Mise en bouteille

Les dessous et les coulisses du monde de la vigne, blog de la vigneronne Catherine Bernard.

« Une femme seule dans les vignes, c'est courageux »

Catherine Bernard
Vigneronne
Publié le 12/02/2011 à 16h51


Photo de couverture de « Dans les vignes“(Jean-Yves Gargadennec).

Dernière gorgée pour ce blog. Pour trinquer à cette nouvelle ère, je vous offre les bonnes feuilles de mon livre ‘Dans les vignes, chroniques d’une reconversion’.

Normalement, ça ne se fait pas. Mais après tout, ce n’est pas la première fois que je ferai quelque chose qui ne se fait pas, et si l’on s’en tenait toujours à ne pas faire ce qui ne se fait pas, on ne bougerait pas même le petit doigt. Ce serait fort dommage.

Par exemple, abandonner une situation confortable et partir à 40 ans cultiver des vignes quand on n’a ni terre, ni famille dans la viticulture, ni capital financier ne se fait pas vraiment. C’est néanmoins ce que j’ai fait. Je le raconte dans un livre, ‘Dans les vignes, chroniques d’une reconversion’, édité au Rouergue, une maison dont le nom est ancré.

Ceci explique le congé de mon blog Rue89 Mise en Bouteille, la dernière chronique remontant au 26 juillet 2009, autant dire un temps reculé dans celui d’Internet, et ce come-back pour parler, moi-même, ce qui ne se fait pas non plus, de ce que j’ai fait pendant ce temps.

Le labeur, une jouissance pour l’esprit

Après les vendanges de cet été 2009, chaud et sec en Languedoc, je ne suis pas parvenue à renouer avec le fil de l’actualité qui, dans Mise en bouteille, me tenait, sans doute comme sur un rasoir, entre mon ancien métier, le journalisme, et le nouveau, la viticulture.

L’actualité, principe qui dicte le journalisme et fait qu’on parle de quelque chose, m’est alors apparue tyrannique et réductrice.

Comment raconter le travail de la terre, la fabrication et le commerce du vin au quotidien ? Comment inscrire et situer ce travail dans toutes ses dimensions, au fur et à mesure que je les appréhendais : corporelle, sociale, symbolique, culturelle, régionale, historique, économique, intime ?

Comment dire que dans notre monde virtualisé où l’on danse avec la Wii, le labeur n’est pas seulement une activité du corps et des mains mais aussi une jouissance pour l’esprit ? Comment parler de la relation au temps et à l’espace à laquelle, la viticulture, comme toute activité agricole et artisanale, ramène, aussi implacablement que la gravité fait tomber la pomme du pommier au sol ?

Autant peut-être pour penser ce que je vis que pour témoigner de ce que j’avais vu comme journaliste et continue à voir, en Languedoc et dans le grand petit monde du vin en voie d’universalisation, ce récit s’est imposé.

Il a pris racine dans ce blog, puisqu’il est aussi question du réchauffement climatique, des femmes dans le vin, des néos dans les champs, des pesticides dans la terre, du bio dans les rayons, du goût du vin, de l’Europe, et autres phénomènes dont j’ai ici même parlé.

Agriculture et information, deux destins parallèles

Il m’est enfin apparu que l’agriculture et l’information vivent des destins parallèles, une sorte de séisme balayant l’établi en même temps qu’autorisant l’exploration de modèles économiques et formels nouveaux, lesquels n’ont pas grand-chose à voir avec ce que clament justement les magazines accrochés à la surface lisse mais glissante du papier glacé, genre :

‘ Ils ont tout quitté pour vivre leur passion. ’

Une reconversion professionnelle s’avère rarement strictement professionnelle, et la réalité se révèle nettement plus intéressante que le rêve bien qu’assez lointain. Ces tours et détours, réjouissants, ont fini par conduire à ce livre, et m’amènent, ce faisant, à prendre proprement et définitivement congé de Mise en bouteille. Ce fut un plaisir.

Extraits, choisis par Sophie Verney-Caillat.


En formation, on apprend que la vigne est la proie de nombreux champignons et insectes, ravageurs plus épouvantables les uns que les autres, capables d’anéantir une récolte. Il n’y a aucune chance d’y couper. Il y a toujours un facteur climatique favorable à l’un ou à l’autre.

Par temps de pluie, le mildiou attaque. Par temps chaud, gris et humide, c’est l’oïdium. Il arrive que de début mai à fin juillet, l’un succède à l’autre, pour ne parler que des deux maladies les plus répandues, quasi incontournables, les plus populaires aussi puisqu’on les rencontre au jardin. L’oïdium affectionne les roses et le mildiou les tomates.

Certaines de ces maladies, bien nommées, comme la pourriture grise ou la tordeuse de la grappe, sont de surcroît difficilement prévisibles. La seule chose que l’on puisse espérer est qu’il y ait des années plus clémentes que d’autres. J’étais à la fois incrédule et tétanisée. Il y avait alors des vérités que je n’étais pas prête à entendre.


‘Le Coût des fournitures en viticulture et oenologie’, de l’Institut technique de la vigne et du vin.

‘Le Coût des fournitures en viticulture et oenologie’ est un petit livre réalisé par l’Institut technique de la vigne et du vin et édité par la chambre d’agriculture du Roussillon. Il change chaque année de couleur. En 2004, année de ma formation, il était turquoise. C’est le premier investissement que j’ai réalisé, le plus petit, quinze euros, mais pas le moins utile.

Y sont classés, par maladie, puis par famille, tous les produits phytosanitaires. Ils sont identifiés par matière active, nom commercial, concentration en matière active, prix au kilo, dose à l’hectare, prix à l’hectare, et toxicité. C’est avec ce cahier des fournitures que l’on apprend à choisir un produit plutôt qu’un autre, en calculant les doses, le prix au kilo, le prix à l’hectare, et dernier critère figurant au tableau, la toxicité, celle-ci allant de Xi, irritant, à T+, très toxique. La majorité des produits sont classés Xn, nocifs.

En général, les moins bien classés pour la toxicité sont les plus efficaces. Souvent, les plus nocifs et les plus efficaces sont les plus coûteux, mais réclament un moins grand nombre de passages. L’été avant de commencer ma formation, j’avais croisé un matin dans la rue d’un village des Corbières un viticulteur qui rentrait de la vigne, bleu des pieds à la tête. Pendant ma formation, j’ai rêvé que j’étais bleue, bleue des pieds à la tête.

A la fin du mois de mars, alors que j’achevais laborieusement de tailler la dernière rangée de mourvèdre, j’ai vu les feuilles du marselan poindre leur bout du nez vert tendre. Je me suis résolue à m’équiper pour protéger la vigne, ni l’incrédulité ni la peur ne pouvant constituer un recours.

J’ai hésité entre un atomiseur et une brouette. Comparés au pulvérisateur tiré par un tracteur, ce sont deux dinosaures de l’agriculture, héritage des petites parcelles pentues, plantées serrées et en gobelet, mais avec l’un ou l’autre, je pouvais traiter seule, croyais-je. Le premier se porte sur le dos comme un sac à dos, en plus bruyant. La seconde se pousse comme une tondeuse à gazon, en plus lourd et plus encombrant.

J’ai atterri à Béziers chez Pappalardo Motoculture. Monsieur Pappalardo m’a laissé essayer l’atomiseur, puis la brouette, puis l’atomiseur, et de nouveau la brouette. J’ai alors réalisé que je n’avais pas de lieu tout proche de mes vignes où stocker la brouette, ni de remorque pour la transporter. J’ai donc opté pour un atomiseur d’une contenance de douze litres. Rempli, cela fait un peu plus de vingt-trois kilos sur le dos.

Pour me faire une idée, je me suis raccrochée à quelque chose de connu. Pendant longtemps j’ai randonné avec mes fils logés dans un sac sur le dos. Vingt-trois kilos, cela devait faire un peu plus lourd que leur poids, mais pas trop non plus.

