Passage Benbassa

Le blog de l'historienne Esther Benbassa, Sénatrice Europe Ecologie Les Verts

Comment casser le moule des écoles ghettos

Esther Benbassa
Sénatrice, Europe Ecologie - Les Verts
Publié le 31/03/2008 à 08h34

Notre ministre de l’Education nationale souhaite revenir aux fondamentaux. Une enquête émanant de ses services constate la baisse du niveau en CM2, en particulier en orthographe, calcul et lecture. L’école part-elle à la dérive ? S’il y a une part de vérité dans tout cela, reconnaissons que l’alarmisme est de rigueur ces temps-ci, comme si faire peur et se faire peur devenaient des fondamentaux politiques. Dans un tel climat, il n’y a pas de raison pour que l’école échappe à la règle.

L’école à feu et à sang…

L’évocation devenue récurrente, presque rituelle, des « territoires perdus de la République » devrait pourtant nous inciter à apporter une nuance. Ce n’est pas seulement la baisse du niveau qui effraie, mais aussi la diversité, point sensible d’une France lancée dans le marathon de l’identité nationale. Reste que si nos élèves sont faibles dans certaines matières, ils possèdent peut-être tout de même, grâce aux médias modernes, quelques autres notions que les générations précédentes ignoraient. Et que lutter contre baisse du niveau impose peut-être de pousser un peu plus loin la réflexion sur un enseignement qui s’adresse désormais à des classes de plus en plus diversifiées culturellement. Là, pourtant, pointe un danger : il est plus facile de parler de la guerre des « ethnies » et des « religions » à l’école que de repenser rationnellement la pluralité à l’école, ses atouts autant que ses dangers.

Les médias ont tendance à véhiculer l’image d’une école à feu et à sang. Image relayée par quelques enseignants et quelques faiseurs engagés idéologiquement dans la lutte contre un islam présenté comme essentiellement fondamentaliste. Cette forme-là d’islam ne concerne cependant, on le sait, qu’une toute petite minorité de musulmans dans le pays, la plupart pratiquant leur religion tranquillement et sans bruit. En outre, qui dit islam ne dit pas toujours pratique, puisque nombre de musulmans s’y sentent liés d’abord par loyauté à leur famille et à leur expérience d’exil.

Il n’est nullement question de nier les problèmes liés à la diversité et affectant l’enceinte scolaire, laquelle n’est évidemment pas un univers étanche. Ce qui se passe dans la société s’y répercute naturellement et a tout lieu d’envenimer les rapports entre les élèves eux-mêmes et ensuite entre eux et les enseignants. Qu’il y ait de l’hostilité envers le système scolaire dans son ensemble, envers certaines disciplines ou approches jugées « impies » selon les canons d’une interprétation à mi-chemin de l’ignorance naïve et du fanatisme de circonstance, qu’il y ait une sorte de révolte passant par la religion qui en fait cristallise tous les échecs et ressentiments de nombre de jeunes scolarisés, tout cela n’est certes pas à négliger. De même les montées d’un antisémitisme primaire qui s’est développé chez certains élèves « issus de l’immigration » .

L’école de la République est-elle fichue ?

En revanche, dire que tout est perdu, que l’école de la République est fichue, et qu’il ne reste plus qu’à revenir dare-dare aux vieilles recettes, relève de cette rhétorique qui plaît à nos contemporains et fait écho au climat antimusulman dominant. Une obsession qui travaille les plus paisibles des citoyens, qui recrute ses propagateurs dans des milieux aussi bien de gauche que de droite, parmi les tenants d’une laïcité dans son acception la plus restreinte et la plus dogmatique, autant que parmi les anti-arabes farouches, souffrant encore d’une décolonisation mal digérée. A qui s’ajoutent certains inconditionnels d’Israël pour qui l’islam est l’ennemi, un ennemi qu’il est urgent de combattre. Ces équations à la mode séduisent, mais bloquent le débat et nous installent dans de confortables assurances, avec des boucs émissaires tout prêts, permettant de diviser très simplement et définitivement le monde entre bons et méchants. Ce n’est pas la première fois de son histoire, hélas, que la France est prise dans l’étau de ce genre de focalisations.

Pour les citoyens mondialisés que nous sommes, les mythes de l’unité et de l’identité nationales, des valeurs immuables de la République (depuis longtemps affaiblies), du jacobinisme comme remède à tous les maux, de l’assimilation à tout prix ne sont pourtant plus opérants. Ils ont fonctionné lorsque la situation nationale et internationale s’y prêtait. Aujourd’hui, dans nos mondes sans frontières, la nation et ses fondements doivent faire l’objet d’une révision. Ce qui ne signifie pas que la nation se videra de tout contenu positif. Au contraire, la nation d’aujourd’hui déjà et de demain sûrement sera multicolore et multiculturelle. Et tant mieux. Ainsi la nation française voguera-t-elle vers d’horizons plus vastes, se mettant au diapason de ce monde nouveau qui est déjà le nôtre, mais qu’on cherche à nous masquer afin d’apaiser les inquiétudes suscitées naturellement par tout ce qui est nouveau et par conséquent déstabilisant. L’école, où se forme le citoyen de demain, devrait peut-être, dans ce contexte, accepter de s’interroger à nouveaux frais sur elle-même, ses pratiques, ses missions.

Peut-on ignorer qu’à l’école, on enseigne seulement une culture élitaire, et qu’on préfère orientée vers l’élite ? L’époque où elle donnait un coup de pouce aux enfants défavorisés pour les pousser vers le haut semble close. Et au binôme fils d’ouvrier/fils de bourgeois s’est substitué celui du fils ou petit-fils d’immigré et fils d’autochtone. La diversité en place n’est pas gérée en haut lieu pour transformer l’école en un espace véritablement mixte, où l’échec scolaire serait combattu efficacement. Les clichés du dehors s’immiscent à l’intérieur de cet ex-creuset républicain où le descendant d’immigré paraît voué aux métiers les plus pénibles ou les moins valorisés, lorsque ce n’est pas au chômage ou à la délinquance.

La France a pourtant besoin d’une nouvelle sève, d’une élite plurielle qui ait envie de gagner. Et c’est à l’école que revient de la former. C’est là qu’on fait connaître les cultures des autres, de ceux qui arrivent d’autres horizons, même si souvent ils sont nés en fait sur le sol français. Pour que les élèves défavorisés, comme on a coutume de les nommer, et qu’on ferait mieux d’appeler déshérités de leur propre culture, profitent du savoir dispensé, il faudrait encore qu’ils soient valorisés. C’est à l’école que le rapprochement entre civilisations et savoirs peut se produire. Le travail à accomplir est long, délicat, mais non impossible. Ces cultures-là ne sont jamais enseignées, ou si peu, elles n’occupent pas toujours la place qui devrait naturellement leur revenir dans une histoire de la France dont elles sont indissociables. La saga nationale va tête haute, parlant surtout de ce qui valorise la France éternelle, non de ses clairs-obscurs. On commence à faire des efforts dans cette direction, mais on est encore loin du juste équilibre.

