Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

L'entreprise au secours des classes prépas littéraires ?

Desir
Chercheurs et consultants en innovation
Publié le 31/03/2011 à 11h05

Alors que les futurs bacheliers commencent dès à présent à être confrontés aux choix angoissants de leur orientation dans l’enseignement supérieur, la filière littéraire apparaît de plus en plus boudée.

Trop coupée du monde de l’entreprise, n’assurant pas assez de débouchés car dévalorisée dans le monde du travail, serait-elle vouée à disparaître ?

A la pointe de ces filières, la classe préparatoire littéraire en est tout à fait symptomatique, puisqu’elle propose des enseignements d’excellence tout en offrant cependant peu de débouchés.

Les élèves littéraires, très appréciés dans le monde du travail

D’où un effort constant ces dernières années pour les dépoussiérer et les moderniser. Car le littéraire n’est pas obsolète, affirme Patrice Corre, proviseur d’Henri IV :

« Au contraire, il est plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui, les entreprises ont à traiter des problématiques complexes, dont les aspects scientifiques, humains, culturels, sont étroitement liés, et où l’on réclame des personnes capables d’assumer des responsabilités et de prendre des décisions réfléchies. Voilà tout à fait le profil des étudiants en classes préparatoires littéraires ! »

Pour preuve, les grandes écoles de commerce ouvrent de plus en plus leurs portes aux élèves littéraires, qui sont très appréciés dans le monde du travail.

Et il poursuit son argumentation en citant des anciens élèves de classe préparatoire littéraire qui ont fait une carrière brillante dans l’entreprise. A commencer par Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rotschild, puis Jérôme Monod, PDG de la Lyonnaise des eaux, Denis Olivennes, ancien PDG de la Fnac... Les exemples sont nombreux, assure Patrice Corre :

« Il le sont sans doute encore plus dans les pays anglo-saxons où l’on n’hésite pas à devenir patron d’entreprise après avoir écrit une thèse de théologie. »

Une banque commune d’épreuves

La réforme des classes préparatoires littéraires date déjà de quelques années. Lancée en 2005, elle instaurait un tronc commun indifférencié en première année (appelée hypokhâgne), pendant laquelle tous les élèves doivent faire de la culture antique, des langues anciennes, de la géographie et deux langues vivantes. La spécialisation n’intervient qu’en deuxième année (khâgne) entre une formation classique qui prépare à l’Ecole Normale de la rue d’Ulm à Paris et une formation moderne qui prépare à celle de Lyon.

Deuxième innovation majeure, le rapprochement des deux concours à l’écrit. Au prix de quelques aménagements des épreuves, les élèves peuvent désormais être admissibles aux deux écoles en passant le même concours, avec seulement quelques épreuves différenciées. L’oral reflète ensuite les particularités de chaque école.

Mais le changement le plus important est sans doute celui qui est actuellement en cours, à savoir la création d’une banque commune d’épreuves qui permet aux élèves de postuler dans de nombreuses grandes écoles en passant le même écrit. En septembre dernier, un accord s’est fait entre le ministère de l’Education nationale, les trois Ecoles normales supérieures (Lyon, Ulm et Cachan), et un grand nombre d’écoles de commerce, sans compter le Celsa et plusieurs instituts de traduction et d’interprétariat, pour instaurer une banque commune d’épreuves.

« Le but est de s’approcher de la situation des classes préparatoires scientifiques ou commerciales, qui préparent à un concours de répartition et non de sélection. Mais bien sûr, on n’en est pas encore là », rappelle Patrice Corre. Il déplore à ce propos l’attitude de certains IEP, notamment celui de Paris, qui refusent d’entrer dans la banque d’épreuve.

Des stagiaires ouverts, travailleurs et sérieux

Au lycée Chaptal, à Paris, une innovation très intéressante a également été mise en place : les élèves de classe préparatoire littéraire peuvent obtenir des conventions de stage pendant les vacances d’été. Madame Mimouni, professeur de littérature, et Marie-José Louveaux, professeur de géographie, m’expliquent qu’un suivi du stage est procuré aux élèves, qui sont de plus en plus nombreux à choisir de découvrir le monde du travail pendant l’été, que ce soit dans le commerce, l’édition, le journalisme... « Les retours sont gratifiants », affirme-t-elle :

« Les qualités des khâgneux sont vantées par leurs maîtres de stage, qui approuvent leur ouverture d’esprit, leur capacité de travail et leur sérieux. »

Pour les deux professeurs, ce suivi est l’occasion de se rendre compte que les résultats obtenus en prépa ne déterminent pas nécessairement la réussite d’une carrière :

« De nombreux élèves qui éprouvaient des difficultés en cours ont fait par la suite une carrière brillante dans des secteurs très variés. »

Des stages empêchés par des contraintes juridiques

Narissa Ngassaki, ancienne élève de Chaptal et maintenant étudiante en école de commerce, souligne les bienfaits qu’un stage peut apporter aux khâgneux.

