Prise de baecque

Journal de bord culturel d'Antoine de Baecque, historien et critique, passionné de cinéma.

Sarkozy nous conduit à la « catastrophe culturelle »

Publié le 06/02/2008 à 10h56

Antoine de Baecque poursuit son exploration de la « panne culturelle » de la France sous Nicolas Sarkozy.

Régulièrement, la culture française entre en crise, se replace au centre des discussions, des polémiques, du débat d’opinion, et encourage les réflexions, propositions et contre-propositions. La politique culturelle se fait alors genre éditorial et gagne ses galons de sujet crucial pour cénacles du verbe. Il ne se passe guère de semaine qui ne voit paraître un article, un texte, un appel, une pétition, même un livre, ayant pour objet les politiques culturelles, ce qu’elles furent et ne parviennent plus à être, ce qu’elles sont et ce qu’elles devraient être.

Deux grandes idées structurent généralement ces critiques et ces rêves. La démocratisation de la culture, d’une part, qui devrait autoriser l’accès de tous aux choses de l’esprit ; la valeur absolue de la création, d’autre part, puisqu’il s’agit là, sans doute, de la forme majeure de l’héroïsme contemporain, d’une « religion moderne » . La crise vire en général assez rapidement à la grande messe culturelle, célébrée en France avec une emphase certaine : on oublie la crise initiale, celle qui a tout déclenché, pour mieux réaffirmer périodiquement, haut et fort, que la culture est comme le lien suprême de la nation, ce qui ferait tenir ensemble des citoyens divisés, des minorités multiples et complexes, des traditions largement contradictoires, et cela depuis des décennies, voire des siècles.

Tous les citoyens, ici, pourraient se reconnaître en une idée maîtresse : la France est la patrie de la culture ; être Français, c’est partager la conviction que la culture nous rend meilleur. En un mot, la culture provoque débat en France car elle est ici considérée comme l’enjeu majeur d’une politique possible, et même obligée.

Or, il semble désormais en aller tout autrement en ces temps nouveaux du sarkozysme. Certes, la politique culturelle est toujours en crise. Mais ce n’est plus pour mieux réaffirmer sa nécessité et tenter de trouver une autre manière de la pratiquer, d’autres domaines sur lesquels placer la priorité des investissements et des attentions de la politique d’intervention de l’Etat. Aujourd’hui la crise traduit une autre réalité : elle révèle surtout que la politique culturelle est en train d’être sacrifiée au nom d’autres valeurs, au nom d’autres priorités. Celles-ci s’appellent : obligation de résultat, rentabilité, performance économique.

Début janvier, le gouvernement a rendu public un projet de notation trimestrielle des ministères et de leur titulaire qui, dans le cas du ministre de la culture, serait absolument suicidaire : seize critères qui vont de l’évolution de la fréquentation des musées à la part de marché des films français sur le territoire national, ou au nombre de fichiers audio ou vidéo piratés.

Si un ministre de la culture voulait être « performant » dans ce cadre-là, ce serait un appel permanent à la démagogie et au pouvoir de la mode, du prime time, du best-seller et du film qui marche. C’est-à-dire une révision complète des priorités de la politique culturelle telle qu’elle existe en France depuis plus d’un demi-siècle : prix unique du livre, subventions aux théâtres publics où l’on ne joue pas précisément la dernière pièce à succès d’un boulevardier en vogue, avances sur recettes prioritairement données à des films sélectionnés sur des critères de « qualité » et non de rentabilité forcenée, etc.

L’autre projet sarkozyen de l’action publique, l’un des plus importants du quinquennat, va lui aussi dans le sens de la performance et de ses effets pervers concernant toute politique culturelle. Il s’agit de la RGPP, la « révision générale des politiques publiques » , annoncé par le Premier ministre en juillet dernier et piloté conjointement par l’Elysée et Matignon. Cette politique vise au retour à l’équilibre des finances publiques à l’horizon 2010-2012, à l’amélioration de la performance de la dépense publique et à une réduction conséquente du nombre des fonctionnaires.

