Ingérence humanitaire en Libye : l'incohérence de l'Occident

Percy Kemp
Ecrivain et consultant
Publié le 27/03/2011 à 11h16


Les participants du sommet de Paris pour la Libye, le 19 mars 2011 (Lionel Bonaventure/Reuters).

En deux temps, trois mouvements, les démocraties occidentales auront réussi l’impossible : requinquer le colonel Kadhafi, et le rendre relativement sympathique. Assailli par les missiles de l’armada occidentale venue en découdre avec lui, cet autocrate qui s’était endormi la veille dans la peau d’un bourreau se sera réveillé, au son des déflagrations, dans la peau d’une victime.

D’agresseur, il devenait agressé, rôle qu’il affectionne particulièrement. Rappelez-vous, au printemps de 1986, lorsque les Etats-Unis s’étaient attaqués à lui suite à l’attentat de Berlin qui avait fait de nombreux morts parmi les soldats américains, la parfaite mise en scène qu’il avait organisée, notamment autour de la petite Hanna, sa « fille adoptive tombée sous les coups meurtriers des impérialistes et des croisés ».

Il y aurait beaucoup à dire sur cette capacité incommensurable que nous avons tous, à passer allègrement du rôle de la victime à celui du bourreau, et inversement. Là n’est cependant pas mon propos.

Les coalisés co-responsables des malheurs des Libyens

Pour l’instant, je me contenterai de constater que l’intervention de la coalition militaire occidentale en Libye aura eu pour premier effet de faire porter aux forces coalisées une partie au moins de la responsabilité dans les malheurs qui s’abattent sur le peuple libyen, laquelle responsabilité avait jusque-là été entièrement imputée à Kadhafi. Désormais, qu’on le veuille ou non, les torts sont partagés.

Plus encore, en assaillant Kadhafi, les Occidentaux lui auront donné l’occasion de redorer son blason ô combien terni en allant puiser aux sources de son passé une nouvelle couche de vernis.

Rappelons que ces dernières années ce « lion du désert » qui avait jadis fait trembler le monde entier par sa verve révolutionnaire et ses attentats spectaculaires aura, tour à tour :

  • trahi tous ses amis anarchistes et indépendantistes d’Europe et d’Asie,
  • pris part de manière zélée à la guerre déclarée à l’islamisme par « l’Occident croisé »,
  • envoyé son fils et successeur désigné parlementer en secret avec « l’ennemi sioniste »,
  • détruit ses stocks d’armes chimiques,
  • démantelé son programme nucléaire embryonnaire,
  • reconnu sa responsabilité dans les attentats de l’UTA et de Lockerbie,
  • indemnisé très généreusement les familles des victimes de ce dernier attentat (et moins généreusement celles de l’UTA),
  • payé d’énormes compensations financières aux familles des victimes de l’IRA,
  • accordé aux compagnies pétrolières anglo-américaines des conditions préférentielles,
  • alimenté la caisse noire de certains politiciens français et italiens
  • fait tout pour montrer aux gouvernements occidentaux qu’il était désormais un fidèle allié sur lequel on pouvait compter.

Le rêve dynastique de Kadhafi

Et tout cela Kadhafi le fit parce qu’il voulait asseoir et pérenniser de son vivant, par une alliance passée avec les maîtres occidentaux du moment, le pouvoir de son fils et dauphin. Car aux rêves fous d’unité arabe et africaine, de république populaire, et de troisième voie « verte », qui l’avaient habité, avait fini par succéder chez lui un banal rêve dynastique.

Mais en retournant sa veste pour se perpétuer génétiquement faute d’avoir pu le faire historiquement, Kadhafi aura aussi froissé les susceptibilités de son peuple.

Ne profitant ni de la politique d’ouverture économique du régime ni des dividendes des forages effectués dans le pays par les pétroliers étrangers, les Libyens demeuraient dans l’ensemble méfiants à l’égard des intentions de l’Occident.

Et même s’ils aspiraient à cette démocratie dont les gouvernements occidentaux ont fait leur cheval de bataille, leur conception de la démocratie s’apparentait moins à la démocratie élective qui a les faveurs des élites occidentales, qu’à celle, participative (voire collective), qui s’exprime à travers les diverses expériences en cours sur les places publiques du monde arabe (notons à ce propos que dans la langue arabe, le mot « avorton » [su lûq] désigne d’abord celui qui a été exclu de son groupe, clan ou tribu).

Or, en faisant volte-face pour prendre le vent d’ouest en poupe, Kadhafi sera allé à l’encontre des idées (et préjugés) de son peuple. Et il aura de ce fait ébranlé l’hégémonie culturelle qu’il avait jusque-là exercée sur la société et qui lui avait permis de se maintenir au pouvoir sans avoir à recourir trop systématiquement ou trop maladroitement à la violence armée.

Le roi est nu

Pourtant, de l’érosion de sa capacité de persuasion, le leader libyen, enfermé qu’il était dans sa tour d’ivoire, n’était semble-t-il nullement conscient. Preuve en est que pour tenter de calmer les esprits qui s’échauffaient, il mit d’abord en avant son fils et successeur désigné, lequel servit au peuple en colère un discours ubuesque, étrange mélange entre un dialogue du « Parrain » et un cours en management dispensé par quelque expert du MIT ou de l’Insead qui ne fit qu’envenimer les choses et contraignit le colonel à monter aux créneaux.

Lorsqu’il le fit, ce dernier prit d’ailleurs son fils à contre-pied. Dans un discours délirant devant ses partisans rassemblés à Tripoli autour d’une statue d’un goût douteux montrant un énorme poing libyen écrasant un chasseur-bombardier américain, il choisit de mettre en avant son parcours de leader nationaliste et révolutionnaire, allant jusqu’à se comparer à Omar Al-Mokhtar, héros et martyr de la guerre d’Indépendance. Mais il était déjà trop tard. Le roi était nu.

Le charme n’opérant plus, et la rébellion faisant tâche d’huile, le colonel se vit alors contraint de pallier à l’effondrement de son hégémonie culturelle par un usage immodéré de son arsenal militaire.

Nul doute, d’ailleurs, que si l’Occident n’était pas intervenu contre lui, il aurait réussi à mater la rébellion. Mais nul doute aussi que sa victoire sanglante sur les rebelles, et la répression brutale de la population, qui s’en serait suivie, auraient achevé de le discréditer : tôt ou tard un nouveau groupe d’officiers libres serait apparu qui aurait mis fin à son rêve dynastique de la même manière qu’il avait mis fin, lui, à celui des Sénoussis.

