Chez Philippe Madelin

Les questions de sécurité analysées par un expert, Philippe Madelin, ancien journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

Alain Bauer et la réorganisation de la recherche sécuritaire

Philippe Madelin
Journaliste
Publié le 07/03/2008 à 15h02

La fusion de tous les instituts de recherche en matière de la sécurité, civile, policière, propose Alain Bauer.

« Il faut choisir de rester à la table des grands -donc déceler, diagnostiquer, puis prévenir ou riposter-, ou devenir une simple force supplétive. »

Cette proclamation tonitruante n’a pas de quoi surprendre : depuis de nombreux mois, le criminologue Alain Bauer prêche pour la constitution d’un grand pôle d’étude de la sécurité, tous aspects confondus.

Le rapport remis le 5 mars au nom de la commission ad hoc par Alain Bauer au Président de la République ne doit donc pas surprendre.

Dans une interview récente –accordée au bulletin de liaison des Auditeurs de l’INHES, publiée en décembre 2007– Bauer fustigeait le désordre régnant dans la recherche française en matière de sécurité. Son constat :

« Il y a en France un certain nombre d’outils connus, l’INHES, l’IHEDN, un peu moins connu l’IHRS, et beaucoup moins connu, le CHEAR, ainsi que toute une série de formations universitaires, plus un certain nombre de grandes institutions privées, mais qui vivent pour beaucoup des dépenses de l’État, Et puis dans un certain nombre de ministères des centres d’analyse, des délégations aux affaires stratégiques, des fondations. Bref une grande diversité d’outils. Mais la question posée est la suivante : est-ce que ces outils sont utiles ? Efficaces ? Est-ce qu’on peut les améliorer ? “

La réponse est à la fois claire et problématique. Problématique parce qu’il ne s’agit que d’un rapport, et non de décisions fermes ; un rapport qui va soulever des vagues dans les instituts, organes de recherche et autres, qui risquent de disparaître. La réponse de Bauer et de ses commissaires est en effet claire : il faut tout remettre dans le même pot pour que les moyens soient rendus efficients au lieu de se perdre dans la dispersion.

Il préconise un seul pôle pour la recherche en matière de sécurité, décliné en deux volets : il y aurait d’une part la recherche à vocation civile, rassemblés autour de l’Institut national des hautes études de la sécurité (INHES), l’observatoire national de la délinquance (OND) police, sécurité publique, renseignement, sécurité civile, l’Institut d’études et de recherche pour la sécurité des entreprises (IERSE) ; et d’autre part, le pôle plus militaire, structuré autour du vénérable Institut des hautes études de la défense nationale. Les deux branches devraient elles-mêmes être réunies et installées sur le même site à l’Ecole militaire à Paris, qui deviendrait ‘le centre intellectuel et névralgique de la pensée stratégique de sécurité’.

Dans l’idée d’Alain Bauer, ce vaste remaniement ne pourrait être isolé de la création d’un ‘conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique’ (CSFRS), outil majeur d’un futur conseil national de sécurité intérieure et de défense, lequel chapeauterait également les activités liées au renseignement stratégique du Secrétariat général du gouvernement.

Il ne s’agit pas de remanier les organigrammes, mais bien de réorienter la recherche stratégique :

‘Le but du jeu n’est pas de reconstruire une nouvelle usine thermonucléaire à retraitement intégré à la française, mais d’essayer de voir tout ce qui est utile, tout ce qui est efficace, de sortir de la politique conduite uniquement en regardant le rétroviseur.’

Il a fallu un temps infini pour se rendre compte que sécurité intérieure et sécurité extérieure, diplomatie, gendarmerie, douanes, police, lutte contre le crime, cybercriminalité et autres, grosso modo, ressemblaient à la même chose. L’objectif, c’est de comprendre et de demander. Comprendre quels sont les outils, quels sont les enjeux et ce qui est en face de nous. Comprendre ce que sont les besoins de l’État, des grands services de renseignement. Mais également des entreprises à taille mondiale, ou ayant une prééminence stratégique en France. Un maître mot : anticiper. Plutôt que de subir les événements, il y a des moments où il est possible de les anticiper.

Depuis de nombreux mois, en coulisse les partisans des formules anciennes s’agitent. Ne serait-ce que pour sauver des situations que l’on croyait acquises. On doit relever à ce propos que la commission Bauer propose de placer tous les organes de sécurité sous la houlette du Premier ministre, voire du président de la République. Ce n’est pas rien : il s’agit de retirer aux ministères de la Défense et de l’Intérieur leurs plus beaux fleurons, là où se construisent les carrières de prestige. Une belle bagarre en perspective !

