Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

Pour traiter l'épilepsie, la piste des... diurétiques ?

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 01/04/2011 à 17h19


Chopin, animé par Rue89.

Trouver sans cesse des méthodes plus efficaces pour soigner nos maladies, tel est le grand objectif de la recherche médicale. Et tous les moyens sont bons. Tous ? Même celui qui consiste à recycler dans le cerveau des médocs utilisés jusque-là dans le rein ? Et bien oui.

A l’origine du message nerveux

L’histoire commence dans le cerveau, où les neurones sont les gentilles cellules qui échangent des informations nerveuses, entre elles ou avec le reste de l’organisme. Le passage d’information se fait, au sein de chaque neurone, grâce à la propagation d’un phénomène électrique appelé potentiel d’action. Qui se déclenche sur commande... sauf quand les neurones décident de s’exciter tous seuls et provoquent des décharges brutales, violentes, incontrôlées. Ainsi surgit une crise d’épilepsie.

Que faire pour limiter ces crises et éviter leur répétition, notamment chez les enfants qui sont les plus concernés par l’épilepsie et chez qui l’accumulation de crises peut avoir de graves conséquences à long terme ? Il suffit d’empêcher les neurones de s’emballer, me direz-vous. Et donc de calmer les ardeurs des potentiels d’action qui se la jouent trop perso. Pas bête.

Un potentiel d’action se déclenche dans un neurone suite à l’entrée massive – via des transporteurs spéciaux – d’ions sodium (Na+). Ces charges électriques positives déboulent dans le neurone et y prennent sauvagement la place d’une population locale d’ions potassium (K+) qui ne leur avaient pourtant rien fait. Les K+ sont rejetés un peu plus loin dans le neurone, où ils poussent du coude les K+ déjà en place, qui à leur tour... Etc.

Par effet domino, les ions K+ se déplacent ainsi tout le long du neurone, ce qui donne naissance à un courant électrique. Et donc une transmission d’information nerveuse.

Une fois le message envoyé, il faut couper le courant. Pour cela, on ferme les transporteurs de Na+ et on ouvre les vannes à K+ qui agissent, elles, en sens inverse : elles éjectent les ions K+ hors du neurone. Sans ces ions K+, le courant ne passe plus.

Contre l’épilepsie, un peu de chlore mais pas trop !

Le cerveau a parfois besoin d’empêcher certains neurones de s’exciter et de déclencher des potentiels d’action. Dans ce cas, un des mécanismes consiste à faire entrer dans le neurone des ions négatifs qui annulent l’effet des charges positives. Par exemple des ions chlorures (Cl-). Ils entrent dans les neurones en empruntant des canaux, dont certains ne s’ouvrent que si une molécule appelée Gaba (abréviation anglaise de « acide gamma-aminobutyrique » mais franchement, quelle importance ?) vient leur frapper à l’écluse.

D’où l’idée géniale pour prévenir les crises d’épilepsie : utiliser un médicament qui se fixe sur ces fameux canaux sensibles au Gaba et qui les active encore plus. Les canaux font alors entrer des ions Cl- à fond les ballons et les neurones finissent bourrés de charges négatives. L’effet des ions K+ est totalement coupé, les décharges électriques sauvages ne peuvent plus avoir lieu. Fin des crises d’épilepsie.

Le médicament en question s’appelle le phénobarbital et il fonctionne bien en début de traitement. Mais après plusieurs crises il devient inefficace, et fait même empirer les choses. Pourquoi ?

C’est ce que viennent de découvrir des chercheurs issus de laboratoires français (Inserm/université Aix-Marseille, université Paris-Descartes), dans une étude dirigée par le professeur Yehezkel Ben-Ari.

Avec l’accumulation des crises, deux phénomènes malencontreux s’ajoutent. D’une part, les transporteurs qui font ressortir les Cl- des neurones, une fois que ces derniers ont rempli leur rôle disjoncteur, ne fonctionnent plus. Les Cl- sont bloqués à l’intérieur. D’autre part, les systèmes qui font entrer ces mêmes ions Cl- continuent de tourner à bloc : le canal sensible au Gaba dont j’ai parlé plus haut, et un autre transporteur appelé NKCC1 (abréviation de... oh et puis on s’en fiche, tiens).

Résultat ? Avec plus d’entrées et moins de sorties, au fil des crises les Cl- s’accumulent dans les neurones. Beaucoup trop ! Car ce que je ne vous avais pas dit, c’est que le canal sensible au Gaba peut fonctionner dans les deux sens : les Cl-, il peut les faire entrer... ou sortir. Et lorsque la concentration en Cl- devient trop élevée, il passe en mode « sortie ».

Ce qui, pour un épileptique sous phénobarbital, est catastrophique : le médicament ouvre grand le canal, mais cette fois dans le sens « sortie ». Les ions Cl- sont éjectés à tout va, et les ions Na+ et K+ peuvent s’en donner à cœur joie. Les décharges sauvages repartent, déclenchant des crises d’épilepsie encore plus grave. Crises que l’on soigne avec du phénobarbital, mais ce dernier active toujours le canal dans le « mauvais » sens et fait à nouveau sortir les Cl-, etc. Au final, le médicament sensé diminuer les crises entraîne exactement le contraire.

La solution ? Un peu de diurétique, bien sûr

Bon. Alors que faire ? On pourrait peut-être agir sur le transporteur NKCC1, qui lui aussi fait entrer les Cl- ? Et si on lui fermait la porte, à celui-là ? Les Cl- seraient moins nombreux dans les neurones, le canal sensible au Gaba resterait en mode « entrée de chlore » et conserverait son pouvoir inhibiteur de décharges électriques.