Mais voilà, les pays occidentaux sont intervenus militairement contre Kadhafi, justifiant ainsi a posteriori son discours mensonger et le confortant dans cette généalogie nationaliste et ce pedigree révolutionnaire qu’il avait jetés par-dessus bord du temps où il les courtisait, et qu’il s’était empressé de repêcher après qu’ils l’aient lâché.

« A vous le territoire, mais à moi l’Histoire ! »

Ainsi recentré sur son rôle historique premier, Kadhafi peut à présent, sans regret, envisager de perdre la partie. Il le peut car il a assuré sa sortie : son régime peut bien être dans l’impasse, ses heures peuvent même être comptées, mais son personnage, lui, devrait sortir grandi de cette guerre que l’Occident lui a déclarée. « A vous le territoire » hurle-t-il à présent à la face de ses ennemis, « mais à moi l’Histoire ! »

Inversement, l’intervention militaire occidentale aura infantilisé la rébellion libyenne et miné la légitimité de l’opposition au régime de Kadhafi.

Au vu de quoi on serait en droit de s’interroger sur l’opportunité qu’il y avait à se substituer ainsi à une résistance pour faire sa guerre et sa révolution à sa place.

Car c’est bien ce que font les pays occidentaux. S’ils n’avaient eu aucune arrière-pensée ils auraient pu se contenter d’armer la rébellion en sous-main, de lui fournir des renseignements et des moyens, de l’encadrer même, laissant ainsi au peuple libyen le soin d’assumer ses responsabilités et de forger son destin.

Un futur Etat-client

Qu’est-ce, en effet, qu’une victoire qu’une rébellion devrait à l’étranger, sinon une imposture ? Qu’est-ce qu’une révolution qui ne se serait pas imposée d’elle-même, sinon une parodie ? Et qu’est-ce qu’un pays qui aurait été libéré par autrui, sinon un futur Etat-client ? Car c’est bien cela, qui attend les Libyens.

Pour justifier leur décision d’intervenir militairement en Libye les dirigeants occidentaux ont certes évoqué le droit d’ingérence humanitaire, arguant qu’il leur fallait à tout prix arrêter le massacre de civils innocents.

Sans même s’appesantir sur le fait que les mêmes pays qui interviennent aujourd’hui en Libye pour sauver des vies innocentes font quotidiennement des victimes innocentes en dommages collatéraux en Afghanistan, on fera remarquer que ce droit d’ingérence humanitaire que les dirigeants occidentaux se sont arrogés n’est conditionné par aucun devoir.

Et pourquoi cela ? Sans doute parce que, contrairement au droit, le devoir d’ingérence humanitaire ne saurait être sélectif, ni dicté par les calculs électoraux et les antipathies de tel ou tel dirigeant, ou par les intérêts de tel ou tel pays.

Débarrassés qu’ils sont cependant de tout devoir d’ingérence humanitaire, les chantres occidentaux du droit d’ingérence humanitaire peuvent, à souhait, choisir d’intervenir dans tel pays plutôt que dans tel autre, au gré de leurs intérêts et de leurs lubies.

Sinon, comment expliquer qu’ils interviennent en Libye et non au Tibet, ou au Turkestan oriental, ou à Gaza, ou au Liban, ou en Iran, ou à Bahreïn, ou au Yémen, ou en Syrie et partout ailleurs où des civils désarmés se font massacrer, où des enfants se font abuser et exploiter, et où des êtres humains meurent quotidiennement de faim ?

La liberté, écrivait Montesquieu, ne consiste point à faire ce que l’on voudrait, mais à pouvoir faire ce que l’on devrait vouloir. Cette petite nuance, qui définit si bien la vraie démocratie tout en la distinguant de la démagogie, les dirigeants occidentaux auront bien sûr choisi de l’ignorer. De l’enterrer, même. Et quel meilleur endroit, pour cela, que l’immense désert de Libye.

Rectificatif, le 27/3/11 à 17h20, avec le rétablissement du dernier paragraphe qui avait sauté par erreur. Nos excuses à l’auteur.

Aller plus loin
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  • pierre huski-wawa
    • Posté à 12h34 le 27/03/2011
    • Internaute 138982
      ...

    Impérialisme « humanitaire », financé, suivit et « commenté » passivement par les populations « pacifiques » de pays dits « démocratiques ».

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 11h28 le 27/03/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    quand les soi-disantes passions et leurs nuages d’enfumage lacrymaux seront tombés..

    on saura dans quelques années certaines vraies vérités sous sous-jacentes..

    il faudra attendre longtemps...

    (ironie)

    ce ne sera pas la première fois...

  • mauser
    • Posté à 11h27 le 27/03/2011
    • Internaute 4683

    Je crois bien que nous sommes engagés dans cette aventure par deux politiciens de la pire espèce qui ne cherche qu’a faire diversion en espérant recevoir les laurier d’une victoire facile
    Question la victoire sera-t-elle rapide et avec zéro morts chez nous .

    • Malaparte
      Malaparte répond à mauser
      • Posté à 12h44 le 27/03/2011
      • Internaute 29702

      On pourrait faire un parallèle avec la situation qui était celle sous le règne de Charles X en France, entre 1827 et 1830. Celui-ci voulut redorer son prestige et décida sous un prétexte fallacieux de se lancer dans l’aventure de la conquête de l’Algérie. On sait ce qu’il advint.

      Même si l’Histoire ne se répète pas, elle bégaie parfois.

      La guerre « facile » de Nicolas S. ressemble à celle de Charles X. En se replogeant dans la situation de ce monarque du 19e siècle et de son gouvernement, les similitutdes avec ce que nous vivons au 21e siècle sont troublantes. Un gouvernement aux abois est prêt à tout.

      • Zeki
        Zeki répond à Malaparte
        Curieux de tout
        • Posté à 15h10 le 27/03/2011
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        Plus récemment (40 ans) nous avons l’opération avortée hilton assignement...

      • Alexander Doria
        Alexander Doria répond à Malaparte
        wikipédien…
        • Posté à 15h13 le 27/03/2011
        • Internaute 42699
          wikipédien…

        Le parallèle est d’autant plus juste que la France de Charles X était en pleine crise économique, suite à l’éclatement d’une bulle boursière et immobilière en 1826-1827… Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets…

      • YZ
        YZ répond à Malaparte
        Vagabond en devenir
        • Posté à 16h05 le 27/03/2011
        • Internaute 127141
          Vagabond en devenir

        Les situations se ressemblent mais les motivations ne sont pas vraiment les mêmes. L’entreprise de Charles X relevait de la colonisation pure et simple.