De fait, il s’agit d’imposer une autre « culture » , celle du résultat, au cœur de la politique publique, projet inspiré par le modèle de l’entreprise libérale et de son efficacité économique, qui est, on le sait, au centre des références et de la philosophie du discours de Nicolas Sarkozy. Concernant la culture, cette mutation est lourde de conséquences. On peut même prévoir non seulement une panne culturelle mais plus encore une « catastrophe culturelle » d’ici à quelques années de ce régime-là.

Il s’agit d’une mutation d’importance, qui va bouleverser la vie culturelle française. La culture et sa politique publique ont toujours été préservées sous la droite de gouvernement, et même longtemps initiées par cette droite : la création du ministère est une volonté purement gaullienne, en février 1959, sous les auspices de l’ » ami génial » , André Malraux, cela au nom de la grandeur culturelle du pays, qu’il fallait préserver, encourager, puisqu’il s’agissait d’un des « domaines réservés » du souverain en France, cela depuis l’Ancien Régime et les rois de France.

Le souverain en France, qu’il règne sur une monarchie, dirige un empire ou préside une république, a toujours été le protecteur des arts et le diffuseur de la culture nationale, faisant de toute politique culturelle une affaire personnelle. Il nous paraissait naturel, dans le pays de l’Etat nation, que la puissance publique soit à la fois une providence et un mécène. Etat providence et Etat mécène sont les deux figures d’une même face, celle d’un Etat qui serait depuis toujours l’instituteur de la culture, son régent, son intendant et son dispensateur.

La politique culturelle est en France un devoir d’Etat, une de ses raisons d’être, au même titre que l’éducation, la défense du pays, la diplomatie, ou le droit de battre monnaie. Tout cela jusqu’à Jacques Chirac compris, qui, malgré l’impéritie grandissante et l’incapacité paralysante, s’accrochait à quelques grands projets culturels, dont le Musée du quai Branly fut, de fait, le seul à voir le jour. Mais du moins cette croyance protégeait-elle l’idée même d’une politique culturelle contre l’obligation de résultat et l’exigence de performance (selon les critères de l’économie libérale).

Avec Nicolas Sarkozy, nous entrons dans une autre ère, il faut le savoir. D’ailleurs, aucun grand « projet culturel » n’a été annoncé (alors que celles-ci n’ont pas manqué), mis à part un très aléatoire et nébuleux « jardin des sculptures » sur le site de Billancourt. Cela est logique, puisque la culture comme aspiration commune, comme service public, comme « élévation des âmes » et révélation de soi, le nouveau président n’en a rien à fiche.

La culture ne fait plus trembler sa voix, et la politique culturelle lui paraît surtout l’occasion de dilapider l’argent des contribuables. Sur ce point, il faut se faire une raison : Sarkozy sera impitoyable, cynique, efficace. Sa seule culture est celle du résultat : il préférera toujours un film qui marche à un beau film, un livre qui se vend à un bon roman. Cela ne veut pas dire qu’il fera en sorte que les films qui marchent soient beaux ou que les romans lus soient bons, mais bien davantage qu’il est persuadé qu’est beau le film qui marche et qu’est bon le roman à succès, quels qu’ils soient. C’est le critère de rentabilité qui devient ici prioritaire, non celui de la qualité.

Et c’est ainsi que, tout comme la politique d’éducation ou de santé publique, la politique culturelle à la française ne résistera pas longtemps au rouleau compresseur des chiffres, de la statistique, et de ces notations qui s’annoncent.

► Antoine de Baecque publie le 26 février : « Crises dans la culture française. Anatomie d’un échec » , aux éditions Bayard.

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h14 le 06/02/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Sarkozy nous conduit à la « catastrophe culturelle »

    Le titre est suffisant par lui meme, c’est un constat tellement evident qu’ il n’ a meme pas besoin d’etre argumenté ou demontré ..

    Et pourquoi des guillemets ?

    Sarkozy nous conduit à la catastrophe culturelle. point .

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 12h52 le 06/02/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      A la catastrophe tout court !