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  • olivier p
    olivier p
    face à la mer
    • Posté à 15h28 le 07/03/2008
    • Internaute 625
      face à la mer

    je ne comprends pas bien une chose : vous dites que les ministères vont perdre leurs fleurons et des perspectives de carrières en entonnoir ... seulement voilà, il me semble que le rattachement au président ou au premier ministre n’engendrent pas du tout la même chose ;

    concrètement, un rattachement au premier ministre implique une gestion interministérielle de ces question sous la responsabilité politique du premier des ministres, mais pas sans eux, ni sans leurs administrations ; alors qu’un rattachement à l’Elysée ne signifie plus le même partage des pouvoirs, non ? du coup, les perspectives de carrières et les changements structurels ne se négocient plus de la même manière, non ? sommes-nous alors dans un débat entre changement de gouvernance ou de ... présidence ?

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 15h53 le 07/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Donc, si je comprends bien, la commission Bauer propose d’avoir 1 seul organisme de recherche sur la sécurité financé par l’état plutôt que d’en avoir 25 (chiffre au hasard) différents ?
    C’est très bien, ça fera faire des économies...

    Et les hauts fonctionnaires et universitaires qui faisaient partie des ces nombreux machins inutiles et couteux s’inquiètent car ils n’auront plus la possibilité de faire carrière tranquillement ? Les pauvres, ça me brise le cœur...

    Bon, au delà de ça, un conseil national de sécurité intérieure et de défense... ce n’est pas un peu « américain » comme idée ? Et un organisme qui est destiné à informer le président ?
    N’est ce pas un nouveau signe de présidentialisation du régime ?

    Lien

  • François Doutriaux
    François Doutriaux
    Juriste et enseignant chercheur
    • Posté à 16h10 le 07/03/2008
    • Expert 13463
      Juriste et enseignant chercheur

    Depuis vingt ans, la quasi-totalité des spécialistes du traitement pénal - qu’ils s’agissent de magistrats, de criminologues, de psychiatres ou psychologues spécialisés, d’acteurs sociaux, de policiers ou d’universitaires - plaident pour la création d’un « lieu de convergence ».

    Un lieu où tous les savoirs, toutes les connaissances, toutes les compétences en matière de politique criminelle puissent être mises en commun.

    L’idée est de privilègier un traitement pragmatique et rationnel du phénomene infractionnel, centré aussi bien sur le « benchmarking » international, les expériences locales menées en France que l’expertise à tous les niveaux (commission de l’infraction, traitement policier, judiciaire et carcéral, réinsertion, etc...).

    C’est ce que l’OND (observatoire national de la délinquance, dont monsieur Bauer dirige le conseil d’orientation) aurait du être. Invention socialiste (mission de Lionel Jospin, Rapport de Daniel Vaillant) mais mise en place par l’UMP (Nicolas Sarkozy), l’OND est une vrai avançée...

    Véritable mais timide. Bien qu’elle tente, avec des succés divers, de régler partiellement le probléme de la fiabilité et de l’instrumentalisation des sources statistiques en la matière, l’OND reste « sous la coupe » du ministére de l’intérieur, et par là même inféodée aux priorités politiques, plus souvent éléctoralistes que criminologiques...

    Le passionnant ouvrage de Monsieur Bauer (Géographie de la France criminelle, paru aux éditions Odile Jacob) illustre à la fois les avançées (en terme d’objectivisation des données) que les limites (les priorités criminologiques restent les mêmes) de cette structure.

    La France est, depuis 1994 et la réforme du Nouveau Code pénal, rentrée dans un processus de durcissement extrêmement important des sanctions pénales. La priorité donnée au « tout répressif » et le retard accumulé en terme de prévention aussi bien que de traitement carcéral, ont largement montré leurs limites.

    La principale problématique actuelle de la criminologie est de revenir à une double approche éthiologique (compréhension des causes) et prophylaxique (prévention des conséquences). D’abandonner les prénotions idéologiques, les obsessions récurrentes (immigration clandestine, récidive criminelle, crimes sexuels, etc...) pour se tourner vers les véritables enjeux de la politique criminelle actuelle (violence contre les personnes, augmentation de la délinquance de « survie », carences extrêmes du systéme pénitentiaire, explosion des difficultés suscitées par les troubles majeurs de la personnalité, inapplication des peines courtes, difficultés matériels récurrentes des acteurs, etc...).