        Ici, le but principal est de soutenir un peuple révolté. Bien sûr, il y a sans doute des motivations politiciennes, économiques et diplomatiques. Mais le but premier est de faire en sorte que la révolution ne s’essouffle pas avec la victoire des troupes de Khadafi.

        Sans cette intervention armée, les insurgés auraient sans doute été massacrés. Les motivations électorales et politiciennes ne m’importent pas énormément, dans ces circonstances.

         
        • StuntmanMike
          StuntmanMike répond à YZ
          Ingénieur de recherche Energie/ (...)
          • Posté à 20h01 le 27/03/2011
          • Internaute 97433
            Ingénieur de recherche Energie/ (...)

          « Les situations se ressemblent mais les motivations ne sont pas vraiment les mêmes. L’entreprise de Charles X relevait de la colonisation pure et simple. »

          C’est le cas ici aussi...

          Citez moi une seule guerre qui aurait été déclenchée pour des motifs strictement et exclusivement humanitaires ?
          Réponse : aucune

          Dans le cas de la Libye, l’aide aux insurgés est uniquement un prétexte pour renverser Kadhafi et pour ne pas trop se salir les mains. Ca fait des années que l’occident en rêvait et l’occasion était trop belle.

          « [...]il y a sans doute des motivations politiciennes, économiques et diplomatiques[...] »

          Et c’est là la raison principale de notre entrée en guerre. Sans rire, vous croyez vraiment que l’Europe et les USA vont s’engager dans une guerre qui va leur couter des millions sans aucune contrepartie ? (au passage, on nous casse les noix depuis des années avec « la France est ruinée », « c’est la rigueur » etc...)
          Je serai curieux de savoir ce que les révolutionnaires ont promis aux occidentaux pour qu’ils viennent les aider. Au hasard, un peu de pétrole et de gaz ?
          Les irakiens ont dit : « Bush nous a volé notre révolution », c’est exactement ce qu’il se passe en ce moment en Libye. Les mecs sont contents pour l’instant, mais quand ils vont voir ce qu’il va leur en couter une fois que l’autre taré sera parti, ils vont vite déchanter.

          Dans ce conflit, tous les recours diplomatiques n’ont pas été employés. Chavez a proposé une médiation internationale (un des outils diplomatiques en cas de conflit) qui avait été accepté par l’Union Africaine, la Ligue Arabe et Kadhafi. Et les occidentaux ont refusé... A la place ils lui ont lancé ultimatums sur ultimatums. Diplomatie ou déclaration de guerre ?

          C’est peut être horrible de rester en spectateur mais on n’a pas le droit de s’ingérer comme ça dans une révolution qui n’est pas la notre. Peu importe ce que ça coute, mais le peuple dispose toujours d’outils pour renverser un dictateur dans son pays. D’autant plus que c’est formateur pour l’avenir : un peuple qui a connu les horreurs d’une révolution et une répression sanglante sera beaucoup plus pacifiste, solidaire et uni dans le futur. Vous imaginez une union Tunisie-Libye-Egypte tous débarrassés de leur dictateur ? Des pays démocratiques, mais surtout indépendants : la hantise de l’occident, et c’est ce qu’ils essayent d’éviter en intervenant.

          Un des fondements de la liberté : l’autodétermination des peuples. C’est à eux de décider et d’agir, pas aux autres.

          • YZ
            YZ répond à StuntmanMike
            Vagabond en devenir
            • Posté à 21h04 le 27/03/2011
            • Internaute 127141
              Vagabond en devenir

            Sans intervention occidentale, la révolution échouerait. Je préfère voir une victoire des insurgés, aidés par les occidentaux, plutôt qu’un échec de leur part, avec de nouveaux massacres et une dictature qui se durcirait.

            J’imagine qu’il existe une contrepartie demandée par les occidentaux. Si elle existe, cela concerne sans doute la vente de pétrole, en effet. Mais voyons les choses de façon objective et réaliste :

            - si les occidentaux n’interviennent pas, les insurgés seront massacrés par Kadhafi, et l’argent du pétrole continuera à être confisqué par le dictateur (Ce dernier aurait toutefois privé sa population du tiers des revenus générés par le pétrole depuis des années, d’après des calculs de diplomates américains révélés par WikiLeaks

            - si les occidentaux interviennent, on peut espérer une victoire rapide des insurgés, un changement de régime et une démocratisation du pays, même si ça passe par une libéralisation des échanges pétroliers au profit des occidentaux

            Pour ma part, je penche pour la seconde propositions.
            Concernant votre paragraphe sur l’idée selon laquelle la population doit se rebeller seule, je suis d’accord sur le principe, mais dans les faits, c’est irréalisable. Un dictateur comme kadhafi peut rester encore longtemps au pouvoir, et durcir sa politique en multipliant les massacres.

            Oui, c’est de l’ingérence.
            Mais si l’ingérence permet de pacifier un pays, de le démocratiser et de mettre fin à un régime dictatorial, je considère qu’il faut l’accepter.

            Et concernant la médiation internationale de Chavez, je n’y crois pas un instant. Kadhafi ne me semble pas le genre de mec à parlementer, et cela lui donnerait le temps de tuer dans l’oeuf la révolution.

            • StuntmanMike
              StuntmanMike répond à YZ
              Ingénieur de recherche Energie/ (...)
              • Posté à 22h16 le 27/03/2011
              • Internaute 97433
                Ingénieur de recherche Energie/ (...)

              Je comprend votre point de vue. Pour autant je ne suis pas d’accord.

              « Et concernant la médiation internationale de Chavez, je n’y crois pas un instant. Kadhafi ne me semble pas le genre de mec à parlementer, et cela lui donnerait le temps de tuer dans l’oeuf la révolution. »

              Sur Al-Jazeera, qu’on ne peut pas soupçonner d’être pro-Kadhafi :
              « Gaddafi accepts Chavez talks offer », 03 mars 2011
              Lien
              « Chavez Libya talks offer rejected », 04 mars 2011
              Lien

              • Zeki
                Zeki répond à StuntmanMike
                Curieux de tout
                • Posté à 00h45 le 28/03/2011
                • Internaute 64085
                  Curieux de tout

                Vous avez totalement raison.
                On peut même ajouter la demande de kadhafi de faire intervenir T.Blair comme médiateur, refusée par ce dernier.
                Et dire que c’est une manœuvre de kadhafi est de l’ordre du procès d’intention, procès qui épargne étrangement les rebelles.