‘Vous êtes courageuse. Une femme seule dans les vignes, c’est courageux.’

Monsieur Pappalardo était plus sceptique qu’admiratif. Il a perçu que la pratique de ce genre de machine m’était totalement étrangère, ce en quoi il avait plus que raison. J’ai grandi dans une famille où la boîte à outils se résume à un marteau, quelques tournevis et une pince, ce qui constitue en soi un bagage assez mince quand on se lance dans un dans métier manuel, et moi-même jusqu’alors je ne savais rien faire de mes dix doigts. Il m’a expliqué dans les plus petits détails le fonctionnement de l’atomiseur.

‘Surtout, n’oubliez pas le mélange huile et essence, précisément 4% d’huile bleue pour un litre d’essence. Je vous l’inscris au feutre indélébile sur le réservoir, comme ça vous n’oublierez pas.’

‘Je suis pied-noir, je sais ce que c’est de partir de zéro’

Enclencher le starter, démarrer, éteindre le starter. Ne pas oublier de vider le réservoir à la fin de chaque usage, sinon le carburateur s’encrasse et la machine ne démarre plus. Régler le débit de la buse. Ensuite, c’est tout simple, je n’ai qu’à m’en tenir à un pas régulier, comme si je marchais dans la rue, avec un balancement du bras pour mouiller les feuilles. Monsieur Pappalardo m’a fait la démonstration, machine sur le dos, comme ça.

‘L’atomiseur, il n’y a pas mieux. Les années à mildiou, ils y reviennent les gars.’

Avec l’atomiseur vous pouvez entrer n’importe quand dans les parcelles, avec le tracteur, tintin. Je ne savais pas de quoi il parlait concrètement. Je l’apprendrai plus tard, en 2008, à mes dépens.

J’ai scrupuleusement noté la marche à suivre, puis je me suis exercée à faire démarrer l’atomiseur, à tirer sur la poignée sans me démettre l’épaule. Il n’y aurait personne dans les vignes pour me tirer d’affaire.

‘Si vous avez besoin de quoi que ce soit, la moindre question, appelez-moi. Je serai là. Je suis pied-noir, je sais ce que c’est de partir de zéro.’

Les pieds-noirs sont nombreux en Languedoc. On ne sait pas qui, du Languedoc viticole ou des pieds-noirs doit le plus à qui. A leur arrivée en France, en 1962, beaucoup ont acheté des terres pour cultiver des vignes, du melon aussi et des fruits. L’espace n’était pas compté, les viticulteurs héraultais ne s’étaient pas remis du gel de l’hiver de 1956, et Alger restait, malgré tout, juste en face, de l’autre côté de la Méditerranée.

Vite, très vite, ils ont créé de grandes exploitations viticoles, presque à l’identique de celles qu’ils avaient en Algérie, au Maroc aussi. Ils se sont acharnés au travail et ont été à la pointe de ce qu’on appelait le progrès : ils ont réuni des parcelles pour n’en faire qu’une grande, planté en ligne du cinsault et de l’alicante bouschet plutôt que du carignan et de l’aramon, les deux cépages locaux, et mécanisé.

La première machine à vendanger, inventée et manufacturée à Ancenis, pays du muscadet et des vins d’Anjou, a été acquise par un vigneron pied-noir. Les autres pieds-noirs ont suivi, et derrière eux, tous les autres, les Languedociens, puis les Bordelais, puis les Ligériens, les Bourguignons. On leur doit aussi le développement du riz en Camargue et l’avènement de la pomme golden.

Bien qu’aucune statistique agricole ou nationale ne permette d’en cerner l’importance – les concernant, l’Histoire s’est arrêtée au rapatriement –, les pieds-noirs se sont tenus à l’écart du mouvement coopératif. Ils ont vinifié et vinifient toujours dans leur cave, et les premiers encore dans la région, ont vendu le vin en bouteilles, au nez et à la barbe d’Héraultais méfiants. ‘ Chez le rapatrié, cette hostilité est en même temps de la fierté, de la confiance en soi, elles sont chez lui à la base de l’isolement, de la méfiance, de la mentalité de lutte ’, ai-je lu sous la plume de Joseph Schultz dans les actes d’un colloque organisé par l’université de Montpellier sur les rapatriés d’Algérie en Languedoc-Roussillon.

Terre d’immigration et mentalité d’assiégés

Je vis dans une résidence de petites maisons construites par des pieds-noirs, pour des pieds-noirs. Un demi-siècle plus tard, l’Histoire se répète avec l’arrivée dans les vignes de néo-vignerons de mon espèce car je ne suis pas la seule étrangère à y avoir posé mes valises et à, d’une certaine manière, m’emparer de ce territoire.

Dans les statistiques agricoles, je figure à la colonne ‘ HCF (hors cadre familial), catégorie migrants ’. Moi et les autres de mon espèce représentons 10% des installations agricoles, presque un quart dans le Midi de la France.

Toujours selon les statistiques agricoles, ‘ le migrant ’ est apparu au détour des années 90. Il n’a pas de parents agriculteurs. Il est ‘ étranger ’, au moins à la région, si ce n’est au pays, souvent citadin. La plupart du temps, il n’est pas éligible aux aides à l’installation soit parce qu’il est trop vieux (il a plus de 40 ans), soit parce qu’il s’installe sur de trop petites surfaces, soit parce qu’il n’a pas de diplôme, tels les people et les ex-capitaines d’industrie que l’acquisition de vignes anoblit.

Le migrant est souvent pluriactif, s’engage, plus que les ‘ fils de ’, dans des productions marginales (poissons tropicaux, ruches, escargots) et/ou qualitatives, ‘ notamment par la pratique d’une agriculture biologique ’. Il exploite de plus petites surfaces foncières.

Il est champion de la vente directe, de la diversification (gîtes, fermes-auberges, accueil pédagogique), de la valeur ajoutée. Exactement comme dans Jean de Florette, ‘ les agriculteurs déjà en place ne voient pas toujours avec plaisir l’installation d’un migrant, eux qui avaient prévu le démantèlement à leur profit de la ferme voisine ’, souligne une étude du Cnasea (Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles), autre structure de la galaxie.

En Languedoc, bien avant les pieds-noirs et les néos, c’étaient les Cathares, les Espagnols, les Italiens, les Marocains. Cette région reste, malgré elle, une terre d’immigration, une terre du possible et des possibles, dont les natifs gardent une mentalité d’assiégé. C’est un paradoxe que je ne m’explique pas.

Porsche Cayenne et robinets en or, par le travail

Monsieur Pappalardo n’a rien dit à ce sujet, mais les pieds-noirs sont aussi à l’origine de la venue en Languedoc des ouvriers agricoles maghrébins, en particulier marocains, bien formés aux métiers de la vigne.

Cela donne dans les villages de l’Hérault et du Gard une drôle d’atmosphère. Le partage d’une culture commune en certains points, la cuisine, la musique, la famille, la nostalgie du paysage jamais très loin du mal du pays, se dispute avec un sentiment proche de la haine, celle-ci éclatant sporadiquement au travers d’accès de violence glauques.

Dans les gros bourgs viticoles, les familles arabes vivent dans les maisons des rues étroites du centre, solides mais sombres et sans garage, tandis que les familles des locaux, parfois espagnols de la troisième génération, eux-mêmes traités en d’autres temps ‘ d’Espagnols de merde ’, emménagent un peu à l’écart dans des pavillons en parpaing qui étalent leurs grandes baies vitrées et leur garage.

Les idées racistes du Front national y ont fait beaucoup d’émules. C’est à Bessan, entre Agde et Béziers, que j’ai vu pour la première fois des feux tricolores protégés par un grillage, symptôme d’une paranoïa collective.

Les ouvriers agricoles originaires du Maghreb sont à peu près les seuls à bien vouloir encore biner à la pioche. Même pendant le ramadan, ils vendangent vite et bien, laissant sur place les autres saisonniers. Leurs enfants, comme ceux des OS de Renault et Citroën, ne veulent pas entendre parler des vignes. Ni les uns ni les autres n’évoquent ce passé et ce présent communs.