L’école de l’avenir se prépare aujourd’hui

Les élèves issus de la diversité sont là, mais l’école contourne cette diversité. L’enseigner serait un plus pour des élèves qui se confrontent dès leur jeune âge à l’internet, aux voyages, à la multiplicité des civilisations. Il n’est pas question de n’enseigner que cela, mais pourquoi ne pas en faire un atout pour la réussite des élèves dans leur ensemble ? La civilisation n’est pas qu’occidentale ou française. Cet enfermement franco-français n’est d’ailleurs pas vraiment nouveau, il est même légendaire hors de nos frontières. Pourquoi, depuis si longtemps, nos jeunes se distinguent-ils par leur méconnaissance des langues étrangères, un vrai handicap dans une société globalisée ? Pourquoi notre enseignement, malgré ses grandes qualités, ne prépare-t-il pas à la démocratie et encore moins au débat ? L’élève muet en classe est notre idéal. L’élève qui s’exprime, confiant en lui, est l’idéal des pays dynamiques.

Il est temps de décongestionner l’école et l’enseignement qu’elle dispense pour donner à la France l’élan qui lui manque et l’énergie qui lui fait défaut. Et c’est dans cette perspective que la pluralité culturelle devrait être repensée, ce qui ne signifie nullement qu’il faille tomber sous la coupe de communautés et de groupes de pression qui dicteraient les programmes à leur guise – un excès dans l’autre sens qui serait la pire des choses susceptible d’arriver à une école en voie d’essoufflement.

Une réflexion est nécessaire pour casser le moule des écoles ghettos, que ce soit des ghettos ethniques ou des ghettos d’un autre ordre. Les écoles privées ont le vent en poupe. Sauvons l’école républicaine où beaucoup d’enseignants, sensibilisés aux problèmes qui l’assaillent, s’efforcent au jour le jour d’y remédier par une pratique et des activités prenant en compte la pluralité de leur public, endiguant ainsi à leur manière les effets d’une crise en passe de devenir endémique. Leur conscience pallie les carences des programmes, des livres scolaires et la surdité des tutelles.

Ce sont avec ces enseignants, pédagogues, chercheurs, hommes et femmes de bonne volonté, que nous avons organisé le 19 mars dernier une soirée à l’Unesco, où fut présenté une exposition de photos réalisée par quelques enseignants du collège Léon-Blum de Villiers-le-Bel avec leurs élèves issus de l’immigration. De même, Sébastien Ledoux, professeur au collège Jean-Vilar de Grigny et chercheur en histoire, s’intéressant spécialement aux questions liées aux devoirs de mémoire, a projeté un film réalisé avec ses élèves sur leur saga familiale, projection suivie par d’un débat réunissant différents acteurs sociaux devant une assemblée de presque trois cents personnes.

Le 2 avril, nous récidivons avec une série de tables rondes à la Sorbonne, cette fois non plus sur « École et immigration » , mais sur « Comment écrire et enseigner la pluralité culturelle à l’école ? “ On discutera de l’impact du débat public à l’école, des pratiques de la diversité dans la classe, de son fonctionnement et en dernier lieu de l’histoire face aux mémoires à l’école. Les intervenants viendront de tous les horizons : enseignants, chercheurs, intellectuels, mais aussi les recteurs de Paris et de Créteil, des inspecteurs, des éditeurs et des responsables associatifs.

L’institution est lourde, mais les bonnes volontés ne manquent pas pour dresser l’état des lieux. Les changements tardent à venir. Et pourtant de l’avenir de l’école dépend l’avenir d’une société. Ne tardons pas à le préparer, même à petits pas.

Seconde édition du Pari(s) du Vivre-Ensemble, organisée en partenariat avec Rue89. Le 2 avril, en Sorbonne, amphithéâtre Liard, à partir de 9h15. Journée clôturée par un concert de musique latino-américaine. Comité d’organisation : Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias, avec Stéphanie Laithier, Sébastien Ledoux et Vincent Vilmain. Programme sur ParisDuVivreEnsemble.org. Entrée libre et gratuite.

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  • la ptite kiné
    • Posté à 11h05 le 31/03/2008
    • Internaute 35908
      ce

    C’est quoi cette idée que l’école est la seule cause et le seul remède tous les maux ?
    C’est quoi cette idée que seule l’immigration est la source de toute les exclusion dans cette société ?
    C’est quoi cette idée que le voyage permet toutes les ouvertures intellectuelles ?
    N’y a t il pas de voyageurs aveugles ?
    ne voit on pas se multiplier des packs de voyages organisés et /ou balisés, totalement opaques à quoique ce soit d’autre que le climat et le décor de piquenique ?
    C’est quoi cette absence de défense du droit à élever ses enfants dans son propre pays entourés des membres de sa propre communauté sur sa propre terre dans sa propre langue selon ses propres valeurs ?
    Ne voit on pas l’importance pour les enfants de grandir entourés de vrais repères ?
    Ne voit on pas la souffrance des migrants ? ne voit on pas sa manifestation chez leurs enfants ? fait on semblant d’ignorer que « les Français de souche“(ça a quelque chose de rural ce terme)seront de nouveau les migrants de ce soir ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à la ptite kiné
      journaleux - blogueur
      • Posté à 13h53 le 31/03/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Je suis entièrement d’accord avec la petite kiné.

      Et par surcroît j’habite depuis plus de dix ans dans une ZEP, classée également CUCS (Politique de la Ville, pour les anciens). Ce n’est pas à l’école primaire qu’il y a des soucis, et les soucis ne viennent ni de l’immigration, ni de ce qu’on appelle de façon dégradante les « issus de l’immigration ».

      Plus de 80 nationalités se côtoient dans le vingtième, Mme Benbassa.

      Vous trouverez certes des viols ou des morts violentes (la dernière, le 17 juin, non élucidée, d’un jeune de mon quartier entre les mains de la police). Mais pas plus qu’ailleurs vous ne trouverez de soucis avant au moins la troisième.

      C’est vrai : il y a dix ans, les chiffres du ministère étaient meilleurs et montraient que les gamins issus du collège à côté de chez moi avaient un taux de réussite au bac égal à la moyenne de l’Ile de France. Il s’est dégradé depuis 2003/2004. Légèrement.

      Et je ne pense pas qu’en voyant un président de la République dire à un quidam « Casse-toi, pauv’ con » nos enfants aient envie d’apprendre à faire un quelconque effort.

      Fabien
      Lien

  • sinclair
    • Posté à 11h14 le 31/03/2008
    • Internaute 2580

    Les choses se précisent, voila que maintenant on veut casser le moule, après avoir eu la peau de la carte scolaire, financé l’école prive etc... Bon c’est un point de vue.
    Sans entrer dans le débat de l’enseignement des différences, des cultures, des religions etc débat déchainant des passions plus destructrices que constructives.

    Je rappellerai que l’école de la république avait l’ambition de donner a tout les enfants de France un même enseignement avec les mêmes moyens et la même qualité, que l’on habite a Neuilly ou au plus isolé des villages.

    Je rappellerai que l’ambition de cette école était de faire fi des origines races ou religion des enfants. Les grenouilles de bénitier et les gens qui sont nés quelque part, en hurlent encore. « gardarem lou connerie a nous »

    Je parle au passé car cette conception de l’école républicaine est en train de disparaitre sous les coups des idéologues de la pédagogie et des élitistes cyniques.

    Que l’on continue comme cela, on y est presque. Presque a la fin de ce système archaïque, pas moderne, a reformer d’urgence. Cette école peuplée d’enseignants fainéant, surpayes, qui font grève pour les moyens et la qualité de l’enseignement. Les fous.

    Bon passons aux choses sérieuses. L’enseignement coute cher, très cher. D’autres pays font beaucoup moins cher avec la clientèle qui compte. La solution est là, simple.