                ––––j’aillais lui répondre ceci :
                Quel sort croyez vous que les « insurgés », qui ne représentent qu’eux seuls, réservent aux révolutionnaires d’y hier au pouvoir aujourd’hui ?

                Cette hypocrisie généralisée a généré une réalité alternative simpliste dans la quelle on prétends œuvrer pour prévenir des massacres en armant des rebelles et en bombardant un pays encore ami 3 mois auparavant.

                Le pouvoir en place reconnu par la communauté internationale a demandé d’ouvrir de négociations comme par exemple l’envoi d’un médiateur comme l’ami T.Blair ou H.Chavez mais nous avons préféré envoyer des missiles tomahawk.
                Lien
                Lien
                Un missile tomahawk de 575 000 $ c’est 15 000 êtres humains soignés contre la tuberculose ou 4 000 mères seules alimentées pendant un hiver.

                Améliorer le sort des populations de l’est de la libye ne doit pas se faire en bombardant l’ouest et en détruisant tout un pays, mais en enrichissant et en construisant à l’est.

        • Malaparte
          Malaparte répond à YZ
          • Posté à 21h23 le 27/03/2011
          • Internaute 29702

          Je comprends, on ne peut pas moralement laisser des personnes se faire massacrer quand on a les moyens de l’empêcher. Mais, comme le dit le proverbe, « l’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Méfions de faire la révolution à la place de ceux qu’elle concerne... même si c’est dur de voir des gens se faire tuer. Les libyens ont droit de se construire eux-mêmes. Si les insurgés échouent dans leur tentative de changement, ce n’est pas parce que Kadhafi est plus fort, c’est parce que eux ne le sont pas encore assez, que le soutien de la population n’est pas assez grand. Historiquement, je ne me souviens pas qu’une révolution venue de l’éxtérieur ait réussi. Ce pourrait être la première, c’est vrai !
          Seulement, ne commettons pas l’erreur de faire passer notre intérêt humanitaire avant l’intérêt des libyens, qui est de construire leur pays.

        • schlumpf
          schlumpf répond à YZ
          Haiti
          • Posté à 17h02 le 28/03/2011
          • Internaute 133942
            Haiti

          YZ, Les motifs de colonisation n étaient pas avoués déjà à l’époque. « On » répondait à des agressions continuelles des Nord-Africains qui semaient la terreur par la piraterie. Ou encore « on » intervenait pour des motifs humanitaires, pour apporter la lumières et la civilisation « à nos frêres infèrieurs » comme disait Jules Ferry. Certaines voix se font entendre à propos de l’actuelle intervention comme étant un complot de longue date, en fait depuis 6 mois contre le colonel Khadafi. Si ces projets d’origine sarkozyienne sont avérés, les intentions occidentales seraient donc moins pures qu’elle n’apparaissent et se rapprocheraient par conséquent de la démarche de Charles X mais revues, corrigées et adaptées au XXIème siècle. Et si elles n’avaient pas eu lieu, ces manipulations occidentales, Khadafi n’auraient pas eu à « massacrer » son peuple, donc l’Occident n’aurait pas pu, sans raisons, intervenir. Je parle bien entendu au conditionnel, n’étant pas parfaitement informé.

        6 autres commentaires
      • Le Bost 1789
        Le Bost 1789 répond à Malaparte
        Réfugié en Périgord
        • Posté à 18h48 le 28/03/2011
        • Internaute 100997
          Réfugié en Périgord

        Charles X, ex ci-devant comte d’Artois, a été dégagé par les Trois Glorieuses. Pour Sarko ce sera en 2012 : « quatre glorieux jours de vote ».

    • Teberli
      Teberli répond à mauser
      Enseignant
      • Posté à 14h50 le 27/03/2011
      • Expert 48108
        Enseignant

      L’auteur de cet article veut donner des leçons de libération révolutionnaire au peuple Libyen.

      D’après lui, une défaite des peuples aux mains nues contre une armée de dictateur est préférable à une victoire aidée par des forces étrangères.

      Cette opinion très osée et qui va apparaître comme extrêmement choquante pour des gens qui ont osé de soulever contre un tyran au péril de leur vie doit être appuyée par une attitude de résistant à l’oppression et à la dictature exemplaires.
      M Kemp, écrivain et consultant, peut-il nous donner les titres des ouvrages qu’il a écrits et des exemples de luttes qu’il a menées contre la dictature ?

      • mauser
        mauser répond à Teberli
        • Posté à 16h58 le 27/03/2011
        • Internaute 4683

        Bien vu maintenant j’ai des doutes sur la spontanéité totale du mouvement un petit coup de pouce discret
        Car pourquoi ce séjour éclair à l’ambassade de France à Tripoli le billet d’avion est bien payé et personne ne peut reprocher à deux amis de se rencontrer et en y voyant une coïncidence je suis un horrible schizophrène

      • mlrocap
        mlrocap répond à Teberli
        • Posté à 17h50 le 27/03/2011
        • Internaute 22729

        J’adore Percy Kemp. Le Système Boone est un livre génial. Et en l’occurrence, je crains qu’il n’ait une petite expérience de luttes armées dans le monde arabe.

        Cela étant, à suivre son raisonnement, on en viendrait à penser que la France aurait dû se libérer seule de l’occupation nazie et du régime de Vichy, et que le débarquement allié a mis à jamais la France sous la férule américano-britannico-soviétique...

        Je ne me réjouis jamais du recours à la force. Mais j’ai du mal à accepter que parce que nous n’interviendrons pas militairement au Tibet ou en Syrie ( ?), nous devrions nous abstenir d’intervenir de façon générale. La politique c’est faire des choix, agir là où on peut dans la mesure de ses ressources faire la différence, sans renoncer par principe à pouvoir agir ailleurs, sous d’autre forme et selon un autre calendrier.

  • Oister
    Oister
    Soldat inconnu.
    • Posté à 11h28 le 27/03/2011
    • Internaute 46248
      Soldat inconnu.

    « notons à ce propos que dans la langue arabe, le mot “ avorton ” [su lûq] désigne d’abord celui qui a été exclu de son groupe, clan ou tribu »
    Chez nous un avorton désigne le président du groupe...