« Il leur permet de prendre connaissance des débouchés existants, de construire un projet, de se projeter dans l’avenir, mais aussi de diminuer la pression parfois insupportable des concours. »

La jeune fille, qui a pris en charge, avec quelques amis, le réseau des anciens de la classe préparatoire littéraire de Chaptal, souligne également l’importance des témoignages d’anciens élèves, qui aident à forger des projets et à les réaliser.

Néanmoins, les lycées restent handicapés par des contraintes juridiques, qui les font souvent renoncer à signer des conventions de stage en classe préparatoire. C’est ce que m’explique Patrice Corre, qui souhaite vivement mettre en place ce système à Henri IV mais dit se heurter à une réglementation ambiguë.

« Le problème réside dans les risques d’accident du travail. La législation est encore confuse et n’autorise pas clairement les classes préparatoires à signer des conventions de stage. »

Espérons que cette carence ne sera que provisoire et que l’exemple de Chaptal sera suivi par d’autres. Espérons aussi que la modernisation des classes préparatoires contribuera à revaloriser des études littéraires dont la société a encore besoin.

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  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 11h21 le 31/03/2011
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    « L’entreprise au secours des classes prépas littéraires ? »

    Répétez après moi : je suis une prostituée, tu es une prostituée, il est une prostituée, nous sommes des prostituées...

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 12h24 le 31/03/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    L’article commence sur une généralité concernant la bouderie des classes littéraires et finit le § sur les classes prépa .
    Combien de petits qui auront le bac L, vont arriver là ?
    C’est facile de montrer ce qui fonctionne...à haut niveau tout fonctionne !
    Le problème c’est le niveau en dessous et celui qui est en dessous du dessous.
    De toute manière, 5 millions de chômeurs et autant de travailleurs pauvres , notamment chez les jeunes en regard des quelques surdiplomés ne fait pas une nation : cela fait tôt ou tard des révoltes.. ; ; et des élites qui passent à l’échafaud .

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 12h37 le 31/03/2011
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Nous sommes bien placés pour constater les ravages des écoles de commerce et de tout ce qui y ressemble : le sarkozysme en déroute (qui crache sans honte en ricanant sur la Princesse de Clève et fredonne les mélodies de Barbelivien en plaçant Christian Clavier en haut de l’ échelle des valeurs ) est le triomphe de l’ esprit d’ entreprise et de l’ inculture qui n’ a conduit qu’ à la vente à la découpe de la richesse nationale à une poignée d’ affairistes qui se nourrissent sur la bête. Qui sont ces consultants et ces chercheurs du groupe Désir qui semblent ne rien avoir compris ? L’ entreprise -comme les autres organisations- se nourrit de têtes bien faites et de personnalités trempées pas de comptables sortis de prépa financées par papa et maman qui récitent tous même le catéchisme avant de finir pour la plupart chef de rayon.

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 12h59 le 31/03/2011
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Dès lors que la filière littéraire redevient élitiste car boudée par les boulets, il est normal que les entreprises s’intéressent aux élèves qui en sont issus. Aucune surprise là-dedans.

    • Sowinski
      Sowinski répond à Hulk
      • Posté à 17h24 le 31/03/2011
      • Internaute 45555

      Il est étonnant qu’il n’y ait pas encore d’écoles fictives, avec un concours « hyper dur » « hyper sélectif » et zéro enseignement derrière. Ce serait un plan business assez rentable.

      Après tout, ce qui compte, c’est la sélection. Et peu importe les méthodes de sélection, tant que le filtre est étroit, et qu’à la fin on se retrouve avec des bourgeois (sinon c’est pas crédible).

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 13h00 le 31/03/2011
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Je comprends pas bien l’intérêt d’organiser des stages en classe prépa. S’il y a des débouchés qui sont inconnus des élèves c’est au centre d’orientation et aux profs d’y remédier.
    Les classes préparatoires sont préparatoires. Il doit y avoir un « après ».

  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 13h25 le 31/03/2011
    • Internaute 30191
      non connue

    Ce qui est navrant c’est que les débouchés gratifiants socialement, soient tjrs des écoles de commerce...