Il suffisait d’y penser. Encore fallait-il y penser ! C’est ce qu’ont fait Romain Nardou, Sumii Yamamoto et leurs collègues de l’Inserm. Ils ont testé un médicament qui bloque ce fameux NKCC1 : le Bumétanide, utilisé jusqu’à présent comme diurétique. Le Bumétanide bloque NKCC1, donc l’entrée excessive de Cl-, ce qui permet au phénobarbital de soutenir le Gaba dans son rôle inhibiteur de crise, sans que jamais le mécanisme s’inverse.

L’astuce fonctionne si le Bumétanide est pris en même temps que le Phénobarbital, dès les premières crises d’épilepsie. Mais ça ne marche aujourd’hui que sur des tranches de cerveaux de souris étudiées in vitro. Reste à montrer l’efficacité du traitement sur de vrais patients, notamment sur les très jeunes enfants. L’étude est en cours, elle s’appelle « projet Nemo » et on espère les premiers résultats pour 2012.

Rein, cerveau, même combat

Mais que vient faire un médicament diurétique dans le traitement des pathologies cérébrales ? Pourquoi le Bumétanide, qui permet de produire plusieurs hectolitres d’urine par jour (minimum), agirait contre l’épilepsie ? Tout simplement parce que sa cible, le transporteur NKCC1, existe dans le cerveau... et dans le rein.

Là-bas, il intervient dans le mécanisme de réabsorption : une partie des éléments rejetés dans les canaux urinaires (eaux, ions...) est en partie réabsorbée un peu plus loin, ce qui permet de réguler la concentration de ces divers éléments dans le sang. Le rôle de NKCC1 là-dedans ? La réabsorption d’ions Cl-, bien sûr.

Le Bumétanide, en bloquant NKCC1, empêche le passage du chlore de l’urine vers le sang, et l’urine finit très chargée en ions. Qu’il faut donc diluer d’urgence ! L’eau afflue du sang vers les canaux urinaires pour effectuer cette dilution, et la quantité de pipi grimpe en flèche.

Une même molécule de transport présente à la fois dans le rein et le cerveau, et nous voilà avec un médicament double action ! Si ça marche, il ne restera plus qu’à doser savamment le produit pour éviter les effets secondaires. Ce serait dommage de ne plus souffrir d’épilepsie mais de passer seize fois par nuit aux toilettes...

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  • ibaia
    ibaia
    officier marine marchande
    • Posté à 20h42 le 01/04/2011
    • Internaute 41353
      officier marine marchande

    Et pourquoi pas ? On c’est rendu compte que le baclofene qui est 1myorelaxant a la base(3/j) a forte dose 3x5/j jusqu’à 3x10/j vous coupe l’envie de boire de l’alcool : vin, ricard, ..etc... Ca marche, puisque je suis le TTT .Suis passé de 1 bout de vin/j a 1 bouteille pour 4/5j ! !
    Etonnant ! ! ! ! ! !

    • Lendroitvautlenvers
      Lendroitvautlenvers répond à ibaia
      lucide
      • Posté à 21h02 le 01/04/2011
      • Internaute 149146
        lucide

      Si la pharmacologie prend la place du PAS de l’homme donc sur sa volonté d’être soi... , la ’’maladie’’ à de beaux jours devant soi.

      • Lictor
        Lictor répond à Lendroitvautlenvers
        informaticien
        • Posté à 21h57 le 01/04/2011
        • Internaute 68450
          informaticien

        Dans la cas de l’alcoolisme, la volonté de l’homme a déjà disparu derrière la maladie, en même temps que son identité et généralement son travail, sa famille, ses amis... Le traitement permet de redevenir un peu plus soi... Même si à ses doses de myorelaxant, je n’ose pas trop imaginer dans quel état on se trouve. Déjà, à trois comprimés par jour, j’ai l’énergie d’un poulpe échoué...

         
        • Lendroitvautlenvers
          Lendroitvautlenvers répond à Lictor
          lucide
          • Posté à 22h20 le 01/04/2011
          • Internaute 149146
            lucide

          C’est une autre maladie aussi de prendre une substitution à celle de l’alcool et donc d’en être dépendant. Tout comme le consommateur a pris dès le début le chemin de l’alcool pour continuer d’avancer, il en fait de même avec les médicaments.
          Inversement le résultat est le même, nous sommes toujours sur un nouveau départ mais artificiel.

          Mais celui qui s’en trouve mieux et surtout pour son entourage, oui, mais le chemin ne devrait s’arrêter là, sinon c’est de la toxicomanie comme substitution à l’alcoolisme.

          • ibaia
            ibaia répond à Lendroitvautlenvers
            officier marine marchande
            • Posté à 17h52 le 02/04/2011
            • Internaute 41353
              officier marine marchande

            Je n’ai pas preciser, que il y avait a coté 1 accompagnement psycho-therapeutique, pour vraiment aller chercher le mal a ses racines !