    • coinpomme
      coinpomme répond à Oister
      dieu est une e-pothèse
      • Posté à 13h30 le 27/03/2011
      • Internaute 21711
        dieu est une e-pothèse

      .../...

      je pensais que c’était un « résidu de bidet » ! ! !

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 11h53 le 27/03/2011
    • Internaute 89071
      non connue

    Foutaises cet article.

    Kadhafi n’a rien gagné. Sur le terrain de l’histoire ? Je pense qu’ils retiendront plutôt les milliers de libyens massacrés qui lui valent en enquête pour crime contre l’humanité.

    Son discours anticolonialiste et nationaliste ? Il ne semble pas que les rebelles aient finalement abandonné l’idée de le renverser pour abattre des rafales.

    « Les occidentaux » sortiront grandi de ce conflit si le cas Kadhafi est réglé rapidement et qu’aucune intervention militaire au sol n’est nécessaire. On l’oublie souvent, mais les irakiens étaient très content de voir les forces américaines virer Sadam du pouvoir. Ce qu’il leur a moins plu, c’est de voir les USA prendre le contrôle politique du pays et de camper sur place. Au dernières nouvelles, cela ne rentre pas dans les plans de la coalition.

    Mais c’est toujours agréable de voir certains humanistes se pavaner dans leur légendaire couardise. Le Rwanda est lui aussi une grande victoire de l’anti-impérialisme.

    • Sixpatte-
      • Posté à 12h18 le 27/03/2011
      • Internaute 77583
        Sur Mars

      « les irakiens étaient très content de voir les forces américaines virer Sadam du pouvoir. »

      Les 1.220.000 morts du conflit en rigolent encore. Même si on ne peut pas tous les imputer directement à l’armée US.
      Quant au Rwanda, c’est en effet une grande victoire du néo-colonialisme.
      Et pas que franco-français, on a les victoires que l’on peut.
      Lien

      • A déménagé le 04-03-2012
        A déménagé le 04-03-2012 répond à Sixpatte-
        non connue
        • Posté à 12h56 le 27/03/2011
        • Internaute 89071
          non connue

        Et si vous lisiez la totalité de mon commentaire au lieu de sortir une phrase de son contexte, vous n’auriez peut-être pas besoin de faire du hors sujet.

      • titou31
        titou31 répond à Sixpatte-
        titou31
        • Posté à 17h29 le 27/03/2011
        • Internaute 33796
          titou31

        apprenez à lire !

      • titou31
        titou31 répond à Sixpatte-
        titou31
        • Posté à 17h29 le 27/03/2011
        • Internaute 33796
          titou31

        apprenez à lire !

    • comité de sécurité des commentaires
      • Posté à 12h44 le 27/03/2011
      • Internaute 148442
        consultant

      c’est avec des raccourcis comme ça qu’on fait un paris-tripoli en une demie heure

      • A déménagé le 04-03-2012
        • Posté à 13h19 le 27/03/2011
        • Internaute 89071
          non connue

        Quel raccourci ? Celui qui consiste à dire « plus jamais ça » pour se donner des grands airs mais considérer qu’il ne faut absolument rien faire pour éviter que des milliers des gens se fassent massacrer, sous prétexte qu’une petite minorité de fanatiques pourraient y voir un sorte d’impérialisme ?

        Il y a encore 2 semaines, on accusait l’occident d’immobilisme et aujourd’hui on voudrait le culpabiliser d’avoir agit ?

        Couardise, lâcheté, hypocrisie, autant de mots pour qualifier ce genre de comportement qui est simplement du retournage de veste systématique.

         
        • comité de sécurité des commentaires
          • Posté à 13h20 le 27/03/2011
          • Internaute 148442
            consultant

          « le rwanda , grande victoire de l’impérialisme », armé par la france, monté en épingle par les belges , les allemands et les ricains, ce génocide a été orchestré en sous main par « l’impérialisme », quand à votre vision sur la guerre d’irak, pays boycotté et affamé durant 10 ans par un consensus impérialiste,elle relève aussi du raccourci partisan.

          • A déménagé le 04-03-2012
            • Posté à 13h35 le 27/03/2011
            • Internaute 89071
              non connue

            Bien sûr, le massacre des Tutsi a été orchestré par l’occident. Si l’occident n’était pas là, il n’y aurait pas eu de génocide, ils auraient tous vécu en harmonie jusqu’à la fin des temps. L’occident avait des intérêts qui nécessitaient le massacre de milliers de familles.

            Malheureusement, le discours anti-impéralisme primaire s’heurte à des réalités bien différentes. Mais bon, c’est tellement plus facile de trouver un bouc émissaire.

            • thucy
              thucy répond à A déménagé le 04-03-2012
              responsable formation
              • Posté à 18h50 le 27/03/2011
              • Internaute 75737
                responsable formation

              Oui, c’est la France qui a vendu en masse des machettes aux Huttus pour massacrer les Tustis ! : =) Quoi, vous ne saviez pas que Dassault avait une filiale « machettes » ? si si.

              C’est vrai que c’est assez gonflant de devoir se battre la coulpe pour tout ce qui arrrive sur cette planète. On croirait que ce sont les pays occidentaux qui sont resposnables de tous les maux.

              La communauté internationale dans son entier est responsable pour son inaction au Rwanda !

              La France était le seul pays à avoir des soldats sur place, mais en nombre insuffisant pour arrêter le génocide. Ils se sont bornés à protéger les français et occidentaux.

              La soi-disant responsabilité de la Fance dans le génocide a été orchestrée pour l’évincer de la Région (et ça a du reste assez bien réussi).

            • comité de sécurité des commentaires
              • Posté à 20h15 le 27/03/2011
              • Internaute 148442
                consultant

              et le discours impérialiste primaire de poser ses opinions comme vérité intangible

          • Hulk
            Hulk répond à comité de sécurité des commentaires
            Gros con de droite
            • Posté à 15h16 le 27/03/2011
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Voilà un propos qui est aussi proche de la réalité que les propos consistant à affirmer, par exemple, qu’il n’y a pas eu d’avion dans le Pentagone.

            Le complotisme ne relève pas de l’idéologie, mais de la psychiatrie.

        • Sissi des bois
          • Posté à 21h34 le 27/03/2011
          • Internaute 53905
            ...

