Chasse a cool

Le coolhunting, inventé aux débuts des années 90, est l'étude des nouvelles tendances et du climat d'une époque (le "Zeitgeist"). Mutations technologiques, contre-culture, marges sociales… le blog Chasse à cool a pour ambition de vous permettre de mieux anticiper et comprendre notre époque.

Squattez un ancien commissariat ou une chapelle en toute légalité

Samuel Degasne
Journaliste
Publié le 06/04/2008 à 13h25


Bâtiments mis en location sur Camelot Property (DR).

On peut désormais habiter dans un commissariat, un pub ou une chapelle. Conséquence d’un assouplissement de la loi ? Non. Depuis quinze ans, Camelot Property se charge de repérer des lieux inoccupés en attente de rénovation ou de destruction en échange d’un contrat de gardiennage. En France, c’est Lancelot qui assure depuis cette année le relais du groupe européen.

« Cherche locataire pour ancien hôtel désaffecté : 159€/mois. » L’annonce pourrait être une blague de mauvais goût, si la formule n’avait pas séduit plusieurs pays européens. Il faut avouer qu’habiter un lieu hors du commun en guise de logement temporaire a de quoi rendre jaloux tout amateur d’émissions de décoration.

L’initiative vient de spécialistes de la prévention d’occupation illégale. Le premier bureau s’est ouvert aux Pays-Bas en 1992. La société s’est par la suite développée au Royaume-Uni, en Belgique, en Irlande et désormais en France. Le panel d’habitations va de l’usine désaffectée au centre commercial en cours de réhabilitation, en passant à l’école en démolition ou le château bientôt mis en vente.

Des gardiens improvisés, qui évitent l’arrivée de « vrais » squatteurs

La solution est idéale pour ceux qui déménagent souvent ou ceux qui ne peuvent payer les prix du marché immobilier local. En échange d’un prix dérisoire, les gardiens improvisés -pour la plupart de vrais candidats au logement ou des bobos en mal de sensations- préviennent de tout acte de vandalisme, de problèmes de tuyauterie ou de toiture, et de la présence de squatters non autorisés.

Aux Pays-Bas, 8 000 personnes vivent ainsi, confirmant le potentiel européen autour de plus de 35 000 logements de ce type. En France, ce serait entre 50 000 et 60 000 personnes qui seraient intéressées, avec une quinzaine de bâtiments qui seraient disponibles fin 2008.

Pour postuler, il faut justifier d’un emploi fixe et de fiches de salaires des derniers douze mois. Attention enfin, les enfants et les animaux ne sont pas acceptés, seules l’eau courante et l’électricité sont assurées et une inspection mensuelle est effectuée par l’agence.


Bâtiment mis en location sur Camelot Property (DR).

Etymologiquement, le terme même de « squat » est intéressant. Venant de l’anglais « s’accroupir », il définissait l’action d’occuper un lieu inhabité. L’emploi est intervenu lors de la conquête de l’Ouest américain, au XIXe siècle. Par extension, le squat a connu un essor contemporain sans précédent en Europe, comme en témoigne la centaine de squats barcelonais, leur légalisation aux Pays-Bas et en Italie ou ceux abritant des artistes à Paris.

Cependant, si l’on connaissait le squat par nécessité (précarité), à vocation culturelle (ateliers/workshops), libéral (zone de gratuité/free shops) ou politique (anarchisme, mouvement autonome), l« action de Camelot Property s’intègre dans la tendance des “vacances horizontales”.

Un dépaysement social, pour redécouvrir la ville

Le principe, initialement new-yorkais, consiste à prendre un congé non loin de son habitation usuelle, afin d’investir notamment l’hôtellerie de luxe ou le logement humanitaire. Ainsi, les initiés accèdent à un dépaysement social, découvrant leur ville sous un autre jour.

Le squat réitère également la notion de propriété d’usage, revendiquant par ce mode une maigre dépendance à l’argent au profit de son temps de vie. Il peut donc autant se révéler être un espace de résistance qu’un lieu d’expérimentation de l’autonomie (sociale et économique).

Lancelot France propose donc une forme de lutte contre le mal par le mal. L’occasion également de mettre un peu de piment dans son quotidien et se rassurer sur son refus de l’uniformisation sociétale. Preuve une fois encore que, hors de sa valeur fiduciaire, l’originalité a tout de même un prix.

