Inspect-heurts : comment les professeurs sont-ils notés ?
A cette époque de l’année, tous les professeurs défilent dans le bureau de leur principal ou de leur proviseur pour un court entretien plus ou moins formel, pendant lequel ils signent leur note administrative. Jusque-là, tout parait simple, en fait, certains y vont rire sous cape et amers, car c’est « Brazil », ils savent le système absurde.
L’avancement des professeurs (leur changement d’échelon et donc de salaire) repose sur la somme de deux notes : une note pédagogique et cette note administrative.
La note pédagogique est donnée par les inspecteurs de l’Education nationale de chaque matière. Suivant cette note, le chef d’établissement peut augmenter sa note administrative dans une fourchette préétablie. Prenons un exemple pour clarifier. Si un professeur a une note pédagogique de 40, sa note administrative sera forcément comprise entre 37 et 39.
La combinaison de ces deux notes permet de décider de la vitesse de promotion du professeur. Une bonne note permet de changer d’échelon rapidement (on appelle cela « passer au grand choix »), une mauvaise note deux ans plus tard (« passer à l’ancienneté »).
Le problème que je rencontre cette année, et je ne suis pas le seul, est que, mon inspecteur étant débordé, il ne vient jamais me rendre visite (pas d’inspection depuis sept ans), donc ma note pédagogique, très bonne au départ, est restée la même depuis sept ans et ma note administrative ne peut pas augmenter, puisque je suis au sommet de la fourchette.
Cela fait maintenant trois ans que mon chef d’établissement m’attribue une note, 39,5 (0,5 au-dessus du maximum) qui n’est donc pas celle qui m’est attribuée en définitive, puisque ma fourchette s’arrête à 39. Mon appréciation est la suivante :
« Monsieur Dosseur fournit un travail de qualité auprès des élèves. Il fait preuve d’une grande pédagogie et s’investit considérablement dans la vie de l’établissement. »
Peut-être, mais la note attribuée à ce professeur, au-dessus de la fourchette, sera logiquement baissée à 39 et il avancera à l’ancienneté. Chaque année, je fais une réclamation au moment de signer : j’indique que la note qui m’est donnée n’est pas celle que j’ai signée devant mon chef d’établissement. Rien à faire, on ne m’a jamais répondu. Avec d’autres professeurs, nous en avons discuté à la cantine :
-On devrait étendre ce système aux élèves, ai-je proposé.-Imagine, disait Pierre-Alain hilare, les économies seraient encore plus grandes que celles prévues par les gouvernements successifs d’Allègre à Darcos : on donne une note en 6e que l’élève garde pendant dix ans, disparition des conseils de classe, des réunions parents-professeurs…
-Disparition des manuels scolaires, dit Christian en recrachant un concombre encore congelé, du matériel, des cours…
-Disparition du brevet, et même du bac, a lancé Ingrid…
-Disparition de l’école ! a conclu Micheline, en avalant sa paupiette, sans sourire.
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EDUCATION NATIONALE
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Je me permets de vous apprendre, en tant qu’ex-inspecteur pédagogique régionale (IPR-IA), que la note administrative n’est nullement et n’a jamais été liée à la note pédagogique mais à l’échelon. Je puis vous assurer qu’il m’est arrivé d’attribuer une note pédagogique passable pour leur échelon à des enseignants très bien notés administrativement par leur chef d’établissement : l’inverse fut tout aussi vrai.
Vous avez par contre parfaitement raison de vous élever contre une absence d’inspection de 7 ans (lorsque j’étais professeur il m’est arrivé d’avoir dû attendre pendant 12 ans une inspection, ce qui m’avait condamné à un passage d’échelon à l’ancienneté alors que j’étais passé 10 ans plus tôt au Grand Choix).
C’est donc le fait de ne pas être inspecté tous les 3 ou 4 ans qui est INADMISSIBLE (manque criant d’IPR )et de ne pouvoir donc vous entretenir régulièrement de votre travail avec vos inspecteurs qui pervertit l’avancement de carrière et le rend même illogique vu la disparité du rythme des inspections selon es académies et les charges de travail des inspecteurs ! J’ai eu la « charge » de plus 1400 enseignants (d’établissements publics et privés)dans deux des trois académies où j’ai exercé ! C’était beaucoup trop ....même en accordant une priorité totale dans mon travail aux inspections.




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