    La politique criminelle nécessite autant de répression que de prévention : vouloir limiter le débât pénal à l’un ou à l’autre, considérer ces deux aspects comme déconnectés, est le principal défaut du systéme français.

    Il est impératif de remettre à l’honneur une approche respectueuse des droits individuels (tant de l’auteur que de la victime), soucieuse d’efficacité et de réalisme, consciente que la politique pénale n’agit pas « pour » la victime et « contre » le délinquant, mais uniquement pour la société dans son ensemble.

    Pour ce faire, la création d’une officine centrale peut fournir a minima les clés de lecture requises à la mise en place d’une véritable politique criminelle, dont notre pays est dépourvu depuis prêt de deux décennies.

    Condition nécessaire mais nullement suffisante : l’excellent (quoi que fort orienté) rapport UMP du Sénat 2004 sur la récidive fait le tour de la problématique et met en avant les principales difficultés à résoudre, les noeuds gordiens à dénouer.

    Il n’a abouti à rien, ou peu s’en faut. A une nouvelle multiplication de textes idéologiques, dépourvus de réels effets et répondant davantage à des problématiques de marketing politique que de politique pénale. Des gadgets coûteux en temps, en argent et en protection des libertés individuelles, si inutiles que la plupart n’ont pas même donné lieu à un bilan d’application.

    Dans un contexte d’exaspération et de malaise croissant des acteurs du monde judiciaire (qu’ils soient acteurs sociaux, policiers, parquetiers, juges d’instruction, d’application des peines ou de jugement), la création d’un tel « pôle de compétence » serait porteuse de grand espoir.

    A condition qu’elle soit parfaitement indépendante du pouvoir politique, qu’il s’agisse de l’exécutif ou du parlement.

    A condition qu’une approche pragmatique, loin des habituelles querelles de clocher et des luttes d’influence, soit privilégiée.

    A condition que le délinquant au premier chef, la société et la victime au second, soient réintégrés au coeur de la politique criminelle.

    A condition surtout, de mettre fin à l’approche dogmatique et idéologique qui cadenasse actuellement l’exécution de notre politique pénale.

    A condition que les politiques acceptent de jouer le jeu et cessent d’instrumentaliser le sentiment d’insécurité ou les faits divers médiatiques pour laisser la justice et la criminologie proposer des solutions concrétes à des difficultés concrétes.

    Si elle redonne la parole aux acteurs, à ceux qui connaissent, pratiquent et/ou étudient la délinquance.

    Si elle se traduit concrétement sur le plan budgétaire et normatif.

    Cela fait beaucoup de si, et je ne suis pas certain que l’autorité politique actuelle soit la plus enclin (dans les faits, et non dans le discours) à réaliser une telle « rupture ».

    Le projet de réforme de la commission de bioéthique actuellement en chantier me laisse personnellement dubitatif, en dépît des promesses et des garanties verbales, sur une telle possibilité.

    Le rattachement d’un tel pôle à l’exécutif (ou pire encore à Matignon) sonnerait à mon sens son acte de décés avant même sa naissance...

  • Quirinus-K
    • Posté à 16h17 le 07/03/2008
    • Internaute 27973

    La sécurité et le crime sont des enjeux politiques et sociétaux majeurs.
    Une diversité de points de vue contradictoires sera appréciée.

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h17 le 07/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    Bauer veut mettre l’armée et la police dans les mains soit du premier ministre soit du président.
    Je vote pour le président. On se mettra au moins au niveau des Pinochet et autres dictateurs.
    Et vogue la galère...
    Ils sont devenus fous !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h16 le 07/03/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Oui , il faut regrouper tous ces instituts de recherche en matière de la sécurité dans un seul haut lieu de PARANOIA TOTALE ..
    Je vous dit pas l’ ambiance qu’ il va y avoir, la dedans ..

  • sevyniloc
    sevyniloc
    retraité de la fonction publique (...)
    • Posté à 19h04 le 07/03/2008
    • Internaute 27806
      retraité de la fonction publique (...)

    Etant un ancien cadre supérieur de la sécurité civile, je n’arrête pas de m’étonner de constater que tant de gens parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, à commencer par M BAUER.

