussi décider ! Avec les résultats à pleurer que l’on voit dans votre article.
    Et les intellectuels de ce pays (il en reste quand même !), ils disent quoi ? ? ?

    • larissaD
      larissaD répond à Jachri
      • Posté à 22h42 le 25/01/2008
      • Internaute 29292

      Le problème c’est que les vrais « intellectuels » de ce pays ne sont pas ceux qu’on entend dans les médiats (a part quelques rares émission de radio) on préfère les BHL et les Onfray qui sont dans le flash et l’instantané qui prétendent « démocratiser » la philo (par exemple) mais qui ne font que la vulgariser... c’est tragique, on entend qu’eux ! Pourtant il en reste beaucoup, dans les facs, dans les centres de recherche (ect) mais ils sont invisible et surtout inaudible : l’audience demande de la rapidité, du choc, de la paillette... alors forcément...

  • ventrachou-rouge
    ventrachou-rouge
    côte sud Vendee
    • Posté à 10h40 le 21/01/2008
    • Internaute 1761
      côte sud Vendee

    Avec un président qui va se goinfrer chez Johnny, c’est son concept de la culture ! !
    Le pire c’est qu’il cherche à étouffer toute la créativité qui n’est pas à son gout.

    • pikasso02
      • Posté à 11h52 le 21/01/2008
      • Internaute 10134

      Je ne crois pas qu’écrire « Le pire c’est qu’il cherche à étouffer toute la créativité qui n’est pas à son goût » apporte de l’eau au moulin. Des preuves de ce que vous dites serait plus judicieux. Chacun est libre d’aimer qui il veut. Nous aurons bientôt une réponse par les émissions qui remplaceront les PUB. Pour l’instant, ce n’est pas Sarko qu’il faut critiquer, mais tous les Français qui n’ont que faire de la culture. La preuve par le peu de réactions aux articles culturels.

      • Brain Washin
        Brain Washin répond à pikasso02
        • Posté à 16h40 le 22/01/2008
        • Internaute 29348

        Completement d’accord ! ! !
        Il est plus facile pour un artiste français d’exposer ou de faire valoir sont travail à l’étranger quand France.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 11h09 le 21/01/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    les electeurs de Sarko , pour la plupart , n’en ont rien a faire de la culture , ce president leurs convient , le soir des elections : concert geant avec Mireille Matthieu , Enrico Macias , des danseuses et des choristes de la mort ! lol ! quand a Albanel , le jours ou elle va se prendre une greve des intermittents , on va rigoler ! attention , entendont nous bien , pour beaucoup d’artistes Sarko ou un autre ne change rien , ils se debrouillent tout seul depuis tres longtemps ( les musiciens en particulier) et la societé continuera a les considerer comme des martiens ! Bonjours a la Ministre de la Star Ac !

    • re-belle
      re-belle répond à cooper59
      mère au foyer
      • Posté à 12h52 le 21/01/2008
      • Internaute 24966
        mère au foyer

      d’après le figaro culture « des voix discordantes », la star’ac est en mauvaise passe ! ! ! ...

      • Crispus
        Crispus répond à re-belle
        • Posté à 13h46 le 21/01/2008
        • Internaute 15293

        Mauvaise passe ? Bah, ils n’ont plus de bonnes gagneuses sans doute...

    • Adarshini
      Adarshini répond à cooper59
      Idéaliste
      • Posté à 19h05 le 21/01/2008
      • Internaute 14044
        Idéaliste

      Beaucoup d’artistes sont intermittents du spectacle, et c’est ce qui leur permet de crouter quand ils préparent leurs spectacles.

      Je ne suis donc pas tout à fait d’accord quand vous dites que lui ou un autre ne change rien pour eux. S’ils corsent encore le statut d’intermittent, c’est un paquet d’artistes qui vont dire adieu à leur statut. Et les seuls intermittents qui survivront seront : les techniciens de la star ac’ (alors qu’ils pourraient avoir un statut de salarié)

       : -(

  • Sacha25
    • Posté à 11h23 le 21/01/2008
    • Internaute 24877

    Sarkozy n’a pas de problème culturel. Il n’y a qu’à demander au pape, lui,il sait

  • PCM
    PCM
    X
    • Posté à 11h26 le 21/01/2008
    • Internaute 25242
      X

    Le recrutement du ministère de la culture traduit depuis des années cette pauvreté qui n’est pas seulement celle de Sarkozy mais d’une grande partie de l’UMP : on fait passer les copains et les fils de, le plus souvent bien médiocres. Mais ceci ne se limite pas à la seule culture, ce sont tous les domaines intellectuels qui sont torturés par ce système. La France sarkozienne est une escroquerie politique.

    • Tinhinane
      Tinhinane répond à PCM
      Médiatrice scientifique
      • Posté à 18h23 le 21/01/2008
      • Internaute 4901
        Médiatrice scientifique

      Ce fut malheureusement également le cas avec une certaine gauche. Le règne de la médiocrité ne date pas d’aujourd’hui.

    • Etruscobis
      Etruscobis répond à PCM
      • Posté à 00h52 le 22/01/2008
      • Internaute 29341

      Les media représentent abusivement la culture et il serait intéressant de faire l’arbre généalogique de nombreux intervenants quotidiens sur les telés et radios à grande écoute. On serait sans doute surpris de voir les dynasties en tous genres.
      On y pense plus facilement en ayant un peu d’ancienneté d’écoute...

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 11h35 le 21/01/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Bande de médisants ! ! ! !

    L’omnhyperprésident compte sur la télévison pour réparer la culture : Sébastien, Cauet etc...