Le non-dit est de mise. Pour ce qui est de monsieur Pappalardo, il était arrivé sans le sou. Il a vendu le matériel et les services nécessaires à cette expansion viticole. Continuant à épouser le balancier de l’histoire, il vend de moins en moins d’atomiseurs et de brouettes, de plus en plus de matériel de jardin, de tondeuses, de motoculteurs, moyennant quoi, il roule maintenant en Porsche Cayenne et a posé des robinets en or dans sa salle de bains.

‘Tout ça, je le dois à mon travail.’

Je l’ai pris comme une manière de me prédire la fortune, bien que la Porsche Cayenne ne fasse pas partie de mes rêves. Cayenne, c’est aussi le bagne, et finalement, l’atomiseur aussi. Je suis donc repartie avec. Je l’ai appelé ‘ la Pappalardo ’.

Jean de Florette est mort pour une histoire d’eau

Restait le problème de l’eau, environ 250 litres pour traiter un hectare. Le volume d’eau varie beaucoup selon le produit utilisé, la pression du pulvérisateur et l’importance de la végétation. Le mieux encore est d’essayer. Dans tous les cas, cela fait quelques bouteilles d’eau minérale.

En agriculture, l’eau est déterminante, selon qu’elle est en grande ou petite quantité dans le sol, selon qu’elle tombe du ciel, bénie ou en grêlons, ou ne tombe pas. On va la chercher jusque dans le Rhône par un canal, on la remonte avec un forage ou d’un puits.

Depuis un an, parade trouvée au réchauffement climatique, l’irrigation est autorisée en coteaux du languedoc. Bientôt l’alimentation en eau renchérira la valeur d’une parcelle, au même titre aujourd’hui que le palissage et l’accès à la machine à vendanger.

Il n’y a pas si longtemps encore, avant l’entrée en application d’un décret ou d’une directive visant à limiter la pollution, il y avait dans les villages des points d’approvisionnement et de lavage pour les pulvérisateurs des tracteurs. Jean de Florette est mort pour une histoire d’eau. Je me suis fait de l’approvisionnement en eau une montagne. J’ai trouvé la solution grâce à un vigneron de Saint-Drézéry.

‘Il vous faut un bidon.

– Un bidon ?’

Du regard, il a cherché dans la cour qui ressemblait à un dépotoir un exemple.

‘Un bidon comme ça, avec un robinet. Vous le couchez vide dans la voiture et vous le remplissez d’eau. Tenez, je vous le donne.’

J’étais allée le voir pour lui demander où je pouvais trouver de l’eau à proximité de mes vignes. Je suis repartie avec un bidon. Les choses n’étaient finalement pas si compliquées.

Après la Pappalardo et le bidon bleu de 120 litres ayant contenu des pesticides, j’ai fait l’acquisition d’une vieille Renault Express. Enfin, j’ai acheté un bidon de 10 litres de soufre mouillable, un produit agréé en agriculture biologique.

La sensation d’être observée

Je n’ai jamais songé à travailler autrement qu’en bio. Cela me semble non seulement aller d’évidence mais aussi nettement plus simple. Rien que pour lutter contre l’oïdium, il y a sur le marché 47 produits issus de 27 molécules différentes, à employer de 47 manières différentes. Le choix est nettement plus réduit en bio. Il se résume au soufre.

J’ai estimé qu’en ce début de saison, l’ennemi était, en l’espèce, l’oïdium. Je n’ai pas attendu de voir l’ennemi, je ne me suis même pas demandé si c’était prématuré ou pas, justifié ou pas. J’y suis allée.

A ce moment-là, j’ai tout autant cédé à la peur qu’à un sentiment s’apparentant à la culpabilité. Il me fallait montrer, autant aux autres qu’à moi-même, que je faisais bien et que j’étais digne de. Les traitements apportés à la vigne sont, avec les sols bien propres, sans herbe, un critère de jugement.

Même seule dans les vignes, j’ai parfois la sensation d’être observée, qu’aucun de mes gestes, aucune de mes initiatives, n’échappe au regard de mes voisins, qu’ils guettent, comme Ugolin guettait Jean de Florette, le moment où je viendrai à craquer. Ce n’est pas tout à fait faux. Maintes occasions, plus ou moins cocasses, m’ont été données de le vérifier.

La chimie des technico-commerciaux pare à presque tout

Je commence seulement à comprendre que les maladies sont consubstantielles à l’agriculture. Dès lors que l’on cultive de manière plus ou moins intensive une plante pour lui demander de produire, on fragilise la plante en même temps que l’on multiplie les foyers de contamination. C’est vrai de toutes les plantes, du maïs, du blé comme de la vigne, ainsi que des bêtes. Plus on intensifie, plus on réduit la diversité, plus on réduit la diversité, plus on introduit des maladies spécifiques à une espèce, plus il y a de maladies spécifiques, plus on traite, plus les maladies résistent.

La réalité a en soi quelque chose de subversif. On ne l’apprend pas en formation. Les techniciens de la chambre d’agriculture ne calment pas les esprits, eux qui organisent chaque année un concours. C’est à qui trouvera le premier foyer de mildiou. Les formulaires emploient les expressions ‘ mode de défense ’ et non ‘ mode de culture ’, ce qui en dit surtout long sur la nature de la relation que le monde agricole entretient avec la terre.

Les technico-commerciaux des distributeurs de produits phytosanitaires, une belle invention que cette apposition du technique au commerce, envoient des ‘ bulletins d’alerte ’. Alerte y est écrit en gros et rouge. Ils passent dans les vignes comme les VRP poussent la porte d’un commerce. Vous avez quelques minutes ? Ils ont quelques minutes pour expliquer les vertus de tel ou tel produit, à quelle dose et à quelle cadence il faut l’employer.

Pourquoi ce produit plutôt qu’un autre ? Comment agit-il sur la plante ? Comment la plante réagit-elle à ce produit ? Le sol ? Moi ? Ils noient le poisson comme les vendeurs des enseignes d’électroménager et vous vendent le produit qu’ils veulent vendre ce jour-là.

On les écoute plus que de raison parce qu’ils rompent la solitude, la vraie solitude, celle qui vous laisse absolument seul dans la décision, et laissent croire au miracle. La chimie des technico-commerciaux pare à presque tout, mais ce faisant, elle vous dépossède du savoir de la terre, c’est-à-dire du métier lui-même.

Le matin, le monde vous appartient

Les doses étant données pour 100 litres d’eau, j’ai fait des règles de trois. Je m’y suis reprise à plusieurs fois avant d’arriver à 35 cl de produit pour 12 litres d’eau, la contenance de la Pappalardo. Je ferai le traitement en deux fois, deux matins de suite, puis je recommencerai douze jours après, ainsi jusqu’à la mi-juillet.

A chaque saison, j’ai l’impression de rentrer dans un tunnel. Souvent, à la fin, à cause de la fatigue et des contraintes propres à chacune de ces saisons, le tunnel me paraît interminable.

La veille au soir du premier traitement, le 3 mai, je l’ai noté sur le carnet de culture que j’ai commencé à tenir, j’ai rempli le bidon d’eau logé dans la Renault Express avec le tuyau d’arrosage de mon jardinet, les enfants de la résidence regardant le spectacle.

Avant l’aube je suis partie. Dans le Midi, à cause du vent, les créneaux horaires sont étroits. Les moments où il y a le moins de vent sont le petit matin et la tombée de la nuit. Souvent, à neuf heures, c’est trop tard. Le vent se lève et envoie le produit partout sauf là où il est censé aller.

Ce matin-là, et tous les matins où maintenant je me lève quand il fait encore nuit, j’ai éprouvé ce que tous ceux qui se lèvent tôt éprouvent : le sentiment que le monde vous appartient. Je m’accroche à ce sentiment miraculeusement chaque fois renouvelé pour me tirer du lit. Pourquoi photographie- t-on par milliers le coucher du soleil et très peu son lever ? Je vis l’aube comme une promesse, ce qui n’empêche pas qu’à midi je sois rincée. Je m’effondre sur le canapé sans même prendre parfois le temps d’ôter mon treillis et mon T-shirt, sales et malodorants.