            • Lendroitvautlenvers
              Lendroitvautlenvers répond à ibaia
              lucide
              • Posté à 19h07 le 02/04/2011
              • Internaute 149146
                lucide

              Je ne remets pas en cause le fait que vous vous considériez mieux vivre dans votre tête sans alcool avec une prise médicamenteuse avec accompagnement psycho-therapeutique Et je vous souhaite d’ailleurs d’en être le vainqueur et d’arriver à continuer de vivre sans plus rien prendre.
              Surtout dans des sociétés où la publicité passe son temps à vous donnez l’envie de replonger à chaque moment de spleen ce qui ne doit être de la tarte tous les jours, je vous l’accorde.
              ........................
              (Là je ne parle de vous )
              Ce que je trouve trop facile c’est de vouloir classer trop facilement l’alcoolique en tant que maladie car ainsi la société tel qu’elle est se déculpabilise. Vouloir faire croire que l’alcoolisme est une maladie comme si on voulait me faire croire que le manque d’amour, l’ennui, la tristesse, la timidité, etc,... étaient des microbes ou pourquoi pas des nuisances au bonheur des humains .
              .....................
              Je ne suis ni alcoolique ni ancien, mais je doute fort que lorsqu’une personne qui tombe en amour ou tout simplement soit heureux de vivre par x événements dans sa vie, la première chose à quoi il pense, c’est de prendre de l’alcool pour oublier cet état d’être. Et si c’est le cas pour certain ce % doit être infime
              ....................
              Prendre un médicament pour dormir, idem est-ce une maladie ?
              Prendre de l’alcool pour dormir, idem est-ce une maladie ?
              ........
              Mais si je dis que la société tel qu’elle est faite, est elle même malade, les gens en majorité se lèveront et me diront :
              -Va te faire soigner ! c’est toi le malade.

              Il est là le dilemme...on laisse les choses et on les soigne.

              • ibaia
                ibaia répond à Lendroitvautlenvers
                officier marine marchande
                • Posté à 22h32 le 02/04/2011
                • Internaute 41353
                  officier marine marchande

                Un petit conseil : essaye d’etre alcoolique ! ! ! ! ! ! ! !

                • Lendroitvautlenvers
                  Lendroitvautlenvers répond à ibaia
                  lucide
                  • Posté à 23h27 le 02/04/2011
                  • Internaute 149146
                    lucide

                  Un petit conseil : essaye d’etre alcoolique !

                  Merci pour votre conseil, je tire de suite les voilent et je vogue vers les nouvelles terres.
                  Après je pourrai
                  parler avec l’expérience de ceux qui n’ont pas su s’en passer puisqu’ils y étaient destiné.
                  Mais cela va m’être difficile d’y parvenir quand même, car être volontairement alcoolique sans y être destiné cela me semble impossible à moins d’en avoir la volonté...

      • ibaia
        ibaia répond à Lendroitvautlenvers
        officier marine marchande
        • Posté à 21h58 le 01/04/2011
        • Internaute 41353
          officier marine marchande

        Depuis des millenaires la maladie existe , et la pharmacologie a toujours existé et elle existera tjrs elle a de beaux jours devant elle

         
        • Lendroitvautlenvers
          Lendroitvautlenvers répond à ibaia
          lucide
          • Posté à 22h05 le 01/04/2011
          • Internaute 149146
            lucide

          Depuis des millenaires la maladie existe , et la pharmacologie a toujours existé et elle existera tjrs elle a de beaux jours devant elle

          Evidemment puisque l’on ne soigne que l’effet et pas la cause.

          ......existera tjrs......Mais je suis beaucoup plus optimiste que vous concernant l’avenir de l’homme où le passé ne présage pas forcément de l’avenir

        1 autres commentaires
    • Oldmole-
      Oldmole- répond à ibaia
      Taupeur
      • Posté à 02h17 le 02/04/2011
      • Internaute 147324
        Taupeur

      Qu’elle honte !
      Et le principe de précaution ? ? ?
      Les Labos veulent notre mort !
      Vite arrêtons ces essais et la recherche qui va avec et le progrés en général ...

  • fiJeff
    fiJeff
    Ingenieur
    • Posté à 21h47 le 01/04/2011
    • Internaute 131065
      Ingenieur

    Je tenais juste a préciser qu’un autre traitement consiste en un régime alimentaire de type « diète cetogene » dont j’ai déjà parlé dans un autre post. Cette diète est couramment utilisée par les bodybuilders et lors des hospitalisations pour les épileptiques.
    Je ne savais pas réellement pourquoi ca « impactait » les épileptiques, vue que cette diète agit sur le système digestif et fait entrer le corps dans un état particulier peut-etre que le principe est le même.
    Auriez vous des informations la dessus ?

    • Lendroitvautlenvers
      Lendroitvautlenvers répond à fiJeff
      lucide
      • Posté à 22h44 le 01/04/2011
      • Internaute 149146
        lucide

      Idem où il y a un haut risque de cholestérol qui se pourra se règler avec un anti-cholestérol. Dans l’utilisation d’un régime alimentaire anti-cholestérol il deviendra antinomique à celui de l’épilepsie.

    • Lictor
      Lictor répond à fiJeff
      informaticien
      • Posté à 01h45 le 02/04/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Non, le régime cétogène agit en fait plus au niveau du cerveau que du corps...
      En tant normal, le cerveau est un énorme consommateur de glucose, autours de 25% de la consommation totale de l’organisme.
      En cas de jeûne prolongé (au delà de 24h chez l’adulte), il y a cependant un mécanisme dégradé qui permet au cerveau de fonctionner avec uniquement une vingtaine de grammes de glucose par jour. Le corps se met à produire des corps cétoniques lors de ce métabolisme particulier. En dehors du jeune, ce mécanisme se produit chez les diabétiques qui ont une glycémie trop élevée, le corps ne pouvant plus utiliser correctement le glucose - et on détecte les corps cétoniques dans les urines (bandelette) et dans l’haleine.
      Tout ceci étant une adaptation à la famine.

      Ce métabolisme a un impact sur le cerveau. Les corps cétoniques sont anorexigènes - d’où leur détournement par les régimes « low carb » comme Aktins. Ils produisent également un certain état d’exaltation - d’où l’usage du jeûne par les religions et sectes.
      Le cerveau est dans un mode dégradé par rapport à son fonctionnement normal en présence de glucose. Ce mode dégradé diminue peut-être la fréquence ou l’intensité de l’épilepsie.