    Voilà la culture du peuple ! ! !
    Attention penser est dangereux

    Lien

  • S.A.T.A.N
    S.A.T.A.N
    Etudiant
    • Posté à 12h00 le 21/01/2008
    • Internaute 25349
      Etudiant

    Sarkozy ou la panne culturelle...

    Comme dit cooper59, les artistes ont très souvent été mis en marge de la société et arrivent à s’en sortir.

    Sarko ne développera peut-être que la culture people mais l’exception culturelle française n’est pas seulement l’argent donné par l’Etat et passer un certain pourcentage de musiques et films français.

    C’est aussi que la population française possède une culture générale moyenne relativement développée. Elle devrait se reprendre en main pour montrer que les star’ac & co ne les intéressent pas, si elle n’est pas déjà lobotomisée par la télévision et la communication de Sarko...

  • plum-o-vent
    • Posté à 12h02 le 21/01/2008
    • Internaute 28927

    ce qui me désole dans l’ére sarkozienne c’est qu’en s’appuyant sur des « artistes » tels Bigard, Barbelivien et consorts il emporte l’adhésion des couches populaires. Ségolène Royal qui avait le soutien d’artistes de qualité était cataloguée candidate des « intellectuels parisiens » (comme aux Etats-Unis lors de la dernière présidentielle).
    Je suis fille d’ouvriers et dans les années 60 nos professeurs nous proposaient chaque année un abonnement pour la saison au TNP (bon marché). J’en ai gardé un souvenir émerveillé, la qualité des acteurs et des spectacles, les trompettes qui annonçaient le début du spectacle, tout m’est resté en mémoire.
    Aujourd’hui, faute de moyens, les milieux populaires n’ont que la télévision et malheureusement je crois qu’ils regardent plus facilement TF1 et la star ac que Mautpassant sur France2.
    Je pense que tout est question de volonté politique, on peut offrir des spectacles de qualité et populaires. Mais ce n’est pas le but de Sarkozy, éviter de faire réfléchir le bon peuple c’est plus rentable.

    • ras-la-patience
      • Posté à 15h33 le 21/01/2008
      • Internaute 10027

      il y a surement toujours de bons professeurs comme ceux dont vous parlez, mais il ne peuvent plus vous proposer le même TNP, celui de Jean Vilar, qui, toute sa carrière a du se battre contre les politiques pour obtenir les moyens de la qualité qu’il souhaitait.
      d’autres profs, oui, un autre Vilar, on attend toujours.
      et s’il en existait un aujourd’hui, il n’est pas certain qu’il trouverait sa place !

      • Melba
        Melba répond à ras-la-patience
        • Posté à 10h08 le 22/01/2008
        • Internaute 26195

        Allez voir les spectacles de Christian Schiaretti qui oeuvre à Villeubanne sous le sigle Vilarien de T N P. En espérant qu’on lui donne les moyens de continuer son magnifique travail. Si, il y a encore de belles choses au théâtre, malheureusement pas assez diffusées faute de moyens, c’est vrai

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 12h38 le 21/01/2008
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Merci Antoine de Baecque et Rue 89 pour cet article très juste sur un sujet que désertent malheureusement de nombreux médias et pratiquement l’ensemble des partis politiques. Pour apporter d’autres éclairages et approfondir le débat je vous propose des liens ci-dessous.

    Sur le site Lien ceux qui n’avaient pu écouter la série de documentaires de Martin Quenehen et Philippe Rouy, programmée sur France culture dans l’émission « Sur les docks » produite et coordonnée par Jacques Chevalier, « Rendre la culture au peuple : 50 ans de politique culturelle française », peuvent la lire grâce à leurs transcriptions intégrales.

    - Les années Malraux : les chefs-d’œuvre dans la maison (1959-1969)
    Lien

    - L’entre deux mai : création et créativité (1969-1981)
    Lien

    - Les années Lang : La culture sans frontière (1981-1993)
    Lien

    - Les années 1990 : la culture, le maire et la mondialisation (1993-2002)
    Lien

    - Les années 2000 : l’avenir est à nous
    Lien

    Je mets également à votre disposition les liens vers les transcriptions du colloque « La culture n’est plus un enjeu politique ? », initié par France Culture et Arte, qui s’est tenu, le vendredi 01 décembre 2006, à la Cinémathèque Française, quelques mois avant les élections présidentielles.

    - Pourquoi le politique déserte-t-il la culture ?
    Lien

    - Le modèle culturel
    Lien

    - Révolution culturelle ?
    Lien

    - La culture n’est plus un enjeu politique ?
    Lien

    • re-belle
      re-belle répond à Tinhinane
      mère au foyer
      • Posté à 13h02 le 21/01/2008
      • Internaute 24966
        mère au foyer

      à tinhinane : comme il y a rien à la télé ce soir j’ai de bonnes lectures ! ! ! ...merci

    • ras-la-patience
      • Posté à 15h37 le 21/01/2008
      • Internaute 10027

      un grand merci pour ces liens précieux, je vais me régaler.

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 12h46 le 21/01/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Personnellement je préfère presque ça, imaginer une culture officielle sarkozienne subventionnée me fait particulièrement frémir...

    Et puis bon, elle a bon dos la culture, quand on voit l’état de la psyché artistique collective dans ce pays, c’est un peu facile de toute rejeter sur l’Etat, les radios et les chaines de télé.

    La vérité c’est qu’à l’image des ventes de disque annuelles, la France ne vaut plus rien culturellement. ou presque. A part des milliers d’anonymes s’escrimant dans l’ombre à défendre leur vision, grâce leur en soit rendue, faites les vivre avec votre argent ou votre attention plutot que laisser d’hypothétiques subventions prendre votre place.

    cf les jolies ventes de disques en France en 2007 2006 et 2005
    Lien
    Lien
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