‘Pouah, une vraie campagnarde !’ disent mes enfants franchement dégoûtés.

Cette souche-là a-t-elle eu sa dose ?

Avec une cuillère en bois sortie de ma cuisine et un broc gradué offert par le technico-commercial, j’ai préparé ma mixture. J’ai relu la marche à suivre pour démarrer la Pappalardo. Elle a démarré au troisième tour de manivelle. Je l’ai posée sur le rebord du coffre de la voiture, les gaz s’échappant dans l’habitacle – je n’avais pas appréhendé cet aspect des choses chez Pappalardo – et j’ai commencé, me répétant mentalement, ‘ un rythme régulier, un balancement du bras droit, un coup à droite, un coup à gauche, aller, retour ’.

Mais mon pas n’était pas si régulier. Je ne suis pas parvenue à faire comme si je marchais naturellement dans la rue. Quand on commence à réfléchir à ce qui est naturel, cela ne devient plus naturel du tout. Je ne sentais pas encore le poids de la machine sur le dos ni l’odeur du soufre. J’étais trop concentrée sur l’acquisition du geste, les questions, toujours et encore : cette souche-là a-t-elle eu sa dose ? Est-ce que je n’ai pas brûlé celle-ci ? Est-ce que les feuilles sont bien mouillées ? Combien de fois vais-je remplir la Pappalardo ? Vais-je avoir assez d’eau ?

La Pappalardo s’est vidée au milieu d’un rang. J’ai commencé à récupérer les ficelles des emballages et à me promener avec des bouts de matières et de couleurs différentes dans les poches. Obligée de regarder là où je mets les pieds pour éviter de trébucher sur les cailloux, je suis entrée en contact avec le sol.

D’un bout à l’autre de la parcelle, il n’a pas la même texture, plus argileux en bas, plus caillouteux en haut, moins calcaire et plus brun au fond. De la première à la cent sixième souche, j’ai constaté que je montais, puis je redescendais. La pente est douce mais devient nette avec un poids sur le dos. Cela non plus, je ne l’avais pas remarqué avant.

Plus tard dans la saison, la vigueur des rameaux et de la végétation, le nombre et la taille des grappes ont confirmé ces différences. Elles paraissent infimes, mais sont pour beaucoup dans le goût et la structure du vin. Dans le vin, je retrouve les grappes, le goût de mûre mûre de celles du haut, le goût de cassis frais de celles du bas, l’alcool du haut, l’acidité du bas. Ces différences font la richesse et la complexité du vin. Quand je marche dans les vignes, je vois le vin. Maintenant. Après cinq millésimes. Pas ce matin-là.

Sous la douche, j’ai mouché jaune

Ce matin-là, j’ai rempli onze Pappalardo et j’ai fini à 10 heures, avec le vent. Pas vraiment du vent, mais une brise légère, néanmoins plus puissante que les perles d’eau sortant de la buse de la Pappalardo.

J’ai terminé les lunettes de protection et le masque blanc à la Michael Jackson tapissés de jaune. Les yeux et le nez me picotaient. J’avais aussi les cheveux jaunes et sentais le soufre à plein nez. Le soufre a une odeur difficile à nommer, ne ressemblant à aucune autre, suffocante et tenace, plus tenace que le plus tenace des parfums, mais nettement moins flatteuse. L’odeur du soufre se déploie avec la chaleur et résiste à la machine à laver.

Le second traitement, je le ferai bien protégée. J’ai acheté une combinaison jetable vert hôpital et un masque à gaz, genre militaire. Le vendeur de la Copal est allé en chercher dans la réserve, dans de vieux cartons poussiéreux. Il y avait assez longtemps qu’on ne lui avait pas demandé un article pareil. Le port de cet attirail donne un certain genre, mais surtout, il s’est avéré être un calvaire. Avec le masque, j’avais le souffle court, ce qui est assez gênant quand on doit marcher avec 23 kg sur le dos, et la combinaison entravait mes pas. Sous la douche, malgré le masque et la combinaison, j’ai mouché jaune.

L’agriculture, ce n’est pas la nature. Voilà, ce que j’étais en train d’entrevoir. J’ai néanmoins commencé à chercher une alternative.

Aller plus loin
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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h50 le 12/02/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    un beau travail, de forçat, d’amour de la nature.. mais tellement chimique même avec les produits bio..

    ce qui fait réfléchir sur les molécules absorbées hors bio.. et sur toute une vie de travail 40 ans à peu près...si on y arrive au bout...

    la productivité...

    personne ne parle des résidus de ces produits ingérés par les consommateurs... chut...

    NB :
    une pomme lambda est traitée une bonne vingtaines de fois.... ne la croquez jamais... et épluchez vos raisins de table soigneusement...

    • vermisseau
      vermisseau répond à pablico
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 10h53 le 13/02/2011
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      PS : ce n’est pas nouveau

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 17h43 le 12/02/2011
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    Cette reconversion est courageuse, surtout à partir de la quarantaine.

    C’est souvent à cet age (40/50 ans) que les gens dans le métier depuis des decennies passent le relais (vente et reconvertion ou retraite), ou ayant les moyens gérent « à distance » (embauche de salariés, passage de témoin progressif aux « enfants ») pour éviter les problémes physiques prévisibles.
    Comme ceux de la restauration que je connais : barman/serveurs dans leur jeunesse, ceux qui ont pu ont repris une affaire et du coup passent plus de temps coté « administratif/gestion du personnel/public-relation » que derriére les fourneaux/bars. Les autres, usés, se sont reconvertis...

    Et gaffe aux produits.
    J’en connais qui regrettent (cancer/neuropathie) d’avoir mis le nez dans certains de ces produits.
    « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme »...même dans les produits dits « Bio ».

    Bon courage pour la suite.

    • vin français au Brésil
      vin français au Brésil répond à Tariec
      promotion du vin français au (...)
      • Posté à 11h34 le 14/02/2011
      • Internaute 144766
        promotion du vin français au (...)

      Merci pour ces belles pages de témoignages...je vais les faire passer à ma mère et ma soeur qui même fille et petite fille de viticulteur ont eu à faire à de nombreux aspects que vous décrivez...(dans le gard près de Sommières )
      Pour ma part...j’ai retenu une phrase de mon grand père : « Nous savons faire du bon vin et même de l’excellent vin mais nous ne savons pas le vendre...j’ai donc decidé de devenir missionnaire pour le vin français au Brésil à 42 ans...

      La vigne m’attire et me repousse, j’ai vu mon grand père mourrir à 72 ans d’un cancer des voix respiratoires alors qu’il n’avait jamais fumé...mais qu’il ne se protégeais quasiment pas de ces produits...

      bref bref....
      tout ceci ou presque est relaté sur mon blog ...

      Lien

      merci encore

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h48 le 12/02/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Une femme seule dans les vignes »

    ► Y’a pas plus discret pour pisser... sauf quand c’est la saison sans feuille.

  • Chele
    • Posté à 17h48 le 12/02/2011
    • Internaute 15104

    Impec.
    Encore.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 18h05 le 12/02/2011
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Évohé !

  • servianes
    servianes
    ome d'óc
    • Posté à 18h56 le 12/02/2011
    • Internaute 99498
      ome d'óc

    Le Languedoc ce n’et pas que les pieds noirs , les ouvriers maghrebins ,et les scores du FN, c’est autre chose, peut être le trouverez vous un jour ou peut-être pas, alors vous ferez partie de toute la population statistiquement habitante du Languedoc mais pas plus.