    • Lictor
      Lictor répond à fiJeff
      informaticien
      • Posté à 01h47 le 02/04/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Au passage, il y a aussi un traitement chirurgical qui consiste à retirer une partie généralement importante du cerveau. C’est lourd, mais il permet d’obtenir des guérisons totale, particulièrement chez l’enfant et y compris pour des formes très graves.

  • jivé13
    jivé13
    salarié comme plus de 90%des (...)
    • Posté à 23h53 le 01/04/2011
    • Internaute 52558
      salarié comme plus de 90%des (...)

    Cet article n’a pas sa place sur Rue 89.
    Des articles formatés ainsi, il y en a tous les jours dans le Quotidien du médecin qui est le journal de l’industrie pharmaceutique. Les firmes , comme ici Hoffmann Roche qui produit et vend le diurétique (Bumétanide alias Burinex), ont besoin, pour des raisons de stratégie boursière le plus souvent, de faire parler de leur molécule ;
    Dans le cas de cet article, qui traite de recherche appliquée et non pas de recherche fondamentale, il s’agit de faire passer le message, qu’une équipe de chercheurs, financée en partie par le Labo, a découvert que leur molécule pourrait dans un avenir assez proche entrer dans la composition d’un nouveau médicament traitant l’épilepsie.
    Les investisseurs boursiers sont friands de ces sortes d’informations.
    Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
    L’auteur qui se présente comme « médiateur en science », se rend complice de la stratégie d’Hoffmann Roche, et y associe Rue 89.
    Un conseil à l’auteur :
    S’il veut exercer ses talents de vulgarisateur en biochimie, qu’il nous explique les mécanismes d’action de l’aspirine et du paracétamol avec leurs effets secondaires, ou d’autres grandes molécules bien validées par la communauté médicale, en dehors de tout conflit d’intérêt.

    • Damien Jayat
      Damien Jayat répond à jivé13
      Médiateur scientifique
      • Posté à 01h05 le 02/04/2011
      • Internaute 20409
        Médiateur scientifique

      Vous voyez le mal partout...
      J’ai choisi de parler ce cette étude suite à un communiqué de presse de l’Inserm, et je me fous royalement de savoir qui vend tel ou tel médicament. D’ailleurs je ne parle ni du médicament ni d’un quelconque labo pharma, là encore ce n’est pas mon problème ni celui des chercheurs. Quand on veut tester un mécanisme, on prend les molécules qui agissent sur ce mécanisme, point.

      Mon article est un texte de vulgarisation qui tente d’expliquer des mécanismes biologiques à l’origine de l’épilepsie et pas du tout un article promotionnel en direction de qui que ce soit.

      Les seuls dont je parle dans l’article sont les auteurs de l’étude scientifique fondamentale (bien que la distinction entre fondamental et appliqué soit toujours délicate à définir, je me garderai de vous rejoindre sur ce terrain).

      Par ailleurs, je ne sais pas où vous avez trouvé l’information selon laquelle les chercheurs étaient en partie financés par un labo pharmaceutique, ce serait intéressant que vous citiez vos sources ! Si j’en crois celles citées dans l’article initial, l’étude a été financée par l’Inserm, l’université de Marseille, l’Agence Nationale de la Recherche, et la Fondation pour la Recherche Médicale. Mais vous êtes peut-être mieux informé, si c’est le cas, dites-nous tout !

      Un article formaté, mon texte ? C’est bien la première fois qu’on me le dit, vous m’inquiétez... Faut que je vérifie si je n’ai pas pris trop de valium, moi. Ah non, merde, ça vient aussi de Hoffman-La Roche !

      • jivé13
        jivé13 répond à Damien Jayat
        salarié comme plus de 90%des (...)
        • Posté à 09h32 le 02/04/2011
        • Internaute 52558
          salarié comme plus de 90%des (...)

        « J’ai choisi de parler ce cette étude suite à un communiqué de presse de l’Inserm, et je me fous royalement de savoir qui vend tel ou tel médicament. D’ailleurs je ne parle ni du médicament ni d’un quelconque labo pharma, là encore ce n’est pas mon problème ni celui des chercheurs ».

        Tout est dit dans ce plaidoyer.
        Avoir des connaissances scientifiques et être titulaire d’un diplôme supérieur n’est pas suffisant pour comprendre la société dans laquelle on vit.
        Pour ne prendre que deux exemples actuels :
        Pourquoi des milliers de médecins ont prescrit du Médiator et seulement une minorité, qui s’était informée ailleurs que chez Servier, ne l’on jamais fait.
        Que valent les certitudes d’un technicien du nucléaire qui refuse d’entendre les avertissements des spécialistes de l’environnement.
        Ceci étant dit, j’ai réagi immédiatement au contenu de votre article et pas contre vous même que je ne connais pas.
        Je prend acte de votre bonne foi.
        Méfiez vous des communiqués de presse des chercheurs en recherche appliquée, surtout quand leur recherche est en cours et donc que les résultats à venir sur l’homme sont encore très loin d’être validés.
        Les infos sur Hoffmann Roche étaient dans votre article (par un lien).
        Quant au financement des équipes, il suffirait de leur demander.
        Le terme de « formaté » vous a peiné parce que vous faites des efforts de vulgarisation (bien que je suis persuadé que cet article reste assez compliqué pour une très grande majorité de riverains).
        Mais le contenu est exactement le même, je le répète, que dans le Quotidien du médecin, que je connais bien.
        La mise au point d’un médicament est très longue, et la firme qui dispose d’une molécule doit rassurer périodiquement ses actionnaires sur ses bons choix. Elle développe donc un plan de communication qui peut utiliser de nombreux canaux (les communiqués purement boursiers, les communications dans les colloques médicaux, les articles dans le Quotidien du médecin, les communiqués dans les magazines et dans la grande presse.).
        Je maintiens donc que ce n’est pas le rôle de Rue 89 de participer à ce plan de communication.
        La recherche fondamentale c’est autre chose.
        peut-être qu’un riverain pourrait nous en tracer les frontières.
        Cordialement.