    • pablico
      pablico répond à Numerosix
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 15h28 le 06/02/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      « catastrophe culturelle » ? ? je vois pas en quoi la culture peut être détruite, ou esquintée. La culture c’est une richesse qu’on partage entre tous.
      La culture englobe tellement de chose qu’à la fin je me demande quel en est son périmètre.
      Elle peut s’appauvrir faute de créateurs, mais ce qui a été crée est toujours là. Et il y a toujours des créateurs (dieu merci ; -) ) avec plus ou moins de talent.
      Mais le talent ou le génie ne se commandent pas dans les catalogues, ils sont là ou pas.

      • léo solo
        léo solo répond à pablico
        • Posté à 16h39 le 06/02/2008
        • Internaute 2483

        « Mais le talent ou le génie ne se commandent pas dans les catalogues, ils sont là ou pas »

        Voilà la « théorie des dons » de retour.
        Qui est le masque de la théorie de l’inégalité naturelle.
        Ce qui prouve bien que la catastophe culturelle est pour certains, déjà là.

        A prendre en compte des avis de votre tonneau, mêm’ plus besoin d’éducation nationale.
        L’AGCS et la privatisation des services publics auraient de beaux jours devant eux.
        Seulement, voilà...nombreux sont celles et ceux qui ne sont pas prêts à des renoncements majeurs.

         
        • Thomas GREDAT
          • Posté à 21h44 le 06/02/2008
          • Internaute 23794

          Le concept de « don » est plus complexe qu’il n’y paraît. Sans aller jusqu’à parler d’une sorte de faveur divine qui donnerait à un individu une aptitude supérieure à la normale dans un domaine particulier, force est de constater que des personnalités, à bien des égards, possédaient certaines facilités qui leur ont permis d’exceller dans leur domaine de prédilection. La liste est connue : Léonard, Shakespeare, Mozart, Hugo, Picasso, pour ne citer que ceux-là.
          Ce que l’on a coutume d’appeler le « don » est-il une aptitude naturelle, innée, ou culturelle, acquise (mais alors comment ?) ? Certes, les progrès de la psychologie cognitive nous aident à comprendre la complexité du fonctionnement du cerveau et du psychisme humains. Cela enlève-t-il au « don » son caractère involontaire ?
          Si vous le permettez, je vais vous citer un exemple que je connais bien, puisqu’il me concerne : je possède l’oreille absolue, c’est-à-dire la faculté de reconnaître une note de musique sans avoir besoin d’un diapason, uniquement en l’entendant. Suis-je né avec ? Je n’en sais rien. L’ai-je acquise ? Je voudrais bien savoir comment ! Je n’ai rien fait par moi-même, consciemment, pour acquérir cette particularité dont j’ai appris l’existence par hasard, à l’âge de dix ans, le soir où mon prof de guitare m’a dit que je la possédais !
          Si ça peut vous rassurer, je n’ai jamais cru que cela faisait de moi un être d’une essence particulière. Aux yeux de la Nature et de la Déclaration des Droits de l’Homme, je suis votre égal. Et vous êtes le mien !
          Ceux qui prendraient prétexte de l’existence du « don » pour prôner je-ne-sais quelles théories eugéniques seraient absolument dans l’erreur.
          Du reste, une certaine Cécilia C. avait déclaré que son amie Rachida D. était de la « race des seigneurs ». En dehors des relents nauséabonds que remue une telle expression, je cherche encore la particularité qui justifierait une telle remarque.
          Comme quoi, il n’y a pas besoin de posséder un « don » pour se croire au-delà des simples mortels.

          • Anonyme répond à Thomas GREDAT

            Moi je possède la modestie absolue. On échange ?

            • Thomas GREDAT
              • Posté à 10h33 le 07/02/2008
              • Internaute 23794

              Si vous étiez si modeste, vous ne vous en vanteriez pas !
              Gardez votre modestie, je tiens à mon oreille !

          • léo solo
            • Posté à 23h28 le 06/02/2008
            • Internaute 2483

            D’accord, vous avez l’oreille absolue.

            Mais au détriment de quoi ?

            • Thomas GREDAT
              • Posté à 10h34 le 07/02/2008
              • Internaute 23794

              Au détriment de l’intelligence peut-être, parce que je ne saisis pas votre question.