    • vermisseau
      vermisseau répond à servianes
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 10h55 le 13/02/2011
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      je n’ai passé qu’un an à Montpellier... mais je suis bien d’accord avec vous

      réduire cette région à une bande de racistes luttant contre des musulmans, c’est plus que grotesque

      il y’a bien plus à découvrir là bas :)

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 19h42 le 12/02/2011
    • Internaute 52504
      clm

    Le vin se vend-il mieux que la presse ? Chapeau bas ! Un petit correctif : « les pieds-noirs sont aussi à l’origine de la venue en Languedoc des ouvriers agricoles maghrébins ». Cette main d’œuvre maghrébine a, me parait-il, essentiellement pour origine l’accueil, concentrationnaire qu’on le veuille ou non particulièrement en Roussillon, de milliers de harkis qui seront ensuite livrés à eux-mêmes et qui devaient bien bouffer. Les vendanges se faisaient alors avec des autochtones, puis avec des saisonniers espagnols beaucoup plus malléables conditions économiques obligent (j’en ai connu logés pour la saison dans des tout- juste taudis), parfois donc avec des harkis mais non majoritaires. Davantage employés en maraîchage. Peut-être cela a-t-il changé. Merci de rappeler le « sale espagnol » (« ramasse espagnol ») que j’ai essuyé moi-même au motif d’un grand-père ouvrier agricole espagnol. Qui portait un atomiseur manuel… J’ai appris très tard à tailler la vigne.

  • Jadore
    Jadore
    verseau
    • Posté à 20h53 le 12/02/2011
    • Internaute 127928
      verseau

    On vous voit bien, inexpérimenté, maladroite et volontaire. Ceux que vous contactez au travers de votre expérience ont de la chair. Mieux, vous avez des remarques sur le vigne, la terre, le vin qui sont touchantes, poétiques et vraies. On espère pour vous la réussite et la suite de ce livre...

  • geneviève421
    geneviève421
    medecin
    • Posté à 21h38 le 12/02/2011
    • Internaute 121096
      medecin

    vous avez vraiment ecrit tous ça bravo je n’ai pas lu, mais bravo, la lutte continue

  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 21h41 le 12/02/2011
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Ravi de ton retour Catherine ! Et davantage encore pour ce livre que je m’empresse de commander.
    Il me reste encore de ce « Vin de Table » de 2008 dont tous ceux qui le goûtent me demande quel est ce vin divin, et me régaler de leur têtes déconfites quand ils voient l’étiquette !
    Ils en redemandent, néanmoins.

  • ShowViniste
    ShowViniste
    Blogueur et citoyen du vin
    • Posté à 22h00 le 12/02/2011
    • Internaute 58665
      Blogueur et citoyen du vin

    J’adore parce que je voudrais faire de même et aussi parce que connaissant Catherine, elle nous livre ici des moments de vérités et un regard pointu sur ce monde, cette époque, ces gens dans la vigne.
    C’est comme une fenêtre de liberté, de sincérité. D’un coup, vous voilà projeté dans le réel d’une vie, d’un monde, dans cet envers du décor, derrière une bouteille, une vigne, la taille, le froid, les produits, la chimie, le soufre, le pappalardo, la chaleur, les vendanges...
    Si vous aimez le vin, vous aimerez ceux qui le font. Catherine Bernard partage cette expérience...
    Quand je l’avais rencontrée, j’avais eu l’impression de rencontrer dans sa cave, un « dragon » ; En lisant ce livre, vous comprendrez pourquoi.
    Sur mon blog, le portrait de Catherine Bernard : « En partant, je repense à ce qu’elle me disait, impulsivement, dans l’univers clos de sa cave : “je suis un dragon‘. Oui, voilà, comme un être de conte, exubérant, doté de pouvoirs magiques, entrainé dans son histoire. Déguster ses vins c’est forcément partager son parcours initiatique, ressentir la vie qui bouillonne en elle et apprécier, tout à la fois, la saveur du vin et l’exquis bonheur de prendre son temps.’
    Lien

  • Cormakanne
    Cormakanne
    Educateur canin
    • Posté à 22h31 le 12/02/2011
    • Internaute 130692
      Educateur canin

    Je suis également une femme qui a travaillé dans les vignes quelques temps, chez un agriculteur bio, et même en biodynamie.
    J’ai été écœurée de voir qu’en effet « l’agriculture, ce n’est pas la nature ».

    Cependant, la souffrance physique que l’on ressent après 2 semaines d’ébourgeonnage intensif ne m’a pas déplu. Dans un monde où l’effort physique devient de plus en plus rare, il est bon parfois de ressentir qu’on a un corps et qu’il souffre.

    Et puis être seule dans les vignes, ça mène forcément à une médiation à laquelle on se livre rarement dans le tumulte urbain.

  • loloetalex
    loloetalex
    De plus en plus en colère
    • Posté à 22h39 le 12/02/2011
    • Internaute 79845
      De plus en plus en colère

    Merci pour votre témoignage. Bon courage.

  • jerome_munich
    jerome_munich
    (internaute)
    • Posté à 23h16 le 12/02/2011
    • Internaute 136614
      (internaute)

    Bravo.

    Enfin un article qui explique ce qu’est vraiment la vie de l’agriculteur. Loin du monde bisounoursesque des écolos, la réalité de faire pousser des choses pour nourrir les hommes, ce n’est pas facile.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 06h16 le 13/02/2011
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Excellent reflet de ce que peut être le « Midi ».
    On s’est encore raté l’an passé, Catherine. Peut-être l’été prochain...
    Le Midi est un milieu difficile. La terre est souvent ingrate. Et les Méditerranéens sont des gens durs à la tâche - contrairement aux clichés - et sobres. Dès l’Antiquité le Grec se contente d’olives, de pain, de figues, de raisin. Même chose pour les Romains. Cela ne rigole pas tant que ça.
    J’ai connu enfant la Provence dans les années 1950, goûté pour la première fois à l’âcre huile d’olive, gobé des oeufs tout chauds, sillonné les vignes à travers des chemins de terre à vélo, nagé en mer comme en rivière. Un monde alors complètement exotique...
    C’est aussi traditionnellement un milieu macho, latin. Voyez les films de Pagnol ; l’atmosphère y est souvent très pesante.
    Il faut tout à la fois, quand on est un estranger, un forraster, s’imposer, se faire respecter. Et seule comptent les preuves, les compétences. Catherine a bien du mérite.
    Un côté réac donc, où le PCF a été remplacé par le FN.
    Etrangeté : les vignerons catalans étaient majoritairement au PCF.
    Vous imaginez la tête qu’ils auraient fait si on leur avait dit que le communisme signifiait la collectivisation des propriétés !
    Je m’arrête souvent du côté de Fitou. C’est devenu un lieu poussièreux, plein d’embouteillages, où la nature a été ratiboisée. On se demande comment la vigne peut pousser dans un tel endroit devenu si moche. Mais enfin nos vignerons français tiennent encore le coup et certains valent le déplacement.
    Même dans la Vallée de l’Aude on fait à présent du très bon vin. Et une bonne Blanquette surpasse, par la qualité du raisin, tous les champagnes.
    Les vins dans ce coin (Roussillon et côte languedocienne) titrent à présent 14°. Pärfois 15° ! Normalement imbuvables sauf en apéro. Sauf pour moi qui ait toujours aimé les vins (rouges) forts comme ces Jumilla espagnols....
    Bon, il faut que je commence à m’entrainer pour cet été.

  • Man_Dong
    Man_Dong
    étudiant
    • Posté à 07h32 le 13/02/2011
    • Internaute 141559
      étudiant

    Le travail de la vignes est difficile... Froid l’hiver (peut-être moins en Languedoc), chaud l’été, pointes de travail stressantes et usantes... Cela se sent dans votre texte.
    Le travail de la vigne est surtout un art plus qu’une science, ou au moins les deux liés. Une large place est laissée à l’aura et au feeling du vigneron... Cela se sent aussi dans l’article
    Et le travail de la vigne est aussi un travail qui rapporte à la terre, au sol, de façon brute. Quand on boit un vin de Bourgogne, on doit sentir le terroir. C’est ça qui fait du vin un produit local, traditionnel et non standardisé.
    Voila une activité qui fait la renommée de la France dans le monde entier, et merci d’y participer si courageusement pour les buveurs que nous sommes ! !