         
        • Calywalna
          Calywalna répond à jivé13
          • Posté à 10h15 le 02/04/2011
          • Internaute 145198

          Bonjour,
          Je pense que votre raisonnement est malheureusement erroné. Quasiment tous les éléments y sont, mais pris dans le mauvais sens. Ce n’est pas une critique, je pense que cela illustre juste votre méconnaissance du métier de chercheur, et plus précisément de chercheur en Biologie/Médecine/Santé.
          En effet, en vous lisant, j’ai l’impression que, pour vous, les gentils chercheurs s’amusent à prendre des molécules vendues par les entreprises pharmaceutiques et à les tester au petit bonheur la chance sur des tissus biologiques…Or ce n’est pas le cas. Ce qui ce passe en réalité c’est qu’un laboratoire va travailler pendant des années durant sur une « cible » (un canal ionique par exemple) et ses implications physiologiques (puisque c’est de physiologie qu’il s’agit ici). Le but étant de comprendre le fonctionnement (souvent très complexe) de cette cible, pour pouvoir, à plus ou moins long terme, trouver des solutions afin de traiter les éventuelles maladies résultant de son dysfonctionnement. C’est pour cela que la frontière entre recherche fondamentale et appliquée dans ce domaine est plutôt difficile à définir.
          Comme vous le dites dans cotre commentaire, la mise au point d’un médicament est longue. Imaginez ce qui ce passerait si chaque laboratoire travaillant sur une cible devait, en plus, synthétiser des molécules (dans mon exemple, molécules fermant ou ouvrant le canal) agissant sur celle-ci (travail de chimiste et non de biologiste) et ce, sans aucune garantie d’effet. C’est dans cette optique que, pour étudier une cible précise, on utilise des médicaments bien connus, afin de gagner un peu de temps (et d’argent). Sachez que produire une étude comme celle qui est présentée ici n’est en aucun cas l’affaire d’un mois ou deux mais se compte plutôt en année(s).
          J’ai accès à l’article scientifique en question (dans la revue Brain) et si Roche avait versé quelques deniers au laboratoire en question, ceci aurait été signalé dans la rubrique « Fundings » (financement), ce qui n’est pas le cas.
          Enfin, sachez que les molécules (dont le bumetanide ou Burinex de son petit nom) utilisées dans le cadre de cette étude ont été, non pas fournies par Roche mais achetées sur le site de Sigma-Aldrich qui met à disposition du plus grand nombre tous types de composés chimiques.
          J’espère que cela vous a permis de comprendre un peu mieux le but de ce type d’étude.
          Cordialement.

          • jivé13
            jivé13 répond à Calywalna
            salarié comme plus de 90%des (...)
            • Posté à 19h20 le 02/04/2011
            • Internaute 52558
              salarié comme plus de 90%des (...)

            Merci de votre réaction
            Effectivement, je ne suis pas chercheur, et je vous remercie d’avoir enquêté sur l’article princeps.Cette étude serait donc de la recherche fondamentale.
            Cela n’empêche pas que les conflits d’intérêt dénoncés à longueur de numéros par la Revue Prescrire existent bel et bien et que l’industrie pharmaceutique utilise les plans médias que j’ai décrit.
            il faudrait juste vérifier si cette info reste dans le cénacle des revues scientifiques où si elle diffuse, sans aucune raison d’être, dans les médias grand public.
            Vous qui êtes dans la recherche, vous pourriez confirmer la tendance à faire de la recherche appliquée de plus en plus, aux dépens de la recherche fondamentale.
            Dans le cadre des fameux partenariats public/privé...

            • Calywalna
              Calywalna répond à jivé13
              • Posté à 20h16 le 02/04/2011
              • Internaute 145198

              Là, vous mettez le doigt sur un problème qui touche la recherche publique : le manque d’argent !
              En France, les partenariats recherche privée/publique existent et avec le système des demandes de financements à l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), cela ne va pas en s’améliorant. Pour faire simple, il est demandé aux chercheurs de passer une bonne partie de leur temps à rédiger des projets dans l’espoir incertain de toucher de l’argent pour effectuer leur recherche. Ce précieux temps, ils ne le passent donc pas à faire avancer leur recherche, ont moins de résultats et par conséquent, moins de chance d’être l’heureux gagnant d’un financement ANR de 3 ans…C’est un vrai cercle vicieux. Pour en sortir, il faut essayer de mettre en place des collaborations permettant d’amener de l’argent au laboratoire, le privé est une solution. Contrairement à ce que vous semblez penser, effectuer un partenariat avec une entreprise (pharmaceutique ou de biotechnologies dans notre contexte) ne constitue en aucun cas un acte de vente de son âme. Les laboratoires parviennent à garder (de manière générale) leur indépendance et continuent à faire avancer la recherche « fondamentale ».

