« Allo, la Société Générale, je passe vider mon compte... »
Société Générale, Boulevard Michelet, j’écoute !
Bonjour Mademoiselle, je souhaiterais parler à votre directeur d’agence, Monsieur Durant.
De la part de qui ?
Jean Dubois, de l’entreprise Dubois et Cie.
Ah, bonjour Monsieur Dubois, comment allez vous ?
Bien merci
Je vous passe Monsieur Durant.
...
Allo, allo, comment allez vous Monsieur Dubois
Bien merci. Je vous téléphone pour vous demander de préparer les soldes de mes comptes en vos livres ; je viendrai les chercher , en liquide, cet après midi.
Le solde de tous vos comptes ! ? Mais… puis-je savoir pourquoi ?
Monsieur Durant, j’ai les plus grandes craintes sur la solidité de la Société générale. Je crains que comme pour cette banque anglaise, dont j’ai oublié le nom...
Ah, la Northern Rock ! ! ! ...
C’est ça ! Donc j’ai peur qu’une panique saisisse vos clients et qu’il devienne plus difficile sinon impossible de récupérer mes fonds.
Mais enfin, Monsieur Dubois, vous plaisantez, la Société Générale est solide. Notre bilan, nos fonds propres…
Justement Monsieur Durant, je viens d’apprendre que vos dirigeants cherchaient une recapitalisation de 5 milliards d’euros, égale à la perte que l’on impute au jeune trader, Jérôme machin…
Mais, Monsieur Dubois, n’importe quelle entreprise peut être victime d’un accident, d’un aléa. Comme l’a dit notre président, nous avons été victimes d’un spécialiste extrêmement fort en informatique qui a bénéficié de circonstances exceptionnelles… Nous n’aurons aucun mal à trouver ces fonds propres. Nos comptes sont audités par KKTR, deuxième agence d’audit mondiale et au-dessus de tout soupçon. Nous sommes toujours noté AAA par l’Agence Goody’s.
Je connais ce discours, Monsieur Durant, mais que voulez-vous, ma confiance est ébranlée, comme la vôtre l’était il y a trois ans.
Il y a trois ans ? Ma confiance ? Mais qu’est ce que vous voulez dire ?
Vous ne vous souvenez pas ? J’étais en vacances dans ma petite maison de Bretagne où je vais toujours au milieu d’août, quand les affaires me laissent un moment de répit entre le commercial, les achats, les questions de personnel…
Oui ! Je sais que vous partez en août, et alors ?
Vous qui étiez parti un mois en juillet, m’avez appelé sur mon portable. Mon plafond d’escompte de 100 000 euros était atteint, et le découvert dépassait de 3 000 euros, l’autorisation de 10 000 euros que vous m’aviez octroyée comme une faveur exceptionnelle deux ans auparavant. Je vous ai bien expliqué mes deux aléas, mes deux accidents : un de mes clients importants, avait demandé un report d’échéance d’un mois suite à un incendie et un autre avait fait faillite alors qu’il me devait 5 000 euros, ce qui expliquait à la fois le remplissage de mon escompte et le petit découvert. Rien à faire, vous m’avez donné huit jours pour « rentrer dans les clous » comme vous m’avez dit.
Vraiment ? Je ne me souviens plus…
Si ! Si, j’ai dû revenir, vous donner en hypothèque ma maison de vacances en Bretagne, alors que vous aviez déjà ma résidence principale, et, ayant découvert que ma femme et moi étions mariés sous le régime de la séparation de biens, vous avez exigé sa caution solidaire pour élargir temporairement le découvert à 15 000 euros.
Ah, oui, cher Monsieur Dubois, maintenant que vous le dites...
Et vous vous souvenez des justifications que vous avez données pour cet ultimatum ?
Euh ! ! ! Non... Pas vraiment.
Mais si, mais si Monsieur Durant ! Vous ne vouliez pas avoir d’ennui avec l’Inspection de la « Générale » qui, disiez vous, est considérée comme la meilleure de la place ; vous me disiez que vos lignes d’escompte et de découvert était étroitement surveillées, comme tous les autres risques de la banque ! Que l’informatique très performante de l’établissement repérerait tout de suite mes dérapages...
Mais Monsieur Dubois, vos fonds propres…
Mon capital est de 40 000 euros Monsieur Durant, et mes fonds propres pouvaient donc largement absorber une perte de 10 000 euros ou 15 000 euros. Mais vous avez quand même exigé les garanties supplémentaires. Vous avez ajouté qu’en tout état de cause il m’appartenait de mieux contrôler les paiements de mes clients, de mieux les sélectionner, bref de mieux gérer, que la « Générale » ne pouvait se permettre de laisser les découverts déraper, que si un million de clients faisaient comme moi, la Société générale aurait à provisionner 3 milliards d’euros, ce qui entamerait la confiance dans la banque.
……….
Alors, vous comprenez, Monsieur Durant, devant une perte de 5 milliards d’euros, sur un seul trader, et tant que je ne sais pas si d’autres pertes ne vont pas être révélées, ni si la Société Générale va être recapitalisée, c’est au tour de ma confiance d’être ébranlée. Je dois être prudent, autant pour mon entreprise, que pour ma famille.
Préparez-moi ces sommes pour cet après-midi.
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S’il y a une chose que l’on ne remarque pas c’est que les bénéfices de cete banque était l’année dernière de 5 Milliards d’€uros.
Cette année avec la perte de 7 milliards, le bénéfice est de 810 millions d’€.
C’est trés bien pour cette banque. Mais la réparttion de ces bénéfices devraient bien entendu être réparti entre les actionnaires, mais aussi entre les employés de cette banque, et aussi permettre de baisser les prix des services données à la clientèle ou même de donner des services supplémentaires.
Dans cette banque, si vous souhaitez un rendez vous avec un conseiller, il faut parfois attendre plusieurs semaines. J’y suis depuis plus de 30 ans. Mais j’ai confiance
S’il n’y avait pas eu ce problème, la banque aurait augmenter son bénéfice net de 2 milliards en un an. C’est énorme.
Cet argent bénéficie aux plus riches qui exploitent encore plus les pauvres. Nous en revenons aux principes des seigneurs qui vivaient sur le dos des pauvres.
Cela existait déjà, mis il me semblait que c’était plus honnête. Maintenant,il faut servir de l’argent à tout prix.
Si cela continue avec une telle outrance, ils vont casser la poule aux oeufs d’or et cela nous même tout droit à une révolution.




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