  • 18903 visites
  • 37 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • A.V.
    • Posté à 13h50 le 06/04/2008
    • Internaute 24685

    Cette semaine, on change les moquettes à l’Élysée. Je vais peut-être aller m’y installer, vu que plus personne n’est aux commandes là-bas.

    • Les Chats
      Les Chats répond à A.V.
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 14h00 le 06/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Ah bon, il y a eu un coup d’Etat ? Chouet alors !

  • Tibokaya
    Tibokaya
    Jeune flegmaticien mayennais
    • Posté à 14h05 le 06/04/2008
    • Internaute 4477
      Jeune flegmaticien mayennais

    Voilà comment le concept de squatt se fait récupérer par le Capital... Eh oui... Ils sont très forts.

    Achefkalement,

  • Francois Toulouse
    • Posté à 14h05 le 06/04/2008
    • Internaute 8648

    Merci de cet article intéressant, même si j’ai une lecture particulière de l’information...

    La voici :
    « Lancelot France propose donc une forme de lutte contre le mal par le mal. »
    Par le mal ? C’est un service de gardiennage qui est proposé, et même plutôt de vigile, en échange d’une possibilité d’habiter à moindre frais.
    En effet, il est demandé de ne pas avoir d’enfants à charge et d’avoir un salaire régulier : c’est, sans le dire, un moyen de s’assurer que le locataire n’aura pas de besoin impératif de rester, car s’il s’avisait de rester au delà de son contrat, il serait, en cas de nécessité, impossible de le déloger : voila qui sépare bien le rôle de ce vigile du squatter habituel.
    Et vigile, car il lui est demandé de dénoncer immédiatement la famille de malien avec enfants qui se serait installée dans les lieux.
    C’est donc un rôle de flic : voila le terme exact, je pense que lui donner le nom de squatter est un habile habillage marketing d’une toute autre fonction.

  • peace_and_love
    • Posté à 14h09 le 06/04/2008
    • Internaute 35693

    voila comment normaliser un phénomène a priori « anormal »...exactement le contraire de « mettre du piment dans son quotidien » et de refuser l’« uniformisation sociétale »...
    zarathoustra dépêche toi ! ! !

  • peace_and_love
    • Posté à 14h10 le 06/04/2008
    • Internaute 35693

    et puis 159€/mois c’est pa si dérisoire que ça...

  • TMP
    TMP
    multitâche
    • Posté à 15h06 le 06/04/2008
    • Internaute 32292
      multitâche

    enfin ce concept arrive en France !
    je connaissais l’excellent concept hollandais, qui donne acces au logement pour un prix derisoire. (peace_and_love : 156euros/mois c’est derisoire face au vrai loyer de tels lieux, voire meme face aux loyers exorbitants dans ma ville (paris))

    il ne manque plus qu’un decret municipal obligeant les centaines (milliers ?) de logements vacants parisiens à ne pas rester vide, et ceci associé à une organisation telle que Lancelot, on arriverait a du logement pas cher en plein coeur de la capitale !

    et on peut imaginer les consequences positives que cela pourrait engendrer : baisser du prix moyen de location à Paris (car moins de demande), donner acces au logment intra-muros pour les revenus modestes, donner un logement provisoire a ceux qui sont sur liste d’attente HLM depuis une eternité, redynamiser certains quartiers...

    • Tigrou34
      Tigrou34 répond à TMP
      microbe type IEG
      • Posté à 11h24 le 07/04/2008
      • Internaute 31632
        microbe type IEG

      Oui mais nos gouvernants multipropriétaires ont-ils intérêt à faire baisser le prix du loyer

    • von-p
      von-p répond à TMP
      • Posté à 14h37 le 07/04/2008
      • Internaute 38231

      Bonjour TMP,

      c’est vrai que l’idée est séduisante. Seulement, je ne suis pas sur que ce soit très bénéfique sur le long terme pour les droits des locataires. Lorsque le recommandé invitant à vider les lieux dans le mois arrive, il fait mal !

      Pour le désengorgement des listes HLM, encore faudrait il que les enfants soient acceptés.