        5 autres commentaires
  • pikasso02
    • Posté à 11h22 le 06/02/2008
    • Internaute 10134

    Pensez-vous que les Français soient tous des moutons pour se comporter comme leur président ? Si la politique culturelle va mal en France, ne croyez-vous pas que les Français en soient aussi pour quelque chose ? A renvoyer tout sur le président, ce n’est pas une façon d’arranger les choses. Vous savez très bien que depuis des decennies, la culture dérange. Les Français en sont encore à « Des goûts et des couleurs on ne dispute pas ». La France n’est pas un pays de Héros. De votre « Héroïsme contemporain », je suis pour. Hélas, le Français croit plus dans le tourisme contemporain que dans la quête de vie qui fait grandir la culture d’un pays.

    Lien

    • Numerosix
      Numerosix répond à pikasso02
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h24 le 06/02/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      La culture héroique sur ...SKYROCK.COM ? ? ! ! !

      • pikasso02
        pikasso02 répond à Numerosix
        • Posté à 15h01 le 06/02/2008
        • Internaute 10134

        Je souhaiterais répondre à Numérosix.
        C’est ma nièce qui m’a inscrit sur skyrock étant incapable de le faire moi-même. J’ignorais que ce site était réservé aux jeunes. J’aurais pu changer. Vous êtes le premier en plus de deux ans à me faire cette remarque. Ce qui compte pour vous c’est l’enveloppe ? ? ? ? Mais finalement ces jeunes vont grandir et finiront par me connaître mieux que vous !
        Et la tolérance qu’en faites-vous ?
        Mon blog s’adresse à tous !

        Lien

  • Maujean Jacques
    • Posté à 11h32 le 06/02/2008
    • Internaute 24030

    Quelle distance entre L’ART DE PETER de Hurtaut et cet article bien venu ;
    Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent.
    On s’enfonce dans la m...

    • ras-la-patience
      • Posté à 12h00 le 06/02/2008
      • Internaute 10027

      pas d’accord avec vous, je n’ai pas l’impression d’avoir mérité ça !
      d’accord avec vous, on s’enfonce dans la m...

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 11h36 le 06/02/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    L’AIR FIN

    « Culturelle » seulement, la cata ? J’ai bien peur qu’on ait hérité du package complet !

    (Enfin, « hérité » pas vraiment. On se l’est offert tout seuls avec nos votes. On a l’air fin, maintenant !)

  • in girum
    • Posté à 11h59 le 06/02/2008
    • Internaute 8170

    le spectacle et ses chiffres ont bien remplacé la culture ... au ministère affublé du mot communication. merci Antoine de cet état des lieux, effarant mais sans surprise. mais la création continue pendant la destruction de masse des instances, résistant dans le tunnel de la bêtise. comme ces gens n’aiment pas la france, c’est inimaginable et pourtant c’est vrai.

    imus et consumimur igni

  • in girum
    • Posté à 11h59 le 06/02/2008
    • Internaute 8170

    nocte

  • Gringo
    • Posté à 12h12 le 06/02/2008
    • Internaute 24805

    « la politique culturelle est en train d’être sacrifiée au nom d’autres valeurs, au nom d’autres priorités. Celles-ci s’appellent : obligation de résultat, rentabilité, performance économique. “

    Si on rajoute à celà un filtre religieux digne des plus grands obscurantismes...

    • léo solo
      léo solo répond à Gringo
      • Posté à 18h08 le 06/02/2008
      • Internaute 2483

      Nicolas Bruni Bosca.
      Un obscurantiste au pays des lumières.
      D’où les inévitables lunettes...

  • bolomig
    • Posté à 12h45 le 06/02/2008
    • Internaute 22376

    Comment voulez-vous que §arko se fasse le chantre de la Culture Française (là, je parle de la vraie, de celle qui est ancrée dans nos racines et qui a évoluée au fil des métissages) alors qu’il est totalement aculturé ...Sat-il même où son ses propres racines ? ? ? J’en doute.