    • Yp2
      Yp2 répond à A déménagé le 16-01-2012
      Sale gauchiste d'IEP
      • Posté à 14h31 le 31/03/2011
      • Internaute 71496
        Sale gauchiste d'IEP

      Pas forcément. Il y a aussi les IEP (les Sciences Po), mais pour avoir fait une hypokâgne je sais qu’il ya pas mal de profs qui rechignent à considérer ces débouchés... parcequ’à leurs yeux seuls Ulm, Lyon et l’Agreg sont dignes d’intérêt. J’ai vu des modules de préparation aux IEPs être plus ou moins sabordés d’avance par la définition de leur programme. Bref, vive le dépoussierage par une nouvelle génération de profs !

      La prépa littéraire est une bonne formation, mais elle n’a plus rien à voir avec la prépa des années 60, et ça certains ont visiblement du mal à l’accepter...

      • A déménagé le 16-01-2012
        A déménagé le 16-01-2012 répond à Yp2
        non connue
        • Posté à 17h39 le 31/03/2011
        • Internaute 30191
          non connue

        Je trouve simplement navrant que tous les humanistes disparaissent parcequ’avalés par l’air du temps qui est au profit et au marketing.C’est plus qu’un dépoussierage (utile certes ...) c’est une destruction pure et simple.

         
        • Yp2
          Yp2 répond à A déménagé le 16-01-2012
          Sale gauchiste d'IEP
          • Posté à 17h52 le 31/03/2011
          • Internaute 71496
            Sale gauchiste d'IEP

          Quand je parle de dépoussierage, je parle des nouveaux profs qui proposent autre chose qu’un échec probable à 90% à Ulm , LSHS ou Chartes B. La sensation de bosser comme des fous pour aller dans le mur participe aussi je pense au fait qu’au final de plus en plus de khâgneux (ou d’étudiants en prépa plus généralement) se tournent vers les écoles de commerce qui leur promettent un emploi sûr, très bien payé et l’affreux statut de « manager » (beuark).

          Il existe bien d’autres formations qui sont plus propices à rendre utiles ses connaissances en histoire, langues, philo, géo, culture antique, etc, sans tomber dans ces usines à propagande du capitalisme débridé.

        • Yp2
          Yp2 répond à A déménagé le 16-01-2012
          Sale gauchiste d'IEP
          • Posté à 17h53 le 31/03/2011
          • Internaute 71496
            Sale gauchiste d'IEP
        2 autres commentaires
  • vik75
    • Posté à 14h37 le 31/03/2011
    • Internaute 89761

    je suis moi même un littéraire qui en plein buzz sur les littéraires en entreprises a fait le chemin de l’école de commerce car désireux de m’ouvrir d’autres portes.J’ai même été accepté dans une IAE ( les écoles de commerce des université) dans un domaine proche de ma spécialité ( j’ai une maitrise d’histoire sur l’asie)......Le résultat fut catastrophique : je me suis noyé car complètement dépassé : out en analyse financière etc...bref, je ramais pour ne pas couler au bon de trois mois, j’étais carbonisé...burn out total...

    on dit « »« les littéraires sont appréciés en entreprise » mais pour quel job ? jamais cela est précisé...

    pour ma part, un littéraire n’ a rien à faire en entreprise tant nos connaissances et compétences acquises ne servent à mes yeux dans une entreprise....

    Lien

    • mewtow
      mewtow répond à vik75
      • Posté à 20h07 le 31/03/2011
      • Internaute 138470

      Et bien, les « littéraires » sont tellement déconsidérés sur la marché du travail qu’on cherche carrément à sa voiler la face.
      On préfère « aller au secours du faible » plutôt que se rendre compte que les classes littéraires sont véritablement un frein à l’emploi et à la poursuite d’études autres que littéraires.

      Rassurez-vous, même chose pour les filières technologique et professionnelles. Qui sont elles aussi touchées plus que les autres par le chômage ou les boulots mal payés et peu gratifiants.

      On préfère les garder alors que leur utilité est de plus en plus mince, et on donne quelques espoirs à leur membres, en disant : « les littéraires sont bienvenus en entreprise ».
      Mouais...Quelles sont les compétences qu’un littéraire peut utiliser en entreprise ?
      Ne me sortez pas qu’ils sont capables de mieux réfléchir. Oui, un littéraire çà réfléchit différemment. Mais certainement pas mieux !
      Ne me sortez pas plus grande sensibilité ou humanité. Étudier des textes littéraires, ça n’aide pas à devenir plus humain.