    Donc pour le peuple, service minimum style Grande Bretagne, USA, cela fournira de la main d’œuvre peu qualifiée peu rémunéré et abondante. Pour les autres on paye cher, l’éducation de l’héritier mais on se retrouve entre soi, entre gens convenables, avec de la qualité. Comme le niveau supérieur est rare il est bien paye et comme il ne suffit pas on importe des gens bien formes par leur pays d’origine. Donc dont la formation n’a rien coutè.

    Bénéfice énorme l’éducation Nationale est le budget le plus important de l’État, je vous dit pas les économies sur le mammouth. Je vous dit pas les bénéfices a la clé pour les entreprises, pour les plus riches l’assurance encore plus grande, d’un avenir assuré pour leurs enfants. Ce qui ne gâche rien.

    Quand va t on se rendre compte que ce n’est pas le contenu ou la manière d’enseigner qui est en cause ? mais l’existence même de l’enseignement de qualité pour tous. Tout comme l’existence de notre système de santé est menacé.

    • Scipion08
      Scipion08 répond à sinclair
      • Posté à 11h52 le 31/03/2008
      • Internaute 35600

      « Je rappellerai que l’ambition de cette école était de faire fi des origines races ou religion des enfants. »

      C’était cela, l’erreur, la grossière erreur : croire que les autres accepteraient que l’école fassent fi de leurs origines, de leur race et de leur religion ! Elle va se payer très cher…

      A la différence du zinzintellectuel français lambda, les « issus de l’immigration » n’ont pas honte de leurs racines et de leur identité, au contraire. Le mythe de l’universalisme républicain ne s’en remettra pas.

      • sinclair
        sinclair répond à Scipion08
        • Posté à 12h40 le 31/03/2008
        • Internaute 2580

        C’est là ou se trouve la différence. Croyez vous que si la république avait accepté toute les différences de religions, de particularisme régionale elle aurait existé ? Ben non ! !

        Il s’agit justement d’un idéal qui apparemment vous dépasse celui de l’universalité de l’être humain.

        Tant qu’aux « racines » parlons en. Il s’agit d’un concept a courte vue. Alors que les mouvements de population au cours des siècles ont fait que nul ne peut discerner ses origines et heureusement ? Sauf ceux qui sont ne quelque part (réécoutez Brassens et les gens qui sont nés quelque part).

        Si l’universalisme républicain est mort ou est un mythe comme vous le prêchez, alors, bonjour les races pures et les épurations ethniques mais peut être est ce votre idéal ? Ce n’est pas le mien

         
        • Scipion08
          Scipion08 répond à sinclair
          • Posté à 12h56 le 31/03/2008
          • Internaute 35600

          Ce que vous dites, Sinclair, ne présente aucun intérêt. Vous correspondez assez bien à l’idée que je me fais du « zinzintellectuel français lambda » et je connais vos théories par coeur.

          Alors, parlez-nous plutôt de ce que ressent l’immigré et l’issu de l’immigration dont vous NIEZ l’identité, non sans suffisance d’ailleurs.

          « Alors que les mouvements de population au cours des siècles ont fait que nul ne peut discerner ses origines... »

          Il y a au moins trente millions de Français qui sont au clair sur ce point, ne vous en déplaise.

          « ... et heureusement... »

          Pauvre crétin : être de nulle part, le rêve de toute une vie... : o(

          • sinclair
            sinclair répond à Scipion08
            • Posté à 15h50 le 31/03/2008
            • Internaute 2580

            Deux constats.
            -L’espèce de la chanson n’est pas en voie de disparition. L’estimation de 30 millions sans parents étranger me parait tout de même beaucoup.
            -Cette espèce est en plus devenue fort grossière

          • Miamiam
            Miamiam répond à Scipion08
            Raskolnikov
            • Posté à 16h23 le 31/03/2008
            • Internaute 30417
              Raskolnikov

            @Scipion08

            Ah ouaih ! 30 millions de français sont au clair avec leurs origines ?

            Mouaih ... bof, je doute. Et puis après, en 2008, il me semble (ou peut etre est-ce mon entourage) qu’une trés large part de la société est passée par ce qu’on appelle le métissage. Mixage qui permet de prendre de la distance par rapport à SES origines ; et de ce poser les bonnes questions ; pourquoi m’enorgueuillir de mes ancètres collabos, de mes ancêtres polygames, de mes ancètres exclavagistes ...

            Prenez le meilleur dans chacun et le reste aux chiottes !

            M’enfin, peut être avez vous le privilège de ne compter que des ancêtres valeureux, humanistes dont on ne peut qu’être fier mais si vous êtes 100 % français, j’en doute.

            • Scipion08
              Scipion08 répond à Miamiam
              • Posté à 18h19 le 31/03/2008
              • Internaute 35600

              « ..., peut être avez vous le privilège de ne compter que des ancêtres valeureux, humanistes dont on ne peut qu’être fier mais si vous êtes 100 % français, j’en doute. »

              Pour quoi faire ? Je ne juge pas les choses du passé, sur la base des modes du jour, c’est complètement anachronique. A l’époque, ça se passait comme ça, aujourd’hui, ça se passe autrement.

              Pour ma part, je prends le tout, j’assume le tout, - même la mission Voulet-Chanoine : o) -, parce que le bilan est plus que globalement positif.

        • Scipion08
          Scipion08 répond à sinclair
          • Posté à 13h01 le 31/03/2008
          • Internaute 35600

          « ...réécoutez Brassens... »

          Et vous « réétudiez » Brassens... Quand il s’est senti mourir, il est allé chercher refuge sur sa terre natale, et c’est en elle qu’il a voulu être inhumé. Alors, il y a ce qu’on chante à un moment donné, et puis, il y a ce que l’on est vraiment, tout au fond de soi...

        11 autres commentaires
  • Monique 91
    Monique 91
    ( retraitée )
    • Posté à 15h33 le 31/03/2008
    • Internaute 33804
      ( retraitée )

    Depuis ma retraite, j’aide des enfants en difficultés scolaires dans « une association de soutien scolaire »... Vous ne pouvez imaginer les difficultés qu’ils rencontrent ! ! (L’aide est indivudualisée)
    L’impresion que j’ai , c’est ( je m’occupe d’enfants de 4 ans à 15 ans )que tout va trop vite pour eux, on ne leur laisse pas le temps d’assimiler : pas assez d’exercices d’entrainement pour comprendre les nouvelles notions ... des difficultés surtout dans la compréhension de leur langue ( un vocabulaire de base très faible )

    Et que dire de leur « moral » : comment continuer à fournir des efforts quand on sait que l’on n’ obtiendra pas la moyenne ...ils vivent l’échec scolaire dès la maternelle. Arrivés au collège, ils ne croient plus à l’école comme « ascenseur social » ( et je les comprends )... et donc, ils ne font plus rien . En fin de 3ème, certains quittent l’école en ayant perdu le peu qu’ils avaient acquis en primaire ! !

    De mon point de vue, cela passe par des moyens ( or on n’ arrête pas de nous dire que là n’est pas la solution ) : dans les écoles classées ZEP, des effectifs de classe en petit nombre -15 élèves -, (au moins pour les apprentissages fondamentaux ) pour l’apprentissage du vocabulaire dans les maternelles , puis à l’école primaire, pour la lecture, le calcul, l’écriture

    Ce n’est pas d’une réforme de plus dont a besoin
    l’Ecole Républicaine mais de moyens ( que voulez-faire en collège - non classé ZEP -, lorsque de plus en plus les effectifs de classes atteignent 30 élèves ! !)

    Et on nous annonce des suppressions de postes ! ! !