              Ensuite, je ne pense pas que ce soit un tort de vouloir communiquer à propos de résultats qui peuvent intéresser un grand nombre de personnes. On reproche souvent aux scientifiques d’être enfermés dans leur bulle, de ne pas faire part au « grand public » de leurs découvertes. Il est certain que des sujets, comme celui abordé dans cet article, se prêtent plutôt bien à ce genre d’exercice car l’épilepsie est une maladie qui « parle » à tout le monde. Après tout, cette étude a été réalisée avec de l’argent public et c’est, je trouve, une bonne chose de montrer aux gens ce qu’on en fait. L’interprétation que chacun fait de ce type d’études n’est pas de la responsabilité de la revue ou du journal qui a repris l’information, surtout à partir du moment où les précautions nécessaires ont été prises : cf. le titre : Pour traiter l’épilepsie, la piste des… diurétiques ? l’auteur a ici utilisé le mot « piste » et un joli point d’interrogation ce qui illustre assez bien le fait qu’on est loin d’utiliser des diurétiques pour traiter l’épilepsie chez l’Homme.

              En espérant avoir répondu à une partie de vos interrogations.

              • jivé13
                jivé13 répond à Calywalna
                salarié comme plus de 90%des (...)
                • Posté à 21h52 le 02/04/2011
                • Internaute 52558
                  salarié comme plus de 90%des (...)

                Tout à fait.
                Les citoyens doivent savoir quels sont les enjeux politiques en matière de recherche publique.
                Par ailleurs en tapant Burinex épilepsie sur google, on tombe en première page sur le site d’une association sur l’autisme où l’on apprend que sur la base des travaux du Pr Ben Ari, un psychiatre, le dr Lemonnier fait déjà des essais thérapeutiques chez des enfants autistes avec le Burinex dans l’idée d’accélérer la maturation du cerveau .
                On voit là que l’on n’est déjà plus dans la recherche fondamentale.

        • Nishi
          Nishi répond à jivé13
          postdoc
          • Posté à 10h33 le 02/04/2011
          • Internaute 55213
            postdoc

          Si vous connaissiez cette équipe de recherche vous ne diriez pas de telles énormités.L’institut de neurobiologie de la méditerrannée dirigée par le professeur Ben-Ari est à la pointe de la recherche fondamentale sur le fonctionnement des neurones et des réseaux de neurones, dans les conditions normales ou pathologiques. L’épilepsie est une condition pathologique courante, et est donc très étudiée.
          Lorsqu’un traitement existe mais perd de son efficacité dans le temps, on essaye de comprendre le mode d’action de la molécule : c’est ce qu’ils ont fait ici. On se pose alors la question de savoir pourquoi elle perd de son efficacité. Le mécanisme a été identifié. Comment résoudre ce problème ? Une réponse ici c’est jouer sur un autre récepteur. On cherche alors quelles molécules connues peuvent permettre de contrôler ce récepteur, il se trouve qu’il y en a une. Il serait idiot de ne pas l’utiliser sous prétexte qu’elle est vendue par un labo pour une autre indication !
          C’est un équipe de recherche très sérieuse qui ne passe pas son temps à chercher des utilisations aux molécules des labos, mais qui cherche à comprendre ce qui cause la maladie et comment la traiter...

          Il est précisé dans l’article publié que la recherche est financée par le public (INSERM, Université) et une association pour la recherche médicale (financée par des dons).

          Si l’INSERM fait une annonce prématurée selon vous, c’est justement parce que les étapes suivantes (fonctionnement in vivo chez l’homme, développement d’un médicament) ce n’est pas le boulot de cette équipe !
          Le médiator, ça n’a rien à voir. Il s’agit du problème de la prescription par les médecins et de leur sensibilité à la communication de l’industrie pharmaceutique...

          • jivé13
            jivé13 répond à Nishi
            salarié comme plus de 90%des (...)
            • Posté à 19h39 le 02/04/2011
            • Internaute 52558
              salarié comme plus de 90%des (...)

            Merci également d’apporter votre éclairage sur cette équipe que je ne connais pas et qui honore notre région.
            Mais vous avez très bien compris que je voulais faire partager aux riverains la circonspection nécessaire dont nous devons tous faire preuve quand un média de masse reprend une info sur un « nouveau “ médicament et dans notre cas, sur l’objet d’une recherche hyper pointue qui objectivement n’apporte rien aux patients eux même dans l’immédiat.
            Enfin, je n’ai pas parlé du Médiator, mes des prescripteurs du Médiator et des techniciens du nucléaire qui ne cherchent pas à s’informer en dehors de leur petite sphère de travail.

        6 autres commentaires
  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 00h37 le 02/04/2011
    • Internaute 121073
      geek

    2 traitements contre l’épilepsie trouvés dans l’albert moderne(le mien est de 1782) une macération de fleurs de buglosse dans du vin.une cuillère à soupe tous les matins
    autrement des traitements à base de caille-lait à fleurs blanches.
    possible que ces traitements anciens fonctionnent sur le même principe , à noter éviter tout ce qui peut agresser le malade.
    plus récemment était utilisé le millepertuis(pas noté dans l’albert) le problême est de changer de médicament avec le risque de crise et de décès ,ou comme pour moi des pertes de mémoire dans les zones du vécu, de l’alsaheimer en instantané. On ne sait pas si on est toujours malade ,plus malade ,si on peut arréter le traitement ou l’augmenter, tout traitement moins aggressif est le bienvenu .

    • Nishi
      Nishi répond à pemmore
      postdoc
      • Posté à 11h17 le 02/04/2011
      • Internaute 55213
        postdoc

      Je ne connais pas la buglosse, mais je sais que des études ont montré que le millepertuis était aussi efficace pour la dépression que de nombreux antidépresseurs (mais qu’il a aussi des effets secondaires et qu’il ne faut pas l’arrêter brutalement).
      D’autre part, dans une plante (mucuna pruriens) utilisée en Inde pour traiter des symptômes de la maladie de Parkinson depuis plus de 1000 ans (médecine ayurvédique), on a identifié une molécule quasiment identique au premier traitement moderne de cette maladie, la L-dopa.
      Il est certain qu’il reste beaucoup à explorer dans la médecine traditionnelle et les plantes, et qu’il reste beaucoup de molécules actives à identifier dans ces plantes (et si on peut comprendre le mécanisme d’action c’est encore mieux)...