          « Il y a encore 2 semaines, on accusait l’occident d’immobilisme et aujourd’hui on voudrait le culpabiliser d’avoir agit ? »

          Je ne sais pas ce que ce genre de phrase espère démontrer mais c’est d’une singulière mauvaise foi.
          Car enfin, ne sont-ce pas en majorité les mêmes qui accusaient d’immobilisme et qui désormais se réjouissent de l’intervention ? Ceux qui parlaient de sanctions, de boycotts ou de gèle des avoirs pouvaient aussi se plaindre d’immobilisme ils n’avaient pas forcément envie de passer directement à la case bombardement. N’existe-t-il donc dans les esprits que des interrupteurs on/off ? Mais où sont les potentiomètres ?
          Alors si l’on est contre les bombardements on est pour Kadhafi ? C’est quoi ce pauvre discours.

          Nous en reparlerons quand le vrai bilan des « milliers de personnes massacrés » sera fait. Mais bon, peut-être avez-vous raison. Peut-être nos gouvernants ont-ils attendu la Libye pour devenir vertueux et honnêtes et pour ne plus mentir éhontément afin d’engager une guerre pour leur compte.

          • A déménagé le 04-03-2012
            • Posté à 23h00 le 27/03/2011
            • Internaute 89071
              non connue

            C’est peut-être moi qui rêve, mais je crois bien avoir vu ce forum se référer à la tradition des droits de l’homme lorsqu’il s’agissait de renvoyer des roms à la maison. J’avais également vu des commentaires rempli de joie lorsque les tunisiens et les égyptiens renversaient leurs dictateurs surpris en flagrant délit de copinage avec les capitales européennes. C’est peut-être également moi qui a imaginé les accusations de désintérêt de ces mêmes capitales lorsque le génocide rwandais avait lieu, ou encore lors des récents massacres au Darfour.

            Si on doit uniquement se concentrer sur la sincérité et sur l’esprit vertueux des dirigeants pour cautionner les actions menés en Libye c’est clair qu’on ne les cautionnera pas, pour absolument rien d’ailleurs. Il est clair que la chute de Kadhafi serait en théorie arrangeant pour les affaires occidentales. Mais pour une fois qu’on vous donne l’occasion de mettre les questions économiques du coté pour vous concentrer sur l’homme, vous préfèrez faire un pas de coté.

            Les massacres en Libye sont un fait, le caractère mégalomane et dangereux de Kadhafi aussi. Ses représailles sanglantes en cas de victoire de son armée également. Les bombardements contre sa machine meurtrière ne peuvent décemment pas être considérés comme quelque chose de négatif, à moins que toutes les valeurs dont vous vous dîtes héritières habituellement soient finalement que des prétextes bons à utiliser lorsque ça vous arrange. La valeur de la vie des libyens ne vaut pas qu’on ferme les yeux sur la politique politicienne une seconde et qu’on soutienne une action militaire pour mettre fin à des massacres qui visent des civils innocents ?

            C’est une certitude, les arguments contre l’intervention en Libye sont faibles d’un point de vue humaniste et juridique. Les mandats de l’ONU sont là, les appels au secours aussi et même l’appui de la Ligue Arabe (avant qu’elle retourne sa veste, comme tout les autres)

            Que reste-il au final ? Les anti-militaristes les plus zélés, les anti-occidentaux les plus dogmatiques, les conspirationnistes et les pro-Kadhafi (ou pro-dictateurs). Choisissez votre équipe.

            • Sissi des bois
              • Posté à 19h49 le 29/03/2011
              • Internaute 53905
                ...

              Je ne sais pas si les massacres de civils sont avérés mais ce qui est sûr c’est que si avec des potes j’occupe la mairie de ma ville avec des fusils d’assaut et des grenades le gouvernement français ne m’enverra pas des îlotiers avec des flash-ball. Et si en plus de mes potes il y a la majorité des habitants du village ça finira à la roquette ou à la bombe. Nous parlons d’une guerre civile. Pas des manifestants de la place Tahrir.

              Ce dont je doute, c’est de la véracité de ce dont on nous abreuve. Quand on vous lit vous avez beaucoup de certitudes. Que les massacres en Libye sont un fait par exemple. Il y a des combats, c’est sûr. Les deux cotés ont des armes et ce n’est sûrement pas joli mais des « massacres de civils » ? Qui vous le dit ? Les insurgés ! aaaaah, ceux qui veulent une intervention parce qu’ils sont en train de battre en retraite ? Et les autres disent que non mais ce sont des menteurs ! aaaaaah.

              Mais ça ce n’est rien en fait parce même si les raisons existent, le fait d’agir sans que le droit ne soit réellement respecté pose un problème dont les conséquences vont s’étendre dans l’avenir.
              Sans barrières rien n’empêchera plus les puissances occidentales d’intervenir où bon leur semble et pour les raisons
              qui leurs plaisent. Alors il est vrai que des barrières ce n’est pas toujours géniales parce que ça bloque même quand il faudrait y aller ...
              Mais au final le droit de tous y perdra.
              Il ne faut pas armer les tyrans sanguinaires si l’on ne veut pas qu’il se retourne sur leur peuple. « Oui mais c’est fait » me direz-vous. « Oui, c’est vrai, mais c’est trop tard. ».
              Les vrais coupables ne seront pas bombardés, ce sont les pays qui vendent les bombes.

              • A déménagé le 04-03-2012
                • Posté à 14h01 le 30/03/2011
                • Internaute 89071
                  non connue

                Vous croyez que K. a attendu les insurgés pour torturer et massacrer sa propre population ? Ça fait 40 ans qu’il est au pouvoir, ceux qui sont morts avant le début de l’insurrection comptent aussi comme victimes civiles, il semble qu’ils ne comptent pas pour vous.

                Aujourd’hui, les puissances occidentales agissent dans le respect du droit, oui. Le mandat de l’ONU est là, les puissances occidentales ont attendues de l’avoir pour intervenir et même les autres membres du Conseil de sécurité, réputés pour leur système démocratique, n’ont pas utilisé leur droit de véto. On n’est pas dans une configuration semblable à l’irakienne, il faut ouvrir les yeux.

                Mais de toute façon, il y a toujours deux postures.

                1. Ne rien faire et finalement se faire accuser d’immobilisme et d’hypocrisie
                2. Intervenir et finalement se faire accuser d’impérialisme et d’hypocrisie.

                • Sissi des bois
                  • Posté à 22h52 le 30/03/2011
                  • Internaute 53905
                    ...

