En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

Scénaristes d'Hollywood : une grève pour changer d'ère

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 16/02/2008 à 12h30

Une industrie de l’entertainment qui fonctionne à flux tendu, tout comme l’automobile. Des scénaristes qui travaillent sur des documentaires, des fictions, des soap operas, mais aussi sur les talk shows. Bref, des auteurs qui sont au cœur du système mais qui auront dû se lancer dans une grève de longue haleine pour obtenir gain de cause.

Quatorze semaines de grève. Pour pallier la panne de programmes, les producteurs auront choisi différentes stratégies. Rechignant à rediffuser des épisodes des feuilletons et des séries, les networks ayant annoncé qu’ils mettraient un terme aux séries dont l’audience déclinait, des œuvres jamais diffusées sont ressorties des placards.

Certains shows ont été écrits durant la grève, soit par les producteurs eux-mêmes, soit par des membres de la guilde des scénaristes qui se seraient laissés tenter par des émoluments conséquents, les piquets de grève étant difficiles à mettre en place sur Internet...

Ces scénaristes de fortune ont pu travailler d’autant plus aisément qu’ils disposaient de la bible des séries, c’est-à-dire d’un document qui rassemble l’ensemble des éléments qui constituent la trame des épisodes à venir.

La téléréalité, grande gagnante de la grève

Grandes gagnantes de la grève, les émissions de téléréalité ont rempli les grilles désertées par les séries interrompues. Sur NBC, « The Biggest Loser » , « The Apprentice » , et sur ABC « Supernanny » et « Wife Swap » , ont fait un carton.

Ben Silverman, co-chairman de NBC Entertainment déclarait il y a peu au New York Times, fort de cette expérience, qu’un tournant en faveur des programmes non écrits était à prévoir, ne serait-ce que du fait que le coût horaire de ce type de programme est en moyenne de moins de 2 millions de dollars quand un feuilleton en coûte au bas mot 3 millions. Et d’ajouter : « Il en va aussi de la démographie. Les jeunes préfèrent la télé réalité. »

Quatorze semaines de grève, donc. L’industrie de la télévision et celle du film auraient perdu quelques 2 milliards de dollars du fait de la grève ; les petites structures auraient particulièrement souffert. Toute une armée d’employés s’est retrouvée au chômage technique, se voyant ainsi en victime collatérale d’un conflit auquel elle n’avait rien à gagner.

L’enjeu de la grève, c’était la révision des contrats qui lient les scénaristes, les producteurs, les majors du film et les networks de télévision. C’était la négociation d’un contrat d’un type nouveau qui offrirait un modèle pour la rémunération de l’exploitation des œuvres sur support numérique. Les scénaristes cherchaient sans doute aussi une revanche face à l’échec de la grève de cinq mois qui avait accompagné la renégociation de leurs contrats en 1988, sans avancée significative.

Les scénaristes en partie rémunérés au pourcentage

Le nouveau contrat signé entre les producteurs et les scénaristes prévoit une hausse des revenus de ces derniers de 3 à 3,5% par an. David J. Young, directeur exécutif de la Guilde des scénaristes, considère surtout comme « une énorme victoire » le fait d’avoir obtenu que les scénaristes touchent un pourcentage des revenus (certes faible : 1,2%), et non une somme forfaitaire, sur l’exploitation de leurs œuvres en streaming sur Internet.

Sont notamment concernés les programmes diffusés gratuitement mais auxquels sont associés des revenus publicitaires. D’un côté, les compagnies souhaitaient que soit définie une période au cours de laquelle elles pourraient proposer ces programmes sans acquitter de rémunérations additionnelles. De l’autre côté, les scénaristes se battaient pour être rémunérés au pourcentage dès la première diffusion. Ils ont gagné cette bataille.

Il est intéressant de noter qu’une des préoccupations centrales des grévistes, c’était de ne pas sous-estimer Internet comme source potentielle de revenus, même si elle demeure encore très marginale. Il est vrai qu’il y a une vingtaine d’années, ils avaient fait cette erreur, négligeant de négocier une rémunération significative de la vidéo, parce qu’ils en avaient déjà sous-évalué le potentiel.