      Enfin, comme les lieux sont souvent assez grand, ce serait excellent pour y organiser toute sorte d’évènements, si le règlement était plus souple.
      J’ai eu une fois besoin d’un grand espace pour un travail visuel, et j’ai demandé d’utiliser leur espace à des potes logés chez Lancelot.. Ils ont accepté du bout des lèvres, un peu gênés de devoir dire que normalement ils n’ont pas le droit de laisser utiliser la place par des tiers... C’est triste !

      A mon avis c’est une bonne base, mais la barre doit être placée plus haut pour que ça puisse devenir autre chose que du logement jetable, et réellement dynamiser des quartiers.

  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 15h08 le 06/04/2008
    • Internaute 21776

    J’ai pensé et écrit sur ce site que chaque tribunal d’instance supprimé en France (ainsi que les tribunaux concernant les prudhommes devraient être impérativement
    attribués à tous ces malheureux obligés de vivre dans la rue..)
    Egalement aux sans-papiers,en attente de régularisation..
    Symboliquement,ça serait très fort...
    Douce utopie,quant tu nous tiens...

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 15h11 le 06/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    je connaisais ça faut être naze de payer quand tu peux l’être espéront que ses cons auront une poignée de gueux a leur porte pour les détrousser un peu plus (gardien payant et bobo en plus hummmm yabon)

    • Axior
      Axior répond à patrick114
      Citoyen
      • Posté à 15h56 le 06/04/2008
      • Internaute 26085
        Citoyen

      « Faut être naze de payer quand tu peux l’être »

      C’est exactement ça.
      Le propriétaire du local bénéficie d’un gardiennage en imposant des conditions qui vont à l’encontre des lois sur le droit au logement, et en plus c’est lui qui se fait rémunérer. L’occupant peut être délogé du jour au lendemain, et ceci en toute légalité.
      J’appelle ça voler le beurre et l’argent du beurre. Quand on possède un local désaffecté, soit on le fait garder, et on paie pour ça, soit on le loue, mais dans ce second cas on doit respecter la loi : mettre le local en conformité et établir un bail.
      Ce système est inadmissible, et je ne comprends pas pourquoi on tente de refermer le seul post qui dénonce cette supercherie.

    • marie 75
      marie 75 répond à patrick114
      • Posté à 11h14 le 08/04/2008
      • Internaute 3563

      Fadela Amara heureuse en son logement pas cher
      mardi 8 avril
      Bakchich

      Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les HLM auront au moins fait une heureuse. Fadela Amara qui occupe un logement de 54 m2 appartenant à la régie municipale parisienne RIVP (comme Jean-Paul Bolufer, l’ex-dircab de Christine Boutin), ne sera pas soumis au surloyer. Bien qu’elle perçoive un salaire de plus de 10000 euros et que son loyer s’élève à environ 500 euros. Si la RIVP possède surtout des logements conventionnés, elle dispose aussi d’un parc de logements à loyer libre : c’est le cas de celui où vit la secrétaire d’Etat et ce type d’appartement n’est pas soumis à surloyer.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 15h18 le 06/04/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Il le sait Hervé Gaymard... ?

    Lien

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 15h59 le 06/04/2008
    • Internaute 16256

    Il faut savoir ce que ça couvre, généralement ça ne s’arrête pas au gardiennage mais à de longues journées de travail totalement illégales eu égard au troc proposé, car il faut non seulement garder mais encore entretenir les lieux. Alors attention. Et puis il me semble que ce genre de transaction est strictement encadré par la loi.

  • faux Pierrrrrrrrrrrrrrrrre
    • Posté à 16h05 le 06/04/2008
    • Internaute 37706

    Un paquebot français , « Le St Cloud », a été pris d’assaut par des pirates noiiiiiirrrrrsssss !

    • NuklearCocroach
      NuklearCocroach répond à faux Pierrrrrrrrrrrrrrrrre
      ex GeneralSubverciòn
      • Posté à 16h15 le 06/04/2008
      • Internaute 36938
        ex GeneralSubverciòn

      tant mieux,dommage que tu sois pas à bord,ils sont peut-être encore cannibales avec un peu de chance,sinon y a pas mal de requins si tu les dégoutes pas trop...

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 16h11 le 06/04/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    Beurk ! dormir dans un ex-commissariat ou une ex-église...vaut mieux les raser et mettre des parkings dessus,y’a des lieux maudits comme ça...