                  Bien sûr qu’ils ne comptent pas dans les raisons de l’intervention.
                  Kadhafi a été accusé de massacrer sa population pendant la rébellion, ce qu’il a fait avant n’entre pas en ligne de compte pour le mandat de l’ONU.
                  Le conseil de sécurité a voté une résolution sur la base d’un article qui précise qu’une intervention de la communauté international est légitime quand un état n’est plus en mesure de protéger sa population. Qui a dit que la Libye massacrait sa population ? Une enquête contradictoire ? A-t-on interrogé le gouvernement Libyen en le convoquant à l’ONU ? Y-a-t-il l’équivalent d’un conseil constitutionnel pour l’ONU capable de dire si l’esprit de la loi est respecté ? Une possibilité de faire appel ?
                  Il est où votre droit ? Le vote de 10 pays ?

                  Vous être en train de confondre la légalité et la justice morale. Parce que c’est juste, la légitimité importe moins.
                  Non, moi aussi je veux qu’il tombe le Kadhafi, mais pas comme ça. Pas par des résolutions hypocrites qui annoncent une zone d’exclusion aérienne pour finalement participer aux offensives sous l’égide de l’ONU qui a choisi un camp, et cela c’est extrêmement grave. Comment cet article sera-t-il interprété la prochaine fois ? Quel état du tiers-monde après une catastrophe naturelle pourra rester souverain ? Quel état en situation de guerre civile, quel que soit la proportion de sa population rebelle, pourra échapper aux grandes puissances s’il a eu le malheur de leurs déplaire de quelques façons ?

                  Et comme je l’écrivais auparavant vous ne proposez que deux alternatives. Si l’on ne fait pas la guerre alors c’est qu’on ne fait rien. Nous dormons sur nos deux oreilles où nous tuons du Libyen. Rien d’autre.
                  Vous raisonnez toujours ainsi où ce n’est valable qu’en politique ?

                  • A déménagé le 04-03-2012
                    • Posté à 03h21 le 01/04/2011
                    • Internaute 89071
                      non connue

                    La délégation libyenne elle-même est venue demander qu’on applique embargo sur son pays pour éviter des massacres, la totalité des pays du Conseil des droits de l’homme à unanimement condamné les violences dans le pays et le pays risque d’être suspendu lors de la prochaine Assemblée Générale, ce qui n’était pas arrivé depuis le cas sud-africain.

                    Toute la communauté internationale se distinguait par son consensus : la Libye de Kadhafi attaque son peuple de manière systématique, suffisamment pour qu’on fasse appel au TPI. Le point principal de cette intervention est de stopper les violences de Kadhafi sur sa population, des violences que tout les Etats du monde (sauf quelques dictatures latino-américaines) ne mettaient pas en doute. Sans doute que pour une fois, il y avait également consensus dans les services de renseignement des différents pays.

                    La communauté internationale n’a pas pris de telles décisions sur quelques interview téléphoniques, si des décisions inédites de ce genre ont été prises, c’est que les Etats ne doutent pas des massacres. Rappelons qu’ils ont des canaux d’informations parallèles et ne se basent pas seulement sur CNN.

                    Le consensus s’est affaibli lorsqu’il s’agissait d’intervenir militairement. Pourquoi ? Par considération vis-à-vis du peuple libyen ? Par respect du droit international ? Foutaises, parce que la France, le Royaume-Uni et les USA ne sont pas les seuls pays sur cette foutue planète à avoir des intérêts sur place et une intervention militaire force généralement une redistribution des cartes que certains voudrait éviter.

                    Ca peut peut-être vous déranger, mais le fait est que le Conseil de Sécurité, avec tout ses défauts, est aujourd’hui l’organe exécutif des Nations Unies, le seul organe capable de délivrer des mandats (mandat délivré aujourd’hui, pas en 2003) qui dictent l’évolution du droit international. Malheureusement ou heureusement (c’est un autre débat), c’est comme ça et pas autrement.

                    Ce que je constate, c’est que dans ce cas précis vous préconisez des complications juridiques inutiles, de la bureaucratie et de lourdes procédures pour finalement prendre une décision. Ne seriez-vous pas fonctionnaire européenne ? Ou peut-être uniquement nostalgique de la coquille vide qu’était la Société des Nations ? Si c’est ça la troisième voie dont vous vous préconisez, elle ressemble pourtant fortement à celle de l’immobilisme, un immobilisme qui ressemble fortement celui qui a caractérisé celui du Rwanda.

                    Car s’il n’y avait pas eu d’intervention militaire occidentale, il est certain que Bengazhi ne serait plus, il est également certain que Kadhafi se serait dépêché de faire une purge à grande échelle de ses opposants, pendant que les juristes que vous représentez seraient encore en train de décider quel en-tête de page utiliser.

                    Je suis totalement d’accord de considérer l’intervention militaire comme la moins bonne des solutions, celle qu’on utilise qu’en dernier recours, lorsque toutes les solutions diplomatiques ont été épuisés et qu’on se retrouve face à un cul de sac. Aujourd’hui, c’était le cas.

    • Malaparte
      • Posté à 12h54 le 27/03/2011
      • Internaute 29702

      « Les occidentaux » sortiront grandi de ce conflit si le cas Kadhafi est réglé rapidement et qu’aucune intervention militaire au sol n’est nécessaire. « 

      La guerre du Kosovo, en 1999, n’a manifestement pas servi de leçon. On ne gagne JAMAIS une guerre en se limitant à l’intervention aérienne. Tôt ou tard, il faut aller sur le terrain. En 1999, les moyens militaires serbes n’ont été que partiellement diminués. Ils existent toujours. Les massacres ont eu lieu. Et surtout, le nettoyage ethnique réalisé. La Kafor, 12 ans plus tard, toujours en place.
      Et que dire de l’Ex-Yougoslavie. Les pays existants sont maintenant “purs” ethniquement alors que l’intervention internationale était sensée éviter cela. Et pourtant, entre 1994 et 1996, il y avait des troupes (casques bleus + commandos) au sol.

      Ne nous leurrons pas, il faudrait plus qu’un meeting aérien amélioré pour mater Kadhafi. Et comme il est écrit dans l’excellent article, c’est au peuple libyen de faire le travail.

      • A déménagé le 04-03-2012
        A déménagé le 04-03-2012 répond à Malaparte
        non connue
        • Posté à 13h23 le 27/03/2011
        • Internaute 89071
          non connue

        Il est absurde de comparer la guerre du Kosovo et les événements qui se déroulent actuellement en Libye.