Le passage de l’analogique au numérique

La grève des scénaristes marque ainsi le passage d’un monde, celui de l’analogique, celui de notre vieille bonne télévision, vers le monde numérique. C’est le constat que le nouveau mode de consommation de la télévision, en différé, sans considération de la grille de programmes, est appelé à prendre le pas sur l’ancien.

Comme l’écrit Scott Collins, du Los Angeles Times, l’approche de la cérémonie des Oscars, qui doit avoir lieu le 24 février, a joué un rôle décisif dans le dénouement de la grève.

Mais Hollywood n’est pas en paix pour autant : la Guilde des acteurs, pointe à son tour son nez et rappelle que les contrats des 120 000 acteurs qui la composent expirent dans moins de quatre mois, et qu’il serait bon de ne pas risquer une nouvelle grève tout aussi ravageuse. La menace est prise au sérieux ; elle a conduit les studios à tenter d’achever dans l’urgence les films en cours de tournage.


Dessin : Clément de Gaulejac

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  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 12h40 le 16/02/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Ce qui montre que, bien organisé autour d’un syndicat puissant, un groupe de personnes peut faire plier des industries parmi les plus riches du monde.

    En France, le milieu du spectacle n’est pas aussi organisé. Donc, il n’auront rien.

    Lien

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à DidierB63
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 17h27 le 18/02/2008
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      C’est exact, et pour tout dire on se fait tondre.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h56 le 16/02/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Horreur , malheur : Ca va recommencer , tous ces films absurdes avec Tom Cruise ! Tous ces Spielberg débiles avec des « happy end » ! Toutes ces séries immondes avec chronos , experts et vielles peaux ! Tous ces rires en boites qui sortent des murs en carton ! Tous ces bons mots à chier des animateurs TV américains à moustache !

    La machine a bêtise se remet en marche !

    • La Grenouille
      • Posté à 14h47 le 16/02/2008
      • Internaute 30444

      On peut ne pas aimer tous ces contenus audiovisuels mais la critique est caustique.
      Je ne la partage pas systématiquement, pourtant j’ai bien ri !

      ************

      Sinon j’avais cru comprendre que le système de rémunération des scénaristes via des « residuals » était assez complexe (que finalement ce n’était pas forcément la majorité de leurs revenus) et qu’un certain nombre de scénaristes (en gros ceux qui ont déjà pignon sur rue) faisaient cette grève uniquement pour s’en mettre plein les poches (avec les studios, les acteurs, les annonceurs etc...)...

      Merci de m’éclairer !

    • Sylvain Cailleux
      Sylvain Cailleux répond à Numerosix
      assistant-réalisateur
      • Posté à 16h17 le 16/02/2008
      • Internaute 31508
        assistant-réalisateur

      Vous avez parfaitement raison !
      Mieux une bonne dose de télé-réalité (qui n’a de réel que l’indigence de son intérêt)...
      Heureusement que le cinéma américain (et l’audiovisuel en général) ne se limitent pas à vos exemples particulièrement subjectifs et surtout inexacts.
      Je vous rappelle que Tom Cruise a, entre autre, participé à des films variés et non-dénués d’intérêt, tels que « Né un 4 juillet » d’Oliver Stone ou « Lions et Agneux » de Robert Redford, « Collatéral » de Michael Mann, « Magniolia » de Paul Thomas Anderson, « Eyes Wide Shut » de Stanley Kubrick, « la Couleur de l’Argent » de Martin Scorcese, etc... Sans parler de son rôle de producteur pour des films où il ne joue même pas et ne peut donc être taché de vouloir flatter son égo démesuré. La liste est encore longue et ne se limite pas à « Cocktail », « Top Gun », « Jour de Tonnerre » et « Mission : Impossible ». Et je me contenterai ici de ne parler que des films déjà sortis et pas des projets en cours.
      Quant à Steven Spielberg, je ne saurais être objectif sur le sujet (et n’essayerai même pas) et me contenterai de vous rappeler qu’il est le réalisateur de « Munich », un film dont la fin, si elle est un happy-end, ne m’a pas particulièrement aidé à avoir le coeur léger...
      Pour en revenir à votre propos, vous réduisez la création audiovisuelle à quelques exemples médiatiques alors que sa diversité se montre bien plus vaste que la création... française.
      Entre achat de programmes prêts à diffuser ou vulgaires plagiats des succès du moment, on ne peut pas dire que la création française soit très prolifique.
      Et quand des projets originaux, qui sortent un peu de la norme étriquée dictée par les chaînes de télévision, tentent une percée (« Eden Log » de Franck Vestiel, pour ne citer que celui-là, mais les exemples sont nombreux), ils sont purement et simplement sacrifiés sur l’autel de la distribution (il n’est, à l’heure actuelle, projeté que dans 1 seule salle en France) au nom d’une certaine conception bien-pensante qui sait ce que désire le public... Et nous en sommes gavés jusqu’à la lie.
      Alors vous pouvez toujours critiquer l’audiovisuel américain dans son ensemble avec vos critiques lapidaires.
      Pour ma part, je lui suis reconnaissant de m’avoir donné tant de moments de joies, de peurs, de passions, de rires, d’enthousiasmes et de rêves, ainsi que l’envie d’en faire mon métier que je n’échangerais pour rien au monde.