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 11h22 le 31/03/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Je suis également troublé par l’orientation de votre article.
    Si il est évident que se cristalisent, dans certaines régions urbaines, les problèmes autour de l’appartenance ou pas à une culture « issue de l’émigration », celà ne résume pas de loin s’en faut les problèmes de l’Education.
    L’école de la France rurale ne va pas mieux et le « niveau » n’y est pas meilleur.
    De plus l’intégration d’élèves venant d’ailleurs ne se pose pas pour la première fois (immigrations polonaises et italiennes).
    Là où ça coince, de nos jours, tient en la paupérisation générale de la population française, immigrés et issus de en première ligne.
    Alors, travailler sur le fond culturel dans lequel baignent les enfants, bien sûr. Mais ça ne suffira pas.
    Il manquera toujours le projet collectif autour duquel doivent s’articuler les politiques d’éducation, de protection sociale. Avant toute chose, penser à la société dans laquelle nous voulons vivre.
    Ensuite on met les moyens, et c’est pas avec toutes les supressions de poste effectives et programmées (y compris dans les zep et autre collège ambition réussite) que ça va s’aranger.

    • Scipion08
      • Posté à 15h08 le 31/03/2008
      • Internaute 35600

      « Il manquera toujours le projet collectif autour duquel doivent s’articuler les politiques d’éducation, de protection sociale. »

      Pour avoir un projet collectif, il faudrait être capable de regarder tous ensemble dans la même direction ?

      Le problème, dans la société multiculturelle, c’est que chacun tire à la petite ficelle de son groupe, plutôt qu’à la « corde nationale », puisque la Nation n’existe plus qu’en tant que concept abstrait, rassemblant tout et n’importe quoi.

      « Avant toute chose, penser à la société dans laquelle nous voulons vivre. »

      Et tu commences quand ? Parce que le résultat de tes cogitations ne transparaît pas dans tes diverses interventions…

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Scipion08
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 18h35 le 31/03/2008
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        « Et tu commences quand ? »

        Faut enlever la barre de fer en travers de votre cervelle, Monsieur le Maréchal, si non l’air s’échappe et ça crée des bulles** qui font pchitt.

        J’en ai plein l’écran.

        ** Petite note d’ironie, bien sur, pour désigner vos « cognitions » qui pèguent.

        On en voit le bout

        Lien

  • dalun
    • Posté à 11h26 le 31/03/2008
    • Internaute 29964

    en 1975 nous pouvions quitter l’école sans diplome et reprendre nos études après un temps de travail , d’expérimentations ,aujourdhui : pas d’epérimentation , faut choisir vite ,sinon : sanction social ! et cette vitesse ce zapping est débilisant et empèche toute réfléxion ......il est nécéssaire donc que des groupes de personnes travaillent au mieux etre des momes dans et hors de l’école ..ça aide

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 12h56 le 31/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Pour autant que je me souvienne les « lois Jules Ferry » de 1881 et 1882 n’étaient qu’une réaction à la défaite de la France face à la Prusse en 1870, considérant que les soldats allemands était mieux instruits que les soldats français.

    Le rôle de l’école de la république (qui ne concernait que l’école primaire) était dès lors le moyen pour la nation d’obtenir de bons petits soldats et de bons petits ouvriers. L’école apprenait à tous la lecture, l’écriture et le calcul. Son rôle n’était pas d’être un vecteur de promotion sociale. Ceci relevait de l’exception et récompensait l’élève « fils d’ouvrier méritant » !

    En cela, le système était donc élitiste. Et il l’est resté, car le pays a toujours plus besoin d’ouvriers et d’employés correctement instruits que d’ingénieurs ou de cadres bancaires. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais un simple constat numérique.

    Pour des raisons politiques, on a voulu faire croire que l’école était un vecteur d’ascension sociale. Que l’école permette à un fils d’ouvrier de devenir ingénieur ou chercheur n’est pas à mettre en cause. L’erreur est de faire croire que tout le monde peut y arriver, ce qui est une hérésie dans la mesure ou nous n’avons tous pas les mêmes capacités intellectuelles ou manuelles et que le nombre de « places disponibles » n’est pas extensible.
    Politiquement, le diplôme semblait être le moyen le plus évident de distinguer ceux qui avaient réussi leur ascension. On imagina donc que mener 70% de chaque classe d’age au baccalauréat ferait l’affaire. Le baccalauréat, c’était le certificat d’études des riches…
    Moralité, pour y arriver, on a simplement diminué le niveau d’exigence et, désormais, 70% d’une classe d’age a en poche un diplôme sans valeur réelle. Et la promotion sociale par l’école n’existe toujours pas.

    D’autant qu’en baissant le niveau d’exigence, on se retrouve avec des jeunes gens qui maîtrisent à peine la lecture et l’écriture, qui sont pourtant la base d’une « bonne » instruction et qui sont indispensables dans la vie quotidienne.

    Tellement concentrés sur « l’ascenseur social », les politiques et l’école ont laissés sur le bas-côté des générations d’élèves qui ne pouvaient pas s’intégrer dans ce système élitiste par nature. Aujourd’hui, on appelle ça « l’échec scolaire » comme si l’échec n’était pas théoriquement possible et qu’il était honteux.

    Ce qui est honteux c’est qu’on ait créé de toute pièce une société intellectualisée où ceux qui ne peuvent pas s’y intégrer sont des parias.
    Au diable l’apprentissage, haro sur les artisans et les métiers manuels. Les gamins en « échec scolaire » n’ont plus de solution pour s’intégrer socialement par le travail. D’ailleurs ils ne l’envisagent même pas, tant on leur a expliqué que la seule solution pour réussir dans la vie était d’avoir le plus de diplômes théoriques possibles.

    Et maintenant, on voudrait nous faire croire que l’école a aussi un rôle de ciment d’une société multiculturelle ?
    Encore une fois, on va droit dans le mur. Le rôle de l’école est dans la transmission du savoir, pas dans l’éducation, qui relève avant tout de la sphère familiale. L’école transmet le savoir de la même manière à tous les élèves, sans distinction de race, religion, classe sociale et sexe ; c’est en cela qu’elle peut jouer un rôle de ciment, mais elle doit restée concentrée sur son rôle de vecteur de savoir avant de jouer avec autre chose.

    Alors, oui, il faut revenir aux fondamentaux. La lecture, l’écriture et le calcul sont la base de tout enseignement. Sans ceux-ci, la suite est compromise.
    Le rôle des diplômes et de leur utilité doit sûrement être repensé et l’importance de l’enseignement théorique également. L’artisanat et l’apprentissage doivent reprendre la place qui leur est due.

    Quant aux écoles ghettos, elles n’existent que parce qu’il existe des logements ghettos. Les enfants de familles défavorisées se retrouvent dans les mêmes écoles parce qu’ils vivent dans les mêmes villes ou quartiers.
    Ce n’est donc pas sur l’école qu’il faut influer mais sur la politique du logement. Le travail à faire dans ce domaine est tout aussi énorme, mais il permettrait à l’école de se concentrer sur sa seule et unique mission : l’enseignement !

    Lien

    • admirateur-
      admirateur- répond à DidierB63
      • Posté à 19h19 le 01/04/2008
      • Internaute 32111

      Tout à fait d’accord sauf sur deux points :
      1 - les lois de 18881-1882 dites de Jules Ferry sont consécutives aux luttes du 19e des enseignants pour s’affranchir de la tutelle de l’Église
      2 - lire, écrire, compter sont les objectifs maximaux que se fixait l’enseignement du 19e siècle ; les lois de 12881-1882 fixent des objectifs bien plus ambitieux à l’école publique... il serait fondamental d’y revenir !