  • bagamo
    • Posté à 08h25 le 13/02/2011
    • Internaute 10603

    Magnifique article... Bravo et chapeau bas pour le courage de cette reconversion en terrains multiples inconnus, je ne suis pas certaine que nous soyons tous parés pour une telle aventure...

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 10h46 le 13/02/2011
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Un parfum de vigne, de garrigue me submerge ...l’accent de l’ Aude roulant grassement ses « rrrrrr », Minerve, les Corbières, Montbrun et son vin d’excellence...Ma jeunesse avec mon oncle vigneron.
    Un paysage, si bien caché, un p’tit village abandonné, un vieux clocher,
    que reste t-il de nos amours ? ? ? Je vous le dis :
    –-Dans l’Aude, il reste encore un parfum d’humanisme, de simplicité, de naturel. Le vent balaie les impuretés...Cette région est encore fidèle a son passé..et au nôtre.
    A présent, je me retire souvent dans le Roussillon, en « gabache », une « estrangère » avec une équivallence tout de même...La région est magnifique, mais les vignes n’y ont pas le pittoresque de l’Aude. Certes, on passe à Collioure, Fitou, Banyuls, une halte à Rivesaltes, un muscat dégusté sur la route catalane ...en s’arrêtant au pied d’un château cathare châteaux , heureux d’avoir gravi la pente d’un chemin où le vent vous bascule dans l’histoire...
    Mais sans doute est-ce la nostalgie de la lumière « propre » , particulière, de la garrigue et des parfums de lavande, thym et bruyères qui me fait préférer la terre audoise et les grappes accrochées qui mûrissent en été, de juillet à fin aôut...pour finir en septembre dans la tête des écoliers parisiens comme un souvenir jamais assouvi. ?
    Merci pour l’article et bon courage à cette jolie dame !

    • Célia
      Célia répond à framboise92
      Etudiante
      • Posté à 11h48 le 13/02/2011
      • Internaute 114304
        Etudiante

      Joli !

      Ca donne envie d’y courir.

      • framboise92
        framboise92 répond à Célia
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 11h53 le 13/02/2011
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Oui, c’est une belle région ! Soleil garanti et moins peuplée que le sud-est. Bises !

         
        • nemo3637
          nemo3637 répond à framboise92
          Déchoukeur
          • Posté à 20h49 le 13/02/2011
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          C’est quand même des pays où l’on rencontre pas mal de faux-jetons, de l’hypocrisie.
          Les Catalans sont souvent des grandes gueules arrogantes qu’on se faisait un plaisir de remettre à leur place dès qu’on avait l’argument avec nous.
          Pour s’imposer ou simplement se faire respecter c’était souvent la castagne. Ceux qui me plaisaient c’était ceux des Corbières.
          L’atmosphère dans les villages audois ou catalans est faite de ragots et d’hostilité à l’égard des étrangers.
          Enfin on peut déjà parler au passé. Car une bonne partie de ces vieux cons a déjà disparu. Des jeunes « de l’extérieur » se sont désormais installés de ci delà. Un peu d’air frais. Cela fait du bien...

          • framboise92
            framboise92 répond à nemo3637
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 09h54 le 14/02/2011
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            Il se trouve, Nemo, que j’y vais depuis que je suis petite et que j’y suis bien acceptée.Je sais, je connais les catalans, très susceptibles et fiers comme des bars tabac... mais une fois qu’ils vous acceptent, ça va.
            il faut vivre avec eux. Moi, les vieux, je les ai dans la poche à présent.
            bizzzzz

            • nemo3637
              nemo3637 répond à framboise92
              Déchoukeur
              • Posté à 14h34 le 14/02/2011
              • Internaute 44521
                Déchoukeur

              C’est vrai.
              Etre du Sud ne signifie pas être franchement mauvais.
              Il y a des exceptions.
              Heureusement qu’il y a de l’immigration pour renouveler la population.

              • framboise92
                framboise92 répond à nemo3637
                je choisis la campagne, la (...)
                • Posté à 16h36 le 14/02/2011
                • Internaute 24519
                  je choisis la campagne, la (...)

                Je pense que c’est pareil partout en provine ou dans de nombreux endroits. Le hic, c’est que les gens ne voyagent pas et ne sortent pas de leur province, parfois.Alors la fréquentation des étrangers leur est profitable malgré ce qu’ils pensent d’eux.

        4 autres commentaires
  • homopragmaticus
    homopragmaticus
    entrepreneur
    • Posté à 10h57 le 13/02/2011
    • Internaute 113701
      entrepreneur

    Chapeau et bon courage, et, bonne chance.

    J’ai aussi fait cette demarche, pas dans la vigne bien que je connais car en region viticole, et tres« piednoirdisée » aussi.... rires

    Dans la gestion du bois, abandonnée elle peu a peu par les « locaux » même pour leur bois, ce qui est plus facile puisque la concurence « disparait naturellment ».

    Un truc pour « la Papalardo »...puisque vous évoquez le probleme de l’encrassement....parceque mon parc de tronconeuses et debroussailleuses a le même type de moteurs qui marchent au mélange... pour éviter l’encrasement du carter et de l’alimentation quand on ne l’utilise pas, il y a une solution qui evite la vidange et donc économise du temp et de la fatigue.

    Il faut s’arrenger pour que le reservoir soit quasiment vide un peu avant la fin du traitement, un quart d’heure je dirais. Puis on refait le plein, ou un demi plein si cela suffit, avec non pas du mélange à 4% mais avec du carburant vert bio, (je ne cite pas les marque mais celle d’un « grand » constructeur » de tronconeuse oranges, suedois est de tres bonne qualité... sourire) C’est un carburant obligatoire en zone natura 2000 ou en bord de riviere.

    Il est fait a partir d’alcool de bois, il ne « colle » pas, ne « calamine » pas (il décalime les carbu même), et on démare meme un mois apres en grand froid sans effort ni probleme les tronço qui en ont encore dans le reservoir et le circuit... C’est un peu (pas mal) plus cher ok, mais la décalamination du moteur et le rendement en son amélioré sans compter qu’on évite les blocage et donc les démontage nétoyage ou passage chez le mécano.

    Pour les huile de moyeux ou d’axes si il y en a sur votre machine (moi je traite mes pieds de grimpantes et mon tout petit jardinage à la manuelle sourire), les huiles « bio » sont bien en hiver quand il fait froid, mais en été elles sont trop fluides et on passe aux minérales.

    Si ca peut vous etre utile...

    Au fait, éviter les ceps de vigne pour les grillade, c’est hyper toxique à cause du zinc de cuivre et du souffre...rire

    • Catherine Bernard
      Catherine Bernard répond à homopragmaticus
      Vigneronne
      • Posté à 12h05 le 13/02/2011
      • Internaute 41733
        Vigneronne

      Merci, merci. Et pour votre éclairage sur le travail du bois (ça m’intéresse bigrement cette histoire), et pour votre suggestion que je m’en vais appliquer dès ce printemps. Etant toujours très nulle en mécanique, bien qu’un peu moins, j’ai une question : peut-on avec ce carburant vert qu’on ne citera pas se passer totalement du mélange à 4% ? Sinon, peut-on mettre 4% d’huile puis directement le carburant vert ?
      PS : Je viens de lire un livre délectable, L’Eloge du Carburateur de Matthew Crawford, un essai témoignage qui montre que la mécanique en particulier, et le travail artisanal en général, stimulent l’imagination.

      • homopragmaticus
        homopragmaticus répond à Catherine Bernard
        entrepreneur
        • Posté à 13h23 le 13/02/2011
        • Internaute 113701
          entrepreneur

        le carburant vert est « complet », avec 2% d’huile ce qui est la norme pour les alccol de base du carburant puique il sont plus volatils que les huiles minérale de pétrole (ne pas mettre 4% avec un carburant alcool pur mais seulement 2%).