  • jm gruget
    jm gruget
    dans le bois
    • Posté à 16h08 le 31/03/2011
    • Internaute 150693
      dans le bois

    Un article intéressant qui nous apprend que l’on peut envisager certes, des études de haut niveau en littérature, mais à la condition expresse que l’étudiant ainsi formé n’envisage surtout pas ensuite d’exercer dans ce domaine.

    Etrange conception des études.

    Il serait plus rapide de noter que dans le règne du tout rentable, l’enseignement de la littérature, plus globalement la formation aux Arts, ne se concevant que dans la perspective d’être monnayé sur le marché du travail, est donc condamné à disparaître à très court terme.

    C’est effectivement une question de logique, celle du Marché, elle est impitoyable avec une usine qui ne rapporte pas suffisamment de cash, alors pour un centre d’étude de poésie médiéval....

    Il serait également peut être plus sérieux d’indiquer que cette fin inéluctable de la filière est due à l’extinction progressive des emplois publics, la RGPP qui, de fait assèche le vivier principal permettant un certain éco-système culturel non rentable.

    Des filières vont fermer, des savoirs se perdre, des langues disparaître définitivement alors qu’elles continuaient à se murmurer plusieurs siècles après le décès de leur dernier locuteur, et ce au nom de la rentabilité immédiate, à court terme bien évidemment.

    En bref, ce que deux conflits mondiaux avec génocides industriels, précédés de plusieurs dizaines de siècles de massacres divers et variés n’a pu anéantir, ne résistera pas à une trentaine d’année de règne de la secte libérale.

    On peut saluer la performance.

    Au Marché, la barbarie reconnaissante.

    • Schrödinger
      Schrödinger répond à jm gruget
      Poli et gentil. Très rue89.
      • Posté à 16h34 le 31/03/2011
      • Internaute 41709
        Poli et gentil. Très rue89.

      « éco-système culturel »

      Très bonne expression... Et quelles en seraient les abeilles, pollinisatrices et fécondes ?

      • jm gruget
        jm gruget répond à Schrödinger
        dans le bois
        • Posté à 16h42 le 31/03/2011
        • Internaute 150693
          dans le bois

        L’impôt du citoyen qui considère qu’il n’y a pas que le Marché qui mérite d’être soutenu, mais, par exemple également notre histoire, notre culture, ce qui nous fait différent mettons, du vulgum managérius commun vers quoi le modèle actuel tend pour le plus grand bonheur des producteurs d’iphone et de programme de téléréalité.

         
        • damienl
          damienl répond à jm gruget
          Chercheur
          • Posté à 17h12 le 31/03/2011
          • Expert 101560
            Chercheur

          Est-ce le citoyen ou l’impôt qui considère qu’il n’y a pas que le marché ?

          Si c’est le citoyen, il me semblerait plus juste d’encourager le mécénat, même à petite échelle. Je ne suis pas sur que la personne qui a du mal à payer ses factures à la fin du mois est très heureuse de savoir que l’argent des impôts va à l’étude d’écrits de XIVe siècle dans une perspective post-moderne.

          Je suis 100% d’accord qu’il n’y a pas que ce qui est rentable dans la vie mais cela ne veut pas non plus dire que l’impôt devrait tout financer ! Si, comme vous le dites et je l’espère, il y a un bon nombre de personnes qui s’intéressent à une problématique et voudraient qu’elle soit étudiée, il devrait bien y avoir un moyen d’organiser un financement volontaire...

          • mewtow
            mewtow répond à damienl
            • Posté à 20h17 le 31/03/2011
            • Internaute 138470

            D’accord avec vous sur un point : il n’y a pas que le marché et le travail dans al vie.

            Mais je rajouterais que croire que la littérature et les arts sont un bien fondamental, utile, ou quoique ce soit d’autre, non !

            Ce sont des divertissements, des loisirs, rien de plus. Alors faire des filières scolaires pour çà...

          • jm gruget
            jm gruget répond à damienl
            dans le bois
            • Posté à 12h14 le 03/04/2011
            • Internaute 150693
              dans le bois

            L’impôt n’est pas « spoliatif » par nature.
            C’est une redistribution des richesses qui devrait avoir pour but l’équité.

            De plus, son utilisation (de l’impôt) est discutée -normalement- par la représentation nationale, issue du suffrage. Le citoyen décide donc avant les élections et en fonction du programme quel sera l’usage de sa contribution, il n’y a donc pas d’arnaque :

            Pour le mécénat, il ne peut, par définition, qu’être celui des classes riches, des entreprises.