      P.S : une dernière note, je vous rappelle que vous devez votre pseudonyme à cette « machine à bêtise »...

      • Numerosix
        Numerosix répond à Sylvain Cailleux
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h35 le 16/02/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        C’était anglais ,et c’était il y a quarante ans le Prisonnier , hé ho ! En plus , ils n’ ont pas encore réussi a en tourner un remake ( avec Tom Crouitch ! ? ?) , parce que l’ auteur les fait trop chier , justement ..

        Sinon , vous n’ avez pas complètement tort , bien sur ..

        Cordialement

         
        • Sylvain Cailleux
          Sylvain Cailleux répond à Numerosix
          assistant-réalisateur
          • Posté à 19h40 le 17/02/2008
          • Internaute 31508
            assistant-réalisateur

          Argh ! Je crois donner des leçons et je me prends les pieds dans le tapis de mon inculture.

          Vous avez tout de même l’élégance de reconnaître que j’ai raison sur tout le reste. ; p

          J’en fais donc autant.

          Mea culpa maxima.
          (précisons juste que je n’étais pas né au moment des faits et que je n’ai même pas la télévision...)

          Cordialement

        1 autres commentaires
      • DBL8
        DBL8 répond à Sylvain Cailleux
        Retraité
        • Posté à 08h37 le 17/02/2008
        • Internaute 19562
          Retraité

        Que pensez-vous de la secte « la scientologie » Il me semble que vous en êtes un familier à la lécture de vos propos.

         
        • Sylvain Cailleux
          Sylvain Cailleux répond à DBL8
          assistant-réalisateur
          • Posté à 13h28 le 17/02/2008
          • Internaute 31508
            assistant-réalisateur

          Que pensez-vous de la « bêtise humaine » qui consiste à faire des amalgames ? Il me semble que vous en êtes familier à la lecture de vos propos.

          Même si mon opinion sur cette organisme sectaire, et dont je méprise l’organisation, les méthodes et ceux qui en profite mais pas les membres qui en sont victimes ou leur croyances, ne regarde que moi ; pensez-vous qu’un tel débat ait sa place ici ?

          Croyez-vous, parce que j’estime qu’il y a, dans les carrière de Tom Cruise, de John Travolta, de Forest Whitaker et tant d’autres, des choses dignes d’intérêt, que j’adhère à tous ce qu’ils disent, pensent ou font ?

          Et vous ? Est-ce que vous appréciez une oeuvre d’art ou de divertissement en fonction des opinions politiques, religieuses, les orientations sexuelles ou l’ethnie de ceux qui y ont participé ?

          Non, définitivement, monsieur, ce débat-là n’a pas sa place ici, mais plutôt dans la catégorie de la discrimination, des préjugés et de la manière dont il faut combattre de tels fléaux.

          Une dernière chose, monsieur le retraité, si vous tenez à exprimer vos opinion si tranchées, faites-le donc à visage découvert et non pas caché derrière un pseudonyme.