  • morgan
    • Posté à 12h54 le 06/02/2008
    • Internaute 4849

    La culture est un bien qui ne peut être masuré par la quantité.On ne peut pas apliquer des critères de rentabilité à la création culturelle.La CULTURE n’est jamais rentable parce qu’elle est quelque chose d’immateriel Mème si elle coute de l’argent.
    Avec des polititiens comme Sarko le pays s’appauvrit, et tout le monde pert.

  • Art-35_Constitution-1793
    Art-35_Constitution-1793
    Pour une Republique Bonsensiste (...)
    • Posté à 13h31 le 06/02/2008
    • Internaute 4675
      Pour une Republique Bonsensiste (...)

    Top là , on a un champion de la culture des Chiffres

    4,9 Milliards , personne au monde n’a fait mieux !

    Bon d’accord, le coffre était ouvert et les gardiens regardaient du porno sur leur PC au lieu de faire leur boulot

    Bravo Jérôme, t’es le meilleur ! !

  • compte supprimé 22 janvier
    • Posté à 13h42 le 06/02/2008
    • Internaute 24826

    Il nous conduit à la catastrophe tout court

  • Annie
    • Posté à 13h43 le 06/02/2008
    • Internaute 8804

    Cette notion de rentabilité s’inscrit comme un gant dans le dogme du libéralisme à outrance. Rentabiliser l’éducation et la mettre au service du grand patronat ou pour être plus gentil, de l’économie, plutôt que de considérer les vertus inhérentes à l’instruction : élargissement de l’esprit, savoir qui aide à comprendre le monde et à prendre des décisions éclairées. Si j’en crois mon expérience en Grande-Bretagne, tout est « statistisé », schématisé, sans laisser de place aux faits plus nuancés, qui pourraient moduler les prises de décisions. Nous sommes à l’époque des objectifs, de la gestion des performances, tout est marchandise, la culture a vécu.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 13h54 le 06/02/2008
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    On ne devrait pas tarder à toucher le fond puisque sa prochaine ambition serait de se passer de ministère de la culture.
    Il faut dire qu’avec Albanel on ne peut pas vraiment dire que Sarkozy ait montré une formidable ambition culturelle pour la France.
    Rappelons qu’Albanel était la protégée de Bernadette Chirac, qui l’avait bombardée à Versailles.
    Notre Ministre de la culture n’a aucune connaissance des dossiers, en dehors peut-être des questions de patrimoine, et on mesure l’estime que le président lui porte quand elle découvre en même temps que le public les ambitions de ce dernier en matière d’audiovisuel(qui lui n’a pas encore la moindre idée des conséquences de ses propres annonces !).
    On n’en est plus à « entre ici, Malraux », mais à « assied-toi bien, Malraux ! ».

  • Lien
    • Posté à 14h15 le 06/02/2008
    • Internaute 25805
  • Lien
    • Posté à 14h25 le 06/02/2008
    • Internaute 25805
  • E.Marder - R.Duroy
    • Posté à 14h29 le 06/02/2008
    • Internaute 36
      Rue89

    merci !

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 14h42 le 06/02/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Comment peut-on écrire des phrases aussi ridicules que celle-là :

    « la culture comme aspiration commune, comme service public, comme “élévation des âmes” et révélation de soi, le nouveau président n’en a rien à fiche. »

    De grâce, assez de ce pathos grotesque sur le méchant Sarkozy qui ne voudrait pas que nous « élévassions » nos âmes, et autres platitudes... Sarkozy devient vraiment le fantasme régressif de la gauche, au début c’était comique, maintenant ce n’est plus que grotesque.

    A ce niveau d’attaque ad hominem, on fait du sous-Badiou, et comme le pauvre Badiou écrit déjà sous lui...

    Soyons sérieux : le ministère de la culture a été créé parce qu ’on ne savait pas trop quoi faire de Malraux, et qui’il fallait lui trouver un poste où il ne pourrait pas trop faire de dégats...

    C’est donc une incongruité, qui fait souvent rire à l’étranger, ou la notion même d’un « ministère de la culture » est incompréhensible, une pompe à fric pour « artistes » subventionnés en mal de reconnaissance , mais en aucun cas un outil de valorisation de la culture, il n’y a donc pas lieu de crier « au loup »...