    D’abord, il faut évoquer le contexte général. Comment peut-on croire que dans notre société mondiale et nationale, marquée par la complexité, on peut créer des choses simplistes. Je m’étonne toujours de ces génies de la dernière heure, qui passent par profits et pertes les siècles d’expériences accumulées en France dans les domaines de la sécurité et qui, faute de connaître les choses, veulent les réduire à leur propre esprit.
    Ensuite, en matière d’études et de recherches, la seule règle est la diversité, sauf peut-être, dans un temps passé, dans le régime communiste ou dans les universités catholiques du moyen-âge, dirigées par l’inquisition. Ces domaines relèvent de l’esprit, libre par nature. Alors certes, que l’Etat finance les études et recherches qui l’intéresse directement mais qu’il subventionne aussi les organismes inventifs et libres qui travaillent dans ces domaines, sinon nous ne sommes plus dans le même monde.

    En matière de contenus, je maintiens, car j’ai toujours défendu cette position, qu’il existe des différences notables de missions, de moyens, de techniques, de matériels, de formation, entre les défense nationale militaire, la sécurité intérieure de type police et gendarmerie et la sécurité civile, protection des personnes des biens et de l’environnement face aux accidents, sinistres et catastrophes. Non seulement ces différences sont naturelles et logiques mais elles sont souhaitables par assurer la clarté citoyenne des actions. Personne ne comprendrait qu’on mélange des soldats en armes avec des sauveteurs comme les sapeurs-pompiers ou des médecins de SAMU ou des humanitaires. Ces 2 domaines ne relèvent pas de la même éthique de métiers, sans donner de prééminence à l’un par rapport à l’autre. Ce sont des métiers différents, c’est tout.

    A tel point que chacun de ces métiers dispose notamment d’école de cadres différentes : Saint-Cyr, école des commissaires de police, école des officiers de la gendarmerie, école natinale des officiers de sapeurs-pompiers et personne n’imaginerait de fusionner ces structures.

    Alors, pourquoi cette volonté déjà ancienne de tout confondre dans un organisme unique ?

    Il faut savoir que depuis la chute du mur de Berlin, l’OTAN, un peu orphelin de son principal ennemi, a décidé d’élargir ses missions à la « civil defense » ou encore sécurité intérieure ou encore défense civile ou encore protection civile. Ici encore la confusion des mots en arrange quelques uns.

    Plusieurs grands organismes internationaux humanitaires anglo-saxons sont peu ou prou des officines qui travaillent en liaison avec la CIA par exemple et il ne faut pas s’étonner si lors de la guerre de Bosnie par exemple, plusieurs humanitaires ont été tués par les Serbes ou les Bosniaques, voire les Albanais. La confusion des genres est également très dangereuse pour les vrais secouristes humanitaires.

    Alors, pour mieux comprendre, il faut connaître l’organisation des choses. Au sommet de l’Etat, le président et le premier ministre ont en gestion directe les intérêts essentiels de la Nation : défense militaire, diplomatie, sécurité contre le terrorisme et la criminalité internationale et la sécurité civile, ainsi que la sécurité environnementale. Ils définissent, dans chacun de ces domaines et dans leurs interfaces éventuelles les grands axes et là il est nécessaire et souhaitable d’avoir un institut de sécurité globale, qui travaille sur les stratégies de sécurité. Cet organisme pourrait utilement être placé sous l’autorité du secrétariat général à la défense nationale, qui existe et relève des deux autorités déjà citées.

    En dessous, il faut distinguer deux domaines d’action : prévention et lutte et autant d’axes qu’il y a de missions.
    Il n’y a aucun rapport entre les études et recherches de prévention contre le rechauffement climatique et les études et recherches contre le terrorisme, par exemple.
    De même, il n’y a aucun rapport entre ces mesures de prévention qui permettent de faire face à des situations chroniques et les mesures nécessaires pour faire face aux situations aïgues, lors d’accident, de sinistres ou de catastrophes.

    Il existe déjà des structures d’Etat très adaptées et parfaitement ciblées, qui n’attendent qu’un peu de moyens supplémentaires pour avoir des rendements plus efficaces.

    Très souvent, dans ma vie professionnelles, j’ai constaté que lorsqu’on parlait de rationalisation des structures, de fusion, etc, celà cachait la plupart du temps une volonté de réduire les moyens globaux qui sont mis en place sans réduire bien entendu les objectifs et les missions.