          Cordialement.

          • Colonel Fabien
            Colonel Fabien répond à Sylvain Cailleux
            www.get_anxious.com
            • Posté à 13h41 le 17/02/2008
            • Internaute 31416
              www.get_anxious.com

            Parfaitement !
            Non mais qu’est-ce que c’est que ces idées ?
            Imaginez qu’on vous réserve le même sort, « monsieur le retraité » (j’adore !).
            Ainsi donc, tout ce que vous auriez pu faire de votre vie serait jugé à l’aune de vos opinions ?
            Vous allez me rétorquer que « c’est de sa faute », que « c’est lui qui a fait étalage de sa vie privée » et que « il n’a que ce qu’il mérite »...
            Peut-être prenez-vous part aussi au débat de fond (d’égouts) actuel sur notre Président et sa vie « privée » ?
            Pour ma part, je préfère aller au cinéma... ;)

        2 autres commentaires
    • karysma
      karysma répond à Numerosix
      • Posté à 19h12 le 16/02/2008
      • Internaute 32384

      A Numerosix.

      « La machine a bêtise se remet en marche ! » C’est plutôt votre bêtise et votre inculture qui devraient arrêter sa marche. Comment osez vous critiquer un cinéma dans sa généralité en citant uniquement Tom Cruise ? C’est comme si je dénigrais le cinéma français en ayant vu uniquement Astérix et Camping ? Que faites vous des films des fréres Coen, de Tim Burton, de Lynch, Paul-Thoams Anderson, Gus van Sant...

      Et puisque vous avez un pseudo de série, je vous conseille des séries comme les Soprano, the Shield, OZ, Deadwood.. et ensuite on parlera scénario.

      Mais je suis sûr que vous ne connaissez aucun des ces cinéastes et aucune de ces sérise car en réalité vous avez beaucoup des préjugés et vous parlez de choses que vous ne connaissez pas. Mais je vous pardonne car vous me faites plus pitié que rire. Alors ALLEZ AU CINEMA ! ! au lieu de regarder TF1.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h03 le 16/02/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Les scénaristes ont gagné une manche. Je peux vous assurer que la vengeance des producteurs sera terrifiante. Ce n’est pas terminé. Les acteurs eux, ont de gros noms qui les appuient, De Niro, Hanks et bien d’autres. En bout de ligne, ceux qui vont deguster le plus, ce seront les techniciens.
    Cette grève a fait bien des victimes aussi bien aux Etats Unis qu’au Canada. Je dis au Canada, parce que plus de la moitié des gros films Américains y sont tournés. Je connais beaucoup de techniciens qui ont déjà perdu leurs chemises en Ontario et en Colombie Britannique.
    Tout le monde a appuyé cette grève des scénaristes. Si les acteurs se mettent en grève, ils auront aussi l’appui de tous, mais quand les techniciens parlent de grève, il n’y a plus personne pour prendre leur défense.
    Les salaires ne font que baisser, et ce depuis les ving dernières années. J’ai travailler sur Le Parfum, de Tom Tykwer, tourné en Espagne, et j’ai touché le même salaire que sur mon premier film ( il y a trente ans !). Quand Asterix est venu tourner en Espagne, je leur ai gentiment fait savoir qu’ils pouvaient aller se faire foutre.
    Maintenant, je ne fais que de la pub.....la je peux y gagner ma vie, mais y’a pas de quoi être fier. Je me sens un peu pute.

    • survivant
      survivant répond à Lemmy_Nothor
      • Posté à 18h13 le 16/02/2008
      • Internaute 25864

      Le monde du travail est fait ainsi, rassurez-vous « lemmy-nothor ». On tape toujours sur les plus bas de l’échelle sociale qui pourtant sont les plus nombreux. Dans votre activité on ne remplace pas un acteur ou un scénariste comme un technicien. Si vous avez pu suivre la lutte des intermittents du spectacle ici, dont les braises ne sont toujours pas éteintes, les avancées sont minces. Dernière chose sur votre conclusion. Vendre son expérience ou sa main d’oeuvre est de toute les manières une façon de se prostituer dans le sens figuré du terme. Alors ne vous justifiez pas en faisant de la pub tout le monde à besoin de bouffer.