  • Humain
    • Posté à 12h33 le 31/03/2008
    • Internaute 21387

    sur le fronton de mon école était inscrit :

    Liberté, egalité, fraternité.

    Pourquoi donc l’a t’on effacé ?

    • Scipion08
      Scipion08 répond à Humain
      • Posté à 12h59 le 31/03/2008
      • Internaute 35600

      C’est de la théorie ! Personne n’y a jamais vraiment cru...

      Comme le papier se laisse écrire, la pierre se laisse graver... : o)

  • Jambalaya-
    Jambalaya-
    Le contenu de ce champ apparaît (...)
    • Posté à 13h48 le 31/03/2008
    • Internaute 25992
      Le contenu de ce champ apparaît (...)

    La collabo dhimmi Benbassa a encore frappé...

  • dalun
    • Posté à 13h59 le 31/03/2008
    • Internaute 29964

    écrire ,graver ,sculpter ,peindre ,respirer ,chanter ,sentir ,planter ,......aimer....le travail d’une vie (et encore )l’homme théorique n’est pas ! .... la pierre est autre si l’homme peut y travailler ,c’est pas si simple ...ceci demande une bonne dose de coups et de retenu ! du respect , du tact , de l’attention .

  • Obash
    • Posté à 19h07 le 31/03/2008
    • Internaute 9228

    Education et pluralité culturelle ? Que je sache, il y a toujours eu des vagues d’imigration en France. Et si cela posait problème dans le cadre de l’éducation, je n’en ai pas entendu parler.

    La question de base n’est elle pas plutôt « Quel est le rôle de l’éducation dans le monde actuel » ? Veut on former les futurs employés de demain en fonction des besoin des entreprises ? Veut on former des individus savants et critiques ? Ces deux options sont-elles compatibles ?

    La première option, certes pragmatique, existe déjà dans certains pays comme le Canada. Peu de cours d’histoire, de biologie, de philosophie et de littérature. On apprend les bases pour pouvoir entrer à l’université, et une fois à l’université, on se spécialise. Certes, la plupart des Canadiens manquent souvent de culture générale, de sens critique, mais franchement, allez leur demander, ils ne s’en portent pas si mal.

    La deuxième option est typiquement française. Quel pays met la culture générale plus en avant que la France ? Mais ce type de raisonnement est il réellement adapté à notre monde dominé par les entreprises ? La culture n’est elle pas une affaire personnelle ? Là, je me questionne...

    Mais l’école se résume t’elle à la seule connaissance ? Où apprend on le plaisir de travailler, la satisfaction d’un travail bien fait, l’estime de soi ? Certes, on peut l’apprendre ailleurs mais étant donné qu’un enfant passe la majorité de son temps à l’école (ce qui reste étonnant d’ailleurs puisque les pédo-psychiatres répètent depuis des lustres que la concentration d’un enfant sur sa chaise est limitée à 4h par jour...)

    En fait, peut être que la question de l’éducation découle d’une autre question à laquelle notre pays devra répondre un jour : quel monde voulons nous construire ?

    • Molto
      Molto répond à Obash
      • Posté à 21h35 le 31/03/2008
      • Internaute 24607

      @ Obash
      Quel monde voulons-nous construire ? c’est une question très ambitieuse pour un pays en perte d’influence comme le nôtre. Et la tendance bling-bling n’arrange rien.

      Je vous suggère plutôt la question :
      Quel « monde » pouvons-nous construire ?

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 22h22 le 31/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    la culture une affaire personnelle ? ! alors là j’hallucine ! « ou apprends t’on le plaisir de travailler ? “ dites vous , alors donc vous etes pret a penser qu’il faudrait oublier un peu l’inutule culture et plutot apprendre a travailler ? Ce monde là , vous le faites sans moi ! le conditionnement au boulot c’est bon pour les camps de jeunesse de l’ex URSS ou de Petain ! ‘Former les futurs employés en fonction des besoins des entreprises’ , bah non ! que l’ecole nous apprennent la responsabilité et l’independance d’esprit plutot que la vie a credit et en troupeau des homo-economicus ! le travail est un moyen pas une fin en soi ! Et tant qu’on y est on pourrait apprendre a nos futurs elites a cesser de prendre les enfants de la classe ouvriere et donc la France d’en bas pour des cons ! un peu plus d’honneteté et de droiture pour un peu moins de cupidité et de venalité !

    • Scipion08
      Scipion08 répond à cooper59
      • Posté à 00h08 le 01/04/2008
      • Internaute 35600

      « ...l’ecole nous apprennent la responsabilité et l’independance d’esprit plutot que la vie a credit et en troupeau des homo-economicus ! »

      Et SDF peut être une condition tout à fait tenable. Surtout pour un type responsable et indépendant d’esprit...

    • Scipion08
      Scipion08 répond à cooper59
      • Posté à 00h08 le 01/04/2008
      • Internaute 35600

      « ...l’ecole nous apprennent la responsabilité et l’independance d’esprit plutot que la vie a credit et en troupeau des homo-economicus ! »

      Et SDF peut être une condition tout à fait tenable. Surtout pour un type responsable et indépendant d’esprit...

  • Lo Stesso
    Lo Stesso
    Belleville
    • Posté à 22h22 le 31/03/2008
    • Internaute 36293
      Belleville

    Il y a évidemment un vrai problème de racisme endémique de la société française à l’égard des non-blancs (et non un problème « de l’immigration »). Cela n’a jamais choqué personne qu’un immigré « de deuxième génération » devienne président de l’Assemblée nationale comme le fut Raymond Forni en 1997. D’ailleurs l’on n’a pas entendu la gauche jospinienne se targuer alors de symboliser la « diversité » (néologisme politique d’une éminente hypocrisie). En revanche, il suffit de considérer la monochromie blanche absolue du corps législatif ou de la toute dernière vague de premiers magistrats municipaux pour voir que c’est pas demain la veille qu’un Français arabe ou noir se verra considérer sous le seul sceau d’un « universalisme républicain » bien mythique.

    L’apartheid scolaire et les mécanismes d’exclusions induits par la relégation, la concentration et la ségrégation des Français issus de la population coloniale sont hélas trop bien connus.
    Lien

    Il me semble toutefois que – bien avant le facteur « culturel » – la question scolaire est prioritairement une question sociale – étroitement innervée à la politique du logement – et un choix politique de premier ordre.

    Avec toutes les bonnes volontés du monde, on pourra retourner le facteur « culturel » dans tous les sens, il n’y a guère d’espoir pour la promotion individuelle dans des classes de 30, voire désormais 35 élèves. Est-ce si idiot de croire que, dans l’un des pays les plus riches et les plus démocratiques du monde, un plafond de 15 élèves par classe soit plus à même de répondre au défi de la scolarisation de masse et des « ambitions-réussites » individuelles ? Hélas pour la gauche-les-mains-dans-le-cambouis cet objectif est depuis longtemps passé par pertes et profits. Et la gouvernement actuel, après avoir fanfaronné sur tous les fronts médiatiques sa politique prioritaire de soutien scolaire (« les orphelins de 16 h » si chers au cœur du président), a opéré à peine six mois plus tard une retraite absolue. Depuis février, tous les établissemenst scolaires ont reçu leurs arbitrages budgétaires pour la rentrée prochaine. Partout, ce n’est que diminution des horaires accordés et suppression des moyens supplémentaires trompettés en septembre dernier. Résultats directs : fermeture de classes, augmentation (encore !) du nombre d’élèves par classe, augmentation du nombre de classes par enseignants. Résultats encore plus directs dans les établissements ZEP (za’ama « prioritaires ») : suppression des dispositifs de soutien scolaires mis en place à peine six mois plus tôt.