    L’humanité, les sociétés et les organisations vivent de leurs diversités, de leurs enrichissements mutuels par leurs différences et de leurs capacités inventives et je pense que M BAUER, ancien grand maître du grand orient de France, devrait applaudir à cette diversité et à cet enrichissement mutuel et non proposer de revenir au simplisme dont rèvent les pouvoirs parce-que çà les arrange.

    Au fait, pour le fun, il faut rappeler que l’institut des hautes études de la sécurité intérieure, créé par JOXE lorsqu’il était ministre de l’intérieur avait parfaitement identifié, depuis une bonne quinzaine d’année, voire plus pour certains, les raisons des problèmes des banlieues, et les solutions croisées pour y remédier car il faut agir sur de nombreux plans en même temps et notamment par le retour des services de la république dans les lieux qui ont été désertés. Rien de nouveau n’a été écrit sur ce thème depuis ces mémoires rédigés par de vulgaires stagiaires de cet institut mais qui étaient, qui commissaires de police, qui colonel de gendarmerie, qui procureur, qui journaliste, qui député ou sénateur, qui colonel de pompiers, qui militaire, bref des gens très en dessous des génies qui nous inventent le fil à couper le beurre.
    A quand une Loi de programmation de 10 années prenant en compte tous les aspects. Ce n’est pas le genre de problème qu’un simple roulement de tambour pourra régler.

    Dans ces domaines de la sécurité, il y a pourtant un point commun : surtout ne croyez pas celui qui vous dit qu’il a la solution, seul un travail permanent, sur tout le territoire et prenant en compte les réalités, toutes les réalités peut permettre d’avancer, lentement, vers le chemin de la solution.

    Pour les miracles, M BAUER, voyez avec le Vatican ( pour le fun )

    • V comme vendetta
      V comme vendetta répond à sevyniloc
      Ecrivain
      • Posté à 20h25 le 07/03/2008
      • Internaute 24299
        Ecrivain

      Merci pour ces précisions. Sauf pour une chose : l’Inquisition n’a jamais dirigée d’Universités au Moyen Age.
      Un tic de langage, sûrement.

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à sevyniloc
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 22h00 le 07/03/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      parfaitement d’accord avec vous.

      Un lieu de convergence pour mettre en commun savoirs et expériences serait une excellente chose.

      La concentration des pouvoirs et des acteurs en une entité unique sous le contrôle direct de l’exécutif une potentielle catastrophe.

  • dinac
    • Posté à 19h42 le 07/03/2008
    • Internaute 29474

    Il me semble qu’au Royaume-Uni un tel observatoire de la délinquance complètement indépendant du pouvoir politique existe depuis longtemps...
    Le pb est celui de l’indépendance réelle d’un tel outil !

  • turlututu
    • Posté à 21h48 le 07/03/2008
    • Internaute 20561

    Les élites du pouvoir et de l’intelligence enfin bientôt réunis pour un projet de société hautement sécuritaire...Plus de 2000 ans de civilisation
    pour s’appercevoir que l’ennemi, est souvent bien celui de l’intérieur...

  • SB68
    • Posté à 07h46 le 08/03/2008
    • Internaute 24192

    C’est ce monsieur Bauer qui m’inquiète. Je le verrai bien agent de la CIA celui-là.

  • ROBES_PIERRE
    ROBES_PIERRE
    rectificateur
    • Posté à 08h34 le 08/03/2008
    • Internaute 32234
      rectificateur

    il ne faut pas oublier que Alain Bauer a publié quelques livres particulièrement indigents avec son compère XAVIER RAUFER, qui fut dans sa jeunesse un militant très actif de l’extrème droite.....nostalgie, quand tu nous tient....

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à ROBES_PIERRE
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 11h03 le 08/03/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      sans vouloir prendre la défense de monsieur Bauer (je suis d’accord avec vous sur le fait que sa vision de la politique criminelle est pour le moins « orientée » et qu’il participe dans une certaine mesure des obsessions pénales contemporaines), certains de ses ouvrages sont extrêmement intéressants sur le plan méthodologique et il a au moins le mérite de vouloir approcher le phénoméne infractionnel de manière « objective » sur le plan pratique (approche qu’il défend d’ailleurs de manière récurrente dans « la géographie criminelle », même si il s’agit parfois de justifier des prises de position discutables sur le fond).

      Je ne connais pas les arrières pensées de monsieur Bauer sur le terrain de la sécurité civile ou du renseignement (domaines qui me sont étrangers) mais sur le plan de la politique criminelle, on ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ^^

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