  • Network 23
    Network 23
    identité perdue dans mes papiers (...)
    • Posté à 16h47 le 06/04/2008
    • Internaute 23367
      identité perdue dans mes papiers (...)

    Qualifier de « squatt libéral » les free-shops est surprenant ! Je croyais que le libéralisme c’était d’abord et avant tout la « liberté » du marché ?

    Quant au concept lui-même, on fait effectivement travailler le locataire en se glissant à travers des trous législatifs, et tous y trouvent leur compte - sauf les squatters ordinaires.

    Certains propriétaires compréhensifs n’ont pas besoin de passer par cette agence pour laisser leurs squatters squatter en toute tranquillité, ayant bien compris que vaut mieux un « bon squatt » qu’une zone de transit à seringues.

    Bref, il faut occuper les logements vacants, mettre un frein au rachat d’immeubles et de bureaux par les fonds de pension qui spéculent et augmentent le prix du marché immobilier (notamment dans les « villes-globales » du style Paris), mettre en oeuvre la loi sur les réquisitions de 1945, etc.

    Squatt ne rime pas avec « trouble à l’ordre public » ; ce sont des moyens de parer au désordre public que constitue la mendicité, à l’heure où le gouvernement a rétabli le délit de vagabondage, abrogé par la réforme du code pénal de 1992.

    Les municipalités et les régions à gauche doivent s’emparer du thème du logement pour confronter efficacement les préfectures et l’Etat, et apporter leur soutien au lieu d’appeler les bulldozers !

  • Compte supprimé 5
    Compte supprimé 5
    Locataire du 35370
    • Posté à 18h05 le 06/04/2008
    • Internaute 35370
      Locataire du 35370

    - Je propose un slogan :
    - « Pauvres, devenez gardiens du capital, contribuez à préserver de la racaille les biens des nantis ! »...

    - Cà me fait penser à ces bons citoyens américains à la frontière mexicaine, qui surveillent avec beaucoup de zèle sur leurs écrans de télévision, les pauvres qui tentent de passer aux USA...

    - A gerber !

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 18h38 le 06/04/2008
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    mauvais latiniste, je viens de lire du vigile dans le texte ( désolé , elle est nulle)
    avec les ultrasons anti-jeunes , voilà une nouvelle qu’elle est bonne
    la démocratie avance

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 19h25 le 06/04/2008
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Bien sûr, c’est de la récup et cela peut donner lieu à une exploitation difficilement défendable.
    Mais en soi, au vu des difficultés de logement, il y a peut être quand même une idée à creuser... (Ça arrive dans le privé de louer un peu moins chers ou d’avoir des mois gratuits contre travaux)
    en revendiquant le fait de pouvoir y loger une famille sil’état des bâtiments le permet, et avec des garanties (le bail précaire n’est pas illégal en soi).
    L’etat et les collectivités laissent plein de bâtiments inoccupés dans l’attente de projets, pourquoi ne pas en faire bénéficier des particuliers ou des associations ?

  • jack-no
    • Posté à 20h39 le 06/04/2008
    • Internaute 3371

    c’est du travail au noir, dissimulé, etc...... une honte ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    ––––––––––-

    Conditions à remplir

    Nous prenons votre candidature en considération si vous répondez aux conditions suivantes :

    * Avoir au minimum 18 ans*
    * Fournir un extrait de casier judiciaire
    * Disposer d’une source de revenus mensuels
    * Souscrire une assurance habitation et responsabilité civile
    * Avoir une résidence principale par ailleurs*

    * Les familles avec enfants ne peuvent être prises en considération compte tenu du caractère temporaire de l’occupation.

    * Les occupants ne peuvent se domicilier à l’adresse de leur habitation temporai

  • survivant
    • Posté à 21h12 le 06/04/2008
    • Internaute 25864

    Ce genre de proposition va servir avant tout aux étudiants un moyen comme un autre pour ne pas renouveler le parc des cités U et mettre un bâillon sur les étudiants qui avaient déjà soulevés le lièvre . je te loge, tu casque et en plus tu grattes pour moi. Alors c’est pas beau la droite décomplexée ?