    Voir « L’Etat culturel » de Marc Fumaroli.

    • léo solo
      léo solo répond à Bardamu
      • Posté à 15h44 le 06/02/2008
      • Internaute 2483

      Quand R Char écrit :
      « Il existe une sorte d’homme toujours en avance sur ses excréments »
      c’est aussi pour dire, en creux, que d’autres ne sont pas de cette sorte.
      Savoir faire cette part des choses s’appelle « culture ».

      A contrario, les victimes de ce manque de discernement, elles, se font simplement dessus.

    • Anonyme répond à Bardamu

      Parce que, quand vous dites que « le pauvre Badiou écrit (...) sous lui », vous n’utilisez pas, vous, d’arguments ad hominem, n’est-ce pas ? Si seulement vous pouviez faire preuve de la logique et de la capacité de réflexion d’un Badiou, vous seriez peut-être autorisé à le critiquer. Mais voilà...

      Depuis un moment que je lis vos commentaires sur Rue89, je me dis qu’effectivement, vouloir faire accéder à la culture des réactionnaires de votre acabit, c’est un peu comme de donner de la confiture aux pourceaux.

      • Bardamu
        Bardamu
        difficile
        • Posté à 16h36 le 06/02/2008
        • Internaute 25491
          difficile

        Où voyez-vous donc, Quintaine, une attaque ad hominem dans la compassion que j’éprouve pour l’incontinence du vieillard Badiou ? Pur humanisme, voyons !

        Soyez indulgent avec la réaction : grâce à elle, on peut traverser les océans grâce aux avions éponymes. En revanche, la révolution, elle, ne fait jamais que... tourner en rond !

        Quant à la culture c’est trop de cruauté de vouloir m’en priver ainsi ! Moi qui ne viens hanter ces lieux que pour m’éclairer de la lumineuse pensée des « progressistes » ! Pitié !

         
        • léo solo
          léo solo répond à Bardamu
          • Posté à 16h59 le 06/02/2008
          • Internaute 2483

          Traverser certains océans de bêtise coûterait quantité de kérozène.
          Observer la mer de désolation peut suffire à alimenter la joie d’un simple lecteur. Cette mer se traverse d’un seul battemement de sourire amusé en lisant les laborieuses traces d’un triste fantôme s’agitant dans l’obscure clarté des sables mouvants de son style éponyme.

        • Anonyme répond à Bardamu

          Non, non, c’est vous qui m’éclairez. Grâce à votre façon de vous moquer de mon pseudonyme, j’ai appris un mot nouveau. Vous voyez bien que vous pouvez, vous aussi, faire œuvre culturelle. Encore merci, M. Baducu !

        2 autres commentaires
    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Bardamu
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 17h06 le 06/02/2008
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Je ne sais pas dans quel état culturel est Marc Fumaroli, mais faudrait pas qu’il vous prenne trop de temps de cerveau disponible.

    • William Tel
      William Tel répond à Bardamu
      à Lille
      • Posté à 12h32 le 07/02/2008
      • Internaute 24846
        à Lille

      Même si votre explication de la création du ministère de la culture est aussi grotesque que les phrases lamentables que vous relevez dans l’article (sans parler de l’absence totale de démonstration de votre propos, vous confondez vos mouvements d’humeur avec des arguments, mais je suppose que c’est là que réside votre unique énergie), je pense en effet qu’il faut impérativement laisser ce discours de gauche idéaliste et moralisant au P.S. et trouver des idées plus conséquentes à opposer au pragmatisme libéral.

  • cath54
    • Posté à 15h04 le 06/02/2008
    • Internaute 27652

    Dommage pour vous Bardamu si vous ne voyez pas l’utilité d’un ministère de la culture ! En ce qui me concerne,j’en vois la nécessité ! Je suis contente d’aller (gratuitement) dans les musées avec mes enfants ,le 1er dimanche de chaque mois ! Je suis contente qu’on subventionne les troupes de théatre ! Je suis contente qu’on encourage les jeunes artistes ! Je me réjouis quand on aide le cinéma d’auteur ! ETC... C’est vrai que dans les pays totalitaires , il n’y a pas de ministère de la culture ; mais , nous sommes heureusement dans une DEMOCRATIE ! Alors vive la culture !

