Achetez vos livres à la source, directement chez l'éditeur !
Oui, il faut soutenir sa librairie de quartier. Oui, il faut défendre ce métier qui, à l’instar des bibliothécaires, contribue à la diffusion du savoir. Mais saviez-vous qu’un éditeur peut devenir un excellent libraire ? Je serai même tenté de dire « redevenir » un bon libraire car, jusqu’au XIXe siècle, les éditeurs étaient aussi libraires.
Ces deux professions ont toujours été intimement liées. Les libraires trouvaient des auteurs, achetaient des manuscrits, les faisaient imprimer et les débitaient dans leur boutique. Aujourd’hui, il est tout à fait possible d’acheter ses livres directement chez l’éditeur, à la source pourrait-on dire.
Quelle différence ?
Le contact direz-vous : « Mon libraire est sympa », « Il me donne d’excellents conseils de lecture ». Oui, c’est vrai, mais il y a beaucoup d’hypocrisie dans ces affirmations, car nous n’achetons pas nos livres systématiquement chez un libraire attitré. La Fnac, Virgin et Amazon sont de tristes réalités statistiques qui nous rattrapent et nous dénoncent sans ménagement !
Acheter chez un éditeur, c’est possible et cela pourrait devenir moins cher.
Le livre est trop cher
Aujourd’hui, la chaîne du livre est composée d’acteurs qui dans leur ensemble tirent le prix du livre vers le haut. On y trouve les auteurs, qui au passage gagnent peu ; et c’est un euphémisme de le dire, les éditeurs traditionnels, ceux dont la vocation, n’est pas liée au capital, et qui gagnent de moins en moins.
Viennent ensuite les imprimeurs avec leurs photocopieurs géants, les diffuseurs avec leurs lots de commerciaux, les distributeurs avec leurs palettes et les gros camions et enfin les petites mains... nos libraires qui sortent des cartons, mettent en rayon et trouvent à peine le temps de lire les quatrièmes de couverture qu’il faut déjà aller accueillir le prochain chargement de livres.
Ce système est responsable de la hausse des prix du livre.
Avec la dématérialisation du livre, il serait temps de se poser la question de l’efficacité réelle de cette chaîne sur la production. Un fait saute aux yeux : le livre est trop cher.
Avec le livre numérique, l’imprimeur a du souci à se faire
Trop cher par rapport à quoi ?
Par rapport à ce qu’il pourrait coûter si on repensait la chaîne du livre. A bien y regarder, un bon nettoyage par le vide ne ferait pas grand mal à cette grande dame qu’est l’édition française.
Elaguer le système ?
Garder les racines et le tronc. Sans auteurs pas de livres, sans éditeurs pas de livres non plus... quid des libraires ? Ces derniers, nous l’avons vu, peuvent faire d’excellents éditeurs. Le reste ? Un bon coup de tronçonneuse pour favoriser une meilleure repousse et un contrôle du feuillage.
Même l’imprimeur a du souci à se faire ! A ce jour, la production d’ouvrages en impression numérique est prise en charge par des machines énormes occupant plusieurs centaines de mètres carrés au sol. Demain, ce ne seront que de gros photocopieurs casés chez l’éditeur dans des pièces de 20 m2.
Mieux payer nos auteurs
A ceux qui douteraient du rôle essentiel de l’éditeur dans le système, je répondrai simplement que pour trouver la pépite qui fera le bonheur de vos moments de lecture, il faut avoir du nez.
Alors, achetez vos livres chez l’éditeur quand cela vous est possible ; directement à la source.
Nous pourrons mieux payer nos auteurs, mieux vivre de notre métier et vous offrir de beaux moments de lecture.
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卑語
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Mieux rémunérer un auteur c´est accorder un un pourcentage plus favorable.
Entre autres.
Pourquoi les éditeurs français courent à leur perte
Lien
Le droit a pour fonction de régler les conflits et c’est toujours le signe d’une crise lorsqu’une institution juridique contribue à créer des tensions au lieu de les apaiser. Malgré l’unité affichée par les représentants des auteurs et des éditeurs, il n’est pas nécessaire de chercher très loin pour percevoir que le consensus sur le contrat d’édition est en train de se fissurer sur certains points essentiels.
Face au caractère mouvant de l’environnement numérique, nombreux sont les auteurs qui estiment que les cessions perpétuelles des droits ne sont plus acceptables et qui demandent à ce que la durée des contrats soit réellement limitée dans le temps. En réponse à cette demande, et malgré quelques voix dissidentes, l’édition française fait front pour continuer à exiger des cessions égales à toute la durée de la propriété intellectuelle. Tout au plus, avance-t-on du côté du SNE la possibilité d’insérer des « clauses de rendez-vous », obligeant l’éditeur à négocier avec son auteur à échéances régulières, mais sans garantir à celui-ci que le contrat sera effectivement modifié.
Plus complexe encore est la question de la titularité des droits numériques, déjà abordée plus haut. Pour pouvoir procéder à la numérisation des ouvrages de leur fonds, les éditeurs ont été souvent contraints de revenir vers leurs auteurs pour signer des avenants au contrat d’édition, de façon à se faire céder les droits numériques. Nombreux ont été les auteurs à accepter ces avenants sans négocier, ce qui a permis aux éditeurs d’emporter les droits de manière exclusive et définitive, comme c’était le cas pour le papier.
La métaphore évolutionniste peut paraître brutale, mais c’est devenu un lieu commun d’avancer que le monde de l’édition est confronté à la nécessité d’évoluer, face aux changements induits par le numérique. Si pendant longtemps, la faiblesse des parts de marché de l’eBook par rapport au papier a pu faire croire que le cadre traditionnel n’aurait pas besoin de subir une mutation radicale, les signes d’accélération du processus qui se sont faits jour en 2010 montrent que le météore se rapproche à présent dangereusement de la planète éditoriale. Le basculement significatif des marchés américains et japonais vers le numérique, une étude récente annonçant une part de 20% des eBooks dans les chiffres de l’édition d’ici à 2020, le saut qualitatif des tablettes de lecture, l’engagement de nouveaux acteurs comme Google, Amazon ou Apple, autant de signes qui interrogent les fondements même du paysage éditorial, à commencer par son sous-bassement juridique : le contrat d’édition.




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