    Depuis deux mois, au fur et à mesure que leurs « DHG » (dotation horaire globale) sont annoncées aux chefs d’établissements, des grèves surprises éclatent dans les collèges et lycées, plus ou moins touchés, plus ou moins motivés. Fort heureusement le saupoudrage des annonces gouvernementales permet le saupoudrage et l’isolement de ces grèves.

    Alors, on peut s’emberlificoter sur le « culturel » à loisir, mais tant que la concrétisation des priorités politiques se traduit par le recul de l’Etat, du service public, et l’attribution au structures privées des budgets publics promis (ainsi pour le soutien scolaire), je ne crois pas que ces digressions sur le « vivre ensemble » apportent un quelconque espoir collectif. Bien sûr, l’on peut espérer que les élites françaises intègrent enfin, un jour, le fait que l’on puisse être Français et arabe, Français et Noir, et que l’on vit de facto depuis plusieurs décennies dans une société multiculturelle sans que cela soit un frein à l’activité économique et sociale. Malheureusement, je ne crois pas que l’on puisse en faire une politique, si ce n’est par la répression des discriminations.

    En revanche, pour un parti soucieux de progrès et de justice sociale : une politique prioritaire d’investissements massifs dans l’éducation et le logement, voilà de quoi cadrer un « plan Marshall », et une politique de « grands travaux » susceptibles de répondre aux défis présents et de créer des emplois. Ah mais non, c’est vrai, c’est de l’angélisme… mieux vaut socialiser les pertes des banques d’affaires et des grandes entreprises aujourd’hui pour mieux privatiser les bénéfices de demain…

    C’est l’histoire d’un type qui tombe d’un immeuble de 50 étages. A chaque étage qui passe il se dit « Jusqu’ici, tout va bien. Jusqu’ici, tout va bien. » Parce que le plus dur, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage (© Mathieu Kassowitz, « La Haine », 1995)

    • Scipion08
      Scipion08 répond à Lo Stesso
      • Posté à 00h02 le 01/04/2008
      • Internaute 35600

      « Cela n’a jamais choqué personne qu’un immigré “de deuxième génération” devienne président de l’Assemblée nationale comme le fut Raymond Forni en 1997. »

      Ca n’a pas choqué beaucoup de monde non plus qu’un immigré de deuxième génération devienne ministre de l’Intérieur puis président de la République... Encore que son comportement présidentiel, et sa yankeephilie, ne soient pas français au sens gaullo-pompidolo-giscardo-mitterrando-chiraquien du terme !

      Maintenant, pour ce qui est des ministres non Blancs, je vais te surprendre en te révélant que le Brésil – ouais, ouais, le non-raciste Brésil de tous les mélanges – ne compte que deux métis sur vingt-six ministres, tous les autres étant résolument caucasiens, alors que les Blancs ne représentent que 40 % de la population du pays.

      J’ajoute que les ministrés ont été mis sur de semi-voies de garage, en se voyant attribuer l’environnement pour Marina Silva, et la culture, pour Gilberto Gil, un saltimbanque…

      Alors, tu vois, la France n’a pas grand-chose à se reprocher…

      « l’on vit de facto depuis plusieurs décennies dans une société multiculturelle sans que cela soit un frein à l’activité économique et sociale. »

      Ça, ça reste entièrement à démontrer ! En outre,si d’aventure, cela ne constituait pas un frein à l’activité économique et sociale, il resterait l’obstacle à l’homogénéité culturelle et psychologique des populations...

      « ... une politique prioritaire d’investissements massifs dans l’éducation et le logement, voilà de quoi cadrer un “plan Marshall”, et une politique de “grands travaux” susceptibles de répondre aux défis présents et de créer des emplois. Ah mais non, c’est vrai, c’est de l’angélisme… »

      C’est-à-dire qu’avant même d’être de l’angélisme, ce serait d’abord de l’argent foutu, eu égard aux expériences déjà faites dans ce domaine !

      • Lo Stesso
        Lo Stesso répond à Scipion08
        Belleville
        • Posté à 00h54 le 01/04/2008
        • Internaute 36293
          Belleville

        Que le fils d’un ex-édile municipal hongrois en fuite à l’étranger pour échapper à une condamnation pour détournement d’argent public devienne président de la république ne me paraît pas d’une grande vertu démocratique en soi. Et quel que soit le complexe d’infériorité de Nicolas de Nagy-Bocsa à l’égard de la très haute bourgeoisie française, je n’ai pas l’impression qu’il ait connu le cumul des discriminations et la ségrégation qu’ont connu les populations non issues du moule européen blanc et que leurs descendants continuent de subir (quand bien même leurs propres parents sont nés en métropole). Son parcours politiques, ses actes, ses engagements n’en donnent guère le sentiment. Sans parler de son acharnement à récupérer à son profit la vulgate raciste de l’extrême droite.

        Quant au Brésil ? Que vient-il faire ici ? A ce que je sache, le Brésil ne s’est jamais autoproclamé patrie des droits de l’Homme, des Lumières. Le Brésil ne prétend pas guider le monde par son modèle républicain « universaliste ». Ce sont bien tous les discours officiels français qui ronronnent sur ces mythes. A charge pour ce « modèle » d’en rendre compte.

        Quant à l’homogénéité « culturelle et psychologique » des « populations »… oui, c’est la grande fable de l’idéologie officielle. A ce que je sache, ceux que l’on désigne immigrés de 2e, 3e, 4e, Xe génération ce ne sont jamais des descendants de ritals, d’espingouins, de portos,de polaks, de belges. Mais toujours ceux qui ont le mauvais goût de ne pas paraître très catholiques, ni de faire patte blanche à souhait. Ceux que l’on nomme pudiquement les « minorités visibles ». La « république » ne connaît ni noir, ni jaune, ni blanc, ni vert… en théorie… et pourtant elle ne cesse de pointer du doigt ces « visibles » dans une riche rime avec « nuisibles ». Cette France républicaine « universaliste » s’est aussi très bien accommodé jusqu’à il y a moins d’un demi-siècle des infâmies constitutionnelles des codes de l’indigénat successifs, codes de l’esclavage light.

        Et pourtant, les écoliers de Bondy comme ceux de Neuilly sont dans leur immense majorité nés dans le même pays, ont été scolarisés par la même école publique et socialisés dans la même culture de masse. Leur fond culturel commun est bien plus large que leurs différences. Ce sont les mêmes radios, les mêmes musiques, les mêmes programmes télés, les mêmes films, les mêmes bouquins qu’ils plébiscitent. En revanche, en ce qui concerne les conditions économiques et sociales et les discriminations rencontrées dans l’accès à l’éducation, au logement, à l’emploi et aux loisirs, là, effectivement, nous ne sommes plus du tout dans la même homogénéité.

        Et pour ce qui est de l’argent foutu pour les plans Marshall… à ma connaissance il n’y a jamais eu de véritable plan d’envergure à ce sujet depuis… le vrai plan Marshall et la reconstruction. Couplé au programme du CNR, je n’ai pas l’impression que cela ait été véritablement « de l’argent foutu » dans l’édification d’un modèle économique, social et politique pour une société qui sortait des ravages de la 2nde GM.

        Ne confondons pas le saupoudrage clientéliste des politiques de la ville successives avec une loi-cadre et une politique de grands travaux ad hoc.