        Donc on n’y rajoutte rien, pas d’huile, il est prêt à l’emploi. En fait même six mois à un an après comme avec une de mes debroussailleuse que j’utilise sur des cas precis et rares, ca demarre sans aucun effort.
        Ca n’encrasse rien, ni pistons, ni carburateur, rien de rien. Donc le moteur, et ses pieces mécanique nottement les pistons, s’use beaucoup plus lentement.

        J’ai une Husk (haie, j’ai presque dit la marque...) entierement à l’aspen (ouille , c’et le nom du produit) pour les nétoyages de bords de riviere, elle n’a jamais eut une panne en six ans, ni une baisse de régime morteur. Le constat est général chez les bucherons qui l’on éssayé.

        C’est plus cher c’est certain, aux alentour de 20 euros les 5 litres, soit 4 euros le litre contre envifond 2. Parfois les petits bidons se trouvent en promo, comme en ce moment, à 15 euros, et bien sur en tarid dégréssif si on prend un bidon de 200 litre, là on tombe à du 2.5 euros selon les commerciaux. Ca se conserve 2 ans sans probleme.

        ca fait donc deux fois plus cher en petite quantitée il faut etre clair, moins si on compte le fait que les moteur ne s’use pas aussi vite et qu’en plus on a pas de « fumée » plein le nez. C’est un choix, et un cout.

        Autre tres GROS avantage pour le pérénité du moteur, le melange est absolument constant... avantage parceque passer d’un melange a peu pres a 4% qui varrie même seulement de 3.75 a 4.25 est tres mauvaus pour les moteurs deux temps.

        Le rendement, c’est a dire la durée de coupe, ou de tour ou de pression, à l’heure est superieur (presque 20%) aussi a ce que donne un mélange classique 95/huiles. Autrement dit un reservoir de mélange fait une demi heure de coupe intensive, le même reservoir d’Aspen en fait 5 a 10 mm de plus... le temps gagné en reremplissage et en durée de travail effectif n’est pas négligeable pour la foret, car les salaires et charges sont lourds (j’emploie regulierement des équipes pour les chantiers) pour la vigne je ne peux pas dire.

        Je n’aime pas trop la mécanique aussi je fait tres attention à l’entretien du materiel et à son nétoyage. Souvent, la plupart du temps en fait, c’est jsute l’acumulation de merdes, les poussieress dans la filtres et les engrenages ou axes de rotations, et de residus non completemet brulé (que l’acool des carburant vert brulent lui, c’est pour cela qu’l décalamine les morteur et les netoie apres usage de mélange classique) qui posent des problemes aux moteurs.

        Un autre outil leger pas cher et interessant est le treuil.... ça rend des service inimaginable. 80 a 100 euros pour un truil 2.5 tonne, 4 tonnes avec mouflage, amovible, s’attchant par cable sur pilier ou sur la boule de remorque d’une voiture, marchant avec une batterie 12 V a 50 euros..

        Lever des poids c’est la mort assuré... un treuil ça sert meme a arracher, à se désembourber la voiture, à trainer sur sol par trop inégal etc etc.... si il est bien fixé et mouflé, sans effort violent.

        Pourquoi le trvail du bois en foret vous interesse t’il ? c’est tres dur.

  • ceceso
    ceceso
    Riveraine
    • Posté à 10h38 le 13/02/2011
    • Internaute 144660
      Riveraine

    Les hyperliens qui partent du nom du livre de fonctionnent pas. Je vais commander le livre ailleurs donc.
    Sinon, félicitations ! il me tarde de lire la suite..., j’aime beaucoup ce style, gouleyant ! !
    Encore bravo et bon courage !

  • vermisseau
    vermisseau
    étudiant ingénieur en (...)
    • Posté à 11h00 le 13/02/2011
    • Internaute 26276
      étudiant ingénieur en (...)

    « L’agriculture, ce n’est pas la nature. »

    tellement vrai... et tellement faux.

    l’agriculture ne correspond peut être pas... à VOTRE idée de la nature (tout comme chaque citadin, qui s’imagine trop souvent la nature comme une harmonie où chacun aurait sa place sans avoir à lutter)

    travailler avec le vivant, c’est aussi travailler contre le vivant
    c’est se battre pour que SON vivant résiste aux autres vivants
    c’est la lutte pour la survie
    c’est la nature elle même, le « real world » en quelque sorte

    • homopragmaticus
      homopragmaticus répond à vermisseau
      entrepreneur
      • Posté à 13h35 le 13/02/2011
      • Internaute 113701
        entrepreneur

      Mouais

      L’agriculture est un « mal nécéssaire » du moent que l’homme se reproduit au dela de ce que la nature peut lui forunir sans etre « fouéttée ».

      Mais c’est le choix de l’homme de modifir son environement et l’adapter à lui plutot que de s’y adapter.

      Votre raisonnement n’est qu’une citation d’apperence : la nature elle même ne joue pas « contre » l’homme, elle joue sa survie, et eventuellement aussi la notre long terme.

      Si vous considerz la nature comme une ennemie, je vous conseille l’atomisation de la planète pour regler le probleme une foi pour toute...rires

      On a vue dans les foret domaniale disparaitre dans la années quatre vingt l’ecole des eaux et foret, enfin, ces ingénieurs, pour etre remplacé par des « techniciens » en gestion de l’environement forestier.. le resultat est loin d’etre probant, il est catastrophique même... rires

      Votre approche radicale, relève ma foi du cartésianisme paysan productiviste et religeux en vigeur en France depuis deux siecles, sortez de notre pays et vous verrez que cette approche n’existe en tan que dogme que en Chine, en Asie du Sud est ou en Amérique latine et dans les pays qui leurs sont inféodés comme l’Afrique aujourd’hui. Ailleurs les choses ont bien changé depuis trente ans, meme aux Eats Unis ou en ex URSS.

      Votre apprhe est liée à ’loubli » du probleme du consumérisme et de la démographique et à la bombe a retardement qu’ils représentent.

      • vermisseau
        vermisseau répond à homopragmaticus
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 15h19 le 13/02/2011
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        c’est bien joli de mettre beaucoup de mots compliqués dans vos phrases, mais ce serait encore mieux si le texte en lui même voulait dire quelque chose

        par ailleurs, il semble bien que vous n’ayez strictement rien compris à ce que j’ai écrit précédemment

        je vais essayer de faire, pardonnez moi d’avance de ne pas mettre de tournure de phrases trop complexes, j’aurai trop peur de vous perdre

        la nature est régie par des interactions entre être vivants. ceux ci ont pour but de survivre, se reproduire et parvenir à faire perdurer leur espèce

        d’une certaine façon, l’agriculture est la main mise de l’homme sur sa production de nourriture. par celle ci il peut survenir à ses besoins. néanmoins, il lui faut pour cela de grandes surface et il cultive ainsi au sein même de la nature, nature dont il fait partie.

        un étalage de nourriture attire inévitablement d’autres êtres vivants tentés par une telle abondance qui leur permettrait de se multiplier.

        les cultures ne pouvant se défendre seules, l’homme intervient alors pour jouer le rôle de défenseur face aux nuisibles. en somme, c’est une défense d’un autre être vivant pour notre survie. mécanisme naturel et qu’on retrouve dans les relations écologiques.

        votre problème semble être un problème d’échelle, ou alors d’incapacité cérébrale.

        si la démographie vous pose problème, prenez une paire de ciseaux, voir même jetez vous d’un immeuble. vous aurez ainsi oeuvré pour la bonne cause

        sachez toute fois que vous êtes l’énième type de ce genre à me faire la remarque de l’humain mauvais qui ne mérite que de mourir gnagnagna... mais que comme tous les autres types que j’ai vu avant vous, vous parlez beaucoup mais malheureusement... vous ne faites pas grand chose d’autre

        à bon entendeur

         
        • homopragmaticus
          homopragmaticus répond à vermisseau
          entrepreneur
          • Posté à 09h20 le 14/02/2011
          • Internaute 113701
            entrepreneur

          Rien a rajoutter, vous repondez exactement « comme il faut » pour illustrer ce que j’ai dit.... rires

          La démographie ne me pose pas un probleme jeune homme pleins de certitude et de dogme,( j’ai failli dire « jeune padawam » .. désolé... sourire) elle NOUS pose un probleme.