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 22h41 le 06/04/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    « Le squat réitère également la notion de propriété d’usage, revendiquant par ce mode une maigre dépendance à l’argent au profit de son temps de vie. Il peut donc autant se révéler être un espace de résistance qu’un lieu d’expérimentation de l’autonomie (sociale et économique). »

    C’est c’la, oui... et d’ailleurs, au niveau du vécu, c’est excessivement jubilatoire...

    Bon, si on arrêtait le style « Télérama » un peu ? hm ?

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 22h41 le 06/04/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    A part ça, j’ai toujours rêvé de célébrer des messes noires dans une église désaffectée...

    Si quelqu’un a une adresse !

  • JRCW
    • Posté à 07h33 le 07/04/2008
    • Internaute 14108

    C’est le moyen qu’ils ont trouvé pour empêcher le DAL d’occuper les lieux inocccupés et à moindres frais.
    C’est un scandale.
    Cordialement vôtre

  • Akron
    • Posté à 10h06 le 07/04/2008
    • Internaute 5399

    comment aider les gens sans ressource ou qui ont des soucis de logement ?

    bas en les invitant a allez coucher dehors !

    c’est comment déja la phrase francaise ?

    rah je me souviens plus

    ah mais si ! !

    Liberté EGALITE Fraternité

  • von-p
    • Posté à 14h40 le 07/04/2008
    • Internaute 38231

    Bonjour,

    ayant étudié deux ans aux pays-bas et vivant depuis deux ans également dans des occupations de 30 à 60 personnes, je souhaiterai témoigner de deux-trois trucs :

    En hollande il est admis depuis longtemps de pouvoir occuper un bâtiment lorsque celui-ci est désaffecté depuis plus d’un an et un jour. Si vous pouvez le prouver, la police vient constater votre présence dans les lieux et le fait que vous y habitez (table, chaise, lit...). Rien n’empêche le propriétaire de vous mettre dehors, mais il me semble qu’une fois votre domiciliation acquise, quelques droits minimes vous protègent (a vérifier) d’une expulsion trop rapide. La hollande a donc été une sorte de paradis du squat pendant longtemps, et le deal était correct : logement précaire mais pas de contrat à respecter ni de loyer, hormis les charges.

    J’ai pu constater lors de mes études là-bas qu’une bonne partie des étudiants se logent maintenant en anti-squat (lancelot etc...), et que très peu vivent encore dans des occupations réelles. Les conditions de vie sont très bonnes : grand espaces, sanitaires, que des gens propres sur eux etc... Pour pas cher. Seulement, quand on vous demande partir, vous devez honorer le contrat que vous avez signé, et déguerpir sous trois semaines. Pas de recours ni arrangement possible, vous avez signé contre vous même, en votre âme et conscience.

    A petite échelle, je trouve qu’un tel fonctionnement est encore acceptable ; chacun est libre de ses choix. Par contre, lorsque le phénomène prend de l’ampleur et devient quasiment une norme du logement bon marché, sa principale conséquence est de réduire considérablement les droits des locataires, tout en garantissant la liberté de spéculation au propriétaire du bien...
    De plus j’ai vu régulièrement des bâtiment géré par Lancelot pouvant loger décemment 15 personnes, investit par seulement 4 gugus dispatchés aux quatre coins du lieu..

    A mon avis, en terme de lutte contre la précarité, c’est s’enlever les doigts du c... pour mieux se les mettre dans l’oeil (pardonnez la vulgarité)

    Je pense que d’autres modèles peuvent voir le jour, principalement à l’échelle locale. Je prendrai pour exemple ce que je vis de l’occupation (corporatisme ? ? mheuu non !).

    Nous sommes organisés en association d’habitants, et lorsque nous occupons un bâtiment, le dialogue (parfois houleux, évidement) s’ouvre entre le propriétaire, les pouvoirs publics et notre asso. Nous cherchons dès le début à trouver un terrain d’entente et à établir une convention entre les parties, afin d’établir des garanties pour les habitants et pour le propriétaire.
    Dans le cadre d’une convention asso/propriétaire, les engagements de l’asso sont répercutés sur chaque habitant via une convention asso/habitant.

    Notre volonté est de pouvoir utiliser le bâtiment tant qu’il n’est pas réellement réaffecté. Comme ce sont généralement des bâtisses de grande taille, ces procédures de réaffectation (location, travaux, etc...) prennent du temps et permettent ainsi de définir une période de renom raisonnable pour les habitants (3 mois minimum).