         
        • Scipion08
          Scipion08 répond à Lo Stesso
          • Posté à 01h13 le 01/04/2008
          • Internaute 35600

          « Leur fond culturel commun est bien plus large que leurs différences. »

          Ca, c’est ce que tu as besoin de croire, en fonction de tes postulats idéologiques...

          « à ma connaissance il n’y a jamais eu de véritable plan d’envergure à ce sujet depuis… le vrai plan Marshall et la reconstruction. »

          Ouais, mais le vrai était destiné à des Français, à des Allemands, à des Italiens, c’est-à-dire du solide sur lequel les Américains savaient pouvoir compter...

        • Scipion08
          Scipion08 répond à Lo Stesso
          • Posté à 01h13 le 01/04/2008
          • Internaute 35600

          « Leur fond culturel commun est bien plus large que leurs différences. »

          Ca, c’est ce que tu as besoin de croire, en fonction de tes postulats idéologiques...

          « à ma connaissance il n’y a jamais eu de véritable plan d’envergure à ce sujet depuis… le vrai plan Marshall et la reconstruction. »

          Ouais, mais le vrai était destiné à des Français, à des Allemands, à des Italiens, c’est-à-dire du solide sur lequel les Américains savaient pouvoir compter...

        2 autres commentaires
  • Obash
    • Posté à 23h09 le 31/03/2008
    • Internaute 9228

    @Cooper59

    Excusez moi, mais je pense que vous m’avez mal compris, mais peut être est ce ma faute. Je n’ai jamais dit quelle était ma préférence, j ai juste voulu vous montrer qu’il y a d autres facons de voir les choses. Ayant vécu au Canada (entre autres), j ai pu observer et remettre en question certains comportements. Ainsi, votre (notre) facon de penser, que nous défendons, n’est pas toujours partagée par tous.

    Pour ce qui est du travail, oui, on peut l’apprécier. Certes, le travail est un moyen, mais il peut être plus que cela. Il est aussi un milieu social, par exemple.

    Pour ce qui est de la culture générale, elle est à mon humble avis une affaire personelle. Primo, pensez vous que nous avons tous le même besoin de savoir, de connaitre et de comprendre ? Regardez autour de vous ! Combien ferment les yeux ? Combien préfèrent rester plantés devant leurs TV ? Combien vont à la bibliothèque ? De quel droit décidez vous à leur place ce qui est bon pour eux ?

    Deuxio, comme je vous l’ai dit, certaines cultures semblent plutot heureuses, avec des oeillères, peut être, mais heureuses... Mais nous, Francais bien traditionalistes, ne pouvont accepter cela. Non, car nous ne pouvons tolérer que d’autres pensent et agissent selon d’autres idéaux...

    Il faut donner à ceux qui le veulent les moyens de se cultiver.
    Ceux qui sont réellement curieux iront d’eux même chercher à comprendre.

    Et puis, regardez le résultat. Nous sommes aujourd hui mieux éduqués dans l’ensemble. Mais sommes nous plus raisonnables pour autant ? Ne confondez pas éducation et intelligence sociale.

    • cooper59
      cooper59 répond à Obash
      nazer c pueril et con
      • Posté à 02h14 le 01/04/2008
      • Internaute 18535
        nazer c pueril et con

      bonsoir Obash , bon ,vous ecrivez que nous sommes mieux eduqués , faut le dire vite dans la mesure ou je trouve le niveau culturel , a la sortie du secondaire ,assez bas finalement.Je rajouterais aussi que les rapports sociaux ne sont pas du tout comparables , entre le Canada , que vous connaissez donc et la France , j’aimerais bien que ce soit ici comme au Canada ! les relations patrons/employés sont ici toujours plus proches du 19eme siecle que du 21eme ! les choses evoluant tres lentement ,suffit de voir ce qui se passe dans les usines , les grosses entreprises et meme les administrations .quand a l’education et l’intelligence du corps social , je ne confonds pas mais les relations entre les deux en interessent plus d’un , d’ou la volonté d’implication des milieux economiques dans le systeme scolaire .

      • Scipion08
        Scipion08 répond à cooper59
        • Posté à 09h27 le 01/04/2008
        • Internaute 35600

        « ...j’aimerais bien que ce soit ici comme au Canada... »

        Ca peut pas, pour cette raison très simple que le Canada est habité par des Canadiens, et que la France reste majoritairement habitée par des Français.

        Les choses qui se passent et qu’on observe sont conformes à l’identité de ceux qui en sont les protagonistes.

        Prétendre changer cela est une imbécilité majeure. Majeure, mais très fréquente de notre temps...

  • Obash
    • Posté à 23h15 le 31/03/2008
    • Internaute 9228

    @ Molto
    Bonsoir,
    Oui, j’hésitais justement...mais je ne trouvais pas la formulation adéquate. Mea culpa.

  • Lebeau971
    Lebeau971
    enseignant en guadeloupe
    • Posté à 00h46 le 01/04/2008
    • Expert 36748
      enseignant en guadeloupe

    La baisse de niveau au cycle 3, que j’ai contatée depuis longtemps est extrèmement inquiétante. Elle est aussi liée à l’incapacité que nous avons à l’école de faire passer des enfants à des niveaux supérieurs de compréhension et de culture ;
    Tout ce passe comme si nous nous contentions de reproduire, de prolonger le niveau tant culturel que social des enfants que nous recevons.
    Quand serons-nous capables de nous accrocher à des enfants et non à des programmes ?

  • Obash
    • Posté à 01h26 le 01/04/2008
    • Internaute 9228

    En effet, j’ai fait le même constat pour l’université.
    Terrible de constater que l’étudiant recherche la bonne note mais non la compréhension.
    Terrible la réponse à la question traditionnelle du premier cours « Pourquoi avez vous choisi cette discipline ? Ben, heuu, j ’sais pas. »
    Terrible aussi de voir l’étudiant ne jamais contredire son prof, chercher la petite bête qui remet en cause la théorie.

    Nous créons actuellement de bonnes têtes bien pensantes, bien normées, surtout pas créatives. A qui la faute ? Peut être notre société qui cherche à faire rentrer dans le rang de la normalité toute personne « originale ».
    Un prof m’avait dit « tu auras le droit d’avoir une opinion lorsque tu seras en doctorat ». Or c’est pendant l’enfance qu’on apprend à réfléchir.

    Il me semble d’ailleurs que P-G de Gennes avait fait la même remarque lors d’une interview.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 02h21 le 01/04/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    C’est exactement ça , la societé coupe toutes les tetes qui depassent un peu , la normalité contre l’originalité ; ne cherchez pas plus loin , vous etes en plein dessus . Et c’est ce que veut le monde des entreprises , qui a tout a gagner là dedans et qui a toujours un coup d’avance . En France en tout cas . ailleurs c’est peut etre different .

  • Obash
    • Posté à 02h57 le 01/04/2008
    • Internaute 9228

    Rebonsoir Cooper59
    Vous avez dit que les rapports sociaux en france et au canada sont différents, j approuve totalement. Alors justement que la france met en place des systèmes inspirés du canada (imigration, système universitaire, etc.), nos politiques ne semblent pas comprendre ces différences qui pourtant sautent aux yeux. Et après, on s’étonne que ca tourne pas rond, alors on refait une réforme, puis une autre et encore une autre...
    Je me souviens à titre d’exemple la mise en place d’une méthode de travail japonaise que l on voulait mettre en place en France. Ca a été la catastrophe... Ne serait ce que pour une seule et bonne raison, les francais n’ont pas compris cette méthode, ils ne pouvaient pas : cela demandait une connaissance intime de la société japonaise...