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Lemmy_Nothor
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 17h33 le 18/02/2008
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Et pour les rétributions des scénaristes on est en plein dumping.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 16h12 le 16/02/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « Une industrie de l’entertainment qui fonctionne à flux tendu. »
    Les relations sociales sont donc très tendues...
    Lien

  • karysma
    • Posté à 18h59 le 16/02/2008
    • Internaute 32384

    je viens de lire cet énième article sur la grève des scénaristes et je me pose toujours les mêmes questions sans réponse : Pouquoi cette gréve ? pourquoi une telle unité de la part de tous les scénaristes ? ...

    Et ce n’est pas en lisant cet article que l’on en saura davantage. En effet cette prof d’économie ( pourquoi une prof d’éco et pas plutôt une prof de cinéma ?) qui n’a pas l’air de connaître grand chose au cinéma en général et à Hollywood en particulier nous parle de la grève comme jean-pierre pernaud le fait habituellement.

    De plus d’aprés elle l’industrie « aurait perdu quelques 2 milliards de dollars du fait de la grève ». Ce montant est apparemment contesté car il est donné par les studios. Les pertes seraient beaucoup moins lourdes. Alors faites une enquête au lieu de faire une revue de presse française.

    • Arwene
      Arwene répond à karysma
      • Posté à 20h20 le 16/02/2008
      • Internaute 16560

      Le pourquoi de la grève est pourtant assez bien expliqué dans le lien que donne l’auteur de l’article : Lien

      Les scénaristes ne touchaient pas de pourcentage sur les sommes déjà grosses, et appelées à augmenter encore, qu’engrangeaient les compagnies grâce aux diffusions sur le net.

      C’est très intéressant et ça montre bien l’évolution de notre société, du point de vue économique (d’où l’intérêt de la prof d’économie, il n’est pas ici question de cinéma), depuis l’arrivée de la toile dans les foyers !

    • DBL8
      DBL8 répond à karysma
      Retraité
      • Posté à 08h38 le 17/02/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      De ce que j’en ai lus, il n’ont pas vraiment gagnés, car pour certains payements ils sont perdant. Ce qui fait qu’ la fin ils perdent.

  • Arwene
    • Posté à 20h21 le 16/02/2008
    • Internaute 16560

    message supprimé pour cause de doublon : je n’ai pas trouvé comment le supprimer totalement, désolée !

  • Colonel Fabien
    Colonel Fabien
    www.get_anxious.com
    • Posté à 19h49 le 16/02/2008
    • Internaute 31416
      www.get_anxious.com

    J’ai un élément de réponse à vous fournir :
    Si les scénaristes sont tellement unis, c’est qu’ils sont considérés bien plus comme des techniciens que comme des auteurs contrairement à ce qu’il se passe en France.
    En effet, le système des studios a poussé chacune des corporations de techniciens à défendre ses droits afin d’acquérir certains avantages (vous devriez voir ce que certains touchent comme prime parce qu’ils ne mangent pas à l’heure... exorbitant !)
    De ce fait, on se considérant eux-même comme une corporation dont les intérêts communs doivent être défendus, ils sont plus unis que nos scénaristes-auteurs français, et donc plus efficaces.
    Un bel exemple de solidarité... intéressée.
    Quant aux profs de cinéma (du moins, ceux que j’ai pu côtoyer), ils ne s’intéressent qu’à l’Histoire (du cinéma), à la technique (du cinéma), à la presse (du cinéma), à l’actualité (du cinéma) et d’une manière plus générale à leur propre intérêt (pour le cinéma).
    Cette grève des scénaristes américains est plus une question de droit que de cinéma (même si l’auteur de l’article s’intéresse plus aux chiffres et aux données économiques qu’à la place des scénaristes dans l’industrie du spectacle américaine).

    P.S : Sinon, dans un registre plus personnel, je constate en lisant un post précédent que nous partageons les mêmes centres d’intérêt pour le cinéma.
    Est-ce qu’une toile vous tente ?