            La question se pose donc de savoir si nous désirons une culture limitée à celle des sphères de pouvoirs, ignorant le peuple.

    • mewtow
      mewtow répond à jm gruget
      • Posté à 20h13 le 31/03/2011
      • Internaute 138470

      Mouais.

      Supprimer des filières littéraires ne serait pas forcément un mal.
      Ça ne tuera pas la langue, ni la culture. Quand aux savoirs littéraires qui seraient susceptibles de se perdre, je suis sceptique.

      La littérature, telle qu’enseignée, çà consiste à interpréter et surinterpréter des textes littéraires, à apprendre à faire un plan en trois parties, et avoir une certaine façon de s’exprimer, une certaine éloquence. Aucun savoir, aucune culture.
      Perdre çà, je trouve que çà serait plutôt positif, marché ou pas.

      • egide
        egide répond à mewtow
        Littéral
        • Posté à 22h45 le 01/04/2011
        • Internaute 45067
          Littéral

        L’ignorance à ce point bavarde concernant la littérature et la culture en général est tout simplement consternante.

        C’est du Flaubert digne du Dictionnaire de la Bêtise  :
        Les études littéraires  : Tonnez contre, ça ne sert à rien, la preuve quand on les supprime, personne ne s’aperçoit de rien.
        En plus les diplômés en littérature ne trouvent pas d’emploi.

        J’adore les leçons des çons au coin du bois.

      • jm gruget
        jm gruget répond à mewtow
        dans le bois
        • Posté à 23h11 le 02/04/2011
        • Internaute 150693
          dans le bois

        La littérature, c’est aussi le rêve, des possibilités, des révoltes.

        Une bibliothèque est une gare centrale ouverte sur les horizons.

        Si vous passez à coté sans y entrer, croyez-moi, c’est vous qui y perdrez.

  • dob
    dob
    • Posté à 17h12 le 31/03/2011
    • Internaute 40886

    Et pourquoi pas « les classes prépas littéraires au secours de l’entreprise » ?

    Pas le temps de développer mes thèses sur tout le bien que je pense des khâgneux, mais ils ont un vrai plus à apporter, une vision moins technique mais plus globales, moins économique et plus humaine peut-être, rêvons un peu !

    Un peu déçue cependant par l’article qui zappe totalement les prépas B/L. Cette prépa offre de solides bases en sciences humaines et sociales (lettres et philo donc, mais aussi histoire, géo, langues et surtout sociologie et économie... avec un peu de math), c’est à mon sens la plus adaptée pour comprendre le monde d’aujourd’hui dans ses multiples dimensions.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h58 le 31/03/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    on réclame des personnes capables d’assumer des responsabilités et de prendre des décisions réfléchies. Voilà tout à fait le profil des étudiants en classes préparatoires littéraires !
    Une blague si drôle que je m’en suis pissé dessus de rire.
    Ok, on va pas parler des talents réels d’un type en littéraire, mais je vois vraiment pas en quoi sa filière lui donne de meilleures compétences là dedans qu’un mec qui suit une formation scientifique ou technique.

    on n’hésite pas à devenir patron d’entreprise après avoir écrit une thèse de théologie.
    Forcément, car si on est pas son propre patron, personne n’embauchera un mec avec un diplôme comme ça. Ou alors c’est pas pour le diplôme.

    Faut arrêter de rêver, c’est des diplômes qui servent juste à crever de faim.

    Mon ex est non seulement dans cette filière, mais en plus à haut niveau, et malgré le fait qu’elle ait un doctorat, elle ne trouve pas de boulot. Mais c’est un doctorat en littérature...
    Enfin si, elle trouve des boulots, des boulots pourris, au mieux des tafs qui s’obtiennent avec cinq ans d’études en moins (donc merci papa-maman / les contribuables).

    Et pas qu’elle, mais tous ces camarades et confrères sont dans la même misère, ils se raccrochent à la joie de savoir qu’un sur quatre a un boulot pas trop merdique.
    Et quand ils trouvent du taf, ils dépriment, parce qu’ils bossent sur des trucs qui ne les intéressent pas et ne correspondent pas du tout à ce qu’ils voulaient faire.

    Se retrouver à vendre du pétrole quand on a passé huit ans à devenir docteur en ethnologie et aimer les indiens d’Amazonie, ça tue le moral.
    Et oui, c’est ça l’ethnologue moderne : il peut utiliser tout ce qu’il sait sur les tribus que l’on extermine pour en faire du marketing prétendant le contraire.