    Alors bon, réflechissons un peu, arrêtons de suivre l’exemple des autres ! Alors peut être parviendrons nous à créer une société qui corresponde à nos valeurs et à nos besoins.

    Au travail messieurs dames !

    • Scipion08
      Scipion08 répond à Obash
      • Posté à 09h30 le 01/04/2008
      • Internaute 35600

      « Ne serait ce que pour une seule et bonne raison, les francais n’ont pas compris cette méthode, ils ne pouvaient pas : cela demandait une connaissance intime de la société japonaise... »

      Faux ! Pour comprendre ladite méthode, il faut posséder l’identité japonaise. Connaître ne sert strictement à rien. Les schémas mentaux des Nippons sont totalement différents et un Français peut vivre cinquante ans au Japon, sans jamais les acquérir !

  • Obash
    • Posté à 15h48 le 01/04/2008
    • Internaute 9228

    quand je dis « connaissance intme », c est n est pas pour rien.

  • NELEPHANT
    • Posté à 23h13 le 02/04/2008
    • Internaute 16293

    Je me suis volontairement tenu à l’écart de ce débat sur l’article de Mme Benbassa, rien que pour voir où les échanges entre forumeurs allaient nous emmener.

    Et comme prévu, ça a dérapé : entre élitisme et populisme, entre xénophilie et xénophobie, entre racisme au front bas et angélisme pluralisant. Ne serait-ce pas parce que, à la base, le problème a été mal posé/mal pensé ?

    Pourquoi la République a-t-elle institué l’enseignement obligatoire, laïque et gratuit ? Seulement pour adapter la main d’oeuvre ? Ou pour délivrer les futurs citoyens des sujétions de l’ignorance et de la superstition ?

    Qu’est-ce que la diversité à l’école ? Une valeur qu’il faudrait absolument préserver ? Ou seulement une donnée sociologique qu’il convient de dépasser, afin que les générations futures aient une base commune du vivre-ensemble et du respect de l’autre ?

    Que doit contenir l’acte d’apprendre et celui d’enseigner ? Une simple confirmation de l’enseigné dans sa seule particularité, ou la possibilité de s’abstraire de sa particularité pour accéder à d’autres savoirs et d’autres univers ?

    C’est pourquoi, notamment, lorsque Mme Benbassa énonce qu’il faut que les deshérités soient « valorisés », j’estime qu’il faut poser la question de savoir ce qu’il faut valoriser chez eux, ou s’il ne convient pas plutôt de valoriser le savoir.

    Je trouve extrêmement léger et dangereux d’énoncer que les valeurs de la République sont forcloses, pour cause de mondialisation. Ce sont au contraire les seules qui nous permettront de résister à l’obscurantisme qui sévit tant au Sud qu’à l’Ouest, et qui nie l’évolution, le droit à disposer de son corps, la dignité des femmes, la diversité des croyances, le droit d’en changer et même de n’en avoir aucune.

    In fine,le « climat antimusulman » a bon dos : pourquoi serait-il plus à mettre en cause que la mise à distance de tous les autres cultes ?

    Cet article me semble conforme au reste de la production de Mme Benbassa : très filandreux, passablement hypocrite, et-oserais-je ? ....jésuite.

  • Muslim-
    Muslim-
    Esprit Libre
    • Posté à 10h01 le 03/04/2008
    • Internaute 34159
      Esprit Libre

    L’Orientation Scolaire : Enjeux & Pièges pour la Jeunesse Musulmane

    Chaque année, au moment de l’orientation scolaire, les parents sont face à la même problématique concernant le devenir de leurs enfants qui fait naître beaucoup d’interrogations. Des questions légitimes qui impliquent des réponses propres à chaque situation en prenant en compte la complexité des situations qui sont elles même directement liées à l’environnement de nos enfants. Au sein de la communauté musulmane, l’une des premières constatations simples ; c’est l’orientation massive de nos enfants vers des filières manuelles et techniques « voie de garage » dont nous connaissons tous les débouchés et le statut social que cette dernière accorde à celui qui l’emprunte. Dans chaque établissement, on trouve une équipe éducative rassemblant l’ensemble des personnes qui interviennent dans la scolarité d’un enfant : les parents, les enseignants, le directeur ou chef d’établissement, le médecin, le psychologue ou conseiller d’orientation-psychologue et le cas échéant l’assistante sociale ou l’éducateur qui travaille avec la famille.

    Malheureusement, nos parents ne sont pas encore assez impliqués dans cet organe consultatif qui pèse dans l’avenir de nos enfants. Il est urgent de prendre conscience de notre devoir de nous engager au niveau local dans les collèges et les lycées. Le rôle de l’équipe éducative de l’établissement, de par sa proximité avec votre enfant, doit participer via le dialogue et la concertation, au suivi individuel de l’élève, en particulier dans l’élaboration de son projet d’étude et d’orientation. Sachez que ce n’est pas une instance de décision mais un groupe de travail qui est là pour réfléchir sur les perspectives à envisager pour la poursuite de la scolarité de votre enfant et de l’élève.

    Le problème dans l’orientation scolaire, c’est que la psychologie de l’élève en difficulté n’est pas toujours comprise et prise en compte par l’équipe éducative. Les conséquences de l’orientation peuvent être catastrophiques pour l’élève en période de crise d’adolescence et de développement. La vigilance des parents est primordiale pour la validation et l’approbation des propositions d’orientation. Le handicap majeur, c’est qu’une grande partie des parents dans notre communauté sont loin de connaître, de pouvoir analyser les enjeux et les conséquences des décisions qui sont prises en amont. Il faut mettre en place au sein des mosquées des groupes de consultants en orientation scolaire, en s’appuyant sur les membres ayant réussit dans leur parcours scolaire et professionnel, pour venir en aide aux parents qui souvent ne maîtrisent pas le français. Il faut encourager les parents à s’impliquer d’avantage dans les réunions parents-élèves et conseil de classe.

    Il est évident qu’il faut cesser les positions victimaires faciles, la discrimination dans la société est une réalité certes qu’il faut dénoncer énergiquement, mais il faut surtout nous organiser pour dépasser tout cela et donner les moyens à nos jeunes d’avoir du soutien scolaire et un vrai suivi dans leur parcours. Nous avons la chance encore en France d’avoir un système méritocratique qui permet l’ascension sociale, malgré tous les reproches que l’on peut lui faire. Si on ne s’implique pas au niveau local et que l’on ne va pas au devant de nos responsabilités dans la vie scolaire de nos enfants, on risque de se lamenter sur notre sort encore très longtemps. Il est révolu le temps où nos parents estimaient que l’on est là que de passage en France. Notre avenir et celui des générations à venir se jouent aujourd’hui. On doit faire siennes les problématiques scolaires de nos quartiers. A nous de sensibiliser, de faire réagir nos élus et impliquer l’ensemble des habitants pour exiger des réformes dans l’encadrement des jeunes à l’école.

    Il faut que chaque musulman, qui a eu l’occasion de faire des études, prenne en charge et parraine au moins un enfant parmi ses proches ou dans son quartier pour le coacher et lui montrer les différentes possibilités d’orientations. L’orientation de nos enfants peut être une réussite si nous savons faire preuve de solidarité et de générosité en direction de ceux qui sont délaissés par le système. La réussite d’un musulman n’est une réussite que si elle profite à l’ensemble de la Ummah et de la société en général.

    R.A
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