    • Sylvain Cailleux
      Sylvain Cailleux répond à Colonel Fabien
      assistant-réalisateur
      • Posté à 20h18 le 16/02/2008
      • Internaute 31508
        assistant-réalisateur

      Rue89 serait-il une extension de Meetic ?

      En tout cas, je partage aussi les goûts de karysma... ^^

    • karysma
      karysma répond à Colonel Fabien
      • Posté à 20h40 le 16/02/2008
      • Internaute 32384

      Merci Colonel Fabien pour vos explications qui sont plus claires que celles de la prof d’éco. Concernant l’invitation, pourquoi pas ?

      PS : « Un bel exemple de solidarité... intéressée » mais vous connaissez des combats corporatistes désintéressés ?

  • vol19
    • Posté à 10h35 le 17/02/2008
    • Internaute 13492

    Cet épisode de la grève des scénaristes m’a renvoyé à un questionnement, c’est à dire là ou nous en sommes en matière de l’économie de l’immatériel, de la connaissance, de la culture ?

    Doit-on interpréter que cette épisode renforce la place de la « matière grise pure » (concepteurs -scénaristes) au profit des « mobilisateurs du jeu » (acteurs, caméra) et surtout des producteurs qui mobilisent le capital et l’industratilisation du projet ?

    Ou au contraire que celà renforce t-il la téléréalité, un concept basé sur l’identification, la mobilisation émotionnelle et dans laquelle, il n’y a pas de matières grise « pas de concepteurs scénariste » peu de « mobilisateurs du jeu » acteur, juste un animateur égocentrique, et par contre la prédominance de la « prod » qui va recruter à moindre frais des cendrillons qui n’attendent que çà, passer à la télé... ?

    Peut-in interpréter une tendance uniforme ? ou une segmentation si tel est le cas sur quels critères ? et peut-on interpréter quelques signaux faibles sur l’évolution de la dite « économie de la connaissance, de l’immatériel, de la culture... » hormis le renforcement d’internet ?

    • Sylvain Cailleux
      Sylvain Cailleux répond à vol19
      assistant-réalisateur
      • Posté à 13h53 le 17/02/2008
      • Internaute 31508
        assistant-réalisateur

      Un élément à apporter à votre réflexion :

      J’ai lu dans Marianne » (désolé pour tous ceux que ça chagrine, je ne lis pas que Mad Movies...) que les « participants » à l’Île de la Tentation allaient être rémunérés par GLEM et TF1 parce que la justice considère qu’il sont bien des employés au service d’un programme de divertissement.

      On savait déjà que les scénaristes officiaient sur les émissions de télé-réalité, maintenant, les participants sont considérés comme des acteurs.

      Les choses rentrent dans l’ordre.

  • vol19
    • Posté à 23h16 le 17/02/2008
    • Internaute 13492

    à Sylvain Cailleux

    Si cette décision de justice traduit uen tendance qui se retrouve aussi en Europe et aux USA, la téléréalité prendrait donc modèle sur les programmes de fictions classiques, pour n’en devenir qu’un dérivé spécifique à durée de vie très courte mais plus économique à produire.

    • Sylvain Cailleux
      Sylvain Cailleux répond à vol19
      assistant-réalisateur
      • Posté à 04h05 le 18/02/2008
      • Internaute 31508
        assistant-réalisateur

      Ce que l’on a appelé de manière abusive la télé-réalité est, en réalité, un programme de fiction, purement et simplement.

      Des candidats auditionnés pour répondre aux critères de « fiches personnages », des rebondissements scénarisés, un montage orienté et, d’une manière générale, une situation totalement artificielle, voici quelques uns des ingrédient fictionnels de la télé-réalité.

      De toute façon, l’argument « réalité » n’aura pas bien tenu longtemps. Pas plus que l’audience, chaque programme étant condamné à plus ou moins longue échéance (qui se souvient encore du Royaume ?). Même l’indéboulonnable Star Academy arrive en bout de souffle.

      Le public français s’était engouffré, comme le reste du monde, dans cette déferlante voyeuriste, au détriment d’une forme plus classique de fiction.