          Quand d’autre part l’agriculture en arrive à produire des matieres sans grand interet en détruisant pour ce faire des millions d’hectares de zones naturelles, et tout ce qui y vit, comme par exemple « le palmier à huile » industriel.. vous m’excuserez de ne pas prendre l’agriculture pour une actvité « responsable » voire même « intéligente ».

          Ce n’est plus que du BUSINESS sur le capital naturel de la terre et sans aucun plan à long terme, comme dans cet exemple du palmier a huile...ou pour permettre « le business » et l’enrichissement de quelques généraux indonesiens et malaysien et trouver « du travail » à des populations en croissance exponetielles... on en arrive a avoir des hommes politiques européen, dont Jacques Chirac à l’époque (grand ami de Mahathir) qui ont permis que cette « merde » car s’en est une, puisse etre ajoutée a pratiquement toute les préparations culinaires (dont le chocolat) pour pouvoir en ecouler les productions et justifier une culture sans interet dans les proportions actuelles.

          Et ce avez l’aide de jeunes cons, je me permet le terme, qui on silloné les terres tropicales depuis quarante an pour promouvoir cette culture.

          Et utiliser des millions d’hectares pour produire des proteines animales de basse qualité cela vous semble j’en augure aussi normal qu’à l’industrie de la viande, non ? rires

          Maintennant, au grand maitre de notre future bouffe, pouvez vous éclairer les pauvres ignares que nous sommes sur la façon d’augmenter le production de blé dans les 20 ans a venir ? ? ? ? ou de nourrir dix milliard d’humains avec des rations equivalentes à celle du monde « developpé » actuel ? ? ? rires

          Pour le riz qui lui et en hausse, on sait, rassurez vous, les chinois rasent les forets tropicales africaines par millions d’hectares depuis 6 ou 7 ans...

          Vous pourriez peut etre aussi, vous qui etes « ingénieur en environement », faire profiter ici à tous des dernier bilans internationnaux sur les « possibilités » d’extensions des zones cultivée, je suis sur que cela, et je ne plaisante pas là, interessera surement les lecteurs.
          Et je ne parle pas de « projection » d’une assocs, mais de celle de l’OCDE, ou de la FAO.

          Tout comme les projection à 5 ans, 10 ans et 20 ans des production agricoles de base. Ce serait instructif et cela permettrait de pouvoir se faire une idée des « éventuels » problemes à venir....

          C’est vous l’ingénieur, c’est a vous de nous dire...

          Mais j’ai peur que vous ne soyez un esprit égaré du passé dans nos temps, ou que vous ayez été elevé et éduqué (j’ai faillit dire « produit ») avec des valeurs du passé, je dirais le « credo monsanto » au hasard...mais en tout cas, vous allez avoir de belles désilusions et pas dans longtemps jeune homme.

          Rien que le fait d’utiliser le terme de « nuisible » montre de quelle école de pensée (enfin, pensée, façon de parler hein... rires) vous sortez....et pourquoi pas « vermine » comme on disait autrefois à la cambrouse pour désigne tout ce qui n’est pas « rentable vendable et monauyable » tan qu’on y est... rires

          D’ailleurs, ce n’est pas le terme « nuisible » qu’on utilise chez es agriculteurs modernes, que je cotoie tous les jours, pour désigner une espece qui detruit une culure de façon significative.... bizarre que vous utilisez ce mot ?

          Vous avez de la chance, j’ai a faire, aussi je ne vous imposerais meme pas les effets de la pensée mécaniste cartesienne conjuguée au repliement de l’eglise en france a partir du XVIII et aux mouvements paysanistes post révolution sur la vision de la nature et de l’agriculture en France, culivez vous vous même.

          Quand à dire que je ne fait rien, qu’en SAVEZ VOUS ?

          • vermisseau
            vermisseau répond à homopragmaticus
            étudiant ingénieur en (...)
            • Posté à 15h37 le 14/02/2011
            • Internaute 26276
              étudiant ingénieur en (...)

            déjà castré ?

            • homopragmaticus
              homopragmaticus répond à vermisseau
              entrepreneur
              • Posté à 21h05 le 14/02/2011
              • Internaute 113701
                entrepreneur

              Bigre, c’etait vraiment un vermisseau..... Un nématode peut etre ?

              Mais oui, c’est ça, et peut etre même un heterorhabditis.... qui sait, , C’est très utile les heterorhabditis, pour lutter contre les othiorynchus... plus que n’importe quel traitement d’ailleurs... enfin, c’est ce qe dise les viticulteurs et les producteur d’olives et d’amandes aux etats uni, en Australie et ailleurs.. vous connaissez j’espere... vous qui vous soucié de la lutte contre les ravageurs.. Ah oui, c’est comme ça qu’on dit jeune homme de nos jours, même chez les cul terreus, enfins, les plus évolué, plutot que d’utiliser le terme un brin désuet de « nuisible »...

              Remarqué, ça fait trés « vielle france », nuisible... sourire

              Mais pour un futur « ingénieur en environement » ça fait très con par contre.... rires

              • vermisseau
                vermisseau répond à homopragmaticus
                étudiant ingénieur en (...)
                • Posté à 23h12 le 14/02/2011
                • Internaute 26276
                  étudiant ingénieur en (...)

                ouais c’est ça

                allez ciao l’« entrepreneur » ^^

                • homopragmaticus
                  homopragmaticus répond à vermisseau
                  entrepreneur
                  • Posté à 08h01 le 15/02/2011
                  • Internaute 113701
                    entrepreneur

                  Ben quoi ?

                  On a pas le droit d’etre entrepreneur et.... biologiste ? ? ? et peut etre même aussi.... ingénieur ? ? rires

  • Chameau23
    Chameau23
    technicienne
    • Posté à 11h03 le 13/02/2011
    • Internaute 115353
      technicienne

    Quel moment de bonheur la lecture de ces moments de vie. Je ne peux que dire mon amiration pour Catherine, qui a entamé une reconversion et qui décrit ou plutôt continue de décrire sa vie, ses questions, ses espoirs, ces combats etc ...
    Merci Catherine pour cette bouffée d’air .

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h17 le 13/02/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Une femme seule dans les vignes, c’est courageux »

    Dans les foins, c’est encore plus courageux...mais c’est selon le candidat !

  • michel 13
    • Posté à 14h44 le 13/02/2011
    • Internaute 49378

    Si votre vin ressemble à votre manière de parler de la terre, de la vigne et de tout ce que vous évoquez, je pense que ce vin doit enchanter le palais.
    Bonne continuation dans les vignes et devant un clavier pour écrire la suite.

  • vin français au Brésil
    vin français au Brésil
    promotion du vin français au (...)
    • Posté à 11h35 le 14/02/2011
    • Internaute 144766
      promotion du vin français au (...)

    Merci pour ces belles pages de témoignages...je vais les faire passer à ma mère et ma soeur qui même fille et petite fille de viticulteur ont eu à faire à de nombreux aspects que vous décrivez...(dans le gard près de Sommières )
    Pour ma part...j’ai retenu une phrase de mon grand père : « Nous savons faire du bon vin et même de l’excellent vin mais nous ne savons pas le vendre...j’ai donc decidé de devenir missionnaire pour le vin français au Brésil à 42 ans...

    La vigne m’attire et me repousse, j’ai vu mon grand père mourrir à 72 ans d’un cancer des voix respiratoires alors qu’il n’avait jamais fumé...mais qu’il ne se protégeais quasiment pas de ces produits...

    bref bref....
    tout ceci ou presque est relaté sur mon blog ...

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    merci encore

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