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 00h52 le 02/04/2011
    • Internaute 121073
      geek

    je rajoute vu sur Vikipédia ,la buglosse est une plante diurétique ,donc cette étude ,et le l’albert moderne ne se contredisent pas bien au contraire !
    (ne pas arréter un traitement pour autant ,trop de risques)

  • had-the-mad
    had-the-mad
    lui-même
    • Posté à 02h09 le 02/04/2011
    • Internaute 119237
      lui-même

    Où l’on voit la fragile délicatesse du corps humain. Ses mécanismes subtils, son optimisation qui touche à la perfection, jusqu’au moment où ça bogue.

    On peut dire sans trop de risque que le corps de l’Homme a atteint un équilibre. Les dysfonctionnements ne sont plus corrigés par le hasard, mais par le conscient. Nous sommes capables de comprendre notre propre mécanisme...

    À court terme, nous seront à même de modifier ce que l’on veut, de corriger tout les défauts. C’est à la fois fascinant et terrifiant : quand le cerveau sera un territoire conquis, Nous pourrons façonner notre propre évolution. Vers le statut de Dieu, ou celui de Satan (pour se placer dans l’imagerie judéo-chrétienne ) ?

    Et de quel coté se placer ? La justice aveugle, l’ordre sans merci ; ou le désordre libre et vivant, l’injustice de celui qui ne juge pas.

    Quand nous pourrons influencer, voire contrôler, le cerveau, essayerons nous de « réparer » les erreurs ou de les embrasser comme preuve du libre-arbitre alors même que nous les combattons.

    Est-ce qu’on aura la force d’enfermer le criminel, le terroriste, plutôt que de le « soigner ». Saura-t-on faire passer le dividu (en opposition à l’individu) avant le collectif ?

    Telle est la formidable question à laquelle les politiques du XXIème devront répondre.

  • Calywalna
    • Posté à 08h48 le 02/04/2011
    • Internaute 145198

    Bonjour,

    Bravo, bel effort de vulgarisation scientifique !

    Je reviendrais seulement sur un point qui m’a un peu « dérangée » :

    « Un potentiel d’action se déclenche dans un neurone suite à l’entrée massive – via des transporteurs spéciaux – d’ions sodium (Na+). »

    Est-il vraiment juste d’utiliser le mot transporteur pour désigner un canal ionique étant donné qu’ils représentent deux GRANDES familles de protéines distinctes ?

    Je suppose que cet article n’est pas destiné à un lectorat averti mais mieux vaut éviter toute confusion, non ?

    Un joli petit schéma aurait éventuellement pu éclaircir le mécanisme relativement complexe qui vous décrivez dans cet article.

    Bonne journée !

  • expat
    • Posté à 09h20 le 02/04/2011
    • Internaute 25627

    l’industrie pharmaceutique, beaucoup de petite start-up et meme les labos de recherches universitaires rafolent de ce genre de molecules, pourquoi ?

    Elles peuvent etre patentees pour un autre usage que l’original (donc elles sont commercialement attractives), toutes les etudes de toxicites sont faites et elles sont deja approuvees pour usage en clinique (sacre economie).

    Pour ceux qui croient encore que l’industrie pharma et la recherche appliquee sont interessees a decouvrir de nouvelles molecules moins toxiques et plus efficace, voila la triste realite !

    ps : ceci a un gros desavantage, parce que soudain les effets principaux sur un organe ou un type de recepteurs deviennent les effets secondaires dans la nouvelle indication, voir Viagra

    • Nishi
      Nishi répond à expat
      postdoc
      • Posté à 10h50 le 02/04/2011
      • Internaute 55213
        postdoc

      On ne parle pas ici d’une équipe de chimistes mais de chercheurs en neurobiologie qui ont compris quel mécanisme rendait un médicament inefficace, et ont trouvé une façon de rétablir l’efficacité du médicament en jouant sur un second facteur. Ils ont regardé quelles molécules ont un effet connu sur ce second facteur.
      Pour vous, ils auraient dû rechercher dans les molécules dont on ne connait pas l’effet sur ce récepteur ou même créer une nouvelle molécule (c’est un boulot complètement différent qui nécessite d’autres compétences) avant de publier leurs résultats ?
      D’autre part, on parle ici de tests réalisés sur tranche, pas in vivo : ce n’est pas parce qu’un médicament existe qu’il arrive à passer la barrière entre le sang et le cerveau (barrière hémato-encéphallique). Si ce n’est pas le cas, il va falloir pas mal de recherche avant d’avoir un médicament utilisable !
      Ce qui est intéressant pour cette équipe, c’est d’avoir compris un mécanisme (accumulation de Cl-) due à un médicament, et de suggérer une façon de résoudre ce problème (en jouant sur un autre récepteur). Ils ne se situent pas à l’étape de développement d’un médicament.
      D’autre part, la « triste réalité » dont vous parlez, c’est méconnaître le fait que de nombreux chercheurs du public n’ont pas un amour immodéré pour l’industrie...

      • expat
        expat répond à Nishi
        • Posté à 12h48 le 02/04/2011
        • Internaute 25627

        Ca n’a pas d’importance, les chercheurs utilisent les molecules avec ou sans arrieres pensees, mais allez jeter un oeil dans les patentes et regardez ce qui interesse les gens, faire passer dans la presse grand publique un resultat comme ca pour une promesse de meilleurs traitement est juste un excercice de communication.