    Mais du coup ça n’est pas une mauvaise idée que de permettre à ces types de gouter au monde réel au début de leurs études et donc de pouvoir mieux choisir la suite.
    Même si on sait bien ce qu’est un stage, c’est toujours mieux que de n’avoir que l’avis de profs qui ne sont pas du tout objectifs car ils défendent leur steak.

    • mewtow
      mewtow répond à Keldan
      • Posté à 20h26 le 31/03/2011
      • Internaute 138470

      Ok, on va pas parler des talents réels d’un type en littéraire, mais je vois vraiment pas en quoi sa filière lui donne de meilleures compétences là dedans qu’un mec qui suit une formation scientifique ou technique.

      En France, l’« inconscient collectif », le mode de pensée dominant considère que le littéraire est plus apte à réfléchir, penser différemment, est plus humain, plus juste , plus droit.

      D’ailleurs on appelle les études en littératures et autres domaines, les humanités. Et ces humanités, on a décidé d’appeler cela culture. En zappant complétement les autres formes de culture.
      En gros, seuls les littéraires ont de l’humanité, sont des sages...

      C’est tellement faux qu’au fil du temps, c’en est devenu vrai.

      Résultat : regardez la culture scientifique d’un français moyen, c’est pire qu’une catastrophe.
      Rien qu’un truc comme le nombre d’or, sa représentation en fraction continue, ou d’autres chose, comme le paradoxe de zenon, et la suite 1 + 1/10 + 1/100... Inconnu. Pourtant, je suis le premier à considérer cela comme de la culture, et de la culture plus importante que de simples romans, fussent-ils écrits par du Voltaire.

      • DenGH
        DenGH répond à mewtow
        Etudiant
        • Posté à 02h22 le 01/04/2011
        • Internaute 145785
          Etudiant

        Tout à fait d’accord sur la culture scientifique, rien qu’avec l’outil statistique indispensable pour décrypter les centaines de chiffres que l’on nous assène chaque jour.

        Par contre, la culture littéraire du « français moyen » n’est pas beaucoup plus développée. Rien que l’orthographe (voir les multiples commentaires sur la Rue) et la grammaire ne sont même pas acquises au plus « haut » niveau. C’est en tant qu’étudiant en école d’ingé, après une prépa maths, que je soutien que Voltaire est bien plus que du « divertissement ». Et il ne s’agit pas, à mon sens, d’une sorte de méthode Coué.

        Ces deux champs de pensée ne sont pas opposables. Platon, Aristote, Pythagore, Averroès, Descartes, Pascal, Poincaré en sont des démonstrations. Ils se complètent, s’éclairent l’un l’autre.

        La dévalorisation des sciences est la même que subissent les lettres. Les matheux purs ont aussi des difficultés dans le monde de l’entreprise (plus ou moins ? je n’en sais rien). On cherche leur « rentabilité », au lieu d’y voir une sorte de citoyenneté, d’humanité. Après le pédantisme que l’on voit chez beaucoup de « lettrés », il y en a aussi chez les « matheux », et ça aussi c’est humain...

      • Keldan
        Keldan répond à mewtow
        Now future & karpe diem
        • Posté à 09h54 le 01/04/2011
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Moi être mauvais français, moi connaitre Zénon le paradoxe et le xénon le gaz mais moi avoir jamais lu Voltaire : D

      • egide
        egide répond à mewtow
        Littéral
        • Posté à 00h39 le 04/04/2011
        • Internaute 45067
          Littéral

        C’est tellement faux qu’au fil du temps, c’en est devenu vrai.
        hi hi hi hi ...
        et de la culture plus importante que de simples romans, fussent-ils écrits par du (sic) Voltaire.
        À se pisser dessus,tellement ça ne veut juste rien dire. Alors, le paradoxe de Zénon, je crains le pire.
        L’étroitesse de cervelle, à ce point ça frise l’indécence  !

        Et celle-ci, une définition à la diable dont on se demande où a-t-on pu trouver une telle ineptie  :
        on appelle les études en littératures et autres domaines (sic), les humanités. Et ces humanités, on a décidé d’appeler cela culture.

        Dans les études de l’OCDE, des littéraires humanistes sans doute, des voltairiens, ont trouvé que les élèves français ne brillaient pas vraiment par leur compétence dans la compréhension des textes qu’ils lisent.

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