    • léo solo
      léo solo répond à cath54
      • Posté à 18h06 le 06/02/2008
      • Internaute 2483

      Je ne remercierai jamais assez celui qui m’a fait connaître Alfred Jarry, dont je n’oublierai jamais le père Ubu.
      La culture, d’après certains étant ce qui reste quand on a tout oublié, j’aurai toujours en mémoire ce personnage mètre étalon dont l’archétype fut un jour dépassé par un nommé Bardubu.

  • Thomas GREDAT
    • Posté à 21h22 le 06/02/2008
    • Internaute 23794

    Je partage entièrement votre point de vue concernant le peu de cas que Nicolas Sarkozy fait de la culture. Une manière de se consoler de son manque de culture est de nier l’importance de celle-ci. Comportement d’autant plus absurde que l’absence de culture ne signifie pas l’absence d’intelligence. Et Nicolas Sarkozy est intelligent.
    Les dégâts que vous prévoyez sont malheureusement à craindre. Qui font planer le risque d’une société sans âme, sans sentiments et sans mémoire. Et celui d’ouvrir la porte à celle dont la culture a toujours été l’ennemi héréditaire et irréductible : la dictature.
    Tout ceci étant dit, vous oubliez peut-être un détail : un jour, de gré ou de force, Nicolas Sarkozy quittera le pouvoir. Il est donc transitoire. La culture, elle, est une chose éternelle. Elle était avant lui, elle sera après.
    Souvenez-vous de l’homme qui avait annoncé la mort de l’exception culturelle française, Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi-Universal, auquel sa réussite exceptionnelle avait un peu trop procuré un sentiment de puissance. Attali a dit de lui : « Messier, ce sont les marchés qui l’ont fait, ce sont les marchés qui le déferont. » Quelques jours plus tard, Messier quittait son poste.
    Sarkozy, une fois n’est pas coutume, n’a pas la prétention de s’attaquer à la culture française. Il prétend juste privilégier le résultat. Alors la culture, évidemment, à quoi ça sert ? Sauf que...
    Sauf qu’il y aura toujours, en France et dans le monde, des gens pour qui le mot « culture » signifie quelque chose. Il y aura des dégâts provoqués par la culture du résultat, mais il y aura toujours des irréductibles qui garderont précieusement leurs livres, leurs disques, leurs tableaux, et qui transmettront à d’autres l’amour de ce bien immatériel et impérissable. La culture est inscrite dans l’humanité. Elle provient du désir, et le désir est la vie. Tout combat contre la culture est un combat perdu d’avance.
    Quelqu’un devrait souffler à l’hôte de l’Elysée cette phrase de La Bruyère : « C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire ».
    Vous voyez que la culture sert à quelque chose, monsieur le Président !

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 23h02 le 06/02/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    N’est-ce pas Sarkozy qui a dit :
    Quand j’entends le mot culture
    je sors ma Rolex ?

    Lien

  • Putt Bill
    • Posté à 11h04 le 07/02/2008
    • Internaute 30603

    De Cécilia à Carla, il améliore sa vision de la cul... ture !
    « Je vous dis pas le prix, c’est indécent ! »

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 15h01 le 07/02/2008
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Ajoutons qu’à l’initiative de Jean-François Mancel (dont on connaît les antécédents en matière de dépense des deniers publics), Sarkozy envisage maintenant de vendre certains tableaux des réserves de nos musées nationaux, au prétexte que s’ils ne sont pas exposés c’est qu’on en a pas l’utilité !
    Redoutable conception de la culture.

    Mais il faut dire que les caisses sont vides.
    A tel point que notre malheureux Sarkozy signant hier un accord avec le président Roumain a trouvé le stylo destiné au paraphe assez plaisant.
    Tellement plaisant qu’il l’a glissé dans sa poche !