        Je connais bien ce type de recherche et je me doute bien qu’ils utilisent ces molecules pour leurs experiences pas pour autres chose.

        C’est interessant comme tout le monde a l’air de prendre le simple constat que ce genre de recherche qui a de possible et serieuses retombees commerciales bien que pour les patients les avantages sont loin d’etre evident comme une attaque contre le groupe de recherche ou la recherche, je suis dans ce milieu et je peux vous dire que beaucoup sont interesses par cet aspect ne serait-ce que parce que developper des medicaments leur parait une justification de leur activite,

  • Bonne question
    Bonne question
    Merci de l'avoir posée
    • Posté à 14h44 le 02/04/2011
    • Internaute 42862
      Merci de l'avoir posée

    Merci pour cet article tres interessant. J’ai eu a m’occuper d’enfants epilepsie, et de l’angoisse que cela entraine dans les familles. Merci aux chercheurs qui consacrent leur temps et leut intelligence a chercher des solutions.
    Et merci a l’auteur de nous y donner acces.

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 16h35 le 02/04/2011
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Je ne doute pas (sur le principe) que Marseille soit en pointe. J’en ai entendu parler dans les années 70 lorsque je vivais à Angers : mon neurologue (prof de la neurologue parisienne qui me suit actuellement) avait proposé à mes parents de m’y envoyer pour un examen. Mes parents ont refusé, quand ils ont compris que ce n’était qu’à titre de « cobaye », dans la mesure où cela n’aurait été que pour déclencher des crises afin de les mieux localiser, et non pas pour mieux les soigner.
    Cependant, quand je lis sous la plume de l’auteur :
    « Le médicament en question s’appelle le phénobarbital et il fonctionne bien en début de traitement. Mais après plusieurs crises il devient inefficace, et fait même empirer les choses. »
    …je ne peux que douter de « son » raisonnement (qui, dit-il, vient d’un communiqué, d’où les guillemets).
    Depuis 1969, du fait de crises de type « grand mal », parfaitement localisées, je suis sous phénobarbital. Le seul à ma connaissance qui soit associé à de la caféine. Nous sommes en 2011, si je ne m’abuse.
    Depuis (environ, mais j’ai la flemme de fouiner dans mon dossier médical) 1971/1973, j’ai toujours été sous bi ou tri-thérapie contre l’épilepsie, chaque fois en conservant ce médicament à base de phénobarbital.
    La fréquence de mes crises, avec l’âge, n’a augmenté qu’une fois : durant les dix-huit mois qui ont suivi un sevrage brutal de ce barbiturique, en milieu hospitalier, à l’initiative d’une neurologue, sans concertation avec ma neurologue, mon médecin-traitant, ni mon neuro-chirurgien, dont elle avait les coordonnées… jusqu’au domicile pour deux d’entre-eux et au portable pour l’un d’entre-eux.
    Crises si fréquentes et de plus en plus violentes (malgré le rétablissement dudit médicament après cinq jours d’état comateux et autant de jours de réclamations) que j’en suis arrivé à l’autofracture par repliement sur moi-même.
    Alors soit je suis je suis un cas à part, soit cette partie (au moins) de l’article est particulièrement mensongère ou issue d’une mauvaise interprétation du communiqué qui, comme le fait remarquer « jivé13 » est a priori sujet à caution pour diverses raisons.
    Quand Rue89 publie un sujet à caractère médical, je préfère de très loin (de très près aussi) que ce soit par exemple le témoignage de Chloé Leprince sur le Di-Antalvic qui, s’il ne ressemblait pas au mien sur mon blogue, avait au moins le mérite du vécu.
    Pour mémoire, le sujet concernant Chloé :
    Lien
    …et le mien :
    Lien
    Merci à ceux qui ont lu jusqu’ici.

  • Morpho
    Morpho
    assis sur ma chaise
    • Posté à 19h35 le 02/04/2011
    • Internaute 106666
      assis sur ma chaise

    Je ne comprends pas bien le but de cet article.
    Il n’existe pas, heureusement, que le phénobarbital pour traiter l’épilepsie... La pharmacologie a considérablement évolué et il existe de nombreuses autres molécules. Toutes les molécules sont utiles sans aucun doute mais le phénobarbital parait un peu vieillot et d’autres choses sont prescrites aujourd’hui ...

  • a1eatoire
    a1eatoire
    Lecteur
    • Posté à 14h07 le 03/04/2011
    • Internaute 151219
      Lecteur

    J’ai du mal à sauter au plafond pour une étude in vitro sur cellules animales. Le passage à l’animal, puis à l’homme, la corrélation des résultats biochimiques à un effet physiologique et un intérêt clinique ainsi que son innocuité sont autant d’étapes pouvant enterrer cette hypothèse.

    Du coup, je suis perplexe quant-à l’intérêt de la vulgarisation de ce genre d’info. L’extrapolation de données biochimiques à une réelle efficacité clinique est souvent à l’origine de médiatisation dont les vendeurs de rêve sont friands pour nous confectionner un nouveau complément alimentaire. Un grand nombre d’allégations des compléments alimentaires est basé uniquement sur des résultats biochimiques extrapolés.

    L’exemple du traitement curatif ou préventif contre le VIH est parfait de la dérive de ce genre de médiatisation. J’ai le sentiment qu’il est 5 à 10 ans trop tôt pour vulgariser ça. Un grand nombre de labo explorent des idée géniales dans le genre dont on n’entendra finalement jamais parler.

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