        Il n’y a pas de guerre en Libye, il y a une révolution. Ce n’est pas des peuples différents nourri au nationalisme qui s’affrontent, c’est un peuple qui veut renverser son dictateur. Ce n’est pas une armée régulière contre une guérilla, c’est l’armée contre sa propre population. C’est des crimes contre l’humanité dont il est question, pas un génocide.

        Les résolutions de l’ONU concernant la Libye ont d’historique le fait qu’elles ne visent pas à régler un conflit opposant deux Etats mais à empêcher un Etat de faire l’usage de la force contre sa propre population qui semble être dépolitisé.

        Quant à l’OTAN, le petit coup de pouce aérien à permis aux « rebelles » de reprendre des villes qu’ils avaient perdu au prix de nombreux morts, Ajdabiya et Misrata.

         
        • Sixpatte-
          • Posté à 14h30 le 27/03/2011
          • Internaute 77583
            Sur Mars

          Il n’y a pas de révolution du peuple en Libye, seulement de tribus. On en a instrumentalisé une pour servir « nos » intérêts. Tout le reste, c’est un vaste écran de fumée destiné à nous donner bonne conscience. L’article à le bon goût de nous le rappeler, hors de toute considération primaire d’impérialisme , ou de néo-colonialisme, ou de droit d’ingérence.

        • Malaparte
          • Posté à 21h32 le 27/03/2011
          • Internaute 29702

          Je ne voulais pas comparer la guerre du Kosovo avec l’insurrection armée en Libye, mais attirer l’attention sur le fait que comme il était dit en 1999, une guerre pouvait être gagnée seulement depuis le ciel.
          De plus, il ne s’agit pas de crimes contre l’humanité car pour le moment nous ne disposons d’aucune preuve allant dans ce sens. Attention aux expressions employées, elles ont un sens. Le crime contre l’humanité possède une définition claire dans le droit international.
          Ce qui se passe en Libye, c’est une répression à grande échelle d’une insurrection armée. C’est l’armée qui fait le sale boulot.
          Au vu des moyens des insurgés, ils ne peuvent que pratiquer la guérilla car le rapport des forces est inégal. Et une guérilla, pour exister, s’appuie sur la population, qui, de fait, devient une menace, un ennemi et donc une cible.
          L’ONU va-t-elle armer les insurgés ? Doit-elle le faire ?

          • A déménagé le 04-03-2012
            A déménagé le 04-03-2012 répond à Malaparte
            non connue
            • Posté à 23h09 le 27/03/2011
            • Internaute 89071
              non connue

            Je connais parfaitement les définitions du Statut de Rome, je vous en remercie. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai fais une distinction claire entre génocide et crime contre l’humanité.

            Je le répète également, ce qui se passe actuellement n’est pas une guerre, c’est une révolution. Juridiquement parlant, c’est également une énorme différence. Théoriquement, l’ONU n’avait aucun droit de se prononcer sur ces conflits vu qu’elle n’a aucun mandat pour régler des questions de politique intérieure. Les résolutions ont ça de révolutionnaire qu’elles agissent pour la première fois pour des questions de politique intérieure, en tout cas officiellement.

            L’intervention de l’OTAN peut se contenter de frappes aériennes si celles-ci arrivent à mettre le clan Kadhafi sur un pied d’égalité avec les insurgés. Je vous rappelle que ceux-ci ont repris plusieurs villes stratégiques depuis le début de l’intervention. S’agit-il d’une ruse du pouvoir ou d’une réelle avancée ? Le temps nous le dira.

            • Malaparte
              • Posté à 10h48 le 28/03/2011
              • Internaute 29702

              « Les résolutions ont ça de révolutionnaire qu’elles agissent pour la première fois pour des questions de politique intérieure, en tout cas officiellement. »

              Donc, est officialisé le droit d’ingérence. Quelqu’en soient les motifs, l’ONU peut s’arroger d’intervenir dans les affaires intérieures d’un pays. Et pour enfoncer le clou, on passe de la notion de « droit d’ingérence » à celle de « devoir d’ingérence » au nom de la protection des populations.
              Alors pourquoi la Libye et pas un autre pays, car en la matière de massacre (prouvé), il y en a des candidats.

        5 autres commentaires
      • thucy
        thucy répond à Malaparte
        responsable formation
        • Posté à 19h03 le 27/03/2011
        • Internaute 75737
          responsable formation

        Ben...les forces au sol, elles existent : les insurgés. Et ils sont en train de reperndre peut à peu toutes les vilels perdues.

        Votre parallèle avec le Kosovo ne tient pas.

        1. la topographie n’est pas la même. Le Kosovo est une région montagneuse et arborée. La côte libyenne ne comprend qu’une seule route de 1.400 km de long reliant Tripoli à Benghazi en terrain découvert : un vrai terrain de jeu pour l’aviation pour ce qui est de pilonner les convois qui s’y aventurent ! C’est du tir au pigeaon comme à la Foire du Trône. Il n’est que de voir les longues colonnes de véhicules calcinés le long de cette route. Au Kosovo, ce n’était pas la même musique : les Serbes pouvaient se dissimuler facilement.

        2. l’armée libyenne, est équipée de matériels vieillissants et inpérationnels pour la pluaprt d’entre eux (alors que l’armée serbe disposait d’un équipement moderne et bien entretenu)

        3. les Serbes étaient motivés et défendaient une terre qu’ils estimaient être la leur. Les forces de kadhafi sont composées pour partie de mercenaire africains (qui se carapatent dès que la situation tournent mal) et de pauvres bougres forcés de se battre contre leurs frères libyens parce que l’on menace leurs famillles (des pilotes de chasse ont été exécutés à Tripoli pour avoir refusé de bombarder la population, et des charniers de soldats récalcitrants ont été déciuverts à bengazi). Donc, la motivation des troupes de Kadhafi est très friable, et ne peut être comparée à celel des Serbes...

        D’ailleurs, depuis hier, on voit bien que les insurgés, buen qu’inexpérimentés, mal armés et désorganisés, reprennent une à une les villes perdues.

        Certes, ce sera plus dur en arrivant à Syrte et à Tripoli. cela nécessitera une révolte de la population locale pour prendre à revers les troupes de Kadhafi.

        Mais tout indique que Kadhafi n’est plus soutenu que par une infime fraction de la population libyenne.

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