    Le pauvre : avec ses 200% d’augmentation, précédés du maintien de son salaire de ministre de l’intérieur, n’a même pas les moyens de se payer un stylo de qualité ! Et la république ne peut pas davantage le lui offrir. Quelle misère !

    Heureusement que la France peut compter sur la complaisance roumaine ! (d’ailleurs s’ils avaient une petite pièce, un ticket restaurant, ou même un travail, notre président est preneur).

  • Thomas GREDAT
    • Posté à 22h27 le 07/02/2008
    • Internaute 23794

    Exemple de l’estime que l’actuel chef de l’Etat porte à la culture : « On a bien le droit de faire Lettres anciennes, mais l’Etat ne va pas pouvoir payer longtemps pour des gens qui veulent cultiver leur esprit. »
    Par contre, pour ceux qui profèrent des âneries pareilles...

  • cassino
    cassino
    Auteur
    • Posté à 12h50 le 08/02/2008
    • Internaute 25023
      Auteur

    Qu’est-ce que le talent du créateur si personne ne peut le voir (à par lui-même) ? La culture du résultat, mais le résultat de quoi ? De ce qui est vu ou de ce qui est volontairement caché ?

  • aristophane
    • Posté à 11h34 le 09/02/2008
    • Internaute 30810

    On a les élus qu’on mérite !
    Le problème de la culture n’est que le reflet du pays !
    Jouez au pocker,au loto, au tiercé, regardez la télé,la star ac’, le foot, le tennis, allez à Disney Land...
    Des livres, des tableaux, l’art, le théâtre, bref, la culture en général, pourquoi faire ?
    Rappelez-vous des paroles de De Gaulle, je pense qu’il avait raison !

  • lemouel
    • Posté à 10h01 le 10/02/2008
    • Internaute 31522

    Je rejoins cath54 concernant la nécessité d’un ministère de la culture. Il est un centre décisionnel indispensable pour la promotion et développement de la culture en France.
    La culture doit rester en partie une affaire publique.
    Néanmoins, contrairement à ce qui est écrit dans l’article, je ne suis pas certaine que l’introduction d’une idée de performance soit néfaste ; ce n’est pas parce que l’on parle de performance qu’il faut y voir une stratégie marketing ayant pour unique but le profit. Par exemple, ne peut-on pas lier accessibilité en développant la gratuité dans les musées et performance avec la création de services - librairies, cafés, boutiques - au sein des institutions culturelles ?
    Le débat en France me semble sclérosé.Il serait temps à mon sens de penser à un mode de gestion mixte permettant une économie viable dans le secteur culturel et une politique de diffusion de la culture...
    L’introduction d’une logique marketing n’amène pas forcément à promouvoir ce qui se vend ; elle ne tue pas la dimension sociale d’une institution non plus !

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à lemouel
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 11h09 le 11/02/2008
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Sauf votre respect les musées nationaux ne vous ont pas attendu pour développer l’accessibilité et les services. Il y a évidemment des cas où cette évolution est plus difficile, voire impossible (je pense à certains musées parisiens installés dans des vieux bâtiments, pour lesquels les contraintes d’espace et d’architecture sont trop importantes).
      Quand à la logique marketing qui permettrait de promouvoir sans chercher à vendre, tout en assurant une « économie viable », je vous laisse réfléchir seul à ce qui me semble être un très beau non-sens.

  • lemouel
    • Posté à 16h32 le 11/02/2008
    • Internaute 31522

    Je ne suis pas crédule, je sais que les musées nationaux ont mis en place des services. Il est certain qu’il y a des contraintes qui rendent parfois difficile la mise en place de ce service.
    Concernant le dernier point, je me suis peut etre mal exprimée mais je ne pense pas avoir fait un non sens. Lorsque je disais que la logique marketing n’amène pas forcément à promouvoir ce qui se vend, je voulais dire que la recherche d’un profit ne détruit pas les dimensions sociales qu’ont une institution culturelle . « ce qui se vend » se réfère au fait de « consommer la culture ». Introduire une logique marketing peut permettre d’assurer une rentabilité mais elle n’oblige pas une institution à ne promouvoir QUE ce qui fait rapporter de l’argent en masse ! Un juste milieu est possible.

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