    L’organisation en association d’habitants place les occupants aux commandes de leur logement ; c’est au groupe d’occupants de gérer les finances à travers les cotisations et une participation aux frais et charges du bâtiment, avec tout ce qui s’ensuit (économie d’énergie, dialogue avec les personnes en difficulté financière, gestion des impayés etc...).
    A charge pour nous de réussir à nous organiser en interne (vaste programme lorsque l’on est 50.. on y apprend beaucoup de choses !).

    Ce type de structure peut ensuite s’articuler avec d’autres, suivant les besoins et envies (travailleurs sociaux, asso culturelles, prévention des risques, collectifs d’auto-formation etc...)

    Etant donné que l’occupation commence au forcing, la situation est très précaire dans un premier temps, mais lorsqu’un dialogue avec le propriétaire est possible, nous créons réellement du logement, dans des conditions décentes, et intégré au tissu associatif local ; et non pas du gardiennage payant ultra-précaire.

    Ca demande par contre de ne pas être un simple consommateur d’habitat, mais bien de positionner sa situation d’habitant dans une perspective militante et constructive.

    Voilà... le post est un peu long, mais je tenais à l’ouvrir sur cette question :)

  • dexter
    • Posté à 12h47 le 07/04/2008
    • Internaute 38255

    Ici, le système est un peu rigide et très élitiste : il faut avoir des fiches de paie régulières... Pendant qu’ils y sont, ils devraient exiger des garants ! En plus du loyer (59€ pour un logement précaire me semble cher), ça fait beaucoup pour des gens qui vont garder l’immeuble en état !
    En Suisse, il existait (à mon époque) des squatts qui étaient organisés ainsi :
    Un contrat était passé entre l’association des squatteurs et le propriétaire via le maire. On se mettait d’accord sur la longueur de l’occupation de l’immeuble (à prolonger à la fin du « bail » si le propriétaire était d’accord). Les propriétaires étaient, pour la plupart contents que leur immeuble soient gardés gratuitement.
    Les squatteurs payaient 100 francs suisses (65€) à l’association de squatteurs pour les frais généraux (eau, électricté). Mais les squatteurs n’avaient pas de travail fixe. Dans ces conditions, il était possible d’avoir « une maigre dépendance à l’argent au profit de son temps de vie ». Une amie a vécu ainsi pendant 10 ans dans un magnifique squatt au bord du lac.

  • solene
    solene
    vagabonde
    • Posté à 17h49 le 07/04/2008
    • Internaute 20951
      vagabonde

    bonjour !
    si je peux me permettre, je voudrais preciser...

    attention, ceci n est pas un squatt ! squatter, c est s’installer illegalement dans un lieu inoccupé, et les motivations sont multiples ; en tout cas la plupart du temps collectives.
    Lien
    cette demarche-ci porte a juste titre le nom d anti-squatt, et n a rien a voir a mon sens.

    on peut ensuite avoir une opinion differente sur la demarche, mais pour moi c est, comme il a ete dit, juste un moyen de precariser la location.
    je ne connais le systeme que par un ami hollandais qui, apres avoir longtemps vecu en anti-squatt, vit maintenant en squatt. pour un loyer quand meme non negligeable, il vivait dans des logements mal entretenus et en mauvais etat, dont les proprietaires ne s occupaient pas, et dont il etait vite expulsé sans menagement.
    il s est rendu compte que le systeme anti-squatt etait contre productif : l un des buts du squatt est de pousser les proprietaires a s occuper de leurs logements et a les remettre dans le circuit, pas a legaliser l habitat precaire et a le rendre payant !
    ...

    voila. desolee aussi pour ce post un peu long !

    solene

    P.S. : et pour celleux que ca pourrait interesser, le week end prochain 11 et 12 AVRIL c est justement la journee decentralisee d action pour les squatts :

    Lien

    bon moment pour en discuter !

  • guerzit-
    guerzit-
    Incomprenant majeur
    • Posté à 11h59 le 08/04/2008
    • Internaute 28472
      Incomprenant majeur

    C’est du gardiennage quoi, qui participe au phénomène de rétention immobilière, illégal mais si pratique pour maintenir les prix élevés.

    Perso, j’irai pas chez Lancelot...

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.