      Aujourd’hui, c’est la fiction à la française qui est en crise. Ou plutôt, j’ai envie de le croire, en pleine mutation.

      Face à la concurrence étrangère et principalement américaine (non seulement variée et d’une grande qualité, mais surtout imbattable pour les diffuseurs sur le rapport prix d’achat/audience), la fiction telle que nous la concevions, qui reste dans des canons établis à une autre époque, ne peut subsister.

      La première réponse qui fut proposée fut le plagiat, pur et simple, de « ce qui ce fait de mieux » ; comprenez « ce qui a le plus de succès à l’étranger ».

      On aboutit à des séries comme l’Hôpital (tentative avortée de profiter du succès de Grey’s Anatomy), Crime en série (à l’origine Profileur mais retitré sur « requête » de NBC, diffuseur de l’original Profiler) ou encore R.I.S - Police Scientifique (adaptée d’une série italienne elle-même adaptation de C.S.I - les Experts... quelqu’un s’est perdu en cours de route ?).

      Et encore, là ne s’arrête pas la liste. On peut aussi penser à Zodiaque et sa suite, Commandant Nerval, le Grand Patron ou encore Mystère (vous allez me croire partisan ; 4 productions de TF1 dont 3 avec Francis Huster...) dont les influences sont à chercher du côté de la télévision et du cinéma américain.

      Ce qui est en jeu, ce n’est pas l’état financier des compagnies de production et les distributeurs français (ils sont en pleine forme, rassurez-vous !) mais bel et bien a création française.

      Le risque c’est que le PAF ressemble à ce qui se fait dans certains pays issus du bloc soviétique où ils ne diffusent QUE des films ou séries étrangères qui sont « doublées » (le terme commenté serait plus juste) par un narrateur à la voix monocorde qui parle par dessus les dialogues originaux (si vous n’avez jamais eu l’occasion d’assister à un tel spectacle, invitez donc quelques ami(e)s et regardez quelques extraits de Matrix... bonne soirée garantie ;).

      Alors que faire ?
      Si j’avais la réponse je ne serais pas assistant-réalisateur mais producteur (et fortuné).

      Certains en tout cas, tentent de fournir des réponses différentes. Par exemple, Canal+ a actuellement une politique fictionnelle audacieuse avec des créations originales et ambitieuses telles que les unitaires 93 rue Lauriston, S.A.C : des hommes dans l’ombre, ou des mini séries au format « américain » comme Engrenages, Reporters ou Scalp (vous allez encore me croire partisan mais j’ai participé - modestement - au tournage de cette dernière).
      Toutes ces productions, outre l’aspect engagé qu’elles partagent, ont en commun un soin particulier apporté à leur réalisation, que ce soit sur l’écriture des scénarii, le choix et le jeu des comédiens ou la mise en scène. Bref, des productions originales de qualité et aux visées internationales. C’est déjà ça.

      Je me rends compte que j’ai un peu dérivé du sujet original mais cela me tient à coeur et me semble important pour le bien de la création française et de l’ensemble de la profession qui devrait apprendre à se défendre comme les américains.

      Merci de m’avoir lu jusque-là.

  • vol19
    • Posté à 19h43 le 18/02/2008
    • Internaute 13492

    Intéressant, c’est une vieille question qui me taraude, le statut de la matière grise, de la création, dans les arts, la science, la culture... entre l’acteur et l’institution, le concepteur et le producteur, le financier. Economie de l’immatériel, de la connaissance : utopie ou réalité ? Question autour de l’évolution du capitalisme postmoderne ? Certes la création c’est concensuel pour l’individu pour se réaliser comme on dit, mais dans quelles conditions dans le système actuel le créateur « authentique » reçoit un bénéfice dans la chaine de valeur ? Dans quelles conditions ?

    Pour les programmes télé, je ne suis pas un très bon exemple, jamais possédé de télé, le dernier programme télé que j’ai du voir remonte à 2002 (télé réalité, ai vu quelques épisodes du loft1 et... les effets sur les étudiants). Pas de portable non plus. Si, ca existe.
    Mais bravo de vous défendre pour votre passion, même si c’est probablement pas facile tous les jours.

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